dimanche 5 février 2017

Les bêtes féroces attaquent de Franco Prosperi, 1983

LES BETES FEROCES ATTAQUENT
de Franco Prosperi
1983
Italie/Allemagne
avec Lorraine de Selle, John Aldrich
91 minutes
Nanar animal attack
Présenté au festival d’Avoriaz en 1984
Edité en blu ray chez Severin films
aka Wild beasts
Synopsis :
Une ville du nord de l’Europe, années 80…
Mademoiselle Schwartz est une journaliste qui assiste à un congrès d’un célèbre biologiste spécialiste en sciences humaines, son petit copain est responsable de la sécurité du zoo local, il est également vétérinaire et veille à la bonne santé des fauves et des animaux qui vivent dans le zoo…
Hélas, une eau contaminée bue par des léopards les rend déments, de plus, les grilles de protection lâchent suite à un court-circuit et en pleine nuit les fauves sont lâchés en pleine ville !
Un couple dans une voiture est agressé puis mutilé par des rats sortis des égouts, des éléphants empêchent un avion d’atterrir ( !) et un ours polaire terrorise des enfants enfermés dans leur salle de danse ( !!)…
Mademoiselle Schwartz veut tout faire pour retrouver et sauver sa fille Suzy alors que le vétérinaire, après avoir prélevé des cadavres de rongeurs, découvre l’origine de la démence des animaux…
Un produit utilisé par les toxicomanes de la ville a contaminé tout le réseau des bassins d’eau, cette drogue fait effet pendant plusieurs heures avant de tout faire revenir à la normale !
Provoquant des accidents de voiture à la pelle, les guépards et autres léopards ont le temps de mettre un souk incroyable dans la ville et les policiers semblent débordés…
Bientôt, c’est carrément un troupeau entier de plusieurs centaines de taureaux qui déboulent, cassant tout sur son passage…
Quelle sera donc l’issue de ce cauchemar ?
Miss Schwartz parviendra t-elle à sauver sa fille ?
La quiétude reprendra t-elle place dans la ville ?
Mon avis :
Avec « Wild beasts » on a là un des meilleurs nanars d’animal attack existants au septième art, ce film est au genre d’attaques animales ce que « Virus cannibale » est au film de zombies ; d’une ringardise totalement assumée et d’un scénario bancal et improbable (l’eau est contaminée alors pourquoi seuls les animaux et pas les habitants en sont victimes !), les répliques volent au ras des pâquerettes et les dialogues sont consternants de débilité (avec un doublage à mourir de rire en plus- value nanardesque) ; tout est tourné de nuit, du coup le spectateur ne distingue pas grand-chose et le montage en profite pour nous faire rendre crédible des situations insensées (l’attaque des rats, les éléphants à l’aéroport, le guépard qui course la bagnole…), on assiste à un festival délirant et incongru mais il faut être honnête, « Wild beasts » est bigrement efficace et la mise en scène sans le moindre temps mort…
On a également le plaisir et le bonheur de retrouver la belle Lorraine de Selle (célèbre actrice de séries B, vue notamment dans « La maison au fond du parc » de Deodato ou dans des films carcéraux signés Bruno Mattei) et le vétérinaire moustachu est à mourir de rire dans son rôle de gros bras chétif aussi habile qu’un âne qui recule…
Par contre, gros doute sur la maltraitance ou non des animaux sur le tournage, les fauves semblent avoir été bien traités mais les rats, ça parait clair qu’ils ont été cramés pour de vrai !
Prosperi ne s’encombre pas de la moindre crédibilité et privilégie avant tout l’action et les passages horrifiques (il y a pas mal de scènes gore dans « Wild beasts »), l’ensemble est relativement plaisant et on ne s’ennuie pas…
Témoignage d’un genre éteint de nos jours et vintage dans sa conception, « Wild beasts » est un métrage décomplexé et barré qui semble venu d’une autre planète cinématographique, vous pouvez le visionner si vous êtes adeptes du genre « nanar » ou, tout simplement, si vous êtes curieux et que vous n’avez pas froid aux yeux…
Un film fun où l’on comprend que les italiens étaient capables de tout, du pire comme du meilleur, et qu’ils plagiaient sans honte leurs homologues américains (Robert Clouse, pour ne pas le nommer, avec « Les rats attaquent », autre perle)…
Bref, « Wild beasts » est un film iconoclaste mais extrêmement sympathique !

