samedi 17 août 2013

Little big man d'Arthur Penn, 1970


LITTLE BIG MAN

d'Arthur Penn

Etats Unis

1970

avec Dustin Hoffman, Faye Dunaway

Fresque historique biographique

135 minutes

Synopsis :

Jack Crabb est un vieillard âgé de 121 ans (!) qui a eu un parcours hors normes et une vie dense, il raconte à un journaliste ses pérégrinations, de son enlèvement par des indiens alors qu'il était tout petit jusqu'à son entrée dans la cavalerie régie par Mac Cluster, sa rencontre avec Louise Pendrake, ses diverses éducations (religieuses ou de la vie) et ses malheurs (l'alcoolisme), tout est passé au crible et raconté en voix off par Crabb, qui fut surnommé par la tribu qui l'adopta, le "Grand petit homme" ("Little Big Man")...

Sur fond de génocide barbare mais aussi avec tendresse et humour, l'existence de Little big man restera un témoignage de toute une histoire des Etats Unis...

Arthur Penn décide de nous la raconter ici...

Mon avis :

Film monumental en tous points, "Little Big Man" aborde des thématiques d'une richesse imparable et frôle la perfection, aussi bien dans sa mise en images que dans son déroulé scénaristique...

Attention, il ne s'agit pas d'un western mais d'un film beaucoup plus subtil !

Par le biais du personnage vecteur de Little Big Man, Arthur Penn égratigne copieusement un pan de l'histoire des Etats Unis et renvoie dos à dos religion et politique de l'époque au rang d'abjections, le tout non sans humour et avec des passages à la fois aigres et tendres, touchants ou hilarants...

La composition de Dustin Hofmann est sidérante de justesse et confond un personnage frêle et fort en même temps, disciple et régisseur, passant d'un camp à l'autre sans encombres et avec une facilité déconcertante...

La mise en scène de Penn privilégie les grands espaces, une caméra fluide et un montage minutieux permettent de renforcer l'intérêt que le spectateur a pour une intrigue très dense mais Penn opte pour un évitement des redondances, ce qui maintient l'attention...

Dès l'entame du métrage, on comprend aisément que l'on a affaire à une oeuvre intelligente, mais pas ennuyeuse, qui évite le piège de "donner des leçons" et qui refuse le parti pris d'un camp pour l'autre, on suit l'histoire avec délectation et le talent du cinéaste suit derrière, amplifiée par des thèses métaphoriques très appuyées (la religion, la politique, les génocides et leurs conséquences, l'avance inexorable vers la mort...)...

Les personnages cocasses pullulent dans "Little Big Man" mais tout est étudié pour qu'ils demeurent des clins d'oeil (l'indien homosexuel, la mort de Wild Bill Hickok, la bataille de Little Big Horn), la préoccupation première de Penn étant le personnage de Crabb qui sera le levier et le point angulaire de tout son film, à la fois "repère" pour le réalisateur et pour le spectateur...

Restant très tonique et d'un dynamisme omniprésent, "Little Big Man" a le mérite rare de divertir tout en faisant réfléchir, d'aborder des thématiques qui s'articulent avec l'histoire contemporaine et de mettre en lumière les bases d'un humanisme qui fut souvent bafoué...

D'une précision ciselée et d'une beauté dans son propos encore très moderne (le film a 43 ans !), "Little Big Man" est un immense chef d'oeuvre qu'il faut avoir visionné impérativement pour comprendre l'étendue et la puissance de sa portée universelle, car il pourrait s'appliquer sur bien d'autres supports ou exemples, autres que ceux du folklore inhérent au far west...

Note : 10/10







dimanche 11 août 2013

La soif du mal d'Orson Welles, 1957


LA SOIF DU MAL

aka Touch of evil

de Orson Welles

Etats Unis

1957

avec Charlton Heston, Janet Leigh, Orson Welles, Marlène Dietrich, Zsa Zsa Gabor

Polar très noir révolutionnaire

106 minutes

Musique de Henry Mancini

Synopsis :

Une ville juste à la frontière américano mexicaine, dans les années 50...

