samedi 30 juillet 2022

Holocauste 2000 d'Alberto de Martino, 1977

HOLOCAUSTE 2000

d’Alberto de Martino

1977

Italie/Grande Bretagne

avec Kirk Douglas, Agostina Belli, Simon Ward, Adolfo Celli, Spiros Focas, Virginia Mac Kenna, Anthony Quayle

Film fantastique

106 minutes

Blu ray édité chez Le chat qui fume

Musique d’Ennio Morricone

Effets spéciaux de Gianetto de Rossi

Synopsis :

Un riche homme d'affaires se rend sur un site où il décide de créer un réacteur nucléaire assez puissant pour alimenter en énergie électrique toute la planète.

Sur le site, il découvre une grotte enfouie sous les sables, sur les murs de laquelle sont inscrits d'étranges dessins...

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Tourné un an après « La malédiction », il est clair que « Holocauste 2000 » en est une déclinaison latine et que Alberto de Martino a voulu surfer sur le succès de son homologue américain, certains cinéphiles diront même qu’il a fait mieux que le film de Richard Donner…

On retrouve les thèmes classiques au genre comme l’antéchrist (ici incarné par Simon Ward, le fils de Kirk Douglas), mais surtout et c’est cela qui marque avant tout au visionnage de « Holocauste 2000 », c’est que c’est vraiment un film hyper effrayant ! Ponctué de scènes mémorables, le métrage est mené à deux cents à l’heure et s’avère passionnant !

Doté d’un budget très confortable (qui a permis de recruter cet immense acteur qu’est Kirk Douglas), « Holocauste 2000 » tient la route de bout en bout et possède un rythme effréné, on peut le qualifier de thriller horrifique puisqu’il comporte pas mal de séquences gore (dont une décapitation à la pale d’hélicoptère et des agressions très terrifiantes dans un hôpital psychiatrique), De Martino ne s’encombre pas de ménager son public et met les coudées franches pour traumatiser le spectateur et ça marche ! « Holocauste 2000 » est un film efficace mais aussi très anxiogène !

La terreur provoquée est accentuée par une musique de Morricone où le bougre s’est surpassé pour créer l’effroi, il sait y faire !

« Holocauste 2000 » est un film psychotique, autant que ses personnages et comporte une scène de tentative d’avortement (sur Agostina Belli) très dure, rarement on en voit au cinéma, ça fait froid dans le dos !

Le personnage de Caine joué par Kirk Douglas semble témoigner d’une initiative louable (il veut créer un gigantesque complexe nucléaire implanté en Afrique afin de produire de l’électricité pour toute la planète) mais la découverte d’une inscription ( 2 < 231, « Iesus » à l’envers) va contrecarrer sa destinée et ses plans, pensant que l’endroit de son usine est une antichambre de l’enfer !

La belle Agostina Belli, d’abord journaliste photographe, tombera amoureuse de Caine, mais tout ne se passera pas comme prévu ! la femme de Caine est poignardée lors d’un cocktail et les militants écologistes extrémistes manifestent contre Caine, voulant lui faire stopper son projet !

Un aspect paranoïaque et schizophrène baigne pendant tout le film avec des « transferts » et des « corrélations » entre les chiffres et les inversions de chiffres (12 et 21, le nombre des bâtiments de la centrale et le nombre de têtes du monstre mythologique de l’enfer sont identiques !), De Martino sait très bien entretenir son climat de trouille et de paranoïa et la frayeur provoquée fonctionne au-delà de toutes espérances !

« Holocauste 2000 » est sans doute le meilleur film de Alberto de Martino, le réalisateur avait traité du même thème (« L’antéchrist ») dans un film du même nom mais plus grotesque voire ridicule (pompage de « L’exorciste »), ici il s’est beaucoup plus appliqué et a enrichi son scénario pour nous pondre son chef d’œuvre !

Alberto de Martino a une filmographie très intéressante et quand on y regarde de plus près, très atypique (trois ans après « Holocauste 2000 », il part en vrille et réalise l’immense nanar « Le redoutable Homme puma », un sommet de débilité !)…

« Holocauste 2000 » est un film effrayant mais très sympa à suivre, on ne s’ennuie quasiment jamais et les passages de rêves nous transportent littéralement dans un climat fantastique très envoûtant, l’issue avec la naissance du bébé m’a fait dresser les poils du dos, c’est un passage qui tétanise, et qui rend le film inoubliable !