Note : 8/10




samedi 4 février 2017

Hasta la vista de Geoffrey Enthoven, 2011

HASTA LA VISTA
de Geoffrey Enthoven
2011
Belgique/France
avec Gilles de Schrijver, Robrecht Vanden Thoren, Tom Audenaert, Isabelle de Hertogh, Asta Philpot
Fable humaniste
113 minutes
Distribué par Claude Lelouch
aka Come as you are
Synopsis :
Une ville de Belgique, années 2010…
Philip, Lars et Jozef sont trois amis qui souffrent chacun d’un très lourd handicap, Lars et Philip sont cloués dans un fauteuil roulant et Jozef est aveugle ; les trois jeunes adultes ont une vingtaine d’années et souhaitent perdre leur virginité, aussi ils se renseignent et achètent une place pour un séjour en Espagne, au sein d’une maison de passes de luxe…
Ayant menti à leurs parents, Philip, Lars et Jozef sont convoyés par Claude, une ex infirmière qui sera leur chauffeur…
Le périple ne s’effectue pas de manière facile et Claude, au vu de son obésité, est la cible de moquerie de la part de Philip et Lars qui la surnomment « Mammouth », mais très vite des liens inattendus vont se tisser entre les trois handicapés et Claude, jusqu’à ce que ces derniers arrivent en Espagne…
Lars, de par sa maladie incurable, risque de décéder à tout moment, il rencontre une belle Espagnole…
Claude se prend finalement d’affection pour Jozef…
Claude reste en liaison secrètement avec les parents des trois jeunes, qui se résignent à laisser libre cours aux aspirations de leurs fils respectifs…
Le film suit leurs pérégrinations et communique au spectateur une leçon de vie, dans la bonne humeur et la pudeur, chacune des émotions des trois handicapés est retranscrite de façon humaine et réaliste, mais jamais en misant sur le misérabilisme…
Mon avis :
« Hasta la Vista » est simplement un film sensationnel, bluffant du début à la fin et qui suit une trajectoire très marginale avec une conviction et un sens de l’humanité absolument sidérants ; les moyens pour diriger les acteurs ont dû être extrêmement difficiles (et oui, dans les bonus on apprend qu’il s’agit de comédiens valides et non pas handicapés qui tiennent les rôles principaux, c’est une gageure inimaginable !), l’histoire est faite sous forme d’un road movie et dès le début on s’attache à ces trois personnes grâce à une réalisation fluide et humaine, qui ne prend pas de distances avec la vie en situation de handicap mais qui reste réaliste et simple…
Le personnage de Claude est un peu la « mère », ou plutôt la « nourrice » dévouée corps et âme et son implication est très touchante, elle est plus que la conductrice du minibus, elle est le REPERE pour ces handicapés qui vont leur permettre d’accomplir leurs REVES ; le but est établi de manière frontale et ces trois jeunes gens ont la VOLONTE inoxydable de rendre réelle leur ambition…
Tout est dosé au millimètre près dans la réalisation de Geoffrey Enthoven et il se permet même des passages de technique cinématographique assez bluffants (le rétroviseur lorsque les portables sont balancés sur la route), il n’y a aucun misérabilisme ni nihilisme dans « Hasta la Vista » mais une peinture (parfois même drôle et cocasse) de la vie, des moyens que l’on met pour atteindre un objectif fixé et de l’entraide mutuel qui sert de levier dans cette solidarité, « Hasta la vista » est un bain de jouvence et un film qui fait plaisir à voir…
Le spectateur est ballotté de droite à gauche et suit l’itinéraire de ces trois handicapés, un peu comme dans « Intouchables » mais d’une façon encore plus frontale et appuyée, il dépasse son homologue de très loin !
Geoffrey Enthoven parvient avec « Hasta la vista » à entremêler bonne humeur avec gravité, pudeur avec des moments solennels, il fait s’entrechoquer des tranches de vie tout simplement avec l’acceptation du handicap et le désir d’avoir du plaisir, très peu de films sont allés aussi loin dans cette recherche du bien- être et parfois le dénouement est déchirant (la scène de la plage), on sort du visionnage abasourdis et sincèrement déroutés, mais pas perturbés car il flotte à la surface de ce film un sentiment de bonheur, de refus de regretter…
« Hasta la vista » est une leçon de vie qui va droit au cœur, le parti-pris est de raconter une fable et là, Enthoven frappe dans le mille…
Un immense merci à Claude Lelouch de s’être battu pour distribuer le film dans l’hexagone, il a donné son temps et son énergie pour faire découvrir « Hasta la vista » à un grand nombre de spectateurs, ce qui est tout à son honneur !
A la fois comédie dramatique, conte sur le handicap, road movie et même belle histoire d’amour et d’amitié, « Hasta la vista » est un pur chef d’œuvre que je vous recommande lourdement de visionner, sa marginalité et son sens oecuménique de l’universalité et de la quête du bonheur le propulsent dans la cour des grands…
Dédié à Frédéric que je remercie pour le prêt du DVD

