dimanche 13 mai 2018

La chair et le sang de Paul Verhoeven, 1985


LA CHAIR ET LE SANG
de Paul Verhoeven
1985
Etats-Unis/Espagne/Pays bas
avec Rutger Hauer, Jennifer Jason Leigh, Tom Burlinson, Susan Tyrrell, Jack Thompson
Aventures médiévales
126 minutes
Musique de Basil Poledouris
Photographie de Jan de Bont
aka Flesh + blood
Synopsis :
En l’an de grâce 1501, en Europe du nord…
Le seigneur Arnolfini mandate des mercenaires pour attaquer et piller un château-fort, il donne pour prétexte et pour motivation aux barbares qu’ils pourront garder les objets des butins et en échange ils pourront violer et détruire ce que bon leur semble !
L’assaut est féroce et des dizaines de morts jonchent le sol ; Martin le chef auto-proclamé des  guerriers combat Stephen, le fils du roi agressé, Hawkwood blesse par erreur une jeune nonne à la tête qui se met à tituber !
Finalement, Arnolfini trahit les mercenaires et refuse de leur donner l’or et les richesses après ce combat terrible et sanglant…
Céline, une des amies de Martin, perd son bébé en accouchant sauvagement, lorsque la relique du bébé est enterrée, jaillit du sol une statue : c’est saint Martin !
L’ecclésiastique y voit un « signe », désormais c’est Martin qui guidera les mercenaires et chacune de ses décisions devra être appliquée !
La princesse Agnès est la promise de Stephen, le noble fils du seigneur Arnolfini qui devait l’épouser ; elle se trouve dans un convoi pour se rendre au château ; c’est alors que les mercenaires de Martin, déguisés en moines faisant la charité, attaquent le convoi et kidnappent Agnès !
Agnès va être violée et dépucelée et, comprenant qu’elle doit rester soumise à Martin si elle veut rester en vie, se prête aux jeux des autres…
Stephen retrouve la trace de Martin ; avec l’aide de guerriers, il construit un immense cheval de Troie afin de s’introduire dans le château pour récupérer Agnès !
Le combat sera sans pitié et, de plus, un invité inopiné se joint à tout ça : la peste !
Mon avis :
Avec « La chair et le sang », Paul Verhoeven réalise là un de ses meilleurs films et l’œuvre la plus brutale qui soit pour un film médiéval d’aventures ; malgré des anachronismes (le tatouage de Martin/Rutger Hauer, les armes utilisées sont en avance de plusieurs siècles) on ne va pas chipoter, « La chair et le sang » est un régal total ! l’action ne discontinue jamais, la mise en scène est virtuose et, même si Verhoeven n’y est pas allé avec le dos de la cuillère niveau sexe et violence, les cinéphiles passeront un superbe moment de cinéma…
« La chair et le sang » c’est « Game of thrones » trente ans avant et sans les dragons !
Les scènes d’assaut sur les châteaux forts sont fabuleuses avec des dizaines d’explosions (l’artificier du film n’a pas chômé !), très orienté  sur le sexe le film n’oublie pas cependant le souffle épique avec le personnage solide de Martin (Hauer est impérial) qui combat sans relâche contre Stephen, et Agnès/Jennifer Jason Leigh est pris entre le marteau et l’enclume mais elle joue un double jeu hypocrite en fonction de qui des deux elle a en face d’elle, elle prend plaisir aux joies du sexe après avoir été déflorée et violée, le rôle était loin d’être facile pour l’actrice et elle s’en sort à merveille…
Le scénario rebondit avec l’arrivée de la peste bubonique qui met tout par terre et Verhoeven exploite cet élément de manière habile lors de séquences d’anthologie, qui créent ainsi de multiples rebondissements !
Film très tonique, « La chair et le sang », outre sa rudesse, est un peu le Peckinpah du film médiéval, un mélange entre « Le nom de la rose » et « La horde sauvage »…
Verhoeven, comme à son habitude et pour justifier sa réputation, met les coudées franches et ça barde complètement, il ne s’embarrasse pas de sentiments ou de mièvrerie dans les histoires d’amour mais y va frontalement, sans pour autant bourriner !
Verhoeven dose violence et érotisme juste comme il faut et son propos premier avec « La chair et le sang » reste l’aventure épique, le pari est amplement réussi, son film est extraordinaire !
A voir et à revoir, « La chair et le sang » est et reste un film d’aventures essentiel du milieu des années quatre-vingts !  
Note : 10/10












