dimanche 9 septembre 2018

Le frisson des vampires de Jean Rollin, 1971


LE FRISSON DES VAMPIRES
de Jean Rollin
1971
France
avec Marie Pierre Castel, Sandra Julien, Jacques Robiolles, Michel Delahaye, Nicole Nancel, Jean Marie Durand
Film fantastique vampirique
96 minutes
Sorti en blu ray chez Redemption video
Musique du groupe Acanthus
aka The Shiver of vampires
Synopsis :
Un village de Normandie, au début des années soixante-dix…
En prologue du film, on assiste à l’inhumation de deux cercueils dans un caveau, puis une jeune femme se rapproche de la caméra, comme littéralement envoutée…
Antoine et Isa, deux jeunes mariés, doivent se rendre chez Hermann et William, les deux cousins d’Isa ; Antoine gare sa voiture et le couple se rend dans un château où ils sont accueillis par deux très belles jeunes femmes, les servantes de la demeure…
Isa est étonnée de la non-présence de ses cousins ; ces derniers sont en fait des chasseurs de vampires, ils rodent dans le château et ses environs, notamment dans le caveau que nous avons vus au début du film !
Isolde, une succube sortie d’une horloge, guettait Isa, elle va s’adonner à un jeu saphique avec elle ; c’est alors qu’Hermann et William apparaissent ainsi qu’Isabelle, leur maitresse…
D’abord ayant cru morts ses cousins, Isa perd pied petit à petit avec la réalité et Hermann, William et Isabelle la force à se livrer à une cérémonie nocturne de vampirisme ; Isa risque de perdre la vie !
Antoine comprend qu’il risque d’être trop tard, il veut absolument sauver sa femme des griffes de ces vampires psychopathes !
Alors que le jour commence à venir, Hermann et William emmènent Isa sur une plage ; Antoine, armé d’un revolver, parvient à les retrouver…
Parviendra t-il à sauver Isa ?
Les deux vampires survivront-ils à la lumière du jour ?
Mon avis :
Troisième film de Jean Rollin après « Le viol du vampire » et « La vampire nue », ce « Frisson des vampires » tient vraiment le haut du pavé dans sa filmographie ; Jean Rollin s’est appliqué d’une façon métronomique dans ses cadrages et il emprunte même les codifications du cinéma de Mario Bava, usant et abusant de couleurs bariolées et criardes lors de plans séquences franchement de toute beauté (on est même dans un délire suspiriesque, six ans avant le film d’Argento !)…
« Le frisson des vampires » est donc particulièrement réussi et Rollin nous gratifie d’un dialogue entre  les deux acteurs Jacques Robiolles et Michel Delahaye qui vaut son pesant de cacahuètes, avec des mouvements de caméra incessants qui donnent une saveur et une rigueur indéniable au film ; Rollin a bossé comme un fou et ça se voit !
Le charme des actrices (surtout Marie Pierre Castel et sa complice asiatique) est bien entendu poussé à maxima et Rollin ose tout, notamment dans des scènes de nus très insolites, conférant à sublimer l’aspect érotique de son œuvre…
Dès le début, le spectateur est immergé dans une atmosphère que seul Rollin peut retranscrire, on se régale malgré certaines petites maladresses (la scène de l’escalier avec les deux suppliciés avec leur pieu planté dans le cœur, on voit bien que les acteurs tiennent le pieu et qu’il n’est pas enfoncé  correctement !) mais ce n’est pas grave, Rollin a su se distinguer du film de vampires traditionnel par une singularité que seul lui peut produire, au final, il s’est appliqué de façon prodigieuse et parvient à donner un souffle gothique à son métrage, loin de la Hammer ou des gothiques italiens des années soixante, mais pas inintéressant…
Il n’y a que lui qui mélange vampirisme, érotisme, gothique et insolite de cette façon ; ce cocktail a toujours fonctionné et c’est bien cela la marque de fabrique de Rollin…
De la fin des années soixante jusqu’à sa mort, il n’a jamais dévié d’un pouce dans la conception et la fabrication de ses films et c’est bien cela qui lui rend honneur…
« Le frisson des vampires » est un vrai bonheur de visionnage, une œuvre unique en son genre et se vit et se voit plus comme une expérience cinématographique que comme un simple film de vampires…
Pour les cinéphages les plus ouverts, « Le frisson des vampires » est un must, et la musique psychédélique du groupe Acanthus est pour beaucoup dans sa réussite, elle bonifie les séquences et amplifie de façon certaine la qualité de ce chef d’œuvre, à découvrir impérativement et qui restera formellement comme un des meilleurs films de Rollin…
Note : 9/10











