lundi 10 octobre 2016

Tonnerre de feu de John Badham, 1983

TONNERRE DE FEU
de John Badham
1983
Etats-Unis
Avec Roy Scheider, Candy Clark, Warren Oates, Malcolm Mac Dowell, Daniel Stern
Thriller d’anticipation/film d’action
aka Blue Thunder
scénario de, entre autres, Dan O’Bannon
109 minutes
Synopsis :
Etats unis, début des années quatre-vingts…
Frank Murphy, un ancien soldat du Vietnam traumatisé par tout ce qu’il a vu, est rattaché comme pilote d’hélicoptère à une unité aérienne de la police locale, sa mission est de traquer les malfaiteurs et de les prendre en flagrant délit ; il est secondé par un jeune inexpérimenté…
Les deux hommes sont des témoins frontaux de l’agression d’une femme politicienne très influente, celle-ci décède suite à ses blessures…
Jack Braddock, le chef de Murphy, met ce dernier à pied, puis finalement le réintègre pour piloter un prototype, un hélicoptère dernier cri qui doit assurer la sécurité de la population pour les jeux olympiques qui auront lieu sous peu…
Cochrane, un rival de Murphy, cherche à le faire décéder lors d’une virée aérienne où il sabote son hélicoptère, Murphy s’en sort in extremis…
Lorsque Murphy intercepte une conversation entre des malfrats et Cochrane qui les mettent en cause dans la mort de la femme politique, il comprend la malveillance et la dangerosité de Cochrane…
Le jeune bras droit de Murphy est tué mais il a eu le temps de cacher la bande sonore compromettante…
Kate, la petite amie de Murphy, est chargée de transmettre cette cassette vidéo aux médias, faisant ainsi tomber Cochrane et les autres pourris…
Une course contre la montre est alors amorcée et Cochrane n’a plus qu’un leitmotiv : tuer Murphy !
Les deux hommes s’affrontent dans les airs et mettent un bazar pas possible dans la métropole, Kate arrive dans les locaux de la chaine télévisée avec la fameuse cassette…
Mon avis :
Outre un scénario très riche (le génial Dan O’Bannon est derrière les commandes) et des péripéties haletantes, « Tonnerre de feu » n’est pas seulement qu’un excellent film d’action mais aussi une approche visionnaire de la « sur-sécurité » embryon de la « télésurveillance » que l’on connaît de nos jours, ce n’est pas pour rien si l’un des logiciels s’appelle « Big brother », John Badham se sert de la technologie militaire pour dénoncer des pratiques à la limite de la violation de l’intimité et, très habilement, en fait le levier de son intrigue policière…
Très spectaculaire, le film met en exergue les moyens colossaux déployés par la police américaine mais cette fois sans patriotisme, ce qui en fait sa force et son charme ; Badham s’attache à ses personnages, notamment Murphy, victime d’un trauma pendant la guerre du Vietnam, et souffrant d’une névrose (il a la manie de faire tourner le chronomètre de sa montre), Warren Oates (dont ce fut le dernier rôle au cinéma) est impérial en chef bourru et les répliques cultissimes fusent dans des dialogues ciselés à la virgule près…
« Tonnerre de feu » est une incontestable réussite et est un métrage très intelligent où chaque séquence a sa place dans l’intrigue, Badham est un très grand metteur en scène et ponctue son film de séquences comiques pour désamorcer le côté anxiogène de certains moments (ah les passages libidineux lorsque Murphy « mate » les nanas nues dans les immeubles en pleine nuit – ça reste sage malgré tout, pas de plans graveleux !-)…
Malcolm « Clockwork orange » Mac Dowell a exactement la tête de l’emploi pour incarner un fumier de la pire espèce et le tournage fut périlleux pour l’acteur qui faillit mourir dans un accident d’hélico…
Candy Clark apporte de la féminité, elle est la « bonne étoile » de Murphy et va l’aider dans ses pérégrinations afin de faire éclater la vérité au grand jour, le suspense est à son comble dans les dix dernières minutes !
Le film a du coûter un maximum d’argent car les scènes de dévastations lors du duel Murphy/Cochrane sont tournées en « live », le numérique n’existait pas à l’époque donc ça barde sec et c’est très impressionnant à voir, le spectateur s’en prend plein les mirettes !
Visionnaire et très dépaysant, « Tonnerre de feu » est un régal, tous les ingrédients pour contenter le cinéphile sont présents : jeu d’acteurs impeccable, rythme soutenu, humour, répliques qui font mouche et action ininterrompue…
Avec le temps, « Tonnerre de feu » est même devenu un film culte, ce qui est légitime…
Bien ancré dans le panorama des thrillers-actioners d’outre Atlantique des années 80, « Tonnerre de feu » se revoit facilement 33 ans après et n’a rien perdu de sa force…
Magique et dégageant un charme absolu, un must have…