vendredi 11 mai 2018

E.T. de Steven Spielberg, 1982


E.T.
de Steven Spielberg
1982
Etats-Unis
avec Dee Wallace, Peter Coyote, Henry Thomas, Drew Barrymore, Robert Mac Naughton
115 minutes
Fantastique
Musique de John Williams
Budget : 10 500 000 dollars
Recettes mondiales au box-office : 792 910 554 dollars
Synopsis :
Etats-Unis, banlieue de Los Angeles, au début des années quatre-vingts…
Dans une forêt, en pleine nuit, un vaisseau spatial se pose parmi les arbres, des extra-terrestres en sortent pour prélever des échantillons botaniques, l’un d’eux s’éloigne du vaisseau ; des hommes avec des lampes torches, dont l’un d’eux a un porte-clefs, se rendent sur les lieux, le vaisseau spatial est obligé de s’envoler plus vite que prévu, l’un des extra-terrestres n’a pas pu le regagner et se retrouve seul, paniqué…
Eliott, sa sœur Gertie et leur frère Michael sont chez eux avec Mary, la mère ; lorsqu’Eliott sort pour récupérer une pizza qu’on lui livrait, il découvre une présence inhabituelle dans la serre, à côté ; il s’agit du fameux extra-terrestre qui s’est retrouvé là, de fil en aiguille…
Eliott retrouve les friandises qu’il avait semées et cela attire l’extra-terrestre jusqu’à chez lui…
Sans que sa mère le sache, Eliott cache E.T. (c’est comme cela qu’il a appelé l’extra-terrestre) dans un placard de sa chambre…
Puis Gertie et Michael découvrent E.T., d’abord apeurés, puis voyant qu’il est inoffensif…
E.T. bricole un appareil transmetteur d’ondes pour communiquer avec les autres extra-terrestres dans le vaisseau, il veut rentrer chez lui (« E.T. téléphone maison »)…
Le jour d’Halloween, Eliott, Gertie et Michael couvrent E.T. d’un drap et l’emmène, vers la forêt pour qu’il puisse entrer en contact avec les autres extra-terrestres…
Avant qu’ils ne partent, des hommes en tenue de cosmonaute dont Keys, le scientifique au porte- clefs, rentrent dans la maison d’Eliott, ils veulent neutraliser l’extra-terrestre !
Semblant être décédé, E.T. finit par revivre !
Une course contre la montre est engagée entre Eliott et les autorités qui le pourchassent ; parviendra t-il à ramener E.T. sur le lieu où le vaisseau spatial viendra le rechercher ?
Mon avis :
« E.T. » est un film immense, un conte pour tous les publics, petits et grands et une nouvelle fois une leçon de cinéma signée Spielberg, ce metteur en scène est un pur génie, à chacun de ses films il parvient à nous raconter des belles histoires, sans violence, sans voyeurisme mais il tape dans le mille dans notre cœur à chaque fois !
« E.T. » c’est simple, un extra-terrestre qui arrive sur la Terre, accueilli par un petit garçon et sa famille et qui va tout faire pour le ramener sur son vaisseau spatial, après avoir pris d’affection ce gentil extra-terrestre et réussit à communiquer ; Spielberg a parfaitement réussi à capter l’empathie du petit garçon vis-à-vis d’E.T., aucune mièvrerie aucun pathos mais une histoire belle et simple, Spielberg sait doser le côté émotif de son film et n’en fait jamais trop, il insuffle une dimension humaniste et de tolérance vis-à-vis de l’autre, de l’accueil de personnes différentes avec une humanité et un sens de la tolérance inouïs…
La direction d’acteurs est impeccable, rien ne part en live, rien n’est surdosé, et les mômes jouent juste, ils sont cadrés par un Spielberg au firmament de sa carrière et de son talent, aucune faute de goût n’est à déplorer dans « E.T. », je ne vois pas ce que l’on pourrait trouver à redire, c’est une œuvre d’une perfection totale !
Le final est une apothéose en terme d’humanité et d’émotion, on pleure à chaudes larmes, le pari de Spielberg est amplement réussi, rien que de penser à cette  image magnifique de la petite Drew Barrymore embrassant « E.T. » et l’émotion nous gagne, on en pleure une nouvelle  fois, c’est beau, c’est sublime, c’est magique, ça saisit aux tripes et ça nous noue à la gorge…
Encore une fois, Spielberg nous a steackés, c’est peut- être le plus grand réalisateur de films populaires de tous les temps, on peut dire qu’il a fait un parcours sans fautes !
« E.T. » est un de ses meilleurs films, il peut être vu par tous, c’est un bonheur suprême et une leçon d’humanité, un film franc, sincère, beau, émouvant et parfaitement calibré…
Spielberg est un GENIE, à chaque nouveau film il atteint sans arrêt les sommets du cinéma, « E.T. » est immortel et n’a pas vieilli du tout, trente- six ans après il s’est même bonifié et le discours donné par Spielberg est universel et immuable…
Si on devait établir une liste des dix plus beaux films de tous les temps, « E.T. » serait dedans !
Note : 10/10
PS : ça y est je me remets à fondre en larmes en écrivant cet article !












