dimanche 10 mai 2015

TAKEN (critique rectificative) de Pierre Morel, 2008

TAKEN
De Pierre Morel
2008
Avec Liam Neeson, Maggie Grace, Famke Janssen, Katie Cassidy, Olivier Rabourdin
94 minutes
Polar formaté
Budget : 19 millions d’euros
Recettes mondiales : 221 millions de dollars
Synopsis :
Etats-Unis, 2008…
Bryan Mills, un retraité des services secrets, est séparé de sa femme Lénore, qui a conservé la garde de leur fille Kim, une adolescente qui vient de fêter ses dix-sept ans…
Bryan accepte de jouer les agents de sécurité pour une chanteuse de pop music, il lui sauve la vie en neutralisant un déséquilibré qui tentait de la poignarder…
Peu de temps après et presque contre son gré, Kim lui annonce qu’elle veut partir à Paris avec une de ses amies…
Contraint mais méfiant, Bryan accepte…
Arrivée dans le logement parisien, des malfrats maltraitent et kidnappent Kim !
Bryan se rend immédiatement sur place pour retrouver la trace de sa fille, cette dernière a été enlevée et introduite dans un réseau albanais de prostitution…
Mon avis :
Production hypra musclée, « Taken » est un sommet d’action et le spectateur n’a pas le temps de reprendre son souffle, Liam Neeson usant de sa propre personne lors de scènes survitaminées qui font la part belle aux cascades et aux castagnes avec des gangsters aux looks patibulaires…
Ingénieux et habile, le scénario tient bien la route et nous entraine dans un réseau de prostitution peu ragoûtant où végètent les salopards de la pire espèce…
Utilisant son intelligence et par le biais de divers stratagèmes bien rodés, Liam Neeson parvient dès lors à retracer le parcours de sa fille kidnappée et réussit à retrouver sa trace, après moult péripéties burnées et accidentogènes…
La peinture de ces pourris de proxénètes colle bien avec les plus grands salopards exploités dans le cinéma d’action et le moins que l’on puisse dire c’est que Luc Besson n’y est pas allé avec le dos de le cuillère, utilisant toutes les péripéties de Neeson à bon escient pour nous le rendre sympathique et qu’on ait envie qu’il se sorte du pétrin dans lequel il s’est mis, notamment après ses déceptions et son couple qui périclite, il est extrêmement touchant dans son rôle…
Les seconds rôles sont tous excellents et l’intrigue, rapide et tonique, est digne des meilleurs films d’action hollywoodiens toutes périodes confondues, avec son lot de poursuites en voitures très appliquées et efficace, du très bon travail !
Le côté paternaliste et protecteur de Neeson pour sa fille tourne à plein régime et fait ressortir un côté élégiaque et presque désespéré, à l’instar de Mathilda dans « Léon », autre film de Besson…
Bref on ne s’ennuie pas et c’est aussi l’occasion d’admirer des combats au silat, sport de combat où Neeson a eu le chance de s’entrainer et d’y faire ses classes pour notre plus grand bonheur…
Malin, efficient, enjoué et attrayant, « Taken » premier du nom, est une petite bombe à voir sans modération !

