dimanche 22 décembre 2019

La comtesse perverse de Jess Franco, 1974


LA COMTESSE PERVERSE
de Jess Franco
1974
France
avec Lina Romay, Alice Arno, Howard Vernon, Robert Woods, Tania Busselier, Pamela Stanford
73 minutes
Film érotique
DVD édité chez Artus films
Montage de Gérard Kikoïne
Synopsis :
Sur une ile privée en Espagne, au début des années soixante-dix…
Moira et Tom, un couple de jeunes gens, découvre une femme complètement nue allongée sur la plage qui juxtapose leur maison ; ils la rapatrient chez eux et celle-ci, revenant à ses esprits, leur explique qu’elle a vécu un vrai calvaire !
La comtesse Ivana Zaroff et son mari le comte Rabor Zaroff sont de dangereux châtelains qui s’adonnent à des « chasses » modernes ; en fait, Moira et Tom leur « fournissent » des jeunes femmes qui seront leurs futures victimes, ne se doutant de rien, ils invitent les jeunes femmes à un repas chez les Zaroff et ceux-ci se livrent à des jeux sexuels avant de torturer les belles !
Silvia Aguado, une amie de Tom, sera la victime idéale !
Tom l’invite d’abord à son domicile, puis ils partent, accompagnés par Moira, sur un bateau jusqu’à la demeure des Zaroff…
Silvia ne semble se douter de rien…
Le repas est composé d’une pièce de boucher, une énorme part de bifteck…
Une nuit, Silvia se réveille et se rend dans le salon…
Elle découvre, horrifiée, que la viande servie par les Zaroff est en fait humaine !
C’est alors qu’Ivana procède à une nouvelle chasse avec Silivia, elle lui donne quelques minutes d’avance et la pourchasse, armée d’un arc et de quelques flèches !
Mais, entretemps, Tom, pris de remords, va étrangler sa femme Moira et interféré les plans macabres de d’Ivana et Rabor ; Tom parvient à retrouver la trace de Silvia…
Hélas il est déjà trop tard !
Mon avis :
Catalogué à juste titre comme un film érotique voire clairement pornographique, « la comtesse perverse » est un des films les plus extrêmes de Jess Franco mais pourtant il est loin d’être inintéressant, surtout pour les techniques en « grand angle » qui subliment le film et pour le montage avec Gérard Kikoïne aux manettes, illustre réalisateur de films X, et aussi Lina Romay toute jeune et qui s’armait déjà d’un sex appeal de folie ; l’histoire en elle-même s’axe sur la légende des « Chasses du Comte Zaroff » mais le père Franco blinde comme un fou son film de scènes de copulation et on peut dire que ça barde de ce côté-là…
L’architecture de la demeure des Zaroff est baroque et délirante mais Franco soigne beaucoup son œuvre avec de superbes vues de falaises, de ciels ou de mer, ce qui renforce le côté esthétique du film, s’inspirant de peintures, tout comme les « trophées » de chasse accrochés aux murs du salon des Zaroff…
Lina Romay en Silivia prude incarne l’innocence qui sera vite souillée par la démence de Vernon et Alice Arno, quant à Robert Woods (autre acteur fétiche de Jess Franco, vu dans le sublime « Miroir obscène ») il reviendra à la raison mais il sera trop tard pour sauver Silvie des griffes d’Ivana !
Le côté « festin cannibale » sera repris trois ans plus tard par Joe d’Amato dans son « Emmanuelle et Françoise », en 1977, édité chez Le chat qui fume et qui est une autre sommité de cinéma déviant…
Avec « La comtesse perverse », on est en plein dans un délire sexuel et orgiaque avec des plans séquences explicites et une histoire assez classique, parfois plombée par des longueurs, mais si l’on s’arme de patience on ne regrettera pas d’aller jusqu’au final, quasi Rollinien avec la mer comme tombeau, qui donne une plus- value à l’aspect poétique du film…
Dans l’ensemble et grâce à toutes les qualités énumérées précédemment, « La comtesse perverse » s’inscrit bien dans la période prolixe et faste de Franco puisqu’il signait dix films par an entre 1973 et 1975, « La comtesse perverse » est donc doté d’un dynamisme et d’une acuité cinématographique propres au style de Franco et que ses fans apprécieront sans nul doute…
Il est évident que « La comtesse perverse » s’adresse à un public adulte et averti et que le propos du film risquera de rebuter les personnes les plus prudes, c’est un film extrême et libre, très osé et il faut être aguerri au genre pour le visionner…
Le DVD sorti chez Artus films est d’une grande qualité, l’image est nette et le bonus à la cinémathèque française est, par ailleurs, passionnant…
Dans la filmographie de Franco, « La comtesse perverse » s’impose comme un pilier et il est impératif pour tous les cinéphiles fans du Maitre de l’avoir visionné…
Un film à marquer d’une pierre blanche !
Note : 9/10








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