Maintenant qu’une superbe édition blu ray est disponible (merci et bravo au Chat qui fume !), on ne pourra pas passer à côté de « Holocauste 2000 », très bon film resté hyper rare, l’occasion qu’il soit réhabilité est maintenant bien là !

On embarque dans une histoire bien barrée et même délirante, mais qui tient en haleine du début à la fin, on aurait tort de s’en priver !

« Holocauste 2000 » est un film qui fait peur et qui ne s’adresse pas à tous les publics, les cinéphiles apprécieront le spectacle, l’action est soutenue, les décors de qualité et l’interprétation parfaite, immersif et fascinant « Holocauste 2000 » se savoure sans difficultés et la qualité d’image du blu ray est au top et très respectueuse de ce qu’on est en droit d’attendre…

Du très beau travail !

FONCEZ !!!!!!!

Note : 8.5/10










 

samedi 23 juillet 2022

I comme Icare d'Henri Verneuil, 1979

 

I COMME ICARE

d’Henri Verneuil

1979

France

avec Yves Montand, Gabriel Cattand, Robert Party, Brigitte Lahaie, Jacques Denis, Michel Albertini, Roger Planchon, Pierre Vernier

122 minutes

Thriller politique/Espionnage

Musique d’Ennio Morricone

Blu ray édité chez Gaumont

Synopsis :

Dans un pays dont le nom n'est pas mentionné, mais présentant beaucoup de similitudes avec les États-Unis ou le Canada, un homme d'État fête sa réélection. La foule en liesse s'amasse aux abords des routes que le cortège emprunte lors de son passage.

Pourtant, en pleine journée, devant une masse abondante de témoins, le président Marc Jary est assassiné dans sa décapotable.

On lui a tiré dessus depuis un bâtiment surplombant le défilé.

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Chef d’œuvre absolu, « I comme Icare » est sans doute le meilleur thriller politique jamais réalisé toutes nationalités confondues, Henri Verneuil a mis deux années pour écrire le scénario en collaboration avec Didier Decoin, c’est un pur thriller ultra angoissant avec des séquences qui font froid dans le dos, le film est inspiré quasiment entièrement de l’attentat de John Fitzgerald Kennedy et il y a plusieurs caméo qui l’indiquent (Daslow, l’homme au fusil, c’est l’anagramme de Oswald, et la scénographie de l’attentat est identique à celle du président américain, la monnaie dans le film est le dollar, mais le pays n’est pas clairement nommé ni identifié !)…

Yves Montand est incroyable de maitrise, il n’a plus rien à prouver et mène avec une grande crédibilité son personnage du procureur Volney, bien décidé à faire exploser la vérité et à démonter une enquête truquée et tronquée…

Mais Henri Verneuil va beaucoup plus loin dans son film et intègre à l’histoire un élément parfait des meilleurs films d’espionnage, il nous gratifie de passages très flippants et sa réalisation est ultra méthodique, c’est de l’investigation poussée à l’extrême pendant plus de deux heures et le spectateur se régale avec une mise en scène frôlant la perfection (d’abord, la séquence de « found footage », puis les clichés des témoins protagonistes, leurs morts à tous et toutes -dont Brigitte Lahaie- et la remontée jusqu’à la source pour Volney/Yves Montand qui découvre le pot aux roses, attention au choc !)…

Ça barde et comme dans tous les films de Verneuil, de multiples surprises et rebondissements agrémentent l’intrigue, avec ce passage incroyable de l’expérience de Milgram basée sur la « soumission à l’autorité » (tous ceux qui ont vu le film se rappellent forcément de cette scène !)…

« I comme Icare » est un modèle de film de manipulation et sur la manipulation ; on croit qu’on a résolu une énigme et bien non ! tout repart à zéro et une énigme encore plus tordue arrive !

