dimanche 9 juin 2013

Apocalypse Now Redux, de Francis Ford Coppola, 2001


APOCALYPSE NOW REDUX

de Francis Ford Coppola

2001

avec Martin Sheen, Marlon Brando, Dennis Hopper, Robert Duvall, Harrison Ford, Aurore Clément, Larry Fishburne

Guerre vue de l'intérieur

195 minutes

Synopsis :

1968, en plein conflit américano vietnamien...

Le lieutenant Willard est chargé de retrouver le Colonel Kurtz, dissident de l'armée américaine qui se trouve à la frontière cambodgienne...

Willard est un homme torturé, accro à la boisson et souffrant d'une névrose...

Il embarque avec l'aide de mercenaires triés sur le volet et se renseigne de manière approfondie sur le parcours et le pedigree de Kurtz, un homme pour le moins singulier voire exceptionnel, qui avait intégré les parachutistes tardivement et qui est blindé de décorations...

De fil en aiguille, Willard parvient à arriver sur le lieu contrôlé par le colonel Kurtz...

Ce qu'il va découvrir dépasse l'entendement !

Mon avis :

Il est des films qui vous marquent à jamais, qui déploient une force, une puissance hors du commun et qui se révèlent impénétrables, un peu comme si on était en plein milieu d'un rêve et que l'on n'arrive plus à discerner les choses mais qu'on les laissent s'immiscer en nous, dans notre fore intérieur...

"Apocalypse Now" fait partie des cinq plus grands films de l'histoire du cinéma, par sa prestance et les moyens colossaux mis en oeuvre pour le bâtir, il demeure à jamais gravé dans la mémoire du septième art et Coppola l'a un peu construit comme un Pharaon aurait fait construire une pyramide...

Pour l'époque, c'est du jamais vu, c'est sidérant, INCROYABLE...

La personnalité ambigüe de Willard et l'aura déployé par Brando en font un maître absolu de la composition, intégrant un personnage d'un calme olympien alors qu'on s'attendait à un comportement belliqueux, il "manipule" avec grâce et virtuosité le film et on peut dire que c'est le plus grand acteur de tous les temps, d'une prestance emblématique presque divinatoire, hors du commun car explosant tous les codes du jeu d'acteur, il n'a pas besoin de plus, il EST Kurtz et ça s'arrête là...

Outre Brando, "Apocalypse now" est une leçon de cinéma et on se demande comment Coppola a pu tourner une oeuvre aussi ambitieuse, forte et globalement FOLLE, car c'est la FOLIE qui y règne pendant plus de trois heures !

Folie certes mais Folie CONTROLEE !

Miraculeux plans suraériens des dizaines d'hélicoptères qui déboulent dans le ciel, incertaines les séquences d'explosions au napalm calculées au millimètre, bouleversants les passages sur l'horreur de la guerre, guerre sanguine et sanguinaire qui fait virevolter les vies à tous bouts de champs et en quelques secondes !

D'une modernité absolue, Kurtz le gourou fou pourrait être Bachar Al Assad, UN SEUL homme qui en régente des milliers, loin de toute liberté et de tous clivages il a parvenu en quelques jours à bâtir son empire et à intégrer son commandement dans les têtes et les esprits de la population qui est la sienne...

Il accepterait même sa propre mort, la préférant à un jugement (dixit lui même, dans une scène fascinante !)...

"Apocalypse now" est loin de tout, au dessus de tout...

Un film mémoire, historique en tous points, monumental, viscéral, grandiose, fascinant, électrisant et d'une force unique, une expérience qui ne se vit pas mais qui se rêve !

Note : 20/20

critique dédicacée à Pierre qui a une nouvelle fois vu juste en scannant Marlon Brando et le qualifiant de personne habitée peut être par la bipolarité sûrement par l'autisme de haut niveau, merci frère pour ta clairvoyance unique et si rassérénante...






dimanche 2 juin 2013

TESTAMENT, les Dieux du Thrash U.S.


TESTAMENT

Heavy Thrash américain issu de la Bay area

Né en 1983, le combo Testament a traversé toutes les époques du thrash metal avec un brio indéniable et supporté toutes les modes en se renouvelant sans arrêt mais en conservant toujours la qualité d'un talent forgé par des années de travail et multipliant la dextérité dans chacun de leurs morceaux...

Preuve en est leur premier opus "The legacy", petite merveille de heavy thrash qui fait immédiatement fureur auprès des thrashers avides de sensations fortes et headbangantes !

Puis ça n'arrête plus, à raison d'un album tous les ans, Testament, devenu figure de proue du style, enchaîne avec "The new order" en 1988, "Practice what you preach" en 1989 et "Souls of black" en 1990, trois albums, trois bombes  !

En 1992 sort  "The ritual" et son mythique "Electric crown" qui marque un tournant dans leur carrière, ils se réinventent en gardant toujours la même énergie et s'en sortent une nouvelle fois avec les honneurs !

"Low" en 1994 les amènent à modifier leur style pour une démarche plus posée, plus moderne et presque "core"...

En 1997 sort alors "Demonic", incontestablement leur album le plus brutal, presque du death metal, Testament surfe sur la période satanique alors en plein essor et met les coudées franches dans une musique ultra violente, se référençant aux tueurs en série ("John Doe", le tueur du "Se7en" de Fincher) ou aux rites démoniaques, le tout baignant dans une modernité de son inédite pour l'époque !

Habitués des "raclées musicales" ils embauchent Dave Lombardo pour "The gathering" en 1999 et sortent un album monstrueux, au son surpuissant et à la fureur mastodontesque !

En 2001, un passage à vide mais ils réenregistrent certains morceaux de la période 1987/1990 sur "First strike, first deadly" baptisé pour la circonstance "First strike, still deadly"...

Quel plaisir de réécouter ces morceaux cultes avec un son moderne et amplifié !

Il faudra attendre 7 années avant de se mettre sous la canine un nouvel opus et là... "The formation of damnation" (2008) nous comble au delà de toutes les espérances !

Fidèle à leurs standards habituels, Chuck Billy et ses comparses délivrent toujours une musique autant pêchue et ravageuse et la mayonnaise prend toujours aussi facilement !

En 2012 sort "Dark roots of the earth" LE meilleur album thrash de cette année avec le "Phantom Antichrist" de Kreator !

ça bombarde en martelant une musique ultra thrash, ultra groovy et survoltée, bien plus thrash que Slayer ou d'autres groupes, empêtrès dans un Core un peu mou du genou, non avec Testament, ça barde et ça bardera toujours à fond les bananes !

Au niveau mondial et plus précisément en outre Atlantique, Testament est le leader du thrash moderne, fidèle à ses convictions et sensibles à ce que ses fans attendent d'eux, à savoir ne jamais être déçus !

A la carrière exemplaire, "Testament" n'est pas prêt de rédiger le sien, tant leur musique est immortelle !

 

 





samedi 1 juin 2013

D WAR de Shim Hyung-Rae, 2007


D WAR

aka La guerre des dragons

de Shim Hyung-rae

Corée/Etats Unis

2007

avec Jason Behr, Amanda Brooks, Robert Forster, Craig Robinson

Fantastique

90 minutes

Synopsis:

Selon une légende asiatique ancestrale, un dragon sort des océans lorsque deux jeunes gens s'unissent du haut d'une falaise...

Une armée de combattants dirigée par un autre dragon se doit de les combattre afin de les éradiquer, la prophétie se répétant au fil des siècles...

Un jeune garçon d'une dizaine d'années déterre involontairement et malencontreusement d'une malle un talisman magique, alors qu'il était chez un antiquaire avec son père...

15 ans plus tard, l'homme est devenu un célèbre journaliste et la prophétie se répète de nouveau, alors qu'une jeune femme avec un dragon tatoué semble être elle aussi la réincarnation de la légende évoquée plus haut...

Les dragons envahissent Los Angeles, espérant annihiler la fille nommée Sarah !

Le journaliste va tout faire pour la retrouver et la sauver !

Mon avis :

Navet proche du nanar (l'humour en moins) D WAR est un désastre aussi bien sur le plan scénaristique que dynamique !

1 heure et demie pour dix minutes de scènes d'action qui, reconnaissons le, tiennent à peu près la route, sinon un film imbitable et prétentieux jonché d'incohérences, tourné dans un jem'enfoutisme le plus total !

Jason Behr, le beau gosse de service est aussi charismatique qu'une poignée de porte et Amanda Brooks est d'une fadeur et d'une inconsistance de jeu rarement vue !

Hyung_rae se fout du monde et prend vraiment le spectateur pour un con, avec des exemples d'erreurs de script à la pelle !

Un budget de 75 millions de dollars pour film désastreux qui ferait passer "Transformers" pour "Citizen Kane" où le héros se fait tirer dessus, tombe à terre et se relève comme si de rien n'était au plan suivant, où les dragons dévastent tout sur leur passage sans arriver à attraper deux personnes qui courent à 10 kilomètres heures, dialogues débiles, interprétation nulle et SFX CGI laids et inconsistants, bref "D WAR" est une arnaque complète !