Hank Quinlan, un inspecteur de police est chargé de retrouver le coupable d'un attentat à la bombe...

Vargas, un diplomate travaillant au consul et sa femme Susan se retrouvent mêlés à l'enquête...

Quinlan est un ancien alcoolique qui a pour habitude d'aller chez Tania, une bohémienne cartomancienne...

De fil en aiguille, Vargas laisse son épouse se réfugier dans un motel perdu appelé le Mirador...

Grandy s'avère être le coupable idéal selon les investigations de Quinlan mais Vargas découvre qu'il s'agit d'un coup monté, Quinlan "fabriquant" des preuves pour l'inculper...

Une course contre la montre est dès lors engagée, alors que Susan est en danger au motel, des voyous du clan Grandy l'ayant droguée et agressée !

Vargas sauvera t-il son épouse ?

Quinlan sera t-il stoppé dans sa course folle ?

La justice et la vérité triompheront elles de la fourberie et de la machination ?

Mon avis :

Dès le début du film avec un plan séquence hors normes, le spectateur mesure le niveau et l'immense talent de Welles qui signe ici un véritable tour de force cinématographique, leçon de cinéma à chaque plan et chef d'oeuvre intemporel ultra maîtrisé, revigorant le film noir américain avec brio et fascination...

Pratiquement sans cesse tourné la nuit et doté d'un dynamisme et d'un mouvement perpétuel calibré au millimètre près, "La soif du mal" dispose d'une grâce, d'un sens de l'intrigue jamais vus auparavant...

Tous les acteurs sont monumentaux et même les petits rôles s'avèrent légendaires (comme Marlène Dietrich à la beauté sublimée ou le veilleur de nuit qui relève de l'autisme), la caméra virevolte en tourbillonnant avec maestria, Welles insufflant une dimension mythique et mystique à son histoire, faisant une articulation avec un scénario imparable et presque chirurgical...

Le titre du film se justifie doublement, à la fois pour le rapport à l'alcool de Quinlan mais aussi pour sa perversité maladive à faire condamner des innocents, comme "assoiffé" par ce mal qui le ronge au plus profond, comme une pathologie névrotique (certains passages font penser à un cauchemar en live, notamment le mort qui surplombe les barreaux du lit ou le visage de la femme aveugle), Welles ne ménage personne et prend un malin plaisir certain à déstabiliser le spectateur afin de mieux (des)servir le propos d'une intrigue à la cadence infernale...

A la mise en scène ciselée à l'extrême et à la mise en images flamboyante et divine, "La soif du mal" est le témoignage d'un renouveau pour le polar des années 50 d'outre Atlantique et il est indispensable de l'avoir visionné pour comprendre et réfléchir sur l'influence qu'il a pu donner sur le septième art, impactant tout un pan des réalisateurs hollywoodiens et sublimé par une modernité encore inégalée à ce jour...

Note : 10/10







dimanche 4 août 2013

Le sang du vampire de Henry Cass, 1958


LE SANG DU VAMPIRE

aka Blood of the vampire

de Henry Cass

Grande Bretagne

1958

avec Donald Wolfit, Barbara Shelley

Epouvante vampirique

84 minutes

édité chez Artus films

Synopsis :

Transylvanie, à la fin du dix neuvième siècle...

Un médecin aux antécédents douteux est tué et inhumé un soir par une poignée d'hommes méfiants...

Karl, le valet du "défunt" l'exhume et l'emmène dans un endroit où un médecin peu scrupuleux va le ramener à la vie en lui inoculant un rythme cardiaque via un coeur humain prélevé sur un autre corps...

Karlstatdt, six années se sont écoulées...

Le docteur Calistratus dirige une prison psychiatrique où il fait trimer ses occupants...

