samedi 1 octobre 2022

Les mille et une nuits de Henry Levin et Mario Bava, 1961

 

LES MILLE ET UNE NUITS

de Henry Levin et Mario Bava

1961

Italie/France/Etats unis

avec Donald O’ Connor, Vittorio de Sica, Michèle Mercier, Terence Hill, Raymond Bussières, Noëlle Adam, Aldo Fabrizi

93 minutes

Conte/film d’aventures fantastiques

aka Wonders Aladin

aka Le meraviglie di Aladino

Blu ray édité chez Studiocanal, collection Make my day

Bonus préface avec Jean Baptiste Thoret

Synopsis :

Aladin, un jeune homme particulièrement benêt, vit à Bagdad avec sa mère. Pauvre, il ne rêve que de grandeur et de faste, ne voyant même pas que la belle Djalma est amoureuse de lui.

En voulant rendre au marché une vieille lampe, il en profite pour chaparder. Découvert, il doit fuir les commerçants tous assemblés pour le poursuivre .

Après une fuite effrénée, il est coincé dans un réduit.

Involontairement, il active la lampe et délivre le génie !

Voici Aladin parti pour autant d'aventures où se mêlent le courage et le burlesque contre l'infâme vizir !

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Dans la carrière prodigieuse de Mario Bava, « Les mille et une nuits » est vraiment le bas de gamme, c’est un film bâtard très pompeux et un festival de pitreries avec un acteur particulièrement insupportable (Donald O’ Connor) et une histoire bancale où l’ennui gagne rapidement le spectateur ; le film a énormément vieilli et comporte des séquences qui atteignent des sommets dans la niaiserie, pour ne pas dire dans la débilité…

Apparemment, Henry Levin est à 80% responsable du film, Bava est à 20% dans la réalisation et ça se voit (les passages de photographie lumineuse ou ténébreuse, on y reconnaît bien la « patte » de Bava pour l’utilisation graphique des couleurs) mais autrement, n’ayons pas peur de le dire, « Les mille et une nuits » est un film très mauvais !

Malgré la beauté des actrices (il y a même Michèle Mercier) et la présence de Terence Hill dans un de ses premiers rôles au cinéma, ça vole hyper bas !

Jean Baptiste Thoret explique même dans sa préface que l’immense Vittorio de Sica affublé du rôle du génie s’était ennuyé comme pas possible durant le tournage ; tout le film est axé sur Aladin et ça va cinq minutes ! ses gags à  deux euros, ses bondissements permanents et son rire insupportable sont légions dans le film et le tout donne un cocktail repoussoir aux cinéphiles, le métrage n’étant même pas destiné à un public enfantin, c’est dire qu’il faut tenir une heure trente cinq et s’infliger un spectacle affligeant de bêtise, indigne de Bava !

Un mini érotisme au niveau des actrices ne suffit hélas pas à donner du ressort au film, plat et creux, et qui ne fait JAMAIS rire !

Donald O’Connor, acteur issu de comédies musicales, est plus pitoyable qu’attrayant, le seul atout des « Mille et une nuits » restant la photographie réalisée par Mario Bava ; Henry Levin avait réalisé le très bon mais ultra daté « Voyage au centre de la terre », ici il ne parvient quasiment à aucun moment à faire retrouver la magie de son illustre film précité…

Les scènes du combat redonnent un peu de vigueur au film, qui en avait sacrément besoin, mais ce dernier part avec l’énorme handicap du personnage d’Aladin et de ses pitreries rapidement gonflantes et insupportables…

Visionné dans les années 1980 ça aurait pu passer, sauf que là on est en 2022 et la mayonnaise ne prend plus, elle a un goût rance…

Lorgnant plus du côté du ridicule que de l’aventure fantastique, « Les mille et une nuits » est bien faiblard et l’acquisition du blu ray s’avère dispensable, uniquement réservée aux cinéphiles qui souhaitent posséder l’intégralité des films de Mario Bava…

Il ne faut jamais commencer par ce film si on veut découvrir l’œuvre du Maestro, c’est son moins bon film, pour ne pas dire son plus mauvais (tout est relatif !), on est à des milliers de kilomètres de film comme « Les trois visages de la peur », « Opération peur » et même de « Baron vampire », qui passe pour un chef d’œuvre à côté !