dimanche 2 septembre 2018

Black Panther de Ryan Coogler, 2018


BLACK PANTHER
de Ryan Coogler
2018
Etats-Unis
avec Angela Bassett, Forrest Withaker, Chadwick Boseman, Lupita Nyong’o, Michael B. Jordan, Danal Gurira, Daniel Kaluuya
134 minutes
Film de super héros
Produit par Marvel
Budget : 200 000 000 dollars
Recettes au box-office mondial : 1 348 844 034 dollars
Synopsis :
Sur le continent africain, il y a plusieurs siècles…
La metéorite de vibranium, une substance proche de la kryptonite si l’on se réfère à un autre super héros, Superman, tombe sur le pays du Wakanda ; cette substance donne de la fertilité et une force colossale sur la terre et au sein de la population, elle est source de puissance…
De nos jours,  T’Challa, roi du Wakanda, qui est aussi le Black Panther, règne sur le Wakanda ; il combat avec une force surhumaine et semble invincible…
Lorsque des belligérants du Wakanda ont pour but de fomenter une révolte afin de faire basculer le royaume de T’Challa, ce dernier doit s’allier avec l’agent de la CIA Everett K. Ross…
Nakia, une jeune femme basée sur le sol américain, guide Ross d’une cellule de l’armée et lui créée à distance des engins divers comme des voitures hyper rapides ou des armes de pointe au niveau technologique !
Erik Killmonger, d’abord allié du Wakanda, devient l’ennemi juré de T’Challa, il n’a plus qu’un seul objectif, le combattre et l’anéantir !
Black Panther parviendra t-il à restaurer la paix à son peuple et se sortira t-il des multiples embûches semées sur son chemin ?
Aidé par Nakia et Everett Ross, Black Panther entame un douloureux combat où les morts se compteront par milliers, tous les peuples et ethnies du Wakanda choisissent leurs camps et l’affrontement final nous réserve de multiples surprises !
Mon avis :
Immense succès au box- office (le film a raflé quasiment un milliard et demi de dollars) et même reconnaissance de la part de la critique, « Black Panther » ne déroge pas aux codes des films de la Marvel, à savoir platitude, manque d’âme et scénario basique, il y manque une consistance dans les personnages, le film est torché suivant les conventions habituelles et rien ne semble y déroger au fil du temps des sorties au cinéma…
Reste un spectacle éblouissant mais il ne s’agit que de numérique avec des technologies à la pointe, la réalisation de Ryan Coogler n’est donc ni bonne ni mauvaise, il se contente d’appliquer ce que les studios Marvel lui ont dicté en sous- marin, l’ensemble est terne et fade…
Comme points positifs, les scènes d’action sont plutôt bien rythmées et les scènes de combats bien calibrées, le jeu des acteurs est trop ancré pour plaire à un public « djeun’z » donc ne cherchez pas de profondeur ou d’expressivité, c’est denrée rare dans ce film…
Pro africain, « Black Panther » évite cependant les extrêmes même si le côté « colonisation » du peuple blanc revient régulièrement dans le film, un peu comme si le peuple noir voulait prendre une « revanche » (le poster de Public Enemy sur le placard) sur l’hégémonie du peuple blanc…
Le personnage de Ross, agent de la CIA, est intéressant mais pas suffisamment exploité ; « Black Panther » est un film de science –fiction qui bénéficie d’un budget colossal et l’équipe du film a bien su gérer les moyens qui lui ont été attribués, les passages dans le Wakanda sont féériques, les paysages rappellent même « Le seigneur des anneaux » ; il y a un côté « Matrix » sur le fait que la jeune Nakia « guide » Ross et Black Panther de sa base aux Etats-Unis, elle leur transmet à distance les armes et outils dont ils ont besoin, tout comme le fit Trinity avec Neo dans le film des frères Wachowski…
« Black panther » est une énième production Marvel qui déboule sur les écrans, ce n’est pas un film mauvais mais ce n’est pas non la bombe attendue, il y manque toujours l’âme et la transcendance qu’on aimerait tant avoir (on l’a eue dans « Wonder Woman » de Patty Jenkins avec Gal Gadot, LE meilleur film à ce jour de super héros, avec le premier « Superman »)…
Au final et après visionnage de « Black Panther » on oublie quelques jours après ce que l‘on a vu, c’est du spectacle fade et exécuté de façon robotique, et de plus, le film y aurait gagné à être un peu plus violent, là tout est gentillet…
Quelques bonnes trouvailles cependant comme les jeunes qui jouent au basket que l’on voit au début et que l’on retrouve à la fin et la musique du générique final est réussie, elle est très agréable et donne un côté mystique au film…
Le public lambda va adorer « Black Panther », le cinéphile fan de Kurosawa ou Bergman n’y verra qu’une œuvre fade et sans saveur ; « Black Panther » s’adresse donc à des spectateurs peu exigeants et qui savent d’avance ce qu’ils vont voir, ils s’attendent à de l’action et du rêve et ils en auront pour leur argent…
Il n’est pas inintéressant de visionner « Black Panther » pour se faire une idée de ce qu’est devenu le cinéma en 2018, c’est un peu un témoignage de la modernité actuelle et il faudra s’y habituer…
Il serait question d’un second opus, donc wait and see ; si les personnages pouvaient avoir un peu plus de profondeur ça serait top…
Note : 7/10










