jeudi 18 mars 2021

Le choc des titans de Desmond Davis, 1981

LE CHOC DES TITANS

de Desmond Davis

1981

Etats-Unis/Grande Bretagne

avec Harry Hamlin, Laurence Oliver, Ursula Andress, Burgess Meredith, Judi Bowker, Maggie Smith

Film fantastique mythologique

118 minutes

Effets spéciaux de Ray Harryhausen

Produit par Charles H. Schneer et Ray Harryhausen

aka Clash of the titans

Budget : 15 000 000 dollars

Recettes au box-office : 70 000 000 dollars

Synopsis :

Vingt ans après que le roi d'Argos l'ait condamné à l'exil, Persée, le fils de Zeus et d'une mortelle Danaé, doit reconquérir le royaume qui lui appartient. Soutenu par son père, il commence par libérer la princesse Andromaque, et en tombe éperdument amoureux.

(source : Orange)

Mon avis :

« Le choc des titans » est le dernier film impliquant Ray Harryhausen avant qu’il prenne sa retraite et, disons le clairement, c’est un pur bonheur !

On se régale avec cette histoire mythologique qui nous narre les péripéties de Persée et le film est jalonné de passages avec des créatures fantastiques, c’est un vrai festival et, comme toujours, le travail fourni par Harryhausen et ses assistants est phénoménal !

Pur film de loisirs et d’aventures, « Le choc des titans » se dote de moments inoubliables pour tout cinéphile (la sortie du Kraken, la terrifiante Gorgone, les sorcières cannibales du Styx, l’attaque avec les scorpions géants) mais également le charme des actrices (Ursula Andress et la belle Judi Bowker)…

Desmond Davis signe ici un vrai chef d’œuvre du film d’aventures mythologiques et le spectateur se retrouve devant du grand spectacle féérique qui illumine par sa qualité et ses prouesses visuelles…

Relativement bon enfant, « Le choc des titans » peut être vu par tous les publics, c’est un film qui fédèrera tout le monde, que ce soit les petits ou les grands, il n’y a aucune malveillance ou de violence, juste de l’émerveillement, à l’instar d’autres films comme « Jason et les argonautes » dont il est un peu le petit frère….

Il faut juste reconnaître que l’acteur principal Harry Hamlin qui joue Persée ne se dote que de peu de charisme et semble quelque peu inexpressif (son visage est neutre et ne dégage aucune émotion), mis à part cette réserve, ne boudons pas notre plaisir, « Le choc des titans » nous porte dans le rêve et la féérie et l’on suit avec grand plaisir les aventures de Persée, jusqu’à son issue, le Kraken détruit grâce à la pétrification due à la tête de la Gorgone, Harryhausen s’est surpassé dans ses effets et la mise en scène est habile pour les mettre en valeur !

Oubliez les récents « Choc des Titans » et « Colère des Titans » de Louis Leterrier et reconcentrez sur ce film de 1981, beaucoup plus sincère et respectueux du public et d’une franchise qui entrainera irrémédiablement la jubilation…

Ne serait-ce que sachant que c’est la dernière collaboration pour des effets spéciaux de la part de Ray Harryhausen sur un film, « Le choc des titans » est immanquable !

Le DVD est devenu assez rare donc si vous figurez parmi les chanceux qui le possèdent, conservez le précieusement, l’image est, par ailleurs, tout à fait correcte et plein écran !

« Le choc des titans » est un film jouissif, un bain de jouvence que tout cinéphile se doit d’avoir vu !

Note :  9/10








 

Jeanne d'Arc de Gustav Ucicky, 1935

 

JEANNE D’ARC

de Gustav Ucicky

1935

Allemagne de l’Ouest

avec Angela Salloker, Gustav Grundgens, Erich Ponto, Heinrich George, René Deltgen

Film historique

87 minutes

aka Das Mädchen Johanna

Blu ray édité chez Artus films

Sous titres et adaptation de Patrick Lang

Synopsis :

La France pendant la guerre de Cent Ans.

Les Français risquent de perdre la guerre depuis 92 ans contre l'Angleterre et des ennemis intérieurs.

Seule la ville d'Orléans résiste bien encore ; c'est ici que se trouve le roi de France Charles VII.

Pour discuter de conditions de paix acceptables, le roi envoie son émissaire Maillezais dans le camp ennemi, chez John Talbot et son allié Philippe III de Bourgogne.

