mardi 10 janvier 2012

Le retour du Jedi, de Richard Marquand, 1983

LE RETOUR DU JEDI

Etats Unis

De Richard Marquand

1983

Science fiction/Aventures fantastiques

Avec Harrison Ford, Mark Hamill, Carrie Fisher



Synopsis :

Les aventures intergalactiques d’une poignée de mercenaires (Luke Skywalker, Ian Solo, Princesse Leïa et les deux fidèles droïdes C3-PO et R2-D2) pour contrer les noirs desseins de Dark Vador et de l’Empereur, périples qui partent de la planète aride Tatooine jusqu’à la forêt d’Endor peuplée par les pacifiques Ewoks…



Mon avis :

Ultime volet de la saga mythique « Star Wars » dans l’ordre chronologique si l’on suit l’enchainement prélogie/trilogie et bien que datant de 1983, ce « Retour du Jedi » est un enchantement, un récit d’aventures et de science fiction génial et particulièrement inspiré et imaginatif !

Rendez vous compte de l’impact énorme qu’il a eu à sa sortir il y a presque trente ans !

Les fans étaient vissés à leurs fauteuils et guettaient son arrivée comme le Messie !

Après le déjà splendide « Empire contre attaque » tourné trois ans auparavant, quelques clefs et énigmes devaient se finaliser et se concrétiser par cet ultime opus, empreint de viscéralité et de tumultes incessants, notamment concernant Luke Skywalker et sa destinée, devant par la même éclairer les fans sur son ascendance, déjà évoquée dans « L’empire »…

Ce n’est bien entendu qu’un pan de l’intrigue, extrêmement riche en rebondissements et en paysages tous plus baroques les uns que les autres, peuplés de monstres et créatures diverses qui allaient alimenter le bestiaire imaginé prolifiquement par George Lucas et qui fera un carton merchandising au niveau des figurines que les kids de l’époque (dont je fais partie) affectionnaient et se régalaient copieusement !

Lancée à plein régime, la trilogie allait marquer un break après ce segment jubilatoire mais reviendra en 1999 avec une prélogie qui se clôturera définitivement quelques années après !

Mais quel plaisir de revoir « le Retour du Jedi », notamment grâce à cette édition Blu ray, qui malgré quelques libertés et rajouts de scènes intempestifs, s’avère du meilleur accabit !

Revoir sur ce support Jabba, Boba Fett et tous les autres a de quoi être particulièrement réjouissant et attrayant !

L’évasion pure et des effets déjà révolutionnaires pour cette époque en firent un succès financier colossal, et parfaitement mérité !

Un métrage à voir et revoir sans discontinu et toujours avec un plaisir ludique identique !



Note : 10/10

















Nikita de Luc Besson, 1991 avec Anne Parillaud

NIKITA

France

De Luc Besson

1991

Polar burné



Synopsis :

Un cambriolage effectué par des voyous dealers toxicomanes dans la pharmacie du père de l’un d’eux vire au carnage et des policiers sont tués dans la fusillade…

Une jeune femme qui faisait partie de la bande est emprisonnée pour une lourde sentence…

Sa peine de prison se mute en une toute autre mission, elle va devenir agent double pour le compte du Ministère de l’Intérieur et va devoir tuer des personnalités en suivant les directives de son mentor…

Véritable tueuse à gages et machine de guerre, elle sera formée aux arts martiaux, au maniement d’armes lourdes et va se retrouver embringuée dans des missions où elle risquera sa vie…

Supportera t-elle cette pression inexorable ?

Ce mandat qu’on lui a confié aura-t-il un terme ?



Mon avis :

Besson à son apogée !

« Nikita » est un métrage où le bougre était au meilleur de sa forme, bien avant la dégringolade de ses productions hasardeuses et redondantes !

Ici, dès l’entame, on comprend qu’on a affaire à du lourd…

Le casse gunfighté de la pharmacie est l’un des plus brutaux qu’ait connu le cinéma français…

Les acteurs flippés et habités par leurs personnages confèrent et renforcent une tension à maxima, qui démarre sur les chapeaux de roue !

L’idée de la « victime coupable » manipulée et devenue tueur à gages tient la route et la prestation magistrale de Parillaud est sans équivoque, insufflant à son personnage une double identification (tantôt rongée par un destin qui l’accule, tantôt véritable machine de guerre impitoyable !).

Anglade, Karyo et Reno composent des seconds rôles jubilatoires et l’intrigue savamment troussée et dynamique transportent le spectateur dans un océan de fureur et de speedité détonnant !