L'oeil du labyrinthe de Mario Caiano, 1972


L’ŒIL DU LABYRINTHE
de Mario Caiano
1972
Italie
avec Rosemary Dexter, Adolfo Celli, Alida Valli, Sybill Danning, Horst Frank, Franco Ressel
95 minutes
Giallo atypique
aka Eye of labyrinth
aka L’occhio nel labirinto
Synopsis :
Italie, début des années soixante-dix…
Julie est une superbe brune, elle suit une psychothérapie avec le docteur Berti, ce dernier est également son amant, Julie fait des rêves récurrents où elle voit Berti poignardé dans des décors très bizarres, Julie décide de se rendre au domicile de Berti mais celui-ci est introuvable !
Julie a pour seuls indices un agenda et une photo de Luca Berti….
Julie montre la photo de Berti à des gens dans un café puis, durant son périple, elle rencontre Antonio, qui lui dit qu’il a vu Berti dans une luxueuse villa au bord de la mer…
Julie se rend dans la villa en question et découvre des jeunes gens oisifs qui passent leur temps à bronzer et à picoler…
Toni et Eugene forment un couple étrange, Toni, photographe, une magnifique blonde au charme scandinave est violentée alors que Luis, un gigolo, est en fait l’amant de Gerda, la propriétaire cinquantenaire de la villa…
De fil en aiguille, Julie va comprendre que Luca Berti est bien venu dans cette villa et que son passage n’a pas fait que des heureux, les hôtes de Gerda se souviennent bien de lui et le détestèrent !
Une succession de meurtres est alors en place, des meurtres dans des conditions troubles où l’on ne sait si c’est de l’imaginaire ou la réalité…
Berti finit par apparaître et renoue son idylle avec la belle Julie, il est installé sur un transat et lui demande une bière ; Julie lui apporte alors que soudain, la folie de la jeune femme refait surface !
Mon avis :
Par le passé, Mario Caiano nous a prouvé qu’il était un excellent cinéaste (notamment avec son « Amanti d’oltretomba » avec Barbara Steele, chef d’œuvre du genre), ici, il s’attaque au giallo et que dire, sinon qu’il signe ici un des plus brillants films du genre ; Caiano mêle onirisme et érotisme à son intrigue et dirige le tout d’une main de maitre avec toujours cette application à ne jamais faire comme ses prédécesseurs, Caiano nous donne une nouvelle dimension du giallo et « L’œil du labyrinthe » est même teinté de fantastique !
L’actrice Rosemary Dexter, hyper sensuelle, joue à merveille un rôle de femme psychotique et on est baladé du début à la fin (terrible et que je ne vous le dévoilerai pas !) avec ce petit bout de femme qui cherche à retrouver son amant et psychanalyste, durant ses pérégrinations elle rencontre des gens marginaux et souvent déviants, le film est très original et les protagonistes amplifient le côté insolite du métrage, un peu comme la trilogie des animaux de Dario Argento (« Quatre mouches de velours gris », « L’oiseau au plumage de cristal » et « Le chat à neuf queues »), on pense également beaucoup à Mario Bava et son « Bay of blood »…
Les décors sont surréels, comme ce bâtiment délabré dans lequel Julie se perd et dont une issue donne sur le vide ; le titre du film se justifie ainsi, l’œil du labyrinthe, c’est un peu le dédale du cerveau de Julie et elle ne semble pas réussir à s’en extirper, prisonnière d’une forte névrose, toute la bizarrerie de l’ensemble s’expliquera à la fin et l’histoire particulièrement tortueuse prendra alors tout son sens et une explication formelle nous sera donnée…
La qualité de l’interprétation, le sens que prend le scénario en nous réservant de nombreuses et incessantes surprises et la charge en sensualité du film, tous ces ingrédients en font une pierre angulaire du genre qui, curieusement, est restée dans l’ombre (une unique VHS est sortie dans l’hexagone, il existe un blu ray mais sans version française, sorti récemment) ; « L’œil du labyrinthe » est donc une œuvre méconnue et qui gagnerait à être réhabilitée, une sortie en DVD ou blu ray chez nous devient donc urgentissime, ne serait-ce que pour apprécier l’originalité et la volonté de la part de Mario Caiano de renouveler un genre, ici à son apogée (1972, on est en plein âge d’or du giallo)…
Particulièrement intéressant, « L’œil du labyrinthe » se dote de tous les moyens pour séduire les cinéphiles et ces derniers seront immanquablement comblés au visionnage de ce giallo qui mixe érotisme et onirisme avec le plus grand talent, on pense également pas mal au « Venin de la peur » de Fulci…
Bref, si vous avez aimé tous les films que je viens de citer, ruez- vous sur le blu ray (à condition de maitriser l’italien !) et on souhaite vraiment une sortie dvd ou blu ray du film avec la VF !
Note : 9/10












