dimanche 8 septembre 2019

Fantômes en héritage de Juan Bunuel, 1989


FANTÔMES EN HERITAGE
de Juan Bunuel
1989
France/Espagne
Mini-série de 4 épisodes
200 minutes
avec Xavier Deluc, Caroline Cellier, Fernando Rey, Will Danin, Pierre Maguelon, Diana Penalver
Fantastique/film à énigmes/film de demeures
Série diffusée sur Ciné FX et Action
Scénario, adaptation et dialogues de Claude Desailly
1er épisode : le château de l’amazone
2ème épisode : le disparu de la chambre close
3ème épisode : démons et merveilles
4ème épisode : la descente aux enfers
Synopsis :
Une province d’Espagne, fin des années quatre vingts…
Le château de Rochenoire est un bâtiment abandonné et que les habitants du village disent hanté ; il appartenait à Philippe de Carthagène, un riche aventurier décédé lors d’une expédition en Amazonie ; le château est à l’abandon ; Lady Diana Robson, une très jolie femme, qui prétend être la cousine de Carthagène, réussit à convaincre le maire du village de racheter le château de Rochenoire afin de le rénover totalement ; son mari, Sir Edward Robson, est infirme et se déplace en fauteuil roulant ; lors de l’inauguration du château après sa restauration, de mystérieux événements ont lieu et un invité disparaît ; à sa place on trouve un mannequin de cire avec une effigie d’un dieu planté dans le thorax !
Le journaliste Melchior enquête sur le château de Rochenoire, son bureau se trouve à Madrid…
Lorsque Lady Robson lit un communiqué de presse sur la disparition de Philippe de Carthagène, elle remarque qu’il a été écrit par Melchior, elle décide de le contacter pour l’inviter dans son château…
Dès son arrivée, Melchior tombe immédiatement amoureux de Lady Robson…
Romarin, un sorcier, s’introduit de nuit dans le château par une trappe qui lui sert de passage secret, il rôde dans la demeure et il surprend Diana Robson et Melchior enlacés ; il veut faire chanter Lady Robson et laisse un mot sur une table, dans la chambre de Edward Robson…
Le docteur Garcin examine Lord Robson suite à un malaise de ce dernier, il était en fait endormi profondément…
Melchior et Diana Robson mènent de leurs côtés une petite enquête : Philippe de Carthagène aurait été capturé par des indigènes qui vouent un culte au dieu Sumac, un vampire qui se nourrit du sang de ses victimes pour posséder la vie éternelle !
Melchior et Diana parviennent à retrouver la trace des hommes qui faisaient partie de l’expédition en Amazonie avec Philippe de Carthagène ; Lady Robson est persuadé qu’ils ont laissé mourir son cousin à des fins vénales pour garder le trésor découvert par Philippe ; les hommes vivent non loin du château, dans la banlieue de Madrid…
Edward Robson, Diana et Melchior élaborent un plan pour venger Philippe de Carthagène et punir Mallaury et Serrat, les deux membres de l’expédition qui ont laissé mourir De Carthagène…
Ceux-ci se voient enfermés dans un donjon secret du château…
C’est alors que Lady Diana Robson fait plusieurs malaises et portent des traces de morsures ensanglantées au cou, comme si elle avait été victime d’un vampire, dans la nuit…
Une jeune femme, étudiante, arrive au château de Rochenoire, c’est la fille de Philippe de Carthagène ; Melchior l’accueille et elle dine à la table du château…
Melchior lui trouve une chambre en ville, en dehors du château afin de lui éviter tout désagrément durant la nuit…
Le lendemain, Melchior va découvrir le pot aux roses !
SPOILER !!!!!! NE PAS LIRE CE QUI SUIT AVANT PREALABLEMENT D’AVOIR VU LE DERNIER EPISODE !!!!!!!!!!
La vampire qui hantait le château est en fait Lady Robson et Edward Robson est en fait un escroc, il s’agit de Philippe de Carthagène en personne, qui n’est pas mort en Amazonie ; ils ont tous les deux monté ce stratagème pour retrouver et coincer Mallaury et Serrat et récupérer les statues volées à l’effigie du dieu Sumac !!!!!