Mais Talbot refuse le compromis ; il préfère se préparer à la bataille finale.

Son mépris est tel que, devant Maillezais, il jette les armes de sa famille d'origine française.

(source : Wikipedia)

Mon avis :

En préambule et avant de visionner ce film, il est important de savoir qu’il a été régi par le régime nazi de l’époque et que ce « Jeanne d’Arc » est un film de propagande…

Passées ces réserves, il faut bien reconnaître que le spectacle est de grande qualité et que, pour l’époque, les trouvailles visuelles sont impressionnantes, tout comme le jeu des acteurs (Angela Salloker, en tête)…

Le film est fidèle au contexte historique et on a bien sûr droit à la fin au sacrifice sur le bûcher ; graphiquement parlant, le film est splendide et c’est un vrai régal ! le spectateur est « happé » dans l’histoire du début à la fin et le noir et blanc est magnifique !

Un ami que je connais (Patrick Lang) s’est chargé de l’adaptation pour les sous titres et c’est du très beau travail, bravo à toi Patrick !

Le coffret livre/Blu ray/DVD sorti chez Artus films est somptueux et immanquable si l’on est cinéphile…

Très rare, le film a bénéficié d’un transfert en 2K, ce qui le rend encore plus précieux !

Tonique et vigoureux, ce « Jeanne d’Arc » de 1935 est un témoignage du cinéma allemand de l’époque et, outre le fait que le 3ème Reich ait contrôlé en détails la réalisation du film, il est magnifique, que ce soit dans son fond ou dans sa forme, il faut faire abstraction de ce mauvais souvenir de l’Allemagne nazie pour apprécier comme il se doit ce « Jeanne d’Arc » pleinement et aisément, car le film regorge de qualités visuelles, mais aussi dramatiques…

Angela Salloker obtient une aura qui la rend charismatique dès qu’elle apparaît, elle est « habitée » par le personnage de Jeanne/Johanna et c’est un minimum que l’on était en droit d’attendre, la direction d’acteurs de la part de Gustav Ucicky est donc sans la moindre faille et il parvient à rendre crédibles tous les protagonistes…

Pour l’époque (on est en 1935) c’est vraiment balaise et Ucicky coordonne même des séquences avec des dizaines de figurants lors de combats, il parvient à obtenir une maitrise de mise en scène comme peu de réalisateurs à cette époque, de l’excellent boulot et la gageure était immense (on est dans un film historique connu de tous, il ne fallait pas se planter !)…

Grande réussite du cinéma germanique, « Jeanne d’Arc » reste un modèle et une référence du genre et maintenant que Artus films a fait l’effort de le sortir en blu ray dans un magnifique combo, c’est l’occasion ou jamais pour faire honneur à ce film historique, eu égard à la rareté totale du film et au travail déployé pour nous le faire découvrir dans les meilleures conditions !

Les cinéphiles les plus exigeants et les plus ouverts se doivent de posséder cette édition sans faute !

Note : 8/10








dimanche 14 mars 2021

SOS Tour Eiffel de Victor Vicas, 1982

 

SOS TOUR EIFFEL

de Victor Vicas

1982

Episode des Brigades du tigre

France

avec Jean-Claude Bouillon, Jean-Paul Tribout, Pierre Maguelon, Pinkas Braun, Bruno Devoldère, Robert Party, Marion Game, Alain Halle Halle

Série policière

55 minutes

Adaptation et dialogues de Claude Desailly

Musique de Claude Bolling

DVD édité par AB productions

Synopsis :

France, années 1920…

Deux malfaiteurs volent un avion planeur et bombardent le Parlement de sulfure d’hydrogène et jettent des grenades…

Gabrielli alerte Valentin, Pujol et Terrasson et peu de temps après, les mêmes malfaiteurs (dont un homme qui boite) font un casse dans la banque Ribaud Duval et brûlent des billets !

Ribaud Duval qui se rendait sur place est blessé d’un coup de revolver à l’épaule…

Son fils, Maxime, est un noctambule qui fréquente la boite de nuit le « Birdy », c’est alors qu’un soir il est kidnappé par toujours les mêmes malfaiteurs !

Ribaud Duval reçoit par colis l’oreille sectionnée de son fils et on lui donne comme ultimatum d’abattre un par un tous ses chevaux de compétition de son haras s’il veut retrouver son fils vivant !