Note : 9.5/10





dimanche 9 octobre 2016

La fiancée de Frankenstein de James Whale, 1935

LA FIANCEE DE FRANKENSTEIN
de James Whale
1935
Etats Unis
avec Boris Karloff, Elsa Lanchester, Colin Clive, Ernest Thesiger, Valérie Hobson, Una  O’Connor
Fantastique de haut niveau
71 minutes
aka Bride of Frankenstein
Synopsis :
Lord Byron est en compagnie d’un ami à lui, Percy Shelley, et de sa femme Mary, il y a un terrible orage dehors ; Mary est écrivaine, elle décide de conter à ses hôtes la suite de l’histoire de Frankenstein et de la créature qu’il a créée…
Le film démarre là où s’était arrêté le précédent opus, le monstre semble avoir été tué par les villageois mais, enfoui dans les sous- sols des décombres, il s’en sort…
Victor Frankenstein, son créateur, doit épouser la belle Elizabeth, sa promise, mais un mystérieux médecin, le docteur Septimus Pretorius, vient l’alerter un soir que la créature est revenue !
Le monstre trouve refuge chez un homme aveugle qui lui donne l’hospitalité, il est pourchassé par la police et des villageois vindicatifs qui veulent le tuer…
Pretorius veut convaincre Victor de créer une « compagne » au monstre ; pour se faire il fait enlever Elizabeth, contraignant Victor Frankenstein à le seconder pour la création de la « fiancée » du monstre…
Celle-ci « vient au monde », lorsqu’elle voit le monstre de Frankenstein elle pousse un hurlement, apeurée !
Elizabeth restera t-elle en vie et retrouvera t-elle Victor ? Pretorius accomplira t-il son souhait ?
Il semble que la créature ait retrouvé un semblant d’humanisme durant ses péripéties, deviendrait-elle « humaine » ?
Mon avis :
Deuxième film de « Frankenstein » sous la bannière « Universal classic monsters », « La fiancée de Frankenstein » est considéré comme le plus grand film fantastique d’avant-guerre de tous les temps, on peut même le placer au même rang que des films comme « Citizen Kane » tant James Whale parvient à atteindre un niveau au sommet du septième art qui restera indélébile pendant des décennies ; on est un quart de siècle avant le déferlement des films de la Hammer, et Whale donne une approche inédite et avant-gardiste au mythe de la créature de Frankenstein qu’aucun autre metteur en scène n’a pu atteindre, même encore de nos jours…
James Whale donne un visage au monstre qui le rend humain, un peu comme Tod Browning avait fait pour « Freaks, la monstrueuse parade », il invente une facette du personnage de Frankenstein qui en fait une icône et l’idée d’y rajouter une « compagne », un élément féminin tient du miracle…
Graphiquement, le film est magnifique et incroyable de picturalité (les ombres des villageois dans le ciel ténébreux, le château figé avec son sommet qui culmine, les décors, les paysages, le début hallucinant avec les sous-sols), la séquence avec l’homme aveugle est splendide et l’affect qui y est transmis nous provoque des larmes, tout comme la créature, Karloff est bouleversant, on se pince pour se demander si on ne rêve pas !
Extrêmement moderne dans sa conception et dans le déroulement des plans, « La fiancée de Frankenstein » amène une nouvelle dimension, une nouvelle approche au film fantastique dotant son bestiaire de monstres d’un relief si important qu’il semble sortir d’un onirisme incroyable, très peu de réalisateurs peuvent arriver à un niveau si élevé, la grâce et l’illumination que l’on éprouve lors du visionnage de « La fiancée de Frankenstein » en deviennent presqu’irréelles…
Témoignage et reflet de tout un pan du cinéma fantastique, « La fiancée de Frankenstein » explose les barrières du cinéma conventionnel pour s’ériger comme un chef d’œuvre absolu tous genres réunis, l’aura dégagée par ce film sidère autant qu’il impressionne et le plaisir que l’on éprouve en le regardant est orgasmique, nous sommes transportés en état d’apesanteur pendant une heure et quart et tous les ingrédients sont réunis, que ce soit l’émotion, l’effroi, la fascination ou l’illusion, ce film est MAGIQUE, tout simplement…
Accessible à tous les publics et véritable leçon de cinéma, « La fiancée de Frankenstein » est un monument du septième art qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie, peu d’autres œuvres ont pu atteindre le summum et la quintessence comme celui-ci…
Indélébile, immortel et intemporel…