Note : 9/10





American Nightmare, the purge de James de Monaco, 2013

AMERICAN NIGHTMARE
THE PURGE
de James de Monaco
Etats-Unis/France
2013
Avec Ethan Hawke, Lena Headey, Adelaide Kane, Max Burkholder, Rhys Wakefield
Thriller
83 minutes
Budget : 3 millions de dollars
Recettes en un weekend : 34 millions de dollars
Synopsis :
Etats-Unis, 2022…
James Sandin est un VRP qui propose des systèmes de sécurité, il fait d’énormes recettes auprès de sa riche clientèle et vit avec ses enfants, Charlie et Zoey, et sa femme Mary dans une propriété cossue au sein d’un endroit résidentiel huppé…
La misère a quasiment disparu et l’insécurité est faible grâce à une disposition gouvernementale assez originale : chaque nuit du 21 mars est instaurée une impunité pour les meurtres !
Chaque membre de la population peut ainsi tuer qui il veut sans avoir à rendre de compte et la police n’intervient pas !
Après avoir diné, la famille Sandin se barricade avec des équipements dernier cri, la sirène d’alerte se met en route, la « purge » démarre…
Charlie va commettre une erreur monumentale, la famille se retrouve dans un long et angoissant cauchemar où elle devra lutter pour préserver sa vie !
Mon avis :
Héritier hollywoodien de thématiques explorées dans les années 70 (on pense à « Assaut » de Carpenter et même aux « Chiens de paille » de Peckinpah), « American nightmare » (pro)pose une histoire très intéressante sur un rythme soutenu qui va se muter en huis clos assez efficace, ponctué d’une violence omniprésente appuyée par des séquences gore…
Le point faible du métrage est l’antinomie des protagonistes qui changent d’avis et de position comme de chemise, ce qui décrédibilise grandement l’intrigue…
Le personnage de Zoey (la fille) est très ambivalent et, dans la réalité, une jeune fille n’aurait pas réagi comme indiqué dans le film ; quant au fugitif, c’est également peu probable l’attitude qu’il a…
Je ne spoilerai pas mais la contradiction inhérente au jeu des personnages est flagrante !
Reste néanmoins d’excellentes trouvailles (la maison aux volets qui se referment, accentuant la sensation d’étouffement et de claustrophobie, le sadisme du tueur qui rôde, sorte de Patrick Bateman avec un masque, l’amour impossible dû à une autorité parentale excessive) et des décors d’intérieur bien retranscrits…
L’ensemble se suit facilement au niveau de l’action mais la platitude du jeu des acteurs fait qu’on a peu d’empathie pour eux et, ce qui est bien dommage, qu’on ne s’attache pas à eux, eu égard à un charisme famélique voire absent…
On aurait apprécié plus d’amplitude avec, par exemple, des séquences extérieures ou de guérillas urbaines, qui auraient ravivé le souffle du film qui patine quelque peu après l’intrusion des jeunes tueurs masqués dans la maison…
Le film dure en fait une heure treize minutes, le long générique final comblant les dix minutes restantes, on a donc la sensation de rester sur sa faim et d’un raccord vite torché pour l’issue du film (il n’est pas tourné en temps réel contrairement à ce que l’on pourrait croire, sinon la nuit est passée comme une flèche !)…
Bref, « American nightmare » est une tentative louable de revigorer le genre du thriller mais perd par ses faiblesses scénaristiques et son absence de cohérence à rendre crédible son propos, malgré quelques passages intéressants et une entame prometteuse…

Note : 7/10






samedi 9 mai 2015

WEVERN "Self made", 2015

WEVERN
Self made
2015
Date de production : 13 avril 2015
Durée totale : 28 minutes 32 secondes
Membres du groupe :
Walter Felder (guitare),
Vincent Berthelot (guitare),
Evan Recchia (batterie),
Matt Throat (chant),
Lazarus (basse)
Les essonniens de Draveil sous le nom de Wevern sortent en 2015 leur premier opus après un long travail acharné et des concerts donnés dans le 91, le moins que l’on puisse dire c’est que le résultat est sans appel : leur disque est une pure raclée !
Un deathrash racé, intelligent, sans fioritures qui n’oublie pas les origines du métal, se rapprochant de groupes standards  du death hexagonal de la grande époque comme Massacra, Agressor ou No return, avec une touche thrash proche de old Coroner ou du old Kreator…
L’influence est bel et bien là et les compos sont appliqués avec deux guitaristes virtuoses qui combattent en duellistes, l’un pour le fond et la trame musicale de base, l’autre pour des soli réguliers et exemplaires de mélodies…
L’intro de toute beauté « At the gates of Wevern” sert de prélude immersive au morceau suivant,  la boucherie “Endless war”, où le chanteur pose son chant death à la fois brutal et vigoureux…
La double grosse caisse parfaitement maîtrisée est utilisée à pléthore pour un rendu efficace et bluffant…
Il y a du Nocturnal breed dans la musique de Wevern, ce qui se ressent dans des morceaux bruts de décoffrage comme “Deranged perversion” ou “Heretic”, sommets de précision…
Wevern, pour un premier disque, fait preuve d’une grande maturité et privilégie autant la brutalité que l’efficacité, on sent que les jeunes musiciens savent ce qu’ils font et qu’ils ont parfaitement intégré les « codes » du métal, ce qui fait bien plaisir à voir et surtout à écouter…
“Vengeance” et “Revolution scream”, les morceaux suivants confirment le rendu initial et (dé)montrent leur grand professionnalisme…
 “New cycle”, l’outtro qui reprend l’intro « At the gates of Wevern » s’imprègne indiciblement et mécaniquement dans les tympans, bref « Self made » est une réussite indéniable et LA révélation métal française de 2015 !
On attend la suite avec impatience, le potentiel de Wevern est énorme et ils se dotent de tous les moyens pour réussir, ils le prouvent avec ce disque !
A suivre de très près…
9.5/10







