dimanche 5 avril 2020

La fiancée de Chucky de Ronny Yu, 1998


LA FIANCEE DE CHUCKY
de Ronny Yu
1998
Etats-Unis
avec Jennifer Tilly, Brad Dourif, Alexis Arquette, Katherine Heigl, John Ritter
Film d’horreur
89 minutes
aka The Bride of Chucky
Musique, entre autres, de Rob Zombie
Budget : 25 000 000 dollars
Recettes mondiales au box- office : 50 692 188 dollars
Synopsis :
Etats-Unis, à la fin des années quatre- vingt dix…
Chucky est une poupée abimée et sans vie depuis le précédent segment de la saga ; Tiffany est l’ancienne maitresse de Charles Lee Ray, le tueur en séries qui avait pris possession de la poupée « Good guy » dans le premier opus, Tiffany vit dans une caravane, elle reçoit des hommes pour des parties carrées sur fond de gothique, un jour elle tue un policier venu la voir dans sa caravane !
Tiffany veut ranimer Charles Lee Ray par le biais de la poupée, elle provoque une incantation vaudou ; finalement Chucky revient à la vie et il est accompagné d’une poupée féminine, c’est sa fiancée !
La poupée fiancée de Chucky s’avère aussi maléfique que lui, les deux poupées tuent Tiffany qui était en train de prendre son bain, ils l’électrocutent !
Tiffany est alors réincarnée dans la poupée fiancée et elle possède la même voix…
Tiffany demande par SMS (c’est en fait la poupée qui l’a envoyé) à Jesse, un de ses amis, de véhiculer le corps d’un homme qu’elle a tué jusqu’à la tombe de Charles Lee Ray, en fait il s’agit d’un plan pour retrouver une amulette restée dans la tombe de Charles Lee Ray ; Jesse accepte moyennant une somme de 500 dollars et encore 500 dollars lorsqu’il sera arrivé à son lieu de destination…
Jesse a pour petite amie Jade, dont l’oncle est Warren Kincaid, un officier de police, il la surveille en permanence ; Jesse et Jade partent sillonner les Etats-Unis, alléchés par la proposition de Tiffany avec mille dollars à la clef,  les deux poupées sont cachées dans le van de Jesse et Jade, ces derniers découvrent le pot aux roses quand l’odeur du cadavre du policier embaume le véhicule, ils comprennent alors le stratagème de Tiffany !
Mais Warren Kincaid le fameux policier oncle de Jade suivait le couple dans son périple !
Tout va se corser et les cadavres vont tomber à la pelle, Tiffany et Chucky multiplient les crimes, le summum est atteint lorsque Jesse et Jade décident de se marier et vont dans un hôtel, c’est le carnage !
Et finalement, Chucky, Tiffany poupée, Jade et Jesse arrivent enfin au cimetière, sur la tombe de Charles Lee Ray…
Le spectateur n’est pas encore au bout de ses surprises, une révélation finale de taille nous attend !
Mon avis :
Pour beaucoup de cinéphiles fans de la saga, « La fiancée de Chucky » est considéré comme leur préféré, et c’est justifié ! le scénario est très alambiqué, l’intrigue est prenante et le rythme ne s’arrête jamais ; ajoutez à tout cela une dose de sexe (Jennifer Tilly est une vraie bombe atomique !) et des passages où tout part en vrille et vous obtenez sans nul doute un épisode survolté et fascinant !
Toujours avec le spectre du tueur en séries vu dans le premier, Charles Lee Ray et une recherche plus poussée sur les poupées, ici, Chucky est affublé d’une petite copine, « La fiancée de Chucky » est un film miraculeux et vraiment barré, la réalisation de Ronny Yu est très millimétrée et s’agrémente de cascades, d’explosions et de scènes chocs (le couple dans l’hôtel qui se fait massacrer avant l’arrivée de la femme de ménage !)…
On est embarqués au même titre que Jade et Jesse, les jeunes personnages du film, dans une histoire abracadabrante et totalement dingue !
La bande sonore heavy metal ajoute à la jouissance provoquée lors du visionnage, la progression par rapport aux segments précédents est nette et le spectateur jubile pendant une heure et demie !
La trouvaille finale (que je ne vous dévoilerai bien sûr pas) vaut son pesant de cacahuètes et l’ambiance dans le cimetière est digne des meilleurs films d’horreur vus toutes nationalités confondues…
Ronny Yu a tapé très fort avec cette « Fiancée de Chucky » et entérine le fait de nous rendre familier la fameuse poupée qui s’inscrit parmi les autres boogeymans du genre, au même titre que Freddy Krueger ou Jason Vorhees, dépassant même certains des films de ses comparses, niveau qualité ; Chucky n’a rien à envier aux autres et se place même aisément comme étendard du genre du slasher, explosant les codes de ce dernier, somme toute basique !
Il y a réellement une recherche de faire quelque chose d’original et qui sort des sentiers battus et « La fiancée de Chucky » est un film louable et méritant et de plus, on ne s’ennuie pas !
Tout est réussi et je ne vois pas ce que l’on peut trouver à redire à ce film !
Dans le genre, « La fiancée de Chucky » est un bijou, un vrai chef d’œuvre à savourer sans aucune modération !
Note : 10/10
Dédicace à David, Gérald, Myrmica et Yole !









