dimanche 5 mai 2019

Mosquito Coast de Peter Weir, 1986


MOSQUITO COAST
de Peter Weir
1986
Etats unis
avec Harrison Ford, Helen Mirren, River Phoenix, Martha Plimpton, Andre Gregory
Conte naturaliste/film d’aventures
117 minutes
Musique de Maurice Jarre
Budget estimé : 25 000 000 dollars
Synopsis :
Etats-Unis et Honduras, milieu des années quatre- vingts…
Allie Fox est un père de famille, il est un inventeur de génie mais complètement fantasque, il a quatre enfants et vit avec sa femme dans une maison à la périphérie d’une ville américaine ; souvent, lorsqu’il sort pour faire ses courses et acheter des articles de quincaillerie pour ses travaux, il fait des esclandres dans le magasin, refusant finalement de prendre le matériel en prétextant que l’origine vient de Chine ; en fait Allie Fox ne supporte plus le consumérisme et la société, il est acariâtre et irascible et rêve de construire un monde, SON monde où l’on se contente de peu, quitte à vivre chichement ; son fils Charlie, d’une douzaine d’années est réceptif au discours de son père et Allie essaye de lui enseigner et de lui inculquer ses préceptes…
Un jour, Allie en a tellement marre que, pris d’un coup de tête, il décide de prendre un bateau avec toute sa famille et de tout plaquer pour aller au Honduras…
Par amour, sa femme le suit et les enfants, n’ayant pas trop le choix, partent aussi et sont de l’aventure…
Sur le trajet, Charlie rencontre Emily, une adolescente qui est la fille du révérend Spellgood, celle-ci semble amoureuse de Charlie…
Arrivés en pleine forêt, la famille Fox, Allie en tête, se met en construction d’un refuge et de nombreuses péripéties attendent Allie !
Par ses inventions qu’il avait élaborées sur la terre ferme, aux Etats-Unis, Allie joue d’ingéniosité et recréée un chez –soi pour lui et sa famille…
Tout semblerait à peu près aller jusqu’à ce que trois guerrilleros arrivent et demandent l’hospitalité à Fox et s’installent pour dormir chez lui, fusils dans les mains…
Petit à petit, Allie Fox perd ses repères et devient à moitié fou ; ses enfants commencent à le détester et l’issue de tout cela semble vouée à l’échec total !
Mon avis :
On sort du visionnage de « Mosquito coast » avec une impression un peu en demie teinte, certes c’est un très beau film avec des paysages somptueux et une interprétation solide, Harrison Ford croit à fond dans son rôle et tout le film porte sur ses épaules, mais il y a vraiment un gros bémol (et il faut bien le dire !) c’est la crédibilité du film !
Bourré d’invraisemblances, « Mosquito coast » aligne les incohérences (ça commence avec la tronçonneuse lorsque Fox coupe un arbre, le summum est atteint lorsque la maison est construite en quatre plans et aussi lors de la scène de Thanks giving, vue la situation et l’environnement décrit au début et à l’arrivée de la famille Fox, on se demande bien comment tout le matériel a pu atterrir ici !)…
Ces faux raccords sont indignes d’un film de Peter Weir et si l’on compare « Mosquito coast » avec ses précédents chefs d’œuvre (« Witness », « La dernière vague »), on dirait même que « Mosquito coast » est un de ses plus mauvais films (ça fait peine de le dire !) ; échec critique et public à sa sortie, « Mosquito coast » a tout de même de grandes qualités et il fait beaucoup penser à « Fitzcarraldo », un peu un mini « Fitzcarraldo » avec Harrison Ford à la place de Klaus Kinski, mais toujours ce personnage illuminé et qui veut réussir un pari fou !
On se laisse volontiers aller au jeu et charmer par « Mosquito coast » à condition de faire abstraction de ces incohérences car, effectivement, le film a tout de même un énorme potentiel et la machine du « conte naturaliste » fonctionne à plein régime, vraiment grâce à l’énorme conviction d’Harrison Ford (Peter Weir peut le remercier !), Ford est dans un rôle complètement atypique à ceux qu’il incarnait auparavant et démontre une pugnacité, une volonté qui fait illusion, de gros moyens financiers aidants (vingt- cinq millions de dollars, ce n’est pas rien et le film est réellement tourné sur place !)…
Pouvant paraître fou, le personnage de Fox vacille entre bienveillance (au début) puis pétage de plombs (à la fin), je vous laisse découvrir le final (très beau) qui est, de plus, magnifié par la très belle musique de Maurice Jarre…
Certains passages lorgnent presque vers le fantastique (les incendies, les guerrilleros piégés), les jeunes acteurs se débrouillent bien et Helen Mirren semble hypnotisée par le jeu d’Harrison Ford, que l’on n’a vraiment pas l’habitude de voir dans la peau de personnages pareils (et finalement c’est peut- être pour un plus pour le film, les cinéphiles curieux auront un intérêt amplifié pour le film)…
Par son originalité et la grande distance prise si on le compare aux autres œuvres d’aventures sorties à cette période (entre le début et le milieu des années quatre-vingts), « Mosquito coast » tire radicalement son épingle du jeu et cette tentative très courageuse est à son honneur et mérite la plus grande attention…
Histoire basée sur la nature et le combat de l’homme à s’en rapprocher, « Mosquito coast » souffre de quelques défauts énumérés plus haut, mais il ne faut pas s’arrêter à tout ça, cela serait une erreur, c’est un film sincère et même poignant, qu’il faut réhabiliter absolument (il est quelque peu oublié trente- trois années plus tard et c’est un tort)…
Même si imparfait, le film de Peter Weir a le mérite d’y croire à fond dans son histoire et contentera largement le cinéphile grâce à de nombreux atouts…
Bref, « Mosquito coast » est à visionner au moins une fois et laisse un souvenir ancré à jamais, il m’a beaucoup fait penser aux films de Herzog et surtout à « Fitzcarraldo », je pense que le lien et la filiation entre les deux films n’est pas anodine et s’avère justifiée…
Vous aimez les décors naturels, les personnages un peu disjonctés, les aventures humaines ?
Foncez !
Note : 8/10













Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire