dimanche 23 octobre 2016

Terreur au ralenti de Claude Boissol, 1971

TERREUR AU RALENTI
de Claude Boissol
1971
France
Episode de la série « Aux frontières du possible »
Avec Pierre Vaneck, Elga Andersen, Jean François Rémi
Fantastique vintage
55 minutes
Synopsis :
France, début des années soixante-dix…
Le BIPS, une antenne d’un ministère, est dirigée par Monsieur Courtney Gabor ; Yann Thomas et Barbara Andersen, sont deux fonctionnaires qui sont chargés d’élucider des événements troublants en lien avec la santé et les phénomènes paranormaux…
Leurs investigations les conduit au village de Latour, dans les Alpes de Haute Provence, où la quasi-totalité de la population a subi un choc psychique, ces derniers ayant le métabolisme du cerveau qui fonctionne au ralenti…
Yann reçoit un appel d’un mystérieux quidam lui demandant de se rendre à un rendez-vous, Barbara semble connaître la voix de cet individu…
Lors du rendez-vous, l’homme demande cinq cent millions de dollars en échange de l’arrêt de ses agissements, il prétend être le responsable des troubles intervenus dans le village et menace d’en faire de même dans des grandes villes du monde, en commençant par Washington !
Courtney Gabor accepte le deal !
Alors que Yann et Barbara sont en discothèque, Yann a une révélation…
Mon avis :
« Aux frontières du possible » est l’ancêtre de la série « X-files », c’est très vintage et on se régale en visionnant les épisodes qu’INA (Institut national de l’audiovisuel) a eu la miraculeuse idée de sortir en DVD…
Les deux comédiens principaux (Pierre Vaneck et Elga Andersen) ont une classe monumentale et avec Victor « Les brigades du tigre » Vicas aux commandes, on sait d’entrée de jeu que le scénario sera imparable et l’histoire passionnante…
Et on se REGALE !
Pour cet épisode « Terreur au ralenti », la gageure est énorme dès les premières minutes, le spectateur se demande où il a atterri et puis, au fil de l’eau, tout se décante, le spectateur s’immisce et s’immerge dans une intrigue envoûtante, bluffante et qui deviendrait presque crédible, du moins plausible…
C’est tout le talent des séries « à l’ancienne » loin de celles actuelles qui frôlent le convenu, ici, avec « Aux frontières du possible » on ne fait que s’étonner à chaque seconde qui passe, le rythme, paradoxalement, est en fait très tonique et enjoué, dès lors qu’on fait l’effort de s’y projeter !
Il ne faut pas partir avec des à priori mais bel et bien se laisser charmer par cette aura propre aux seventies, avec le look vestimentaire, les cigarettes, les voitures et le mobilier de l’époque…
Pierre Vaneck et la belle Elga Andersen nous projettent dans une intrigue complètement barrée et finalement tout le monde retombe sur ses pieds grâce à une maitrise scénaristique très habile et des successions de plans qui s’imbriquent dans une continuité de séquences logiques au final, Vicas, comme toujours, fascine par sa propension à raconter un récit, bref, c’est exceptionnel, LA PURE et LA VRAIE qualité française télévisuelle de l’époque, la MEILLEURE PERIODE pour la télévision…
Si vous aimez le côté vintage, les belles femmes, les séries fantastiques comme « Le prisonnier » ou « Chapeau melon et bottes de cuir », ruez- vous sans attendre sur les DVD de « Aux frontières du possible », c’est un REGAL et du bonheur en barres !