Parallèlement, la gendarmerie de Ris Orangis prévient Valentin, Pujol et Terrasson que le cadavre d’un boiteux est retrouvé avec un impact de balle dans la tempe !

Lorsque Valentin se rend sur place, il trouve dans la doublure du boiteux mort une boite d’allumettes du « Birdy » !

Valentin commence à faire la corrélation avec le fils Ribaud Duval !

Il missionne Pujol pour aller enquêter au « Birdy »…

Maxime Ribaud Duval est libéré ; à son domicile, Valentin se déplace pour le questionner…

Pujol suit une voiture appartenant aux malfaiteurs mais il se prend un coup dans la nuque…

Maxime Ribaud Duval est en fait le commanditaire de tous les méfaits et il souhaite faire exploser la Tour Eiffel par le pilier Nord Est, pour se faire il a dérobé des explosifs !

Pour corser son entreprise et y rajouter des difficultés, il laisse la vie à Pujol avec une demie heure d’avance, à six kilomètres des habitations et part avec Mischka et ses autres acolytes pour accomplir son absurde et funeste dessein…

Mais auparavant, Pujol doit se soumettre à une partie de roulette russe !

Mon avis :

« SOS Tour Eiffel » est un épisode phénoménal des « Brigades du tigre », il démarre la cinquième saison sur les chapeaux de roues et doit beaucoup à l’interprétation magistrale de l’acteur Bruno Devoldère qui tient avec Maxime Ribaud Duval la composition d’un malfaiteur classe et complètement illuminé !

Ribaud Duval veut faire exploser la « Tour Eiffel », « un ridicule amas de ferraille » selon lui et s’adonne à des parties de roulette russe, comme pour « valider » les étapes de sa folle entreprise ; noctambule, il brûle la vie par les deux bouts et cela décontenance nos fidèles enquêteurs Valentin, Terrasson et Pujol avec un Gabrielli (c’est sa première apparition dans les Brigades, Faivre étant parti à la retraite) qui semble agacé lorsque l’enquête piétine !

« SOS Tour Eiffel » est un régal et on retrouve des vieux briscards habitués de la série (Robert Party, vu dans « Les enfants de la Joconde », Marion Game, barmaid du « Birdy » vue dans « Visite incognito » et l’incontournable Alain Halle Halle, vu dans « Bandes et contrebandes » et « Ce siècle avait sept ans »)…

Pujol tient un rôle central puisque Maxime se prend d’affection pour lui et lui laisse une « chance », à condition que ce dernier lui accorde une partie de roulette russe (5 chances sur 6 de s’en sortir)…

Certains passages sont effroyables (l’exécution des chevaux, hors champ bien sûr avec un Robert Party effondré qui sursaute à chaque détonation) et Bruno Devoldère s’avère excellent dans le rôle de Maxime Ribaud Duval…

La musique de Claude Bolling tient en haleine lors de la course de Pujol à la fin et l’ensemble de l’épisode est qualitativement impeccable !

Victor Vicas et Claude Desailly maitrisent toujours autant la mécanique parfaitement huilée des Brigades et on suit une nouvelle fois ce segment avec passion et délectation…

L’issue est triste et montre bien jusqu’où peut aller la folie lorsqu’on est fanatique d’une cause, en l’occurrence ici, une cause nihiliste (car tout ceci ne servait à rien !)…

Particulièrement intéressant et appliqué, ce « SOS Tour Eiffel » est sans nul doute un des meilleurs épisodes des Brigades du tigre et il bénéficie d’acteurs prodigieux et d’une mise en scène au timing ciselé et proche de la perfection…

Une pure TUERIE !

Note : 10/10








Karaté KId, le moment de vérité de John G. Avildsen, 1984

 

KARATE KID, LE MOMENT DE VERITE

de John G. Avildsen

1984

Etats-Unis

avec Ralph Macchio, Noriyuki Pat Morita, Elisabeth Shue, William Zabka, Martin Kove

Chronique sociale

121  minutes

Synopsis :

Daniel quitte le Texas pour s'installer avec sa mère, Lucille, en Californie.

À l'école, ses nouveaux camarades de classe l'isolent et le persécutent.

Daniel apprend donc le karaté d'un vieux japonais qui lui enseigne à se défendre contre des voyous.

