mercredi 11 novembre 2015

Texas Chainsaw de John Luessenhop, 2013

TEXAS CHAINSAW
de John Luessenhop
2013
Etats Unis
avec Alexandra Daddario, Dan Yeager, Tania Raymonde, Scott Eastwood, Marilyn Burns, Gunnar Hansen, Trey Songz, Bill Moseley
Horreur
92 minutes
Box office après une semaine de démarrage : 21 000 000 dollars
Synopsis :
Texas, 1974...
Sally Hardesty s'évade miraculeusement de la maison des cannibales la famille Sawyer, le shériff de la ville et des villageois prêts à en découdre une bonne fois pour toutes tuent et incendient les occupants, tout le monde décède sauf une femme et son bébé qui est enlevé par un homme...
Trente ans plus tard, le bébé est devenu une jeune femme, Heather, celle ci apprend qu'elle est légataire d'un héritage, sa famille adoptive essaye de la dissuader de se rendre dans le manoir de sa grand mère mais la jeune femme ne les écoute pas, elle part avec des amis, Nikki, sa collègue qui travaille dans une supérette et Ryan, son petit copain...
Tout serait angélique et l'endroit de rêve si ce n'est qu'un dangereux psychopathe vit dans des catacombes sous la maison, bientôt il décime tous ceux qui auront le malheur de s'aventurer dans son antre !
C'est l'hécatombe, Nikki et Ryan sont tués, le tueur au masque de peau humaine poursuit Heather jusque dans une fête foraine, elle est recueillie in extremis par la police...
Le maire Burt Hartman, qui faisait déjà partie du massacre de 1974, somme le shériff d'éradiquer le tueur manu militari et après avoir compris le lien de filiation entre Heather et le tueur, l'emmène dans un abattoir désaffecté pour la torturer...
Leatherface arrive juste à ce moment sur les lieux !
Mon avis :
Enième déclinaison d'une série de films lucratifs qui bénéficie du gimmick de la tronçonneuse porté par le personnage de Leatherface, vrai monstre faisant partie du bestiaire slasherien de haut niveau, ce "Texas chainsaw" malgré un accueil critique dénigrant et catastrophique se révèle très bon et surtout fidèle à son aîné de 1974 puisqu'il reprend plan par plan là où nous nous étions arrêté, c'est dire que la gageure est folle et tout de même rondement menée !
On sent que d'autres films sont passés par là, notamment "Devil's rejects", l'intro ne fait pas dans la dentelle, on craint un peu le pire lors de l'arrivée des personnages secondaires (Nikki, la bimbo, aïe !) mais tout ceci est désamorcé lorsque les protagonistes "parasites" du film disparaissent, celui-ci peut alors prendre son envol et devient vraiment intéressant !
Et on se régale ! passées les vingt premières minutes on obtient une version apocalyptique et customisée de slashers modernes, un peu un immense "whodunit" à la "Scream" où tout le monde devient dangereux (même les flics sont corrompus, le maire fou, c'est peut être eux les "monstres" du film et moins Leatherface !)...
Ce sont tous ces éléments qui font la qualité du métrage et qui l'érigent comme novateur d'une saga qui commençait à perdre son souffle...
Non seulement "Texas chainsaw" justifie pleinement sa filiation avec l'oeuvre de 1974 mais il lui rend un hommage appuyé avec pléthore de caméo (le shériff s'appelle Hooper, Gunnar Hansen et Marilyn Burns jouent dans le film) et la Miss Daddario prouve que c'est une très bonne actrice, notamment lors de passages effrayants où, terrifiée, elle fait parfaitement ressentir sa peur au spectateur...
La modernité étant pleinement présente, la séquence avec les I phones est monumentale, nous sommes en totale immersion dans le film avec ce pauvre lieutenant de police parti au casse pipe et le plan de la fête foraine, même si inabouti et inachevé, colle vraiment des frissons et fait se dresser les poils...
Si l'on fait abstraction du premier quart d'heure (hormis le clin d'oeil du prologue), "Texas Chainsaw" est une franche réussite, incorporant des éléments novateurs et revigorants à la saga entamée par Tobe Hooper et se démarquant par une originalité indéniable pouvant contenter à la fois les fans friands de slashers et les analystes de films cultes...
Excellemment déroulé, tonique, énergique et sincère, "Texas Chainsaw" est vraiment un film à voir sans à priori mais UNIQUEMENT par et pour se faire PLAISIR...

