lundi 4 décembre 2017

ANNIHILATOR For the demented

ANNIHILATOR – For the demented
Album sorti en novembre 2017
Thrash metal technique

Deuxième album studio après que Dave Padden ait été viré par Jeff Waters, “For the demented” est nettement supérieur à son prédécesseur “Suicide society”, sorti en 2015…
C’est aussi le symbole d’un renouveau du style du groupe car cet album est assez complexe, que ce soit dans les sonorités ou les riffs de guitare (Jeff nous gratifie d’une guitare wha wha, chose inédite !), beaucoup de métalleux y ont même vu une « Megadethisation » d’Annihillator, ce qui n’est pas erroné car certains passages ou certaines intros rappellent beaucoup « Cryptic writings » du groupe de Dave Mustaine, sorti en 1997…
Les deux morceaux qui introduisent « For the demented » (« Twisted lobotomy », et « One to kill ») sont deux tueries bien ancrés dans le style annihilatoresque et une fois de plus, Jeff s’est défoncé dans la composition et la rythmique, ces morceaux bardent et c’est du pur heavy thrash (avec un larsen de sauvage à la fin de « Twisted lobotomy » qui nous décape les cages à miel !)…
« For the demented » est donc un album surprenant à plus d’un titre et à part dans la discographie d’Annihilator, certains segments comme « Phantom asylum » ou »Altering the altar » s’ouvrent par des sonorités nouvelles et inhabituelles pour un album de thrash, c’est ce qui fait la force de cet album mais aussi ce qui le distingue, encore une fois, Jeff Waters a placé la barre très haute, « For the demented » est probablement un opus qui déconcertera les fanatiques de thrash basique, mais à force d’écoutes prolongées, on se rend compte que Jeff Waters n’a en rien trahi ses aficionados, il évolue, et dans le bon sens, et le fait de ne jamais rester statique est un bon point pour un groupe de métal, cela prouve l’originalité du groupe et sa capacité à sans cesse se renouveler…
Jeff Waters intègre même de la mélancolie dans le morceau qui clôture l’album, le magnifique « Not all there » qui s’avère un régal à l’audition et où Waters nous emmène très loin dans la recherche d’un style à part, il a une fois de plus tapé dans le mille et on sort de l’écoute intégrale de « For the demented », à la fois convaincu et heureux…
Pour résumer, « For the demented » est un des meilleurs albums modernes de Annihilator, il est plaisant et soigné et nous prouve encore une fois l’étendue du talent de Jeff Waters, frontman incontestable et incontesté du groupe canadien…
Un des plus grands albums métal de l’année 2017 à se procurer d’urgence !