Note : 9.5/10






samedi 28 janvier 2017

Le prix du danger d'Yves Boisset, 1983

LE PRIX DU DANGER
d’Yves Boisset
1983
France/Yougoslavie
avec Gérard Lanvin, Michel Piccoli, Bruno Cremer, Marie-France Pisier, Jean-Claude Dreyfus, Catherine Lachens, Gabrielle Lazure, Andréa Ferreol
Film de science- fiction
100 minutes
Musique de Vladimir Cosma
Directeur de la photographie : Pierre-William Glenn
Synopsis :
Une ville en Europe, dans les années quatre-vingts…
La chaine de télévision CTV organise un jeu qui connaît un succès extrêmement important auprès du public : le Prix du danger…
L’émission est présentée par Frédéric Mallaire qui cabotine à outrance, le principe de ce « jeu » est qu’un candidat doit survivre pendant près de quatre heures avec à ses trousses cinq assaillants qui ont pour mission de le tuer !
Un dirigeable ainsi que des motards suivent les investigations du malheureux candidat, si ce dernier parvient à survivre il empoche une grosse somme d’argent ; François Jacquemard est retenu pour interpréter le fugitif lors de la quatrième représentation de ce « Prix du danger », sa femme, Marianne, souhaite le dissuader de faire l’émission, lui implorant de ne pas risquer sa vie mais rien n’y fait…
Laurence Ballard, la productrice de l’émission et Antoine Chirex, le PDG de la chaine doivent affronter Elizabeth Worms, une militante qui dénonce les abus du « Prix du danger » et qui veut faire interdire le jeu…
Elle fait pression et saisit la justice mais cela ne fonctionne pas et, malgré ses détracteurs, la quatrième session du « Prix du danger » démarre, Jacquemard se retrouve coursé par cinq assaillants motivés et prêts à en découdre avec lui par tous les moyens !
Un rebondissement inattendu va ponctuer cette traque sanguinaire…
Mon avis :
Pamphlet visionnaire d’une société médiatique en pleine déliquescence, « Le prix du danger » est un excellent film qui fait froid dans le dos et Boisset ne recule devant aucun effet choc pour appuyer son propos, dénonçant l’absurdité et la débilité des jeux télévisés où l’appât du gain l’emporte sur l’humanité…
Cette relation ambiguë homme/pouvoir/argent se suit dans une équation aussi bien valable pour les dirigeants de la chaine CTV (Crémer et Pisier, magistraux) que pour le pauvre candidat (excellent Gérard Lanvin) qui souhaite sortir d’une vie de misère et faire rêver son épouse une fois le magot obtenu…
A ce titre, le film réserve nombre de surprises et l’action est fulgurante, Boisset allant même à filmer caméra sur l’épaule des courses-poursuites haletantes et particulièrement efficaces, l’ensemble tient bien en haleine le spectateur et la tension est omniprésente…
Les jeux actuels n’allant pas jusqu’à supprimer la vie des candidats, l’apparition de la télé-réalité au début des années deux mille a tout de même détruit pas mal de monde et ce, dans l’unique but des médias de faire du profit, ce qui démontre bien que l’objectif des chaines s’adonnant à ces procédés est forcément la vénalité…
Pour autant, Boisset n’oublie pas de contenter le spectateur fanatique d’action et là, il tape dans le mille, grâce à un montage serré et un habile découpage des plans…
Le rebondissement avec la scène du tunnel booste le film et lui donne un nouveau visage, on pense que cela va tourner en avantage de Jacquemard mais il n’en sera rien, avec une issue inattendue et nihiliste, loin des happy ends hollywoodiens et politiquement corrects que le public connaissait et qui le complaisaient de façon mielleuse…
Au final, « Le prix du danger » est une grande réussite, un métrage très intelligent et empreint d’un grand sens de la polémique, qui visait juste une vingtaine d’années en avance sur le microcosme des médias qui, hélas, ne s’est pas beaucoup arrangé depuis…
Que ce soit le scénario, les décors, le jeu des acteurs, la musique, tout est millimétré et la qualité est bel et bien au rendez-vous…
Enfin sorti en DVD en 2014, « Le prix du danger » est un must have à voir absolument…
Une tuerie !

