dimanche 15 janvier 2017

Police academy de Hugh Wilson, 1984

POLICE ACADEMY
de Hugh Wilson
1984
Etats-Unis/Canada
avec Steve Guttenberg, Kim Catrall, Michael Winslow, George Gaynes, Bubba Smith, David Graf
Comédie satirique
96 minutes
Synopsis :
Toronto, années quatre-vingts…
La police locale est en sous effectifs et devant la recrudescence de malfaiteurs, le maire de la ville propose de recruter sans conditions de nouvelles recrues, elles seront formées pendant quatorze semaines afin d’honorer leurs missions…
Carey Mahoney, licencié depuis peu, était gardien d’un parking, Moses Hightower, est un jeune homme noir qui a la particularité de produire des sons incroyables grâce à ses cordes vocales hors normes, Karen Thompson est une superbe jeune femme fraichement diplômée et Leslie Barbara, un chômeur à la forte corpulence ; tout ce beau monde intègre l’équipe des formés au sein de la « Police academy »…
Le commandant Eric Lassard les dirige, appuyé par Thaddeus Harris, un recruteur très dur et Debbie Callahan, une policière blonde à forte poitrine…
Dès le début de la formation, les bévues s’accumulent et Mahoney est pris en grippe par ses supérieurs ; potache, il souhaite organiser une soirée dansante et se retrouve au Blue Oyster, une boite gay cuir de la ville !
Plus tard, une émeute gigantesque secoue la ville !
Les policiers arrivés par dizaines sont mal renseignés et débarquent de l’autre côté de la rue…
C’est vite l’anarchie la plus totale et le chaos, avec des pillages et des bagarres !
A l’issue de leur stage, certains élèves finiront tout de même par intégrer la police de la ville, mais les efforts qu’ils devront déployer seront colossaux…
Mon avis :
Premier volet d’une longue saga, ce « Police academy » est devenu au fil du temps un petit classique de la comédie populaire d’outre Atlantique, certes, les gags ne sont pas toujours très fins mais le film suscite l’intérêt du spectateur grâce à un rythme enjoué et un ensemble globalement très sympathique qui fait bien plaisir à voir…
Le film a lancé la carrière de nombreux acteurs (Steve Guttenberg et Kim Catrall –vue dans le « Jack Burton » de Carpenter- notamment) et la bonne humeur totale déployée par Hugh Wilson (qui joue l’automobiliste mécontent au début) fait mouche grâce un comique tridimensionnel, axé sur le burlesque de situations, de mimiques et linguistique (les répliques fusent pour provoquer l’hilarité)…
« Police academy » est une comédie tonique qui croit en la vigueur de son histoire, appuyée par des rebondissements cocasses mais quelques fois un peu graveleux (la fellation durant le discours du commandant), le comique du film rappelle un peu celui des Zucker/Abraham/Zucker mixé à Mel Brooks…
On passe un moment sympathique avec toute cette ribambelle de comédiens et l’issue avec les émeutes urbaines fait partir le film en vrille pour notre plus grand bonheur, l’anarchie ambiante communique au spectateur un grain de folie fort bienvenu, « Police academy » n’est pas un film prétentieux et la police, la vraie, est caricaturée certes, mais jamais méchamment…
Des trouvailles comiques apparaissent toutes les minutes et on rit de bon cœur, plongé dans le microcosme des policiers mais sans dénigrement (on est dans les années quatre-vingts, une autre époque, le film n’aurait pas véhiculé la même idéologie de nos jours)…
Grande réussite, « Police academy » est à visionner en laissant ses neurones au vestiaire, les conditions pour l’apprécier sont de se laisser aller et d’accepter de rire pendant une heure et demie face à des pitreries orchestrées sciemment et dans la bonne humeur…
A noter un budget conséquent et des passages hilarants (la boite cuir gay, le voyeurisme avec les douches, le faux espagnol qui drague tout ce qui bouge), bref « Police academy » est l’occasion de redécouvrir toute une partie d’un cinéma populaire qui ne se prenait pas au sérieux et qui fut légion au début des années quatre-vingts aux Etats-Unis, « Police academy » en est le fer de lance et le meilleur exemple…
Sincère et à l’énergie communicative !