Melchior les délivre du donjon in extremis, quant à Diana Robson, elle quitte définitivement Rochenoire…
La jeune étudiante jouira du bénéfice des propriétaires du château et héritera de tout ; quant à Melchior, il continuera son activité de journaliste et aura des tas de choses à raconter…
Mon avis :
Claude Desailly est un excellent scénariste, c’est lui qui a écrit la totalité des scénarii des « Brigades du tigre » et il a de nombreuses fois été sollicité pour écrire des séries pour la télévision ; ici avec « Fantômes en héritage », Desailly a tapé très fort avec une histoire qui lorgne sur le fantastique mais dont l’issue est tout à fait crédible et logique ; l’épilogue nous réserve des tas de rebondissements et les surprises sont nombreuses…
« Fantômes en héritage » est une mini- série (quatre épisodes) de qualité et très rare (elle n’est jamais sortie en DVD ni en VHS) et passa sur les chaines du satellite Ciné FX et Action ; à ce jour, personne n’en a parlé sur internet, il fallait donc réparer cet oubli, car OUI dans le genre « Fantômes en héritage » est une série UNIQUE, d’abord pour les acteurs et actrices, que Caroline Cellier est belle, Xavier Deluc est tout à fait crédible en journaliste éphèbe et on a le bonheur de croiser Pierre « Terrasson » Maguelon dans le rôle d’un médecin de campagne, le docteur Garcin ; Fernando Rey, acteur fétiche de Juan Bunuel, est égal à lui-même en vieil infirme qui manie le pistolet, il aura un rôle clef dans l’intrigue et également dans un second rôle, Diana Penalver, oui vous ne rêvez pas, l’actrice qui jouera trois ans plus tard, la Paquita du « Braindead » de Peter Jackson !
« Fantômes en héritage » est donc un serial qui possède de nombreux atouts et l’ambiance qui y règne tout le long est absolument envoutante et fantastique ; si vous aimez les châteaux hantés, les séquences nocturnes insolites, la sorcellerie et le vampirisme vous serez comblés par « Fantômes en héritage »…
Déclinaison ibérique du folklore de la Hammer films, « Fantômes en héritage » est un régal pour cinéphiles et les quatre épisodes passent comme une flèche (4 fois 50 minutes, la série se dévore en une soirée ou en un après- midi !)…
On lance un appel pour qu’un éditeur sorte enfin un DVD car c’est injuste, vue la qualité de l’œuvre, qu’il n’ait bénéficié d’aucun support à la vente !
La musique a également une grande importance dans « Fantômes en héritage », faite de synthés hypnotiques, elle colle parfaitement à l’atmosphérique insolite des séquences et nous plonge dans un travail d’imagination bluffant pour le spectateur ; dès qu’on a vu les premières minutes on ne lâche plus son attention jusqu’au final !
« Fantômes en héritage » est une série si rare que les chanceux qui ont pu la visionner sont ceux qui l’avaient enregistrée sur ciné FX ou sur Action…
Véritable régal qui s’est bonifié avec le temps et trois décades plus tard, « Fantômes en héritage » n’a rien perdu de son attrait ni de son charme et, je me répète, elle mérite une sortie DVD (les mémoires de l’INA semblent parfaites pour sortir cette série de 1989)…
Magique sur le plan émotionnel et captivant à l’extrême, « Fantômes en héritage », outre le fait qu’il s’agisse d’une grande réussite, fait partie du patrimoine de ces séries des années quatre-vingts qui témoignent de l’inventivité des scénaristes à l’imagination fertile, doté de moyens financiers colossaux, « Fantômes en héritage » a également une excellente technique dans les cadrages (nombreux plans séquences filmés de hauteur) qui accentuent la qualité de l’ensemble…
On se régale pendant 200 minutes, on a l’impression d’être en apesanteur et on assiste à un grand spectacle de série télévisée !
Note : 9.5/10










Tora ! Tora ! Tora ! de Richard Fleischer, Kinji Fukasaku et Toshio Masuda, 1970


TORA ! TORA ! TORA !
de Richard Fleischer, Kinji Fukasaku et Toshio Masuda
1970
Etats-Unis/Japon
avec Martin Balsam, Jason Robards, Joseph Cotten, So Yamamura, E.G. Marshall
Film de guerre
144 minutes
Budget : 25 000 000 dollars
Musique de Jerry Goldsmith
Producteur exécutif : Darryl F. Zanuck
Synopsis :
1941, sur l’ile d’Hawaii…
Une coalition militaire a lieu pendant la seconde guerre mondiale, les Japonais s’allient avec l’Allemagne nazie d’Hitler et décident de combattre les Etats-Unis !
L’amiral Kimmel, le lieutenant C. Short, le secrétaire des armées Henry Stimson et le lieutenant Bratton, tous membres éminents de l’armée américaine sont loin de se douter de ce que manigance l’administrateur Yamamoto...
Les Japonais préparent une attaque en commando suicide par les airs sur Pearl Harbor avec comme mission de décimer la base américaine et les porte-avions stationnés sur place…
Le film, scindé en deux parties, retrace l’organisation des deux camps dans sa première partie et, dans la seconde partie, le film nous montre « en direct live », l’attaque japonaise avec les avions militaires, les morts américains sur place, pris par l’effet de surprise et la résistance qui s’organise mais ce sera un échec pour l’armée américaine et une réussite pour l’armée japonaise avec ce code prononcé « Tora ! Tora ! Tora ! » qui signifie Tigre en japonais…
D’une manière très méthodique et réaliste, une partie de l’histoire de la seconde guerre mondiale nous est racontée avec ce film, à la reconstitution très étudiée et accumulant les morceaux de bravoure, tant sur le plan américain que japonais (le film est une co-production entre les deux pays)…
Mon avis :
Richard Fleischer est un illustre réalisateur américain, ici, avec « Tora ! Tora ! Tora ! » il s’est entouré de deux autres metteurs en scène japonais (Kurosawa lui-même commença le projet d’écriture du scénario) pour pondre et retranscrire un résultat le plus fidèle possible à la réalité et soyons francs, le film est une très grande réussite…
Certes, la première partie paraitra un peu longuette pour les cinéphiles (quasiment pas d’action et beaucoup de parlotte) mais ça valait la peine d’être patient pour la seconde partie parce que là on s’en prend plein les mirettes ! Quarante ans avant Michael Bay, Richard Fleischer nous balance un spectacle de folie pure, hyper millimétré et grandiose avec cette attaque de Pearl Harbor qu’on croirait réalisée en grandeur nature (et oui, à l’époque pas d’effets numériques !) et, en se documentant sur le net, on apprend qu’il s’agit de maquettes géantes, mais on ne dirait pas ! on croirait que tout est fait avec des porte-avions réels mis à la destruction pour l’occasion ! Et ça barde furieusement !
Même pour le travail des cascadeurs, c’est impressionnant ! tout est filmé plein pot à fond les gamelles, les avions se crashent, explosent et les flammes des explosions font prendre feu aux hommes positionnés au sol, oui OK, mais dans le même plan ! un boulot de dingues !
Richard Fleischer reconnaît bien que ce fut une raclée pour l’armée américaine et l’épilogue ne rend clairement pas fierté aux Etats-Unis, ce qui dote par la même occasion « Tora ! Tora ! Tora ! » d’un aspect dramatique évident…
Outre le côté spectaculaire du film, Fleischer s’attarde également à la direction des acteurs et ces derniers sont tout à fait crédibles ; le spectateur prend part à l’histoire et semble s’immiscer dans une intrigue hautement orchestrée et qui bénéficia de moyens financiers énormes…
Imparable au niveau du déroulement, « Tora ! Tora ! Tora ! » est aussi méthodique pour le scénario que le plan élaboré par les Japonais et l’efficacité fonctionne dans les deux sens, les vues aériennes sont magnifiques et c’est là qu’on voit que Michael Bay a quasiment fait un copié/collé de ce film pour son « Pearl Harbor » (il a rajouté l’histoire d’amour nunuche en prime)…
Devenu classique du film de guerre du début des années soixante-dix, « Tora ! Tora ! Tora ! » ravira sans nul doute les cinéphiles exigeants et les spectateurs friands d’histoire et de seconde guerre mondiale ; tout est calculé pour divertir et informer en même temps et l’ensemble se suit avec le plus grand plaisir…
Le blu ray du film, disponible facilement, rend honneur au travail de Fleischer et de ses techniciens, et l’image, superbe, fera se délecter nombre de cinéphiles exigeants sur la technique, un grand travail de restauration a été fait et le résultat est au top…
On peut même affirmer sans trop se tromper que « Tora ! Tora ! Tora ! » est, à ce jour, le meilleur film sur l’attaque de Pearl Harbor…
Il faut le voir absolument, pour deux raisons, s’instruire et passer un agréable moment de loisirs, Richard Fleischer a réussi son coup et signe ici un de ses meilleurs films !
Note : 9.5/10












mardi 27 août 2019

Quatre mouches de velours gris de Dario Argento, 1971

QUATRE MOUCHES DE VELOURS GRIS
de Dario Argento
1971
Italie/France
avec Michael Brandon, Mimsy Farmer, Jean Pierre Marielle, Bud Spencer
104 minutes
Giallo
Musique de Ennio Morricone
Scénario de Dario Argento et Luigi Cozzi
aka Quattro mosche di velluto grigio
budget : 500 000 dollars
Synopsis :
Une ville d’Italie, au début des années soixante-dix...
Roberto Tobias est batteur dans un groupe de rock ; Nina Tobias, sa femme, une superbe blonde est amoureuse de lui, le groupe procède à plusieurs enregistrements et Roberto s’avère très impliqué dans ses prestations...
Lorsque Roberto se sent surveillé en permanence par une personne qu’il n’arrive pas à identifier, celà le met en rage !
Un soir, ni une ni deux, Roberto, sentant qu’il est suivi de manière insistante, parvient à stopper la personne en question ; s’ensuit une vive bagarre et Roberto retire un couteau qu’avait son agresseur et, fortuitement, il le poignarde !
Finalement, la personne meurt...
Roberto est alors terrorisé à l’idée que la police remonte à lui et le désigne comme coupable et meurtrier...
De plus, lors du crime, un homme avec un masque prend en photo à plusieurs reprises Roberto, sans que celui-ci ne puisse l’en empêcher !
Diomède, un pêcheur de forte corpulence, est le meilleur ami de Roberto ; Roberto lui demande conseil car il a confiance en lui ; Diomède conseille à Roberto de faire appel à Gianni Arrosio, un détective privé gay, qui n’a jamais pu résoudre la moindre affaire...
C’est alors que de multiples crimes s’abattent dans l’entourage de Roberto !
Toutes les personnes concernées de près ou de loin par cette sombre affaire sont malheureusement tuées !
Qui est donc cet étrange meurtrier ?
Roberto va t’il pouvoir dénouer cet imbroglio ?
Mon avis :
Troisième et dernier volet de la trilogie “animale" de Dario Argento, après “L’oiseau au plumage de cristal" en 1970 et “Le chat à neuf queues" sorti en 1971, ce “Quatre mouches de velours gris" est un giallo dans la pure tradition de l’époque...
Dès le début, on capte le côté technique d’Argento avec ses placements de caméras dont il a le secret, “Quatre mouches de velours gris" est un régal pour tout cinéphile et Argento créée une ambiance de folie, un peu comme un pré-"Frissons de l’angoisse" ; on commence à trouver toutes les obsessions du cinéaste, aussi bien visuelles que scénaristiques ; Argento rajoute un côté “film fantastique" avec l’explication du titre lors du final et de la révélation de l’identité du meurtrier, dès lors celà devient limpide et glaçant à la fois...
Les seconds rôles sont savoureux et donnent un côté insolite au film (Marielle en détective gay, Bud Spencer dans un rôle au total contre-emploi et Mimsy Farmer qui sera un personnage pivot du film)...
La musique d’Ennio Morricone est géniale et les parties de rock catchy très vintage sont une pure jubilation...
Le dénouement fait penser à “Ténèbres", avec une issue que personne n’attendait, Argento est très fort pour créer cette atmosphère de malaise qui se créée en quelques secondes et qui déstabilise le spectateur...
Réussi en tous points, “Quatre mouches de velours gris” est enfin sorti dans une  édition blu ray et DVD de toute beauté chez Wild side alors qu’il n’existait jusqu’à présent qu’en cassette VHS, il est donc indispensable pour tout cinéphile de se procurer cette édition pour remettre au goût du jour ce film d’Argento, assez moins connu que les autres de sa filmographie et qui mérite la plus grande attention...
Film sous la forme embryonnaire  de ses chefs d’oeuvre suivants “Profondo rosso” et “Tenèbres”, “Quatre mouches de velours gris” prouve une nouvelle fois l’étendue du talent de Dario Argento et laisse un souvenir agréable ; l’histoire est exemplaire et la direction d’acteurs nickel...
Un très grand Argento !
Note : 10/10