vendredi 8 mai 2015

LE MARGINAL de Jacques Deray, 1983

LE MARGINAL
De Jacques Deray
France
1983
Avec Jean Paul Belmondo, Henry Silva, Tcheky Karyo, Pierre Vernier, Jean Claude Dreyfus, Carlos Sotto Mayor
Policier burné
97 minutes
Dialogues de Michel Audiard
Scénario de Jacques Deray et Jean Herman
Edité par René Château et en dvd par Studiocanal
Musique d’Ennio Morricone
Synopsis :
Marseille, début des années 80…
Philippe Jordan, un inspecteur de police a des méthodes pour le moins musclées et expéditives qui attirent les foudres de sa hiérarchie, lors d’une interpellation en pleine mer où il risque sa vie, il jette deux cents kilos de cocaïne dans l’océan…
Un des indicateurs de Jordan est retrouvé mort dans son appartement afin de le discréditer, c’est un stratagème de Sauveur Mecacci, son ennemi juré et trafiquant notoire…
De retour à Paris, dans un commissariat du dix-neuvième arrondissement sous les ordres de l’inspecteur Rojinski et dans la banlieue proche d’Aubervilliers, Jordan retrouve un de ses anciens amis, Francis Pierron, qui est gérant d’une salle de boxe…
Menacé par Mecacci, Francis est abattu pour un trafic de machines à sous !
Jordan s’attache à une prostituée,  Livia Maria Dolores, et afin de mener à bien son enquête, n’hésite à fréquenter les quartiers chauds de la capitale afin d’obtenir des informations pour coincer Mecacci…
Ses pérégrinations le mènent à un certain Freddy le chimiste mais Antonio Baldi, un sbire de Mecacci lui tend un piège avec pour unique but de le faire abattre !
Mon avis :
Avec « Le marginal » on est en plein dans la période « Toc, toc, badaboum !» de Bébel et l’acteur s’en donne et nous en donne à cœur joie en faisant un numéro imparable de flic musclé et testostéroné via des cascades impressionnantes et des bagarres « pif ! paf ! » sans fioritures où les trois quarts des décors sont démolis (la scène du restaurant laisse hilare)…
Il y a le « méchant » qui a vraiment la « gueule » du méchant (Henry Silva, un vieux briscard du cinéma rital s’y emploie avec froideur et efficience), les personnages secondaires bien trempés mais jamais caricaturaux (les débuts de Tchéky Karyo, Jean Claude Dreyfus en travesti et la belle Carlos Sotto Mayor, femme de Bébel à l’époque) et la poursuite en Ford Mustang comme hommage au film « Bullitt » (Steve Mac Queen décéda trois ans avant le tournage du « Marginal »)…
Rien n’est épargné au spectateur : que ce soit les bars gays (avec le « carré d’as »), les repaires de toxicomanes, les coins de prostitution ou les squatts d’immigrés sans papiers, Deray n’y va pas de main morte et passe en revue tous les recoins mal famés de la capitale…
Une vraie carte postale, témoignage d’un certain cinéma hexagonal populaire avec l’appui d’Audiard aux dialogues, ce qui bonifie, bien entendu, le charme du métrage et permet d’y insérer un humour décalé aux séquences avec des répliques fracassantes qui font mouche à chaque fois…
Niveau action, on a un Bébel au zénith de sa forme physique avec des passages vraiment casse gueule, c’est peut être un de ses films les plus risqués sur le plan de ses cascades (le début avec le hors-bord et l’hélicoptère est monstrueux, calculé au centimètre près et ayant pu être fatal pour l’acteur !)…
On passe un excellent moment de cinéma, dépaysant, vigoureux, tonique et savoureux et cela permet de revoir l’aspect des années 80 en France pour ceux qui n’étaient pas nés à l’époque ou qui n’avaient pas vécu cette période bénie…
Belmondo sait allier le côté populaire avec la qualité d’un scénario et combine cette cuisine en y ajoutant une dynamique et une sympathie instantanées, très peu d’acteurs français ont compris et fait fonctionner cette recette au cinéma et le succès est amplement mérité, chacun de ses films engrangeant des millions d’entrées au box-office !
Un pur régal !