Non là Bava s’est planté, mais à la limite ce n’est pas de sa faute, le projet paraissait pipé d’avance et Henry Levin a quasiment tout contrôlé, si le film est raté c’est plus de sa faute que de la faute de Bava !

« Les mille et une nuits » est très dispensable et s’adressera avant tout aux curieux et aux cinéphiles tolérants et hyper ouverts, les autres, puristes, passeront allègrement leur chemin…

A part deux ou trois séquences (la première apparition du génie, la baignade, la cérémonie avec le sultan), « Les mille et une nuits » est truffé de défauts et souffre énormément de sa vieillesse, c’est un film daté et même ringard !

Les trois quarts de ceux qui le verront risquent d’être déçus…

Une douche écossaise qui ne donne qu’une envie : se taper les autres films de Bava !

Note : 5.5/10








samedi 24 septembre 2022

La mort a souri à l'assassin de Joe d'amato, 1973

 

LA MORT A SOURI A L’ASSASSIJN

de Joe d’Amato

1973

Italie

avec Klaus Kinski, Giacomo Rossi Stuart, Angela Bo, Ewa Aulin, Sergio Doria, Luciano Rossi

Film fantastique/giallo/ film gothique/film de hantise

92 minutes

Blu ray édité chez Le chat qui fume

aka La morte ha sorisso all’assassino

aka Death smiles a murderer

Synopsis :

1909. Une jeune fille, Greta, a un accident de carrosse.

Elle porte à son cou un mystérieux médaillon inca.

Un couple est témoin du drame et la recueille tout d'abord dans sa maison où elle recouvrera assez de mémoire pour retrouver son prénom.

Puis un étrange médecin, le docteur Sturges, l'emmène dans sa clinique privée pour femmes pour la guérir.

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Datant de 1973, « La mort a souri à l’assassin » est le premier film d’horreur réalisé par Joe d’amato, soyons nets, il n’en a fait qu’ à sa tête…

L’histoire est hyper complexe et compliquée et peu de personnes ne comprendront réellement le film ;en se renseignant un peu, on arrive à piger qu’en fait c’est un film de HANTISE pure et dure et, passée cette explication, cela devient un peu plus clair et un peu plus facile à aborder, « La mort a souri à l’assassin » repose principalement sur le personnage de Greta, une jeune femme blonde qui perd la mémoire suite à un accident de carrosse (l’action se déroule en 1909), c’est elle qui sera le vecteur de tout le film !

Joe d’amato signe ici des effets gore vraiment vomitifs qui seront sa marque de fabrique plus tard et c’est ce qui le différencie des autres réalisateurs de bis italien ; il est également très doué pour la photographie de ses films et soigne tout particulièrement ses séquences (parfois magnifiques, comme la partie de chasse ou la scène de la poursuite dans le cimetière), le bougre s’y connaît, c’est indéniable, on ne peut lui enlever cette qualité…

Comme toujours dans ses films, c’est hyper tordu et déviant, beaucoup de scènes de sexe et une ambiance très perturbante (« La mort a souri à l’assassin » n’est pas à montrer à n’importe quel public !)…

Il y a des flashbacks nombreux et une histoire d’inceste entre Greta et son frère, un bossu repoussant, un médecin complètement ravagé (rôle idéal pour Klaus Kinski, on regrettera son départ de l’histoire à la quarantième minute, son personnage aurait pu être exploité plus densément, il apporte réellement un piment à l’intrigue !), d’Amato s’en sort plutôt pas mal mais à condition de se renseigner sur l’histoire, si on prend le film frontalement et sans recul, on s’y perd dès les premières scènes, d’Amato part dans son trip et on risque de décrocher rapidement…