Note : 9/10





vendredi 27 janvier 2017

MESHUGGAH, Metal moderne expérimental

MESHUGGAH
Métal moderne expérimental
Formé en 1987, Meshuggah est un groupe de métal moderne suédois lorgnant vers la musique expérimentale…
Ce n’est qu’en 1991 que le groupe sort son premier album « Contradiction collapse », très vite Meshuggah acquiert une notoriété auprès des métalleux les plus ouverts…
Le groupe explose en 1995 avec son chef d’œuvre « Destroy Erase Improve » et signe chez Nuclear Blast, la maison de disques où ils resteront fidèles jusqu’à aujourd’hui…
« Destroy erase improve » est en avance de vingt ans sur les autres albums, la rythmique, les sonorités sont incroyables dans ce disque, nul autre n’est arrivé à un tel niveau, Meshuggah a inventé le métal moderne avec cet album monstrueux, ce sont EUX les premiers à avoir créé ce style, maintes fois repris après mais jamais égalé…
Meshuggah délivre une musique très atypique, reconnaissable entre mille, très lourde et oppressante, et d’une puissance phénoménale…
Le guitariste est équipé d’une guitare à huit cordes afin de donner un rendu encore plus technique et travaillé, la précision des compositions font de Meshuggah un groupe hors pair qui se distingue de tous les autres…
Il faut aller progressivement en écoutant la musique de Meshuggah car on peut vite arriver à saturation tant elle est hyper dense et fouillée…
Si l’on devait retenir les meilleurs albums, ce serait « Destroy erase improve », « Obzen » et « Nothing »…
Le double live CD/Blu ray « The Ophidian trek » est fabuleux et permet de bien se faire une idée de la puissance qu’ils dégagent sur scène…
Chaque album, chaque concert se vit comme une expérience à part entière et il faut être aguerri au Metal car des fois certains morceaux sont cauchemardesques…
Meshuggah est le groupe de metal moderne le plus original de sa catégorie, c’est indéniable…
Il suffit d’écouter des morceaux comme « Stengah », « Rational gaze » ou « Combustion » pour se rendre compte du niveau de qualité et de recherche dont fait preuve Meshuggah…
Un groupe à suivre de très près et qui n’a plus rien à prouver, Meshuggah est doté d’une surpuissance qui fera date dans l’histoire du Metal, on devient rapidement addicte et cette combinaison de sons fonctionne comme une drogue, je défie quiconque autre groupe de métal d’arriver à produire les mêmes sonorités que Meshuggah…
Un groupe incontournable et majeur dans la scène Metal à connaître impérativement !