Nuits de cauchemars de Kevin Connor, 1980


NUITS DE CAUCHEMARS
de Kevin Connor
1980
Etats-Unis
avec Rory Calhoun, Nancy Parsons, Nina Axelrod, Paul Linke, Elaine Joyce
102 minutes
Film d’horreur
aka Motel Hell
Blu ray édité chez ESC
Bonus avec Marc Toullec
Budget : 3 000 000 dollars
Recettes au box-office : 6 343 000 dollars
Synopsis :
Une ville de l’Amérique profonde, au début des années quatre-vingts…
Vincent Smith et sa sœur Ida sont des fermiers qui tiennent un motel, ils sont également producteurs de saucisses réputées dans toute la région que les touristes adorent et ne manquent pas de leur acheter dès qu’ils viennent leur rendre visite…
En fait, Vincent et Ida sont des tueurs en séries cannibales ! Vincent, la nuit se rend sur une route, des automobilistes sont piégés et tués, Vincent place des pièges à loups qui crèvent les pneus des malheureux ! Puis Vincent coupe les cordes vocales de ses victimes et les enterrent dans son jardin avant de les charcuter dans l’arrière-boutique du motel !
Un soir, alors que Vincent piège un motard sur la fameuse route, Terry, la compagne du motard survit !
Vincent et Ida se lient d’amitié pour elle et l’hébergent, Terry ne se doute de rien !
Bruce, le shérif, et un inspecteur de l’hygiène viennent régulièrement voir Vincent et Ida, qui continuent leur funeste commerce !
Terry, la jeune femme, devient amoureuse de Vincent, ce qui met Bruce, le policier, dans une colère noire, fou de jalousie !
C’est alors que Bruce découvre le pot aux roses et Terry est sur le point d’être tronçonnée par Vincent !
Un combat a lieu entre le shérif et le vieux fermier ; de plus, les corps qui étaient restés enterrés dans le jardin s’échappent et viennent attaquer Ida !
Bruce parviendra t-il à sauver Terry ?
Vincent et Ida seront-ils punis de leurs méfaits ?
Mon avis :
Tentative de raccommoder le film d’horreur du début des années quatre- vingt, « Nuits de cauchemars » est une franche réussite, c’est un film référentiel à deux classiques du genre « Psychose » et « Massacre à la tronçonneuse », même canevas scénaristique que ses deux homologues et avec une forte dose d’humour noir !
La trame est classique mais l’inventivité dont fait preuve Kevin Connor force le respect ; certains passages sont atroces (les prisonniers enterrés aux cordes vocales tranchées qui essaient de parler avec des voix de cancéreux, le couple déviant sexuel, le final dans l’arrière boutique du motel avec le duel à la tronçonneuse !), on peut dire que ce « Nuits de cauchemars » ne fait pas dans la dentelle mais cette horreur prégnante est désamorcée par des personnages complètement foutraques qui donnent un 25 897ème degré au film et HEUREUSEMENT parce que sinon « Motel Hell » serait intenable tant l’histoire est effrayante !
Hyper méthodique et au déroulé exemplaire dans sa construction, « Nuits de cauchemars » montre déjà les coupables dès le début donc il n’y a pas de « whodunit », les victimes sont nombreuses et la police semble inexistante, représentée par un shérif aussi balourd que libidineux…
Pas mal de passages cultissimes et une réelle originalité font de « Nuits de cauchemars » un exemple du film d’horreur ; le prétexte de la viande fumée sert de levier pour justifier les meurtres et cette idée est délirante mais au final pas plus bête qu’une autre…
Les fermiers font penser aux bouchers désoeuvrés de « Massacre à la tronçonneuse » et l’hôtel rappelle étrangement celui de Norman Bates dans le film d’Hitchcock, mais Kevin Connor va encore plus loin et offre un aspect morbide et délirant qui fait se hisser son film sur un sommet de l‘innovation, il ne se contente pas de copier/coller ses modèles mais apporte une plus- value au style grâce à une direction d’acteurs bien balancée (Rory Calhoun et Nancy Parsons sont réellement charismatiques et ont la tête de l’emploi !)…
Dès qu’on commence le film, on est pris dedans et on ne peut plus lâcher son attention jusqu’à la fin, les clins d’œil à de nombreux autres métrages et la crédibilité des acteurs (aucun d’entre eux n’est ridicule) avec en bonus une scène de zombies (les malheureux enterrés qui se relèvent et se pointent en pleine nuit pour découdre) LOL c’est carrément du WTF !
« Nuits de cauchemars » est donc un film d’horreur parodique très sympathique dans son ensemble et que je vous recommande, on est clairement dans l’âge d’or du genre et il faudrait vraiment être fine gueule ou aigri pour ne pas y adhérer !
Ceux qui ont vu ce film ne peuvent l’oublier !
Réserve sur le blu ray sorti chez ESC qui soit disant mentionne une version française alors qu’il n’y en a aucune, ce qui est bien dommage !
A voir tout de même, cela reste le meilleur support à ce jour pour savourer le film !
Note : 8/10