The murder secret de Mario Bianchi, 1988


THE MURDER SECRET
de Mario Bianchi
1988
Italie
avec Adriana Russo, Gabriele Tinti, Anna Maria Placido, Jessica Moore, Maurice Poli
Supervisé par Lucio Fulci
88 minutes
Thriller/Horreur
VHS sorti chez Kara films
aka Non avere paura della Zia Marta
Synopsis :
Un village provincial d’Italie, à la fin des années quatre-vingts…
Une famille composée de Nora Hamilton, son mari Richard, Georgia la jeune fille et un garçonnet doivent rendre visite à la tante Marta, qui les a invités dans sa villa pour quelques jours…Lorsque la famille arrive, après avoir évité un terrible accident de la route, elle prend possession des lieux ;  Thomas, le contremaitre, les informe que Marta n’est pas présente mais qu’elle doit arriver la matinée dans deux jours…
Thomas explique à Richard qu’une porte sous l’escalier est condamnée et qu’il ne faut surtout pas l’ouvrir…
Le fait d’être dans cette villa augmente la libido de Richard qui montre passionnément son amour à Nora ;  le lendemain, le premier fils de Richard issu d’un autre mariage, débarque avec un fusil sur l’épaule ; des événements mystérieux et surnaturels se produisent et toujours pas de tante Marta à l’horizon !
Georgia trouve des vêtements dans la chambre qu’elle occupe, elle les porte et le lendemain elle voit une inscription sur le miroir du placard de sa chambre indiquant une date de juin 1958, soit trente ans auparavant…
Peu de temps après, Georgia est poignardée à mort alors qu’elle prenait une douche…
Richard décide finalement de fouiller dans le garage de la maison, il trouve un rapport d’un psychiatre qui a diagnostiqué Marta comme schizophrène et autistique…
Un piège terrible semble se refermer sur Richard et il comprend que Thomas, le contremaitre, joue un double jeu dans cette histoire…
La révélation sera faite lorsque Richard ouvre la porte condamnée et descend dans la cave, il va y trouver quelque chose qui dépasse l’entendement !
Mon avis :
C’est quand même un sacré nanar ce « Murder secret », hyper bancal avec une fin incompréhensible et pas du tout plausible, des comédiens soit raides comme des piquets soit à l’expression inappropriée (on retrouve Gabriele Tinti, un habitué du genre, vu entre autres dans « Women prison massacre » de Mattei et dans plein d’autres films ritals d’exploitation), un érotisme hyper gratuit et qui n’apporte rien à l’histoire (juste pour se rincer l’œil), seuls demeurent des FX méga gores mais ça arrive dans les vingt dernières minutes, autrement le film peine à retenir l’attention…
