jeudi 12 novembre 2020

La nuit des morts vivants de Tom Savini, 1990

LA NUIT DES MORTS VIVANTS

de Tom Savini

1990

Etats unis

avec Tony Todd, Tom Towles, Patricia Tallman, Bill Moseley, William Butler,

85 minutes

Film d’horreur

aka Night of living dead

Blu ray édité chez Sidonis Calysta

Budget : 4 200 000 dollars

Synopsis :

Un village de Pennsylvanie, au début des années quatre vingt-dix…

Barbara, une jeune femme, se rend avec son frère Johnnie pour fleurir une tombe dans le cimetière communal ; elle est rapidement attaquée par un mort vivant qui se trouvait là ; le zombie tue Johnnie et poursuit Barbara, qui parvient à s’enfuir !

Barbara trouve refuge dans une maison semblant être abandonnée…

Elle finit par y découvrir Ben, un homme lui aussi attaqué par les morts-vivants…

Ben propose à Barbara de barricader la maison en attendant de potentiels secours….

C’est alors qu’Harry, un homme qui se trouvait dans la cave avec sa femme Helen et leur fille Sarah, blessée et évanouie, sort de la cave…

Harry est irascible et s’en prend à Ben (on peut supposer qu’Harry est raciste, Ben étant un homme noir)…

La nuit tombe, et des dizaines de morts-vivants commencent à affluer devant la maison ; ils s’en prennent aux occupants malgré les barricades installées par Ben…

Un jeune homme et sa petite amie qui se trouvaient aussi dans la maison proposent d’aller chercher de l’essence pour utiliser une camionnette garée devant la maison…

Barbara, quant à elle, commence à être prise de panique et choisit de shooter un maximum de zombies avec le fusil que Ben lui a confié…

Une bagarre éclate entre Ben et Harry et soudain, Sarah, la gamine blessée (en fait mordue par un mort-vivant) devient elle-aussi une zombie !

La nuit tourne au cauchemar…

Ce n’est qu’au petit matin que des villageois arrivent près de la maison, ils ont installé des feux où ils brûlent les morts -vivants…

Que sont devenus Ben, Barbara, Harry, Helen et Sarah ?

Mon avis :

Cette « Nuit des morts vivants » remakée par Tom Savini est une immense réussite ; il a su garder les éléments de l’original qui faisaient sa force (le côté anxiogène, étouffant et claustrophobique de la maison où sont enfermés les protagonistes) et l’atmosphère pesante avec la menace sous-jacente et impossible à occulter des morts vivants qui pullulent dehors, en quête de chair humaine…

Savini est très respectueux de l’œuvre de George Romero et John Russo, il évite l’écueil du vulgaire copié/collé et conserve la qualité scénaristique de l’original tout en le modernisant…

La principale qualité de cette « Nuit des morts vivants » c’est la direction des acteurs : Tony Todd (futur « Candyman » deux ans plus tard), Tom Towles (inoubliable Otis de « Henry, portrait d’un serial killer », une nouvelle fois dans un rôle de crapule) et également l’excellente Patricia Tallman qui donne une « Barbara » tout à fait crédible, c’est même elle le rôle principal du film…

Grâce à ça, on y croit et la terreur se distille crescendo au fil des plans séquences, tous très bien mis en scène par un Savini parfaitement rôdé à son exercice…

C’est d’ailleurs pour cela que les purs cinéphiles ont le plus grand respect pour ce remake car il ne trahit en rien son illustre prédécesseur…

L’éditeur Sidonis Calysta a eu la bonne idée de sortir « La nuit des morts-vivants » en blu ray et c’est un vrai bonheur pour le visionner, les bonus sont intéressants et parlent des scènes coupées car beaucoup plus gore et violentes ; l’original de 1968 est un classique, et bien, ce remake de 1990 en est un également…

C’est peut être même un des meilleurs films de morts vivants des années 90 avec, de plus, une dimension effrayante qui fait mouche (il faut être rôdé pour le voir, tout cinéphile néophyte en la matière risque de se prendre une claque niveau trouille !)…

« La nuit des morts -vivants » version 1990 est un vrai chef d’œuvre à voir absolument et grâce à Sidonis Calysta, vous n’avez plus d’excuse !