Note : 7/10





samedi 14 janvier 2017

Le chien des Baskerville de Terence Fisher, 1959

LE CHIEN DES BASKERVILLE
de Terence Fisher
1959
Grande Bretagne
avec Peter Cushing, Christopher Lee, André Morell, Marla Landi, Miles Malleson
Fantastique
87 minutes
Produit par la Hammer films
aka Hound of Baskervilles
Synopsis :
A la fin du dix-huitième siècle, Sir Hugo de Baskerville, un notable particulièrement éméché, tue sadiquement une jeune femme qui refusait ses avances ; il est tué à son tour dans la lande et son corps est retrouvé ensanglanté, de là nait une légende et une malédiction qui semble occulte, les villageois étant terrorisés par ce mythe…
Plusieurs décennies après, Sir Henry Baskerville, le petit neveu du défunt et héritier des biens familiaux, arrive de l’étranger pour intégrer la demeure des Baskerville…
Sherlock Holmes, le célèbre détective et le docteur Watson ont été mandatés pour assurer une protection discrète de Sir Henry Baskerville…
Alors qu’Henry frôle la mort lorsqu’une tarentule manque de le piquer au cou, Holmes comprend que la malédiction sur les héritiers Baskerville n’est pas fortuite, il suppose même qu’elle soit réelle et téléguidée sciemment par un quelqu’un, bien vivant !
Henry Baskerville tombe amoureux d’une jeune femme qu’il a aperçue dans la lande, Cécile Stapleton, très vite celle-ci cède à ses avances et l’embrasse fougueusement…
Holmes enquête et retrouve la trace du lieu d’où venait la fameuse tarentule, par son sens de l’habileté et des questionnements ciselés, il remonte à la source du mal…
L’issue de cette histoire aura lieu dans la lande et la révélation finale sera incroyable !
Sherlock Holmes, par sa perspicacité, trouvera une explication logique à toute cette « malédiction » très bien rodée et, dans un bain de sang, il élucidera son enquête après avoir risqué sa vie…
Mon avis :
Considéré à juste titre comme un des meilleurs films produits par la Hammer, « Le chien des Baskerville » est également l’un des plus ambitieux de la firme puisqu’ici pas de « Dracula » ou de « Frankenstein » comme habituellement, mais une histoire de malédiction avec un Sherlock Holmes qui enquête (magistral Peter Cushing) et surtout une explication rationnelle à tout cela, qui distingue des précédents Hammer, malgré une trame horrifique indéniable…
La mise en scène de Fisher est en roue libre et s’appuie sur un début à fond la caisse qui met directement le spectateur dans l’ambiance : le film sera lugubre, ténébreux, presque gothique et les paysages étouffants de la lande contribueront à provoquer l’effroi, mais « Le chien des Baskerville » comporte aussi des scènes chocs (la tarentule, le marais avec les sables mouvants, le final terrifiant), les acteurs sont parfaits (Christopher Lee irradie par son physique olympien) et les seconds rôles donnent de la saveur au film (la belle Marla Landi dégage un charme insoupçonné)…
Peut- être académique dans sa réalisation, « Le chien des Baskerville » est surtout un métrage hyper rigoureux, au scénario adapté d’une nouvelle de Conan Doyle mais respectant totalement l’effet que voulait produire l’auteur, tout y est méthodique, appliqué, des décors au jeu des acteurs et le spectateur n’aura plus qu’à se laisser porter dans cette histoire, à priori insensée, qui trouvera toute sa logique grâce au savoir- faire de Sherlock Holmes, fidèle à sa perspicacité légendaire…
On a ici un classique du film d’épouvante de la fin des années cinquante  et le blu ray sorti récemment rend honneur à l’œuvre avec une image nette et un travail de restauration fabuleux…
Pour ceux qui ne connaissaient pas ou qui n’avaient pas eu l’occasion de le voir, cette édition blu ray est miraculeuse…
Le film, quant à lui, est exemplaire et se doit d’être visionné pour se faire une idée de ce qu’était capable de produire la Hammer, même avant l’explosion des années soixante/soixante-dix, « Le chien des Baskerville » est la génèse de la Hammer, la clef de voûte et la marque de fabrique qui naissait avec cette mythique maison de productions d’outre- Manche…
Immanquable !