Les flashbacks sont un peu maladroits et la révélation sur la tante Marta avec le contremaitre Thomas n’est vraiment pas crédible (ça veut dire qu’elle n’avait aucun suivi thérapeutique après la sortie de l’hosto il y a trente ans ?), Mario Bianchi (sous couvert de Fulci pour mener la barque, ce qui n’est pas rien !), s’est empêtré dans son script et parfois ça en devient ridicule (la famille est à table et le père décrète qu’il est l’heure d’aller dormir, tout le monde se lève et les assiettes sont encore pleines ! LOL véridique !) ; en fait « Murder secret » ne fait pas du tout peur, simulacre de « Psychose » d’Hitchcock avec un meurtre au surin sous la douche et un gamin tronçonné (fallait oser !), de plus le doublage sur la VHS est exécrable et la pauvreté des moyens financiers fait que la quasi-totalité de l’intrigue se passe dans la villa, seuls les plus tolérants des bisseux goreux trouveront un intérêt à « Murder secret », gloubi boulga horrifique axé sur un côté voyeur et un maquillage affreux pour la tante (Savini ou Gianetto de Rossi peuvent dormir sur leurs deux oreilles, personne ne les égalera)…
Les ficelles du scénario sont grosses comme des câbles de téléphérique, personne ne s’inquiète de Georgia après son meurtre, la famille décimée avec les trois quarts des personnages décapités se retrouvent attablés avec la tête sur les épaules, c’est plutôt celui qui a rédigé le script qui aurait dû la garder justement, la tête sur les épaules !
Bref, « Murder secret » c’est un foutoir total, on sort du visionnage décontenancé et ce manque de crédibilité nuit énormément au film, qui y aurait gagné en étant plus simple et plus facile d’accès…
A part les effets gore qui sonnent bien dans la « Fulci’s touch », je ne vois pas trop ce que le Maestro est venu perdre son temps dans pareille production, on est au ras du sol là…
« Murder secret » est à réserver uniquement aux fans de nanars gore, ceux qui sont exigeants sur la continuité scénaristique, sur la qualité du jeu d’acteurs vont hurler !
Associer le nom de Lucio Fulci en gros sur la jaquette est un argument marketing pour faire vendre et récupérer un maximum d’oseille OK mais à condition que derrière le film tienne la route, or là c’est vraiment limite !
« Murder secret » reste très rare (pas de DVD en français, juste un DVD italien et une VHS), du coup ça attise la curiosité des cinéphiles, donc ne nous privons pas de le visionner si l’occasion se présente mais il ne faudra pas s’attendre à des miracles…
Bâclé et bordélique, « Murder secret » est le bas de gamme dans la carrière de Fulci, seuls ceux qui veulent impérativement posséder tous ses films le verront, les autres passeront allègrement leur chemin !
Note : 3/10