Note : 8.5/10







dimanche 3 mai 2015

Survivance de Jeff Lieberman, 1981

SURVIVANCE
De Jeff Lieberman
Etats-Unis
1981
Aka Just before dawn
Avec George Kennedy, Gregg Henry, Chris Lemmon, Deborah Benson
93 minutes
Musique de Brad Fiedel
Slasher de haut niveau
Synopsis :
Une région montagneuse des Etats-Unis, au début des années 80…
Cinq amis, Warren, Constance, Jonathan, Megan et Daniel entreprennent de faire du camping sauvage dans une contrée isolée, au milieu de paysages magnifiques…
Un homme, un prêtre alcoolique, se fait agresser dans un vicaire en ruine situé en plein milieu de la forêt, il tombe inopinément sur le camping-car des cinq jeunes et les supplie de l’emmener avec eux, ce qu’ils refusent…
Une famille de dégénérés rôde dans cette campagne et va faire l’enfer aux campeurs, en les harcelant avec un unique but : les tuer !
Les jeunes, d’abord insouciants, devront avoir les nerfs solides pour se dépêtrer de ce cauchemar, d’autant que la nature hostile et impénétrable ne sera pas favorable pour les aider…
Un long calvaire semé d’embûches s’amorce…
Mon avis :
Il existe des films qui bonifient le genre auquel ils s’apparentent par leur force, leur charisme et l’aura qu’il dégage irrémédiablement, on peut dire aisément que « Survivance » se range dans cette catégorie, en liaison avec le slasher, mais en y imputant une telle vision immersive, une telle grâce et un tel talent dans l’insolite que le spectateur s’imprègne instantanément dans le métrage et ce, dès les premières secondes…
Tout est configuré pour exercer une fascination, en partie due à la beauté des paysages et à la sensation d’étouffement lors des séquences nocturnes, le sentiment de « piège » irradie aussi bien les protagonistes du film que le spectateur, pris en tenailles dans un long cauchemar stressant et délicieux en même temps…
L’aspect de géméléité consanguine rajoute un degré dans l’horreur et amplifie le malaise provoqué, exactement comme dans des films comme « La colline a des yeux », « Tourist trap » ou plus récemment « Wolf creek », les références sont nombreuses mais « Survivance » se démarque en sortant du lot pour imposer sa patte, son style savoureux inhérent aux chefs d’œuvre du survival américain, sa filiation directe est bel et bien le « Délivrance » de John Boorman…
La neutralité des personnages principaux fait que l’on n’a pas envie de les voir se faire zigouiller, à contrario de la saga des « Vendredi13 » avec ses jeunes débiles et peu attrayants, ici on suit le déroulement de l’histoire sans parti pris grâce à une mise en scène intelligente de la part de Lieberman, qui évite les raccourcis et la facilité, souvent employée dans les slashers de cette époque…
Son film se rapproche plus de films comme « Unhinged » ou même de « Psychose » que des succédanés horrifiques qui florissaient à la pelle dans le cinéma américain des eighties, plombés par la vénalité et la réalisation faite à la va-vite…
Non seulement « Survivance » est une grande réussite mais, outre le fait de passer un bon moment, il arrive à revigorer le genre du slasher en étant INSOLITE, c’est exactement le terme qui m’est venu à l’esprit lorsque j’ai achevé le visionnage…
Sous couvert d’un style, « Survivance » le réinvente totalement, effaçant les codes pour les récréer lui-même, sans besoin de quiconque…
Imparable et ayant bâti le renouveau d’un cinéma balbutiant et victime d’embolies stylistiques dès sa naissance, « Survivance » est un film qu’il faut voir impérativement, tout vient de ce film magistral qui redonna ses lettres de noblesse au slasher…