Note : 10/10





samedi 8 octobre 2016

Recherche Susan désespérément de Susan Seidelman, 1985

RECHERCHE SUSAN DESESPEREMENT
de Susan Seidelman
1985
Etats-Unis
avec Rosanna Arquette, Madonna, Aidan Quinn, Mark Blum, Robert Joy, Laurie Metcalf, John Turturro
Comédie de mœurs
99 minutes
aka Desperately seeking Susan
Budget : 4 500 000 dollars
Recettes au box- office : 27 400 000 dollars
Nominé aux césars pour le meilleur film étranger
Synopsis :
Etats unis, New Jersey, milieu des années quatre-vingts…
Roberta Glass est une jeune femme issue d’une classe très aisée, son mari Gary est industriel dans les jacuzzis et les baignoires, il gagne énormément d’argent, mais le hic c’est que Roberta s’ennuie mortellement, sa vie et sa condition ne lui conviennent pas, elle est inhibée et malheureuse…
Pour passer le temps, elle lit les petites annonces dans un salon de coiffure et se passionne pour un encart bizarre qui écrit « Recherche Susan désespérément » fixant des rendez-vous de rencontre entre un homme et une femme…
Un jour, Roberta décide d’aller à l’endroit indiqué par l’annonce, elle rencontre pour la première fois les protagonistes : Susan et Dez, son petit copain…
Par un quiproquo, Roberta suit Susan dans un magasin de vêtements et de fil en aiguille elle rachète le blouson de Susan laissé en caution…
Peu après, Roberta fait une chute, se cogne contre un lampadaire et devient amnésique !
Elle est prise pour Susan et s’embarque dans une série d’événements rocambolesques, tous plus saugrenus les uns que les autres !
Gary part à sa recherche…
Mon avis :
Vigoureux et très dynamique, « Recherche Susan désespérément » est l’exemple typique de la comédie américaine réussie des années quatre-vingts, mais, de surcroit, ce film se dote d’une histoire très originale partant d’un support pour le moins marginal : une petite annonce dans un journal !
C’est le point de départ de tout le scénario et à aucun moment on ne s’ennuie, Seidelman donne un charme fou à tous ses personnages et le spectateur est embarqué dans un tourbillon de situations amusantes, le tout sans violence ni vulgarité…
On se plonge dans l’underground des boites de nuits branchées avec une Madonna électrisante et sure d’elle (c’est son premier rôle au cinéma, elle s’en sort parfaitement), Rosanna Arquette a une composition plus difficile à jouer et elle arrive à donner de la crédibilité au personnage de Roberta, sans paraître nunuche ou ridicule…
« Recherche Susan désespérément » est un métrage vintage mais son aspect tonique permet de garder l’aura qu’il dégage et donc la qualité avec laquelle le film est perçu lui donne un intérêt, Seidelman usant de techniques très bien rodées…
Le titre « Into the groove » renforce avec brio le côté hypnotique du film et le plaisir de cette plongée dans le microcosme des fêtards new- yorkais apporte une jubilation au spectateur, avec l’imagerie décalée et le personnage de Gary, qui semble évoluer comme un chien dans un jeu de quilles, pour qu’au final, il comprenne la déception de sa femme et l’envie qu’elle avait de trouver plus de « pep’s », plus de folie dans son couple, chose que Gary, égoïste, ne pouvait lui apporter…
Il s’agit donc également d’une chronique de mœurs en plus qu’une comédie et Seidelman fait preuve d’intelligence en développant des thématiques comme la frustration ou la quête d’un amour revigorant mais dans une ambiance satirique et jamais prétentieuse…
On peut même dire que « Recherche Susan désespérément » est une petite révolution pour la comédie américaine, son style est unique et l’histoire c’est du jamais vu, Seidelman a vraiment fait preuve d’une originalité énorme et sa direction d’acteurs a suivi derrière, tous les comédiens étant impliqués et croyant à fond dans l’ensemble…
C’est cette cohésion et cette synergie qui fait la réussite incontestable de « Recherche Susan désespérément » un vrai plaisir cinématographique doublé d’une galerie de personnages touchants et très en vogue dans les années quatre-vingts, période d’insouciance et d’opulence…
Empreinte d’un féminisme appuyé mais pas sectaire, cette comédie romantique a plus d’un atout pour séduire les cinéphiles de tous horizons…
Un petit bijou à la gloire de Madonna, qui allait exploser pour devenir la star planétaire que l’on sait, « Recherche Susan désespérément » se suit avec délectation et il est évident qu’il marqua d’une pierre blanche le milieu des années quatre-vingts, à la fois par sa prestance et son charisme…