Note : 10/10






 

Les premiers hommes dans la lune de Nathan Juran, 1964

 

LES PREMIERS HOMMES DANS LA LUNE

de Nathan Juran

1964

Grande Bretagne

avec Lionel Jeffries, Edward Judd, Martha Hyer, Miles Malleson, Gladys Henson

Film fantastique

103 minutes

Effets spéciaux de Ray Harryhausen

Produit par Charles H. Schneer

d’après le roman de H.G. Wells

aka First men in the moon

Blu ray édité chez Sidonis Calysta

Synopsis :

1964 et un flashback en 1899, un village de Grande Bretagne, un cottage…

En 1964, des astronautes de différentes nations parviennent à aller sur la Lune, lors de leurs investigations, ils trouvent un drapeau britannique !

Un vieil homme nommé Arnold Bedford, qui se trouve dans une maison de repos, prétend avoir été sur la Lune, mais personne ne voulait le croire !

Il raconte son histoire… Flashback en 1899…

Joseph Cavor, un scientifique hurluberlu, a inventé une pâte liquide qui permet « d’inverser » la gravité ; lorsqu’il colle la pâte sur le dossier d’une simple chaise, celle-ci s’envole jusqu’au plafond de la pièce où elle se trouvait !

Arnold Bedford (le vieillard du début du film, alors jeune) est amoureux de Kate Callender, une très belle femme, qu’il souhaite épouser !

Bedford veut racheter le cottage de Joseph Cavor…

Mais lorsque Bedford se rend chez Cavor, celui-ci ne l’écoute pas et n’a que faire de la vente du cottage ; il n’arrête pas de lui parler de sa découverte !

Bedford, d’abord exaspéré, finit par se rendre à l’évidence sur le caractère incroyable de la découverte de Cavor…

Cavor a créé un mini vaisseau spatial, il s’y place et invite Bedford à y entrer également ; Kate parvient à s’y introduire in extremis et voilà nos trois amis partis pour la stratosphère, puis sur la Lune !

De multiples surprises les attendent, notamment la découverte des Sélénites, des sortes d’hommes insectes qui vivent sur la Lune !

Cavor est fasciné, alors que Kate et Arnold Bedford, d’abord subjugués, songent à quitter l’endroit qui n’est pas sans dangers…

Alors que Bedford a réparé la capsule spatiale qui était endommagée, Cavor lui annonce qu’il refuse de quitter cet endroit lunaire !

Mon avis :

Comme à l’accoutumée dans les films de Nathan Juran, « Les premiers hommes dans la lune » est un pur enchantement, c’est un régal visuel et narratif, toujours gentillet et bon enfant, sans la moindre violence, mais attractif et fascinant…

Une histoire complètement délirante mais le spectateur se prête au jeu et Nathan Juran, par le talent déployé, parvient à nous rendre rapidement familiers les trois principaux protagonistes pour que, in fine, on s’attache à eux et qu’on soit pris dans l’histoire…

Les effets spéciaux de Ray Harryhausen fonctionnent à merveille et se déploient génialement pour insuffler une féérie au film, les comédiens sont en roue libre, comme envoutés par leurs rôles et le spectateur l’est de même, envouté et impliqué, on ne décroche pas une seule seconde, avec ce récit du vieil homme décliné en flashback, c’est un procédé cinématographique qui fonctionne quasiment toujours car il est très efficace pour maintenir l’attention et l’intérêt que le spectateur a pour le film…

Régal pour tout cinéphile, « Les premiers hommes dans la lune » (oui « dans » la lune et pas « sur » la lune, puisque les héros se trouvent « à l’intérieur » de la lune)

on a le bonheur de pouvoir le visionner en blu ray grâce à l’éditeur Sidonis Calysta et là, ça tient du miracle ! Image impeccable, super packaging, c’est l’idéal pour découvrir ou redécouvrir ce film, cette initiative tient du pur miracle !

