dimanche 22 septembre 2013

Lady Killer (série THRILLER produite par Brian Clemens), 1973


LADY KILLER

Série THRILLER

de Bill Hays

Grande Bretagne

Produit par Brian Clemens

avec Robert Powell, Barbara Feldon

1973

70 minutes

Synopsis :

Paul Tanner, un play boy fait la connaissance d'une superbe femme américaine, Jennifer, dans un luxueux hôtel britannique...

L'homme passe régulièrement et intempestivement des appels téléphoniques à un mystérieux interlocuteur...

Finalement Jennifer, tombant sous le charme de Paul, finit par l'épouser...

Ils vivent dans le manoir de Paul, situé en plein bord de mer, jouxtant une falaise...

Mais Paul cache un double jeu et mène une double vie !

Josie, une autre femme, est le vecteur d'une sombre et funeste machination dans lequel il se trouve impliqué !

Tout bascule !

Jennifer se retrouve dès lors en proie à un grand danger...

Parviendra t-elle à s'échapper de ce traquenard ?

Mon avis :

Initiée par Brian Clemens, le créateur de "Chapeau Melon et Bottes de cuir" et le réalisateur de "Capitaine Kronos contre les vampires", "Thriller" est une série mythique qui intrigua les téléspectateurs français de la défunte "Cinq" entre 1986 et 1987 et qui devint culte à vitesse grand V pour les fans friands de téléfilms d'angoisse voire à connotation fantastique...

"Lady Killer" est le tout premier segment de la série et élabore les bases d'un style certes "so british" mais qui parvient à tenir en haleine malgré une trame théâtrale et peu empreinte à l'action rythmée...

On base tout sur les décors et sur le jeu des acteurs, avec une pincée de scènes extérieures, le reste du temps tout est tourné en intérieur (probablement en studio)...

Mais l'histoire en elle même est particulièrement originale et l'angoisse monte petit à petit jusqu'à des révélations pour le moins sidérantes mais plausibles !

Dès lors Brian Clemens se régale et nous régale en nous manipulant de droite à gauche par un rebondissement fulgurant et d'une intelligence rare !

La qualité de la mise en scène, combinée au talent des comédiens et à un scénario très fouillé, parvient dès lors à nous faire comprendre le quid de Paul, le personnage principal, et tout devient limpide et compréhensible en une fraction de seconde, du travail d'orfèvre !

Réellement intéressant et ciselé au millimètre près, "Lady killer" peaufine un peu ce qui avait été précédemment entrepris par Hitchcock mais s'en démarque par un académisme profond, sans pour autant blaser le spectateur ni en étant une des ces innombrables "vieilleries" qui furent l'apanage des lucarnes d'outre Manche dans les années 70, car "Thriller " possède une grande modernité dans son traitement et sa mise en images...

Le charme des deux actrices et leur ressemblance physique apporte un plus à une trame machiavélique et très étudiée pour un téléfilm de cet acabit...

Bref, tout est intéressant dans "Lady killer" et son atypisme en fait certainement un pilier des séries d'angoisse estampillées millésime seventies...

A voir absolument, pour sa finesse et pour la qualité de son propos...

Note : 9/10




dimanche 15 septembre 2013

LE HOBBIT, un voyage inattendu de Peter Jackson, 2012


LE HOBBIT, UN VOYAGE INATTENDU

aka THE HOBBIT, AN UNEXPECTED JOURNEY

Etats Unis

de Peter Jackson

2012

avec Ian Mac Kellen, Martin Freeman, Richard Armitage, Ken Stott, Christopher Lee

160 minutes

Aventures épiques fantastiques

Synopsis :

Un pays imaginaire dans une période inconnue...

Bilbo de Saquet, un Hobbit vit paisiblement dans une demeure troglodyte où il ne manque de rien...

L'arrivée inopinée de Gandalf, un magicien va bouleverser son existence...

Ce dernier trace un signe sur sa porte...

Le soir venu, une horde de nains débarque chez Bilbo, ils font une razzia dans son garde manger et lui proposer de déchiffrer un parchemin rempli de runes qui lui servira de contrat pour embarquer dans une aventure hors du commun...

D'abord réticent puis laissant une nuit passer, Bilbo finit par accepter ce deal...

Il va se retrouver au coeur d'une quête vers un trésor, le coeur de la terre, et devra affronter mille et un dangers pour sauvegarder sa vie !

Mon avis :

Préquelle de la mythique trilogie du "Seigneur des anneaux" toujours réalisée par Peter Jackson, "Le Hobbit" a le mérite de proposer une entame de la saga tout en restant indépendant de cette dernière...