Note : 10/10





HURLEMENTS de Joe Dante, 1980

HURLEMENTS
de Joe Dante
1980
Etats-Unis
Avec Dee Wallace, Patrick Mac Nee, Dennis Dugan, Robert Picardo, John Carradine, Christopher Stone
Fantastique lycanthrope
90 minutes
Blu ray édité chez studiocanal
Effets spéciaux de Rick Baker et Rob Bottin
Aka The Howling
Budget : 1 000 000 dollars
Box office aux Etats-Unis : presque 18 000 000 dollars
Synopsis :
Los Angeles, début des années quatre-vingts…
Karen White, une célèbre présentatrice du journal télévisé de la chaine locale, tend un piège en lien avec la police à Eddie Quist, un dangereux tueur en série sexuellement déviant, qui voue un culte à la journaliste ; le guet- apens tourne mal et Quist est abattu par un policier inexpérimenté dans la cabine d’un sex shop…
Karen subit un grand traumatisme suite à ces événements, elle est mise au vert et George Waggner, un médecin, la fait entrer dans sa clinique, appelée la « colonie », Karen et Bill, son mari se reposent dans un chalet, au milieu d’autres patients psychiatriquement atteints…
Marsha, une jolie brune aguicheuse, séduit Bill et après qu’ils aient fait l’amour, Bill se retrouve affublé de multiples griffures…
Dans la morgue, le cadavre de Quist a disparu !
Ce dernier retrouve Karen, il est en fait un loup-garou et seules des balles d’argent peuvent le mettre hors d’état de nuire…
Un piège s’abat sur Karen, elle n’est pas en sécurité dans la « colonie » !
Mon avis :
Avec une mise en scène très originale, Joe Dante redonne un souffle nouveau aux films de loups-garou, très loin des codifications habituelles que l’on connaît dans les classiques de l’époque des « Universal monsters » ou même des lycanthropes ibériques incarnés par le célèbre Paul Naschy…
Bourré d’idées novatrices,  « Hurlements » concentre son intrigue dans la fameuse « colonie », sorte de caste implantée dans des décors forestiers, et le prologue dans les quartiers chauds de Los Angeles est très impressionnant, mais se sert d’un leurre pour le spectateur, pensant assister à un film classique de tueur en série…
C’est donc toute l’habileté de Joe Dante de faire bifurquer à 360 degrés son métrage vers un film de loups garous qui va entrainer le scénario de façon atypique et susciter ainsi la vive attention du cinéphile fanatique de ce genre, qui se régalera lors de moments réellement effrayants et dotés d’un suspense particulièrement efficace…
L’interprétation est convaincante et les effets spéciaux « maison » de Rob Bottin et Rick Baker font mouche, notamment pour les séquences de transformations fulgurantes et très dures à mettre en scène, à l’époque pas de CGI comme maintenant !
Très méthodique, Joe Dante réalise un film dense et riche, aussi bien au niveau des décors que dans l’ambiance dégagée, « Hurlements «  devient un classique instantané du film de loups garou, grâce à son culot et aussi à cause du côté novateur qui le propulse dans la catégorie des œuvres phares de l’époque, exactement comme pour « Le loup – garou de Londres » de John Landis, sorti l’année suivante…
Le binôme « Hurlements »/ »Le loup garou de Londres » renvoie les deux films à être complémentaires mais ils se valent autant l’un et l’autre, deux figures de proue incontournables du cinéma fantastique américain du début des années quatre-vingts…
Déjà bien reconnue, la carrière de Joe Dante allait par la suite passer par la case « Spielberg » puisqu’il réalisera « Gremlins » et pléthore d’autres films, plus accessible au grand public que « Hurlements »…
Bref, « Hurlements » est une pièce maitresse, une œuvre essentielle, une référence du film de loups –garou à visionner impérativement pour comprendre la démarche de certains réalisateurs de films fantastiques ou, tout simplement, pour passer un excellent moment d’effroi…
Note :10/10