Note : 8/10





dimanche 2 octobre 2016

TOP GUN de Tony Scott, 1986

TOP GUN
de Tony Scott
1986
avec Tom Cruise, Val Kilmer, Kelly Mac Gillis, Meg Ryan, Michael Ironside, Tom Skeritt, Anthony Edwards
Aventures/action
105 minutes
Musique de Harold Faltermeyer et Giorgio Moroder
Distribué par Paramount pictures
Budget : 15 000 000 dollars
Box-office mondial : un peu moins de 345 000 000 dollars
Synopsis :
Etats-Unis, une base militaire de la U.S. Navy, 1986…
Pete Mitchell dit Maverick est un aviateur casse-cou et tête brulée ; lors d’un vol à haut risque, il fait preuve d’héroïsme lorsque Cougar, un autre pilote, fait un malaise en cabine et manque de se crasher, Maverick parvient à le guider jusqu’à ce que son chasseur se pose sur le porte-avions…
Impressionné par les capacités de Maverick, Viper, le commandant des recrues, le fait intégrer dans le « Top gun », l’unité d’élite des pilotes de l’air…
Maverick remarque Charlie Blackwood, une très belle jeune femme, qu’il drague avec fougue et insistance lors d’une soirée arrosée…
Iceman et Goose, deux solides gaillards, seront les coéquipiers de Maverick lors des essais aériens issus du « Top gun » ; pendant ce temps, Charlie cède aux avances de Maverick, ils vivent un amour tumultueux mais Charlie insiste bien pour qu’il soit discret, elle est formatrice au Top gun et personne ne doit savoir la vérité…
L’histoire va basculer dramatiquement lorsque Goose se tue lors d’un raid, Maverick est finalement mis hors de cause mais Carole, l’épouse de Goose, est inconsolable…
Le film met en parallèle de superbes séquences aériennes et le quotidien de ces jeunes gens, qui constituent l’élite de l’armée de l’air…
Mon avis :
Immense succès, “Top gun” fut un film au tournage chaotique, Tony Scott fut viré puis repris trois fois de suite par les producteurs, Tom Cruise exigea d’être payé une fortune (un million de dollars), il n’y eut aucun script durant les trois premières semaines mais au final, le film est une réussite incontestable…
Alternant de magnifiques séquences d’aviations avec une histoire d’amour un peu fade et manquant de consistance (on ne comprend pas bien la relation entre Mac Gillis et Cruise, ambiguë et manquant de franchise), « Top gun » se situe plus dans la catégorie du clip vidéo que du long-métrage, Tony Scott, dont c’est le deuxième film après « Les prédateurs », privilégie surtout l’aspect visuel que son scénario, plutôt simpliste voire brouillon…
Seule la mort du coéquipier Goose permet d’injecter une dose dramatique au film et, de surcroit, le relance…