Tout de même très effrayant, « La mort a souri à l’assassin » doit se visionner le cœur bien accroché (les tripes à l’air du cocher après son accident, le visage explosé à la chevrotine, l’agression délirante avec le chat) on y voit déjà les prémices d’amatoiens qui seront légion dans des films comme « Blue holocaust » (on pense beaucoup à ce film), d’Amato commence déjà à trouver son style et sa « patte » avec « La mort a souri à l’assassin » et le plan final est glaçant (il pique un peu sa séquence à « Psychose » d’Hitchcock !)…

L’actrice qui joue Greta, Ewa Aulin, est dotée d’un fort charisme et d’une aura sexuelle impressionnante, tout le monde va tomber dans le panneau, aussi bien les hommes que les femmes !

La scène de l’emmurement est un classique du cinéma d’exploitation italien et beaucoup d’autres réalisateurs vont la reprendre (Fulci et Bruno Mattei, par exemple, mais aussi Dario Argento), il règne une ambiance hyper lourde et chargée dans « La mort a souri à l’assassin », ça pèse beaucoup et c’est très oppressant et le final ne nous délivre pas du tout de notre torpeur mais, au contraire, l’accentue !

Les décors, les costumes d’époque (on est en 1909), les paysages sont bien choisis et le tout bénéficie d’une belle esthétique, le film gagnerait à être vu une seconde fois, l’histoire est un dédale, tout comme les escaliers du manoir, on se perd un peu à cause d’une densité et d’une richesse de situations, d’Amato ne laisse pas de répit au spectateur, il nous assène ses plans de manière frontale, ça peut surprendre et ça inquiète, un vrai et un pur film de HANTISE, très insolite et étrange (ce mot est répété des tas de fois dans le film, « étrange », c’est le meilleur qualificatif pour le résumer)…

Excellent boulot de la part du Chat qui fume avec une image impeccable et des bonus intéressants avec l’assistant de Joe d’Amato qui nous explique des anecdotes sur le tournage du film….

On aurait beaucoup aimé une présentation du film par David Didelot, spécialiste en la matière, ça nous aurait éclairé sur l’histoire et les intentions de Joe d’amato quand il créa son métrage, dommage…

Dans sa globalité, « La mort a souri à l’assassin » est un blu ray à posséder absolument, d’Amato est de toutes façons un réalisateur culte de chez culte !

Il ne faut pas négliger sa filmographie et, malgré les réserves sur la complexité du scénario, « La mort a souri à l’assassin » reste un film attachant et troublant et, avec beaucoup de recul et de temps, il se bonifie, d’amato retombe sur ses pattes et le fond reprend le dessus sur la forme une fois qu’on a compris où il voulait en venir !

Une curiosité totale qui ravira les fans de films déviants !

Note : 8/10








samedi 17 septembre 2022

LADY FRANKENSTEIN de Mel Welles et Auréliano Luppi, 1971

 

LADY FRANKENSTEIN

de Mel Welles et Aureliano Luppi

1971

Italie

avec Rosalba Neri, Paul Muller, Joseph Cotten, Mickey Hargitay, Herbert Fux, Renate Kasché

Film fantastique gothique

99 minutes (version intégrale)

Blu ray édité chez Le chat qui fume

Musique d’Alessandro Alessandroni

Librement inspiré du roman de Mary Shelley

aka Lady Frankenstein, cette obsédée sexuelle

aka La figlia de Frankenstein

Synopsis :

Se sachant trop vieux pour continuer indéfiniment ses infructueuses expériences de transplantations d'organes humains, le baron Frankenstein s'accorde une dernière chance d'élaborer une créature à partir de morceaux de corps déterrés d'un cimetière.

Mais son cerveau ayant été endommagé, cette dernière, à peine ramenée à la vie, tue le savant en l'étouffant.

Aidée du Dr Marshall, fidèle assistant, la propre fille du baron, elle-même chirurgien fraîchement diplômé, décide de reprendre aussitôt les expériences en jetant par ailleurs son dévolu sur Thomas, le beau jeune employé du château malheureusement attardé. 

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Oulala, c’est particulièrement gratiné ce « Lady Frankenstein » ! certes c’est très sympa et agréable à suivre mais c’est un film qui croustille sous la dent !