Grande réussite, le film remplit aisément son contrat et la durée des 160 minutes, pouvant paraître rebutante surtout si l'on est néophyte en la matière, se suit avec régal et sans le moindre ennui...

Le niveau des effets spéciaux se situe même un cran en dessus de productions comme "Avatar", c'est vous dire si le spectacle est flamboyant et détonnant...

L'intelligence de Peter Jackson réside surtout à rendre lisible et crédible une histoire de fantastique épique en se dotant de moyens financiers considérables mais exploitant cette donnée correctement et avec un timing frôlant la perfection !

En tous points féérique, "le Hobbit" renvoie à un spectacle familial et tous publics mais où les purs geeks tout comme les spectateurs lambda trouveront leur compte s'ils sont friands de magie et d'aventure...

"Le Hobbit" et "le Seigneur des anneaux" est aux années 2010 ce que "Star Wars" était aux années 70/80, c'est à dire du spectacle avant tout et de nourrir l'attente de cinéphiles cinéphages qui sont là avant tout pour se faire PLAISIR et pour REVER !

Et là Peter Jackson a tapé droit dans le mille !

Quand on voit le parcours accompli depuis "Bad Taste" en 1987, on a de quoi rester pantois !

Les décors mi numériques mi naturels sont à la hauteur d'un script parfaitement calibré revigorant l'action et l'omniprésence d'une richesse graphique jamais atteinte jusqu'à maintenant !

Ponctué de créatures toutes plus impressionnantes les unes que les autres, Peter Jackson y intègre un humour bienvenu à la hauteur de l'ambition colossale sur le point de départ du film...

Je ne vois pas comment on pourrait être déçu face à une telle maestria déployée avec autant d'amour pour le septième art...

Bravo et à voir toutes affaires cessantes, un métrage ultime pour l'héroïc fantasy, intégré dans son époque mais rendant hommage en même temps à tout un pan du cinéma d'aventures, avec les moyens actuels...

Fantastique !

Note : 10/10






samedi 7 septembre 2013

The devil's rejects de Rob Zombie, 2005


THE DEVIL'S REJECTS

aka Les rebuts du diable

de Rob Zombie

Etats Unis

2005

avec Bill Moseley, Sheri Moon Zombie, Sid Haig, Ken Foree, Danny Trejo

107 minutes

Road movie sanglant

Synopsis :

Une petite ville du Texas, 1978...

La police donne l'assaut dans une ferme suspectée d'être le repaire de dangereux psychopathes qui kidnappaient des jeunes femmes afin de les violer et les mutiler...

Otis (le chef de la bande) et Baby (sa soeur) parviennent à s'échapper, la mère, par contre est appréhendée et capturée par les forces de l'ordre...

Otis et Baby doivent retrouver le Capitaine Spaulding aka Cutter, le père naturel de Baby afin que celui ci les mette à l'abri...

Après un massacre dans un motel où le groupe de musique de Roy Sullivan périt dans d'atroces conditions, Baby, Otis et Cutter trouvent refuge dans un lupanar dirigé par Charlie...

Alors que la mère se fait torturer à mort, la police redouble d'effort pour coincer Otis et fait appel à des indicateurs qui connaissent bien l'endroit où vit Charlie...

Parviendra t-elle à capturer ceux que l'on appelle "les rebuts du diable" qui sèment mort et désolation ne faisant aucune distinction ni pitié lors de leurs forfaits ?

Mon avis :

Véritable bombe pondue par un Rob Zombie en état de grâce, "Devil's rejects" est un film qui devance tous ces prédécesseurs au niveau de la violence !

Outrancier dans son fond et dans sa forme mais passionnant à suivre car parfaitement rythmé et bien joué, ce métrage tient largement ses promesses et se distingue des autres par une originalité peu commune ou très peu exploité, à savoir qu'on a plus de compassion pour les tueurs que pour la police...

"The devil's rejects" est un mastodonte, une machine de guerre qui annihile tout sur son passage, recelant de moments d'anthologie et ponctué de dialogues cultes même si faisant la part belle aux invectives...

Faisant référence non sans un humour décalé et jubilatoire à plusieurs événements d'outre Atlantique ou à des figures emblématiques comme Groucho Marx ou même Elvis Presley, Rob Zombie se fait plaisir et NOUS fait plaisir et ne plagie à aucun moment les autres (même si le tout début peut faire légèrement penser à "Massacre à la tronçonneuse")...

Un montage ultra serré se servant de plans fixes et un final prodigieux tout en nuances permet au spectateur de garder un recul approprié face à ce déchaînement de brutalité (Rob Zombie n'y allant vraiment pas de main morte) et fait accéder l'oeuvre au sommet du genre, sorte de mélange entre "La dernière maison sur la gauche", "Tueurs nés" et "Dirty Harry"...