dimanche 6 mai 2018

Et le vent apporta la violence d'Antonio Margheriti, 1970


ET LE VENT APPORTA LA VIOLENCE
d’Antonio Margheriti
1970
Italie/Allemagne
avec Klaus Kinski, Peter Carsten, Antonio Cantafora, Guido Lollobrigida, Luciano Pigozzi
Western spaghetti
96 minutes
Synopsis :
Durant la guerre de Sécession, une ville du far- west américain…
Gary Hamilton est un forçat prisonnier politique, il doit purger sa peine sous la chaleur et dans des conditions ingrates et difficiles ; finalement un appariteur l’informe qu’il est désormais libre, un mandat sur ordre du gouverneur le gracie, alors qu’il vient de passer dix années en captivité !
Gary Hamilton n’a plus qu’un seul objectif : se venger de ceux qui l’ont fait condamner à tort, un certain Acombar lui a fait porter le chapeau pour un vol d’or en mettant ses effets personnels à l’intérieur de la diligence où s’est produit le larcin ; Gary, sorti du bagne, voyage avec des gens dont…Dick, le propre fils de Acombar ! Celui-ci lui dévoilant son identité, Gary le missionne pour dire à son père qu’il va lui rendre visite et ce, dès ce soir !
Acombar a des complices, Miguel Santamaria et son frère Francesco, qui ont fait fortune avec l’or dérobé ; alors que Gary arrive très discrètement en ville, il retrouve Jonathan, un de ses fidèles amis, qui a des problèmes de vue et qui ne voit rien sans ses lunettes ; Gary Hamilton remarque Maria, son ex- femme, une blonde qui vit maintenant avec Acombar !
Alors que l’on annonce le passage d’une tempête sur la ville, Acombar sait maintenant que Gary va arriver et qu’il va tout faire pour se venger !
Acombar fait déployer une soixantaine de ses hommes, surarmés et prêts à en découdre !
Gary emprunte des passages souterrains pour ne pas être repéré ; c’est alors que la cloche de l’église se met à sonner en permanence, intriguant les hommes de Acombar…
Ils y découvrent un homme mort et pendu au clocher !
Un immense massacre va alors lieu !
Mon avis :
Western pour le moins atypique par rapport aux autres et complètement éloigné des standards de Sergio Leone ou même de Sergio Corbucci, « Et le vent apporta la violence » donne l’occasion à Antonio Margheriti de mettre en valeur son talent et son don à créer des atmosphères poisseuses, que certains qualifièrent même de « gothique » pour un western, ce qui est loin d’être faux et se vérifie dans ce film, à la fois crépusculaire (l’action se passe de nuit) et désespéré (la vendetta est impitoyable !)…
Kinski apporte son charisme et son rôle est loin de celui de Tigrero qu’il incarna quelques années auparavant dans le fabuleux « Grand silence », ici il est d’une froideur, d’un méthodisme imparable et se joue des pistoleros employés par Acombar pour assouvir sa vengeance, calculée depuis dix ans…
L’ambiance va vite tourner au cauchemar et Margheriti emploie des trouvailles scénaristiques ingénieuses (l’utilisation de passages souterrains où se cache Gary/Kinski, la cloche de l’église, le début avec les travaux forcés, l’issue qui prouve la non-vénalité de Hamilton), de plus le script est de qualité et le métrage se suit de façon linéaire, sans aucun temps morts…
La fourberie de Acombar fait que la sympathie et l’empathie vont bien sûr au personnage de Klaus Kinski, Margheriti prenant le parti de nous mettre Acombar comme le « méchant » de l’histoire et nous savourons, tout comme Gary/Kinski, la vengeance qui se déploie implacablement, pour une fois ce n’est pas Kinski qui arbore le rôle de salaud dans un film, à fortiori dans un western !
L’idée de la tempête pendant tous ces gunfights est parfaite et le vent semble symboliser la mort, on compte plusieurs dizaines de tués dans des fusillades efficacement mises en scène…
Gary Hamilton reprend ses droits après avoir derrouillé pendant une décennie et Acombar n’aurait jamais dû le sous-estimer, il le paiera très cher, tout comme la jeune femme Maria, Hamilton va appliquer sa vengeance avec une opiniâtreté démentielle…
« Et le vent apporta la violence » est donc un très grand western dans lequel Margheriti n’a pas à rougir des autres réalisateurs du genre, une nouvelle fois et comme à l’accoutumée, il démontre qu’il est un excellent metteur en scène de films populaires, adaptés au public du plus grand nombre ; le film est efficace, avec beaucoup d’action et de gunfights, des trognes adaptées juste comme il faut et un sens de la technique parfaitement maitrisée (la vue aérienne lorsque Kinski/Hamilton quitte le bagne), facilement trouvable en DVD, « Et le vent apporta la violence » n’est pas un immense chef d’œuvre comparé au « Grand silence » ou à « Django » mais se savoure sans difficulté et les fans de westerns spaghetti seront aux anges !
A voir donc…
Note : 8/10