dimanche 16 octobre 2016

Les maléfices de la momie de Michael Carreras, 1964

LES MALEFICES DE LA MOMIE
de Michael Carreras
1964
Grande Bretagne
avec Terence Morgan, Michael Ripper, Fred Clark, Ronald Howard, Jeanne Roland
Fantastique
77 minutes
Produit par la Hammer films
aka Curse of the mummy’s tomb
Synopsis :
Egypte et Grande Bretagne, au début du vingtième siècle…
Dubois, Giles et Bray, trois égyptologues, pénètrent dans un mausolée égyptien, ils exhument le sarcophage d’une momie ancestrale, Râ ; Dubois est poignardé et se fait couper la main par des touaregs…
Annette, sa fille, a du mal à se remettre de la mort de son père ; les égyptologues et la momie sont ramenés en Angleterre par bateau ; Alexander King, un homme d’affaires peu scrupuleux, a d’ores et déjà convaincu les scientifiques et mis main basse sur le sarcophage, ce dernier sera exhibé dans un musée lui appartenant…
Pensant faire fortune, King invite gratuitement un public conquis d’avance à la représentation qui va dévoiler la fameuse momie…
Lorsque le sarcophage s’ouvre, il n’y a personne à l’intérieur !
Une tierce personne malveillante a kidnappé la momie et la garde dans une armoire, celle-ci va commettre des forfaits et faire régner la terreur sur la ville !
La première victime ne sera autre que King, lui-même !
D’autres suivront, la momie ayant une force herculéenne…
Mon avis :
La Hammer se spécialisait  surtout dans les films de vampires qui firent sa gloire mais voilà qu’elle inaugure le film de momies avec « La malédiction des pharaons », ce « Maléfices de la momie » est le deuxième opus du genre et la Hammer s’y révèle parfaitement à l’aise, le bestiaire de monstres est bel et bien différent mais l’intrigue tient très bien la route et le film se suit avec le plus grand des plaisirs…
Toujours cette ambiance, toujours ces décors flamboyants et luxueux propres à la firme britannique, ici, en 1964 à son apogée…
L’atmosphère exotique qui règne au début permet d’amener habilement le déroulé du scénario et les personnages sont excellemment dirigés par un Michael Carreras qui n’est pas à son coup d’essai, on lui doit de nombreux scripts pour la Hammer et le barré « Peuple des abimes » que tous ceux l’ayant vu se souviennent…
La momie en elle-même est assez effrayante, elle mesure bien deux mètres et ses intentions sont inimicales, laissant derrière elle et après ses interventions une flopée de cadavres et de morts violentes…
Le seul élément féminin du film, Annette (jouée par la belle Jeanne Roland) apporte une nouvelle fois pour la Hammer l’érotisation habituelle, ce personnage n’hésitant pas à se pourvoir de décolletés affriolants qui combleront les amateurs de beauté féminine ; les seconds rôles, notamment le poltron King et sa vénalité appuyée ne seront pas en reste et figureront parmi la longue liste des victimes…
A noter une très belle séquence nocturne avec une chute d’escaliers très réaliste et presque d’un gothique que n’aurait pas renié Mario Bava…
Le final dans les égoûts est original et amène des questionnements sur les motivations du « traitre » qui s’est approprié la momie via des délires de possession, s’en réclamant lui-même la descendance, ce retournement de situation est assez cocasse…
Pour les cinéphiles amateurs de la Hammer et ouverts sur tous les supports de monstres ou de méchants, « Les maléfices de la momie » est une réussite indéniable ; pour les néophytes ce sera une belle découverte !
Toujours avec cette application dans le scénario et l’ambiance unique dont la Hammer fait figure de proue dans le cinéma britannique, « Les maléfices de la momie », même si méconnu par rapport aux autres productions de la firme, est un pur régal…
« Les maléfices de la momie » est un exemple de la diversification qui commençait à naitre pour la Hammer, le succès aidant et se rendant compte qu’elle ne pouvait se cantonner uniquement aux films vampiriques…
Un excellent film à voir sans tarder et le DVD zone 2 est de bonne facture, image tout à fait correcte et plein écran, un pur plaisir…
Foncez !