dimanche 3 décembre 2017

DARK WATER de Hideo Nakata, 2002

DARK WATER
de Hideo Nakata
2002
Japon
avec Hitomi Kuroki, Rio Kanno, Asami Mizukawa, Mirei Oguchi, Fumiyo Kohihata  
Film fantastique
97 minutes
Budget : 4 000 000 dollars
Synopsis :
Une grande métropole du Japon, début des années deux mille…
Yoshimi Matsubara est une jeune femme qui subit une instance de divorce, son mari est acariâtre et désagréable, Yoshimi veut garder la responsabilité parentale sur sa fille Ikuko, son mari lui fait les pires crasses et la mère et sa fille doivent se rendre dans un cabinet d’avocats afin de conserver l’autorité face à un père qui fait tout pour briser leurs vies…
Finalement Yoshimi trouve un appartement et un travail et arrive à peu près à assumer son quotidien et gérer au mieux l’éducation de Ikuko…
Un événement fantastique terrifiant va bouleverser Yoshimi et Ikuko, il semblerait que quelques années auparavant un drame ait eu lieu dans le bâtiment où elles vivent, à l’intérieur d’une cuve, située sur le toit de l’immeuble…
De nombreux chambardements se produisent dans l’appartement de Yoshimi avec des fuites d’eau torrentielles et un plafond d’où s’écoule une immense tâche d’un  liquide jaunâtre…
 Yoshimi alerte le gardien mais celui-ci semble étranger à tous ces phénomènes…
Ce n’est que lorsque Yoshimi a des visions spectrales d’une petite fille qui se balade de couloirs en couloirs que l’horreur prend le dessus sur la réalité !
Et de plus, Yoshimi veut absolument protéger Ikuko ; un après midi, Yoshimi est appelée d’urgence à l’école, sa fille a fait un malaise et s’est évanouie !
Petit à petit, une névrose va s’emparer de Yoshimi jusqu’à un dénouement qui dépasse l’entendement…
Mon avis :
Après la bilogie des « Ring » qui fut un succès international et la fierté du pays du soleil levant en matière de film fantastique, Hideo Nakata revient sur le devant de la scène avec ce « Dark water », nouveau sommet dans la terreur et soyons francs, « Dark water » est une grande réussite, Nakata distille une horreur crescendo avec une grande pudeur et surtout pas une goutte de sang et aucun plan gore…
La réussite du film vient avant tout du jeu de Hitomi Kuroki, l’actrice principale, qui n’en fait jamais trop ; elle n’a qu’une lubie, protéger sa frêle fille et à ce titre, « Dark water » est l’un des films les plus maternalistes que le cinéma nous ait donné…
Au scénario habile et doté de scènes jamais redondantes, « Dark water » pousse très loin dans le terrifiant avec… pratiquement rien ! si ce n’est les décors !
La musique est oppressante mais Nakata la choisit avec parcimonie et juste quand il faut, le score est totalement approprié pour augmenter le malaise chez le spectateur (je vous avoue que certaines séquences m’ont tétanisé et que j’ai eu les poils du dos dressés !)…
Le postulat en lui-même est très intéressant et la cause des déboires de Yoshimi et Ikuko fiche vraiment la trouille, on ne l’apprend qu’aux deux tiers du métrage, Nakata prenant tout son temps pour bien nous mettre dans l’ambiance, il nous immerge dans une terreur sourde qui va prendre forme petit à petit pour éclater complètement lors d’une catharsis très maitrisée et relatée avec un aspect froid, que l’on retrouve pendant tout le film….
FROID, c’est le mot, ici aucune chaleur, aucune couleur chaude mais du gris, de la pluie, des intérieurs sales et des murs rongés par le moisi…
Toute cette mosaïque créée une atmosphère hyper déstabilisante et le spectateur se prend au jeu dès le début ; « Dark water » atteint  des sommets et Hideo Nakata exploite absolument tout ce qu’il trouve, tout est prétexte à donner du mystère puis à l’amplifier, puis ce mystère se mute irrémédiablement en peur puis en terreur pure !
« Dark water » est un film qui fait très peur, mais on est loin des films d'horreur américains ou italiens, Nakata possède un style qui lui est propre mais pas plus inintéressant que ses collègues d’outre Atlantique ou transalpins…
Nakata ne pique rien aux autres, il créée son cinéma, donne de son talent et au final, tout est réussi ! Imprimant à la perfection et avec une grande sensibilité empathique l’histoire de cette mère de famille embourbée dans une situation paranormale, Nakata fait même mieux que les « Paranormal activity » en insufflant des codes nouveaux au cinéma fantastique…
La terreur vient du Japon et il ne faut pas passer à côté !
« Dark water » est une petite bombe d’inventivité à voir absolument et ceux qui veulent vraiment flipper en voyant un film se prendront la raclée de manière indélébile !
Une pure tuerie !