Complètement librement inspiré du mythe de Frankenstein, « Lady Frankenstein » met en lumière Rosalba Neri, cette fois c’est la fille du savant qui reprend les rênes après le décès de son père (Joseph Cotten meurt au bout de quarante minutes de bobine !), mais en plus Tania Frankenstein est obsédée sexuelle (comme l’indique le titre original) et elle a le feu aux fesses !

Elle a flashé sur Thomas, le valet du château qui est débile mental, et souhaite faire une expérience afin de déniaiser le bougre !

Et le monstre dans tout ça ? bah niveau trucages croquignolets, on est servis ! il mesure plus de deux mètres et sème la terreur parmi les villageois ; Mel Welles est abonné aux scènes de nudité purement gratuites (un couple au bord d’une rivière avec une femme totalement nue qui se fait balancer dans la flotte par le monstre !) « Lady Frankenstein » ravira les voyeurs et on peut dire sans hésiter qu’on est dans la grande tradition des films déviants bis, un peu comme les Paul Naschy du début de la décade 1970, on y pense souvent et il y a une corrélation entre toutes ces bisseries, cependant marrantes et attachantes…

Celui qui tire son épingle du jeu c’est bien Paul Muller, l’assistant du docteur Frankenstein, qui va prendre le relais auprès de Tania, cette dernière lui faisant même miroiter une nuit d’amour et qui se proclamera sa « femme » si Marshall accepte de la seconder dans ses expérimentations (on se doute bien que ce n’est pas crédible et que la seule chose qui intéresse Tania, c’est redonner un cerveau à Thomas, le valet !)…

Le film est alambiqué mais le montage est efficace, tout comme la réalisation, qui s’avère sans aucun temps mort ! on est dans le Must de la bisserie ritale et « Lady Frankenstein » deviendra rapidement un film culte du genre gothique fantastique, même si c’est moins rigoureux que les films de la Hammer !

De très beaux moments comme la neige qui s’invite dans le film, ce qui amplifie le charme et la beauté de « Lady Frankenstein » et une Rosalba Neri sublime et déchainée qui nous fera l’immense plaisir de dévoiler son corps, c’est un des meilleurs rôles de l’actrice et elle culmine dans le personnage de Tania, elle irradie tout sur son passage et elle est l’atout principal du film, Neri est dotée d’un charisme à toute épreuve et Mel Welles a su tirer (sans jeu de mots graveleux) le maximum des capacités de son héroïne !

Un seul regret : la FIN !

Complètement bâclée, l’issue est ratée et incompréhensible, que s’est-il passé dans la tête des scénaristes ? ça ne colle pas du tout ! SPOILER : Tania et Thomas font l’amour alors qu’un incendie se déclare dans le château avec les villageois vengeurs qui assiègent les lieux, et tout d’un coup, sans le moindre explication plausible, Thomas tue Tania en l’étranglant !!!!!!! SPOILER OFF qu’est ce que c’est que cette fin ????? il faudra nous expliquer !

En revanche, le boulot effectué par l’éditeur bien connu « Le chat qui fume » est phénoménal ! on a un très beau coffret avec un blu ray impeccable et même le CD de la musique du film ! les cinéphiles s’empresseront de se procurer l’ouvrage, surtout que le film  est très rare et présenté dans sa version intégrale de 99 minutes, boulot somptueux ! bravo au Chat qui fume !

Dans l’ensemble, « Lady Frankenstein » est une perle du gothique italien, proche du film « Les horreurs de Frankenstein » de Jimmy Sangster mais hyper dosée en érotisme et en déviance !

Il va de soi que les cinéphiles friands du genre apprécieront le spectacle et le métrage a un côté touchant, presque naïf mais on se délecte au visionnage, surtout dans les conditions optimales où il nous est proposé…

« Lady Frankenstein » est une curiosité mais il est bourré d’attractivité, il comblera les fans de cinéma gothique, au même titre que les Hammer, Mel Welles fait aussi bien que la firme britannique avec des moyens plus serrés et il s’en sort honorablement…

Extrêmement sympathique !