Note : 8/10





samedi 15 octobre 2016

Les rats de Manhattan de Bruno Mattei, 1984

LES RATS DE MANHATTAN
de Bruno Mattei aka Vincent Dawn
1984
France/Italie
avec Ann Gisel Glass, Richard Raymond, Alex Mac Bride, Geretta Geretta, Massimo Vanni, Ottaviano Dell’Acqua, Gianni Franco
Délire post apocalyptique/animal attack
96 minutes (version unrated uncut)
Co réalisé par Claudio Fragasso
Edité en VHS chez UGC vidéo
Edité en Blu ray chez Blue underground
aka Les mutants de la deuxième humanité
aka Rats/Nights of terror
Synopsis :
Plus de deux siècles après un apocalypse nucléaire, nous sommes entrés dans la « deuxième humanité » (sic), l’action est sensée se passer dans les bas-fonds d’une grande ville, que l’on suppose New York, dans le quartier de Manhattan (je sais c’est vachement précis mais on se réfère au titre du « film » !)…
Taurus, Kurt, Video, Chocolat et Myrna sont des survivants qu’on a refusé au casting de Mad Max 5 (allez on arrête de déconner là !), toute cette équipe atterrit dans Manhattan et trouve refuge dans une baraque abandonnée…
Très vite ils trouvent de la nourriture et de l’eau et donc décident de s’implanter dans cet endroit…
Lorsque Video découvre un ordinateur dans une salle, il interroge la machine : les anciens occupants du lieu ont été attaqués puis annihilés par des rats mutants !
Les fameux rats surpeuplent la bâtisse et s’en prennent aux protagonistes de l’histoire dans des séquences atroces (visages griffés au sang, rats explosant des intestins, rongeurs sortant de la bouche d’une frêle jeune fille et j’en passe…).
Au bout d’une heure et demie, les rescapés se décident à quitter les lieux (c’est pas trop tôt, fallait vraiment être con pour y rester !) et vont tomber sur quelque chose d’incroyable : des miliciens thermonucléaires se trouvent dehors avec des sulfateuses et ratissent le sol avec ce qui semble être du raticide !
Ils croient être sauvés de ce cauchemar jusqu’à ce que …
Mon avis :
« Les rats de Manhattan » est une légende pour tout cinéphile adepte de nanars et c’est normal, c’est notre bon vieux Bruno Mattei (qu’est- ce qu’il nous manque !) qui nous a torché un monument pareil ! Dans la digne lignée de « Virus cannibale » réalisé quatre ans auparavant, on est exactement dans le même délire, dans la même folie cinématographique, Mattei était un génie unique, seul lui osait et pouvait mettre en place des films pareils, au scénario aberrant avec des acteurs paumés le tout gratiné par des effets gore sidérants et des trouvailles insensées !
Mattei le roi du WTF movie, en quelque sorte…
Et là il fait très fort le bougre, on tourne en rond pendant une heure et demie, les acteurs et actrices végètent comme des otaries bourrées au Xanax dans les pièces sombres et sordides d’un hôtel désaffecté et se font chier comme pas possible, dans une succession de séquences toutes plus débiles les unes que les autres (la danse avec la farine, Mattei a osé inclure ça dans le scénario ?), seules les « agressions » avec les rats permettent de rehausser la dynamique du film, alors qu’à contrario dans « Virus cannibale » il y avait beaucoup plus d’action, de tonicité et de décors différents…
« Les rats de Manhattan », faut le voir pour le croire ! C’est du jamais vu au septième art, atteindre un tel degré de délires force automatiquement le plus grand respect !
Si on résume, si vous n’avez pas peur des rats (condition sinéquanone pour visionner le film) et que vous êtes partants pour vous prendre une poilade pendant 96 minutes alors « Les rats de Manhattan » est fait pour vous ; pas besoin d’être regardant sur le jeu d’acteur, l’ambiance totalement barrée fait le reste et apporte au film tout son charme…
Quant à la fin, on suppose que Mattei avait eu une bouffée délirante ou qu’il s’était enquillé un jerricane de Jack Daniels coupé au cannabis, je n’en dis pas plus mais attendez- vous à du méga costaud…
Dantesque à tous les niveaux, « Les rats de Manhattan » est presqu’irréel tant il fait halluciner, c’est une autre vision du cinéma que les curieux adoreront, on s’en prend plein les mirettes et on en sort déboussolés !
Un dernier conseil, surtout ne pas prendre le film au premier degré, mais se dire qu’à une époque bénie et révolue, il y avait encore des réalisateurs fous (comme Mattei) qui osaient TOUT, loin des conventions établies et qui se distinguaient par leur marginalité de façon flamboyante, Mattei était l’un d’eux, rentrez dans son « monde », c’est une expérience sensationnelle !