Note : 9.5/10







Les noces funèbres de Tim Burton et Mike Johnson, 2005

LES NOCES FUNEBRES
de Tim Burton et Mike Johnson
2005
Etats-Unis
avec les voix de Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Emily Watson, Christopher Lee, Richard E. Grant, Michael Gough
Conte fantastique d’animation
74 minutes
aka Corpse bride
Musique de Danny Elfman
Budget : 30 000 000 dollars
Recettes mondiales : 117 195 000 dollars
Oscar du meilleur film d’animation en 2006
Synopsis :
Un petit village de l’Europe de l’Est au dix- neuvième siècle…
Victor Van Dort est un jeune homme qui souffre d’une timidité maladive, il vit dans une famille très aisée ; Victoria Everglot est sa promise, les conditions de ses parents sont catastrophiques car ces derniers sont ruinés financièrement, ils espèrent retrouver fortune avec le mariage avec Victor et ainsi redorer leur blason…
Tout semble donc se goupiller idéalement, d’autant que Victor et Victoria sont vraiment éperdument amoureux l’un de l’autre…
C’est alors qu’une nuit, Victor se perd dans une forêt brumeuse et enneigée et, de fil en aiguille, réanime le cadavre d’Emily, une superbe femme moribonde au corps zombifié !
Victor va vivre une aventure inédite et se retrouver plongé dans un monde fantasmagorique peuplé d’araignées et de squelettes…
Emily l’entraine dans des périples hallucinants et le destine à être son époux, au début contre son gré ; Victor n’a de cesse de penser à Victoria et il est pris dans un dilemme terrible !
Victor retrouvera t-il sa dulcinée et pourra t-il lutter contre le charme d’Emily ?
Il va effectuer un voyage dans un monde parallèle qui va transformer sa vie et devra s’armer de la plus grande vigilance car ce ne sera pas de tout repos pour lui mais les esprits, d’abord effrayants, finiront par être bienveillants envers lui…
L’issue de son voyage dans le pays des morts va le rasséréner et va transformer son existence, sa timidité va finir par s’effacer…
Mon avis :
« Les noces funèbres » est un film d’animation phénoménal à tous les niveaux, il est créé tout droit sorti de l’imagination du génial Tim Burton, dont le talent n’est plus à prouver ; ici il signe une sorte de conte gothique teinté d’une histoire d’amour rocambolesque avec un voyage atypique dans le pays des morts…
Absurde, diront certains, mais il faut se laisser porter par la magie du film, à travers des personnages très attachants, une empathie immédiate se créée, un peu comme dans les dessins animés de Walt Disney, mais en étant une version moderne et gothique du maitre…
Et il a fallu un travail monumental pour mettre en scène « Les noces funèbres », le résultat est prodigieux et il faut même plusieurs visionnages pour apprécier pleinement la picturalité des plans, Tim Burton signe ici un de ses plus beaux métrages, aux frontières de l’animation, du film fantastique et du conte crépusculaire…
Très touchant, « Les noces funèbres » fera même arracher des larmes au spectateur tant la beauté déployée est exquise ; c’est un film d’animation qui se savoure et qui dégomme tout ce qui a été vu en la matière auparavant…
Mélange/hommage aux films de la Hammer avec beaucoup de musiques et des passages chantés, « Les noces funèbres » est un délice cinématographique qui tape dans le mille et qui contentera aussi bien les geeks fans de la première heure de Tim Burton que n’importe quel autre public, y compris celui familial, Burton réinvente le film d’animation et redonne ses lettres de noblesse aux élégies gothiques qui, il faut bien l’admettre, sont rares dans le cinéma contemporain…
Proche de la perfection au niveau graphique et réellement doué pour créer des ambiances inédites, « Les noces funèbres » a le double mérite de dépayser et rafraîchir mais aussi d’émouvoir par la candeur des personnages ; on se plonge dans leurs regards comme eux se plongent dans leur monde et Burton nous invite pour un voyage magnifique et extrêmement nouveau avec ce qui fera date dans l’histoire du film d’animation…
A voir et à revoir, « Les noces funèbres » est un film-phare dans la carrière de Tim Burton et un régal absolu pour les cinéphiles sensibles et même pour tous les autres, des œuvres dotées d’une telle sensibilité, combinée à un graphisme aussi développé, sont tellement rares qu’il faut les avoir visionnées sans faute !
Note : 9.5/10