lundi 27 août 2018

Zoltan, le chien sanglant de Dracula d'Albert Band, 1978


ZOLTAN LE CHIEN SANGLANT DE DRACULA
d’Albert Band
1978
Etats-Unis
avec José Ferrer, Michael Pataki, Reggie Nalder, Jan Shutan, Libby Chase, Arlene Martel
Film fantastique
90 minutes
aka Zoltan, hound of Dracula
Synopsis :
Une ville de Roumanie, en 1977…
Des militaires procèdent à des explosions pour tester leur matériel, accidentellement ils font exploser ce qui semble être un caveau souterrain…
Ce caveau abrite les dépouilles des descendants du comte Vlad, plus connu sous le nom de Dracula !
Un militaire est mandaté pour garder le caveau, les autres s’en vont ; c’est alors qu’un mini-séisme fait tomber les caveaux au sol, de l’un d’eux s’échappe un doberman, il attaque et tue le militaire qui faisait le guet !
D’une autre tombe, un homme au faciès monstrueux est ressuscité par le sang que le doberman lui transmet après avoir égorgé le pauvre militaire ; l’homme en question est Veidt Smith et il a pour objectif de retrouver le dernier descendant de la lignée des Dracula encore vivant ; il s’agit de Michael Drake, un psychiatre vivant aux Etats –unis…
Veidt Smith parvient, grâce à des subterfuges, à faire transiter le doberman de Roumanie via les Etats-Unis en le faisant passer pour la dépouille d’un chien que son maitre veut garder (Veidt Smith a dressé le doberman, Zoltan, qui lui obéit au doigt et à l’œil !)…
Michael Drake doit partir camper avec sa femme Maria, leur fils et leur fille Linda…
L’inspecteur Branco, un policier roumain, a découvert la manœuvre de Veidt Smith, il le traque depuis des années ; il a aussi fait le rapprochement entre les tombes ouvertes du caveau et comprend que Veidt Smith veut retrouver Drake…
Arrivés dans un endroit champêtre, la famille Drake, qui se trouve à bord d’un camping- car, entend des bruits bizarres la nuit, Linda, la petite fille de Michael Drake, cherche le chiot de son père qui a brusquement disparu ; elle rencontre fortuitement Veidt Smith, arrivé sur les lieux, puis elle s’enfuit, apeurée !
L’inspecteur Branco parvient à retrouver la maison des Drake ; la voisine lui explique qu’ils sont partis en camping-car, Branco retrouve Michael et prétexte qu’il a eu un héritage et que sa femme et ses enfants doivent regagner la maison…
Branco explique alors tout à Michael Drake et lui fait comprendre qu’il court un énorme danger, par rapport à Veidt Smith et au doberman Zoltan, que ces derniers veulent le tuer !
La nuit tombe et Zoltan attaque le baraquement où se trouvent Branco et Drake…
Une lutte à mort est alors engagée !
Mon avis :
Très honnête petit film, « Zoltan, le chien sanglant de Dracula » est un plaisir à suivre et aussi une histoire particulièrement originale puisqu’ici les vampires ne sont pas des hommes mais bel et bien de solides molosses qui attaquent leurs proies et les mordant au cou jusqu’à ce que mort s’ensuive !