Dès le premier quart d’heure, l’habileté de Verneuil fait que l’on sait déjà que Daslow n’est pas le coupable mais qu’il est un « pion » pour le faire passer comme bouc émissaire, et cela seul Volney/Yves Montand le comprend !

Et là le film s’emballe et Verneuil nous balade dans des situations hyper stressantes à grand renfort d’une musique d’Ennio Morricone qui fout vraiment la trouille (on est vissés sur notre canapé !)…

Coup de maitre absolu et un des meilleurs films de Verneuil, « I comme Icare » se suit avec passion mais avec énormément de stress, jusqu’à son épilogue terrible qui pourra glacer le sang de n’importe quel spectateur, qu’il soit cinéphile ou non !

C’est vraiment très très méthodique et on ne retrouve plus cette mise en scène aussi appliquée dans les films actuels, le film n’a, paradoxalement, pas énormément vieilli grâce au dynamisme et au timing irréprochable de l’enchainement des plans séquences…

Diffusé et rediffusé à la télévision, « I comme Icare » est un film connu et l’édition blu ray de Gaumont est parfaite et rend honneur à ce chef d’œuvre avec une image neuve et parfaite, tout cinéphile se doit de la posséder !

Pour les aficionados des « Brigades du tigre » c’est un régal puisqu’on retrouve trois acteurs qui ont joué des rôles dans la série (Gabriel Cattand en président Jary tué au début joue dans  « Rita et le caïd », Henry Djanik joue dans « Don de Scotland Yard » et Robert Party, un des membres de la commission d’enquête, joue dans « Les enfants de la Joconde » et dans « SOS Tour Eiffel »)…

« I comme Icare » c’est du cinéma de Papa, du cinéma comme on n’en fait plus de nos jours, et c’est toujours un bonheur de revoir ce super thriller politique, c’est du cousu main et Henri Verneuil signe un de ses meilleurs films, dans la même veine que « Peur sur la ville » tourné quatre ans plus tôt…

Un boulot phénoménal d’écriture et de mise en scène, « I comme Icare » c’est du caviar en barres !

Incontournable et à revoir régulièrement, le plaisir est intact !

Note : 10/10












lundi 18 juillet 2022

Dark angel de Craig R. Baxley, 1990

 

DARK ANGEL

de Craig R. Baxley

1990

Etats-Unis

avec Dolph Lundgren, Matthias Hues, Brian Benben, Betsy Brantley, Jay Bilas

Polar fantastique/action/science-fiction

91 minutes

Blu ray édité chez MDC films

Budget : 7 000 000 dollars

Synopsis :

Houston, Texas, 1990…

Un extraterrestre (Matthias Hues) débarque sur Terre à la recherche d'une substance que l'on peut considérer comme étant une drogue, qu'il puise chez les humains en leur lançant une sorte de câble avec au bout une seringue avec laquelle il puise le liquide.

Il est poursuivi par un policier extraterrestre (Jay Bilas) et par un policier violent (Dolph Lundgren) à qui on donne un équipier (Brian Benben).

Tous trois se mettent à la recherche du criminel.

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Fort de ses précédents succès, Dolph Lundgren revient en grande forme dans ce polar teinté de fantastique au titre vendeur : DARK ANGEL…

Les fans d’action testostéronée seront aux anges malgré une histoire vue des dizaines de fois (un flic qui doit collaborer avec un équipier venu du FBI, ils n’ont rien en commun mais vont apprendre à se connaitre pour finalement s’apprécier !) mais agrémentée par une trouvaille nouvelle : la venue de deux aliens (un qui est amical et l’autre très méchant !)…

La mise en scène ne fait pas dans la demi-mesure, les scènes d’action sont déclinées au bulldozer et l’ensemble est ultra bourrin ; Craig R. Baxley ne lésine pas sur le sensationnel, à grands renforts d’explosions, de fusillades et de cascades très spectaculaires, de ce côté-là « Dark Angel » est un film hyper généreux !

On est en plein dans la vague des « buddy movies », genre initiée par des films comme « L’arme fatale » ou « 48 heures », ici on ne réfléchit pas beaucoup, on agit ! et ça barde !