Toute une culture vintage se retrouve dans un film qui mettra tout le monde d'accord, transcendé par une folie pure et ambiante que l'on n'avait pas vue depuis longtemps !

Déjà huit ans et pas une seule ride !

Un pur must à déguster sans modération !

Note : 10/10






mercredi 4 septembre 2013

URGA (Close to Eden) de Nikita Mikhalkov, 1991


URGA

aka Close to Eden

De Nikita Mikhalkov

1991

Fable poétique

Russie

Produit par Jérôme Seydoux

105 minutes

Synopsis :

Une province perdue et désertique de la Mongolie, au début des années 90…

Un couple vit dans une habitation de type yourte avec ses trois enfants…

La femme n’a qu’une peur, accoucher d’un quatrième…

Un inconnu, suite à un accident de camion, se voit offrir le gîte et semble impressionné par la vie familiale…

La femme du foyer décide de missionner son mari pour aller en ville…

Elle lui demande de ramener des préservatifs …

Mon avis :

D’une portée poétique voire onirique sidérante, « Urga » est sans conteste un des films les plus atypiques du début des années 90…

Mikhalkov fait virevolter sa caméra lors de plans séquences d’une justesse et d’une habileté imparables, transcendant les situations les plus anodines en moments touchants et intimistes…

Il y a à la fois un côté rudimentaire et un aspect moderne et sophistiqué dans ce métrage faisant la part belle aux côtés techniques via des éclairages montant en puissance et en luminosité…

Axé sur une trame solide mais simple (la vie des peuplades mongoles de nos jours), il transperce un décalage saisissant sur le mode de vie rituel de ces derniers, à contrario des coutumes occidentales centrées sur l’argent ou la réussite sociale…

Implantés localement, les mongols ont de quoi vivre aussi bien (voire mieux) que nous, n’ayant pas cette « pression mentale » qui nous assène et ce côté surdimensionné de l’avoir sur l’être, ils fonctionnent suivant l’instinct qui les prédispose à demeurer dans l’existence qui est la leur…

 La « virée » dans la métropole chinoise voisine est souvent cocasse voire caricaturale, un peu comme dans « Crocodile Dundee » avec cet énorme décalage campagne/ville où tout parait difficile à lire et transcrire lorsque l’on ne possède pas les codes inhérents ou bases civilisationnelles pour s’intégrer dans cette course folle, stressée et stressante, où personne ne prend le temps de s’arrêter ou… de vivre, tout simplement !

Le rêve avec l’arrivée de Genghis Khan et tout ce qui en suit, se savoure à un rythme effréné et donne une sacrée leçon de mise en scène aussi bien au spectateur qu’aux réalisateurs de tous bords, tant on y sent une maîtrise et un sens de la dynamique saisissants !

Contrasté et métaphorique à l’extrême, « Urga » (c’est le nom de la lance/lasso qui sert de parade amoureuse chez les mongols, ces derniers se pourchassant à cheval et s’attrapant avant la copulation) finit presque comme il débute avec une trame identique reprenant les personnages dans la même situation mais habités par un apaisement évident eu égard aux pérégrinations incorporées le long du film…

Véritable pan du cinéma russe, « Urga » est une œuvre magistrale à avoir visionné impérativement et qui alimente le renouveau de ce genre quelque peu en déclin…

Note : 10/10






samedi 31 août 2013

FEAST le nouveau Annihilator


FEAST

ANNIHILATOR

ALBUM 2013

Thrash Metal

Canada

Après une longue attente insupportable pour les fans de trois ans (!), le dernier album éponyme en date datait de 2010, la bande à Waters revient en très grande forme avec ce "Feast" de haute volée, du Annihilator pur sucre avec toujours l'incroyable Dave Padden au chant et à la guitare...

Le tabassage est de nouveau au rendez vous et ça fait très mal !

Dès le premier morceau "Deadlock" le ton est donné, on n'est pas là pour rigoler mais pour tout annihiler sur place, le rentre dedans étant la priorité !

Mis à part "Perfect angel eyes" (resucée ultra efficace de "The One"), ça n'arrête pas !

Les batteries martèlent comme des missiles, Waters nous gratifie de nouveaux soli toujours incroyables et "Feast" possède une grande originalité, un peu à l'instar de "Schizo deluxe" avec un morceau qui se détache du reste, "No surrender" et son intro dantesque à la basse !

Le plaisir est toujours au rendez vous et l'album passe comme une lettre à la Poste et rend addict dès la première écoute, comme toujours chez Annihilator !