Pierre, un médecin accusé à tort d'un forfait qu'il n'a pas commis, intègre le lieu...

Calistratus le prend comme assistant dans son laboratoire en sous sol...

Que cache Calistratus ?

Quelle est cette mystérieuse raison qui le pousse à prélever le sang de prisonniers tués par ses sbires ou dévorés par ses chiens ?

Pierre parviendra t-il à s'évader et à prouver son innocence ?

Mon avis :

Ce qu'il y a de fascinant et d'extrêmement original dans "le Sang du vampire" c'est que Cass réinvente totalement le genre déjà exploité précédemment, en "mixant" des classiques comme les Frankenstein, les Dracula et même un peu le "Chien des Baskerville", Jimmy Sangster est aux commandes et on sent bien sa patte avant qu'il devienne le réalisateur fétiche de la Hammer...

Par le biais de la transfusion sanguine, il est combiné des idées géniales dans ce métrage !

Les prisonniers vivant l'enfer rappellent les camps de concentration et Calistratus fait un peu penser à Mengele !

Karl, son bras droit, est un personnage qui évoque la frayeur et il est prêt à sortir son surin à la première occasion...

Les acteurs sont vêtus de haillons et on voit les gouttes de sueur dégouliner de leur front : tout ceci intègre un réalisme et, de plus, l'intrigue et l'action ne faillissent jamais, du beau travail !

Beaucoup de plans évoquent l'âge d'or du cinéma fantastique d'outre Manche et les décors rendent très bien, même si on voit bien que le château qui s'élève dans les ténèbres a été peint...

Wolfit a un visage très charismatique et permet de créer un lien avec l'ambiance du film, déjà anxiogène, pour amplifier la peur et l'horreur !

De sa survie dépend le destin de Pierre et de sa dulcinée !

Un final sous tension et apocalyptique restera longtemps dans les mémoires de cinéphiles qui redécouvriront miraculeusement "Le sang du vampire" grâce à la magnifique édition d'Artus Films qui, une nouvelle fois, exhume un des plus grands chefs d'oeuvre du genre !

Exemplaire et passionnant dans sa démarche de revigorer le style du film vampirique, "Le sang du vampire" s'impose sans conteste comme une grande réussite et explore avec magie et dynamisme un aspect méconnu voire moderne d'un genre alors en plein essor, déviation des codes précédents entérinés par Terence Fisher, et redonne grâce et noblesse au cinéma fantastique britannique...

Un must have absolu !

Note : 10/10





dimanche 28 juillet 2013

ZOMBIE 4 After Death de Claudio Fragasso, 1989


ZOMBIE 4 AFTER DEATH

de Claudio Fragasso

Italie

1989

avec Alex Mac Bride

Produit par Flora Films

Sorti en DVD chez Neopublishing

81 minutes

Horreur

Synopsis :

Implantée sur une île des Philippines, une poignée de scientifiques étudient les molécules permettant de redonner la vie aux morts ou d'endiguer les maladies létales incurables...

La fille d'un gourou vaudou local souffrant de leucémie se fait soigner par l'équipe médicale...

Hélas ils ne parviennent pas à la sauver...

Fou de rage et de douleur, le marabout s'enferme dans une crypte située dans la forêt et provoque une incantation maléfique qui fait s'ouvrir les portes de l'enfer !

Il délivre ainsi des centaines de zombies !

Seule rescapée de ce carnage, une fillette blonde à qui sa mère a préalablement confié un pendentif censé la protéger de ces rites démoniaques...

Une vingtaine d'années plus tard, la jeune femme retourne sur les lieux, affublée de mercenaires entraînés au combat et armés jusqu'aux dents...

Parviendront ils à refermer la brèche des enfers et redonner calme et quiétude à cet archipel ?

Mon avis :

Fidèle compère de l'inénarrable Bruno Mattei, Claudio Fragasso emprunte le pseudonyme anglosaxon de Clyde Anderson pour signer ce désopilant "Zombie 4, after death", nanar hautement recommandable pour tous les aficionados de films de zombies macaronis bourrés d'énergie et de dynamisme...