Toujours les mêmes clichés inhérents à ce genre, répliques grossières, crédibilité limite et sémantique au ras des pâquerettes (on comptabilise même des vannes homophobes !), ça passe ou ça casse et « Dark angel » est un film réservé à un public bien précis et acquis à sa cause d’avance…

La finesse n’est donc pas de rigueur et le dynamisme de « Dark angel » fait plaisir à voir, le film se suit bien et s’avère particulièrement attractif, les moyens alloués au budget sont conséquents et le montage serré et rapide !

Dolph Lundgren est un excellent acteur même si l’expressivité n’est pas sa première qualité, il est doté d’un capital sympathie inné auprès du spectateur, au même titre que d’autres comme Steven Seagal, Chuck Norris ou même Stallone…

Bref, vous l’aurez compris, avec « Dark angel » on laisse son cerveau aux vestiaires avant le visionnage et on assiste à ce qui fait de mieux dans le genre des actioners de la fin des années quatre- vingt début années quatre-vingt dix…

Devenu culte par la suite, « Dark angel » se laisse voir sans difficultés et l’édition blu ray sortie récemment donne l’occasion de redécouvrir ce classique du film d’action, pas du tout prétentieux et d’une grande générosité !

« Dark angel » ravira donc les cinéphiles adeptes de grand spectacle, ça déménage à fond les gamelles et on prendra un pied total en le (re)visionnant !

Note : 7/10






 

samedi 16 juillet 2022

La fille qui en savait trop de Mario Bava, 1963

 

LA FILLE QUI EN SAVAIT TROP

de Mario Bava

1963

Italie

avec Leticia Roman, John Saxon, Valentina Cortese, Mario Serandrei, Gianni di Benedettto, Milo Quesada

Thriller/giallo/film policier

92 minutes

Musique de Roberto Nicolosi

Blu ray édité chez Sidonis Calysta

aka La ragazza che sapeva troppo

Synopsis :

L'Américaine Nora Davis arrive à Rome pour passer des vacances.

Mais dès son atterrissage à l'aéroport, les choses prennent une tournure désagréable : son voisin dans l'avion, avec qui elle avait fait connaissance, est arrêté pour trafic de drogue.

Elle rejoint alors sa tante malade où elle va loger durant son séjour.

Celle-ci est soignée par le Dr Marcello Bassi.

La tante de Nora décède le premier soir de sa visite et Nora se rend à pied à l'hôpital voisin pour prévenir le Dr Bassi.

En chemin, elle est agressée et assommée sur l'escalier de la Trinité-des-Monts

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Historiquement et authentiquement, « La fille qui en savait trop » est le premier giallo au monde, c’est le premier film qui créée ce genre au cinéma et Bava a inventé tous les codes dans son métrage qui seront repris par la quasi-totalité des réalisateurs italiens, qu’on le veuille ou non c’est un film précurseur qui allait ouvrir de nouvelles portes dans le septième art !

Bava prend le canevas de Hitchcock (le titre se réfère à « l’homme qui en savait trop ») mais il nous met en scène un film à énigmes, à tiroir, comme des poupées russes (une énigme en amène aussitôt une autre et ainsi de suite…)…

La réalisation est très tonique et chargée en densité ; la sublime Leticia Roman, dont c’est quasiment l’unique rôle au cinéma, est ultra charismatique et possède un regard proche de l’hypnotique, le film comporte même des passages effrayants, très vite désamorcés par un ton humoristique, on sent que Bava s’amuse et qu’il fait ce qu’il veut avec ses spectateurs, on peut parler de chef d’œuvre absolu et de pilier pour l’histoire du cinéma italien, à ce stade, aucun autre réalisateur n’avait osé exploser  les conventions et improviser un tel style, qui sera la génèse de dizaines, de centaines de films après, dans la période d’une vingtaine d’années (entre 1963 et 1983, et même bien après !), « La fille qui en savait trop » est une REVOLUTION !