dimanche 22 janvier 2017

HIGHLANDER de Russell Mulcahy, 1986

HIGHLANDER
de Russell Mulcahy
1986
Etats-Unis/Grande Bretagne
avec Christophe Lambert, Sean Connery, Clancy Brown, Beatie Edney, Roxanne Hart
Fantastique
116 minutes
Musique de Michael Kamen
Chansons de Queen
Budget : 16 000 000 dollars
Recettes au box- office mondial : 12 900 000 dollars
Entrées en France : 4 141 203 spectateurs
Synopsis :
1536, 1541 et 1985, Etats-Unis et Ecosse…
Russell Nash est un Highlander, un guerrier immortel qui combat contre d’autres surhommes, seule une décapitation peut le tuer, il est antiquaire à New York et assiste à un match de catch lorsqu’à l’issue du spectacle, il doit combattre contre Iman Fasil, un autre Highlander, dans le sous-sol du parking du Madison Square Garden, Nash en ressort victorieux mais se fait arrêter par la police…
Une employée du service médico- légal, Brenda Wyatt retourne sur les lieux du duel et extrait un morceau du sabre de Nash sur un impact, elle comprend que le fameux sabre a des siècles d’existence ! Elle décide de filer Nash alors que ce dernier est attaqué par Kurgan, un autre Highlander !
Au seizième siècle, Nash s’appelait Connor Mac Leod, de la famille des Mac Leod qui combattait le clan Fraser ; Kurgan, le chevalier noir, existait déjà, mais ne parvint pas à tuer Mac Leod, ce qui lui valut d’être banni car son immortalité semblait suspecte et le fit passer pour un sorcier maléfique…
Ramirez, un combattant d’origine égyptienne, formera Mac Leod et lui révèlera sa véritable identité de Highlander…
Ramirez sera tué par Kurgan…
Durant la seconde guerre mondiale, Mac Leod/Nash sauvera une fillette, Rachel, des mains d’un officier nazi, elle deviendra sa femme, plus tard dans les années quatre-vingts…
Kastagir est un Highlander pacifique ami de Mac Leod/Nash, un soir Kurgan le combat et le tue, Kurgan représente le mal incarné !
Brenda Wyatt, ayant cerné la vie de Nash/Mac Leod, finit par tomber amoureuse de lui, alors que Kurgan la kidnappe…
Un duel final sans merci entre Mac Leod et Kurgan conclut le film…
Mon avis :
Enorme succès au box-office dans l’hexagone, « Highlander » subit bizarrement un échec cuisant aux Etats-Unis, peut- être parce que la richesse du postulat et des séquences décontenança le public américain, quoiqu’il en soit c’est du très grand spectacle savamment orchestré par un Russell Mulcahy auréolé du succès de son précédent film « Razorback » et aguerri par la flopée de clips qu’il avait réalisé pour le groupe mythique des années quatre-vingts Duran Duran ; « clip » c’est le mot qui définit le mieux le style d’ »Highlander », un festival visuel et sensoriel ponctué de passages d’un esthétisme hors normes et très réussi…
Epique au summum et doté de combats à couper le souffle, « Highlander » est un grand film multi-genres (héroïc fantasy, aventures, film fantastique) et Christophe Lambert s’en sort à merveille, donnant une crédibilité à Connor Mac Leod avec son rire et son air charmeur, les seconds rôles sont épatants (Sean Connery tourna pendant une semaine seulement, il était bloqué par d’autres projets mais parvint à se libérer)…
Clancy Brown, le méchant Kurgan, semble sorti de « Mad Max 2 » le look cuir noir voulu par Mulcahy pour l’adversaire de Mac Leod semble fonctionner au-delà de toutes les espérances et le rend encore plus brutal et bourrin…
Les paysages d’Ecosse sont fabuleux et on en prend plein les mirettes, un peu comme pour les décors de Nouvelle Zélande que l’on trouve dans la trilogie du « Seigneur des anneaux », cette féérie renforce encore plus le côté « Héroïc fantasy » lors des séquences de flash backs et Mulcahy s’est particulièrement appliqué au niveau de la technique de son film, multipliant les trouvailles graphiques qui se révèlent bluffantes à chaque fois…
La musique de Queen en binôme avec celle de Michael Kamen est majestueuse et le générique final avec « It’s a kind of magic » donne une impression rassérénante au spectateur…
« Highlander » c’est quasiment deux heures de jubilation à savourer sans modération…
Les diverses suites et adaptations en dessins animés sont anecdotiques comparées à ce premier opus qui reste la référence…
Fantastique dans tous les sens du terme !