Le lien entre la légende coréenne et la ville de Los Angeles est fortuit et invraisemblable, tout comme la fin du film où on perd complètement pied !

Sarah choisit de mourir pour donner raison aux dragons et à la prophétie, bref on patauge dans la semoule dans une histoire décousue, et bien sûr les flics arrivent à point nommé dans des séquences tirées par la tignasse, on croit rêver !

Multipliant les fautes de goût (Sarah ne porte pas de soutif en sortant de la salle de sport, et vlan le plan racoleur sur son entrejambe quand elle se lève de son lit d'hôpital, mais au fait pourquoi est elle enfermée à l'hosto ?) et d'une ambiance abrutissante et débilitante, "D WAR" remporte la palme des films de monstres les plus nuls existant...

C'est là qu'on se dit que vraiment à l'époque de Ray Harryhausen c'était quand même autre chose, une autre mentalité ! pas pour faire du fric bêtement et aveuglément mais pour donner une âme à ces/ses créatures et transporter le spectateur dans la magie du cinéma !

Ici, aucune magie mais du foutage de gueule et un naufrage fait par un sagouin qui a salopé tout le boulot !

Bref à fuir, vous le verrez une fois mais pas deux !

Note : 2/10






vendredi 31 mai 2013

PANTERA Power Metal from Texas


PANTERA

Après quelques galettes orientées Glam Metal pas toujours heureuses mais fort sympathiques (la meilleure restant tout de même le gigantesque « I am the night » à la pochette délirante), Pantera trouve sa ligne directrice en 1990 en intégrant le légendaire Phil Anselmo comme vocaliste sur le monumental « Cowboys from hell »…

L’explosion se fait littéralement et le succès devient planétaire, de la France au Japon, du Brésil à la Scandinavie !

Dès lors, Pantera forge et invente un nouveau style de Metal, le Power Metal !

Variante du Thrash Metal et du Heavy Metal avec parfois un côté brutal, le Power se décline à merveille avec Pantera, permettant ainsi d’ouvrir des tas d’horizons, jusqu‘alors inexplorés dans le genre…

Dès 1992, le rythme s’accélère avec la sortie de « Vulgar display of power » considéré comme leur album le plus rentre dedans et qui comporte de véritables  bombes à neutron soniques comme « Fucking Hostile », « Walk », « A new level » ou le monumental « Rise » au solo terrifiant par le génial et inventif Dimebag Darrell qui signe ici sa meilleure contribution au groupe, entre autres…

1994 marque l’année de l’apothéose avec la sortie de « Far beyond driven » qui explose les ventes, battant même le « Divine intervention » de Slayer sur son propre terrain commercial…

L’album assoit définitivement et indubitablement Pantera au rang de leader mondial des groupes de Metal !

Malgré les frasques médiatiques de Phil Anselmo, Pantera sort un autre disque deux plus tard, en 1996, intitulé « The great southern trendkill », un des plus violents qu’ils aient sortis…

Se révélant particulièrement inspiré, il comporte le double segment « Suicide note » et le fabuleux « Floods », cet album fera date dans la carrière du groupe !

Juste après un live en 1997, un petit passage à vide et trois ans après la dernière œuvre du groupe « Reinventing the steel » (titre en hommage à Judas Priest) comportant une nouvelle fois des bombes comme « Yesterday don’t mean shit » ou « God damn electric » (avec Kerry King de Slayer en guest star), Pantera semble avoir un peu fait le tour de son style…

Peinant à se renouveler, un split est convenu entre les membres…

Le 8 décembre 2004, un malheur arrive, le légendaire Dimebag Darrell se fait tuer par un déséquilibré lors d’un concert avec Damage Plan, le groupe dans lequel il assurait la guitare avec Vinnie à la batterie…

Pantera s’ancre désormais dans la légende et Dimebag meurt en martyr…

Pour conclure, une carrière chaotique et tumultueuse, mais émaillée de moments délirants font de Pantera un incontournable du métal, déjà en avance sur son temps et sur les autres, et ce, depuis toujours…

 




dimanche 26 mai 2013

Bloody Bird de Michele Soavi, 1987


BLOODY BIRD

aka Deliria

aka Stagefright

aka Aquarius

de Michele Soavi

Italie

1987

avec David Brandon, Barbara Cupisti, Giovanni Lombardo Radice

Scénario de Luigi Montefiori

Produit par Aristide Massaccesi

86 minutes

Slasher italien

Synopsis :

Une troupe de jeunes comédiens répète un spectacle qui doit se tenir d'ici une semaine...