De plus, au niveau qualitatif, « La fille qui en savait trop » est un modèle de thriller et de film policier, une femme assiste à un meurtre et se retrouve imbriquée dans une histoire rocambolesque, un canevas connu au cinéma, mais magnifié par un sens de la mise en scène propre à Bava, à la fois rigoureux, divertissant et insolite…

Comme toujours, les décors ont une place prépondérante chez Bava et « La fille qui en savait trop » ne déroge pas à cette règle ; au niveau architectural, le film est hyper dense avec même un côté « carte postale » (il ne faut pas oublier que Nora Davis est avant tout une touriste et vient des Etats-Unis pour visiter Rome)…

Bava montre déjà qu’il sait y faire pour distiller à doses progressives l’angoisse et l’étonnement, certains plans séquences provoquent l’effroi, ces trouvailles se répercuteront sur d’autres réalisateurs (Dario Argento, surtout, avec « Profondo rosso » qui « pique » certaines idées du film de Bava ; et un hommage certain dans « Ténèbres » tourné vingt ans plus tard, toujours avec John Saxon et se déroulant à Rome, comment ne pas y voir une similitude ?)…

Bava en finira avec le noir et blanc après « La fille qui en savait trop », c’est une œuvre charnière dans sa filmographie, un « passage », une « étape » qui lui permit d’accéder au rang de cinéaste culte, lui ouvrant les portes vers d’autres domaines de créations (tout le monde sait que sa marque de fabrique, c’est le travail des couleurs dans ses films)…

La musique de Roberto Nicolosi est parfaite et permet d’amplifier les scènes, déjà très amples, le charme de Leticia Roman est également à 70 % dans la réussite du film, on regrettera que la belle n’ait pas pu faire carrière, elle possédait un fort potentiel et un charisme exceptionnel…

L’édition blu ray sortie chez Sidonis Calysta est fabuleuse et on a la chance de retrouver Bruno Terrier dans les bonus qui explique très méthodiquement les différences de montages entre la version américaine et la version européenne, ainsi qu’une présentation du film par Olivier Père d’Arte, cette édition est indispensable pour tout cinéphile et a même le montage américain disponible !

En outre, « La fille qui en savait trop » est un métrage à découvrir ou redécouvrir en priorité, ce n’est pas le meilleur film de Bava, mais sans doute, un de ses plus importants car il a élaboré tout ce qui fit un genre par la suite, par des dizaines d’autres metteurs en scène, Bava was the FIRST ! il ne faut jamais oublier ça !

« La fille qui en savait trop » est essentiel pour comprendre la démarche de Bava par rapport à la façon avec laquelle il appréhende le cinéma ; pour les non cinéphiles, c’est un très agréable moment à passer, aucune prétention de la part de Bava, il crée son style mais aussi respecte totalement la volonté de dépaysement que chacun demande lorsqu’il visionne un film…

Must have absolu !

Note : 10/10











jeudi 14 juillet 2022

WEST SIDE STORY de Steven Spielberg, 2021

 

WEST SIDE STORY

de Steven Spielberg

2021

Etats-Unis

avec Rachel Zegler, Rita Moreno, Ansel Elgort, Ariana De Bose, Maddie Ziegler, Mike Faist

Comédie musicale

156 minutes

Musique de Léonard Bernstein et David Newman

Budget : 100 000 000 dollars

Recettes mondiales au box- office : 75 540 207 dollars

Synopsis :

Dans les années 1950, deux bandes de jeunes s'affrontent pour le contrôle d'un quartier défavorisé de l'Upper West Side en plein embourgeoisement.

D'un côté, le gang des immigrés portoricains récemment arrivés à New York : les Sharks, dirigés par Bernardo ; de l'autre, le gang des derniers immigrés européens : les Jets, conduits par Riff.

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Steven Spielberg est un illustre metteur en scène, si on regarde de près sa filmographie on peut dire que tout lui réussit, ici il s’attaque à un genre encore absent à son palmarès : la comédie musicale ; et bien « West side story » est un nouveau chef d’œuvre pour ce maitre du septième art !

Soixante ans après l’original sorti en 1961, Spielberg propulse son style et adapte de manière virtuose cette love story, histoire d’amour entre un jeune homme blanc et une jeune fille d’origine portoricaine ; la réalisation est impeccable, les chorégraphies superbes et tout l’ensemble se coordonne à merveille ! quoiqu’il fasse Spielberg s’en sort toujours grâce à son talent fou et son sens inné de transmettre du loisir au spectateur, il est respectueux à 200 % de son public et donne toujours du bonheur et du plaisir à chacun de ses films, cela tient presque de la magie !

