samedi 17 mars 2012

Une balle dans la tête John Woo 1990

UNE BALLE DANS LA TETE

Aka Bullet in the head

De John Woo

Hong Kong

1990

140 minutes

édité en DVD digipack chez HK vidéo (collection Christophe Gans)

avec Tony Leung

Synopsis :

En pleine période de guerre civile, trois amis fidèles qui vivent les mêmes difficultés et épreuves s’embarquent dans un vaste trafic d’or et d’armes…

Très vite leurs petites combines vont mal tourner et ils seront capturés par le pouvoir militaire en place…

Leurs vies vont alors basculer dans l’horreur !

Arriveront ils à s’en sortir vivants ?

Mon avis :

Moins jusqu’au boutiste que « Hard Boiled », mais d’une texture de film extrême tout de même, « Une balle dans la tête » est un des films les plus aboutis de John Woo…

Tourné après le mémorable « The Killer » mais cette fois sans Chow Yun Fat, le métrage accumule la violence et les scènes de gunfights, comme à l’accoutumée chez le réal !

Mix entre drame psychologique, film de guerre, action et film d’aventures, et doté d’importants moyens financiers, « Bullet in the head » est un film qui scotche le spectateur d’abord par son intelligence, sa froideur implacable et son sens des valeurs refuges que sont les amitiés sincères et intemporelles…

Le parallèle entre la course en bicyclette et la poursuite finale témoigne bien de cette ambivalence et du corollaire de transformation des sentiments après avoir un vécu un traumatisme (ici la guerre)…

Le jeu des acteurs est parfait, ils sont très expressifs et l’histoire (même si parfois un peu datée) tient la route, tout comme les scènes d’action qui débourdent grave !

Le titre du film pourrait laisser croire à de l’ultra bourrinage mais il n’en est rien !

C’est vers la fin qu’il prend alors toute sa signification !

Le timing à la « Apocalypse Now » y est pour beaucoup dans la réussite de l’œuvre et la guerre est reflétée dans toute son horreur avec des passages qui rappellent « Voyage au bout de l’enfer » (même intensité, même lutte psychologique, même guerre des nerfs)…

Pour certains, ce mélange ambigu des genres pourra paraitre disparate, mais le talent et le professionnalisme de Woo sauvent la mise car il sait maîtriser la continuité de ses plans via des cadrages très amples, projetant ainsi le spectateur dans l’horreur réelle et la réalité de l’horreur…

Loin des obsessions inhérentes et récurrentes aux films de guerre de cette époque, Woo va plus loin, encore plus loin dans l’extrême, pour insuffler à son métrage un caractère épique très bienvenu !

La féminité (même si mise en second plan avec l’omniprésence des mâles testostéronés) n’est pas en reste pour autant, chose rare pour ce film qui reste « un film de mecs » mais amène de la douceur et de la compassion avec une actrice superbe…

Réservé tout de même à un public averti, je vous recommande chaudement « Une balle dans la tête » même si personnellement je lui préfère « A toute épreuve » qui sera tourné deux ans après…

A voir tout de même, je ne pense pas que vous serez déçus !

Note : 9.5 /10






samedi 10 mars 2012

VADER, Death de l'Est leader de sa catégorie

VADER



Brutal Death Polonais



Fers de lance du death métal de l’Est depuis plus d’un quart de siècle, Vader a délivré une musique exemplaire, bien typée et d’une violence imparable…

Ils se démarquent du death metal classique comme celui entendu outre Atlantique (exemple : les groupes du Morrisound comme Obituary ou Death) et se sont forgés un style bien à eux, tout à fait entrainant tout en restant très « death » dans ses bases et son architecture…

Et c’est justement cela qui les différencie et les rend attachants !

Chaque album possède des morceaux parfaitement lisibles et identifiables, car doté d’un « groove » certain, propulsant l’auditeur dans une cavalcade vrombissante de riffs surpuissants appuyés par une rythmique très technique, souvent calée sur la batterie hyper talentueuse et d’une rapidité surprenante !

Vader fit des émules, comme, par exemple des combos comme Decapitated, Hate, Yattering ou Trauma, clairement identifiés comme leurs héritiers, véritables descendants d’une légende !