Un crime au paradis de Jean Becker, 2001


UN CRIME AU PARADIS
de Jean Becker
2001
France
avec Jacques Villeret, Josiane Balasko, Gérard Hernandez, Valérie Mairesse, André Dussolier, Roland Magdane, Suzanne Flon, Dominique Lavanant
Comédie dramatique
89 minutes
Produit par Christian Fechner
Budget : 11 900 000 euros
Recettes au box-office : 13 900 000 euros
Synopsis :
Un village du Rhône, en 1980…
Vivant dans une ferme appelée « Le paradis », Joseph dit « Jojo » Braconnier a bien du mal avec sa femme, Lucienne dite Lulu, elle lui fait les pires vacheries comme trouer à la perceuse les seaux qui lui servent à traire ses chèvres ; le couple va de conflit en conflit et la tension monte crescendo chaque jour un peu plus…
Jojo a l’habitude de fréquenter le bistrot du village, tenu par Roger Gianelli et sa  femme Magali, il est connu et reconnu de tous dans le village comme étant quelqu’un de gentil et doux ; un jour Lulu crève les quatre pneus de sa voiture et Jacky, le garagiste, les lui répare…
Jojo est un passionné invétéré de philatélie, il n’a d’énergie et de patience que pour ce hobby…
Lulu, après une chute grave d’une échelle, fut soigné par un kinésithérapeute qui se nommait aussi Jacky, elle fantasme sur lui et une nuit, couchée avec Jojo, elle prononce le nom de Jacky dans des termes langoureux, Jojo en déduit que Jacky (le garagiste) l’a fait cocu !
Jojo adore rendre visite à Madame Blondeau, son institutrice, mais il est toujours en conflit avec Lulu et n’en peut plus !
Lorsque Jojo rentre un soir et découvre que Lucienne a brulé son album de timbres, c’en est trop !
Jojo a vu à la télévision un avocat très médiatisé, Maitre Jacquard, qui est parvenu à faire acquitter tous ses clients ; après une violente dispute, dans la bagarre avec un couteau à pain, Lulu essaie de poignarder Jojo mais finalement elle décède par un faux mouvement et c’est elle qui se plante le couteau…
Avant sa mort, Lulu avait pour dessein de tuer Jojo et lui avait mis de la strychnine dans son verre de vin, mais il n’avait rien bu…
Affolé de la mort de Lulu, Jojo part prévenir Jacky le garagiste et Roger Gianelli, le patron du café et sa femme Magali ; il décide de demander un rendez-vous en urgence à Maitre Jacquard, pensant qu’il va être guillotiné pour meurtre !
Mon avis :
Remake du film « La poison » de Sacha Guitry avec Michel Simon sorti en 1951, ce « Crime au paradis » est immense, savoureuse comédie totalement disjonctée avec des passages qui provoqueront des fous rires aux plus difficiles d’entre vous, en effet, comment ne pas rester sensible à cette avalanche d’humour avec des dialogues hilarants et une histoire truculente à souhait, qui n’est jamais grossière mais empreint d’une justesse dans la mise en scène rarement vue jusqu’alors…
On se marre dès le début (les seaux percés) et ça n’arrête plus, c’est du rire en continu, Jacques Villeret est au sommet de son art, Balasko n’a pas besoin d’en faire des tonnes, on voit son visage ça suffit amplement, mais la mention spéciale revient à André Dussolier dans un plan séquence d’une vingtaine de minutes où il prouve son génie de comédien, il est phénoménal !
Il y a un comique de situation, un comique de répliques et un comique visuel dans « Un crime au paradis », le tout dirigé solidement dirigé par un Jean Becker qui n’a plus rien à prouver, son talent est indéniable et le régal pour le spectateur est total !
Le basculement scénaristique après le décès de Lucienne entraine de nouveaux éléments dans l’intrigue avec le procès, rempli de quiproquos (Jacky accusé d’adultère, un moment à mourir de rire !) et Jacques Villeret, avec sa bonhommie, qui traverse tout cela en étant rassuré de ne pas être « guillotiné », du très haut niveau de comédie à la française !
Des histoires de couples qui ne s’entendent pas, on en a eu quelques- uns au cinéma mais celui-ci remporte la palme !
La reconstitution des années quatre-vingts est impeccable et tous les seconds rôles sont parfaits, de Gérard Hernandez à Dominique Lavanant en passant par Suzanne Flon et le couple Magdane/Mairesse, chacun apporte de la tendresse mais aussi de l’empathie face à Jojo/Jacques Villeret qui n’en peut plus avec sa Lulu/Balasko…
« Un crime au paradis » est un coup de maitre et sera à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de la comédie de mœurs hexagonale, ce film procure un bien fou et, encore une fois, difficile de rester de marbre…
Un vrai bain de jouvence qui remontera le moral au plus déprimé, et, plus simplement, un excellent moment à passer pour tous les cinéphiles fans de comédies à la française !
Note : 10/10