Note : 8.5/10









samedi 10 septembre 2022

Les vampires de Riccardo Freda et Mario Bava, 1957

 

LES VAMPIRES

de Riccardo Freda et Mario Bava

1957

Italie

avec Gianna Maria Canale, Dario Michaelis, Angelo Galassi, Paul Muller, Carlo d’Angelo, Wandisa Guida, Riccardo Freda

Film fantastique gothique vampirique

85 minutes

Produit par la Titanus

aka I vampiri

Blu ray édité chez Sidonis Calysta

Bonus avec Christophe Gans et Olivier Père

Synopsis :

À Paris, dans les années 1950, de nombreux cadavres de jeunes filles sont retrouvés vidés de leur sang.

Le journaliste Pierre Lantin, bien décidé à élucider le mystère, s'implique encore plus profondément dans l'enquête après l'enlèvement par le « vampire » de sa compagne.

(source : Wikipedia)

Mon avis :

« Les vampires » est un film très important parce qu’historiquement parlant, il est considéré comme le tout premier film fantastique italien parlant, Riccardo Freda débuta le tournage en 1956 mais se brouilla rapidement avec les producteurs, du coup c’est Mario Bava, alors chef opérateur, qui continua la réalisation et acheva le film !

Alors qu’outre-Manche les productions de la Hammer commençaient à exploser et quand les films de vampires démarraient (les « Dracula » avec Christopher Lee, notamment), Bava se démarque de tout le monde avec, certes, une histoire de vampires, mais qui prend un contre-pied total des codes habituels !

« Les vampires » se passe à Paris durant les années 1950 (malgré que le film a bel et bien été tourné en Italie !) et le scénario est alambiqué avec des enlèvements de jeunes femmes que la police et les médecins légistes retrouvent vidées de leur sang !

Un journaliste avide de scoops décide de son côté de mener une enquête, fasciné par le soi-disant « vampire » qui sème la panique dans la capitale, ce que ne voit pas d’un bon œil le commissaire chargé de l’enquête, pensant que Lantin le journaliste va « parasiter » ses investigations !

Le découpage des plans est très tonique et rapide, ils sont courts, efficaces et vont droit au but…

Un aspect supplémentaire du film fait une fixation sur la toxicomanie (les victimes sont droguées à l’héroïne avant qu’on leur retire leur sang !), et on comprend très vite la situation : une comtesse fait kidnapper les jeunes femmes pour extraire leur hémoglobine et se la faire injecter lors de transfusions par des médecins peu scrupuleux, ce qui lui permet ainsi de conserver une jeunesse et une beauté éternelles !

« Les vampires » est un modèle du film d’épouvante gothique, le métrage est relativement court (à peine 85 minutes) mais distille un effroi phénoménal qui lui vaudra d’ailleurs une interdiction aux moins de seize ans !

Cette idée novatrice et révolutionnaire de transfusion sera reprise moult fois dans des tas d’autres films, notamment britanniques, comme « Le sang du vampire » d’Henry Cass, mais le plus flagrant « pompage » reste « Comtesse Dracula » le Hammer avec Ingrid Pitt, qui s’inspire de la légende de la comtesse Bathory !

N’oublions pas que Bava et Freda étaient là avant tout le monde avec « I vampiri », on peut donc parler clairement de film historique !

La belle Gianna Maria Canale tourna énormément avec Riccardo Freda auparavant mais leur relation commençait à prendre l’eau, l’actrice faillit refuser le rôle… mais heureusement qu’elle l’accepta in fine, elle est splendide !

« Les vampires » est un véritable film d’investigations, passionnant et surprenant, et plus on s’approche de l’issue plus on frémit, le film est bourré de rebondissements et l’ensemble est parfaitement coordonné, tous les acteurs et actrices sont convaincants et la photographie du film est d’une beauté stupéfiante !