« Les premiers hommes dans la  lune » fait partie de cette race de films qui font un bien fou, comme « Voyage au centre de la terre » de Henry Levin ou « L’île mystérieuse » de Cy Endfield, ça se visionne religieusement, le cinéphile jubile et le spectacle est familial, même les enfants peuvent le voir sans la moindre crainte…

Maintenant que l’occasion se présente, ne ratez pas « Les premiers hommes dans la lune », c’est du bonheur en barres et un joyau du film fantastique britannique des années soixante, on est pratiquement obligés d’adorer ce film sans prétention, mais véritablement bain de jouvence…

Un régal absolu !

Note : 10/10







Peur sur la ville de Henri Verneuil, 1975

 

PEUR SUR LA VILLE

d’Henri Verneuil

1975

France/Italie

avec Jean-Paul Belmondo, Charles Denner, Rosy Varte, Adalberto Marla Merli, Philippe Brigaud, Léa Massari, Catherine Morin, Jean François Balmer, Giovanni Cianfriglia

Polar violent/giallo

Dialogues de Francis Veber

Musique d’Ennio Morricone

120 minutes

Budget : 12 000 000 francs

Synopsis :

Paris, France, milieu des années soixante-dix…

Nora Elmer, une jeune femme, est harcelée au téléphone par un maniaque sexuel, la jeune femme prévient police -secours mais l’opérateur lui dit de ne pas s’inquiéter ;lorsque le sadique dit à Nora Elmer qu’il va venir chez elle, celle-ci panique et fait une crise cardiaque puis se jette dans le vide !

Le commissaire Letellier et son adjoint, l’inspecteur Moissac sont chargés de l’affaire ; leur responsable les missionne pour rencontrer d’autres femmes aussi menacées…

Le sadique détraqué sexuel envoie des courriers à Letellier et dit s’appeler « Minos » en hommage à « l’enfer » de Dante…

Mais Letellier a une seconde affaire à gérer, il veut absolument coincer Marcucci, un dangereux criminel, qui lui a coûté son poste de chef de l’anti-gang lors d’une fusillade qui a mal tourné où un passant fut tué !

Pour se faire, Letellier a interrogé un bistrotier surnommé Cacahuète qui lui a promis de lui donner des informations dès qu’il verrait Marcucci ; en échange Letellier ferme les yeux sur le fait que des Maliens sont logés dans la cave du bar de Cacahuète…

C’est alors que Minos refait parler de lui et tue par strangulation Germaine Doizon, une femme volage…

Cela va entrainer une immense course poursuite entre Letellier et Minos sur les toits de la capitale, mais Letellier est informé que Marcucci est revenu sur Paris ; Letellier prend la décision d’abandonner la course avec Minos et fonce appréhender Marcucci ;  après une course poursuite dantesque dans le métro, Letellier finit par neutraliser Marcucci, qui se tue en tombant d’une rame !

La presse n’est pas tendre avec Letellier et ce dernier subit les foudres de sa hiérarchie ; Minos est en fait Pierre Valdeck, un infirmier collègue d’Hélène Grammont et c’est précisément Hélène que Letellier est chargé de protéger suite à des menaces qu’elle a reçues !

Alors que Minos tue une nouvelle fois en étranglant Hélène dans les vestiaires de l’hôpital, il communique de nouveau avec Letellier…

Minos balance une grenade sur l’entrée d’un cinéma qui projette un film érotique avec Pamela Sweet, une actrice, puis Minos séquestre Pamela Sweet, sa fille, son mari et la nurse de sa fille…

Letellier fait appel à un hélicoptère du GIGN pour s’introduire chez Pamela Sweet par les airs, il piège Minos en mettant un message enregistré par radio, lui faisant croire qu’il se trouve en bas de la tour !

Mon avis :

Bon bah c’est pas compliqué : « Peur sur la ville » c’est une T-U-E-R-I-E !!!!!!

C’est sans doute le meilleur film de Jean-Paul Belmondo ou du moins son film préféré des cinéphiles avec « Un singe en hiver » !