Note : 10/10







samedi 2 mai 2015

La maison près du cimetière de Lucio Fulci, 1981

LA MAISON PRES DU CIMETIERE
De Lucio Fulci
Italie
1981
Avec Catriona Mac Coll, Paolo Malco, Giovanni Frezza, Ania Pieroni, Dagmar Lassander, Lucio Fulci, Silvia Collatina, Giovanni de Nava, Daniela Doria, Carlo de Mejo
Horreur
83 minutes
Aka House by the cemetery
Aka Quella villa accanto al cimitero
Edité en DVD chez Neopublishing
Maquillages de Gianetto de Rossi et Maurizio Trani
Synopsis :
Boston, début des années 80…
Le docteur Norman Boyle, un historien, sa femme Lucy et leur fils Bob emménagent dans une grande maison à la périphérie de la ville que leur a indiqué Laura Gittleson, la responsable d’une agence immobilière…
Bob a des hallucinations récurrentes, il est le seul à apercevoir une petite fille, cachée derrière les rideaux d’une fenêtre de la bâtisse…
Ann, une superbe brune, est embauchée par les Boyle pour être la baby sitter de Bob…
Très vite, des événements inexplicables se déroulent crescendo provoquant des crises de panique sur Lucy, prostrée dans un recoin du salon…
Jacob Freudstein, un savant fou avait occupé les lieux et tué l’intégralité de sa famille et tous ceux qui avaient eu le malheur de l’approcher…
Un soir, Norman décide de casser la porte de la cave et de s’y introduire…
Ce qu’il va découvrir dépasse l’entendement !
Mon avis :
Au carrefour du film de zombies et du métrage de maisons hantées, « La maison près du cimetière » est une franche réussite, combinant tous les codes chers à Lucio Fulci et se dotant de séquences « hardgore » gratinées, avec pour levier dans l’angoisse les peurs enfantines…
Ultime œuvre du segment quadrilogique de films de zombies initié par « L’enfer des zombies », « Frayeurs » et « L’au-delà », « La maison près du cimetière » se démarque de la violence inhérente à ses prédécesseurs pour imbriquer une poésie, un sens du lyrisme macabre et une ode à la putréfaction chers à Fulci et le final évoque des similitudes avec celui de « The Beyond » de par un onirisme et une sensation d’étrangeté au charme certain, rehaussant la « patte » Fulci dans un catharsis aussi soudain qu’inattendu…
Les bambins sont les vecteurs du film et volent la vedette au Docteur Freudstein, héritage des zomblards ralentissants de « Frayeurs » et prétexte à des séquences chocs précises et terrifiantes, bien cadrées dans la continuité du scénario…
Catriona Mac Coll, égérie de Fulci, est toujours aussi fabuleuse et Ania Pieroni déborde d’un charme ténébreux qui allait faire exploser sa (courte) carrière puisqu’Argento la remarqua et l’embaucha pour deux de ses films (« Inferno » et « Ténèbres »)…
Ponctué d’éclairs et de foudroiements (le passage avec la chauve-souris, les morts violentes –notamment le prologue bluffant- ou les découvertes hasardeuses et funestes), « La maison près du cimetière » est un sommet du genre et consolide un peu plus la carrière de Fulci, ce dernier étant toujours en quête d’explorations cinématographiques…
Il clôt ses expérimentations et intègre un pan supplémentaire de sa filmographie tout en n’oubliant pas de faire plaisir à ses fans de la première heure en leur concoctant un film racé et lugubre, dépressif et capiteux…
Encore une fois, il faut le voir pour comprendre et appréhender le genre qui érigea Fulci comme maitre absolu du film horrifique italien…