Métal hurlant de Gerald Potterton, 1981


METAL HURLANT
de Gerald Potterton
1981
Canada
Produit par Ivan Reitman
Scénario écrit entre autres par Dan O’Bannon
Animation science-fiction
Extraits musicaux entre autres de Trust, Blue Oyster cult, Devo
91 minutes
Synopsis :
Dans un autre temps, dans un autre monde, vers de lointaines galaxies…
Le capitaine Stern, un mercenaire de l’espace, découvre le Loc-Nar, une sorte de globe vert très convoité, que tous les tyrans de l’univers souhaitent posséder ; ce qu’ils ne savent pas, c’est lorsque l’on a le Loc Nar entre les mains, il détruit tout sur son passage et fait se désintégrer ceux qui pensaient en tirer puissance…
Harry Canyon, un taxi dans un New York futuriste, sauve une très jolie femme qui a rapport avec le Loc Nar, ses assaillants vont tout faire pour la retrouver et la capturer, Harry ne se doute de rien et profite de la présence de la jeune femme pour la loger, ils font l’amour pendant une nuit…
Stern a confié le globe vert, appelé le Loc Nar, à sa fille qui vit dans une grande maison ; lorsque le Loc Nar déploie ses rayons verts, la gamine est terrorisée !
D’autres histoires se greffent à cette intrigue, comme un procès d’où s’échappe le condamné, des pilotes d’un vaisseau spatial bombardier qui se retrouvent attaqués par des zombies mutants planqués dans la soute arrière du navire et enfin une déesse invincible attaquée et qui se bat contre des sbires d’un tyran qui domine le royaume, le point central de tous ces segments est le Loc Nar et les saynètes sont à la fois farfelues et amusantes tout comme elles peuvent être terrifiantes !
Il suffit de se laisser aller pour se prêter au jeu de « Métal Hurlant », la « machine à rêver » comme il est indiqué sur l’affiche du film…
Mon avis :
Inspiré de la revue du même nom, « Métal hurlant » est une immense bande dessinée mise sous forme de film d’animation, c’est avant tout un délire visuel très bien réalisé avec le procédé de la rotoscopie, comme pour « Tygra, la glace et le feu » de Ralph Bakshi sorti en 1982, c'est-à-dire un an après ; « Métal hurlant » est le précurseur d’un style et « pique » des éléments scénaristiques à « Star wars » tout en gardant une atmosphère de film d’animation pour adultes, avec des séquences de nus, de femmes à la poitrine énorme mais aussi de passages vraiment terrifiants (les zombies dans la soute du vaisseau spatial) avec des chocs visuels qui agrémentent le film et qui reviennent fréquemment, « Métal hurlant » est donc à éviter pour le jeune public, il pourra être visionné à partir de l’adolescence mais pas avant !
Il est flagrant que la saynète de Harry Canyon a influencé Luc Besson pour son film « Le cinquième élément », il a repompé la quasi-totalité des plans et de l’intrigue !
Avec des cadors comme Dan O’Bannon et Ivan Reitman, respectivement au scénario et à la production , « Métal hurlant » ne pouvait qu’être réussi et il l’est !
Très imaginatif et frontalement onirique, « Heavy metal » est un spectacle mélange de space opéra et de science-fiction/fantasy, avec des aventures de personnages hors du commun et sortis de nulle part, des décors que seul un film d’animation pouvait produire (en film réel, ça aurait coûté une blinde), du coup les créateurs se sont totalement lâchés pour un rendu à la mesure et à la démesure de leurs ambitions !
« Métal hurlant » est un dessin animé fantasmé, parfois excessif mais jamais pesant, il devint un film culte rapidement et la bande son n’est pas étrangère à son immense succès (Blue Oyster cult, Devo, Trust et plein d’autres…)
Certes, il faut être honnête, « Métal hurlant » a un chouya vieilli, il s’est pris presque quatre décennies dans la vue, mais l’ensemble est vraiment honnête et sympathique et surtout très jouissif à regarder…
Visuellement, c’est de l’avant-garde pour l’époque et au niveau de l’entertainment, « Métal hurlant » remplit son contrat au-delà de toutes les espérances…
Ovni total dans les productions de la période des années quatre-vingts, « Métal hurlant » est de l’anti-Disney et l’aura dégagée par les segments qu’il comporte doit sa réussite avant tout à un rythme qui ne faillit jamais et des personnages qui retiennent l’attention (si vous êtes érotomanes, vous allez être servis !)…
Une œuvre phare pour le film d’animation à visionner aisément pour tous les geeks et aussi pour les fanatiques de science-fiction déjantée, vous ne pourrez pas être déçus !
Note : 9/10