L’issue est très intelligente et repousse la logique, en faisant abstraction d’illogisme, bref le scénario avait ses limites et il fallait éviter de tomber dans l’invraisemblable, donc Besson, on peut le dire, a réussi un dénouement, pour le moins pas évident à gérer…

Selon moi, « Nikita » est son meilleur polar avec « Léon » tourné trois années après et qui devait enfoncer le clou encore plus durement et douloureusement …

Parillaud ne retrouvera plus de rôles à la hauteur de son talent après ce film, ce qui est fort regrettable, au vu de son potentiel énorme…

Un des meilleurs polars hexagonaux du début des années 90.



Note : 8/10







lundi 9 janvier 2012

SERIE NOIRE d'Alain Corneau, 1979 avec Patrick Dewaere

SERIE NOIRE

D’Alain Corneau

France

1979

avec Patrick Dewaere, Marie Trintignant, Bernard Blier, Myriam Boyer

110’



Synopsis :

Banlieue parisienne, fin des années 70.

Franck Poupard, un représentant de commerce va se retrouver plongé dans une sordide histoire suite à un déclenchement d’amour fou avec une très jeune femme, prostituée malgré elle par sa vieille tante…

Très vite, les choses vont se précipiter et la névrose ambiante va prendre le dessus sur les divers protagonistes mêlés de près ou de loin à cet embrouillamini…

Jusqu’à l’inconcevable irréversible qui fera de Poupard un assassin qui, dans un élan de fureur désespérée, perdra totalement pied et se noiera dans l’irraisonné…



Mon avis :

Légendaire métrage du très grand Alain Corneau, ce « Série Noire » de haute volée met en exergue, via des personnages démentiels et écorchés vifs, deux pathologies : le syndrome de Gilles de la Tourette (Dewaere, hallucinant) et une forme autistique (Marie Trintignant, habitée littéralement par son rôle)…

Ce mélange détonnant auquel est rajouté une noirceur et un aspect glauque proche de la dépression ou de la psychose, donne au final un des métrages les plus déprimants de tous les temps…

Mais qui n’en oublie pas pour autant d’être impitoyablement rigoureux dans son traitement scénaristique, englobant ainsi une galerie de personnages tous plus barrés et disjonctés les uns que les autres…  

La force imparable de « Série Noire » est qu’à aucun instant il ne juge ou cautionne les méfaits de Poupard ou des autres, Corneau délivre un constat fluide, sans un seul parti pris…

Il laisse filer sa caméra gracile dans une succession de plans séquences d’anthologie, proche d’un art surréaliste voire dadaïste, reprenant des décors adaptés à des situations de tous les jours, mais transcendées par le malaise absolu qui suinte de façon atmosphérique et maladive…

Corneau enrichit son film par des moments de catharsis ponctués peu après par des instants d’apaisements, comme si un malade venait de prendre son traitement médical et se sentait soulagé…

Dewaere est le parfait exemple de ce ressenti, démonstration d’une démence psychanalytique, portant le film à 100 % à bras le corps, pour une issue que l’on ne sera pas près d’occulter…

Blier et Boyer sont également parfaits en seconds rôles, respectivement patron vénal et épouse désoeuvrée et malheureuse…

Le genre de film qui peut rebuter si l’on est formaté à un cinéma traditionnel mais que l’on peut savourer sans distinction si l’on est fan de films déviants et de cinéma « à part »…

On est à la limite du film fantastique…

Note : 10/10







Une nuit en enfer de Robert Rodriguez, 1995

UNE NUIT EN ENFER

Etats Unis

1995

de Robert Rodriguez

avec George Clooney, Harvey Keitel, Quentin Tarantino, Juliette Lewis, Fred Williamson, Tom Savini et Salma Hayek



Synopsis :

Après un casse crapuleux qui tourne mal, les frères Gecko, deux malfrats psychopathes et sans scrupules, prennent en otages un pasteur veuf, sa fille et son fils, qui roulent à bord d’un luxueux camping car, afin de passer en douce la frontière sans être inquiétés par les forces de l’ordre et la police des douanes…

Ils atterrissent au Titty Twister, un bar mal fâmé, pour se restaurer, qui s’avèrera en fait être un repaire de créatures vampiriques cannibales…

Une fois l’amorce de ce guet apens effectué, notre équipe devra oublier ses querelles internes et s’unir pour combattre ces féroces adversaires, et ce, avec les moyens du bord qu’ils auront à leur disposition…

La nuit de cauchemar ne fait que débuter !



Mon avis :

Prémisce du style “Grindhouse” qui allait exploser une décennie plus tard avec “Death Proof” et “Planet Terror”, “Une nuit en enfer” (“From dusk till dawn” outre atlantique) est une nouvelle fois la preuve irréfutable que la collaboration Tarantino/Rodriguez tourne vraiment à plein régime, se hissant parmi les meilleurs films de genre de l’époque !