Une des actrices se foule la cheville, elle atterrit dans un hôpital pour se faire soigner, mais un dangereux psychopathe, Irwing Wallace, s'échappe et se cache dans l'arrière de la voiture de la danseuse...

De retour sur le lieu de la répétition, la jeune femme ne se doute pas de la présence du tueur...

Un jeu de massacre s'engage alors...

Mon avis :

Habitué privilégié des plus grands cinéastes du cinéma d'horreur italien (de Joe D'Amato à Lamberto Bava en passant par Dario Argento et Lucio Fulci), Michele Soavi emploie avec "Bloody Bird" tous les codes de ce cinéma et s'en sort haut la main, créant une atmosphère typique des slashers transalpins, avec une efficacité carrée remplie de passages gore et de meurtres bien craspecs, le tout dans une ambiance lourde d'anxiogénéité...

Soavi rend hommage à ses prédécesseurs et on notera des copier/coller de plans (la scène du couloir de l'hôpital rappelle "Phenomena", le rideau diaphane couvrant la scène fait remémorer "Suspiria"...) mais Soavi garde son style, notamment en usant fréquemment de la caméra subjective et en adoptant des mouvements très dynamiques et sans temps morts, magnifiés par la musique de Simon Boswell, un habitué de ces productions...

Les protagonistes, tous plus cupides les uns que les autres, du producteur avare au réalisateur opportuniste et sans scrupules (il veut profiter de la notoriété suite au décès de la première victime pour accélérer la mise en route de sa pièce), vont subir les pires atrocités, face à un tueur en série déterminé et ingénieux qui multipliera les supports pour appliquer ses meurtres (tronçonneuse, perceuse, piolet, couteau...).

"Bloody bird" est également très original dans sa réalisation avec comme point d'orgue le tueur au masque de hibou, terrifiant,  et le huis clos contribuant à amplifier un sentiment d'étouffement, de piège (la scène de la clef est un modèle de mise en scène, il faut le souligner)...

Pervers et en même temps raffiné, "Bloody bird" se révèle bien plus intéressant qu'il n'y parait et permet à Michele Soavi de s'affirmer et de transmettre sa passion, lui qui était un "homme de l'ombre" auparavant, et grâce à son expérience initiale, doter son métrage des meilleurs atouts pour le rendre réceptif aux fans friands de ce genre...

26 ans après, "Bloody bird" est devenu un classique !   

Note : 10/10









dimanche 19 mai 2013

Rollerball de John Mac Tiernan, 2002


ROLLERBALL

de John Mac Tiernan

Etats Unis

2002

avec Chris Klein, Jean Réno, LL Cool J, Rebecca Romijn Stamos

94 minutes

Action

Synopsis :

Jonathan, la star d'un célèbre jeu télévisé appelé "Rollerball" est au sommet de sa notoriété et de sa carrière...

Le magnat qui contrôle tout l'envers du décor est mêlé à un sombre trafic impliquant des mines au Kazakhstan...

Inopinément, Jonathan et sa petite amie Aurora se retrouvent au coeur d'un vaste complot où leur propre vie est menacée !

Pour faire leur sale besogne "ni vus ni connus", les superviseurs préparent le décès des deux héros lors d'un match de rollerball truqué...

Un de leurs amis est au courant et les prévient afin de tout faire pour éviter leurs morts programmées...

Sera t-il trop tard ?

Mon avis :

Mac Tiernan (pourtant réalisateur réputé de films d'action) a fait une sortie de route complète avec ce remake du film culte de 1975...

Il s'est planté de A à Z et a bâclé lourdement son oeuvre, même Emmerich aurait fait mieux, et largement !

Jean Réno est là uniquement pour cachetonner et se contrefout de son personnage, "prends l'oseille et tire toi !" comme dirait Woody Allen !

Les scènes d'action et de rollerball elles mêmes sont mal branlées et carrément illisibles, elles manquent de l'amplitude qu'il y avait dans le chef d'oeuvre de Jewison car les cadrages sont trop serrés, rendant quasi impossible le discernement au spectateur...

On atteint un tel niveau de débilité allant même à la grossièreté (les "combattants" de rollerball qui mettent la main aux fesses de leurs concurrentes), Mac Tiernan prend beaucoup trop de libertés avec le scénario initial pour accoucher d'un gigantesque portnawak sans âme et profondément abrutissant !

Le scénario ne tient pas la route une seule seconde, Chris Klein, le beau gosse de service, est à chier (d'ailleurs plus personne ne le fit tourner après et il sombra dans l'oubli, c'est vous dire !), seul Rebecca Romijn Stamos réussit à peu près à tirer son épingle du jeu via une composition potable et un charme incendiaire qu'elle mettra en exergue via une séquence "hot" où elle ne sera pas avare pour dévoiler ses attributs...

