samedi 29 juin 2013

Escalier C de Jean Charles Tacchella, 1985


ESCALIER C

de Jean Charles Tacchella

France

1985

Etude de moeurs/comédie dramatique

avec Robin Renucci, Catherine Leprince, Jacques Bonaffé, Jean Pierre Bacri, Catherine Frot, Fiona Gélin

97 minutes

Synopsis :

Forster Lafond est un critique d'art cynique et qui ne mâche pas ses mots vis à vis des peintures contemporaines...

Son père est diplomate...

Lors d'un vernissage il fait la connaissance d'une jeune femme très arriviste qui voit en lui un levier pour sa carrière, faisant prioritairement une importance sur la vénalité...

Forster vit dans un petit lotissement où des couples n'arrêtent pas se déchirer, qu'ils soient hétéros ou homosexuels...

Un soir, alors qu'il a du mal à trouver le sommeil, Forster entend du bruit sur le palier de son appartement...

Ce qu'il va découvrir va radicalement changer le cours de son existence  !

Mon avis :

Film sur la rédemption d'un homme, d'abord détestable puis empreint de la plus grande humanité, "Escalier C" est une oeuvre très complexe sur la vie de tous les jours, des déboires engendrés par des difficultés, qu'elles soient affectives ou pécuniaires...

Le jeu d'acteurs est certes théâtral mais évoque certaines tragédies antiques tant la qualité et la précision des compositions est exemplaire, ce n'est pas pour rien que Renucci a été nominé aux Césars...

Film de SURFACES, que ce soit dans l'espace géographique du petit lotissement sombre où végètent les protagonistes ou dans les intérieurs torturés de ces derniers, à mi chemin entre éthylisme, dépression nerveuse chronique ou mal être...

Il règne une atmosphère lourde et pesante dans tout cet univers à la fois distant et proche de la réalité...

Le personnage de la vieille dame va entraîner Forster vers un bouleversement complet de sa manière de percevoir les choses, le "sauvant" de sa névrose et lui donnant ainsi un BUT, une ECHEANCE qui lui donne enfin une raison d'exister...

Tacchella arrive à démontrer avec peu de moyens que l'isolement n'est pas une fatalité et fait s'articuler le côté artistique avec le côté métaphysique et psychologique pour abonder dans un catharsis sur la personnalité de Forster, tour à tour méprisable et méprisant avant de lui inculquer la préciosité de la vie et tout ce qui en découle...

Certes la peinture apporte une omniprésence graphique dans "Escalier C" mais celà aurait pu être également le cinéma ou la littérature le prétexte à cette histoire, configurée de main de maître, qui se révèle être particulièrement fine, posée et intéressante...

L'aspect sexuel féminin est aussi un vecteur redondant avec comme "proie" un Renucci jouant habilement de son charme à la fois indécis et difficile...

Malgré le fait qu'il a énormément pris un coup de vieux (le film est bien daté et rebutera les cinéphiles actuels, ceux qui n'étaient pas nés avant son tournage), "Escalier C" reste un magnifique témoignage des productions françaises en matière de cinéma d'auteur et s'impose, de par sa mise en scène et l'implication des acteurs, comme un pilier du genre auquel il s'apparente, avec une issue émouvante et d'une humanité rare...

Note : 9/10





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