Ça n’arrête jamais, une dynamique de malades où l’action ne faiblit JAMAIS, c’est mené à fond les gamelles, deux heures de raclée totale !

Les dialogues géniaux de Francis Veber et la musique hyper stressante d’Ennio Morricone donnent un piment de folie au film, qui comportent des tas de scènes culte (la poursuite dans le métro, le passage avec les mannequins à la Galerie Lafayette, le final de oufs avec l’hélico, tout est au TOP)…

Belmondo effectue toutes ses cascades lui-même et prend des risques énormes, Henri Verneuil filme avec génie et application son histoire, le personnage de Minos, le maniaque sexuel, fout vraiment les chocottes (et pas uniquement qu’au public féminin !), le coup de l’œil de verre, il fallait y penser et c’est ce gimmick qui va faire tout bousculer et faire résoudre à Letellier/Belmondo l’affaire !

Les seconds rôles sont formidables, Charles Denner en tête, mais aussi tous les éléments féminins du film ; Adalberto Marla Merli, l’acteur qui joue Minos est excellent, d’ailleurs on le retrouvera, trente ans plus tard dans « The card Player » de Dario Argento, dans un rôle totalement différent !

Et puis c’est une taule totale l’idée de l’actrice de X, Pamela Sweet, qui se fait séquestrer par ce malade de Minos, une pure chierie de la part d’Henri Verneuil, un kiff de fous ! et l’arrivée de Belmondo en filin avec l’hélico qui met une dérouillée à Minos et le met ENFIN hors d’état de nuire, c’est juste démentiel !

Rien à dire, tout est top nickel dans « Peur sur la ville » il n’y a rien à reprocher à ce film, qui se suit de façon linéaire et avec beaucoup de plaisir de cinéphile !

On peut le voir et le revoir des dizaines de fois, le bonheur est intact à chaque fois, rarement un film policier ne provoque autant de sensations, c’est énorme !

On peut même dire que « Peur sur la ville » fait penser, dans sa trame, à un giallo italien et les fans de ce genre font jubiler en le visionnant !

Un film comme on n’en fait plus de nos jours, un chef d’œuvre de A à Z, une pépite des années 70 à avoir visionné impérativement…

Si on devait retenir un seul film avec Jean-Paul Belmondo dans ceux qu’il a tournés dans les années 70, ce serait celui-ci !

Note : 20/20











 

dimanche 8 novembre 2020

Je suis une légende de Francis Lawrence, 2007

JE SUIS UNE LEGENDE

de Francis Lawrence

2007

Etats-Unis

avec Will Smith, Alice Braga, Willow Smith, Charlie Tahan, Salli Richardson Whitfield

Film fantastique

104 minutes

Budget : 150 000 000 dollars

Recettes au box-office américain : 256 386 000 dollars

Synopsis :

Etats-Unis, en 2009…

Une pandémie a infecté la terre, Robert Neville, un très grand scientifique, semble être le seul survivant, il avait créé un antidote qu’il s’était injecté mais celle-ci n’a pas fonctionné sur la population qui a soit décédé soit qui est devenue des sortes de mutants dangereux, qui sont terrés dans la ville et qui ne sortent que la nuit…

Robert Neville arpente la ville avec sa chienne et erre à la recherche de potentiels autres survivants…

Il se remémore par flash backs ses moments avec sa femme Zoe et sa fille Marley, appelée comme ceci en hommage à Bob Marley, Neville écoute souvent les morceaux de cet artiste…

Lors d’une attaque avec des mutants, la chienne de Robert Neville est tuée…

Robert se réveille après l’altercation et découvre Anna, une jeune femme et son fils ; ils sont d’autres survivants à la pandémie !

D’abord réticent, Neville accepte d’expliquer et de raconter son histoire à Anna, qui comprend parfaitement la situation…

Neville, revigoré, conduit Anna et son fils dans le laboratoire où il a identifié le virus et créé l’antidote…

Mais des centaines de mutants zombies l’ont suivi et Neville a bien du mal à se dépêtrer de ces créatures belliqueuses et avides de chair humaine !

