mercredi 22 juillet 2026

La chasse sanglante de Peter Collinson, 1974

 

LA CHASSE SANGLANTE

De Peter Collinson

1974

Suisse/Espagne

Avec William Holden, Peter Fonda, Cornelia Sharpe, Richard Lynch, John Philip Law, Alberto de Mendoza

Film d’angoisse psychologique/aventures/survival

106 minutes

Blu ray édité chez Le chat qui fume

VHS édité chez René Château en 1984

Aka Open season

Synopsis :

Ken, Gregg et Art, trois jeunes gens non condamnés pour viol collectif sur la jeune Alicia, commis avant de partir au Vietnam dont ils sont devenus vétérans, partent chaque année pour deux semaines de vacances.

En route, ils enlèvent un couple illégitime, Martin et sa maîtresse Nancy, et les emmènent dans une cabane de chasse, dans un coin reculé des Rocheuses. Le couple est progressivement avili, torturé, exposé à une brutalité autant physique que psychologique.

Un beau matin, Martin et Nancy se croient libérés. Ils déchantent rapidement en comprenant qu'ils sont le gibier d'une chasse à l'homme, que ce trio organise à chacune de leurs vacances, et qu'ils doivent trouver le moyen de leur échapper...

(source : Wikipedia)

Mon avis :

CRITIQUE BOURREE DE SPOILERS NE PAS LIRE CE QUI SUIT SANS AVOIR VU LE FILM AU PREALABLE !!!!!!!!!!!!!!!!!!

Ce film est simplement incroyable !

On se prend une volée de folie au visionnage et « La chasse sanglante » a marqué tous les cinéphiles par sa cruauté et par la pathologie des personnages, c’est un film extrême, rugueux et proprement inoubliable !

Les trois lascars désaxés qui torturent mentalement le pauvre couple font preuve d’une perversité et d’un jusqu’au-boutisme rarement vus auparavant ; Martin et Nancy n’en mènent pas large et se retrouvent piégés, coincés et forcés de subir tous les délires du « trio infernal », ils sont soumis à tous leurs caprices et s’exécutent (Nancy acceptant même un rapport sexuel quasiment consenti !)…

Le prologue du film est à vomir avec un viol collectif dans une voiture sous une pluie battante et la justice semble pardonner les trois bougres qui s’en sortent sans la moindre sanction !

Les dialogues sont graveleux et sexistes car la bande de violeurs fait preuve d’une misogynie effroyable !

Tout est calculé et préparé au millimètre, Ken et Gregg ont anticipé le trajet pour rejoindre le chalet et savent pertinemment s’y prendre pour organiser le kidnapping, ils sont méthodiques et surarmés, leur plan semble imparable…

Peter Collinson avec « La chasse sanglante » parvient à mettre le spectateur très mal à l’aise et ce, dès l’entame et ce sera un voyage sans pitié aussi bien pour le cinéphile que pour les personnages…

La scène mémorable avec le chewing-gum reste un modèle de torture psychologique ; il n’y a pour ainsi dire aucune issue possible de s’en sortir en vie et les rires goguenards et sadiques de Ken et ses acolytes accentuent le malaise ; parfois Collinson semble nous donner l’amorce d’une fuite mais il n’en  est rien ! Nancy et Martin sont bel et bien pris dans la toile de ces trois salopards, aucune lueur d’espoir, « La chasse sanglante » est un métrage d’une noirceur sans limites…

Mais attention ! parce que le final est simplement prodigieux !

L’arrivée gigantesque de William Holden va tout chambouler et on comprend enfin tout !

Holden n’est pas arrivé là pour sauver Martin et Nancy mais pour venger Alicia, sa fille, la jeune femme violée qui s’est suicidée et n’a pas pu survivre ; de plus le « fruit du viol » est un garçonnet non-verbal et attardé (attention les plus sensibles, on ne peut retenir ses larmes lorsqu’il apparait)…

C’est vous dire le degré de cruauté dont fait preuve « La chasse sanglante » qui n’a pas volé son classement X pour incitation à la violence !