On est surtout scotchés par les plans aériens, rondement mis en scène et très efficaces, que par l’histoire sur terre elle-même, la sémantique technique n’arrangeant rien et étant opaque, l’hermétisme de certains dialogues rend « Top gun » prétentieux, le côté tape à l’œil et « m’as-tu vu » donne des limites aussi à la perception pour le spectateur lambda…
Tony Scott y va à fond dans la forme mais oublie le fond, pourtant primordial pour la compréhension d’une œuvre cinématographique, il concentre son énergie pour rendre son film plaisant par tous les moyens, mais parfois cette redondance dans les effets finit par rendre saoulant le film…
Ces quelques réserves n’empêchent nullement le plaisir d’être au rendez-vous et on passe un moment vintage hyper ancré dans les années quatre-vingts, assez bien calibré pour l’époque et qui laisse des empreintes dans la tête (comme pour « Le flic de Beverly Hills » ou « Retour vers le futur », « Top gun » fait partie de la même « race » de ces actioners blockbusters venus d’outre-Atlantique et dont le public était friand à cette époque)…
La bande originale fit un carton planétaire (remember le Top 50 qui nous abreuvait des clips de Berlin ou de Kenny Loggins) et les producteurs très malins ont eu la double idée de les promotionner l’un pour la chanson, l’autre pour le film, ces derniers étant interchangeables et se faisant une promotion monstre dans les médias ! (le film a couté 15 millions de dollars pour rapporter trente fois plus !)…
Bonne opération marketing et révélation au grand public pour Tom Cruise (il avait juste 24 ans), « Top gun » est l’exemple typique du film d’action dramatique et intelligent qui circulait dans le folklore des eighties, il en est l’archétype et personne n’a oublié ce film dans ceux qui l’ont vu à l’époque…
Tony Scott a au moins le mérite de donner une heure quarante de pur bonheur, « Top gun » est un film jubilatoire, dès le début qui démarre sur les chapeaux de roue, on comprend qu’on va s’en prendre plein la vue et plein les oreilles via une bande son tonitruante et un postulat implacable…
Très touchant émotionnellement, « Top gun », malgré quelques imperfections (mais existe-t-elle la perfection au cinéma ?) se laisse visionner facilement et est adapté à tous les publics…
Il faut le voir pour comprendre comment fonctionnait le cinéma populaire dans les années quatre-vingts…
Magistralement réalisé, « Top gun » est un pur plaisir qui redonne vigueur à un genre délaissé à Hollywood ; une suite serait en préparation pour 2018, on croise les doigts…
Trente années plus tard, « Top gun » a gardé toute sa fougue et sa sincérité, le revoir régulièrement fait l’effet d’un pèlerinage, le film accédant au rang de culte…