Ici le scénario est très sommaire et Fragasso (comme à l'accoutumée) ne s'embarrasse nullement de la moindre cohérence ou de la moindre logique, le bougre y va à fond les bananes et ça n'arrête, pour ainsi dire, jamais !

Très peu d'explications sur le pourquoi la blonde retourne deux décennies après sur le lieu du décès de ses géniteurs, quid sur le fait qu'en vingt ans personne ne s'est aventuré sur l'île, pas même l'armée qui pourtant était sûrement en liaison avec l'équipe de scientifiques, on est dans le portnawak le plus complet !

Dialogues lourdingues, doublage français à pisser de rire, acteurs laids et mongolos... mais par contre le film est ponctué de nombreuses séquences gore très réussies voire saisissantes !

Fragasso plagie allègrement le "Demoni 1" de Lamberto Bava avec l'idée du "livre satanique" qui, une fois ouvert et lu, ranime les portes de l'enfer et libère des zombies survoltés...

Incohérence : certains courent et combattent comme des ninjas alors que d'autres sont hagards et immobiles, quelques uns parlent même !

On se demande bien ce que viennent faire les vulcanologues comme par hasard présents en même temps sur l'île que les mercenaires !

Réalisé avec des bouts de chandelles et limitant les décors de manière restreinte, "Zombie 4" a tout de même la qualité d'être sincère et touchant, croyant bec et ongles à son entreprise et n'ayant que pour unique but celui de divertir !

Après tout nous sommes en terrain connu pour ce genre de métrages et celui ci ne déroge pas à la règle de la catégorie très fermée auquel il s'apparente, permettant ainsi une distance au 10ème degré lorsqu'on le visionne...

Très sympathique "Zombie 4, after death" se savoure avec des barres de rire faisant à la fois travailler les zygomatiques tout en provoquant une détente absolue, loin des films d'horreur prétentieux et pisse froids...

L'édition de Neopublishing est, une nouvelle fois, d'anthologie !

Note : 7/10






samedi 27 juillet 2013

PACIFIC RIM de Guillermo Del Toro, 2013


PACIFIC RIM

de Guillermo Del Toro

Etats Unis

2013

Science fiction fantastique

avec Ron Perlman, Rinko Kikuchi, Charlie Hunnam, Idris Elba, Charlie Day

132 minutes

Synopsis :

2013, dans le monde...

Les Kaijus, de gigantesques monstres marins issus d'un décollement de la plaque terrestre des abysses, déciment les zones stratégiques des mégalopoles, entraînant le chaos et la terreur la plus totale...

Afin d'endiguer ces attaques à répétition, les autorités militaires décident de créer des robots à la taille équivalente de ces monstres, appelés les Jaegers...

Ils ont pour particularité d'être "pilotés en interne" par des humains qui reproduisent les gestes à effectuer et qui utilisent la batterie d'armes pour lutter pour ces infâmes créatures...

Une opération tourne à l'échec et un des plus valeureux combattants est tué...

Quelques années plus tard, les Kaijus refont de nouveau surface !

Les techniques de parades ont évolué et s'avèrent rudes...

Seront elles efficaces ?

Mon avis :

Pour une fois que l'on attendait un film de monstres intelligent et innovant, on peut dire que "Pacific Rim" répond amplement à la demande !

Contentant pratiquement tout le monde, que ce soit les "grands enfants", le public familial, les fans érudits de SF ou les geeks avides de sensations fortes, Guillermo Del Toro a réussi son pari, avec des moyens à disposition considérables et éloquents, pour obtenir la parfaite symbiose du film de science fiction moderne, tout en restant efficace dans l'action et intelligent dans son propos...