Note : 10/10 (obligatoire)






jeudi 13 octobre 2016

La garçonnière de Billy Wilder, 1960

LA GARCONNIERE
De Billy Wilder
1960
Etats-Unis
avec Jack Lemmon, Shirley Mac Laine, Fred Mac Murray, Jack Kruschen, Ray Walston
125 minutes
Comédie dramatique
4 Oscars en 1960 dont celui du meilleur film et des meilleurs décors
Décors d’Alexandre Trauner
aka The apartment
Synopsis :
Etats Unis, New York, début des années soixante…
Calvin Clifford Baxter est un employé modeste et modèle, il travaille comme assistant administratif dans une entreprise d’assurances, au sein d’une immense tour…
Fran Kubelik, une très belle jeune femme, travaille comme liftière au sein de la même entreprise que Calvin…
 Jeff Sheldrake est leur directeur des ressources humaines ; Baxter a pour habitude de « prêter » son appartement à ses collègues pour que ceux-ci convient leurs amies à des parties fines, ce qui n’est pas du goût du voisinage de Baxter…
Le pauvre homme doit même des fois dormir dehors, les « hôtes » ayant du retard pour lui rendre les clefs de sa « garçonnière »…
Sheldrake fait miroiter à Baxter une augmentation de grade, celui-ci se voit donc contraint d’être soumis, appâté par le graal professionnel promis par le DRH…
Baxter est secrètement amoureux de Fran, un jour il comprend que celle- ci est l’une des maitresses de Sheldrake…
Fran est en fait malheureuse et dépressive, un soir elle avale une boite de somnifères, voulant mettre fin à ses jours…
Baxter la sauve in extremis grâce au docteur Dreyfus, un de ses voisins, qui lui pratique un lavage d’estomac…
Baxter démissionne de son travail et, le jour du nouvel an, Fran, rétablie, le retrouve chez lui…
Couple mignon et attachant, Baxter et Fran entament une partie de cartes…
Mon avis :
« La garçonnière » est un chef d’œuvre d’une fraîcheur et d’un rayonnement incroyables, c’est deux heures de spectacle jubilatoire avec des personnages touchants, l’interprétation est parfaite et à aucun moment Billy Wilder ne vire vers le vulgaire ou la violence, son film est fin et pudique et l’histoire d’amour qui y est contée est magnifique, alternant les passages comiques et les moments dramatiques…
C’est du très haut niveau de comédie américaine, Billy Wilder explore de nombreuses thématiques comme l’arrivisme, la convoitise mais aussi la méchanceté, les gens « sans gêne » et le manque de respect et de politesse…
Jack Lemmon est fabuleux dans son rôle de « gentil », de trop gentil, et le personnage de Fran incarné par Shirley Mac Laine semble être son tremplin vers une vie différente, une AUTRE vie…
Leur timidité n’est pas maladive mais très touchante et Wilder met en exergue leur candeur dans des séquences que l’on ne trouve nulle part ailleurs au cinéma (la raquette de tennis pour les spaghettis, la scène de la salle de bains, l’ascenseur bondé au début)…
Les décors d’Alexandre Trauner sont très impressionnants, Baxter étant un élément professionnel comme tant d’autres, perdu dans un dédale de bureaux, il semble comme du bétail avec les autres employés, il y a de l’uniformisation et le côté glaçant et impersonnel de la bureaucratie…
Ayant glané quatre Oscars, « La garçonnière » est un monument de la comédie américaine, un chef d’œuvre enjoué, bénéfique dont on sort rasséréné et la fin peut faire travailler l’imagination du spectateur, Wilder conclut son film de façon magistrale sur ce que l’on suppose comme le début d’une relation amoureuse…
Majestueux, « La garçonnière » est un film à voir et à revoir, Billy Wilder a atteint ici le sommet de son art cinématographique…