La musique colle bien à l’ambiance du film et nous colle des sursauts ;dès l’entame, le spectateur est mis dans le bain (c’est le cas de le dire !)avec la découverte de la jeune femme noyée, sans doute la première victime de la famille des vampires !; après tout va crescendo, Bava et Freda ponctuent même leur métrage d’un érotisme assez évocateur avec les danseuses en petite tenue dans leurs loges, le noir et blanc sublime les séquences du film et les passages dans la rue sont en fait des peintures (l’équipe n’a jamais mis les pieds à Paris !), on n’y voit que du feu grâce au talent de la technique déployée  par Bava et ses assistants !

« Les vampires » est un chef d’œuvre fulgurant qui n’a pourtant pas les apparences du film vampirique classique, c’est son côté insolite qui fait sa force et qui lui permet de déployer sa puissance cinématographique !

L’édition blu ray sortie chez Sidonis Calysta est magnifique, n’ayons pas peur de dire que c’est la meilleure existante au monde ; les bonus avec Christophe Gans et Olivier Père de ARTE sont savoureux et on boit les paroles de ces deux spécialistes avec régal et bonheur, cette édition était inespérée et elle est immanquable pour tout bavaphile !

Film d’un très haut niveau, « Les vampires » s’adresse avant tout aux purs cinéphiles mais, bien entendu, n’importe qui pourra le visionner et savourer le talent de Bava et Freda, à leurs prémices, qui bâtirent les fondations d’un genre qui deviendra populaire et reconnaissable par tous les publics bien après…

« Les vampires » est une œuvre essentielle pour le septième art, en général, aussi bien pour le gothique d’épouvante que pour le cinéma tout court…

Très rare, nous avons enfin l’occasion unique de réhabiliter ce film, ne nous en privons pas !

A posséder impérativement !

Note : 10/10










samedi 3 septembre 2022

Le tournoi du lion, Il était une fois en Chine 3 de Tsui Hark, 1993

 

LE TOURNOI DU LION

IL ETAIT UNE FOIS EN CHINE 3

de Tsui Hark

1993

Hong Kong

avec Jet Li, Rosamund Kwan, Hung Yan yan, Shun Lau, John Wakefield

105 minutes

Fresque épique/ film d’arts martiaux

Blu ray édité chez HK vidéo

Synopsis :

L'impératrice douairière décide dans le plus grand secret d'instaurer la compétition de la Tête de Lion, qui doit distinguer les plus grandes écoles de kung-fu de Chine.

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Troisième volet de la saga épique « Il était une fois en Chine », « Le tournoi du lion » surpasse le précédent « La secte du lotus blanc », cette fois les combattants s’envolent dans les airs lors des combats, c’est clairement un film qui a influencé la saga des « Matrix », c’est vrombissant et virevoltant, Tsui Hark booste encore plus son style et ça va à 300 à l’heure !

Jet Li est de nouveau de la partie ainsi que la belle Rosamund Kwan, cette fois leur relation amoureuse est clairement établie puisqu’ils doivent même se marier !

Beaucoup de nouveautés dans l’histoire avec, notamment, la présence d’une caméra qui nous vaudra une séquence de « found footage » et toujours les colonisateurs britanniques face au peuple chinois qui se livrent à une guerre sans merci !

De plus, Tsui Hark agrémente son métrage d’un aspect carnavalesque puisqu’une gigantesque fête pour couronner le règne de l’empereur doit se tenir avec des lions en marionnettes géantes et bien sûr des combats épiques de pur kung fu où Jet Li brillera de tous ses feux une nouvelle fois !