« Zoltan, le chien sanglant de Dracula » est donc un mix entre un animal attack et un film vampirique et tout fonctionne plutôt bien ;  Albert Band connaît bien son travail et adopte une posture hyper méthodique et parfaitement lisible et compréhensible pour le spectateur, il évite la surenchère dans le gore (une seule scène vraiment gore dans le métrage) mais cela ne l’empêche pas d’être très efficace et de garder une tension dans le film, suffisamment pour tenir le spectateur en haleine jusqu’à la fin…
La continuité des plans séquences sonne juste grâce à un montage équilibré et le jeu des acteurs est bon, y compris les gamins, l’ensemble est tout à fait crédible !
Reggie Nalder a vraiment une sale tronche, la tête de l’emploi, il ferait peur à une couvée de singes et d’ailleurs, lorsqu’on voit son faciès sur la jaquette, on s’attend à un film carrément effrayant alors qu’en fait « Zoltan, le chien sanglant de Dracula » est un film relativement pépère et peu traumatisant…
Michael Pataki se révèle excellent et la musique est à mourir de rire tellement elle est kitsch (on dirait du Bontempi façon « Les Deschiens ») et pourtant « Zoltan, le chien sanglant de Dracula » ne peut se cataloguer comme un nanar, la réalisation est sérieuse et appliquée et le film n’est pas trop ridicule, hormis le score…
« Zoltan, le chien sanglant de Dracula » préfigure toute une flopée de films qui allaient voir le jour dans les années quatre-vingts et qui reprendront le bestiaire des animal attack s’inspirant des monstres des années cinquante, Albert Band a ouvert une brèche cinématographique où des dizaines d’autres réalisateurs allaient s’engouffrer… pour notre plus grand plaisir…
Techniquement, le film est excellent, notamment un super plan où l’on voit Zoltan sur le toit de la cabane, en pleine nuit, avec une pleine lune derrière qui fend le ciel, un peu comme le fit Terence Fisher avec son « Chien des Baskerville » et sa lande énigmatique dans le film de la Hammer, vingt ans plus tôt…
Franchement, « Zoltan, le chien sanglant de Dracula » c’est du beau boulot, on se régale et tous les cinéphiles férus de fantastique y trouveront leur compte…
Série B très sympathique, « Zoltan, le chien sanglant de Dracula » est hautement recommandable et son aspect hybride (il alterne l’animal attack et le fantastique vampirique) est décliné avec une grande classe et sans surenchère dans l’horreur, donc on va dire que même un public adolescent pourra le visionner sans être réellement traumatisé…
De plus, ce film est assez rare (il est passé sur 13ème rue, une chaine du satellite, au début des années deux mille) il existe en DVD mais zoné 1…
Un blu ray avec la version française ça serait sympa, messieurs les éditeurs…
Du boulot honnête qui ravira tous les cinéphiles et un film passe-partout et tous publics !
Note : 8/10