Note : 9/10






samedi 1 octobre 2016

Les raisins de la mort de Jean Rollin, 1978

LES RAISINS DE LA MORT
de Jean Rollin
1978
France
Avec Jean-Pierre Bouyxou, Jean Rollin, Brigitte Lahaie, Marie-Georges Pascal, Serge Marquand, Félix Marten
Fantastique
90 minutes
DVD édité chez LCJ
Blu ray édité chez Redemption vidéo
Titre américain : Grapes of death
Synopsis :
Dans les Cévennes, années soixante-dix…
Elisabeth et Brigitte, son amie, sont dans un train ; Elisabeth doit rejoindre son petit ami qui est viticulteur, il s’appelle Michel ; alors que le train s’arrête, un mystérieux individu s’introduit dans la rame et agresse puis tue Brigitte, Elisabeth a le temps in extremis de fuir…
La jeune femme est paniquée et après avoir couru pendant des heures, elle arrive chez Lucien, un vieil homme qui vit avec sa fille Antoinette, il semble que les habitants de cette région aient été contaminés par un pesticide radioactif transmis dans les vignes alentour…
Echappant une nouvelle fois à la mort, Elisabeth rencontre  Lucie, une jeune fille aveugle, elle recherche Lucas, son mari…
Petit à petit, les villageois zombifiés et avides de meurtres, envahissent le patelin !
Seuls Paul et Pierre, deux hommes non contaminés car ils n’ont pas consommé de vin, viendront à bout des zombies, à renfort de coups de chevrotine et de dynamite !
Ayant mis à l’abri Elisabeth, Paul et Pierre pensent être tirés d’affaire, c’est alors qu’Elisabeth retrouve Michel, il semble être contaminé, lui aussi !
Mon avis :
« Les raisins de la mort » est un film très important dans la carrière et la filmographie de Jean Rollin pour trois raisons, tout d’abord, c’est le premier film du Maitre qui obtient une production digne de ce nom car il est financé par un homme d’affaires (Claude Guedj) qui a mis des moyens financiers très conséquents pour le tournage, secundo, « Les raisins de la mort » inaugure le gore chez Rollin dans des séquences vraiment sanguinolentes, chose jamais vue dans ses précédents films et enfin, tertio, c’est le tout premier film de zombies référencé en France !
Rollin ne s’en cache pas, il voulait surfer sur la vague des « zombies movies » comme « Dawn of the dead » de Romero et même sur les films de morts vivants ibériques légendaires d’Amando de Ossorio, par conséquent, le résultat est spectaculaire et ouvre un pan nouveau dans la longue carrière de Rollin, déjà bien entamée et surtout axée sur le vampirisme…
Rollin n’occulte pas, cependant, ce qui fait sa marque de fabrique, il CULTIVE TOUJOURS LA POESIE DE L’ERRANCE avec des plans séquences magnifiques qui témoignent d’un onirisme et d’un charme capiteux dont lui seul a le secret, le résultat est unique et Rollin, même en changeant la trame de ses histoires, parvient à faire du Rollin quoiqu’il advienne !
Au niveau interprétation, un soin plus affirmé qu’à l’accoutumée est flagrant dans la direction des acteurs, Rollin s’est beaucoup plus appliqué et nous gratifie même de séquences parlées par une seule personne en plan fixe, on sent qu’il n’a pas bâclé son film, contrairement à d’autres de ses œuvres à la qualité moindre qu’ici…
On peut même dire que « Les raisins de la mort » est son meilleur film avec « La nuit des traquées » tourné un an auparavant…
On a le plaisir érotomane de retrouver la belle Brigitte Lahaie, qui, bien sûr, n’hésitera pas à dénuder sa belle poitrine, sa présence étincelante donne une bonification au métrage constitué de comédiens tous inconnus…
Toujours quand même assez pervers (le passage avec le vieux Lucien qui arrache le chemisier de sa fille et lui plante une fourche dans le thorax, -fallait oser, Rollin  y a mis les coudées franches !-) et avec des maquillages ultra dégueux (un mélange de sauce tomate, de jaune d’œuf et de crème anglaise séchée pour mettre en exergue les plaies des irradiés), « Les raisins de la mort » est réellement extrême dans sa conception et dans l’atmosphère qu’il déploie et ici Rollin n’opte pas pour un happy end mais pour un final créant le malaise…
Il prouve une nouvelle fois qu’il sait se distinguer des autres réalisateurs de bis et forge son idée du cinéma de manière magistrale, loin des stéréotypes…
Les fans de « Zombie » ou de « La nuit des morts vivants » seront comblés par « Les raisins de la mort » qui en est une déclinaison européenne, avec des paysages et des vieilles pierres très bien mis en valeur…
Plus tonifié que dans les précédents films de Rollin, « Les raisins de la mort » garde un rythme soutenu du début à la fin…
Un régal…