Mon avis :

Film culte de toute une génération, « Karaté Kid » n’a pas pris une ride, le film est sincère, attachant et inoffensif, aucune violence traumatisante mais une très belle histoire sur la confiance en soi avec des acteurs superbes et qui emportent instantanément l’adhésion du spectateur (Noriyuki Pat Morita est génial !), les adolescents Ralph Macchio et Elisabeth Shue jouent à merveille et on se prend d’empathie pour eux dès qu’ils apparaissent…

Le prétexte du karaté booste encore plus l’envie que l’on a de voir Daniel gagner face à ses assaillants, les lycéens belliqueux et têtes à claques et la séquence où Pat Morita leur met une rouste est jubilatoire !

La musique du film fait très typée années quatre -vingts, tout comme les décors et la dynamique de filmage, un timing impeccable et une mise en scène juste comme il faut, sans en faire trop, donnent une assurance au film et c’est un pur plaisir à visionner…

Réalisateur du premier « Rocky », John G. Avildsen récidive dans la chronique sociale sportive, ici la boxe est remplacée par le karaté, le metteur en scène décline les codes instaurés dans le film avec Stallone et en fait une version teen movie tout à fait crédible et loin d’être ridicule…

L’apprentissage du jeune Daniel fait penser à celui de la jeune fille de « Dirty dancing » (le fait de devoir garder « l’équilibre »), la « position de la cigogne » reste culte pour bon nombre de karatékas en herbe et sera reprise dans nombre de combats grâce au film, c’est un gimmick récurrent et qui fera date !

L’humour est également omniprésent avec le personnage de Miyagi (ceinture en toile servant seulement à tenir le pantalon) et ce personnage on rêve tous de le rencontrer dans la vraie vie, Morita est génialissime !

« Karaté Kid » se visionne avec délectation et accéda très rapidement au rang de classique du genre ; énorme succès au box-office il engendra deux suites et une série TV « Cobra Kai », ainsi qu’une version féminisée (« Miss Karaté Kid ») et un remake avec Jackie Chan…

Rien ne vaut ni ne remplace ce premier opus, fabuleux et très intéressant dans sa conception (Miyagi devient le Pygmalion de Daniel qui réussira tout ce qu’il entreprend grâce à l’enseignement du vieux sage asiatique), « Karaté Kid » délivre une idéologie saine et bienveillante et ça, ça fait du bien à voir dans un film de ce genre, tous publics et pas du tout prétentieux !

Deux heures de bain de jouvence et un film qui ne vieillit pas malgré ses 36 ans au compteur…

Dans le genre mix Karaté/Teen movie, « Karaté Kid » s’impose comme LA référence absolue au cinéma !

Vraiment sympa et rassérénant !

Note : 9/10









Aliens VS Predator Requiem de Colin et Greg Strause, 2007

 

ALIENS VS PREDATOR REQUIEM

des frères Colin et Greg Strause

2007

Etats-Unis

avec Reiko Aylesworth, Kristen Hager, Ian Whyte, Johnny Lewis, Tom Woodruff Jr

Film fantastique

102 minutes

Budget : 40 000 000 dollars

Synopsis :

Un alien issu d'un Predator, appelé Predalien, décime un vaisseau Predator, mettant hors d'état de fonctionnement ce dernier, qui s'écrase sur Terre, non loin de Gunnison, une ville américaine.

Rapidement, les face-huggers retenus en captivité dans le vaisseau s'échappent, ainsi que le Predalien, contaminant peu à peu les habitants de la ville.

Mon avis :

Cette suite du premier « Aliens VS Predator » est beaucoup plus réussi que son prédécesseur, il y a plus d’action et beaucoup de scènes gore et surtout :   le film est politiquement incorrect et là, ça change tout et c’est un bonheur !

Les frères Strause, auteurs du piteux et nullissime « Skyline » ont, cette fois ci, assuré et les moyens financiers confortables pour la réalisation qui leur ont été octroyés les ont boostés !

Cette fois, c’est sans la moindre pitié, tout le monde y passe, les gamins, les clochards, les jeunes (tous crétins) et même une femme enceinte dans une nurserie, les bougres ont tapé très fort !

On retrouve la très sexy Reiko Aylesworth, déjà vue dans la série « 24 » (Michelle Dessler, la femme de Tony Almeida), dans le rôle d’une militaire et, même si elle n’a pas le charisme d’une Sigourney Weaver, elle tient à peu près la route !

Les passages d’atterrissages des vaisseaux se font de nuit et le plus souvent dans une forêt, le résultat est très impressionnant et les chanceux qui l’ont vu au cinéma ont dû se régaler !