Pour conclure, un grand bravo au Chat qui fume, le seul éditeur qui a pu nous sortir « La chasse sanglante » dans des conditions optimales, un super travail de leur part, ce  blu ray est sans doute la sortie de l’année 2026 pour les cinéphiles qui attendaient ça depuis 4 décennies !

L’occasion pour beaucoup de revoir ce chef d’œuvre ultime et pour les autres de se prendre la claque de leur vie !

Un film de survival démentiel et réalisé de main de maitre par Peter Collinson, des baffes comme ça ça arrive rarement !

Achat obligatoire pour tout cinéphile !

Note : 10/10




dimanche 14 juin 2026

La dernière cible de Buddy Van Horn, 1988

 

LA DERNIERE CIBLE

De Buddy Van Horn

1988

Etats unis

Avec Clint Eastwood, Liam Neeson, Jim Carrey, Evan C. Kim, Patricia Clarkson, Christopher P. Beale

91 minutes

Film policier

Aka Dead Pool

Musique de Lalo Schiffrin

Synopsis :

Alors que l'inspecteur Harry Callahan est devenu la coqueluche des médias qui l'avaient tant dédaigné quelques années auparavant, il continue sa route accompagné de son fidèle Smith & Wesson. C'est alors qu'une série de meurtres a lieu dans l'entourage d'un réalisateur de films d'horreur, et qu'une mystérieuse liste noire circule, où sont inscrits les noms des prochaines victimes. Celui de l'inspecteur est le dernier de la liste.

(source : internet)

Mon avis :

Cinquième et ultime segment de la saga culte des « Inspecteur Harry », « La dernière cible » clot la série de manière très originale, elle se démarque totalement des précédents et fait preuve de plein d’idées novatrices, exploitant ainsi le gimmick du « film dans le film » (le tueur en série reproduit les meurtres d’un film d’horreur qu’il vénère dans la réalité) mais aussi de la liste des personnes à abattre, l’étau se resserre au fil du déroulé et bien sûr Harry Callahan fait partie des personnes à tuer…

Très nerveux et doté d’un scénario solide, « La dernière cible » ne s’embarrasse pas de fioritures et l’action y va plein pot (comme d’accoutumée dans les Dirty Harry) ; certains passages sont durs (la mort du toxicomane), le tournage chaotique du film d’horreur avec un Liam Neeson méconnaissable en réalisateur, l’ensemble se suit bien et c’est un plaisir d’entendre « Welcome to the jungle » de Guns n’ Roses à de multiples reprises…

Une critique des médias se voit plus incisive et la mini idylle entre la journaliste et Clint semble crédible, ce qui nous vaudra des scènes très spectaculaires !

Même si « la dernière cible » semble être le moins bon des Dirty Harry pour les cinéphiles, cela reste un spectacle honnête et très divertissant qu’il est impératif d’avoir vu pour comprendre la démarche de Clint Eastwood, ce n’est pas un film superflu…

Haletant et moins malaisant que son prédécesseur « Sudden impact », « La dernière cible » fourmille de trouvailles scénaristiques pour maintenir l’attention du spectateur, ce qui n’est pas si mal !

Tout le monde a mis la main à la pâte (Jim Carrey, Liam Neeson et Patricia Clarkson sont impeccables) pour donner de l’intérêt à un film qui n’en manque pas…

Beaucoup ont fait la fine bouche face à « La dernière cible », je pense qu’il faut réhabiliter ce polar et qu’en étant un minimum « bon public », on ne pourra que l’apprécier, tout a été mis en œuvre pour obtenir un résultat de qualité et ce serait cracher dans la soupe que de casser gratuitement ce film…

Dans l’ensemble, la saga des « Inspecteur Harry » est une des meilleures produites par Hollywood en terme de polars, on se régale littéralement à chaque visionnage et Eastwood fait accéder son personnage au rang d’icône absolu du cinéma américain…

Si on se proclame cinéphile, on se doit d’avoir vu les « Dirty Harry », c’est une évidence ; du premier au dernier, ces 5 films sont des bombes !