mardi 31 mars 2020

TOOTSIE de Sydney Pollack, 1982


TOOTSIE
de Sydney Pollack
1982
Etats-Unis
avec Dustin Hoffman, Jessica Lange, Bill Murray, Sydney Pollack, Teri Garr, Geena Davis
117 minutes
Comédie dramatique
Budget : 21 000 000 dollars
Synopsis :
Etats-Unis, New York, début des années quatre-vingts…
Michael Dorsey, un acteur et professeur de théâtre passe une mauvaise période de sa carrière, en effet il est trop exigeant et parfois péremptoire avec ses élèves, il vit un passage à vide et George Fields, son agent, ne trouve plus de rôle à lui proposer…
Michael est dépité et se confie à son ami Jeff Slater ; Michael est fou amoureux de la belle Julie Nichols, actrice de la série « Hospital Southwest », mais sa condition actuelle ne lui permet aucune ouverture possible pour approcher Julie…
Soudain, Michael a un éclair de génie et décide de se travestir de la tête aux pieds afin de devenir une actrice sous le nom de Dorothy Michaels…
Il passe une audition et personne ne se rend compte de la supercherie ; c’est alors que tout fonctionne et que Michael/Dorothy est embauchée pour un rôle dans la sitcom « Hospital Southwest » ; Dorothy ne respecte pas son texte à la lettre lors des tournages et pourtant ses répliques font mouche, ce qui fait grimper l’audience de la série !
Bientôt, Dorothy devient une vedette et reçoit des centaines de courriers de fans chaque jour !
Julie Nichols, qui joue dans « Hospital Southwest » se lie d’amitié pour Dorothy, sans savoir du tout qu’il s’agit de Michael, ce qui entraine des quiproquos où Michael doit se démêler en catastrophe, notamment lors d’un déjeuner avec George Fields, le producteur et agent de Michael Dorsey ; Michael explique le subterfuge à George, complètement décontenancé !
Dorothy Michaels explose la baraque avec son rôle dans la série ; Sandy Lester, la petite amie de Michael n’est pas au courant du travestissement de Dorsey et celui-ci la fait poireauter plusieurs heures pour un diner ; elle lui passe un savon et une méga engueulade a alors lieu ; de plus, Julie Nichols, prise d’une solide amitié avec Dorothy, l’invite à sa maison de campagne chez son père… qui tombe fou amoureux de Dorothy !!!!
Jeff Slater, l’ami de Michael au courant de la supercherie depuis le début, se rend compte que Michael commence à être dépassé par toute cette histoire…
C’est alors que, en plein pendant un tournage de  la série « Hospital Southwest », Michael/Dorothy adopte une attitude radicale et décide de dévoiler sa véritable identité, ce qui provoque une terrible onde de choc !
Mon avis :
Véritable comédie dramatique en demie- teinte, « Tootsie » est un film d’une intelligence rare qui prend pour prétexte le fait de percer dans le monde du spectacle via un travestissement et autant dire que la gageure de la part de Dustin Hoffman était immense (on peut dire que c’est le rôle le plus difficile de toute sa carrière !) et il s’en sort à merveille, faisant passer le spectateur du rire aux larmes, il est époustouflant !
Très peu d’acteurs parviennent à atteindre un niveau de jeu aussi fort que lui et on est subjugué par sa façon d’incarner le personnage de Dorothy, d’ailleurs Hoffman est méconnaissable !
Tous les seconds rôles sont également géniaux, de Sydney Pollack à Teri Garr en passant par Jessica Lange et Bill Murray ; une succession de quiproquos, des scènes tordantes, des dialogues hilarants (quand Dorothy déforme son texte et part complètement en live !), mais le tout est traité de façon juste et sans aucune vulgarité, on se prend d’affection pour l’histoire de Michael Dorsey, il est pris dans une spirale et emporte le spectateur avec lui, « Tootsie » est un film qui relève de la magie !
Avec des séquences dantesques et un humour très fin, « Tootsie » virevolte, s’envole littéralement pour atteindre les sommets de la comédie de mœurs à l’américaine, la musique également est sublime, elle émeut aux larmes, Dustin Hoffman signe peut-être avec « Tootsie » le plus grand rôle de sa carrière, du moins le plus osé ; ce n’est pas donné à n’importe quel acteur de composer un rôle sur une thématique pareille et Hoffman apporte crédibilité au personnage de Dorothy, si on ne savait pas que c’était lui qui jouait, on ne le reconnaitrait pas !
Sydney Pollack aborde avec beaucoup d’humour le thème de l’homosexualité féminine lors d’un passage touchant entre Jessica Lange et Hoffman/Dorothy, d’autres séquences sont purement hilarantes comme les deux vieux papys qui essayent d’embrasser Dorothy…
Les répliques fusent et les dialogues sont incessants dans « Tootsie » mais jamais saoulants, on savoure la sémantique d’un grand cinéma comme peu de réalisateurs savent en faire et jusqu’à la scène finale, après que Michael Dorsey ait dévoilé sa véritable identité, en pleine rue entre Dustin Hoffman et Jessica Lange qui laisse un espoir et une porte ouverte, c’est d’une finesse ! avec la musique du générique, on ne peut retenir ses larmes !
Pour atteindre un tel niveau de cinéma, ce n’est plus du talent c’est du pur génie !
« Tootsie » est un film prodigieux, un chef d’oeuvre total, réussi à 100 % et qui laisse un souvenir indélébile lors du visionnage ; peu de films ont traité d’un sujet identique (le travestissement), aucun n’a atteint un niveau si élevé !
Un blu ray est annoncé chez l’éditeur Carlotta films, foncez redécouvrir ce chef d’œuvre, « Tootsie » est un film empli d’humanité et de bon sens et la performance de Dustin Hoffman est insensée !
A voir absolument !
Note : 10/10