Alors que les mutants brisent la glace de protection du laboratoire, Robert Neville, dans un sursaut d’héroïsme, fait passer Anna et son fils dans une trappe et dégoupille une grenade dans le laboratoire !

Anna et son fils parviendront à rejoindre une base militaire située à la périphérie de la ville et Neville deviendra un héros pour la nation toute entière !

Mon avis :

Adapté de la nouvelle de Richard Matheson, ce « Je suis une légende » version Will Smith en 2007 est un film sans aucune âme, tape à l’œil, frimeur et pas du tout dans la lignée des films de zombies connus à ce jour ;le film souffre d’un manque flagrant de consistance, c’est un « festival » Will Smith avec sa bagnole à fond la caisse et des effets d’esbroufe foireux ; même les « zombies « ressemblent à tout sauf à des zombies (mutants chauves en CGI hideux, pas besoin de se casser pour le maquillage, on imagine ce qu’aurait fait un Tom Savini s’il avait été employé pour ce film, c’est une cata !)…

On est hyper déçu et pourtant Francis Lawrence avait un boulevard devant lui et surtout 150 000 000 dollars de budget !

Au bout du premier quart d’heure, le film ne décolle plus, on s’ennuie vite et rien ne fera rebondir l’action, pataude et anémiée !

« Je suis une légende » est friqué à outrance mais l’argent mis à disposition est mal exploité, sauf pour les scènes de plans désertiques de la ville, c’est d’ailleurs ce qui a coûté le plus cher à la production !

Les zombies courent comme des dératés, un comble ! ils ne font pas du tout peur et sont illisibles, on a du mal à les identifier, ils sont filmés par masses, ce qui les rend encore plus indiscernables !

« Je suis une légende » n’est pas un film de cinéphiles mais du cinéma Macdo pour ados qui n’y connaissent rien en film de zombies !

C’est d’autant plus déplorable qu’à la base Will Smith n’est pas un mauvais acteur mais le réalisateur Francis Lawrence a voulu s’approprier le mythe de ce genre alors qu’il n’a sans doute jamais vu des films comme « Day of the dead » ou « Zombie », il se contente d’aligner les séquences sans la moindre application, aucune référence n’est faite à ses prédécesseurs, il aurait dû prendre l’exemple de Zack Snyder avec « L’armée des morts », on ne lui demandait pas la lune mais juste de faire triper le spectateur, ici c’est un zéro pointé !

Le film repose à 90 % sur le personnage de Neville, les mutants zombies sont relégués au second plan alors qu’ils auraient dû être mis beaucoup plus en avant !

On ne retient pas grand-chose de « Je suis une légende » sauf le fait d’avoir assisté à quelque chose de vide et sans la moindre âme…

On a qu’une envie, se refaire un bon vieux Fulci comme « L’enfer des zombies » et oublier ce que l’on vient de voir…

Quel dommage et surtout quel gâchis !

Ça n’a pas empêché le film d’être un succès en salles et en DVD, le public friand d’entertainment basique et schématique y a néanmoins trouvé son compte, tant mieux pour Will Smith et les producteurs et…tant pis pour les cinéphiles exigeants !

« Je suis une légende » est l’exemple de comment perçoivent les producteurs de machines à fric sans se soucier de la crédibilité d’un genre…

A oublier au plus vite !

Note : 3.5/10







 

10 000 de Roland Emmerich, 2008

 

10 000

de Roland Emmerich

2008

Etats-Unis

avec Camilla Belle, Steven Strait, Cliff Curtis, Affif Ben Badra, Nathanael Baring

Film d’aventures fantastiques

109 minutes

Budget : 105 000 000 dollars

Recettes mondiales au box-office : 269 052 025 dollars

Synopsis :

En l’an 10 000 avant Jésus-Christ, dans une région montagneuse et rocheuse…

Evolet est une jeune femme d’une beauté incroyable, elle est orpheline ; D’Leh est un jeune homme guerrier, il est fou amoureux d’Evolet ; avec ses compagnons de la fratrie comme Tic tic, Evolet et D’Leh font partie de la tribu des Yagahl, ils combattent des sortes d’animaux sauvages ressemblant à des mammouths préhistoriques…

Un jour, des guerriers orientaux massacrent et kidnappent les membres de la tribu Yagahl, ils enlèvent Evolet !