Tous les albums sont des tueries monumentales, on retiendra notamment « De Profundis », « The Beast », « Revelations », « Necropolis » et le dernier « Return to Morbid reich » qui restera leur meilleur album à ce jour, envoyant le pâté comme jamais et qui les assoit au rang de meilleur groupe de la scène death, toutes nationalités confondues !



Discographie :

Live in Decay (Démo - 1986)
Necrolust (Démo - 1989)
Morbid Reich (Démo - 1990)
The Darkest Age (Live - 1993)
Sothis (MCD - 1994)
De Profundis (CD - 1995)
Future of the Past (CD - 1996)
Reborn in Chaos (Compilation - 1997)
Black to the Blind (CD - 1997)
Live in Japan (Live - 1998)
Litany (CD - 2000)
Reign Forever World (MCD - 2001)
Revelations (CD - 2002)
Armageddon (Compilation - 2002)
The Beast (CD - 2004)
The Art of War (MCD - 2005)
XXV (Compilation - 2008)
Nile - Vader (Split - 2009)
Necropolis (CD - 2009)








PSYCROPTIC, Heavy modern death Brutal tasmanien

PSYCROPTIC



Brutal Heavy Death (Grindcore aux débuts)



Venus de l’ile de Tasmanie (petit archipel de l’Australie), Psycroptic possède déjà des atouts indéniables sur les premiers albums qui viendront se confirmer par un passage très bienvenu du grindcore beuglant au heavy death maitrisé et lourd…

En effet l’album « Ob(servant » de 2008 marquera alors une tournure dans leur carrière, s’appuyant sur des riffs acérés et presque « dansants » un peu orientés « Core » tout en demeurant extrêmement travaillés dans leur technicité …

Le batteur déboule à 200 à l’heure et le chant alterne cris, beuglement et voix thrash death à la Phil Anselmo…

Le tout provoque une alchimie très facile à retenir et les chansons découlent de source, limpidement et efficacement, comme du miel descendant dans l’œsophage !

Chaque titre est un régal auditif, d’ailleurs ici pas de facilité ni de répétitions mais bel et bien des arrangements défilant vitesse grand V et ultra novateurs pour le genre, même si peu mélodique et sans aucun synthé (à contrario de Children of Bodom)…

A l’instar de groupes comme Pestilence ou All Shall Perish, mais s’en démarquant pour le côté bourrin, Psycroptic a atteint une notoriété depuis sa signature chez le label mythique « Nuclear Blast » et s’est taillé un beau succès « bien mérité », devenant culte chez les métalleux de tous bords, preuve de son ouverture, de sa diversité et de sa capacité à diversifier des styles, pourtant aux antipodes les uns des autres !

Tous les genre convergent vers eux et grâce à leur qualité d’exécution, tout le monde est satisfait et jamais en reste !

Leur nouvel opus sorti ces jours ci « The Inherited Repression » aborde toujours la technicité au service de la brutalité et s’impose une nouvelle fois comme un des meilleurs skeuds de l’année !

A suivre de près, un groupe aux énormes capacités et qui peut se targuer de redorer un blason quelque peu défraichi par son inventivité et son efficacité…



Discographie :







2010 : Initiation (DVD)






samedi 3 mars 2012

Primal Fear, groupe de Power Metal allemand

PRIMAL FEAR

Description du groupe :

Primal Fear est un groupe allemand de power metal/heavy metal formé en 1997 par Ralf Scheepers (chant / ex-Tyran'Pace et ex-Gamma Ray), Mat Sinner (basse et chant / SINNER), Stefan Leibing et Tom Naumann (guitare). Leur style est un son lourd de power metal, avec le chant Halford-esque de Ralf Scheepers qui rappelle l'ère Painkiller, album de Judas Priest. Scheepers a formé le groupe après avoir été refusé pour remplacer Rob Halford dans la formation de Judas Priest, une place qui est revenue à Tim "Ripper" Owens. Beaucoup considèrent le premier album, éponyme, de Primal Fear comme l'album que Judas Priest aurait dû sortir à la place de Jugulator. Les cinq premiers albums sont inspirés de Judas Priest, mais le groupe évolue dès Seven Seals, plus mélodique, et développe une musique plus personnelle. Cette évolution est encore plus marquée avec New Religion qui laisse encore plus de place à la mélodie, qui se fait une place parmi les guitares saturées toujours largement présentes.