La poupée sanglante de Marcel Cravenne, 1975


LA POUPEE SANGLANTE
de Marcel Cravenne
1975
France
avec Jean-Paul Zehnacker, Yolande Folliot, Ludwig Gaum, Edith Scob, Georges Wod, Dominique Leverd, Julien Verdier, Cathy Rosier, Marthe Villalonga
Série fantastique
d’après l’oeuvre de Gaston Leroux
312 minutes
6 épisodes de 52 minutes
Synopsis :
Paris et une ville de Vendée, en 1925 …
Bénédict Masson est un homme d’une très grande laideur, il tient une boutique de reliures dans un quartier de la capitale ; le soir, il s’improvise voyeur et scrute de la fenêtre de son grenier sa belle voisine, Christine Gaillard, une superbe brune ; Christine vit avec son mari, Jacques Quentin, un brillant scientifique, et aussi avec son père…
Bénédict est fou amoureux de Christine mais sa laideur ne peut lui apporter aucune possibilité que la jeune femme ne s’intéresse à lui…
Un soir, Bénédict constate que Christine prend un grand homme dans ses bras, Bénédict ne comprend pas ce que cet homme fait chez Christine…
C’est alors que Bénédict est embauché par le marquis de Coulteray, un riche châtelain, comme bibliothécaire, et comble du hasard, Christine rejoint Bénédict au sein du château !
Bénédict et Christine sont apeurés par la marquise de Coulteray, une jeune femme qui fait des crises de démence et qui soutient être vampirisé par son mari, aidé dans sa tâche par ses serviteurs hindous, le docteur Sahib Khan et la Dorga, une danseuse !
Afin de se remettre de ses émotions et quelque peu perturbé, Bénédict Masson part à sa maison de campagne avec sa nouvelle apprentie, tout devrait se passer pour le mieux…
Entre temps, la marquise de Coulteray décède ! elle est inhumée dans un caveau ; le père Violette, un homme méchant colporte des rumeurs sur Bénédict comme quoi il serait un assassin et qu’il aurait tué ses apprenties !
Christine Gaillard est fascinée par les poèmes écrits par Bénédict ; alors qu’elle se rend à la maison de campagne de ce dernier, elle le trouve les mains ensanglantées lorsqu’il lui ouvre sa porte, avec le cadavre de l’apprentie en train de brûler dans le four de Bénédict !
Terrifiée, Christine s’enfuit !
Finalement, Bénédict Masson est condamné à mort et guillotiné !
Ayant donné son corps à la science, Bénédict ne se doute pas qu’une nouvelle « vie » va se donner à lui…
Sa tête et son cerveau sont récupérés par Jacques Quentin et le père de Christine ; en fait, l’homme que Bénédict voyait dans les bras de Christine n’est en fait qu’une créature créée par Jacques et le père de Christine, un peu comme des apprentis « Frankenstein », il se nomme Gabriel ! mais comme son cerveau est « contrôlé » par Bénédict Masson, Gabriel a la même voix que lui !
Christine a des visions nocturnes et semble apercevoir la Marquise de Coulteray marchant dans le jardin de la propriété des Coulteray !
Le marquis de Coulteray, aidé par le docteur Sahib Khan et par la Dorga, danseuse hindoue, séquestre Christine, en vue de lui boire son sang lors d’une cérémonie macabre ; c’est lorsque  Gabriel/Bénédict se rend compte du danger couru par Christine qu’il parvient à la sauver et l’extirper des mains du marquis !
Gabriel kidnappe Christine ; Jacques et le père de Christine sont alors à leurs recherches !
Une révélation va alors être mise au grand jour, le père Violette avait menti !
Ce n’est pas Bénédict Masson qui a tué les apprenties !
Mon avis :
Série culte qui a traumatisé plusieurs générations, « La poupée sanglante » est une des seules séries fantastiques du petit écran des années soixante-dix mêlant vampirisme et le mythe de Frankenstein avec une ambiance lourde et oppressante ;on y retrouve cet immense acteur qu’est Jean-Paul Zehnacker (futur comte Vorski de « L’ile aux trente cercueils » aussi réalisé par Marcel Cravenne) et la sublime Yolande Folliot mais aussi Edith « Les yeux sans visage » Scob dans le rôle très dur à incarner de la Comtesse de Coulteray…
L’histoire est pleine de rebondissements et la mise en scène est atypique pour une série tous publics, quasiment aucune scène gore mais des passages horrifiques tout en suggestion, la peur vient plus par le situationnel et l’anticipation du spectateur que par l’effroi, même si nombre de plans suscitent un malaise, que ce soit aussi bien pour les personnages que pour le spectateur !
« La poupée sanglante » est une série d’un autre âge qui semblera dépassée en 2020 et pourtant elle est hyper intéressante et dégage une aura rarement vue pour une série française ;  hypnotique, fascinante et envoutante, « La poupée sanglante » se compose de six épisodes qui se déclinent avec facilité et qui peuvent se visionner d’un trait, tant on est pris dans l’intrigue c’est le mot exact, « intrigue » qui nous « intrigue »)…
Marcel Cravenne ne pouvait pas trop déployer dans l’horreur pure mais choisit d’opter pour le fantastique à connotation vampirique, mais « La poupée sanglante » n’a rien à voir avec les « Dracula » et autres films de la Hammer, ici la mise en scène est frontale et sans fioritures, avec la voix off de Dominique Paturel à chaque début d’épisode pour nous rappeler ce qui s’est passé avant…
Le personnage de Gabriel trouve alors clairement sa place après le guillotinage de Bénédict Masson qui «  reprend une nouvelle vie », le personnage vecteur et que l’on voit pratiquement à chaque plan est Christine (superbe Yolande Folliot), elle apparaît du début à la fin !
La qualité de l’interprétation, le festival de « trognes » et l’atmosphère lugubre donnent une grande puissance à « La poupée sanglante » et confère à marquer d’une pierre blanche l’imaginaire et l’imagination du spectateur, complètement fasciné…
Assez rare mais édité en DVD dans la collection « Les inédits du fantastique » « La poupée sanglante » est une série qui regorge de qualités, très bizarre et complètement à part mais qui ravira les cinéphiles fans d’atypisme et d’œuvres chelous…
Il est grand temps de réhabiliter cette série, moins accessible que « L’ile aux trente cercueils » tournée quatre ans plus tard, mais qui reste un pur pilier de la télévision française du milieu des années soixante- dix, ne serait-ce que le fait d’avoir osé adapter l’œuvre de Gaston Leroux et on peut dire que Marcel Cravenne s’en est sorti à merveille ; on a pas forcément besoin d’avoir lu le livre pour intégrer la série, elle se suit facilement et la simplicité de la réalisation fait défiler les plans en rendant « addict » le spectateur…
L’issue est sublime et la révélation finale en surprendra plus d’un !
« La poupée sanglante » est une série inoubliable et immanquable, je vous la conseille fortement !
Note : 10/10