Note : 10/10





Fantomas contre Scotland Yard d'André Hunebelle, 1967

FANTOMAS CONTRE SCOTLAND YARD
d’André Hunebelle
1967
France/Italie
avec Louis de Funès, Jean Marais, Mylène Demongeot, Jacques Dynam, Françoise Christophe
Comédie policière
97 minutes
Musique de Michel Magne
Distribué par Gaumont
Synopsis :
Un château en Ecosse, vers la fin des années soixante…
Lord Mac Rashley, un homme très riche, est menacé puis enlevé par Fantomas, qui prend son apparence ; le malfaiteur a proposé et imposé à toutes les fortunes du globe qu’ils lui versent une rente proportionnelle à leurs richesses, en échange il promet de les laisser en vie…
Le commissaire Juve, Jérôme Fandor, sa compagne Hélène et l’inspecteur Bertrand se rendent dans le fameux château de Lord Mac Rashley, en vue d’assurer la protection de ce dernier et de coincer définitivement Fantomas…
L’épouse de Mac Rashley met en place une séance de spiritisme et Juve se fait ridiculiser, passant pour un fou auprès des autres convives…
Juve a des visions et croit voir un pendu dans sa chambre, tout ceci est un stratagème orchestré par Fantomas et ses hommes…
Mac Rashley organise une chasse à courre ; son majordome, en fait amoureux de sa femme, souhaite en profiter pour le tuer lors de la chasse, mais il ignore que Fantomas a déjà pris l’apparence de Mac Rashley !
Lors d’aventures mouvementées et humoristiques, Juve et son adjoint Bertrand élaborent un plan qu’ils pensent infaillible pour coincer Fantomas…
Rien ne se passera comme prévu et Fantomas, faisant croire à un départ du donjon du château en fusée, parvient une nouvelle fois à échapper aux autorités !
Mon avis :
Troisième et ultime volet de la joyeuse trilogie des « Fantomas », ce « Fantomas contre Scotland Yard » est pour beaucoup le meilleur opus de la saga ; c’est un condensé des thématiques explorées dans les précédents métrages mais aussi et surtout l’occasion pour Louis de Funès de nous offrir un festival, ce film c’est le sien, c’est LUI la principale star du film, il est omniprésent et on savoure ses pitreries dans des séquences cultes que tout le monde a en mémoire (le pendu, le cheval qui parle lors de la chasse à courre, le lit qui bouge tout seul…), Hunebelle se sert du levier des fantômes écossais pour booster l’aspect comique du film et ça marche, amplifié par De Funès qui s’en donne (et nous en donne) à cœur joie…
Toujours doté d’une grande dynamique, les héros sont cette fois ci exilés en Ecosse, ce qui donne un aspect exotique fort bien venu à l’intrigue, les décors étant une nouvelle fois particulièrement travaillés (l’escalier en colimaçon, les murs qui s’ouvrent, le grand salon) et les extérieurs magnifiques (la chasse à courre a été tournée en forêt de Fontainebleau)…
Bien sûr la dimension maline de Fantomas est toujours prégnante et il fait toujours tourner Juve en bourrique avec son rire démoniaque en prime, Mylène Demongeot est une nouvelle fois craquante et Jean Marais toujours fringant malgré sa cinquantaine…
Irrésistible, De Funès se déchaine dans ses délires, avec une touche de fantastique, la mise en scène est inventive et le rythme soutenu, on est pris dans l’intrigue du début à la fin et l’action ne se relâche jamais…
« Fantomas contre Scotland Yard » est un régal de cinéma populaire qui, par son dynamisme, ne perd pas de son impact, même un demi- siècle plus tard…
On prend le même plaisir à chaque visionnage et une cure annuelle des « Fantomas » est à prescrire en cas de sinistrose ou de coup de blues, ce sont des films qui font un bien fou au moral !
Que l’on soit jeune, âgé, cinéphile ou juste simple spectateur, cette trilogie contentera tous les publics, alors on aurait tort de s’en priver…
Note : 9.5/10