Note : 8.5/10







dimanche 8 novembre 2015

Docteur Folamour de Stanley Kubrick, 1964

DOCTEUR FOLAMOUR
de Stanley Kubrick
1964
Grande Bretagne/Etats-Unis
aka Doctor Strangelove
Avec Peter Sellers, George C. Scott, Sterling Hayden, Slim Pickens, James Earl Jones, Tracy Reed
Comédie satirique
Budget : 1 800 000 dollars
91 minutes
Synopsis :
Etats-Unis, en plein pendant la période de la guerre froide avec l’URSS…
Le général Jack D.Ripper, un éminent responsable de l’armée américaine donne l’ordre par le code « R » à plusieurs avions de la flotte militaire de larguer des bombes nucléaires sur l’URSS, c’est la stupeur mais les aviateurs doivent effectuer leur mission et ce, coûte que coûte !
Buck Turgidson, un haut gradé qui était avec sa secrétaire, Miss Scott, se rend compte que cet ordre est inapproprié, il se rend en urgence à l’assemblée située sous terre, non loin du Pentagone pour raisonner Ripper et endiguer l’incident diplomatique phénoménal créé par une telle décision…
Lionel Mandrake est isolé dans une base militaire qui se fait attaquer alors que le président Merkin Muffley demande l’appui du docteur allemand Folamour, un nostalgique du Troisième reich qui effectue des quenelles et des saluts nazis à tout va…
Une solution serait de prévenir les soviétiques de l’emplacement des bombardiers afin que ceux-ci les détruisent en plein vol avant le largage des bombes !
D’autres éléments se greffent à la situation, celle-ci devient insoluble et le pire semble être imminent…
Mon avis :
A chaque fois que Stanley Kubrick décide d’entreprendre un film, on sait qu’on peut s’attendre à quelque chose de phénoménal et d’atypique, ce « Docteur Folamour » est une nouvelle fois un film de haut niveau, une comédie satirique pas comme les autres et inédite dans le genre, qui se sert du levier de l’absurdité des guerres pour permettre à Kubrick d’appuyer un délire total, ponctué de dialogues très longs et parfois incompréhensibles tant ils sont ciblés dans l’absurde…
Techniquement, les plans sont très travaillés et une scène d’anthologie désamorce l’austérité de ces militaires, la séquence de la secrétaire en petite tenue qui répond au téléphone, totalement iconoclaste et inadaptée au film et pourtant elle fait rayonner littéralement la continuité du métrage, amplifiant l’humour inhérent à ce dernier…
Peter Sellers incarne TROIS rôles ( !), le président, Lionel Mandrake et le docteur Folamour ! on est en pleine jubilation toute la durée du film et George C. Scott débite ses phrases comme une mitraillette lors de loghorrées surréalistes bluffantes, le tout face à un parterre de diplomates et de militaires littéralement sciés !
Kubrick se fiche de la crédibilité de son œuvre et les avions sont de vulgaires maquettes miniatures posées sur des collages de paysages aériens en mouvement, les effets sont bricolés et Kubrick a moins mis les moyens sur la forme que sur le fond, il privilégie les dialogues et leur sémantique burlesque (le passage avec la « fluorisation » restera gravé dans les oreilles de tout cinéphile) et la cocasserie de certaines situations fait mouche et fera date (« si les russes sont bombardés, vous devrez rendre des comptes aux dirigeants de Coca Cola ! »)…
Jouissif à tous les niveaux, « Docteur Folamour » est une œuvre phare et charnière dans la filmographie de Kubrick et même s’il soulève des interrogations, il n’en reste pas moins d’une force comique et d’une liberté de ton d’une modernité encore intactes de nos jours…
Tout cinéphile se doit de l’avoir visionné au moins une fois dans sa vie et le plaisir procuré est largement à la hauteur du talent déployé par ce cinéaste de génie qu’était Kubrick, virevoltant dans les genres qu’il appréhendait et cassant les codes créés  par les autres réalisateurs, c’était un vrai trouble-fête mais son cinéma s’avèrera nécessaire pour l’histoire du septième art et pour son évolution et sa renaissance !