lundi 23 mars 2020

Stuffing the graveyard, Tales of Blood, 2019


TALES OF BLOOD
Stuffing the Graveyard
2019
Troisième album de Tales of Blood après « Range of gore » et « Horrors of the flesh », “Stuffing the graveyard” fait évoluer le groupe qui passe à la vitesse supérieure, le son est plus net, on sent une progression immense par rapport aux précédents disques et la sincérité et la loyauté de Tales à produire du death old school atteint ici son firmament…
Morceaux plus longs, rythmiques percutantes et ambiance oppressante avec des guitares à la Obituary et le chant de Samuel toujours aussi dévastateur, les Tales of Blood se sont surpassés et atteignent désormais une vitesse de croisière, « Stuffing the graveyard » est l’album de la confirmation et le potentiel déployé est immense !
Tales of Blood produit un style qui ne ressemble à aucun autre, ils se distinguent par une culture death metal forgée depuis des années ; respectueux de ce style ils évitent de copier coller les autres groupes et donnent une sincérité dans leurs morceaux qui fait plaisir à écouter…
Doté d’un son imparable qui amplifie le plaisir d’écoute, « Stuffing the graveyard » ravira les fans de Six feet under ou de Massacra ; Tales of blood conserve sa dynamique entamée dans « Horrors of the flesh » avec des intros références aux films d’horreur et ils envoient le pâté sur des rythmes bétonnés qui poutrent à fond !
Le talent de Tales of blood n’est plus à démontrer, ils ont fait des dizaines de concerts à travers la France et la Belgique, toujours avec le même succès et avec sans cesse le respect des fans, comme il se doit…
Aujourd’hui, en 2019 ils signent leur meilleur album à ce jour et leur carrière pourrait bien décoller de nouveau grâce à des titres bien entêtants et une qualité de travail qui est tout à leur honneur !
La pochette est également très belle et Tales of blood propose même un digipack magnifique…
Bref, vous l’aurez aisément compris, « Stuffing the graveyard » c’est du tout bon et tous les métalleux, qu’ils soient puristes du genre ou simples curieux, devraient largement s’y retrouver avec « Stuffing the graveyard », un effort immense a été fait de la part de Tales of blood et il se doit d’être largement récompensé…
Du super boulot, Tales of blood n’a pas à rougir ou être jaloux des autres, il se hisse au-dessus de la mêlée des groupes de death old school hexagonaux et signe ici une pépite du genre !
10/10