Incroyablement sadique et outrancièrement fun et gore, « Une nuit en enfer » dépote sévère et ne recule devant aucun effet pour offrir un plaisir (coupable) au spectateur !

Dialogues ciselés, situations déjantées, action non-stop, personnages allumés (surtout ce vieux pervers de Tarantino qui se fait plaiz’ en se payant une tranche de Lolita Juliette Lewis, dans un passage bluffant et carrément ouf !)…

Salma Hayek n’était pas encore avec Pinault mais elle savait déjà y faire pour appâter le chaland avec son corps superbe et ses seins énormes et parfaits…

Ceci étant, le film n’est pas racoleur du tout mais vire même à la pantalonnade à certains passages (Tom Savini en « Sex Machine » LOL, Harvey Keitel tout juste sorti de « Bad Lieutenant » en papy vindicatif – quel acteur tout de même ! -) et Clooney au sommet de sa burnitude…

Bref tous les atouts sont réunis et sincèrement « Une nuit en enfer » est un pur plaisir, un divertissement inboudable, barré et décomplexé, dont on sort vidé et repu, un peu comme si l’on venait de s’envoyer 15 téquilas et un plat de tacos à la sauce tex mex pimentée…

Très vite devenu un classique du genre et un des meilleurs films américains de 1995 ! 

A voir sans modération aucune !



Note : 10/10




samedi 7 janvier 2012

LES WURDALAKS (mini critique de Nelly)

« Les Wurdalaks »:

Ce deuxième conte est un conte fantastique gothique, avec un excellent Boris Karloff en père de famille/Wurdalak, redoutable qui, envoûté, parvient à s'emparer avec malice de l'esprit de son petit fils.

Le début du conte, très brumeux et ensorcelant, plonge très directement le spectateur dans une ambiance vampirique pleine de charme.

La découverte par le voyageur d'un poignard planté dans le corps d'un cavalier fait mouche, d'autant que le poignard est d'abord perçu au premier plan, alors que la scène est filmée en plan large et que l'on perçoit le voyageur en arrière-plan s'approcher.

Le décor de la demeure familiale est très travaillé et certains plans sont marquants, notamment celui où l'on voit le petit-fils dans la pénombre face à une porte en train d'implorer qu'on daigne le faire entrer, se plaignant d'avoir froid.
 d'un poignard planté dans le corps d'un cavalier fait mouche, d'autant que le poignard est d'abord perçu au premier plan, alors que la scène est filmée en plan large et que l'on perçoit le voyageur en arrière-plan s'approcher. Le décor de la demeure familiale est très travaillé et certains plans sont marquants, notamment celui où l'on voit le petit-fils dans la pénombre face à une porte en train d'implorer qu'on daigne le faire entrer, se plaignant d'avoir froid.

Comme tout conte gothique qui se respecte, les agressions et les meurtres ne sont pas filmés de front, seulement évoqués au travers d'un plan subjectif ou de cris d'horreur qui dispensent de toute explication.

C'est notamment le cas du petit-fils, alors que le spectateur a pu suivre longuement les manoeuvres du Wurdalak pour l'emporter hors de sa chambre et le mordre.

L'agression de la mère du petit garçon est également filmée magistralement, tout en évocations frissonnantes.

La vision du Wurdalak assassiné au bout d'une pique est un des points d'orgue de ce court-métrage horrifique.

Une autre petite perle du cinéma gothique italien.