Note : 7.5/10




samedi 23 mai 2026

Sudden impact de Clint Eastwood, 1983

 

SUDDEN IMPACT

De Clint Eastwood

1983

Etats unis

Avec Clint Eastwood, Sondra Locke, Pat Hingle, Paul Drake, Albert Popwell, Wendell Wellman

117 minutes

Polar anxiogène

Aka Le retour de l’inspecteur Harry

Synopsis :

Violée dans sa jeunesse par une bande de brutes de la petite ville de San Paulo, l'artiste peintre Jennifer Spencer décide de retrouver chacun de ses agresseurs et de les tuer. Excédée par ses méthodes et soucieuse d'éviter les foudres de la presse, l'administration policière décide d'envoyer l'inspecteur Harry Callahan loin de San Francisco. Chargé d'enquêter sur un meurtre à San Paulo, il va faire la connaissance de Jennifer.

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Quatrième et avant dernier opus de la saga des « Dirty Harry », « Sudden impact » est certainement le plus difficile de la série car il aborde de manière très crue le thème du rape and revenge et ne lésine pas sur les effets chocs…

Incroyable quand on pense que c’est Clint Eastwood lui-même qui l’a réalisé !

Il fait jouer sa femme à la ville dans le rôle principal et ce n’est pas facile pour elle de composer un personnage violé de façon atroce dans sa jeunesse avec, en plus, une sœur handicapée ; les flashbacks des viols sont douloureux et reviennent à intervalles réguliers durant le film…

Pour accomplir sa vengeance, Jennifer choisit le même modus operandi puisqu’elle abat ses bourreaux et leur tire à bout portant une balle dans les parties, tout est montré sans retenue et sans fioritures et la vendetta sera méthodique et sans aucune pitié !

Les violeurs sont des dégénérés et la femme qui a coordonné les crimes est infecte et tient des propos extrêmement vulgaires : « Sudden impact » est un film qui créée un énorme malaise !

Il faut s’armer de beaucoup de courage pour suivre le film dans sa continuité, c’est très dur à visionner…

De tous les « Dirty Harry », « Sudden impact » est certainement le plus extrême !

Cependant, l’action est toujours omniprésente et les meurtres se font souvent la nuit, renforçant le climat malaisant, Jennifer Spencer accomplit sa « mission » et ira jusqu’au bout et tous ceux qui l’ont salie paieront les frais de leur cruauté, ce sera irréversible !

Bien mis en scène et avec une excellente direction d’acteurs, « Sudden impact » est un film qui fait froid dans le dos et qui montre et démontre une nouvelle fois le talent de Clint Eastwood, toujours aussi à l’aise pour endosser son personnage de Harry Callahan, déclinant avec habileté des séquences qui tiennent en haleine et qui sonnent justes, malgré un aspect pas donné à tout le monde, la dureté d’un viol…

Ça reste très bon néanmoins et les précautions prises par rapport au sujet principal n’empêcheront pas au cinéphile de savourer ce polar très rythmé et d’une noirceur peu commune pour un film grand public…

Sans doute le « Dirty harry » le plus âpre et le plus choquant, il n’est pas exclu de ressentir un malaise durant le visionnage…

Note : 7.5/10




vendredi 22 mai 2026

L'inspecteur ne renonce jamais de James Fargo, 1976

 

L’INSPECTEUR NE RENONCE JAMAIS

De James Fargo

1976

Etats unis

Avec Clint Eastwood, Tyne Daly, Harry Guardino, Deveren Bookwalter, Samantha Doane, John Mitchum

Polar

96 minutes

Musique de Jerry Fielding

Aka The enforcer

Synopsis :

Quelques années après avoir vaincu l'escadron de la mort[1]Harry Callahan enquête sur un groupe terroriste appelé la « Force de Frappe du Peuple » (People's Revolutionary Strike Force en VO), dont le chef Bobby Maxwell est vétéran du Vietnam et rayé de l'armée à cause de sa schizophrénie. Cette organisation extrémiste réclame deux millions de dollars à la ville de San Francisco.