(source : Wikipedia)

Mon avis sur leur carrière :

Primal Fear délivre un Power metal surpuissant, plus proche du heavy que du thrash, mais débordant d’énergie et de vitalité, avec un aspect couillu certain et indéniable !

Les morceaux défilent à chaque galette et tranchent frontalement dans le lard de l’auditeur, poussés par un son dévastateur et cataclysmique !

Les zicos sont de vraies pointures que ce soit à la guitare (ultra acérée et non exempt des meilleurs solos du genre) ou la batterie (ça dézingue méchamment, y compris sur la double pédale ou la caisse claire !)…

9 albums à son actif, 9 bombes !

On retiendra comme piliers de leur discographie « Jaws of death », « Nuclear fire », « Seven seals » et « New religion » avec l’extraordinaire « Fighting the darkness » en trois segments qui réinventera leur style et les bonifiera, mélodiquement parlant …

Sur scène, Primal Fear se révèle excellent et ultra carré, avec toujours cette voix impressionnante de Ralf Scheepers, frontman colossal et imposant du combo…

Chaque réalisation est taillée pour sidérer et le format est souvent identique surtout de 1997 à 2004 avant le tournant amorcé par « Seven Seals »…

Epiques, rapides et très entrainants, des chansons comme « Fight the fire », « Metal is forever » (hymne absolu au Metal), « Fear » ou « Save a prayer » envoient grave le pâté et mettent très vite l’auditeur en état d’addiction auditive, le plaisir et le régal sonique aidants…

Un mix entre Judas Priest (pour le chant ultra aigü), Gamma ray (pour le côté Power Heavy Teuton) et Pantera (pour le côté rageur et vociférant), au final un groupe incontournable du genre et qui a eu le mérite de se remettre en question, de prendre des risques et de foncer droit devant, sans œillères ni parti pris !

Des qualités plus que louables pour un résultat parfaitement à la hauteur de ce que l’on était en droit d’attendre : tabassage et volupté !

Une réussite pour chacun des albums toujours hyper travaillés et bénéficiant d’importants moyens de productions avec une régularité de sortie métronomique (environ en moyenne un album tous les un an et demi) !

Longue vie à Primal Fear !

Metal is Forever ! Primal Fear is forever ! German Metal Commando Powerfully rules ! 

Discographie :




Black Sun (2002)











vendredi 2 mars 2012

DEMENCE de Gianni Martucci, 1980

DEMENCE

Aka THRAUMA



De Gianni Martucci

1983

Italie



Synopsis :

Dans la confusion la plus totale, un groupe de jeunes gens réfugiés dans une demeure cossue à proximité d’une forêt sont agressés, puis décimés les uns après les autres par un mystérieux individu libidineux et névrotique à la serpe facile…



Mon avis :

« Démence » fait partie de la même race que « Le Lac des morts vivants » de Rollin.

C’est l’un des films les plus à l’Ouest que le cinéma ait jamais pondu !

Nul, archi nul ! : Lumière pourrie et défectueuse (les trois quarts du métrage se déroulent dans l’obscurité, sans le moindre éclairage !), final grotesque et totalement illogique, acteurs jouant comme des pieds, totalement inexpressifs, le doublage de la version française est exécrable, ce qui n’arrange rien !

La psychopathologie du tueur n’est même pas identifiable, on y comprend que dalle !

LE néant pendant 1h25 !

Le pré-générique et ses cristaux liquides qui partent tous azimuts est, à ce titre, particulièrement indigeste !

Le texte final qui parle d’Israël lui aussi est à mourir de rire !

On ne capte rien et on se laisse aller à la va comme je te pousse dans une intrigue totalement bidonnée et sans le moindre intérêt !

C’est tellement nul que ça en est toxique, c’est dire !

En fait, l’ami Martucci a voulu réaliser un slasher à la sauce macaroni, un peu à la « Vendredi 13 » ou à la « Halloween »…

Le gros problème c’est qu’il n’a pas du tout mis les moyens appropriés, ça patauge grave dans la choucroute, on est en plein cirage !