mardi 1 mai 2018

L'empreinte de Dracula de Carlos Aured, 1973


L’EMPREINTE DE DRACULA
de Carlos Aured
1973
Espagne
avec Paul Naschy, Maritza Olivares, Fabiola Falcon, Mariano Vidal Molina, José Manuel Martin, Inès Morales
Film fantastique
84 minutes
aka Curse of the devil
aka El retorno de Walpurgis
DVD édité chez Seven Sept
Synopsis :
A la période de l’inquisition, au seizième siécle, un village d’Espagne…
Irenius Daninsky, sous le règne de Vladislanoest, est un châtelain qui est la cible de femmes possédées lors d’un rituel satanique ; ces dernières invoquent une malédiction pour qu’à chaque pleine lune, Daninsky se transforme en un gigantesque loup et tue des bohémiennes qu’il rencontrera lors de ses échappées nocturnes…
Quatre siècles plus tard, son descendant, le comte Waldemar Daninsky, n’échappe pas à la prophétie et on pense qu’il vit seul, mais une gitane, Ilona, sera sa première victime, lors de la nuit de Walpurgis, Daninsky est un affreux loup-garou d’une force colossale et des villageois le suivent à la trace, voulant le mettre hors d’état de nuire !
Maria Wilowa et Kinga Wilowa, sa soeur, arrivent dans la contrée où vit Daninsky avec Laszlo Wilowa, leur père ; les deux jeunes femmes sont superbes et extrêmement sensuelles ; Maria tombe sous le charme de Waldemar et ils font l’amour, ce qui rend jalouse Kinga…
Mais Daninsky ne peut lutter contre la malédiction qui lui est transmise depuis des siècles, l’amour devient quasi impossible lors des nuits de pleine lune et il force Maria à le quitter et à rentrer chez elle avant sa transformation imminente, celle-ci échappe de peu à la mort !
Comment Waldemar Daninsky pourra t-il lutter contre sa pathologie ?
Parviendra t-il à épargner ceux et celles qu’il aime ou l’issue ultime pour lui sera-t-il la mort ?
Mon avis :
Alors que le précédent opus datant de 1971 « La furie des vampires » fut un énorme succès, on mit en chantier deux ans plus tard ce « Empreinte de Dracula », la notoriété grandissante de Paul Naschy aidant pour obtenir un budget confortable et… ça se voit ! Le film est très riche, que ce soit au niveau des décors, de l’interprétation ou de la qualité technique des plans ; il n’est nullement question de vampires ou de Dracula mais plutôt d’un aspect satanique par le biais de messes noires qui entrainent la malédiction sur un homme (Waldemar Daninsky) et ce, à travers les siècles et par sa descendance…
Ancien champion de culturisme, Paul Naschy se révèle également excellent acteur et les scènes gore sont nombreuses, disséminées tout le long du film ; certes les trucages ne sont pas toujours heureux mais cela suffit à terroriser le spectateur et les scènes de transformations en loup-garou sont efficaces avec superpositions de plans image par image entrainant un superbe rendu, au charme fou (on n’est pas encore dans les SFX du « Loup-garou de Londres » mais cela n’est pas très grave !)…
Les deux demoiselles sont d’une beauté surréelle et on a la chance d’avoir la version européenne qui comporte moult séquences de nudité, donc les érotomanes vont se régaler !
Les décors naturels sont magnifiques et rappellent ceux des films de la Hammer, mais le film de Carlos Aured, même s’il n’arrive pas au même niveau que ceux de la firme d’outre-Manche, est bourré de charme et se révèle particulièrement attractif…
Autant dire que les cinéphiles fanatiques d’histoires tordues sur fond de satanisme y trouveront largement leur compte avec « L’empreinte de Dracula » et ceux qui ne connaissent pas bien l’illustre Paul Naschy, et bien, avec ce film c’est l’occasion pour admirer l’acteur…
« L’empreinte de Dracula » est donc une grande réussite du film fantastique ibérique et n’a pas du tout été bâclé mais au contraire, un soin tout particulier et une application évidente ont été déployés dans la réalisation…
L’histoire est même assez complexe et Carlos Aured refuse les idées schématiques pour son scénario, ainsi il y a une multiplicité de personnages et de situations, et un rythme très tonique (la caméra suit les acteurs en même temps qu’ils se déplacent, technique très moderne et assez rare pour l’époque, surtout dans un film de ce genre !)…
Dans l’ensemble on passe donc un très bon moment et le DVD sorti chez Seven sept est de bonne qualité avec un plein écran et une version française au doublage plus que correct…
Trouvable assez facilement, « L’empreinte de Dracula » est l’exemple typique de ce qui se faisait de mieux dans le cinéma fantastique espagnol des années soixante-dix, sans égaler ses cousins britanniques de la Hammer, la saga « Waldemar Daninsky » reste tout à fait digne du plus grand intérêt et peut se tailler une place de choix dans le bestiaire des films de loups-garou, au même titre que « La nuit du loup-garou » de Terence Fisher ; je m’attendais à un nanar et bien pas du tout !
Note : 8/10