dimanche 19 août 2018

La secte de Michele Soavi, 1991


LA SECTE
de Michele Soavi
1991
Italie
avec Kelly Curtis, Tomas Arana, Herbert Lom, Giovanni Lombardo Radice, Donald O’Brien, Mariangela Giordano
Film fantastique
111 minutes
Blu ray édité par Le Chat qui fume
Produit par Silvio Berlusconi
aka La sette
Synopsis :
Etats-Unis, début des années soixante-dix, un groupe de hippies qui campait recueille un homme étrange appelé Damon, il lui offre gîte et couvert mais ce dernier est en fait le gourou d’une secte satanique qui, à la nuit tombée, va tuer tous les hippies !
Allemagne, au début des années quatre-vingt- dix, Miriam Kreist, une institutrice, jolie femme mais frustrée de ne pas avoir rencontré l’âme sœur et qui n’a pas connu ses parents, a un accident de la route causé par Moebius Kelly, un vieillard qui titubait au milieu de la route…
Heureusement, l’accident est sans gravité et la voiture est légèrement amochée…
Miriam, qui culpabilise énormément, recueille le vieil homme chez elle…
Moebius tient un discours incohérent mais Miriam ne se méfie de rien…
Pendant la nuit, Moebius injecte un insecte dans la narine de Miriam !
Les médias font état de multiples crimes dans la région, notamment supposés être le fruit d’une secte satanique qui sévit à grande échelle !
Lorsque Miriam se réveille, Moebius Kelly a disparu de sa maison…
Miriam contacte alors Franz Pernath, un médecin de l’hôpital local, et lui explique tout ; Pernath comprend que Moebius est un gourou et décide de protéger Miriam !
Kathryn, une amie de Miriam, est prise d’un délire et part allumer des routiers de nuit, un d’eux tombe sous son charme, mais pour une raison et une motivation inconnues, le routier poignarde à mort Kathryn…
Miriam est appelée pour venir reconnaître le corps de Kathryn à la morgue de l’hôpital, c’est alors que Kathryn est prise d’une catalepsie et une dose minime qui lui restait d’adrénaline la fait revenir quelques secondes à la vie !
Miriam est terrorisée et Kathryn s’auto-égorge avec un scalpel !
Pendant ce temps, le docteur Franz Pernath, visite les sous- sols de la maison de Miriam et découvre un passage secret situé au fond d’un puits !
Ni une ni deux, Franz tombe dans le creux du puits et constate qu’une cavité communique avec un endroit de la forêt ; il va y découvrir une messe satanique où Claire, une jeune femme, est sauvagement sacrifiée !
Franz essaie de prévenir Miriam mais il est déjà trop tard !
Moebius Kelly, que l’on pensait décédé, est en fait ressuscité et a pour but de kidnapper Miriam pour lui faire enfanter l’antéchrist !
Mon avis :
Avec « la secte » Soavi a placé la barre vraiment très haut, cela prouve son obsession à se régénérer et à ne jamais refaire le même film, ce qui est tout à son honneur, « la secte » est donc son film le plus complexe et de loin, son film le moins connu et pourtant il est très intéressant, d’abord au vu d’un scénario très fourni avec beaucoup de rebondissements et des passages réellement effrayants (plus que dans « Sanctuaire »), Soavi prend des risques énormes mais encore une fois (et je ne sais pas comment il fait !) ça marche ! tout fonctionne et on comprend tout à la fin ATTENTION SPOILER NE PAS LIRE SI VOUS N’AVEZ PAS VU LE FILM : Kelly Curtis, qui ne connaissait pas ses parents est en fait une fillette rescapée des hippies massacrés, elle est l’ELUE pour enfanter l’antéchrist et Moebius a mis vingt années pour la retrouver !!!!!!! ça fait froid dans le dos !!!!! FIN DU SPOILER
Mais où Michele Soavi va chercher tout ça ???
Hitchcock est battu à plat de couture, « La secte » c’est juste de la bombe ce film !!!!!!!
Soavi n’arrête pas et nous balade quasiment pendant deux heures avec une intrigue tarabiscotée à l’extrême, tous les comédiens sont impeccables (Kelly Curtis, parfaite, c’est la sœur de Jamie « Halloween » Lee Curtis), Herbert Lom est insensé dans son rôle de gourou vieillard à qui on accorde à tort la confiance, on a également Giovanni Lombardo Radice dans un petit rôle au début comme membre de la secte et Soavi fait une apparition comme magicien dans un spot télévisé (il faut avoir l’œil pour le repérer !), mais franchement ce film laisse un souvenir indélébile ! il est vraiment terrible !
On a rarement vu au cinéma un film sur les sectes réalisé avec autant de brio, l’histoire s’étale sur une vingtaine d’années, tout concorde et tout coïncide si on veut bien avoir la patience d’attendre les cinq dernières minutes et là on se prend une volée !
Le blu ray édité par Le chat qui fume est splendide et on se régale avec une image superbe, un travail impeccable a été fourni de la part de l’éditeur !
Soavi n’aura pas fini de nous étonner, « La secte » va lui servir de tremplin pour ses films futurs (« Dellamorte dellamore »), il montre et prouve qu’il peut jouer dans la cour des très grands et qu’il a tout pigé de l’enseignement que lui a prodigué son Maitre, Dario Argento…
« La secte » tout comme tous les autres films de Michele Soavi est une réussite incontestable, ce film est à visionner sans faute et surtout, il faut bien attendre la fin pour tout capter, car il faut le reconnaître c’est loin d’être évident …
Soavi a sorti une nouvelle fois une pure BOMBE !
Note : 10/10