Fédérateur dans l'âme et jusqu'au bout des ongles, "Pacific Rim" s'appuie sur différentes thématiques comme le code de l'honneur et la parade groupée face aux dangers, intégrant un "patchwork ethnique" parfaitement ressourçant (le commandant est noir, la recrue est asiatique et les combattants blancs et américains) et refuse le côté abrutissant et débilitant des productions passées, ponctuant les scènes de combat de séquences dialoguées qui maintiennent l'intérêt pour l'intrigue...

Mise en scène époustouflante avec des SFX miraculeux et discernables (on n'a pas mal au crâne à contrario des "Transformers"), articulation dramatique avec le passé qui refait surface pour certains personnages (Mako se revoit enfant, magnifique scène qui pourra tirer des larmes chez certains) et dézinguage d'immeubles ou de ponts à couper le souffle : on est en présence du blockbuster que tout le monde attendait depuis les lustres !

Alliant créativité, inventivité et sens de l'humanisation, "Pacific Rim" n'en oublie pas ceci étant d'être divertissant et remplit son contrat de manière fulgurante, renouant avec la grande tradition des films d'entertainment hollywoodiens où tout est bien qui finit bien, revigorant un pan du cinéma américain qui commençait un peu à tourner en rond...

Exemplaire en tous points, et doté d'un humour parfaitement bienvenu, "Pacific Rim" est une grande réussite et restera comme l'un des meilleurs films de 2013, tous genres confondus, loin des métrages aseptisés qui pullulent dans le panorama filmique actuel...

A ne pas louper !

Note : 10/10





vendredi 19 juillet 2013

Antifa, chasseurs de skins de Marc Aurèle Vecchione, 2008


ANTIFA, CHASSEURS DE SKINS

de Marc-Aurèle Vecchione

France

2008

Documentaire

65 minutes

Synopsis :

"Antifa, chasseurs de skins" retrace le parcours de plusieurs personnes de la mouvance antifasciste du début des années 80 jusqu'à aujourd'hui en dressant un panorama détaillé de leurs actions et leurs motivations...

Le documentaire refait un historique du mouvement skinhead, apparu en Grande Bretagne, et en fait une corrélation avec des groupes comme les Red Warriors ou d'autres se réclamant combattants et chasseurs de néo nazis...

"Antifa" est agrémenté de nombreuses interviews des figures de proue de ce "milieu" et développe son argumentation grâce à des vidéos d'archives, appuyant son propos démonstratif de façon très précise et sans langue de bois...

Mon avis :

Très complet et particulièrement intéressant, "Antifa, chasseurs de skins" aborde un visage de l'antifascisme très peu exploité dans les médias hexagonaux, ce qui en fait sa force c'est l'habileté d'un montage efficace, qui expliquera clairement, même à ceux qui n'y connaissent rien en la matière, quelles furent les intentions de ces mouvances, créées par des cercles d'amis pour en venir à bout des fascistes ou des skinheads, qui terrorisaient la population, à une certaine période...

Il y a un côté attachant dans ces personn(ag)es, qui ont vécu du noyau de cette idéologie et leur récit reste posé et réfléchi, véritable témoignage de toute une culture et d'un mode de vie, que ce soit au niveau vestimentaire que sur les goûts musicaux, absolument tout est passé en revue...

On relèvera des anecdotes croustillantes notamment sur les combats de Kim des Red Warriors, qui n'hésite pas à mimer les coups qu'il aura asséné sur des skinheads qui auront eu le malheur de se trouver face à lui (le bougre est champion de boxe thaïlandaise confirmé !) ou le discours de Julien, qui transmet son expérience et ce qu'il a vécu avec une grande intelligence et un grand discernement, et aussi Marsu, le premier manager de Bérurier Noir qui expliquait que les Red Warriors faisaient le service d'ordre lors des concerts du groupe mythique...

"Antifa, chasseurs de skins" ne prend aucun parti pris ni pour un camp ni pour un autre mais relate avec précision et efficience des "faits" qui se sont réellement déroulés, appuyés par des témoignages de ceux qui "y étaient" et qui ont vécu de manière frontale des affrontements ou des "virées" contre les oppresseurs de l'extrême droite qui furent légion à une certaine période (sombre) de notre histoire...