mercredi 11 janvier 2017

L'ange blanc de Victor Vicas, 1977

L’ANGE BLANC
de Victor Vicas
1977
France
Episode de la série  des Brigades du Tigre
Avec Jean-Claude Bouillon, Pierre Maguelon, Jean-Paul Tribout, Jess Hahn, Jacques Giraud, François Maistre
55 minutes
Synopsis :
Pendant le tour de France, années 1910…
Un mystérieux homme vêtu de blanc et dissimulé derrière une cagoule provoque des attentats mortels sur les coureurs cyclistes ; c’est l’hécatombe et la peur gagne l’étendue des participants, le leader du journal « Le vélo » est présent, il y a également Armand Sabatier qui suit les étapes avec son homme de main, Fulbert…
Devant la recrudescence des morts et les menaces incessantes, le commissaire Valentin et ses collègues sont nommés pour assurer la sécurité de ce tour…
Le tueur, qui se fait appeler « l’ange blanc », menace le responsable du journal, qui séjourne dans un luxueux hôtel, les brigades mobiles sont plus que jamais sur leurs gardes !
C’est alors que, sans la moindre explication logique car il avait été surveillé, le directeur du journal est retrouvé mort !
Valentin a une petite idée du meurtrier mais il élabore un plan…
Mon avis :
Quelle brillante idée d’insérer le tour de France dans une intrigue policière, c’est pour le moins très original et le talent de Victor Vicas et du scénariste Claude Desailly fonctionne ici à merveille !
La mixité des personnages donnent de l’intérêt à une intrigue passionnante et le spectateur se prend tout de suite au jeu, en immersion complète dans le monde du cyclisme des années 1910 et tremble pour les concurrents, victimes potentielles, ainsi que pour le directeur du journal…
La reconstitution est crédible et les moyens déployés sont à la hauteur, les seconds rôles sont impeccables, même les coureurs cyclistes jouent le jeu (Petitbreton avec sa grosse moustache, Fulbert incarné par Jess Hahn, vu dans « Vivre pour survivre »…)
On prend plaisir à admirer les nombreux paysages champêtres et Victor Vicas nous gratifie de séquences nocturnes fort bien amenées…
L’issue est simplement stupéfiante et imprévisible et la dextérité de Valentin est hallucinante pour, dans un premier temps, trouver le coupable puis, dans un second temps, le piéger…
Tout coïncide de façon limpide et c’est là tout le talent et l’efficacité des scénaristes qui font la différence avec les autres séries ; ici l’histoire est fine et intelligente et jamais ennuyeuse, bref, un pur régal !
« L’ange blanc » est un des épisodes des « Brigades du tigre » les plus réussis et la touche sportive du Tour du France bonifie l’intérêt que l’on a pour l’histoire, ne dupliquant en aucun cas ce qui a été vu auparavant, l’originalité fait la force du récit…
A visionner sans modération !