Sanctuaire de Michele Soavi, 1989


SANCTUAIRE
de Michele Soavi
1989
Italie
avec Tomas Arana, Barbara Cupisti, Asia Argento, Giovanni Lombardo Radice, Hugh Quarshie, Fedor Chaliapine
Film fantastique
98 minutes
aka La Chiesa
Blu ray édité par Le Chat qui fume
Synopsis :
Pendant une période au Moyen-âge, des chevaliers teutoniques massacrent des habitants soupçonnés de satanisme ; un immense charnier est créé et les corps des défunts sont jetés dans un trou creusé dans la terre…
Un des morts semble bouger, ce qui terrorise un des chevaliers ; il sera décidé de construire un lieu de culte par-dessus le charnier afin que les hérétiques ne puissent jamais remonter à la surface !
Une ville d’Allemagne, cinq siècles plus tard…
Dans une cathédrale en cours de restauration, Evan, le bibliothécaire qui vient tout juste d’être recruté se lie d’amitié avec Lisa, la restauratrice, une superbe femme ; Lotte, la fille du contremaitre et responsable des travaux, est malicieuse et se balade un peu à droite à gauche dans les sous-sols du bâtiment, sans l’autorisation de son père, ce qui lui vaudra de multiples engueulades…
Alors qu’une cérémonie avec des dizaines de personnes doit avoir lieu dans la cathédrale, Evan, par un geste maladroit, actionne un élément d’une statue qui fait se refermer les portes de l’église et qui « réveille » les démons qui étaient enfouis depuis le moyen-âge !
Le père Gus et d’autres gens à l’intérieur n’arriveront pas à lutter contre des phénomènes surnaturels, une goule gigantesque comme sortie de l’enfer s’agrippe à une jeune femme et copule avec elle et les personnes présentes dans l’autel sont massacrées !
Lotte parvient à s’échapper lorsque tout le bâtiment s’effondre…
Dans la périphérie de la ville, Lotte semble comme attirée par un trou lumineux dans le sol, à côté d’un chantier…
Elle va découvrir une chose qui dépasse l’entendement ; et si la porte de l’enfer ne s’était jamais refermée !
Mon avis :
Auteur d’un documentaire sur son Maitre, Dario Argento, « Dario Argento, le monde de l’horreur » en 1985 et du légendaire « Bloody bird » en 1987, super slasher qui renouvela le genre par son originalité, Michele Soavi est un cador du cinéma de genre italien qui a collaboré comme homme à tout faire avec les plus grands (D’amato, Lamberto Bava, Argento et même Fulci, pour ne citer qu’eux) ; ici, avec « Sanctuaire » il s’attaque à du très lourd et lorsqu’on sort du visionnage, il est indéniable que l’on soit subjugué par l’inventivité de sa mise en scène, Soavi a gagné son pari et haut la main !
Aucun autre réalisateur jusqu'alors n’a atteint le sommet de l’art développé par Soavi qui nous montre ce que l’on pourrait qualifier d’ »Inferno » bis mais avec une texture dans la réalisation très proche de l’alchimie, développée dans le film de Dario Argento ; le début avec les chevaliers médiévaux est flamboyant, Soavi maitrise à fond alors que c’est seulement son deuxième métrage à proprement parler, il utilise des trouvailles techniques sidérantes comme la vue sous le casque des chevaliers ou des plans en hauteur, son boulot est irréprochable et il place sa caméra exactement où il faut, bref, du très grand art !
Puis vient la cathédrale, LE lieu du film, on pense au « Nom de la rose » et les trognes des pères de l’église ne sont pas étrangères au film de Jean-Jacques Annaud mais là on est vraiment dans un film fantastique et les décors, quels décors ! Soavi exploite à fond l’aspect folklorique et déploie des astuces pour créer la peur qui fonctionnent à plein régime !
On retrouve Asia Argento en gamine espiègle mais elle a un rôle prépondérant dans le film, le final magnifique rappellerait presque « Suspiria » avec ce sourire magnifique et magistral qui viendrait presque désamorcer toutes les choses épouvantables que l’on vient de vivre, cela donne également un côté mystique et magique (le même sourire que Jessica Harper, énigmatique, je suis sûr que la fin avec ce sourire est un hommage appuyé de Soavi à son mentor, Dario Argento !)…
« Sanctuaire » est un chef d’œuvre absolu sans aucune fausse note, Soavi se régale et NOUS régale par un film au déroulement ingénieux et astucieux, on est pris dans l’intrigue du début à la fin et ce n’est que du bonheur…
Pour tout cinéphile fan de cinéma italien, « Sanctuaire » est une pièce maitresse et l’édition Blu ray de l’éditeur « Le chat qui fume », qui a fourni un excellent travail, nous permet de savourer « Sanctuaire » dans des conditions optimales, c’est un miracle !
D’autant qu’il faut vraiment réhabiliter les premiers films de Michele Soavi, qui a tout pigé aux codes du genre, mais qui en développe d’autres multiples facettes, faisant preuve d’une imagination débordante qui, en rendu sur l’écran, fascine encore (le film n’a pas pris une ride !)…
Pour tout cinéphile, « Sanctuaire » est un achat OBLIGATOIRE, on redécouvre ce film exemplaire et miraculeux et on ne peut que s’agenouiller, SOAVI IS THE MAESTRO !!!!!
Note : 10/10













