VIVA
ZAPATA
d’Elia
Kazan
1952
Etats-Unis
Avec Marlon Brando, Anthony Quinn,
Jean Peters, Joseph Wiseman, Arnold Moss, Alan Reed
108
minutes
Fresque
historique romancée
Produit
par Daryl F. Zanuck
Oscar
du meilleur acteur dans un second rôle (Anthony Quinn)
Synopsis :
Au
début du vingtième siècle, en 1909 au Mexique…
Les
paysans du Morelos, spoliés par des exploitants de canne à sucre, rendent une
visite inopinée au gouverneur de la région, ils lui expliquent leur désarroi,
ce dernier leur promet de réparer cette erreur…
Lorsque
les paysans quittent la salle, un homme, Emiliano Zapata, interpelle le
gouverneur de façon irrespectueuse, celui-ci lui demande son nom et le note sur
un calepin en l’entourant…
Peu
de temps après, la révolte gronde : Zapata, aidé par son frère Eufemio et leur
ami Pancho Villa, fomente une rébellion et les nantis sont attaqués dans un
bain de sang avec pour point d’orgue un duel sabre contre mitrailleuse…
De
fil en aiguille, Zapata devient l’étendard de la révolution mexicaine, il se
marie avec la belle Josefa, un membre de l’armée qui le défendait est tué dans
un guet- apens nocturne !
Zapata
devient la cible du gouvernement et représente une personne gênante, son
exécution devient inévitable afin de ne pas entacher les projets politiques du
gouverneur…
Mon
avis :
« Viva
Zapata » est une retranscription de la société dans les pays pauvres qui
donne une confrontation entre les politiques et le peuple, ici le postulat s’avère
hélas encore d’actualité comme dans des pays sous-développés qui figurent sur
la planète…
Le
personnage de Zapata représente cette frange contestataire, défenseur d’un
peuple opprimé rallié à sa cause et qui semble désespéré, Brando, au teint hâlé
et aux yeux fermés, est méconnaissable dans son rôle, Anthony Quinn bénéficie d’un
jeu d’acteur qui lui vaudra un oscar, Elia Kazan aurait dénigré Brando auprès
de Quinn, pour rendre l’antipathie et la distance fortes entre les deux hommes,
ce procédé est discutable puisqu’à la fin du tournage, Kazan n’avoua pas la
vérité de cette supercherie à Quinn…
Bourré
de poésie (le cheval blanc, sublime métaphore à la fin du métrage, la logorrhée
avec les aphorismes débités par Brando, habité par son personnage) et touchant
voire déchirant (le pauvre gamin qui mange la nourriture des chevaux, Josefa
qui veut empêcher Zapata de partir et qui s’accroche à son cheval), « Viva
Zapata » bénéficie de surcroit d’une technique de découpage des plans très
habile (les séquences de mouvements de foule filmées en hauteur, les vues intérieures
vers le dehors par la fenêtre –déjà utilisées par Orson Welles dans « Citizen
Kane-)…
Le
film se déroule de façon progressive, alternant passages conflictuels mais n’oubliant
pas la belle histoire fougueuse entre Zapata et Josefa, d’abord houleuse (la
scène de l’aiguille dans l’église) pour finalement occulter la raison et provoquer
le déchirement (Jean Peters est bouleversante lorsqu’elle conjure Brando de ne
pas la quitter)…
Dans
sa globalité, « Viva Zapata » est et restera un très grand film, sur
une thématique (la révolution mexicaine) très peu abordé à Hollywood et qui
joue sur le réalisme de la misère d’un peuple avec crédibilité (on se demande
si certains figurants ne sont pas réellement de vrais paysans mexicains)…
Brando
trouve une nouvelle fois un rôle taillé à sa mesure et apporte en plus-value au
film son charisme habituel, prouvant qu’il est à l’aise dans tous les registres…
La
scène finale justifie à elle seule la raison de voir « Viva Zapata »
et intègre le film dans le rang fermé des classiques du cinéma politique des
années cinquante d’outre Atlantique…
Les
affres du pouvoir, de la corruption et de la prévarication en prennent pour
leur grade dans ce chef d’œuvre d’humanité et d’humanisme qui résonne comme un
cri désespéré…
Magnifique !
Note :
10/10
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