Le rythme est incessant et la mise en scène très nerveuse, les frères Strause sont en roue libre et le timing qu’ils imposent aux acteurs permet de rendre crédible l’histoire, il y a beaucoup de séquences en montage alterné, renforçant ainsi l’effet de surprise avant l’attaque des aliens ou des predaliens…

L’ensemble se suit avec le plus grand plaisir et même s’il faut bien reconnaître que c’est du cinéma Macdo Popcorn, « Aliens VS Predator requiem » remplit bien son contrat  et les objectifs fixés (détente et frissons) sont atteints très largement…

Parfois un peu voyeuriste (la scène de la piscine), le film contentera un public d’adolescents mais aussi les cinéphiles fans de la saga des « Alien », avec le recul (le film a 14 ans au compteur) on se rend compte qu’il n’est pas si mal que ça !

Ne boudons pas notre plaisir, « Aliens VS Predator requiem » sans être le chef d’œuvre du siècle, vous fera passer un bon moment et les effets spéciaux CGI ne sont pas trop grossiers et restent lisibles, les acteurs y croient à fond, les dialogues sont directs et vont droit au but et l’heure et demie passe comme une lettre à la Poste…

Le blu ray est magnifique et se trouve encore très facilement sur le net donc rien à redire, c’est du boulot particulièrement honnête dont on aurait tort de se priver !

Hautement recommandable et mille fois mieux que le premier, cette fois on ne sombre pas dans le ridicule…

Foncez !

Note : 7.5/10








dimanche 7 mars 2021

La vengeance de Siegfried de Harald Reinl, 1967

 

LA VENGEANCE DE SIEGFRIED

de Harald Reinl

1967

Allemagne

avec Herbert Lom, Karin Dor, Terence Hill, Maria Marlow, Rolf Henniger, Siegfried Wischnewski

168 minutes

Film d’aventures fantastiques épiques

Coffret blu ray édité chez Artus films

aka Die Nibelungen

Synopsis :

Kriemhild n'arrive pas à oublier le lâche assassinat de son grand amour, Siegfried. Elle accepte la demande en mariage d'Etzel, devient la reine des Huns et réclame la tête du meurtrier de Siegfried, déchaînant un torrent de violence. Suite et fin du dyptique épique de Fritz Lang, une incroyable épopée médiévale-fantastique vénérée par les plus grands cinéastes du genre.

(source : orange)

Mon avis :

Adaptation grandiose des « Nibelungen », cette « Vengeance de Siegfried » est miraculeuse et la mise en scène de Harald Reinl est magnifique !

Les moyens financiers sont colossaux et le film a du coûter une fortune, les décors sont multiples et le film est doté d’une grande richesse narrative (attention ! il y a parfois trop, il faut voir le film sans être fatigué car il dure trois heures et il faut rester éveillé pour éviter de saturer), le coffret sorti chez Artus films permet de redécouvrir « La vengeance de Siegfried » dans des conditions optimales, un très grand soin et une énorme application ont été observés dans la réalisation de ce chef d’œuvre ; très épique, « La vengeance de Siegfried » regorge de combats ayant nécessité des centaines de figurants, et c’est parfois très cruel (même des enfants sont sacrifiés) ;  le film n’hésite pas à être à contre-courant de ses homologues américains puisque (SPOILER : incroyable ! Siegfried, le héros, meurt au milieu des deux segments du métrage ! SPOILER OFF)…

On retrouve la sublime Karin Dor (épouse de Harald Reinl) et même Terence Hill avant ses pitreries avec Bud Spencer, et aussi Herbert Lom, « La vengeance de Siegfried » est donc un film d’aventures mythologiques excessivement impressionnant, ce n’est pas un film facile car les dialogues sont nombreux, il est à réserver aux cinéphiles puristes, le public lambda actuel risque de décrocher (le film a 54 années au compteur), il faut tenir la cadence pour le visionner en entier et il pourra paraître long (faites des pauses) mais le résultat final vaut le coup d’œil et on sort rassérénés du visionnage, « La vengeance de Siegfried » est une référence du genre et se doit d’être regardé au moins une fois, ne serait-ce que pour la gageure qu’il représente (Harald Reinl nous prouve que c’est un grand réalisateur, il n’y en a pas beaucoup comme lui pour maitriser un tel déploiement, c’est le « Ben Hur » version teutonne !)…

Les cinéphiles amateurs de grand spectacle, d’épopées épiques et de films de légendes mythologiques se régaleront, le film nous transporte complètement hors du temps et du quotidien et, je le répète, le boulot effectué par Artus films est phénoménal !

« La vengeance de Siegfried » est incontournable, c’est un peu l’ancêtre du « Seigneur des anneaux » sans les CGI et cela reste une clef de voûte du cinéma allemand !

Miraculeux !

Note : 9.5/10







ORCA de Michael Anderson, 1977

 

ORCA

de Michael Anderson

1977

Grande-Bretagne/Italie

avec Richard Harris, Charlotte Rampling, Bo Derek, Will Sampson, Robert Carradine

92 minutes

Film d’aventures/animal attack

Musique d’Ennio Morricone

Blu ray édité chez Studiocanal

Recettes au box-office : 14 700 000 dollars

Synopsis :

L'action de Orca se déroule à Terre-Neuve. Le capitaine Nolan est un pêcheur qui vend ses plus grosses prises aux aquariums les plus offrants. Un jour, il croise la route de Rachel, une biologiste marine, sur le point de se faire attaquer par un grand requin blanc. Nolan fait monter Rachel à bord de son bateau, mais Ken, son assistant, tombe à l'eau. Sur le point de se faire dévorer par le requin, Ken est sauvé in-extremis par une orque qui attaque et tue le requin.

Nolan s’intéresse de plus en plus aux orques et décide d'en capturer une afin de la revendre à prix d'or à un aquarium. Malgré les arguments de Rachel quant à l'intelligence des orques et leur instinct, proche de celui de l'homme, Nolan tente de capturer une femelle. La capture tourne au drame lorsque la femelle se blesse mortellement contre l’hélice du bateau de Nolan.

(Source : Wikipedia)

Mon avis :

Beaucoup d’observateurs ont vu une filiation entre ce « Orca » et le premier « Dents de la mer », il y a effectivement beaucoup de ça, les points communs sont nombreux mais il faut noter que Anderson s’applique également sur le côté film d’aventures, plus que sur l’épouvante réellement, ceci étant, « Orca » est un métrage très impressionnant et regorgeant de trouvailles techniques…

La musique d’Ennio Morricone est incroyable et atypique pour le compositeur, les décors (le plus souvent des maquettes pour les séquences de dévastations) sont fichtrement bien faits et le duo Rampling/Harris tient bien la route ; le timing du film est impeccable jusqu’à un final démentiel et insoupçonné (SPOILER : la mort de Nolan SPOILER OFF), « Orca » est un film particulièrement atypique pour le genre, on dirait presqu’un film indépendant, sa marginalité l’éloigne des films hollywoodiens classiques, Anderson prend plaisir à perturber le spectateur et les passages effroyables sont nombreux…

Il y a un très grand aspect naturaliste et même viscéral (on touche au bébé, au fœtus de la mère orque, qui est retiré du ventre de sa mère, donc ça ne rigole plus ! la mère orque, bah fallait pas venir l’emmerder ! la vengeance sera terrible et sans aucune pitié !!!!!), et c’est vrai que le personnage du capitaine Nolan passe vraiment pour la dernière des enflures, n’ayant que faire des dires de Rachel (superbe Charlotte Rampling), puis c’est l’hécatombe !

« Orca » est un chef d’œuvre du genre et un film très spectaculaire, très bien réalisé et maitrisé, quarante-cinq ans plus tard il n’a pas trop vieilli et on est toujours bluffés par les orques (ce sont des vrais épaulards), le film a autant de qualités que son ainé le film de Steven Spielberg, il est sorti deux ans plus tard mais il garde son style propre, rien n’est copié sur « Les dents de la mer » sinon cela aurait été trop facile et Michael Anderson a l’intelligence de ne pas céder à la tentation du vulgaire pompage !

Remarquable, « Orca » ravira donc les cinéphiles et le blu ray sorti chez Studiocanal est excellent, malgré l’absence totale de bonus, l’image, en revanche, est magnifique…

Que ce soit dans le fond (l’aspect animalier et naturaliste omniprésent) que dans la forme (« Orca » est très spectaculaire et graphiquement sublime), c’est une réussite absolue et l’addiction se fait instantanément, on peut revoir « Orca » sans déplaisir tant sa qualité est immense !

Dans ce genre animal attack pas très courant au cinéma, « Orca » est un masterpiece !

Note : 9/10