Il y a une dimension fantastique avec les vols planés en permanence et un montage hyper rapide au rythme soutenu, le tout mené à un train d’enfer, mais le talent absolu de Tsui Hark fait que toutes les scènes sont lisibles, le boulot entrepris est magnifique et on s’en prend plein les mirettes, « Le tournoi du lion » est un joyau du film d’action venu de Hong Kong et le cinéphile, même le plus exigeant, ne peut que saluer le talent de Tsui Hark et prendre plaisir lors du visionnage, il faudrait vraiment être de mauvaise foi pour ne pas apprécier ce spectacle…

Comme toujours, un soin immense est accordé pour les décors et les chorégraphies des combats sont simplement grandioses ;Tsui Hark inocule même un humour omniprésent dans les répliques, cela désamorce la gravité de la violence des combats (les belligérants en chient de douleur et ça se voit, « Le tournoi du lion » y va franco et on dirait bien que les coups encaissés sont réels, du moins ça parait flagrant !)…

Les contorsions des jambes lors des parties de kung fu pourraient presque s’apparenter à de la torture tant on voit que ce n’est pas du chiqué (on est en 1993, pas de CGI ni d’effets numériques possibles !) ; les scènes de bastons sont bougrement efficaces et les combattants ont du bosser comme des forcenés pour rendre tout ça crédible, le père Tsui Hark est hyper exigeant sur la qualité et ne laisse aucun droit à l’erreur, tout est chorégraphié au millimètre, c’est un boulot chirurgical et d’orfèvre, on est bluffés !

Comme on pouvait s’en douter, « Le tournoi du lion » est un film d’action très riche et les scènes de combats se comptent par dizaines ; à peine l’exposition des personnages établie au bout de 3 minutes et déjà ça bastonne !

La caméra de Tsui Hark est très mobile et se déplace à toute allure, le rythme est effréné et Jet Li est en totale roue libre, le freestyle est décliné à fond les gamelles, on a à peine le temps de reprendre son souffle après une séquence, qu’une autre arrive juste après, s’imbriquant avec une rapidité déconcertante ! Les fans de combats épiques et de distributions de mandales seront aux anges et en auront pour leur argent, « Le tournoi du lion » est un film sincère et qui ne prend personne en traitre !

Incontestable réussite, « Le tournoi du lion » peut se glisser au panthéon des actioners hongkongais et ravira les amateurs de kung fu, c’est aussi un excellent divertissement qui ne nécessite pas forcément d’être un cinéphile féru, « Le tournoi du lion » se suit facilement et Tsui Hark a opté pour un style très accessible et pas du tout fermé…

Le blu ray édité par HK vidéo est parfait et l’image impeccable, très nette, c’est l’occasion rêvée pour découvrir cette œuvre assez méconnue du grand public (la sortie en France s’est faite en 2000, alors que le film a été réalisé 7 années avant !)…

Pour les amateurs d’éclectisme dans le cinéma d’action, « Le tournoi du lion » s’impose bel et bien comme une référence et Tsui Hark reste un cador, il a su maitriser son style avec brio pour donner ses lettres de noblesse au kung fu et il sait doser ses décors et les chorégraphies des bagarres avec FLAMBOYANCE…

« Flamboyant » c’est sans doute le meilleur terme pour définir « Le tournoi du lion » !

On s’en prend plein la tronche pendant pas loin de deux heures, un régal à visionner absolument !

Note : 9/10









samedi 27 août 2022

La secte du lotus blanc, Il était une fois en Chine 2 de Tsui Hark, 1992

 

LA SECTE DU LOTUS BLANC

IL ETAIT UNE FOIS EN CHINE 2

de Tsui Hark

1992

Hong Kong

avec Jet Li, Donnie Yen, Rosamund Kwan, Hung Yan-yan, David Chiang, Max Mok

113 minutes

Film d’arts martiaux, historique

Blu ray édité chez HK vidéo

Synopsis :

Dans la Chine de 1895, les Européens pratiquent une politique impérialiste qui leur vaut le ressentiment de la population.

En réaction, une société secrète, la secte du lotus blanc, attaque régulièrement les Britanniques.

Au point que ceux-ci envisagent de dépêcher leur armée...

Devant ce risque, Wong Fei-hung, combattant sans pareil, met toute sa science des arts martiaux en œuvre pour les protéger.