dimanche 26 novembre 2017

Bermudes, triangle de l'enfer de Tonino Ricci, 1978

BERMUDES, TRIANGLE DE L’ENFER
de Tonino Ricci
aka Anthony Richmond
1978
Italie/Espagne/Mexique
avec Arthur Kennedy, Janet Agren, Cinzia Monreale, Andres Garcia
Aventures
Musique de Stelvio Cipriani
90 minutes
VHS édité chez South Pacific vidéo
Inédit en DVD
aka Bermude la fossa maledeta
Synopsis :
Saint Domingue, dans les années soixante-dix…
Alors que tout semble bien se passer, les véliplanchistes se donnent à cœur joie de faire du surf, le soleil est bien présent et les filles sont en bikini, un homme est retrouvé blessé et il est emmené à l’hôpital local, il aurait réchappé d’une fosse marine alors que tous les occupants de son navire sont portés disparus et ce jeune homme serait resté six mois en pleine mer !
Ce qui semble incroyable, c’est qu’il ait survécu tout de temps ; sa fiancée le retrouve mais celle-ci est courtisée par un de ses amis, jaloux du bonheur du couple…
Un avion se crashe en pleine mer alors que sa position devait rester secrète, en effet, les deux pilotes travaillent pour la solde d’un trafiquant, ce dernier est fou de rage car le boitier qu’ils transportaient contient des informations capitales et cruciales…
Se faisant passer pour un riche industriel, le trafiquant repère deux marins plongeurs, Andres et Enrique, ils leur proposent quinze mille dollars s’ils acceptent de plonger près de l’épave de l’avion et s’ils arrivent à retrouver le fameux boitier…
Alors qu’ils étaient en croisière de nuit, des jeunes gens procèdent à un suicide collectif en se noyant tous après s’être jetés à l’eau…
Et si la faille ou la fosse maritime renfermait un monde parallèle ?
Et si les Bermudes rendaient fous tous ceux qui s’approchaient de cet endroit ?
N’oublions pas les requins qui pullulent et qui rajoutent du danger au danger !
Alors qu’Andres et Enrique finissent par retrouver le boitier contenant les documents, les deux hommes ne sont pas au bout de leurs peines ! Le trafiquant les a piégés et les menace avec un revolver !
Mon avis :
Tonino Ricci signe avec « Bermudes, triangle de l’enfer » un honnête film d’aventures teinté de passages fantastiques et qui souffre d’une mauvaise réputation, considéré comme un nanar médiocre, et bien, après une seconde vision de ce film, force est de constater qu’il n’a pas que des défauts ; déjà le casting est de qualité, Arthur Kennedy (l’inoubliable commissaire du « Massacre des morts vivants ») est crédible dans un rôle de pire salopard vénal et sans scrupules et surtout le duo féminin Janet Agren/Cinzia Monreale est de premier choix, les deux belles ajoutant une dose de féminité qui s’avère imparable !
Bien sûr, l’intrigue est quelque peu capilotractée avec les « requins qui dorment » (on ne s’en remet pas !) et l’envoutement lors du suicide collectif supposé et présumé où tout le monde pète un plomb et se jette par-dessus bord, prétexte à des séquences oniriques assez esthétiques…
Et puis il y a la musique –magnifique - de Stelvio Cipriani qui reste sans nul doute une des meilleures que le Maestro ait composée ; bien ancrée dans l’aspect vintage du métrage, le score lui colle à la peau et rajoute une plus-value énorme à la sympathie que l’on éprouve pour ce « petit » film néanmoins fort intéressant…
On aurait pu penser que Ricci nous pondrait un énième plagiat des « Dents de la mer » et bien pas du tout !  on est loin d’un pompage du chef d’œuvre de Spielberg, ici, Ricci s’efforce de distiller une histoire différente et inédite, il mélange polar, fantastique et film d’aventures avec des scènes sous- marines qui font partie intégrante du scénario ; on se régale lors de ces plongées et même si, souvent, tout est conçu avec des maquettes en carton- pâte, les plans aquatiques sont immersifs, autant pour les plongeurs que pour le spectateur !
Filmé avec des moyens relativement corrects, « Bermudes, triangle de l’enfer » est un film vraiment plaisant qui gagnerait à sortir en DVD chez nous car la VHS South Pacific vidéo commence vraiment à faire la tronche, s’il y a bien un film à réhabiliter, c’est celui-là !
Et puis finalement « Bermudes, triangle de l’enfer » s’en est bien sorti avec le temps, sa dynamique et son sens de l’action font qu’il n’a pas trop vieilli et que, quarante ans après, un cinéphile actuel y trouvera son compte ; rythmé et avec un découpage de plans rapide, « Bermudes, triangle de l’enfer » ne nous laisse pas le temps de nous ennuyer…
Un film mineur mais tellement rare que si vous avez l’occasion de tomber dessus, ne vous privez pas de votre plaisir !