Irrité par la violence qu'utilise Harry ainsi que par les dégâts qu'il a fait lors d'une prise d'otage au début du film, le capitaine McKay décide de le muter au service du personnel. Il fait partie du jury pour un examen d'embauche, où le maire a donné l'ordre d'accepter cinq hommes et trois femmes futurs inspecteurs. Harry décourage une des candidates, Kate Moore, qui n'a aucune expérience du terrain, à devenir inspecteur. Néanmoins, Kate est embauchée d'office et devient le second de Callahan.

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Troisième segment de la saga culte des « Dirty Harry », ce « Enforcer » est un excellent polar toujours autant rythmé avec un Clint en roue libre et en grande forme…

L’histoire est très diversifiée puisqu’on a affaire à des terroristes complètement déjantés qui dérobent des armes dans un entrepôt militaire, puis une caste dirigée par un schizophrène très dangereux et pour pimenter l’intrigue Callahan est affublé contre son gré d’une collègue novice qui n’est jamais allée sur le terrain !

Ça s’avère donc corsé pour notre inspecteur et une tension soudaine finira par s’effacer au profit d’une complicité entre les deux collègues, Eastwood devant laisser sa misogynie au vestiaire…

Les scénaristes ont opté pour des passages dramatiques et le final sera triste et sans aucune pitié…

Comme toujours, énormément d’action et de fusillades mais aussi une poursuite pédestre qui fera date…

On ne s’ennuie pas et on est pris dans une dynamique qui ne laisse pas le temps de souffler…

La perversité des terroristes avec la blonde en short qui appate le chaland, ça fait mouche et certaines scènes sont parfois cruelles…

Sans être le meilleur de tous les segments (« Magnum force » est largement supérieur), « L’inspecteur ne renonce jamais » se suit agréablement et est facile à visionner…

Il n’y a plus Lalo Schifrin à la musique mais c’est tout de même très sympa…

Si vous êtes sensible vous pourrez verser une larme au final…

Bref, une nouvelle fois Clint Eastwood tape dans le mille et ce n’est pas redondant, il sait décliner le personnage de Dirty Harry en variant les éléments scénaristiques, ce qui est tout à son honneur…

A voir absolument !

Note : 8/10




La guerre des gangs de Lucio Fulci, 1980

 

LA GUERRE DES GANGS

De Lucio Fulci

1980

Italie

Avec Fabio Testi, Marcel Bozzuffi, Ivana Monti, Venantino Venantini, Ofelia Meyer, Guido Alberti

97 minutes

Polar extrêmement violent

Musique de Fabio Frizzi et Giorgio Tucci

Blu ray édité chez Artus films

DVD édité chez The Ecstasy of films

Aka The smuggler

Aka Contraband

Aka Luca le contrebandier

Synopsis :

Le film suit Luca Di Angelo qui mène une vie tranquille et confortable de trafiquant de cigarettes à Naples, lorsque son frère Micky est assassiné devant ses yeux. Les autres contrebandiers sont décimés à leur tour. Il s'avère bientôt qu'un nouveau venu, le « Marseillais », a l'intention de vendre de la drogue en ville. Implacable et sadique, il est prêt à tout pour y parvenir même à éliminer ses concurrents. L'affrontement est inévitable.

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Oh punaise ! quelle raclée ce film !!!!!

Selon moi c’est le film le plus violent de Fulci avec « L’éventreur de New York », c’est aussi son meilleur métrage hors films de zombies, ça déménage à fond  et Fabio Frizzi signe sa meilleure musique et de loin !

« La guerre des gangs » c’est du hyper lourd, du no limits total, un polar ultra brutal qui barde sa mère comme pas possible, ça dépasse l’entendement…

Des thématiques comme la vie de famille bafouée face aux obligations de trafic de la part de Luca, mais aussi une violence rude avec des passages misogynes et notamment une scène de viol  particulièrement terrible (à ne pas montrer à tout le monde surtout aux féministes) et une action incroyable avec un sens de la dynamique qui impulse l’histoire (la discothèque, la soufrière, le champ de courses), sérieusement le père Fulci réussit un sans faute !

