LA
FORET D’EMERAUDE
de John
Boorman
1985
Grande
Bretagne
aka The emerald forest
avec Powers Boothe, Meg Foster,
Charley Boorman, Dira Paes, Yara Vaneau
Aventures
109 minutes
Synopsis :
Une
ville à côté de la forêt amazonienne en Amérique du sud, entre les années
soixante- quinze et quatre- vingt- cinq…
Bill
Markham est un ingénieur, il est chargé d’établir un gigantesque barrage
hydraulique, ce qui a pour conséquence une énorme déforestation…
Alors
qu’il l’accompagne sur le chantier, son fils Tommy, âgé de sept ans, est enlevé
par une tribu d’indigènes, les Invisibles…
Bill,
bouleversé, le recherche pendant plusieurs années, en vain…
Dix
années se sont écoulées et le barrage est installé, Tommy a définitivement
intégré la tribu, cette dernière est persécutée par une horde d’indigènes
supposés cannibales, les Féroces…
Accompagné
par un journaliste qui connaît parfaitement le terrain, Bill va tomber nez à
nez avec son fils lors d’une attaque des Féroces, blessé, il est soigné et
sauvé in extremis par le sorcier Wanadi…
Contraint
de repartir, Bill laisse son fils au sein des Invisibles…
Kachiri,
la promise de Tommy, ainsi que plusieurs dizaines de jeunes femmes de la tribu,
sont enlevées par les féroces, qui, en échange d’armes avec des trafiquants,
les revendent pour un réseau local de prostitution…
Tommy
parvient à retrouver le domicile de son père, une traque s’organise pour sauver
les jeunes filles…
Mon
avis :
Film
injustement oublié dans la carrière de l’immense John Boorman et à réhabiliter,
« La forêt d’émeraude » fut un beau succès au box office et doit se
voir ou s’appréhender comme un film d’aventures écolo qui dévie vers l’action
pure sur sa fin…
De
nombreux repérages ont dû être nécessaires si l’on en juge par les décors (tous
naturels) et cela n’a pas dû être aisé à tourner (la gageure est telle qu’on
pense à des films comme « Aguirre, la colère de dieu » de Herzog),
véritable tour de force technique, « La forêt d’émeraude » est
également une solide aventure humaine et une leçon de vie sur les tribus primitives
encore en activité peuplant certaines contrées d’Amérique du sud…
Il y
a une grâce dans le film avec de longs plans aériens assez fascinants et cette
récurrence de l’aigle dans le ciel, symbole de conquête et de quête vers la
plénitude, vers l’absolu et la force de la nature…
Charley
Boorman (le propre fils du metteur en scène) est sidérant de crédibilité dans
son jeu et endosse avec perfection la peau de son personnage, il a dû payer de
sa personne lors de séquences assez dures (le passage avec les fourmis sur le
visage, les combats), hyper réaliste et conçu avec un travail d’orfèvre, « La
forêt d’émeraude » est bien plus qu’un simple film d’aventures mais, outre
sa qualité narrative, projette le spectateur vers des thématiques comme la
prise de conscience, le danger que l’humain met à la nature et la toute
puissance de celle-ci, bien plus importante que l’homme, qui n’est rien en face
d’elle et de ses déchainements (les pluies diluviennes qui balayent tout sur
leur passage)…
Le
prétexte de la prostitution relance ainsi le postulat du métrage et permet
ainsi à Boorman de clôturer son film de façon remarquable et habile avec le
rapprochement père/fils et cette décision de faire sauter le barrage…
Maitrisé
de bout en bout, « La forêt d’émeraude » est tout à fait ancré dans
la lignée des films de Boorman, digne héritier de « Délivrance » avec
toujours cette exploitation des décors naturels qui font partie intégrante du
film, qui en sont l’élément principal…
Tentative
réussie et intéressante à visionner, « La forêt d’émeraude » a le
double intérêt de faire passer un bon moment au spectateur cinéphile et de
revigorer le film d’aventures des années quatre- vingt par un côté exotique
affirmé et pourvu de la plus grande humanité…
Boorman
a une nouvelle fois pondu un chef d’œuvre à voir impérativement…
Note :
10/10
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