Note : 10/10







samedi 7 novembre 2015

MESRINE profession ennemi public d'Hervé Palud, 1984

MESRINE PROFESSION ENNEMI PUBLIC
d’Hervé Palud
France
1984
Docu biopic
93 minutes
Edité en DVD chez Wild side
Box office parisien à la première semaine après sa sortie : 10 069 entrées
Synopsis :
Porte de Clignancourt, le 2 novembre 1979, Jacques Mesrine est tué par des policiers en civil alors qu’il se trouvait au volant de sa voiture, une BMW, le film débute par des images d’archives de la foule qui s’amasse autour du véhicule…
Il sera retracé le parcours peu glorieux (au niveau de la justice et pas au niveau des médias bien sûr !) de ce gangster à grande échelle, de son enfance jusqu’à son départ pour le Canada en passant par l’Espagne ou l’Algérie, ses séjours en milieu carcéral avec de multiples évasions, ainsi que ses braquages, ses prises d’otages et ses kidnappings, Hervé Palud met en lumière la totalité de la vie de Mesrine dans ce documentaire agrémenté par de nombreuses interviews de tous ceux qui avaient cotoyé « l’ennemi public numéro un », que ce soit des magistrats, des journalistes ou des hommes politiques, ainsi que des gens plus proches comme sa mère ou ses compagnes d’alors…
Mon avis :
Avec un grand soin et une application très méthodique, Hervé Palud s’est basé sur de nombreuses archives d’époque pour nous retracer la parcours pour le moins exceptionnel en tous points de celui qui est sans conteste le plus grand gangster qu’ait connu la France : Jacques Mesrine !
Palud passe tout au crible, l’enfance de Mesrine, son adolescence avec le fait qu’il soit un grand cinéphile (il allait au cinéma deux à trois fois par jour !), ses frasques amoureuses (il était un grand play boy, un vrai Casanova), son exil au Canada et ses premiers braquages…
Puis le tempo s’accélère avec des coups de plus en plus osés et incessants comme des casses de banques ou des kidnappings avec demandes de rançons !
Un témoignage sidérant de sa femme de l’époque nous raconte comment il se fit serrer par des policiers américains après une course poursuite à cinq voitures derrière lui, pétoires à la main !
L’influence des médias est omniprésente dans le documentaire, avec des coupures de presses de revues à sensation mais aussi de grands journaux comme Libération ou le Figaro (d’ailleurs Mesrine enleva un des journalistes pour le séquestrer dans une champignonnière où il fut blessé, suite à un papier écrit par le chroniqueur qui dénigrait Mesrine violemment)…
C’est cette antinomie fascination/terreur qui caractérisa Mesrine durant son sanglant parcours et son odyssée meurtrière au sein de l’hexagone une dizaine d’années durant…
Mais qu’est ce qui a bien pu lui passer par la tête ? lui qui se prédestinait à une profession d’architecte et qui avait un don pour réaliser des maquettes…
Quoiqu’il en soit, Mesrine fût une icône incontournable des années 70 et connu mondialement pour le culot dont il fit preuve, Mesrine n’avait peur de rien ni de personne et était très intelligent, en témoigne les livres qu’il a écrit et la philosophie de vie dont il faisait étalage…
Au plus haut sommet de l’Etat (on était sous Giscard) et après de multiples forfaits il devint « l’homme à abattre coûte que coûte » !
« Mesrine, profession ennemi public » est un film documentaire très bien construit et habilement réalisé, sa complétude et le découpage sont parfaitement bien enchainés, il est de plus passionnant et agréable à regarder et le spectateur s’immerge directement dans la retranscription de la vie de Mesrine…
On ne voit pas l’heure et demie passer et de surcroit on s’instruit historiquement en découvrant l’impact que Mesrine avait donné sur la société et en même temps les mœurs sociétales de l’époque…
Vraiment très intéressant et non négligeable, ce documentaire est à visionner, je vous le recommande…