Note : 9.5/10





mardi 17 janvier 2017

La maison des damnés de John Hough, 1973

LA MAISON DES DAMNES
de John Hough
1973
Grande Bretagne
avec Roddy Mac Dowall, Pamela Franklin, Gayle Hunnicutt, Clive Revill, Roland Culver
Fantastique
90 minutes
d’après Richard Matheson
aka The legend of Hell house
en compétition au festival d’Avoriaz 1974
Synopsis :
Une province britannique, au mois de décembre 1973…
La maison Belasco est un immense domaine où s’érige un château, ce manoir a la réputation d’être hanté et possédé par des forces surnaturelles ; une équipe de scientifiques avait bien étudié les phénomènes qui s’y installaient, mais hélas, toutes les personnes qui s’y étaient rendus sont décédés !
Un milliardaire en fauteuil roulant mandate des gens pour y retourner afin de percer le mystère de la demeure, dans un premier temps et, dans un second temps de pratiquer un exorcisme afin de rendre vierge la bâtisse de tous démons ou forces occultes…
Florence Tanner, une jeune médium d’une vingtaine d’années, Benjamin Fischer, un scientifique très pragmatique, Ann Barrett et son mari le docteur Barrett ainsi que Rudoplh Deutsch, qui apportera une machine qui contrôle les ondes, sont réunis tous ensemble dans le château pour enquêter et étudier les lieux…
Dès leur arrivée, ils constatent que la tâche ne sera pas facile…
Mon avis :
La maison hantée est un thème de prédilection récurrent dans le cinéma fantastique, ici, dans « La maison des damnés » elle est mixée avec une histoire de paranormal, quarante ans avant la série des « Paranormal activity » ou même de « Conjuring » ; le succès du film « L’exorciste » sorti peu de temps avant, semble être passé par là, influençant le métrage, ce qui a donné une histoire hybride (la maison a remplacé le personnage de la jeune Regan du film de Friedkin) avec son lot de phénomènes démoniaques et le folklore sataniste fait partie intégrante du postulat du film…
Très efficace, « La maison des damnés » propose une immersion solide dans une psychose qui, d’abord hante les lieux, pour, in fine, se propager sur les protagonistes qui deviendront fous crescendo, le film comporte des séquences très flippantes et les effets de mise en scène sont moins tape à l’œil que contenus d’une simplicité qui produit un effet bluffant, les décors aidant à la peur provoquée, dans un climat étouffant et très vite qui se retournera sur les personnages…
« La maison des damnés » est donc un film de maisons hantées hyper atmosphérique, John Hough a tout misé sur le concept de l’enfermement (le film est un huis clos) et se sert du levier de l’inconnu (personne ne peut prédire ce qui va se passer) pour balader le spectateur pendant une heure trente, à grand renforts de rebondissements et d’effets chocs…
Les comédiens  du film sont tous impeccables et savent jouer en restituant habilement la peur puis la possession qui va prendre leurs corps et leurs esprits, au niveau technique, « La maison des damnés » multiplie les plans filmés du plafond ou les zooms en contre-plongée sur les visages et aussi une scène de tournoiement très rapide de caméra qui reste indélébile pour tout cinéphile…
On se plonge en étant très attentif dans un film d’épouvante parfaitement calibré et bien ancré dans le style des années soixante-dix et qui respecte à la lettre le genre, parvenant même à s’en démarquer tant la fascination que l’on a au moment du visionnage reste efficace…
Témoignage vintage d’un genre qui allait exploser à la fin des années soixante-dix avec la saga des « Amityville », « La maison des damnés » n’a rien perdu de sa force et son impact est toujours solide, même quarante ans après, son efficience à provoquer la flippe reste inégalée à ce jour, c’est un classique du cinéma fantastique d’outre-Manche qui n’a pas pris une ride…
Roddy Mac Dowall est impressionnant dans le passage où il est possédé et les trucages assez réalistes permettent de donner une force très persuasive à ce que John Hough a voulu entreprendre…
Bien connu et respecté des cinéphiles, « La maison des damnés » est un modèle du film de maisons hantées que l’on peut voir et revoir avec une grande délectation, pièce maitresse du film d’épouvante britannique avec les Hammer films, c’est un pur joyau que je vous recommande vigoureusement, le talent de John Hough et la qualité de sa mise en scène en font un classique…
Un pur régal !