Note : 9/10





dimanche 25 septembre 2016

Le redoutable homme des neiges de Val Guest, 1957

LE REDOUTABLE HOMME DES NEIGES
de Val Guest
1957
avec Peter Cushing, Forrest Tucker, Maureen Connell, Richard Wattis, Wolfe Morris
86 minutes
Film d’aventures fantastiques
aka The abominable Snow man
Scénario de Nigel Kneale
Produit par la Hammer films
Produit par, entre autres, Michael Carreras (réalisateur du « Peuple des abîmes »)
DVD édité chez Seven sept
Synopsis :
Un petit village du Tibet, au milieu des années cinquante…
Le docteur Rollason, un botaniste anglais et sa femme, Helen, doivent étudier des plantes sur les montagnes de l’Himalaya…
Tom Friend, un autre docteur, débarque dans le temple tenu par le Lahma, il est accompagné de deux de ses hommes, Peter Fox et Ed Shelley, ils prévoient une expédition naturaliste pour étudier le comportement du Yéti, une créature vivant dans les sommets de cette montagne…
Friend prétend dur comme fer à Rollason qu’il veut juste analyser les conditions de vie de cet « homme des neiges », il convainc Rollason qui accepte de l’accompagner dans son expédition, Helen restera, elle, au temple et ne viendra pas avec son mari, le périple étant trop dangereux…
Les quatre hommes sont aidés par Kusang, le sherpa, ils essuient des tirs mais parviennent à regagner un refuge afin d’y passer la nuit…
Lorsque Rollason comprend que Friend souhaite, en fait, éliminer le Yéti à des fins commerciales, une violente bagarre éclate entre eux…
Le froid, la nuit et le manque d’oxygène vont provoquer des délires sur les moins résistants des montagnards alors que le Yéti pointera le bout de sa patte…
L’expédition va vivre des situations périlleuses et la météo devient très difficile, dans des conditions dantesques un combat pour la survie va s’engager…
Mon avis :
Il est arrivé à la Hammer films de produire des films en dehors des codes qui firent son succès et sa marque de fabrique, ce « Redoutable homme des neiges » déroge donc à la règle tracée par la Hammer et n’est pas un film de vampires ni un film de Frankenstein mais un métrage sur le Yéti, réalisé brillamment par Val Guest, déjà responsable des « Quatermass » excellente trilogie de science-fiction, il s’est donc appliqué et la présence du légendaire Peter Cushing est une plus-value pour ce film, très facile à suivre et fascinant…
Très bavard, « Le redoutable homme des neiges » bénéficie de paysages somptueux avec des vues de montagnes et de cimes enneigées très jolies et parfois les scènes nocturnes magnifient encore plus les décors, malgré la scène de la tempête où l’on voit bien qu’il s’agit de polystyrène et non de neige qui tombe…
Il faut tout de même attendre quarante-huit minutes avant de découvrir le Yéti, le temps de faire l’exposition de l’intrigue et la présentation des personnages et des traits de leurs caractères, passée cette attente, le film d’aventures initial dévie vers le film fantastique et l’effroi provoqué est indissociable du danger rencontré par Cushing et ses acolytes, le tout dans un environnement hostile…
Dès que le film débute, on est directement pris dedans et on ne décolle plus de son fauteuil jusqu’à la fin, tant il est passionnant…
Le charisme de Peter Cushing, le charme de Maureen Connell et les trognes de Richard Wattis et Forrest Tucker permettent de crédibiliser le « Redoutable homme des neiges » au scénario très méthodique et empli d’une aura rayonnante…
Bref, on se régale totalement, nous bien au chaud, les acteurs dans la neige et dans le froid, il faut s’installer sur son canapé, une boisson et un paquet de cigarettes sous la main et il ne reste plus qu’à savourer ce Hammer et ce plaisir visuel séduira aussi bien les cinéphiles aguerris que l’ensemble du public (aucune violence n’est à comptabiliser, le film est accessible et visible par tout le monde)…
Encore une fois le DVD de Seven sept de la collection « Trésors de la Hammer » est excellent au niveau qualité d’image et la jaquette est très belle, un incontournable donc…
A voir avec la plus grande jubilation, « Le redoutable homme des neiges » est un must have !