Halloween 3 de Tommy Lee Wallace, 1982


HALLOWEEN 3
de Tommy Lee Wallace
1982
Etats unis
avec Tom Atkins, Stacey Nelkin, Dan O’Herlihy, Nancy Kyes, Garn Stephens
Film fantastique
96 minutes
Blu ray édité chez Le Chat qui fume
aka Halloween 3, le sang du sorcier
Budget : 2 500 000 dollars
Recettes mondiales au box-office : 14 400 000 dollars
Synopsis :
Ville de Santa Mira, Californie, au début des années quatre-vingts…
Le docteur Dan Challis exerce dans l’hôpital local ; un homme du nom de Harry Grimbridge est poursuivi par un autre homme habillé en costume ; ce dernier veut absolument tuer Harry, qui est terrorisé ; blessé, Harry est emmené au sein de l’hôpital, hélas, l’inconnu parvient à le retrouver et le tue en lui brisant le crâne, il est doté d’une force herculéenne ; Dan le pourchasse mais bizarrement, dès que l’homme sort sur le parking il s’immole et fait exploser sa voiture !
Ellie Grimbridge, la fille de Harry, la première victime, est interrogée par la police…
Puis Dan, sous le charme de la belle Ellie, décide de mener l’enquête avec la jeune femme…
Ils prennent la route, leur seul indice est un masque d’Halloween qu’Harry avait laissé avant sa mort…
Dan et Ellie rencontrent Conal Cochran, le directeur de l’usine Silver Shamrock où sont fabriqués les fameux masques, il leur fait visiter le lieu de production des masques…
Dans un second temps, Cochran a créé une publicité télévisée qui passe en boucle sur toutes les chaines, avec un spot aux images stromboscopiques qui envoûtent les gamins qui le regardent…
Dans un but de détruire le pays, Cochran a placé des puces électroniques qui explosent dans chacun des masques !
Pris au piège, Dan Challis et Ellie Grimbridge parviennent à s’échapper de l’usine ; ils comprennent le stratagème de Cochran !
Linda Challis, la femme de Dan, est appelée en urgence par son mari, il la supplie de faire éteindre le poste de télévision et d’empêcher ses enfants de regarder le spot TV !
Sera-t-il trop tard ?
Dan et Ellie parviendront-ils à enrayer la mort programmée des enfants portant un masque d’Halloween, voulue par Cochran ?
Mon avis :
Troisième segment de la saga culte initiée par John Carpenter en 1978, ce « Halloween 3 » est le plus original et finalement le plus intéressant de tous ; ici exit le personnage de Michael Myers, l’intrigue se concentre sur un fabricant de masques d’Halloween qui a des desseins funestes, on n’est plus du tout dans le genre du slasher mais plutôt dans de la science-fiction, et ça fonctionne !
Dès le début du film, le spectateur est pris dans l’intrigue et ne décolle plus la rétine jusqu’au final ; Tom Atkins porte le film sur ses épaules et la jolie Stacey Nelkin va le guider pour comprendre la mort de son père et aussi trouver les coupables ; la mise en scène de Tommy Lee Wallace est très habile et on est fascinés par l’atmosphère qui règne pendant tout le visionnage, les moyens pour rendre crédible l’histoire sont colossaux et l’ensemble, tout en restant horrifique, utilise les effets gore avec une grande parcimonie…
La musique est, comme dans tous les « Halloween », hyper efficace et on ne voit pas le temps défiler ; les décors sont somptueux (l’usine de fabrication des masques, le motel, l’hôpital) et cette ambiance mortifère amplifie la sensation de piège, piège par le biais des écrans avec ce spot télévisuel à la musique entêtante (il n’est pas exclu d’avoir cette musique dans le crâne plusieurs jours après le visionnage du film)…
Lee Wallace et Carpenter ont pris un énorme risque avec ce « Halloween 3 » qui ne s’inscrit pas du tout dans la continuité des deux précédents, c’est un opus « à part » et indépendant par rapport aux autres mais tout à fait digne du plus grand intérêt et non négligeable dans la saga…
Les peurs enfantines sont déclinées de manière commune aux deux premiers films mais sont inconscientes chez les enfants puisqu’ils ne se doutent de rien et enfilent leurs masques devant leur télévision, n’imaginant pas la mort qui les attend ; la panique est plutôt pour les adultes qui ont compris ce qui allait se passer, à ce titre, les dernières minutes du film sont sidérantes et la course contre la montre engagée semble belle et bien sans issue !
L’éditeur « Le chat qui fume » a fourni un travail remarquable avec le blu ray du film, magnifique et au superbe packaging, c’est l’occasion pour découvrir ou redécouvrir ce joyau du film fantastique des années quatre-vingts avec jubilation et bonheur !
Même s’il n’y parait pas, « Halloween 3 » est une œuvre essentielle du cinéma fantastique de l’époque, on pense à des films comme « L’invasion des profanateurs de sépulture » ou à des vieux films des années cinquante axés sur la paranoïa…
Très bien mis en scène, « Halloween 3 »se doit d’être réhabilité et trouvera facilement sa place dans la bluray-thèque de tout cinéphile, une fois vu on ne peut plus se l’enlever de la mémoire…
Une référence du genre !
Note : 9/10