Note : 10/10




Le village maudit de Victor Vicas, 1977

LE VILLAGE MAUDIT
de Victor Vicas
1977
France
Episode de la série  des Brigades du Tigre
Avec Jean-Claude Bouillon, Pierre Maguelon, Jean-Paul Tribout,, François Maistre, Claude Desailly
55 minutes
Synopsis :
Un petit village d’Auvergne, au début du vingtième siècle…
Les habitants sont terrorisés par un sorcier appelé Maudrus, qui vit dans la montagne ; un jour, des hommes décident de le brûler sur un bûcher et l’enlèvent…
Le prêtre et l’instituteur du village empêchent le drame in extremis, mais les habitants décident de partir, emmenant leurs affaires, les bêtes succombant à une épidémie et l’eau ne coulant plus des pompes…
Dépêché par Faivre, Terrasson débarque dans la petite bourgade et mène l’enquête…
Il est logé chez la femme de l’instituteur, dont on a perdu la trace…
Irène de Castro, une notable, aide Terrasson dans ses démarches…
Une nuit, les cloches de l’église se mettent à sonner toutes seules…
Alors qu’il souhaite retrouver la trace de Maudrus, Terrasson est enlevé et frappé par deux hommes !
Mon avis :
Avec « Le vampire des Karpates » et « Les fantômes de Noël », « Le village maudit » fait partie des épisodes des Brigades qui lorgnent vers le fantastique, autant dire que l’on se régale avec cette histoire d’exorcisme, de malédiction et de gri gris, l’histoire nous tient en haleine et certains passages sont clairement flippants (les cloches de l’église, moment terrifiant !), l’atmosphère de mystère est prégnante tout le long de cet épisode, et la musique y joue un rôle prépondérant, rappelant celle des productions fantastiques gothiques italiennes des années soixante…
Ici le personnage principal c’est Terrasson et la bonhommie du solide Pierre Maguelon sert de levier à l’histoire, son charisme inoxydable jouant en sa faveur et le rendant tout à fait crédible…
L’ignoble De Castro a élaboré un plan parfaitement huilé et l’explication finale est un modèle de machiavélisme et d’inventivité vicieuse ; la phrase « Si tu avais eu autant d’appétit que nous, on serait là, à leurs places » est parfaitement bien vue et colle à l’issue de cette intrigue, pour le moins bluffante et surprenante…
Je ne vois pas ce qu’il y a à redire sur cet épisode, tout y est d’une netteté scénaristique impeccable et fidèle à la rigueur de la série, il y a de l’action, des scènes de savate (la bagarre avec Valentin) et les personnages sont tous très attachants (Claude Desailly, scénariste de la série, s’est fait plaisir et s’est lâché en interprétant Maudrus)…
Bref, encore une fois c’est que du bonheur et cela démontre bien l’efficacité des vieilles séries, qui prenaient le temps de s’appliquer et qui respectaient le téléspectateur sans produire d’histoires stériles ou débiles, comme souvent de nos jours…