Note : 9/10





samedi 24 septembre 2016

Inspecteur la bavure de Claude Zidi, 1980

INSPECTEUR LA BAVURE
de Claude Zidi
1980
Avec Coluche, Gérard Depardieu, Dominique Lavanant, Dany Saval, Richard Anconina, Julien Giomar, Hubert Deschamps, Gérard Holtz, Richard Bohringer, Féodor Atkine, Marthe Villalonga, Philippe Khorsand, Martin Lamotte
Comédie policière satirique
97 minutes
Musique de Vladimir Cosma
Synopsis :
Paris, septembre 1980…
Fils d’un illustre inspecteur de police mort pendant un assaut chez un forcené, Michel Clément avait juré à son père qu’il ferait le même métier que lui ; une vingtaine d’années plus tard, il est admis de justesse et entre à la PJ de la capitale…
Roger Morzini, un dangereux malfaiteur, est considéré comme l’ennemi public numéro un, toutes les polices de France sont à ses trousses…
Faisant bananer de multiples opérations, Clément accumule les bourdes alors que Marie-Anne Prossant, une journaliste arriviste, est la témoin d’un tabassage sur Clément suite à un quiproquo…
Vermillot, le commissaire divisionnaire, se sert de Clément pour appréhender Morzini après que la journaliste ait défié ce dernier à la télévision…
Clément est chargé d’assurer la protection de Marie-Anne afin que les policiers remontent jusqu’à Morzini et l’arrêtent…
Hélas, la naïveté de Clément va faire capoter leur plan et rien ne va se passer comme prévu !
Mon avis :
Mené tambour battant, « Inspecteur la bavure » fait partie des bonnes grosses comédies françaises où des acteurs comiques comme Coluche excellaient et rapportaient un maximum d’argent à ceux qui les produisaient…
C’est vraiment du cinéma populaire et distrayant où le spectateur ne s’ennuie pas et Zidi est un honnête artisan qui a parfaitement compris la démarche à accomplir et la respecte à la lettre…
Le potentiel comique de Coluche est parfaitement exploité dans ce personnage très bande dessinée, un peu un Gaston Lagaffe à la PJ, certaines séquences sont à mourir de rire (la reconstitution avec le violeur, l’interrogatoire et « Presse purée », la poupée qui se dégonfle dans la voiture…), on a même droit à un carambolage de voitures de police que n’aurait pas renié les Blues brothers (sorti la même année)…
Le personnage de Morzini fait directement référence à Mesrine et la filiation entre les deux personnages est flagrante et évidente, il y a quelques caméo comme Gérard Holtz dans son propre rôle ou Anconina que l’on retrouvera avec Coluche dans « Tchao Pantin » et la participation en figuration de Richard Bohringer, méconnaissable…
Le rôle joué par Dominique Lavanant apporte un peu de féminité et le final avec Coluche est crédible car c’est finalement lui le « héros » du film qui sauve sa « belle » des griffes du « méchant »…
Au scénario simple mais regorgeant de rebondissement satiriques, « Inspecteur la bavure » est un film ludique où tout cinéphile prendra un panard et une rigolade quasi permanente, grâce à un rythme alerte et un découpage des plans très tonique…
Claude Zidi est alors à son zénith et sait mettre en scène de façon particulièrement efficace ses saynètes sans bâcler son travail, il s’applique à donner un rendu qui fait mouche pour provoquer les zygomatiques du spectateur…
Ultra sympathique et avec un Coluche survolté, « Inspecteur la bavure » est une immense réussite, un chef d’œuvre populaire qui rallie tous les publics et qui a su insuffler la dimension comique des années quatre-vingts avec une constance indéniable sans prendre une ride même trente années après…
On en redemande et en cas de coups de blues, « Inspecteur la bavure » est le  remède idéal, c’est un pur régal et le DVD qui est inclus dans le coffret « Coluche » avec la quasi- totalité de ses films est devenu très cher et collector, donc si vous êtes chanceux et que vous le possédez (comme moi), conservez-le précieusement !
A voir et revoir toujours avec le même plaisir…

Note : 8/10