Note : 10/10





La poupée diabolique de Lindsay Shonteff, 1964

LA POUPEE DIABOLIQUE
de Lindsay Shonteff
1964
Grande Bretagne
avec Bryant Halliday, Yvonne Romain, William Sylvester, Sandra Dorne
78 minutes
Fantastique
DVD édité chez Artus films
aka Devil doll
Synopsis :
Londres, années soixante…
Mark et Marianne, un jeune couple, se rendent à un spectacle avec Vorelli, un hypnotiseur, ce dernier décide de convier Marianne à monter sur la scène, il l’envoûte…
Vorelli donne ses spectacles  avec une poupée mannequin, il est également ventriloque !
Ses représentations faisant sensation, Marianne décide de l’inviter à une fête donnée chez sa tante, une richissime octogénaire…
Vorelli a des ambitions vénales et souhaite, par le biais de son don, charmer Marianne pour ensuite hériter de sa fortune…
Le plan de Vorelli est machiavélique et la poupée cache un lourd secret !
Après avoir enquêté , Mark comprend que Vorelli est un tueur en série, il essaie de l’extirper de Marianne, il est peut- être déjà trop tard !
Et si l’envoûtement de la poupée se retournait contre Vorelli ?
Il dit lui-même que son « âme » se trouve dans le fameux mannequin…
Après avoir trucidé ses assistantes, Vorelli est piégé !
La poupée a perdu son influence et est désormais « libre » de toute emprise !
Mon avis :
Méconnu du public et demeuré inédit dans l’hexagone, « La poupée diabolique » est un petit bijou du British horror qu’Artus films a eu l’excellente idée d’exhumer et de sortir dans une édition DVD de toute beauté…
Shonteff utilise le gimmick de la poupée et du ventriloque pour rajouter du mystère à son histoire, l’effet de terreur fait mouche et le climat insolite qui règne tout le long du film fascine autant qu’il effraie !
La plastique des actrices est réellement sexuée, d’ailleurs Shonteff a émaillé son métrage de plans dénudés et libidineux que l’on retrouve dans les bonus du DVD (le montage américain rajoute un strip tease et un plan « top less » que l’on ne retrouve pas dans le montage européen !)…
Shonteff est très malin et connaît bien les ficelles de la peur au cinéma, il utilise tout ce qui lui semble bon pour déployer un aspect baroque appuyé jusqu’au dénouement, qui vire complètement dans  le fantastique !
Bryant Halliday possède un charisme imparable et son personnage de Vorelli semble tout droit sorti de films comme ceux de la Hammer, sorte de croisement entre « Le cirque des vampires » et autres films de vampires, le vampirisme ici étant remplacé par l’envoûtement via l’hypnose, mais il « vampirise » au sens figuré ses victimes, puisqu’il pénètre dans leur inconscient pour mieux les manipuler…
Le duo qu’il forme avec le mannequin Hugo forme un binôme de l’effroi et quiconque donnera sa confiance en l’un des deux se verra contraint à un funeste destin…
Très original et au support inhabituel (la poupée), « Devil doll » possède tous les atouts pour contenter le cinéphile fan d’ambiances insolites et anxiogènes, à la réalisation honnête et appliquée et sans être un chef d’œuvre absolu, le film reste très bien fait et mérite toute votre attention…