Dans l'édition limitée il y a même un CD bonus des standards réenregistrés pour l'occasion avec un son neuf et Padden au chant, reprenant toutes les époques du groupe, initiative à saluer et véritable aubaine pour les fans !

Un des meilleurs albums de 2013 et je vais aller les voir en concert bientôt !



MISANTHROPE, Extrème metal français


MISANTHROPE

Groupe français de Metal Extrême

Groupe phare de la scène metal hexagonale avec son leader ultra charismatique et incontournable SAS de l'Argilière aka Philippe Courtois, Misanthrope a gravi les échelons à force d'une grande persévérance pour s'imposer comme LE groupe majeur d'extrême metal en France...

Avec une discographie impressionnante comportant de véritables chefs d'oeuvre, Misanthrope brille par son talent et surtout son originalité, ne faisant rien comme les autres et ne pompant personne, ils se singularisent par leur style et leur virtuosité dans les compositions, toutes très complexes mais bien reconnaissables entre mille pour autant...

Ils atteignent le firmament avec "Aenigma Mystica" sorti cette année et nous offrent un coffret avec DVD de toute beauté, comportant 8 titres live et un making of de l'album ainsi que deux video clips, une pièce de choix, référence pour leurs fans...

La sincérité de ce groupe en fait son attachement et les musiciens talentueux qui le composent permettent d'accentuer l'intérêt que l'on peut porter à Misanthrope, qui peaufinera au fur et à mesure des années le genre qu'il perpétue, à savoir le metal extrême avec une touche heavy death mélodique...

Les textes sont également très maîtrisés et originaux, faisant référence au satanisme, à Molière et à son théâtre, à la religion et au domaine épicurien...

Imprimant de leur touche indélébile le panorama du heavy metal français, Misanthrope délivre une musique aboutie, très riche et percutante...

Longue vie à Misanthrope ! ("Long live the Misanthrope" !)





jeudi 29 août 2013

Les égouts du paradis de José Giovanni, 1979


LES EGOUTS DU PARADIS

de José Giovanni

France

1979

avec Francis Huster, Jean François Balmer, André Pousse

Film de gangsters

Dialogues de Michel Audiard

107 minutes

Synopsis :

Albert Spaggiari est un photographe qui tient un magasin à Nice, dans les années 70...

Avec l'aide de gangsters corses et marseillais, il fait des repérages pour dévaliser une banque en traversant les sous sols, c'est à dire en passant par les égouts...

Le film raconte son parcours, des préliminaires jusqu'au "casse" et bien plus encore !

Relations avec le "milieu", trahisons... le film passe au crible cet aventure hors du commun qui défraya la chronique, eu égard à un culot impressionnant et une minutie incroyable dans la préparation du délit effectué "sans armes, ni haine, ni violence" comme se plaira à l'écrire Spaggiari lui même sur le mur de la salle des coffres...

Mon avis :

Ce qui frappe dans la réalisation de ce film, c'est sa méthodologie, on suit tout en "live" sur le casse de la banque et on finit plus par s'attacher aux personnages qu'au fait que la banque sera dévalisée, car la mise en scène de José Giovanni nous les rend sympathiques voire communs et abordables comme dans la vie de tous les jours...

Hormis le personnage joué par André Pousse, tous ces braqueurs n'inspirent ni la peur ni le dégoût, c'est ce qui fait la singularité du métrage...

Huster est parfait et aurait mérité un César surtout dans la scène où il se lève et monte sur la table en vociférant, il s'agit d'un très grand numéro d'acteur, peu donné aux novices....

Giovanni rafle la mise aussi bien pour les décors (on se demande si les égouts ont été reconstitués ou s'ils sont réels, ce qui parait improbable vus les rats et l'odeur pestilentielle des excréments !), quoiqu'il en soit tout est bien conçu, réaliste pour nous faire croire à cette aventure !

La performance des second rôles (Balmer et les autres) est à la hauteur de ce grand film de gangsters pacifiques qui volent mais sans tuer personne, ce qui reste rare dans le panorama du polar hexagonal de l'époque...

On a également la primeur des dialogues ciselés d'un Audiard en grande forme, ce qui rehausse encore plus la qualité de l'oeuvre, déjà bien fournie et passionnante...

Bref, un excellent film qui vous fera passer un bon moment malgré qu'il soit légèrement daté et témoignant d'une époque révolue, sans caméras de surveillance comme maintenant où le casse présenté dans le film aurait été impossible de nos jours !

A regarder donc, un verre et une cigarette à la main, du cinéma de Papa, efficace et simple, se rapprochant de l'époque bénie des Verneuil and co.

Note : 8.25/10