jeudi 15 août 2019

Le gendarme de Saint-Tropez de Jean Girault, 1964


LE GENDARME DE SAINT-TROPEZ
de Jean Girault
1964
France/Italie
avec Louis de Funès, Michel Galabru, Claude Piéplu, Guy Grosso, Michel Modo, Geneviève Grad, Jean Lefebvre, Christian Marin
Comédie satirique
90 minutes
DVD édité chez M6 vidéo
Budget : 1 350 000 francs
Synopsis :
Sud de la France, au milieu des années soixante…
Ludovic Cruchot, un gendarme, se voit promu Maréchal des logis en chef et il est muté à Saint-Tropez ; il emménage dans le bâtiment de la gendarmerie où il dispose d’un logement de fonction avec sa fille, Nicole, une jeune femme qui s’ennuyait auparavant et qui espère faire des rencontres dans la ville tropézienne…
L’adjudant Gerber est le supérieur de Cruchot et explique à ce dernier les règles et la déontologie des gendarmes ; Fougasse et Merlot, deux autres gendarmes, seront les collègues de Ludovic Cruchot et les gendarmes ont pour mission d’appréhender en flagrant délit des nudistes sur une plage de la ville…
Après un entrainement drastique, les gendarmes sont prêts et décidés à arrêter les nudistes et à leur mettre des amendes…la tâche est rude et les nudistes sont bien plus malins que les gendarmes, un des contrevenants est perché sur un arbre et prévient ses amis dès l’arrivée des gendarmes, les nudistes ont alors le temps de se rhabiller en quelques secondes, faisant échouer tous les plans de Cruchot, qui subit les foudres de Gerber, à son retour à la gendarmerie !
Parallèlement à tout cela, Nicole, fille de Cruchot, fait des mauvaises rencontres sur le port de Saint-Tropez et se retrouve embringuée par une bande de loubards charmeurs, ces derniers ont subtilisé un tableau de Rembrandt...
De fil en aiguille, Cruchot se retrouve mêlé à l’histoire du vol de tableau alors que sa fille se faisait passer pour la fille d’un milliardaire qui possède un yacht, auprès de ses copains…
Invité à un cocktail, Cruchot doit démasquer le voleur du tableau, mais il va comprendre que le fameux tableau appartient à son hôte ; il le cache sous un canapé, faisant mine de rien, alors que Gerber, lui aussi présent au cocktail,  ne se doute pas que Cruchot s’est encore mis dans de beaux draps…
Après de nombreuses pitreries, tout rentrera dans l’ordre et le film se clôt pat un défilé de majorettes sur le port…
Mon avis :
Premier métrage de la saga des « Gendarmes de Saint-Tropez » qui compte six films et qui s’étale sur dix-huit années entre 1964 et 1982, ce « Gendarme de Saint-Tropez » est la génèse de tous les autres, avec un De Funès en roue libre et toujours une bonne histoire, un scénario suffisamment de qualité pour tenir en haleine et retenir l’attention du spectateur ; ici les gags sont légion et ça n’arrête pas, on a le bonheur de retrouver des seconds rôles savoureux (notamment l’impayable Claude Piéplu et la sublime Geneviève Grad en fille de Cruchot), mais aussi Jean Lefebvre, grande figure du cinéma comique hexagonal…
L’histoire est pleine de rebondissements et truffée de quiproquos, ce qui fait la marque de fabrique de la saga des « Gendarmes » ; De Funès s’est « trouvé » dans le rôle de Cruchot et ce personnage lui va à merveille, il endosse un statut de culte très vite et le film fut un immense succès populaire, aussi bien au cinéma qu’à la télévision où le film sera multi rediffusé…
La « guéguerre » entre les gendarmes et les baigneurs nudistes est « bon enfant » et bien sûr sans la moindre violence ni côté grivois ; à aucun moment, le film n’est vulgaire ou graveleux mais il y a même une finesse de style propre aux années soixante, qui décuple encore plus l’intérêt pour le film, gentillet et absolument tous publics…
Même les jeunes loubards (le mot est grand) que rencontre Nicole, fille de Cruchot, sont tout sauf agressifs, ça fait un bien fou de voir cette jeunesse de l’époque qui n’était pas malveillante et Jean Girault le retranscrit bien ; « Le gendarme de Saint-Tropez » est une carte postale de la ville du Var mais aussi un focus sur les mentalités de l’époque, à mille lieux avec maintenant…
Ce premier segment donne vraiment une grande envie de voir les suivants et on peut dire aisément que cette entame tient la route et sert de socle à tous les autres qui, devant le succès phénoménal au box-office, allaient débouler dans la foulée à vitesse grand V…
On est obligés d’associer Louis de Funès au personnage du gendarme de Saint-Tropez, c’est une icône et une grande fierté pour le cinéma comique français et, malgré les années, la bonne humeur déployée fait que le film n’a pas énormément vieilli (certains films et comédies actuelles semblent englués alors que « Le gendarme de Saint- Tropez » conserve, lui, parfaitement bien sa dynamique et son dynamisme)…
La qualité, la bonne volonté, le respect des codes comiques et le jeu appliqué des comédiens ont fait du « Gendarme de Saint-Tropez » un classique inéluctable et indétrônable qui contentera, plus d’un demi- siècle plus tard, tous les cinéphiles et tous les publics…
Tout fan de films comiques se doit de posséder le coffret des « Gendarmes de Saint-Tropez », il est trouvable très facilement sur le net et existe même en blu ray !
LE spectacle familial par excellence…
Note : 7/10










Le gendarme et les extra-terrestres de Jean Girault, 1978


LE GENDARME ET LES EXTRA TERRESTRES
de Jean Girault
1978
France
avec Louis de Funès, Michel Galabru, Guy Grosso, Michel Modo, Maurice Risch, Mario David, Lambert Wilson (non crédité au générique)
Comédie satirique
87 minutes
DVD édité chez M6 vidéo
Box- office en France à sa sortie : 6 280 070 entrées
Synopsis :
Ville de Saint-Tropez, à la fin des années soixante-dix…
Ludovic Cruchot et le maréchal des logis Beaupied doivent retrouver deux autres gendarmes pris dans le coffre d’une voiture, ils roulent à vive allure lorsque leur véhicule s’arrête avec le moteur qui se coupe brusquement ; il s’agit en fait d’un champ magnétique causé par une soucoupe volante ; seul Beaupied aperçoit la soucoupe volante, il revient vers Cruchot complètement paniqué mais Cruchot ne le croit pas une seule seconde…
De retour à la gendarmerie le soir, un jeune homme interpelle Cruchot et lui explique qu’il est un extra-terrestre, il lui précise que lui est les autres extra-terrestres sont venus sur Terre pour analyser le comportement des humains ; c’est alors que l’adjudant Jérome Gerber, le maréchal des logis Beaupied et le maréchal des logis Berlicot sont « happés » par les extra- terrestres qui prennent l’apparence exacte de tous les gendarmes de la brigade !
Cruchot croit maintenant tous les dires de Beaupied, ce qui va entrainer des dizaines de quiproquos monstres, Cruchot ne sachant plus discerner qui est gendarme et qui est extra-terrestre !
Alors qu’un officier gendarme arrive sur les lieux, Cruchot, persuadé qu’il s’agit d’un extra-terrestre, lui plante un surin dans les fesses ! pas de chance, il s’agissait d’un vrai gendarme !
Après diverses pérégrinations, Cruchot comprend que pour distinguer les extra-terrestres, ces derniers sonnent creux quand on les tape et qu’ils rouillent au contact de l’eau…
Cruchot et les réels gendarmes s’organisent pour retrouver les extra-terrestres et les mettre hors d’état de nuire, ce qui va mettre un foutoir terrible dans la ville !
Mon avis :
Cinquième et avant dernier volet de la saga des « Gendarmes de Saint Tropez », ce « Gendarme et les extra-terrestres » est un vrai régal, le scénario est très astucieux et le spectateur est « baladé » en permanence puisqu’il ne peut, au même titre que De Funès/Cruchot, distinguer si les personnages sont de vrais gendarmes ou des extra-terrestres lors des séquences, ce qui va entrainer une succession de quiproquos et de passages désopilants et le tandem Jean Girault/Louis de Funès aux manettes s’en donne à cœur joie et le cinéphile ne peut que se taper des barres de rire devant ce spectacle avec un De Funès déchainé qui va à fond dans ses délires et ses pitreries !
On en a vraiment pour son argent et l’objectif premier (nous détendre et nous faire rire) est atteint au-delà de toutes les espérances ; je ne comprends pas que certains aient dénigré cet opus car pour moi il s’agit bien d’un des meilleurs et des plus réjouissants…
Maurice Risch (futur « Gros dégueulasse ») est impayable et s’avère un excellent acteur, Galabru est égal à lui-même et on trouve même dans un rôle fugace Lambert Wilson (qui débutait au cinéma) en tant qu’extra- terrestre qui ne sera pas crédité au générique…
La musique du film est géniale et on est intégré dans l’histoire dès le début jusqu’à l’épilogue, le rythme tient bon la cadence et ce « Gendarme et les extra-terrestres », outre qu’il soit tous publics est un vrai bonheur de visionnage et on n’en perd pas une miette…
Il y a énormément de placements de produits avec comme prétexte la fête publicitaire de la ville, mais c’est un bon témoignage de la France populaire des années soixante-dix, tout est bon enfant et extrêmement sympathique, je ne vois pas ce que l’on peut trouver à redire face à un tel déploiement de bonne volonté et de bonne humeur…
En même temps, la saga des « Gendarmes de Saint Tropez », ce n’est pas du Orson Welles ou du Kurosawa, ça il fallait y s’attendre, mais on est là pour prendre un moment de détente et se déstresser et l’objectif est atteint ; De Funès et toute sa clique remplissent leur contrat haut la main…
Certains plans séquences sont inoubliables (le surin planté dans les fesses de l’officier, Beaupied/Maurice Risch qui pète un plomb, tétanisé après avoir vu la soucoupe volante), on est clairement dans l’anthologie de la comédie française populaire des années soixante-dix et le public ne s’y est pas trompé puisque « Le gendarme et les extra-terrestres » a battu des records au box-office, rehaussant De Funès en star et en haut des affiches des salles de cinéma…
Franchement, si vous voulez prendre une heure vingt de bon temps, de rigolade et de détente, « Le gendarme et les extra-terrestres » est exactement calibré dans ce but !
On n’a qu’une envie après le premier visionnage, le revoir rapidement…
Quelque peu conspué, « Le gendarme et les extra –terrestres » est à réhabiliter, quoiqu’en dise les grincheux, Louis de Funès avait encore l’énergie et la patate pour rendre crédible son personnage, son humour et l’humour propre à son personnage…
Un petit must dont la bonne humeur a bien traversé les décennies !
Note : 7.5/10












dimanche 4 août 2019

Le corniaud de Gérard Oury, 1965


LE CORNIAUD
de Gérard Oury
1965
France/Italie/Espagne
avec Bourvil, Louis de Funès, Venantino Venantini, Guy Grosso, Lando Buzzonca, Henri Génès, Beba Loncar, Alida Chelli, Michel Modo
105 minutes
Comédie
Musique de Georges Delerue
Budget : 600 000 euros
Synopsis :
France et Italie, au milieu des années soixante…
Léopold Saroyan, un homme d’affaires, provoque un malencontreux accident de voiture avec  Antoine Maréchal, un homme simple qui s’apprêtait à partir en vacances en Italie, lors de l’accident, la deux chevaux de Maréchal se retrouve en miettes !
Saroyan laisse sa carte de visite à Maréchal ; le lendemain ce dernier se rend chez Saroyan…
Saroyan est en fait un homme d’affaires véreux qui « travaille » avec des mafieux ; il voit en Maréchal le « pigeon » idéal pour faire transiter une magnifique Cadillac décapotable de Naples jusqu’à Bordeaux ; ce que le pauvre Maréchal ne sait pas c’est que le véhicule est truffé de doses d’héroïne, d’or et d’un bijou appelé le Youkounkoun dissimulé dans le klaxon de la voiture !
Contre une forte somme d’argent, Antoine Maréchal accepte le deal avec Saroyan ; il se met en route avec la voiture, ne se doutant de rien !
Saroyan et deux de ses hommes essaient de suivre Maréchal discrètement afin de vérifier que tout se passe bien…
Mickey, un truand, surnommé le « bègue », suit également Saroyan…
Lorsque Maréchal arrive à son hôtel, il tombe amoureux de Gina, une manucure, mais son mari, Lino, le barbier, ne l’entend pas de cette oreille et fait une esclandre dans le restaurant où se trouvent Gina et Antoine !
Une succession de gags et de quiproquos va se produire et Maréchal va accumuler les gaffes !
Lors d’une poursuite, il perd l’héroïne qui se déverse sur la route !
Puis la batterie rend l’âme, c’est dans celle-ci que se trouvaient les bijoux précieux…
Finalement, Maréchal commence à comprendre la supercherie et il réserve un tour à Saroyan !
Mon avis :
Immense succès populaire, « Le corniaud » est un film réjouissant à tous les niveaux, le tandem Bourvil/Louis de Funès fonctionne à plein régime avec des éléments comiques qui font mouche et des séquences inoubliables, on rit de bon cœur et surtout c’est un film qui y va à fond les bananes et ça démarre directement avec l’accident de la deux chevaux, scène culte du cinéma comique français (LA scène du film !)…
Le scénario tient la route (c’est le cas de le dire) et à aucun moment la dynamique ne faiblit !
Le spectateur, tout comme Bourvil/Antoine Maréchal, se retrouve embringué dans un road movie satirique truffé de gags et de plus, « Le corniaud » est une belle carte postale qui nous fait découvrir l’Italie et ses beaux paysages…
On a bien sûr droit à un festival De Funès et là on peut dire qu’il a mis le paquet avec ses mimiques et ses pitreries, les fans de l’acteur seront comblés !
Bourvil, au début complètement couillon, va finalement s’avérer moins cruche qu’on pourrait le penser et découvrira le pot aux roses, ce qui lui permettra d’assouvir sa « vengeance », mais toujours dans la bonne humeur, ici il n’est nullement question de violence…
Le passage du camping est à hurler de rire, les pétages de plombs de De Funès/Saroyan sont désormais rentrés dans les annales et font partie du panthéon du comique français…
La mise en scène de Gérard Oury est soignée et efficace, il va droit au but pour les effets comiques et aucun plan n’est redondant ni de trop…
L’occasion également de retrouver l’immense acteur Venantino Venantini, décédé récemment, et qui a tourné une palanquée de films (il joue dans la scène de la perceuse du « Frayeurs » de Lucio Fulci, c’est dire le contraste !)…
Autrement, « Le corniaud » c’est du cinéma qui fait partie du patrimoine tricolore, on prend grand plaisir à le revoir régulièrement et les deux actrices italiennes sont dotées d’un immense sex appeal, mais il n’y a aucune vulgarité et le film est tous publics…
L’issue montre une grande rigolade et la complicité qui liait Bourvil et De Funès est évidente, puisque les deux acteurs renquilleront l’année suivante pour « La grande vadrouille », toujours avec Oury aux manettes et là, ce sera le summum, puisque « La grande vadrouille » surpasse aisément le « Corniaud »…
Quoiqu’il en soit, le cinéphile bienveillant ne boudera pas son plaisir et pourra visionner en boucle le « Corniaud », multi-diffusé sur les chaines de télé, c’est un bain de jouvence cinématographique à chaque fois !
Une référence de la comédie française et un carton plein pour le trio Bourvil/De Funès/Oury !
Note : 10/10