Note : 8/10



mardi 11 octobre 2016

Sleepaway camp 2 de Michael A. Simpson, 1988

SLEEPAWAY CAMP 2
de Michael A. Simpson
1988
Etats-Unis
Avec Pamela Springsteen, Renée Estevez, Susan Marie Snyder, Walter Gotell, Tony Higgins
80 minutes
Slasher gore
DVD édité chez Oh my gore !
aka Massacre au camp d’été 2
Synopsis :
Camp Arawak, Etats-Unis, années quatre- vingts…
Angela Baker, la monitrice en chef d’un camp de vacances pour adolescents, est en fait une psychopathe qui vient de sortir d’un asile après y avoir passé quatre années…
Les jeunes, dont Molly Nagle, ne pensent qu’à copuler, picoler et fumer des joints…
D’horribles meurtres sèment la zizanie dans le camp, on sait explicitement qu’il s’agit d’Angela la responsable qui tue, sur n’importe quel support (tronçonneuse, couteau, perceuse), tous les jeunes, sans distinction de sexe, qui refusent une vie prude et saine…
Seuls survivront ceux et celles qui se sont enfuis du camp, les autres seront condamnés à une mort atroce…
Mon avis :
Suite laborieuse d’un premier opus à succès, ce « Sleepaway camp 2 » (« Massacre au camp d’été 2 » chez nous) est l’archétype même du slasher brouillon et bourrin tourné avec dix dollars ; les décors se répètent tout le long du film, les acteurs n’ont jamais étudié l’interprétation et l’intrigue file à la va comme je te pousse mais demeure néanmoins assez efficace…
Simpson explose les règles habituelles du whodunit puisque la meurtrière est déjà identifiée dès le premier homicide, ce qui gâche le suspense et l’effet de surprise, les spectateurs friands de jeu de piste en seront pour leurs frais…
Le gore est bricolé et souvent hors –champ, Simpson insiste moins que les italiens sur le voyeurisme inhérent aux scènes d’horreur ; certaines séquences sont grotesques (les sangsues dans les vespasiennes, la perceuse dans la voiture) et le film met du temps à décoller après une longue exposition du cadre et des personnages…
Sorte de « Vendredi 13 » du pauvre, « Sleepaway camp 2 » reprend les thématiques de son homologue de manière grossière et peu inventive, seule Pamela Springsteen apporte un charisme avec son visage d’ange, une brune en fait démone et impitoyable, qui semble déterminée à faire régner la loi prude sur ce camp d’ados dépravés (bonjour l’ambiance !)…
Rigolo et vraiment ancré dans les clichés du genre, « Sleepaway camp 2 » fait se démener un scénario sans vigueur au milieu de protagonistes tous plus mongolo les uns que les autres et seuls les plans de meurtres viennent électriser le film, où dans l’entre-deux on s’ennuie ferme…
A grand renfort d’adolescentes topless pour appâter le chaland voyeur et érotomane, « Sleepaway camp 2 » a cependant du mal à tenir la route et à retenir l’intérêt, sans doute à cause d’une histoire mollassonne et d’un budget famélique…
Restent quelques bons moments (notamment les passages nocturnes) et le caméo avec Freddy Krueger ou Jason, mais cela ne suffit malheureusement pas à pourvoir le métrage d’une charpente qualitative, on est quand même nettement dans le bas de gamme du slasher…
L’édition DVD d’Oh my gore ! est excellente avec une jaquette digipack qui remet au goût du jour le film grâce à un packaging très moderne, « Sleepaway camp 2 » est à réserver uniquement aux cinéphiles mordus des slashers et peu regardants sur la qualité, les autres passeront leur chemin sans problème…

Note : 6/10