D’Leh part pour la sauver et retrouver Evolet ; plus tard, D’Leh découvre des esclaves qui sont menés dans le désert, en vue de construire une gigantesque pyramide…

Il parvient à sauver Evolet, qui est devenue une sorte de divinité ; le chef des barbares veut en faire sa femme, mais celle-ci le refuse…

La pyramide avance dans sa construction mais de multiples combats ont lieu !

D’Leh et Evolet pourront-ils contrecarrer les plans du guerrier sanguinaire ?

Mon avis :

Vous l’aurez compris à l’énoncé du synopsis, « 10 000 » est un portnawak complet qui prend des libertés énormes avec le temps et la préhistoire !

Le film est bourré d’anachronismes et il est complètement impossible que l’action se passe 10 000 années avant Jésus-Christ !

Mais bon c’est du Emmerich donc si on ne se pose pas trop de questions, on peut arriver à acquiescer et se laisser charmer par l’histoire, car les plans séquences sont grandioses et le film hyper bien foutu !

Les décors, même s’il s’agit de trucages numériques, sont magnifiques, on s’en prend plein la tronche ; outre l’aspect un peu ridicule de certains passages et des situations capilotractées, « 10 000 » remplit son contrat, à savoir : divertir le spectateur, et ça marche !

Il y a pas mal de clichés dans les antagonismes et toujours le combat manichéen bien/mal, gentils/méchants, mais « 10 000 » peut être vu par tous les publics, ici pas de violence mais un côté flamboyant, comme si Roland Emmerich voulait redorer le blason du film d’aventures fantastiques ; c’est une obsession chez lui, il suffit de voir ses précédents films comme « Stargate » ou « Independence day », Emmerich joue toujours sur la carte de l’aventure épique et se contrefiche du reste, au risque de « nanardiser » ses métrages…

Après, on peut aisément comprendre que beaucoup de cinéphiles détestent son cinéma, tout comme certains cinéphiles peuvent apprécier son travail !

Je me situe un peu entre les deux catégories, mi- figue mi- raisin, certes il faut reconnaître à Roland Emmerich un grand côté naïf mais de là à dire qu’il prend les spectateurs pour des cons, il leur donne, en fait, du rêve et ce n’est déjà pas si mal !

« 10 000 » est donc un spectacle familial, sympathique et, malgré des anachronismes à la pelle, il faut passer outre et reconnaître qu’il serait de mauvaise foi de dire que le film n’a que des défauts, il a aussi pas mal de qualités : une dynamique, des paysages somptueux et des fulgurances appropriées à l’histoire (les animaux sauvages, la construction de la monumentale pyramide, la beauté d’Evolet), tout compte fait c’est du pur Emmerich, « 10 000 » ne déroge pas à la règle du cinéaste, après il laisse le spectateur seul juge, mais ne le prend pas en traitre, il fait du Emmerich point barre, ça plait ou ça déplait, ça passe ou ça casse, mais c’est le style Emmerich !

J’ai tout de même passé un agréable moment et je vous recommande ce film en visionnage familial, les enfants apprécieront et seront fascinés, tout comme les adultes tolérants…

A voir tout de même, ce n’est pas la purge annoncée et il y a de bons moments !

Note : 6.5/10








 

lundi 2 novembre 2020

Je suis timide mais je me soigne de Pierre Richard, 1978

 

JE SUIS TIMIDE MAIS JE ME SOIGNE

de Pierre Richard

1978

France

avec Pierre Richard, Aldo Maccione, Mimi Coutelier, Jacques François, Robert Castel, Hélène Manesse, Catherine Lachens

Comédie de mœurs

90 minutes

Musique de Vladimir Cosma

Synopsis :

France, à la fin des années soixante-dix…

Pierre Renaud est caissier dans un palace de Vichy, il souffre très gravement d’une timidité maladive et n’arrive pas à s’en défaire…

Il contacte Aldo Ferrari, un homme qui travaille dans un cabinet de psychologie, afin de résoudre sa pathologie ; Ferrari donne des cassettes audio à Pierre avec des consignes pour endiguer sa timidité…

C’est alors que Pierre remarque une très belle femme, Agnès Jensen,  dont il tombe follement amoureux !