Note : 9/10





lundi 16 janvier 2017

HAMMER d'Enzo G. Castellari, 1987

HAMMER
d’Enzo G. Castellari
1987
Italie/Etats unis
avec Daniel Greene, Melonee Rodgers, Jorge Gil, Donna Rosea, Deanna Lund
Polar actioner
90 minutes
aka Hammerhead
Edité en VHS chez René Château
Synopsis :
Miami, Etats-Unis, Kingston, Jamaïque, années quatre- vingts…
Hammer, un policier à la carrure colossale, reçoit un appel en urgence de son ami Greg, ce dernier est menacé par deux hommes qui cherchent à le liquider ; Hammer se rend sur un port où Greg lui a fixé un rendez- vous, hélas il est tué, écrasé par un container…
Hammer poursuit l’assaillant de Greg mais ne parvient pas à le neutraliser…
Hammer part en Jamaïque pour annoncer le décès de Greg à sa femme, Dee Dee ; arrivé à l’aéroport il retrouve José, un de ses plus fidèles amis, avec qui il fut compagnon de guerre, José flashe sur Julia, une brune aguicheuse…
Dee Dee est tabassée et échappe de peu à la mort ; décidé à venger la mort de Greg, Hammer remonte jusqu’à Carlos, un chef de gang local…
Hammer retrouve Marta, son ex petite amie, qu’il n’avait pas vue depuis six ans, celle-ci n’est pas très contente qu’il n’ait donné aucune nouvelle tout ce temps…
Marta a une fille, Rosalita, Hammer, réconcilié, comprend qu’il s’agit de sa fille !
Le policier Hendricks arrête Hammer après une poursuite monstre qui met la ville sens dessus dessous ; par une ruse de José, Hammer parvient à se faire libérer…
C’est alors que Marta et Rosalita sont kidnappées !
Mon avis :
Fidèle à son style burné et testostéroné qui fit sa marque de fabrique, Enzo Girolami Castellari a mis tout son cœur et les coudées franches dans ce « Hammer » qui contentera avant tout les fans d’action et de polars populaires, les plus observateurs devront ne pas se soucier des défauts de script ou des incohérences multiples avec des ficelles grosses comme des câbles et des dialogues au ras des pâquerettes…
On est là uniquement pour assister à un festival de « pif paf » et de bourrinages et il faut bien le reconnaître, Daniel Greene a mis toute sa bonne volonté, il a payé de sa personne effectuant lui-même ses cascades, pour un rendu franchement très efficace…
Hyper sexiste (Julia, l’appât, n’y va pas de main morte) et aux répliques ultra directes (« crêve, sale fils de pute ! »), « Hammer » est un polar qui ne fait pas dans la dentelle mais qui révèle une tonicité totale dans sa réalisation (Castellari a une grande expérience du cinéma populaire et des classiques au compteur –« Big racket » pour ne citer que lui-), du coup le spectateur se laisse prendre au jeu et ma foi, on passe un moment agréable !
Vers la fin, il y a deux passages gore avec une scie circulaire notamment ; les méchants sont tous punis et les bons triomphent, tout ceci est très manichéen et c’est ce qu’on voulait…
Il serait abusé de taxer Daniel Greene de « sous Jean Claude van Damme », « Hammer » se situant au même niveau que les métrages du belge kickboxer et Greene combat bien dans des bagarres carrées au timing solide ; la poursuite du début et celle sur les jet skis est efficace et l’ensemble est plutôt convaincant, le rythme tourne à fond les bananes, la forme est plus étoffée que le fond mais on en a pour son argent…
On visionne « Hammer » pour assister à de la castagne, pas pour se masturber le cerveau, dans ce cas : mission accomplie haut la main par un Castellari en pleine forme !
Bizarrement jamais édité en DVD, « Hammer » est donc un film assez rare qui n’est sorti qu’en VHS chez René Château, si vous tombez dessus à une brocante, allez y direct, c’est du bon spectacle, pas prétentieux pour deux sous et dirigé de main de maitre par un des meilleurs artisans du bis italien : Enzo Castellari
A cette époque, ce genre de film fonctionnait bien et contentait les milieux populaires comme les cinéphiles curieux aguerris aux nanars d’action, donc aucune barrière n’est à mettre !
« Hammer » est un bon polar reposant sur Daniel Greene et même si le bougre vient plutôt d’une salle de muscu que de l’actor’s studio, ce n’est pas très grave !
Mineur mais dépaysant…

Note : 6/10