Note : 10/10




dimanche 8 janvier 2017

Fantomas se déchaine d'André Hunebelle, 1965

FANTOMAS SE DECHAINE
d’André Hunebelle
1965
France/Italie
avec Jean Marais, Louis de Funès, Mylène Demongeot, Jacques Dynam, Robert Dalban, Olivier de Funès
Comédie policière
99 minutes
Musique de Michel Magne
Distribué par Gaumont
Synopsis :
Villes de Paris et Rome, milieu des années soixante…
Un an après les forfaits multiples de Fantomas qui ont terrorisé la France, ce dernier semble ne plus être réapparu, par conséquent, en garant de la sécurité de la nation le commissaire Juve reçoit la légion d’honneur, à peine la cérémonie achevée, Juve réceptionne un papier indiquant le retour de Fantomas !
Ce dernier kidnappe le professeur Marchand, un éminent scientifique qui a inventé un rayon sonique permet de contrôler n’importe qui à distance par des ondes télépathiques ; c’est le seul au monde qui peut mettre en pratique cette invention avec un autre savant : le professeur Lefèvre…
Fandor décide de se faire passer pour Lefèvre afin de coincer Fantomas et se rend à Rome, où doit se tenir un congrès, il est persuadé que Fantomas sera présent et Juve déploie tous ses hommes pour l’appréhender…
L’opération capote une nouvelle fois et Juve se fait interner dans un asile psychiatrique, pris pour un dément…
Puis Fantomas hypnotise et enlève successivement Juve, Fandor, Hélène, son petit frère Michel dit Michou et le professeur Lefèvre…
Ce n’est que grâce à des gadgets de défense créés par Juve que ces derniers s’échapperont de l’antre de Fantomas, qui se trouve à la périphérie d’un volcan…
Une gigantesque poursuite a alors lieu…
Mon avis :
On ne change pas une équipe qui gagne, c’est ce que ce sont dit Hunebelle et les auteurs de ce second segment de la série des « Fantomas » puisqu’on y retrouve exactement les mêmes ingrédients scénaristiques que dans le précédent…
Le personnage de Juve est encore plus étoffé avec des gadgets empruntés aux James Bond et qui donnent une plus- value à l’intrigue, déjà riche en créativité ; les gags hilarants pullulent et certains moments sont anthologiques (le train de nuit, le bal costumé, le congrès à Rome)…
Un soin est une nouvelle fois accordé pour les décors et là les créateurs se sont surpassés avec l’antre de Fantomas située au sein d’un volcan ( !), l’aspect cinéma fantastique est donc prégnant  avec cet environnement tout à fait bluffant et stupéfiant…
On retrouve le couple Marais/Demongeot qui tient solidement les rênes du film avec un nouveau personnage, Michel dit Michou, le jeune frère d’Hélène, incarné par Olivier de Funès, le propre fils de De Funès…
On rit aux éclats lors de l’arrivée de Juve en corsaire unijambiste au bal costumé, le film est toujours autant réjouissant et tonique que son prédécesseur et l’habileté de Hunebelle n’est plus à démontrer…
De l’action et du rire semblent être le maitre mot et le leitmotiv qui fait la réussite et le succès de ce « Fantomas se déchaine », toujours doté de moyens financiers colossaux…
Le rythme de folie et l’ambiance inhérente au métrage font que l’on ne s’ennuie jamais et que nous savourons une succession de séquences si fascinantes, si enjouées que nous sommes forcés d’y adhérer et de se laisser porter par l’intrigue…
Il y a de grosses similitudes à la fin avec l’épilogue du premier « Fantomas » sauf que Hunebelle a remplacé la mer par les airs, et là c’est extraordinaire, la DS de Fantomas se met à décoller et s’envole, on est en plein dans un délire populaire, les barrières du réel sont explosées et on assiste à un spectacle grandiose, toujours avec cette application chez Hunebelle à divertir le spectateur…
Spectacle réjouissant et savoureux, « Fantomas se déchaine » n’a rien perdu, même cinquante années après, de sa verve et de son sens de l’action, il semble que ce film ait inspiré certains films de James Bond, même la Citroën DS volante aurait directement donné l’idée au véhicule de « Moonraker » sorti quinze années plus tard…
Bref, une nouvelle fois c’est un régal et Hunebelle tape dans le mille, c’est du divertissement à l’état pur et que du bonheur !