Mais le reste, ouille !

ça fait d'autant plus mal que le budget conséquent alloué à Mac Tiernan aurait pu donner un super film !

Ici, il n'en est rien !

D'une crétinerie abyssale, "Rollerball" millésime 2002 est ennuyeux, puéril, mercantile et désobligeant...

A fuir comme la peste !

Restent juste une belle affiche et une actrice superbe, les seuls atouts d'un naufrage !

Note : 2/10






samedi 18 mai 2013

Rollerball de Norman Jewison, 1975


ROLLERBALL

de Norman Jewison

Etats Unis

1975

avec James Caan, Maud Adams, Pamela Hensley

Anticipation

120 minutes

Synopsis :

Etats Unis, 2018...

Il n'y a plus de guerres ni de misère dans le monde...

Tout est contrôlé et dirigé par une "élite corporatiste" qui gère tout de A à Z et ce, de la manière la plus ferme et despotique qui soit...

Un jeu futuriste, hybride et motorisé, croisement entre le hockey sur glace, le base ball et le sport de combat fait sensation auprès d'un public avide de sensations fortes et d'ultra violence !

Ce jeu c'est le Rollerball et sa star c'est Jonathan Evans (appelé Jonathan E)...

Lui et son coéquipier MoonPie font figures de héros et leurs exploits sont relayés dans le monde entier via des médias suréquipés...

Bartholomew, le leader qui finance le rollerball, après avoir enlevé sa femme, veut contraindre Jonathan à stopper sa carrière...

Celui ci ne l'entend pas de cette oreille...

Une guerre des nerfs est alors enclenchée, surtout que la finale entre Houston et New York comporte une modification du règlement, avec une durée illimitée et une restriction de changement d'équipe...

Le jeu se transforme en hécatombe !

Mon avis :

Parabole futuriste d'une société délitée, non pas par la misère mais par l'opulence et par le surplus de confort, "Rollerball" est un film d'anticipation d'une finesse de traitement et d'une intelligence hors normes, plus qu'il n'y parait et malgré une ultra violence omniprésente, catharsis d'un monde aux pulsions refoulées, feutré et caparaçonné dans une perte de repères certaine et irréversible...

Le jeu/sport du rollerball aurait pu être n'importe quel autre exutoire, la foule arrivant ici dans les gradins d'un stade un peu comme aux jeux du cirque de la Rome antique ou devant un ring de boxe aux protagonistes surmultipliés risquant à tout moment la mort et faisant exulter un public peu regardant sur l'humanité, déboussolé et glorifiant la "loi du plus fort" ne laissant aucune chance à la moindre once de pitié...

"Rollerball" comporte également des passages sordides et inoubliables, comme cette horde de gens friqués qui annihilent des arbres en les brûlant d'une simple décharge de pistolet laser ou qui végètent dans des orgies pitoyables glorifiant l'héroïsme d'un Jonathan E qui, lui, essaye tant bien que mal, de prendre des distances avec son personnage et de garder une lucidité bafouée par une hiérarchie sans scrupules...

James Caan est impérial dans son rôle et jette un charisme amplifié par sa carrure athlétique, on s'attache immédiatement à son personnage et à sa cause...

MoonPie son second couteau est attachant et réservera même une surprise de taille que je ne vous dévoilerai bien sûr pas, afin de ne pas spoiler !

Ce qui frappe dans le talent de Norman Jewison (portant tout le film sur ses épaules, sachant qu'il en est également le producteur), c'est la manière qu'il possède pour faire que l'on ne s'ennuie jamais via une réactivité et un montage hypra serré, et surtout de la NOUVEAUTE dans le genre ! Un peu comme des films comme "Mondwest" ou "Soleil vert" il régénère le style SF avec brio, l'intégrant dans un paysage panoramique et cinématographique qui apparaît presque évident, mais il fallait avoir le culot d'y penser !

Véritablement novateur et fulgurant dans sa violence inédite, "Rollerball" figure dans ces rares métrages cataclysmiques des années 70 et reste, à mon sens, un des plus aboutis en la matière, recherchant sans cesse la voie de l'action mais aussi de la réflexion, et avec finalement pas grand chose, si ce n'est l'intelligence et l'exploitation des capacités qui sont proposées au postulat initial...

Une vraie bombe qu'il vous faut impérativement avoir vue !

ps : le remake de Mac Tiernan, très en deça de l'original, sera vu prochainement et sera critiqué ici même...

Note : 10/10