Note : 8/10




dimanche 1 novembre 2015

Retour vers le futur de Robert Zemeckis, 1985

RETOUR VERS LE FUTUR
de Robert Zemeckis
1985
Etats-Unis
aka Back to the future
Avec Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Lea Thompson, Claudia Wells, Crispin Glover
Produit par Steven Spielberg
Comédie fantastique
115 minutes
Budget : 19 millions de dollars
Recettes mondiales : 381 millions de dollars
Synopsis :
Hill Valley, bourgade des Etats-Unis, octobre 1985…
Marty Mac Fly, un lycéen, a pour ami le docteur Emmett Brown dit « Doc », un savant farfelu qui procède à des expérimentations sur le voyage temporel…
Les parents de Marty, Lorraine et George, sont des loosers qui se font tourner en bourrique en permanence, notamment par Biff Tannen, le patron de George, un grossier personnage…
La petite copine de Marty s’appelle Jennifer, Marty semble dépassé par le caractère benêt de son père et voudrait bien qu’il soit plus sûr de lui…
Doc dérobe des fûts de plutonium à des terroristes libyens, il donne rendez-vous à Marty un soir, sur le parking d’une centre commercial…
Marty s’y rend et découvre, ahuri, la nouvelle trouvaille de Doc : une voiture qui peut traverser le temps !
Il teste le véhicule sur son chien Einstein et le résultat s’avère convaincant…
Les terroristes libyens retrouvent la trace de Doc, dans la panique et la confusion, Doc est abattu, Marty, poursuivi, passe la vitesse de la voiture à quatre vingt dix miles !
Programmé  pour revenir en 1955, le véhicule propulse Marty à cette époque !
Il retrouve ses parents jeunes, avec trente années de moins…
Chacun de ses actes risquent de modifier son destin…
Mon avis :
Bénéficiant d’une production monumentale des studios Amblin de Steven Spielberg, Robert Zemeckis a l’entière liberté pour déployer son énergie dans un gigantesque divertissement où comédie, fantastique et chronique sociale font bon ménage et ce, dans un climat de bonne humeur qui fait réellement plaisir à voir…
On se familiarise immédiatement avec les personnages du film et l’intrigue, dotée d’un scénario particulièrement habile, amène le spectateur dans des situations cocasses et savoureuses…
La restitution et la reconstitution de l’ensemble est sans failles et les décors sont relatées avec rigueur, le film incroyable au départ passe comme une lettre à la poste et on y croit dur comme fer grâce à une application totale où aucun détail n’est laissé au hasard…
Tout est mis en œuvre pour contribuer à faire passer au spectateur un moment de détente et de plaisir, comme les métrages de l’époque (je pense à « Gremlins », « Goonies », « Ghostbusters » et même « Le secret de la pyramide »), « Retour vers le futur » est un régal absolu qui se suit avec attention et qui procure une sensation de bonheur immédiat…
Immense succès au box office, « Retour vers le futur », bourré de clins d’œil, s’appuie sur la thématique du voyage dans le temps mais y greffe des éléments comiques bluffants, à contrario du « Terminator » sorti un an avant qui, lui, prenait le parti pris de ce postulat mais pour asseoir une science fiction anxiogène et effrayante…
Zemeckis sait qu’il est là pour faire plaisir au public, il hérite des qualités de son mentor Spielberg et parvient à hisser « Retour vers le futur » au rang de film culte instantané, aussi bien formaté pour les publics jeunes que pour les cinéphiles adultes, il préfigure le cinéma « geek » et on peut même aisément dire que c’est l’un des premiers témoignages de ce genre, avec les « Star wars »…
Exemplaire de bout en bout, « Retour vers le futur » délivre un cinéma rassérénant et jubilatoire et l’on ne peut oublier la dynamique, la sympathie qui ressort de ce film…
Hors du temps et pourtant ancré à 100 % dans l’époque bénie des années 80, « Back to the future » est une pépite de pur bonheur à savourer sans modération !