Mini critique de Nelly , janvier 2012

Le Royaume de Ga Hoole de Zack Snyder, animation 2011

LE ROYAUME DE GA’HOOLE
De Zack Snyder
2011
Animation/Aventures/Famille
Etats Unis
95’
Synopsis :
Une petite famille de hiboux inoffensive et innocente vit dans les arbres d’une forêt…
Les petits frères et sœurs tentent une échappée mais se retrouvent kidnappés par d’autres volatiles…
Ils se font piéger et deviennent esclaves des « sangs purs » et doivent emmagasiner des boules de feux métalliques si ils veulent survivre et s’en tirer…
Leur seul échappatoire reste le « Royaume de Ga’ Hoole » qui est une contrée fantastique loin de toute dominance ou domination et constituée de hiboux gentils au grand cœur…
Mais les trahisons et difficultés seront légions dans leur périple semé d’embûches !
Y parviendront –ils ?
Mon avis :
Entre « Watchmen » et le superbe et épique « Sucker Punch », Snyder fait une pause blockbusterienne avec un joli film d’animation, petit conte familial avec des hiboux où il prouve une nouvelle fois son talent et son art de faire rêver les spectateurs de la plus belle manière qui soit…
Ici aucune violence, aucune brutalité mais plutôt une mise en exergue des peurs enfantines, symbolisées par la quête de deux créatures innocentes, perdues et loin de leur fratrie…
Mais attention, ne pas se méprendre ! : « Le Royaume de Ga ‘Hoole » est TOUT SAUF NUNUCHE !
Pas de grandiloquence ni de compassion et encore moins de mièvrerie, le rêve est bien là mais à aucun moment niais ou vide…
Même la naïveté est laissée au placard car la rhétorique ici invoquée est bien accessible aux adultes qui ne sont pas mis en reste…
Des images sublimissimes comme ces survols aériens ponctuant allègrement les multiples séquences du métrage confèrent à lui donner une qualité visuelle indéniable et oniriquement perfectibles !
On sait forcément que tout finira bien mais on prend un réel plaisir à ces petites pérégrinations aventurières et sans prétention, on savoure et on déguste les moyens mis à disposition pour ce spectacle grandiose et empreint de volupté plastique…
Ultra technique et technologique mais jamais prétentieux « Le Royaume de Ga ‘ Hoole » est juste magnifique et porte tous les espérances à bras le corps du cinéma d’animation moderne, se hissant encore à un nouveau pallier dans le genre, qui pourra, nul ne peut en douter, servir de tremplin pour les futurs métrages de sa catégorie, petit modèle en devenir d’un style devenu quelque peu moribond jusqu’alors : il y apporte un second souffle !
NB : ce film convient aux tout petits, même un petit de 2 ans peut le voir, il adorera !
Note sur 20 : 17.5





I SPIT ON YOUR GRAVE' 2010

I SPIT ON YOUR GRAVE
Etats Unis
2010
Genre : Torture Porn / Rape and revenge
110 ‘ (version uncut unrated)
Synopsis :
Une très jeune écrivain particulièrement sensuelle débarque dans une contrée perdue des Etats Unis pour s’installer dans une grande demeure isolée près d’une forêt et d’une rivière afin d’être peinarde pour écrire son livre…
Elle se fait brancher très vulgairement par trois bougres dans une station service mais parvient à s’en sortir…
Alors qu’elle a un problème de robinetterie, elle fait venir un plombier attardé chez elle, qui est limite proche de la débilité mentale…
Pour le remercier elle lui fait la bise…
Puis les trois gus de la station service retrouvent la trace de la fille et ça partira complètement en live !
Viols, humiliations diverses, coups, gunfuckings et même beerbottlefucking sont au programme !
Arrive le shériff !
Ce qui devait être un dénouement heureux et salvateur va se transformer en un cauchemar mille fois plus pénible que celui enduré précédemment !
Mais la fille a du répondant !
Mon avis :
Remake moderne d’un modèle du genre « I spit on your grave » version 2010 ne lésine sur aucun effet et aurait pu céder à la facilité…
Mais il n’en est rien !
Appuyé par un levier de bestialité hors du commun et doublé d’une perversité masculine proche du vomitif, le film oublie les stéréotypes typés du codage dit « Rape and revenge » pour y rajouter à sa sauce une dimension « Torture porn », se démarquant alors par un mix inédit jusqu’alors des deux genres…
Et ça porte ses fruits de façon prodigieuse et bluffante !
Attention car là ça ne rigole pas !
Tous les moyens sont bons pour écoeurer le spectateur !
Insultes misogynes et phallocrates, « hommes porcs », mélange de sperme, de vomi, de sang et de boue, on ne recule devant rien pour un métrage très difficile à déconseiller au public féminin et à réserver à un public averti et prévenu que là, bah c’est du lourd !
Certes, quelques zones d’ombre subsistent : l’héroîne est très maladroite (c’est à se demander si elle fait exprès d’être aussi conne !), elle renverse son verre de vin sur sa mini jupe, fait tomber son téléphone dans le trou des chiottes en voulant tirer la chasse, donne l’adresse exacte de sa destination à des inconnus qui la draguent et qu’elle ne connait ni d’Eve ni d’Adam !!!! tout ça pour nourrir et servir l’intrigue et de cette manière alimenter le pitch du viol et de tous ses tenants et aboutissants !
Hormis tout cela, ce qui est bien avec « I spit on your grave », c’est que pour une fois, on a droit à un spectacle POLITIQUEMENT INCORRECT…
Police corrompue, avec un shériff père de famille dont l’épouse est enceinte : sous le vernis, la crasse ! (ce qui ajoute au malaise provoqué et inhérent à l’abjection des personnages !).
Une bonne dose de trouvailles « Sawiennes » pimente le tout pour une issue vengeresse absolument détonante de brutalité et d’engins de tortures très inventifs ! (« à la moyenâgeuse » comme dirait Marcellus Wallace dans « Pulp Fiction »)…
Bref, une bombe de sa catégorie, particulièrement efficiente et bien troussée, à visionner si vous êtes friands de violence et de fureur vindicative…
Note sur 6 : 5.75