Pierre, avec l’aide d’Aldo, décide de suivre la jeune femme, dans tous ses déplacements ; celle-ci va de palaces en palaces et Pierre a bien du mal à se faire remarquer d’elle, malgré des efforts où il commet des gaffes monumentales !

Il se fait embaucher comme plongeur sous la houlette de Monsieur Henri, mais casse toutes ses assiettes !

Il assiste à une partie de pétanque avec Trinita, une figure locale, mais la partie de boules finit en pugilat…

Dans des commerces, Pierre créée la confusion en demandant des slips, des chemises ; sa maladresse va de pair avec sa timidité !

Aldo parviendra t-il à faire enlever à Pierre sa tare et lui permettra t-il à retrouver une assurance en lui ?

La belle Agnès est en fait un mannequin pour une célèbre marque de pâtes qui avait gagné une semaine dans plusieurs palaces du pays !

Malgré tout cela, Pierre arrivera t-il à ses fins ?

Mon avis :

Pierre Richard est habitué à des rôles de personnages borderline, on l’a vu dans ses précédents films comme « Le distrait » ou « Les malheurs d’Alfred », ici il choisit de ne pas déroger à la règle et signe ce « Je suis timide mais je me soigne », pas plus mauvais que les autres et avec l’originalité d’intégrer le personnage d’Aldo Maccione qui suit en permanence Pierre Richard dans ses périples…

Pierre Richard est fou amoureux d’une très belle femme mais n’arrive pas à se débarrasser de sa timidité maladive, ce qui va occasionner nombre de gags et de situations cocasses…

Soyons nets, le film est très bien réalisé, c’est Pierre Richard lui-même qui est aux manettes et il maitrise la caméra ; on a droit à quelques séquences culte (l’achat des slips dans le magasin, le char à voile -très dur passage à mettre en scène-, le plan avec Robert Castel en pleine partie de pétanque) mais aussi des moments proches de la débilité (les spaghettis sur la tête du client) et des seconds rôles hilarants (la camionneuse Catherine Lachens avec le gros chien, Jacques François en maitre d’hôtel avec le lavage des assiettes), à noter la présence d’Hélène Manesse que les fans des premiers épîsodes des « Brigades du tigre » auront reconnue, c’est la femme de Perrotey dans « Les vautours », très belle femme…

Maccione fait du Maccione mais sait donner de l’aplomb dans ses textes, il a des monologues difficiles à apprendre et s’en sort très bien, prouvant une nouvelle fois ses talents d’acteur ; « Je suis timide mais je me soigne » ne peut donc pas être catalogué comme un nanar, car Pierre Richard insère une dose de poésie à son film, le rendant même touchant…

On se prend facilement au jeu avec ce film et on se laisse glisser dans l’intrigue de manière fluide, si vous aimez le cinéma de Pierre Richard, si vous y êtes sensible, vous ne pourrez qu’adhérer, malgré que ce ne soit pas le meilleur film qu’il ait fait…

« Je suis timide mais je me soigne » c’est vintage et il est clair que ça a pris un sacré coup de vieux, mais c’est bougrement sympathique à visionner !

Un film tonique, euphorisant et gentillet, qui fut un immense succès public à sa sortie, aujourd’hui hors d’âge mais parfois ça fait du bien de revoir ces témoignages des années soixante -dix, toute une époque !

Une pierre à l’édifice de la comédie française façon Pierre Richard, ne vous privez pas de le voir !

« Je suis timide mais je me soigne » est trouvable dans le coffret 3 DVD Aldo Maccione sorti chez studiocanal pour pas cher, l’image est de qualité, c’est un must have donc foncez !

Note : 6.5/10








Death sentence de James Wan, 2007

 

DEATH SENTENCE

de James Wan

2007

Etats-Unis

avec Kevin Bacon, Kelly Preston, Garreth Hedlund, John Goodman, Aisha Tyler

Polar urbain/vigilante movie

105 minutes

Synopsis :

Une ville des Etats-Unis, au milieu des années deux mille…

Nick Hume, un cadre d’une grande entreprise, vit de façon aisée avec sa famille, il y a Helen, sa femme, une ravissante épouse, et leurs deux fils…

Tout se passe admirablement, la famille ne manque de rien et tout réussit à Nick Hume, aussi bien dans son couple que dans son travail…

Jusqu’au jour où tout bascule lorsque Nick part prendre de l’essence dans une station- service et que Brendan, un de ses fils, est tué par des voyous qui pillaient la station-service !

Nick, fou de rage, poursuit les malfaiteurs et a le temps d’en tuer un, les autres s’enfuient !

Le meurtrier du fils de Nick est Billy Darley, son père, Bones Darley, vend des armes de gros calibres clandestinement…

Nick est anéanti…

La policière, Wallis, retrouve Billy Darley et un procès a lieu, mais faute de preuves tangibles (c’est la parole de Nick contre la parole de l’avocat de Darley !), Billy Darley est relaxé et relâché !

A sa sortie du tribunal, ses amis du gang le retrouvent pour le féliciter !

Dès lors, Nick n’a plus qu’une obsession : venger son fils Brendan et retrouver la totalité des membres du gang pour les tuer !

Une lutte à mort est enclenchée et rien ne pourra arrêter Nick !

Transformé en bête sauvage, il va appréhender ces voyous un par un avec comme seul but de nettoyer la ville !

Mon avis :

Film basé sur l’autodéfense et la vengeance personnelle après des actes de violences urbaines, « Death sentence » est un film très efficace qui emprunte à ses ainés le même postulat…

On pense à « Un justicier dans la ville » avec Bronson et ses nombreuses suites mais aussi à « Vigilante » de William Lustig (avec la scène du procès qui en est un pur copié collé), James Wan connaît son job et nous donne un pur film uppercut avec un Kevin Bacon incroyable et sidérant d’authenticité dans un rôle proche de celui tenu par Dustin Hoffman dans « Les chiens de paille » de Sam Peckinpah (un homme doux comme un agneau et inoffensif qui se mute en tueur fou et dégénéré)…

Autant dire que « Death sentence » ça barde complètement, c’est un métrage rude et sans pitié, ponctué de scènes d’anthologie (le parking, passage de folie !!!) ; seuls bémols, certains moments ne sont pas du tout crédibles (Kevin Bacon s’échappe de l’hôpital et rentre chez lui sans qu’on l’appréhende !, les protagonistes se prennent huit bastos et se relèvent et courent !) ; de plus la police est totalement incompétente et pas du tout réaliste, cela ne se passerait pas du tout comme ça dans la réalité, tout comme le procès, où la racaille nargue le père de la victime, je veux bien qu’on soit aux Etats-Unis, mais les ficelles sont grosses comme des câbles de téléphérique !

Au niveau de l’action, le film et son timing sont nickels, dès l’entame  le spectateur est bien pris dans l’histoire et la dose d’ultra-violence est parfaitement distillée tout le long du film !

Les fans des « Death wish » et de « Vigilante » seront comblés et les cinéphiles, en général, apprécieront le spectacle !

Film grave et tonique en même temps, « Death sentence » renouvelle le vigilante movie et y apporte une touche moderne, ce genre tombant quelque peu en déclin, James Wan apporte une plus -value avec vigueur et soin, hormis les invraisemblances citées plus haut ; ces dernières ne gâchent quand même pas le film et les amateurs de violence visuelle et cinéphilique trouvent leur compte avec « Death sentence », qui devint très vite un film culte et référence…

Film à la violence viscérale, « Death sentence » est à voir impérativement, pour le jeu de Kevin Bacon et pour le modernisme dont fait preuve James Wan dans sa mise en scène…

Excellentissime !

Note : 7.5/10