Note : 10/10






samedi 31 octobre 2015

Le venin de la peur de Lucio Fulci, 1971

LE VENIN DE LA PEUR
de Lucio Fulci
1971
France/Italie/Espagne
Aka Carole aka les salopes vont en enfer aka Schizoïd aka Una lucertola con la pelle di donna aka Woman in a lizzard’s skin
Avec Florinda Bolkan, Anita Strindberg, Jean Sorel, Stanley Baker, Silvia Monti, Alberto de Mendoza, George Rigaud
Giallo onirique
103 minutes
Edité en blu ray chez Le chat qui fume éditions
Synopsis :
Angleterre, début des années 70…
Carole Hammond, fille d’un avocat notoire, a un suivi psychiatrique avec le docteur Kerr, la femme a des accès de névrose lors de rêves récurrents où elle se voit avec une autre femme la poignardant, elle restitue le déroulé de ses rêves au médecin qui tente d’analyser l’impact sur son subconscient…
Sa voisine, Julia Durer, une actrice, est retrouvée tuée dans son appartement, Hubert et Jenny,  deux hippies toxicomanes, sont suspectés d’être les coupables…
La police enquête et une empreinte de doigt retrouvée sur le coupe papier qui a été utilisé pour le crime s’avère être celle de Carole, celle-ci est appréhendée…
Libérée sous caution, Carole est traquée par Hubert qui la suit jusque dans une église moderne désaffectée, tel un psychopathe, il jure d’avoir sa peau et la terrorise…
Mon avis :
Incursion dans le giallo pour Fulci, « Le venin de la peur » se démarque de ses homologues par le côté appuyé sur l’onirisme présent surtout dans la première moitié du film, ce qui permet à Fulci de l’utiliser comme levier pour son intrigue, renvoyant la pathologie de son actrice principale à la schizophrénie et brouillant ainsi les multiples pistes de l’enquête…
Cette fois, tout a été conçu au niveau technique pour en mettre plein la vue et le résultat est surprenant en tous points !
Zooms, cadrages, mouvements de caméras, sauts du coq à l’âne, le spectateur est en perpétuelle ascension visuelle pour un cinéma révolutionnant et explosant les bases du genre !
« Le venin de la peur » est à Lucio Fulci ce que « Citizen Kane » est à Orson Welles, une recherche perpétuelle de création doublée d’une mise en forme imparable et stylée…
Certains passages font vraiment peur mais pas cette peur habituelle aux films de genre de l’époque, une peur fabriquée par l’INSOLITE de situations, par la vision effrayante de plans séquences obnubilant ou glacials, le tout teinté d’un érotisme déviant et bizzaroïde qui met plutôt mal à l’aise…
Prouvant une énième fois son talent et son sens de la recherche cinématographique, Fulci expérimente à sa sauce des innovations qui feront date, que ce soit dans le fond ou dans la forme, dirigeant de main de maitre des actrices habitées par leur rôle et déployant un charisme qui va plus loin que le simple envoûtement, le résultat est subjuguant !
Aucune esbroufe, pas de vulgarité mais une finesse et une intelligence dans l’ensemble avec une histoire passionnante du début à l’issue, maitrisée avec application par un Fulci qui signe ici son métrage le plus abouti techniquement parlant, il se surpasse comme dans « La longue nuit de l’exorcisme », « Le venin de la peur » fait aisément partie du trio de tête de ses trois meilleurs films…
Fulci utilise également pas mal de peurs viscérales (l’attaque des chauves-souris, la vision des chiens décharnés, le duo de toxicos qui ferait peur à une couvée de singes…) et s’emploie à styliser avec harmonie des séquences majestueuses d’intensité (le gros plan sur la rétine de Carole, le cœur suintant du sang, l’orgue qui fait surgir la musique, la porte qui s’enfonce avec des zooms rapides qui tapent)…
Une œuvre majeure rendue visible au grand public par une splendide édition DVD/BLURAY édité chez les éditions « Le chat qui fume », ce film réconciliera les cinéphiles friands de raretés et les esthètes du cinéma d’auteur…
Immanquable !

Note : 10/10







samedi 24 octobre 2015

TOP METAL 2015

TOP METAL 2015

1/ PSYCROPTIC : Psycroptic
2/ SLAYER ; Repentless
3/ ANNIHILATOR : Suicide society
4/ IRON MAIDEN : Book of souls
5/ KRONOS : Arisen New Era
6/ CHILDREN OF BODOM : I worship chaos
7/ DISARMONIA MUNDI : Cold Inferno
8/ SOILWORK : The Ride Majestic
9/ SYLOSIS : Dormant Heart
10/ HATE ETERNAL : Infernus
11/ PARADISE LOST : The Plague within
12/ DEW SCENTED : Intermination
13/ VIRGIN STEELE : Nocturne Hellfires
14/ BLOODBATH : Grand Macabre
15/ WEVERN : Self made
16/ MALEVOLENT CREATION: Dead Man Path
17/ NAPALM DEATH : Apex Predator/Easy meat
18/ SUPURATION : Rêveries
19/ AT THE GATES : At war with reality
20/ BODY COUNT : Manslaughter