Il y a un contraste énorme et sidérant avec ses homologues talentueux qui ont, eux, réussi dans le domaine slasher/giallo, (Argento avec « Ténèbres » ou Martino avec son « Tueur à l’orchidée », pour ne citer qu’eux !)…

De plus, le métrage tourne en rond et l’unité de lieu ultra simplifiée contribue à rendre pesant l’anémie scénaristique totalement exsangue de rebondissements !

Malgré une paire de seins par ci par là, on s’ennuie ferme !

Il faut mieux en prendre le parti d’en rire, tellement « Démence » est sidérant par son absolue nullité…

Dans le genre « nanar » un sommet !

Il est indubitable que Martucci et son équipe l’ont torché en quelques jours, vu le bâclage que c’est !

Tous les clichés y sont (femmes vénales ou névrosées sexuelles, hommes lâches, bagnoles qui tombent en panne ou qui ne démarrent pas au moment fatidique !, « antre » du tueur sorti de nulle part…).

Bref, « Démence » monument de non cinéma, c’est si rare que rien que pour ça ça vaut le coup d’œil !   

6.5/10




THE THING, Préquelle, Etats Unis, 2011

THE THING (PREQUELLE)

Etats-Unis

2011

Fantastique



Synopsis :

Un groupe de scientifiques pour la plupart de nationalité norvégienne, étudie la croûte glaciaire et prépare des statistiques sur celle-ci…

Ils se font ennuyer par une créature venue de l’espace qui a échoué son vaisseau sous la glace…

Il est étonnant qu’après cette découverte (pourtant de haute importance !), ils ne préviennent aucune autorité !

S’engage alors un combat sans merci pour leur survie, étant donné que la fameuse bestiole s’empare des corps humains et se mute très facilement et rapidement !

Impossible donc de savoir où elle se trouve et quand elle frappera !



Ce que j’en pense :

Il est important de signaler que ce film n’est pas un remake mais une préquelle du chef d’œuvre de Carpenter.

Ralentie par une mise en scène beaucoup trop pépère et limite proche de la passivité, cette préquelle, donc, s’avère agréable à suivre malgré un rythme peu soutenu.

A force d’oublier la dynamique de l’intrigue et la tension inhérente à son prédécesseur, le film en devient même par moments grotesque, frôlant le ridicule.

Les effets en CGI sont pour la plupart laids et ratés hormis quelques passages mais franchement on était  en droit de s’attendre à mieux, si tant est l’intérêt d’avoir eu l’idée de faire un tel film (Carpenter avait déjà tout dit !).

Un whodunit de bon aloi vient cependant apporter du peps’ au métrage mais il est très furtif et court sur la durée, et cette infériorité numérique des personnages n’est qu’anecdotique eu égard à une sensation de déjà vu, amplifiant la faiblesse qualitative de l’œuvre malgré une interprétation relativement correcte des protagonistes…

En fait « The thing » millésime 2011 manque de transcendance et patauge dans le flou, il faut dire que c’était une énorme gageure (presque suicidaire) d’oser réanimer le mythe Carpenterien, c’était carrément casse gueule et ça n’a pas loupé ! les réals se sont vautrés comme des otaries bourrées au Lexomyl !

Reste des paysages très exotiques et superbes mais sous exploités et des incohérences et faux raccords en veux tu en voilà (la scène de l’incendie est un gros foutage de gueule !)…

Il aurait fallu maîtriser beaucoup mieux la machine et créer une « relecture » du « The thing’ » initial mais en évitant le hors sujet !

Un peu comme si on demandait à Max Pecas de faire un remake d’ »Avatar », ce n’est ni la bonne personne ni le bon film !

En fait il aurait mieux fallu ne jamais tourner ce film et en rester là !

Tout simplement…

Maintenant c’est fait mais je ne crois pas que c’était utile ! sauf pour engranger un max de dollars et encore l’objectif commercial n’a pas été tout à fait atteint, les fans et le bouche à oreille négatif ne s’y étant pas trompés !

Autant le Carpenter était inoubliable, autant celui-ci on le zappe en moins de deux !

A voir vraiment par curiosité, mais en occultant l’immensité du film de 1982, ce qui est quasi impossible à concevoir….

3.5/10