Sur un fond politique (le communautarisme), l’histoire de « West side story » se décline sans aucune fausse note et cet amour « impossible » est jalonné de séquences inoubliables restituées à merveille par un Spielberg en état d’apothéose !

Niveau technique, c’est un truc de fous ! on a quasiment une trouvaille de plans toutes les dix secondes, Spielberg manie sa caméra comme personne, avec, soyons honnêtes de le dire, un recours aux effets numériques (c’est flagrant !) mais cela ne gâche en rien le travail déployé et le charme restitué !

Les acteurs sont jeunes et le charme juvénile de Rachel Zegler fait un tabac ; les parties chantées sont également somptueuses et tout est millimétré parfaitement, le spectateur assiste à un bain de jouvence cinématographique de près de deux heures quarante, et c’est le nirvana !

Les personnages principaux tout comme les seconds rôles sont attachants (notamment Valentina) et Spielberg, comme toujours dans ses films, sait doser l’humanité de ses protagonistes avec la plus grande bienveillance ; la violence est amoindrie et l’amour passe en premier avec des passages inoubliables (la scène du baiser le long de la façade, le bal avec la première rencontre, l’issue où l’on ne peut que difficilement retenir ses larmes), Spielberg tape direct au cœur et nous signe une nouvelle fois un uppercut filmique comme seul lui sait faire ! il faut bien vingt minutes pour se remettre du film après son visionnage !

« West side story » ne trahit en rien l’original mais ce remake en est une version bonifiée et pas du tout inutile, Spielberg est très malin et évite justement de trop « casser » les codes de son illustre homologue, il est respectueux du film de 1961 mais reprend la mise en scène à sa sauce et… c’est un REGAL !

Il est étonnant que le film n’ait pas rencontré le succès escompté et que Spielberg ne soit pas rentré dans ses billes (un budget faramineux de 100 millions de dollars pour des recettes inférieures ! « seulement » 75 millions de dollars), peut être était-ce dû à la pandémie de Covid 19, quoiqu’il en soit le spectacle est bel et bien là et c’est fabuleux !

Quoiqu’il fasse, quoiqu’il choisisse comme thème, Steven Spielberg parvient systématiquement à être à l’aise, regardons sa carrière ! de « Duel » en 1971 à « West side story » 50 ans plus tard, il n’a tourné que des chefs d’œuvre ! son parcours est exemplaire et c’est si rare de voir un pédigrée comme le sien, au firmament du septième art !

Une nouvelle fois, Spielberg nous bluffe et « West side story » est un film incroyable, une perle qui ravira obligatoirement tous les cinéphiles, aguerris ou non, c’est un film absolument tous publics où chacun trouvera son bonheur avec une distribution d’acteurs et d’actrices tous prodigieux et une belle histoire bien racontée avec un esthétisme à couper le souffle…

Spielberg a pondu une bombe et il faut rendre hommage à ce metteur en scène qui n’a plus rien à prouver depuis des décennies et qui sait sur le bout des doigts ce que son public attend de lui… et il fait le job à la perfection !

Avec « West side story » millésime 2021 vous ne pourrez qu’être enthousiasmés, ruez vous sur ce film et savourez !

Note : 10/10 obligatoire, il ne peut en être autrement !









samedi 9 juillet 2022

CUJO de Lewis Teague, 1983

 

CUJO

de Lewis Teague

1983

Etats-Unis

avec Dee Wallace, Danny Pintauro, Daniel Hugh Kelly, Christopher Stone, Billy Jayne, Ed Lauter

91 minutes

Film d’épouvante/animal attack

Directeur de la photographie : Jan de Bont

d’après un roman de Stephen King

musique de Charles Bernstein

budget : 5 000 000 dollars

recettes au box-office : 21 000 000 dollars

Synopsis :

Cujo, un saint-bernard très gros mais très gentil, est mordu par une chauve-souris enragée.

Plus tard, la famille Trenton - composée de Vic, qui travaille dans la publicité, de sa femme Donna et leur jeune fils Tad - emmènent leur voiture chez le mécanicien Joe Camber pour des réparations, et y croisent Cujo, qui est l'animal de compagnie de la famille Camber.