THE REEF d'Andrew Traucki, 2010


THE REEF
d’Andrew Traucki
2010
Australie
avec Zoe Naylor, Damian Walshe Howling, Adrienne Pickering, Gyton Grantley, Kieran Darcy Smith
94 minutes
Epouvante/animal attack
Budget : 35 000 000 dollars
Synopsis :
Au large de l’Australie, en 2010…
Cinq jeunes gens, Luke, Matt, Suzie, Kate et Warren décident d’aller en pleine mer pour faire de la plongée ; c’est Warren qui dirige le bateau ; Matt est avec sa femme et il y a aussi sa sœur, petite amie de Luke, mais leur couple souffre d’une trop longue absence sans s’être revus et Luke sent bien que le moral n’y est plus, il essaie de reconquérir l’amour par tous les moyens…
Une nuit passe…
Le lendemain, alors que Luke descend dans la cale pour servir le petit déjeuner, le bateau se heurte à un récif et un trou béant entame la coque !
Le bateau se met alors à couler et l’équipage est au beau milieu de l’océan !
La coque se retourne et seuls restent les cinq jeunes gens posés dessus…
Luke semble expérimenté et propose de nager pendant quelques heures, il prétend qu’une ile se trouve à peu près à huit kilomètres de l’endroit…
Warren refuse catégoriquement et préfère rester sur l’épave, il dit à Luke de prévenir les secours une fois que les autres seront en sécurité…
Kate refuse également de nager pour atteindre l’ile, puis elle se rétracte et finalement rejoint les autres, Matt, Suzie et Luke…
C’est alors qu’après avoir nagé pendant quelques minutes, les protagonistes se rendent à l’évidence : la mer est infestée de requins affamés !
Mon avis :
Alors là attention ! « The reef » est une bombe absolue, une raclée totale ! ça fait très longtemps qu’on attendait un film d’angoisse aussi intelligent et aussi doué et c’est fait avec ce film, qui nous vient d’Australie, la terre de « Mad Max » et attention car ça fait très mal !
Andrew Traucki a réalisé là un sans- faute, un film terrifiant ; il a opté pour le réalisme et tout fonctionne au-delà de toutes les espérances !
On sursaute, on est pris dans le film dès le début et le stress est complet de la première à la dernière seconde ; « The reef » est un chef d’œuvre, un modèle de film d’épouvante qui égale « Les dents de la mer » de Spielberg tourné trente- cinq années auparavant…
Autant vous dire que le spectateur est mis à rude épreuve et qu’il ne faut pas être cardiaque lorsqu’on visionne le film !
Un modèle d’efficacité et également des acteurs convaincants et tout sauf débiles (comme on a malheureusement souvent le cas de voir dans ces productions), « The reef » est un film de survival au scénario acéré comme les crocs des requins mais le pire ! c’est que Traucki a utilisé pour le film des VRAIS requins !!!!! dans le making of qui se trouve dans les bonus, tout est expliqué et il s’agit de véritables requins ( !) mais c’est le montage (hyper astucieux) qui nous fait croire qu’ils sont proches des acteurs !
« The reef » est juste démentiel, c’est du pur cinéma de trouille qui nous met le pétochomètre à dix mille !
Les deux actrices sont hyper canons mais, mesdames, je vous rassure les mecs aussi !
J’étais cloué à mon canapé durant le visionnage et durant la première demie heure on ne sait jamais à quoi s’attendre, c’est cela l’efficacité de « The reef » !
Un scénario assez pervers à partir du moment où la brèche fait sombrer le bateau, je vous passe les détails mais on a vraiment très peur ! et Traucki choisit l’intelligence : à aucun moment le scénario ne dévie vers l’invraisemblable, le film et le plaisir qu’on a à le visionner n’est pas « gâché » par une invraisemblance, tout se tient absolument et c’est cela qui fait la force et la réussite de « The reef » !
C’est un film d’angoisse monumental à tous les niveaux que les cinéphiles qui aiment frissonner se doivent de voir absolument !
Les dix dernières minutes sont un vrai modèle de mise en scène et le suspense est à son comble (je ne vous en dis pas plus !)…
Si ce n’est pas déjà fait, foncez- vous procurer le blu ray de « The reef », c’est du jamais vu en terme de film animal attack et Andrew Traucki a signé un coup de maitre…
UNE RACLEE TOTALE
Note : 10/10