Fabio Testi tient le rôle de sa carrière et Marcel Bozzuffi est la pire des ordures, il sera châtié comme il se doit mais après pléthore de meurtres, on a rarement vu un film aussi kiffant et maitrisé, mais pour les néophytes il faut s’accrocher !

Fulci était en état de grâce et donne une énorme plus value à sa carrière avec « La guerre des gangs », les capacités d’attractivité sont énormes et le spectateur est pris dans l’histoire de l’entame jusqu’à l’épilogue…

Les maquillages gore (car il y en a !) sont très bien réalisés et on n’a jamais le temps de s’ennuyer, on est pris dans un tourbillon d’action qui y va plein pot et rien ne semble arrêter la frénésie d’un rythme effréné jusqu’à l’extrême…

« La guerre des gangs » est un chef d’œuvre absolu à recommander clairement aux cinéphiles fans de polars italiens, on est dans le haut du panier, dans le must have total…

Après l’édition DVD de l’ami Christophe Cosyns et The Ecstasy of films, voilà ty pas que Artus films nous sort un blu ray !

Cette édition est immanquable avec en bonus le disque de la musique !!!!!

C’est l’occasion pour revoir ce film fameux qui fera date dans l’histoire du polar…

Rien à dire de plus, tout est parfait, on se prend une volée pendant 97 minutes et si vous ne devez acheter que deux films en blu ray cette année, que ce soit « La guerre des gangs » et « Open season » aka « La chasse sanglante » qui sort le mois prochain chez Le chat qui fume !

On peut dire qu’on a été gâtés cette année !

20/20




mercredi 22 avril 2026

Magnum force de Ted Post, 1973

 

MAGNUM FORCE

De Ted Post

1973

Etats unis

Avec Clint Eastwood, David Soul, Mitchell Ryan, Hal Holbrook, Felton Perry, Tim Matheson, Robert Urich

Film policier/action

118 minutes

Scenario de John Milius et Michael Cimino

Musique de Lalo Schifrin

Synopsis :

La ville de San Francisco est secouée par une série de mystérieuses exécutions punitives de criminels présumés.

Les cibles sont des proxénètes, des trafiquants et des assassins.

L'inspecteur Harry Callahan est chargé de l'affaire, mais Briggs, son supérieur, lui met des bâtons dans les roues en lui assignant un nouvel équipier inexpérimenté.

(source : internet)

Mon avis :

Deuxième volet des « Inspecteur Harry », ce « Magnum force » surpasse le premier et s’avère surprenant surtout dans la richesse du scénario et dans la continuité des rebondissements…

Dès le début, le spectateur cinéphile savoure la technique des plans et la méthode de filmage, on est dans du GRAND cinéma, du GRAND polar dans la plus pure tradition hollywoodienne et on s’immerge instantanément dans une intrigue sans jamais décrocher jusqu’au final (et quel final !)…

En plus il y a des scènes d’action et des cascades incroyables, tout est hyper bien millimétré et d’une grande modernité pour l’époque, « Magnum force » est une réussite complète, les séquences s’enchainent à un rythme infernal, la cadence est frénétique…

Le premier « Dirty Harry » était plutôt simple (le tueur Scorpio à neutraliser, point barre) ici on a un film complexe avec un postulat de « vigilance », un « vigilante movie » mais cette fois appliqué par les flics eux-mêmes, en toute illégalité et qui veulent nettoyer de la pègre la ville de san Francisco manu militari et sans la moindre pitié (une balle en pleine tête)…

Que ce soit des politiciens véreux et magouilleurs acquittés à leur procès, un proxénète salopard qui empoisonne ses prostituées ou des partouzeurs riches et cocaïnomanes, tout le monde est exterminé !

Eastwood/Callahan semble être le policier providentiel pour enrayer et endiguer le massacre mais son supérieur (excellent Hal Holbrook) ne va pas lui faciliter la tâche voire le bloquer dans ses investigations, et on comprend tout à la fin, ses motivations sont expliquées et justifiées et ça va barder ! le père Eastwood obtiendra enfin gain de cause, après en avoir bavé !