Les affranchis de Martin Scorsese, 1990


LES AFFRANCHIS
de Martin Scorsese
1990
Etats-Unis
avec Robert de Niro, Ray Liotta, Joe Pesci, Lorraine Bracco, Paul Sorvino, Samuel L. Jackson
Film de gangsters
146 minutes
aka Goodfellas
Budget estimé à 25 000 000 dollars
Recettes au box-office aux Etats-Unis : 46 836 214 dollars
Synopsis :
New York, Brooklyn, entre 1950 et les années 1970/1980…
Henry Hill, un jeune garçon d’un quartier pauvre de Brooklyn, né d’un père irlandais et d’une mère sicilienne, est fasciné par les trafics qu’il voit autour de lui, un jour, il décide de passer de l’autre côté de la barrière et devient à son tour un gangster…
Henry commence par le trafic de cigarettes, il s’enrichit, son père lui met une rouste suite à ses absences répétées à l’école ; les malfrats du quartier interdisent au facteur de donner les courriers venant de l’école à la famille de Henry ; Henry se fait coincer par la police mais le jour de son procès, le juge véreux qui avait reçu un pot de vin des gangsters acquitte Henry…
Paul Cicero dit Paulie contrôle quasiment tous les trafics et, très vite, Henry se fait une place parmi les nombreux caïds, ceux-ci sont Jimmy Conway (aussi d’origine irlandaise comme Henry) et Tommy DeVito, un gangster de petite taille hyper violent…
Une jeune femme, Karen, rencontre Henry Hill et en devient amoureuse…
Les « coups » des gangsters sont de plus en plus énormes, avec le casse d’Air France où Henry et Jimmy détournent la paye de salariés en achetant un membre de la sécurité de l’aéroport !
Des anciens trafiquants se moquent de Tommy, ils vont le payer très cher et seront tués sur le champ dans des éclairs d’ultra violence incroyables !
Lorsque Henry trompe Karen avec une autre femme, Janice Rossi, leur couple commence à péricliter ; puis Henry s’accroche à la cocaïne et aux amphétamines, il fait des crises de paranoïa…
Lors d’un autre casse, celui de la Lufthansa, une autre compagnie aérienne, Jimmy et Henry ne savent pas qu’ils ont molesté un homme dont la sœur est secrétaire au FBI, tous les gangsters sont arrêtés et payent très cher leurs affronts à la justice !
Tommy est pris dans une spirale infernale de vengeance, Jimmy surveille tout ce qui se passe autour de lui et devient très méfiant…
Jusqu’au jour où Henry se fait prendre par le FBI alors qu’il sortait de chez lui…
Lors d’un procès retentissant, Henry « balance » tous les gangsters qu’il connaissait !
Mon avis :
“Les affranchis” est, avec « Taxi driver », le meilleur film de Martin Scorsese et c’est l’un des plus grands films de gangsters jamais porté à l’écran, ce film est unique en son genre, servi par des acteurs incroyables !
On assiste pendant plus de deux heures à l’histoire, au quotidien de gangsters américains sur une période qui s’étale sur une trentaine d’années, « Les affranchis » est un film fleuve ; la dynamique de filmage utilisée par Scorsese est empruntée à la nouvelle vague avec une voix off et des arrêts d’image (comme dans « Jules et Jim » de François Truffaut, Scorsese reconnaît volontiers l’emprunt de cette idée pour son film)…
Le film défile à une vitesse infernale, le spectateur n’a pas le temps de reprendre son souffle ;  des fulgurances ultra-violentes (notamment dans les séquences avec Joe Pesci quand il pète un câble) ponctuent le film bardé d’un humour aigre doux (le chevreuil, la scène de la cafetière avec Samuel L. Jackson, le barman « où va le monde ? »), les répliques qui tuent sont légion dans « Les affranchis » et parfois le film effraie ; il effraie autant qu’il fascine !
La bande sonore est sublime et chaque partition musicale colle à fond avec la scène qui va avec ; la dernière demie heure, tout part en live total, avec coke à fond les gamelles, paranoïa, Ray Liotta a des cernes de fou et la mise en scène est ultra nerveuse, frénétique !
« Les affranchis » est un vrai régal de cinéma, une œuvre intemporelle et inclassable de par sa qualité, tout est impeccable, on ressent la même chose que ce que ressentent les acteurs, c’est du cinéma en « direct live » que l’on peut voir et revoir sans jamais se lasser !
Scorsese a frappé vraiment très fort et le film devint instantanément culte, au même titre que « Scarface » de Brian de Palma ou la trilogie du « Parrain » de Francis Ford Coppola, c’est là qu’on voit la qualité dont font preuve les réalisateurs américains sur les polars ou les films de gangsters, ils sont imbattables, le résultat est sensationnel en tous points !
« Les affranchis » est un chef d’œuvre étonnant et détonnant à plus d’un titre qui s’accorde avec ses prédécesseurs sur la violence mais en la dotant d’une finesse de traitement qui fait tout passer, c’est un film d’une intelligence rare, qui bluffera nombre de cinéphiles !
Si on devait garder dix films sur la mafia ou sur la vie des criminels toutes nationalités   confondues, « Les affranchis » figurerait sur la liste…
Une bombe qui n’a pas vieilli, la tonicité, la rage (n’ayons pas peur des mots !) inhérentes aux « Affranchis » sont restées intactes et le film produit inexorablement le même effet à chaque visionnage : un plaisir total !
Un film IMMORTEL…
Note : 10/10