Souhait pour 2016 : un nouvel album de Coroner, un Blu ray live d’Annihilator et que le second opus de la trilogie « The singularity » de Scar Symmetry soit du même tonneau que le premier !






dimanche 18 octobre 2015

Plaisir à trois de Jess Franco, 1974

PLAISIR A TROIS
de Jess Franco
France/Espagne
1974
Avec Alice Arno, Lina Romay, Robert Woods, Howard Vernon, Tania Busselier
Film érotique
84 minutes
Edité en DVD chez Artus films
Synopsis :
Une ville de la péninsule ibérique au début des années 70…
Martine de Bressac, une jeune femme, a passé une année entière dans un institut psychiatrique, le médecin, après l’avoir reçue lors d’un ultime entretien, lui signifie sa sortie définitive, Mathias, le majordome de la richissime femme, conduit Martine à son domicile, un luxueux manoir situé à la périphérie de la ville…
Dans ce lieu cossu vivent Charles, l’époux de Martine, Malou, le jardinier et Adèle, une très jeune femme sourde et handicapée mentale…
Charles, Adèle et Martine se livrent à des « jeux » érotiques avec copulations et caresses, Malou, quant à lui, est devenu fou depuis qu’il a été témoin de la mort d’un évêque qui a chuté de son piédestal et s’est fracassé le crâne sous ses yeux…
Pour pimenter leurs jeux pervers, Charles et Martine ont « repéré » lors d’une séance d’onanisme, une fille de vingt et un ans, Cécile, qu’ils supposent encore vierge…
Par un subterfuge, ils obtiennent du père de Cécile que cette dernière séjourne au sein du manoir…
Dépravations diverses seront légions durant la visite de Cécile jusqu’à une issue pour le moins inattendue qui vérifie pleinement l’adage « tel est pris qui croyait prendre »…
Mon avis :
Comme d’habitude dans la plupart de ses films, Jess Franco pousse à maxima dans ses expérimentations les scènes sulfureuses, ici, « Plaisir à trois » ne déroge nullement à la règle et entérine les codifications créées par Franco lui-même, dans ce métrage, on peut aisément dire qu’il s’est surpassé en faisant totale référence aux ouvrages du Marquis de Sade, le projet lui tenait à cœur depuis très longtemps et Franco s’applique dans sa démarche de retranscription de nombreuses perversions, comme le voyeurisme, le sadomasochisme, le triolisme, l’onanisme et la dépravation par droit de cuissage…
La nudité est par conséquent omniprésente et, même si la qualification aurait presque pu être adaptée, « Plaisir à trois » ne se considère pas comme un film pornographique dans le sens où l’intrigue érotique sert de levier à une histoire de machination machiavélique proche du fantastique…
La demeure joue un rôle prépondérant dans le film, notamment lors de plans esthétiquement formidables dotés d’éclairages que n’aurait pas renié Mario Bava et un soin certain est donné aux mouvements de caméras, notamment lors d’alternances plans fixes/zooms en gros plans/vues d’ensembles…
Trois faux raccords sont à déplorer, la scène de voiture au début (Vernon met une trentaine de secondes à répondre à la demande d’Alice Arno), l’arrivée de Martine avec Adèle sur le perron sortie du manoir et le plan suivant sortant de la porte d’entrée ( !) et l’incroyable séquence de jeu « défi » où Adèle se lève promptement lorsqu’on prononce son nom, sauf qu’elle est censée être sourde ! (lol)
Le final fait preuve d’un radicalisme surprenant et floue tout le monde, à commencer par le spectateur, dans l’ensemble « Plaisir à trois » est un divertissement érotique honnête et multiplie les séquences excitantes tout en cadrant bien la démarche scénaristique qui s’avère méthodique et redoutable !
L’édition d’Artus films est encore une fois un sans fautes et pour tous les aficionados fans de Jess Franco, le DVD est inespéré…
Encore une fois, « Plaisir à trois » est un grand Franco, témoignant de son talent et mettant en lumière l’une des multiples facettes de ce réalisateur marginal et marginalisé à tort, il possède un style inouï que beaucoup de cinéphiles pourront apprécier sans nul doute…

Note : 8/10