Scénario signé Michael Cimino et John Milius, musique efficace de Lalo Schifrin, « Magnum Force » est un pur régal, la quintessence totale du polar vintage violent, on se prend un pied de cinéphile durant les deux heures de visionnage !

« Magnum force » bonifie le mythe de l’Inspecteur Harry, qui souffrait dans le précédent d’un côté « fasciste », ici cette idéologie douteuse est gommée et Ted Post se concentre plus sur l’action et les rebondissements, le tout appuyé par des cascades très impressionnantes et parfaitement coordonnées…

Franchement, ce film est une pure tuerie et tout cinéphile se doit de le voir impérativement, on se prend une raclée, c’est généreux et sincère, on n’est pas du tout pris pour des cons !

A voir sans faute, impossible d’être déçu !

Note : 10/10




lundi 30 mars 2026

L'inspecteur Harry de Don Siegel, 1971

 

L’INSPECTEUR HARRY

De Don Siegel

1971

Etats unis

Avec Clint Eastwood, Andrew Robinson, Josef Sommer, John Mitchum, John Vernon, Reni Santoni

98 minutes

Aka Dirty Harry

Musique de Lalo Schifrin

Polar violent

Synopsis :

Alors qu'une jeune femme se baigne dans une piscine située sur un toit de San Francisco, un homme l'assassine à l'aide d'un fusil de calibre .30-06 Springfield. Chargé de l'enquête, l'inspecteur de la police de San Francisco Harry Callahan retrouve une douille usagée sur un toit situé non loin du lieu du crime et un message d'un dénommé « Scorpion ». Le message réclame une rançon, faute de laquelle le tueur en série tuera une personne par jour.

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Premier segment d’une série de cinq films, « L’inspecteur Harry » marque un tournant dans l’histoire du polar urbain américain…

Incarné par un Clint Eastwood en grande forme, le film n’en est pas moins extrêmement violent et franchit des limites, notamment à cause d’un racisme affiché et revendiqué, c’est un film policier décomplexé qui frôle le film facho malgré une action haletante et passionnante, il faut avoir les nerfs solides et le tueur en série « Scorpion » nous fait froid dans le dos, son côté psychotique rend crédible sa dangerosité et l’acteur Andrew Robinson volerait presque la vedette à un Eastwood monolithique et déterminé…

Autant vous dire que ça barde !

Bourré de passages cultes, « L’inspecteur Harry » laisse au spectateur un souvenir imparable et impérissable et cinquante ans plus tard, le film n’a pas vieilli…

Grâce à une dynamique et un dynamisme brut de décoffrage, « L’inspecteur Harry » s’installe instantanément au rang de film culte et de personnage iconique du cinéma américain…

Le début met directement dans l’ambiance et provoque le malaise, on comprend qu’on a affaire à un tueur complètement givré et cela ne sera pas une partie de plaisir !

Seul bémol, le scénario est grossier et peu crédible, surtout la fameuse « présomption d’innocence » dont bénéficie Scorpion qui n’est pas du tout en accord et raccord avec les investigations de Harry Callahan !

On dirait que les autorités ne font pas confiance à Eastwood/Callahan alors que justement il est sur le point de résoudre son enquête et d’assembler la mosaïque finale pour coincer Scorpion…

Désavoué par ses supérieurs, Callahan va prendre le taureau par les cornes et finir le boulot manu militari (le final est incroyable et fait entrer le film dans la légende)…

La musique de Lalo Schifrin est bien ancrée dans le style des années 70 et apporte une plus – value immédiate à la qualité du film, elle s’articule parfaitement dans l’action et renforce l’intérêt que l’on a à suivre le film, captivant de bout en bout…

Dans l’ensemble, « L’inspecteur Harry » est un polar de très haut niveau qui arrivera sans problème à contenter les cinéphiles, même les plus exigeants…

« L’inspecteur Harry » rentre dans la tradition des grands polars urbains, violents et avec des personnages inoubliables, la réalisation de Don Siegel est appliquée et le timing des séquences s’accorde quasiment à la perfection…

Un sacré film à avoir vu au moins une fois dans sa vie, il s’inscrit dans les classiques du genre !

Note : 9/10