Note : 7.5/10







Les aventuriers de l'enfer d'Antonio Margheriti, 1985

LES AVENTURIERS DE L’ENFER
d’Antonio Margheriti
1985
Italie
avec Lee Van Cleef, Marina Costa, Mike Monty, Christopher Connelly, Alan Collins
Aventures/action
95 minutes
VHS édité chez Delta video
Inédit en DVD en France
aka Jungle raiders
aka La lengendda del rubino malese
Synopsis :
Malaisie, Bornéo et ses alentours, en 1938…
Duke Howard est un faux guide qui entraine dans des sorties montées de toutes pièces des aventuriers prêts à tout pour obtenir de l’évasion ; Howard est de mèche avec des indigènes qui font semblant de le poursuivre ; ce petit jeu rapporte beaucoup d’argent à Howard mais l’inspecteur Warren, un éminent policier, comprend vite son manège…
Le conservateur d’un musée et son assistante, une jolie brune, doivent retrouver le rubis des ténèbres, une pièce d’orfèvrerie située en pleine forêt malaisienne ; Warren mandate Duke Howard pour qu’il les accompagne, connaissant les recoins de la forêt comme personne…
Des trafiquants d’armes sont également sur le coup, ces derniers martyrisent la population, les femmes et enfants sont parqués dans les bâtiments d’un camp et la tâche s’avère compliquée pour Duke et ses compagnons aventuriers…
Alors que le rubis semble avoir été récupéré, d’autres mésaventures attendent Duke, qui devra combattre pour rester en vie !
Mon avis :
Une nouvelle fois, Antonio Margheriti excelle dans le cinéma de divertissement pur et ne s’embarrasse pas de compromis, il réalise un honnête film d’action bourré d’énergie et revigorant, ici on est là uniquement pour passer un moment de détente et Margheriti remplit son contrat avec brio…
Tout y est ! Poursuites en voitures (d’époque s’il vous plait), méchants aux trognes adaptées, belle héroïne brune (Marina Costa, sublime !) et deux pointures du cinéma populaire (Lee Van Cleef, que l’on ne présente plus, et Christopher Connelly, acteur très sympathique vu également dans « Les prédateurs du futur » de Deodato), on ne s’ennuie jamais et le rythme alerte va de pair avec une production qui a mis les moyens financiers qu’il fallait !
Méconnu et jamais sorti en DVD, « Les aventuriers de l’enfer » est un métrage à la trame scénaristique assez simple, mais la forme avec laquelle il est mis en scène parvient à faire oublier certaines faiblesses (la musique notamment, un peu lourdingue et gogole)…
Apparemment tourné en décors naturels, « Les aventuriers de l’enfer » se suit très facilement et le pompage du début des « Aventuriers de l’arche perdue » disparaît assez vite pour que Margheriti, par le biais de la dynamique de l’histoire, parvienne à donner un plein essor au récit et passée l’entame, on se retrouve plongés dans un film qui tient la route avec des explosions réussies et une course contre la montre pour les héros…
Très respectueux de son public, Antonio Margheriti fait tout pour le contenter et au final, on n’est pas déçu, Margheriti, par sa solide expérience de réalisateur de bis respecte à la lettre les codes du film d’aventures populaire et nous en met plein la vue, à ce titre, le début met directement dans l’ambiance !
Pas prétentieux pour deux sous, « Les aventuriers de l’enfer » est idéal pour les soirées d’hiver, calé sur son canapé, avec un verre et une cigarette, le cinéphile jubilera devant près d’une heure trente-cinq de pur bonheur !
Un régal et on lance un appel aux éditeurs de l’hexagone, sortez le en DVD !