mercredi 15 août 2018

Ghosthouse d'Umberto Lenzi, 1988


GHOSTHOUSE
d’Umberto Lenzi
1988
Italie/Etats-Unis
avec Lara Wendel, Donald O’Brien, Mary Sellers, Ron Houck, Kate Silver, Greg Rhodes, Timothy Van Patten
Film fantastique/films de demeures
95 minutes
aka La casa 3
aka La maison du cauchemar
Produit par Filmirage
Synopsis :
Etats-Unis, Boston et sa banlieue, en 1967 puis en 1987…
Henrietta Baker, une fillette, vit dans une grande maison avec ses parents, un soir elle tue son chat, son père Sam, pour la punir, l’enferme dans la cave de la maison…
Henrietta trouve un mannequin d’un clown, il s’agit d’un caméo maléfique qui va entrainer la fillette dans une folie meurtrière !
Vingt années plus tard, Paul Rogers, un étudiant en informatique très calé, alerte Martha, sa petite amie, sur des signaux étranges qu’il reçoit de sa Cibi ; les deux jeunes gens décident de partir sur l’endroit d’où sont émis les signaux qui font penser à des appels aux secours…
Ils rencontrent durant leur trajet Pepe un SDF qu’ils prennent en stop et, arrivés sur lieux, ils trouvent des jeunes gens : Susan, la petite amie de Mark Dalen, Jim, son frère et Tina, sa petite sœur…
L’endroit d’où venaient les signaux est en fait la maison des Baker !
La police, débarquée sur les lieux après l’appel de Paul Rogers, explique à celui-ci que la maison a été abandonnée après le triple meurtre et que seul Valkos, un contremaitre municipal devenu désaxé, reste sur les lieux pour y effectuer des travaux de jardinage…
Très vite, des manifestations étranges et fantômatiques vont régner sur la maison, le spectre d’Henrietta avec son clown réapparait et provoque des meurtres sans arrêt !
Valkos attaque Martha avec une serpe et Tina est prise de crises de démences !
Le cauchemar ne fait alors que commencer !
Mon avis :
Avec ce « Ghosthouse » dont le titre original est « La casa 3 », Umberto Lenzi a voulu faire une suite aux deux premiers « Evil dead », soyons nets, il s’est planté mais quel bonheur de visionner ce nanar pur jus où c’est un festival au niveau des faux raccords et autres incohérences scénaristiques, on les compte par dizaines et le film se savoure entre potes avec le rituel bière/pizzas avec poilade garantie !
Comédiens neurasthéniques, histoire bordélique à l’extrême, nanar qui n’a ni queue ni tête, « Ghosthouse » dans le genre c’est du haut niveau, il ferait passer « Les rats de Manhattan » pour « Citizen Kane » et on a peine à croire que Lenzi réalisa huit ans auparavant des films comme « Nightmare city » !
On y trouve la belle Lara Wendel, aperçue dans le « Ténèbres » de Argento (c’est la victime de Cristiano Berti, l’adolescente en minijupe qui meurt sous les coups de hache en pleine nuit, dans le jardin du meurtrier !) mais aussi cette trogne de sadique de Donald O’Brien vu dans « Zombie Holocaust » de Girolami  ou « Quatre de l’apocalypse » de Fulci, sauf que là on ne comprend rien sur ses motivations puisqu’il se pend alors qu’il allait attraper sa proie (ne cherchez pas d’explication, même le scénariste du film n’en a pas trouvé ! ), et Pepe, ah Pepe ! le black obèse autostoppeur SDF avec sa main en squelette factice qui apparaît, puis s’en va puis réapparait 40 minutes après alors qu’il était à 40 kilomètres de la casa des Baker !
Bien sûr, personne ne suit les conseils de précautions de Paul (quel con celui- là !), surtout il faut bien fermer A CLEF la porte du camping- car, cause à mon cul ma tête est malade, Lenzi n’a pas réalisé son film il l’a chié et on soupçonne qu’aucun script n’a mis les pieds sur le tournage !
On se demande comment Paul a trouvé un jerricane d’essence dans la crypte de la tombe d’Henrietta et idem pour l’épitaphe qui ne colle en rien de façon logique avec l’histoire !
Ça fonctionne quand même car même si le spectateur est pris pour un âne, bah on suit le film, on a envie d’aller jusqu’au bout car diantre ! la gamine Henrietta avec son clown, mais qu’est ce que c’est que cette histoire il doit bien y avoir une explication !
Les flics, on se demande ce qu’ils font !
La baraque, genre depuis 20 ans, aucune agence immobilière n’a voulu la revendre et se faire de l’argent ? d’où viennent ces satanés signaux de Cibi qu’on entend au début ??
Lenzi pique des trouvailles à droite à gauche à « Amityville » ou à « Poltergeist » et agrémente son pudding de séquences un peu gore (dont une hyper bancale, le meurtre de Tina coupée en deux !), des robinets qui coulent du sang ou un gouliboulga laiteux sous les fondations de la baraque qui engloutit un pauvre gus, mais franchement c’est du nawak à 200 % ce « Ghosthouse » !
Quant à la fin, alors là, je sais pas quelle idée a pris Lenzi mais ma foi, il s’en sort pas mal car tout le long c’était plutôt mal barré !
A voir au 127ème degré, « Ghosthouse », dans le genre nanardesque, se pose comme un pilier, on ne pensait pas qu’on pouvait encore réaliser des films pareils à l’orée des années 90…
Prévoir des bières et se laisser porter par un flot ininterrompu de connerie pendant une heure trente, rameuter ses potes fans de nanars et pas regardant, telles sont les conditions indispensables pour savourer « Ghosthouse », le « White fire » du film de maison hantée !
Note : 4/10