Note : 9.5/10





samedi 7 janvier 2017

Fantômas d'André Hunebelle, 1964

FANTOMAS
d’André Hunebelle
1964
France
avec Jean Marais, Louis de Funès, Mylène Demongeot, Robert Dalban, Jacques Dynam
Comédie policière
100 minutes
Musique de Michel Magne
Distribué par Gaumont films
Synopsis :
Paris, Val d’Oise et Sud de la France, milieu des années soixante…
Le commissaire Juve, un policier hystérique, est ridiculisé par un voleur mystérieux dont personne ne connaît le visage, appelé Fantômas ; alors que Juve prétendait via les médias être sur le point de neutraliser Fantômas définitivement, le malfaiteur dérobe des bijoux…
Jérôme Fandor, un journaliste, est persuadé que Fantômas est un personnage imaginaire créé de toutes pièces par la police pour prouver leur efficacité ; Fandor est kidnappé par le vrai Fantômas et ce dernier prend diverses identités pour accomplir ses forfaits, par le moule d’un masque, il prend l’apparence de Juve et le fait passer pour responsable d’un braquage dans un casino…
Pris pour des bandits alors qu’ils n’y sont pour rien et que c’est un coup monté par Fantômas, Juve et Fandor se retrouvent incarcérés !
Un mystérieux geôlier les libère, il s’agit en fait de Fantômas !
Fandor veut percer ce mystère et avec l’aide de son amie Hélène, il s’allie avec Juve dans une folle course poursuite, dans le sud de la France, pour coincer Fantômas…
Mon avis :
Premier opus de la trilogie mythique des « Fantômas » à la sauce André Hunebelle, ce qui frappe avant tout dans ce film c’est la rapidité des scènes et la tonicité de l’histoire, ça n’arrête pas ! De Funès est survolté dans son numéro et ses pitreries, c’est hilarant, le métrage se base sur son comique de gestuelle et de grimaces qui se greffe sur le comique de situation, du coup, ça fait mouche à chaque fois, on est pliés de rire…
Hunebelle prend des libertés avec l’histoire initiale créée dans les années vingts et l’ensemble s’avère parfaitement réussi et plutôt bluffant pour l’époque (les cascades lors des vingt dernières minutes sont à couper le souffle, elles furent effectuées notamment par Remy Julienne pour la moto, mais également par Jean Marais lui-même)…
Cette tonicité prodigieuse donne de l’entrain au film qui se suit de façon très fluide, ponctué par les situations cocasses qui mettent en scène un De Funès au firmament de sa carrière (la même année 1964 sortait « Le gendarme de Saint-Tropez » qui allait poser sa popularité de façon irrémédiable)…
Et la belle Mylène Demongeot s’érige avec « Fantômas » au rang de sex-symbol, sa beauté irradie le film, elle EST l’élément féminin et s’en sort plutôt bien au milieu de la compétition Jean Marais/Louis de Funès qui se taille la part du lion tout le long…
Bref, tout serait presque parfait dans ce premier « Fantômas » mais il y a un gros bémol, certaines séquences sont carrément invraisemblables et Hunebelle ne s’est pas embarrassé de rendre crédible des passages scénaristiquement impossibles (Demongeot sur le canot pneumatique qui arrive en plein milieu de l’océan, la scène des boules Quiès, De Funès accroché à la grue…), mais SOIT, passons outre de ces détails qui sont finalement bien peu de choses à côté du plaisir que l’on éprouve en visionnant ce film…
En définitive, « Fantômas » est un spectacle bon enfant qui ravira les grands comme les petits et qui fait passer un moment de détente immense ; doté d’un énorme budget, le film fut un succès colossal au box- office, attirant quatre millions de spectateurs et fut multidiffusé à la télévision avec toujours une audience record, « Fantômas » fait bel et bien partie de la culture populaire des comédies policières rendus identifiables par leur personnage iconique, celui de Fantômas restant dans toutes les mémoires…
Joie pour les cinéphiles comme pour les néophytes, « Fantômas » est un bain de jouvence cinématographique et possède le mérite de distraire sans agresser, son charme inné et son caractère très « vieille France » en font sa plus grande qualité, en 1964 le cinéma français ne raisonnait pas comme de nos jours et souhaitait contenter son public avant de ramasser de l’argent, même si les deux objectifs sont atteints, « Fantômas » et le cinéma de Hunebelle sont tout à fait sincères et sonnent justes…
Une œuvre culte qui ne dépérit pas et qui s’est même bonifié avec le temps, le régal est réel à chaque visionnage !

Note : 9/10