(source : Wikipedia)

Mon avis :

« La secte du lotus blanc » est le deuxième volet de la mythique saga de Tsui Hark « Il était une fois en Chine », dans le genre c’est le must absolu du film épique venant de Hong Kong…

Très prisé des cinéphiles, « Il était une fois en Chine » permet à Tsui Hark de déployer son talent de metteur en scène avec de multiples combats d’arts martiaux et de sabre qui rénovent complètement le genre du « chambarra » avec une grande modernité, le tout servi par le phénomène Jet Li, acteur qui allait percer dans le monde entier pour au final s’exporter aux Etats-Unis un peu plus tard avec des films comme « Le baiser mortel du dragon » (produit par Luc Besson) ou « Romeo must die », ici avec « La secte du lotus blanc », Jet Li en est déjà à ses prémices mais se révèle aussi bien bon comédien que distributeur de mandales, « La secte du lotus blanc » est par conséquent une grande réussite du film d’action hongkongais, tournée en plein âge d’or des productions de la firme Workshop, la même année que « A toute épreuve » de John Woo en 1992…

« La secte du lotus blanc » est un film d’une grande richesse bénéficiant de moyens financiers colossaux, on peut même dire que c’est un film-fleuve qui se scinde en plusieurs parties dans son scénario, la mise en scène de Tsui Hark  est très méthodique et appliquée, le spectateur n’a pas le temps de reprendre son souffle lors de combats épiques et de passages fulgurants comme les attaques intempestives de cette « secte » qui prennent tout le monde par surprise, aussi bien les protagonistes du film que le spectateur (les lancers de flèches enflammées, la grande violence de la secte à l’égard des britanniques et un côté raciste proche des groupuscules extrémistes !)…

Tsui Hark choisit de placer le personnage  de Wong (incarné par Jet Li, donc) comme médecin acupuncteur venu présenter son pédigrée dans une faculté de médecine  des colonialistes mais très vite l’histoire va tourner au vinaigre car dès l’arrivée de Wong, celui-ci sera violemment pris à partie avec son acolyte et la jeune femme qui les accompagnait !

Ce qui nous vaudra des chorégraphies de bastons incroyables et ultra rapides et précises, l’occasion pour Jet Li de mettre en lumière ses talents au niveau des arts martiaux dans des séquences particulièrement spectaculaires et de toute beauté !

Il y a également le côté humaniste avec tous ces gamins orphelins que Wong décidera de prendre en charge et de sauver coûte que coûte de l’emprise de la secte du lotus blanc, Tsui Hark n’hésite pas à montrer les blessures des enfants, même sanglantes !

Très attrayant, « La secte du lotus blanc » se suit avec grand intérêt et ne vaut pas seulement pour tous les combats mais également pour la qualité d’un scénario qui tient en haleine, Tsui Hark ponctuant son métrage de passages humoristiques (le train au début avec la scène du wagon restaurant), « La secte du lotus blanc » est la figure emblématique d’une grande saga, culte en Chine et à Hong Kong ; « Il était une fois en Chine » n’est sorti en France que huit années après sa création à Hong Kong, son passage dans les cinémas hexagonaux date de 2000 alors que le premier film date de 1991/1992 !

Heureusement que nous avons pu découvrir ce film, c’est d’une grande qualité, une œuvre sincère et touchante qui a révélé au grand public l’acteur Jet Li, qui allait casser la baraque un peu plus tard !

« La secte du lotus blanc » c’est du cinéma très exotique, on est loin des codes habituels, mais cela ne veut pas dire que cela soit sans qualités, bien au contraire !

Les cinéphiles ouverts et sans à priori y trouveront largement leur compte et se régaleront même devant ce film à grand spectacle !

Le blu ray sorti chez HK vidéo bénéficie d’une image très nette et de plus il y a la version française qui rendra aisément compréhensible le film !

Les fans de films hongkongais ne pourront que se ruer sur cette offrande inespérée, véritable mise en bouche qui donne envie de visionner les autres films de la saga « Il était une fois en Chine »…

Un style très particulier certes, mais pas du tout dédaignable, « La secte du lotus blanc » est globalement une grande réussite et les curieux y verront Jet Li se mettre en valeur, c’est sans doute là le plus grand intérêt du film…

Les fans d’action et de films venus de Hong Kong seront aux anges !

Note : 8/10