Note : 8/10





Nekromantik de Jorg Buttgereit, 1987

NEKROMANTIK
de Jorg Buttgereit
1987
Allemagne de l’Ouest
avec Jorg Buttgereit, Daktari Lorenz, Beatrice Manowski, Franz Rodenkirchen, Harald Lundt
72 minutes
Gore extrême expérimental
Synopsis :
Une ville d’Allemagne de l’ouest, milieu des années quatre-vingts…
Un couple a un violent accident de voiture, ils décèdent tous les deux ; le lendemain, l’agence de nettoyage Joe retrouve les cadavres et désincarcère les victimes, cette agence stocke des macchabées, Robert Schmadtke, un des employés de l’agence, vit avec Betty, une jeune femme…
Betty est nécrophile et Robert lui ramène des stocks de cadavres afin de pratiquer des jeux érotiques avec ceux-ci…
Bruno, un des collègues de Robert, ne peut empêcher le licenciement de Robert suite à une embrouille avec son chef…
Se retrouvant sans emploi, Robert est quitté par Betty, il va sombrer dans la déchéance et la mélancolie ; errant dans la ville avec quelques marks en poche, Robert va au cinéma où est projeté un film d’horreur…
Robert devient névrotique, il tue un chat et a des pulsions suicidaires…
Il souffre énormément depuis sa rupture avec Betty…
Un soir, Robert saisit un couteau et va commettre l’innommable !
Mon avis :
Film scandale mais aussi film culte pour beaucoup, « Nekromantik » laisse une empreinte indélébile à tous ceux qui l’ont vu et qui ont eu le courage de s’atteler au visionnage de ce métrage hors normes totalement fou ; il s’agit d’un film sur la nécrophilie mais aussi sur la folie…
Hyper glauque et carrément malsain, « Nekromantik » souffre de lacunes dans son scénario (comment l’agence de nettoyage a pu retrouver la trace de la voiture accidentée et de ses occupants ?), parfois brouillon mais là où Buttgereit réussit son coup c’est qu’il se démarque de ses compatriotes d’outre Rhin Andreas Schnaas et Olaf Ittenbach, également spécialisés dans le gore dégueu, sauf que Buttgereit parvient à donner un côté « film d’auteur » à Nekromantik et moins bourrin que Schnaas et Ittenbach, du coup, « Nekromantik » s’envole dès qu’on arrive à la fameuse « scène », celle où Betty opère un jeu érotique avec le cadavre ramené par Robert…
La musique est pour beaucoup dans la réussite de « Nekromantik » et Buttgereit rend même un hommage appuyé à Lucio Fulci en samplant texto un passage de « L’enfer des zombies » (que tous les cinéphiles auront reconnu), la scène de l’énucléation lors de la séquence où Robert va au cinéma pour voir un film d’horreur (un slasher)…
Insupportables les scènes de tortures animales (il y en a deux dont une avec un lapin, très réaliste, celle du chat est supposée bidon) ; la beauté de l’actrice Beatrice Manowski est sublimée dans le passage du jeu érotique nécrophile et Buttgereit choisit d’utiliser une surexposition des images amplifiée par un semi-ralenti, ce qui atténue le choc provoqué au spectateur et qui finit même par l’envoûter !
Extraordinaire c’est le mot, « Nekromantik » est une œuvre gonflée, expérimentale et qui pousse très loin dans l’horreur graphique par un gore organique (les membres humains plongés dans des bocaux de formol), quant à la scène du suicide, attention c’est juste atroce, vomitif, vous êtes prévenus !
Dans les bonus du blu ray (merci à Lionel, tu m’as fait un beau cadeau !), on voit l’avant-première de l’époque lorsque le film est sorti, et c’est là qu’on mesure l’impact qu’a eu « Nekromantik » sur le public et, n’ayons pas peur des mots, le génie de Jorg Buttgereit et de son équipe !
Film bourré de métaphores, « Nekromantik » est avant-gardiste pour un film d’horreur, Robert est perdu, enfermé dans un marasme et rêve d’une meilleure vie et surtout de retrouver Betty, il rêve et se voit courir dans un champ, mais l’issue de son existence est et ne pourra qu’être nihiliste et se conclura par la mort !
Le plan final laisse supposer une non-fin et laisse développer son imagination au spectateur, collapsé après ce qu’il a vu !
Hyper extrême et banni dans plusieurs pays (et pour cause !), inutile de vous dire que « Nekromantik » est réservé impérativement à un public adulte et aguerri aux films gore, ces derniers verront surement en « Nekromantik » un fleuron du gore trash indépendant allemand et pourront se rendre compte du talent de Jorg Buttgereit qui a explosé les codes du cinéma, rares sont les films parlant de nécrophilie (un autre aussi est balaise : « Aftermath » de Nacho Cerda de 1994), du coup ils sont forcément extrêmes par le sujet qu’il traite et il ne peut en être autrement !
Ceci étant et malgré ces quelques réserves, « Nekromantik » n’a aucunement usurpé sa réputation et son statut de film-culte, à voir absolument en étant préparé, parce que ça barde !

Note : 9/10




mercredi 22 novembre 2017

TOP METAL 2017

TOP METAL 2017
Les meilleurs albums de Metal de l’année (pas d’ordre de préférence)
KREATOR – Gods of violence
DECAPITATED – Anticult
ARCH ENEMY – Will to power
ANNIHILATOR – For the demented
ICED EARTH – Incorruptible
BENIGHTED – Necrobreed
CANNIBAL CORPSE – Red before black
SLIPKNOT – Day of Gusano (live)
HAVOK – Conformicide
THE HAUNTED – Strength in numbers
MISANTHROPE – Alpha Omega
RAGE – Seasons of black
OVERKILL – The grinding wheel
ANNIHILATOR – Triple threat