Note : 10/10





vendredi 1 mai 2015

SOS CONCORDE de Ruggero Deodato, 1979

SOS CONCORDE
de Ruggero Deodato
Italie
1979
Avec James Franciscus, Mimsy Farmer, Joseph Cotten, Van Johnson, Edmund Purdom, Venantino Venantini
Aventures/film catastrophe
91 minutes
Musique de Stelvio Cipriani
Edité en VHS chez South Pacific Vidéo et Carrère Vidéo
Synopsis :
1979, le vol Concorde 820 Londres/Caracas fait partie d’une expérimentation aérienne pour déterminer si ce prototype sera commercialisé au niveau mondial, des millions de dollars sont en jeu…
Deux industriels fanatiques et peu scrupuleux, Danker et Milland, sont les responsables d’un sabotage pour discréditer le Concorde et celui-ci explose en plein vol et s’échoue par plusieurs centaines de mètres de fond près des côtes martiniquaises…
Jean Beneyton, une hôtesse de l’air, parvient à s’extirper de la carcasse de l’avion et se retrouve seule rescapée du crash…
Deux pêcheurs, travaillant pour la restauratrice Nicole Brody, recueillent Jean mais ces derniers sont tués par un hors-bord fonçant à toute allure sur leur embarcation, Jean est alors kidnappée !
Se rendant compte que la situation devient grave, Nicole somme son ex mari,  Moses Brody, un journaliste, de venir en urgence pour élucider cet imbroglio…
Alors que Moses débarque, il apprend la mort maquillée de Nicole en infarctus, et se fait passer à tabac dans un quartier mal famé de la ville…
George, un autochtone, lui prête secours…
Les deux hommes entreprennent une plongée sous-marine et vont découvrir l’indicible !
Mon avis :
Version latine de la célèbre vague de films catastrophes instaurée par la série des « Airport » et autres « Airport 80 Concorde », « SOS Concorde » reprend le canevas de ses homologues tout en s’en démarquant en prenant des libertés scénaristiques, ce qui permet de privilégier avant tout l’action et, surtout, de superbes scènes sous-marines qui feront date…
Filmé de façon rapide et ne s’en ennuyant pas de détails inutiles, l’histoire de « SOS Concorde » est prenante du début à la fin, l’ensemble est bien rythmé et les protagonistes convaincants, bref le spectateur est imprégné instantanément par le caractère immersif du métrage…
Malgré des effets spéciaux hyper cheap (un avion miniature qui s’échoue dans un bassin pour rendre « crédible » le crash, des plongeurs factices lors de la découverte de l’épave), Deodato est très malin pour faire avaler la pilule de son manque de moyens et s’en sort si bien que son film a surpassé les recettes de l’autre film (« Airport 80 Concorde » avec Delon et Sylvia Kristel sorti la même année et bénéficiant d’un budget plus conséquent !), ce qui paraitra paradoxal !
De vieux briscards du ciné bis italien apportent leur concours à la réussite du métrage comme Joseph Cotten (« Le continent des hommes poissons »), Edmund Purdom (le prêtre du « Absurd » de Joe D’amato) ou Venantino Venantini à la trogne bien habituée du genre qui a tourné, notamment pour Fulci…
Au final, on passe un très bon moment et on se régale d’une œuvre honnête et pas prétentieuse, comme seules les productions transalpines d’alors pouvaient nous gratifier (on notera quelques similitudes avec le « Zombi 2 » de Fulci, ne serait-ce que pour les scènes sous-marines et la présence de James Franciscus en journaliste qui n’est pas sans rappeler le Peter West du film de Fulci)…
Tout est bien qui finit bien dans ce métrage rassérénant et l’on a qu’une envie après avoir passé une bonne soirée de visionnage cinéma : aller dormir…
Un régal, film mineur et peu connu de Deodato, honteusement inédit en DVD dans nos contrées et qui mérite réhabilitation…

Note : 9/10