Le documentaire va très loin dans ses recherches et établit même des comparaisons sur le phénomène avec d'autres pays (Les Mod's en Angleterre -de là où tout est parti- ou les Blacks Panthers aux Etats Unis)...

Très documenté et facile d'accès, "Antifa, chasseurs de skins" mérite d'être visionné pour comprendre les tenants et les aboutissants d'un mouvement créé afin d'endiguer un fascisme qui devenait presque "ordinaire" et qui faisait partie du décor...

Vecchione a réussi son pari, informer sans paraître redondant et développer un pan d'une culture datée mais encore d'actualité de nos jours (avec la mort de Clément Méric il y a quelques mois)...

A voir absolument

Note : 7.5/10





dimanche 14 juillet 2013

Oasis of the zombies de Jess Franco, 1982


OASIS OF THE ZOMBIES

aka L'abîme des morts vivants

de Jess Franco aka A.M. Frank

France

1982

avec Manuel Gélin

Nanar zombiesque exotique

88 minutes

sorti en blu ray chez Redemption Films

produit par la firme Eurociné

Synopsis :

Algérie, au début des années 80...

Un trésor de guerre a été enfoui par le colonel Blabert lors de la guerre avec les nazis...

Le fils du militaire qu'il a eu avec une autochtone prénommée Aicha apprend le décès de son père alors qu'il se trouve dans une université londonienne...

Ni une ni deux, il débarque sur les lieux accompagné d'une demi douzaine de ses amis...

Mais ce que ces derniers ignorent, c'est que les soldats "protègent" le trésor, situé au beau milieu des dunes du désert...

Sous la forme de morts vivants avides de chair humaine et assoiffés de sang, les membres de la Wehrmacht vont vouloir zigouiller les jeunes vacanciers...

Lors d'une nuit, le carnage commence...

Mon avis :

Film mythique d'un Jess Franco en très grande forme et au même titre que le terrible "Lac des morts vivants" de Rollin, tourné à peu près à la même période, ce "Oasis of the zombies" est un monument, un OFNI (objet filmique non identifié) qu'il faut voir et revoir pour y croire !

Totalement tourné à l'arrache sans aucune direction d'acteurs ou recherche technique, le métrage explore le film d'angoisse mais sans celle ci, les trois quarts s'avèrent risibles et sidérantes d'imbécilité, bref ne tournons pas autour du pot, ce pur nanar est un régal !

Le flashback de l'assaut avec les militaires est à hurler de rire et certains plans sont repris plusieurs fois pour combler le vide abyssal inhérent à la production...

Mystique et faisant référence aux malédictions, "Oasis of the zombies" comporte des passages éprouvants voire surréalistes comme la mise à feu d'un pauvre bougre éructant des borborygmes sous les yeux médusés d'acteurs incrédules raides comme des piquets et qui ne lèvent pas un petit doigt !

Pourvu d'un mini érotisme avec plans serrés sur des cuisses de jeunes filles court vêtues, Franco est égal à lui même avec toujours cette obsession érotomane qu'il pense aguichante et qui "fait vendre"...

Quant aux zombies, maquillages sommaires avec des bandes plâtrées découpées, on est loin de Savini ou de Giannetto de Rossi, il ne faudra pas s'attendre à des miracles !

Avec une issue poétique et où on sort de la dedans comme d'un mauvais rêve, "Oasis of the zombies" laisse un souvenir indélébile et se vit comme une expérience de non retour, un peu comme des vacances ailleurs, dans un pays inconnu...

A ranger à côté d'autres films comme "Vivre pour survivre" ou "Zombie Lake", "L'abîme des morts vivants" est à voir absolument si vous aimez les nanars, vous ne pourrez pas être déçus ! 

Note : 8/10