Donna remarque la morsure de Cujo.

Peu après, le mariage de Vic et Donna est mis à l'épreuve lorsque Vic apprend que Donna a une liaison avec son ex-petit ami du lycée, Steve Kemp, alors que la publicité de Vic pour des céréales échoue. 

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Adaptation très réussie d’un roman de Stephen King, « Cujo » fut un énorme succès  au box-office, c’est un film d’angoisse dans la lignée des « dents de la mer » ou des « Oiseaux » d’Hitchcock, on classe ce film dans la catégorie des « animal attack », genre qui florissait dans les années 80 aux Etats-Unis…

La mise en scène de Lewis Teague est très carrée et particulièrement efficace ; le film prend son temps avant de décoller dès que le « duel » Donna/Cujo s’installe, le film prend alors son essor et rien ne semble stopper la frayeur (aussi bien pour les protagonistes que pour le spectateur médusé !), ça y va sec avec un montage hyper efficient et des plans serrés ! N’oublions pas que c’est l’illustre Jan de Bont qui est directeur de la photo, ce qui nous vaudra des séquences très impressionnantes (rien que le début avec la poursuite entre Cujo et le lapin, filmé avec le moyen d’une steadycam et qui met directement dans l’ambiance !)…

Le problème de couple entre Vic et Donna est relégué au second plan, mais tout est très bien joué et semble crédible ; même le gamin est parfait dans son rôle, pas du tout insupportable, ses accès de terreur et notamment sa crise d’épilepsie dans la voiture sont parfaitement dirigés par un Lewis Teague au sommet de sa forme et de son art, il réalise ici peut être son meilleur film !

La première demie heure est plutôt pépère mais, en revanche, le film décolle à fond dans l’horreur dès que la voiture ne démarre plus et que Donna est bloquée avec son fils face au Saint Bernard mastoc devenu fou (il a été mordu par une chauve- souris qui lui a refilé la rage et devient incontrôlable !!!!)…

La musique de Charles Bernstein est excellente et bien au diapason des scènes, elle amplifie la terreur provoquée (un passage ressemble un chouya à la musique de « Jaws » !)…

« Cujo » est un film très éprouvant où le stress est omniprésent et où ça ne se relâche quasiment jamais jusqu’à une issue bienveillante (heureusement !) mais où Dee Wallace en a bien bavé (l’actrice est excellente et, de l’aveu de Stephen King himself, il pense que c’est la meilleure performance d’une actrice pour toutes les adaptations de ses romans confondues, c’est dire !)...

Film très exigeant dans sa réalisation, « Cujo » deviendra rapidement un classique du « animal attack » et le succès fut instantanément au rendez-vous ; c’est un film très lisible, au scénario simple et facile à décoder, pas de prétention ni de complication, l’histoire se suit de façon linéaire et le spectateur est « happé » par un scénario prenant et habile dans l’angoisse, « Cujo » c’est vraiment du sérieux, on n’est pas dans un nanar du tout mais dans un métrage d’épouvante pur et dur, à réserver à un public aguerri (les scènes du cri du môme lors de l’attaque sont difficiles à encaisser et la VF est excellente, retranscrivant les vociférations et la terreur absolue vécue par le bambin -pas facile à jouer, il a à peine une dizaine d’années !-)…

Franchement, « Cujo » c’est du très bon boulot, la mise sous tension se fait progressivement et ça y va crescendo jusqu’à ce que ça pète, et là ça ne rigole plus du tout !

L’histoire de l’adultère fait partie de l’histoire mais il conviendra plutôt de s’intéresser au « combat » humain/animal, bien plus captivant et attrayant, le fan de film d’angoisse sera comblé et en aura pour son argent !

« Cujo » est une adaptation approuvée par Stephen King et demeure un modèle de l’animal attack, dans le genre c’est une incontestable réussite !

Ceux qui l’ont visionné se souviennent très bien de « Cujo », il laisse une empreinte indélébile et fait vraiment peur…

On ne regardera plus les gros Saint-Bernard de la même manière après avoir vu ce film !

Note : 8/10