lundi 19 août 2013

Le septième sceau d'Ingmar Bergman, 1957


LE SEPTIEME SCEAU

d'Ingmar Bergman

Suède

1957

avec Max Von Sydow, Gunnar Bjornstrand, Bibi Andersson, Nils Poppe

Fantastique métaphysique

94 minutes

Synopsis :

Au 14ème siècle dans une province suédoise située au bord de mer...

Antonius, un chevalier et Jöns son écuyer trouvent villégiature sur une plage après avoir combattu leurs assaillants lors des croisades...

Un mystérieux personnage, de grande taille et au visage orné d'un masque blanc se présente auprès d'Antonius comme étant la mort...

Il propose à ce dernier de jouer à une partie d'échecs qui symbolisera l'échéance du décès, le vainqueur de ce jeu funeste retardera ainsi son trépas, sachant que le pays est rongé par la peste...

Dans un second temps, des saltimbanques membres d'une troupe de théâtre sillonne la contrée, avec insouciance et gaieté de vivre (ils viennent d'avoir un bébé de huit mois)...

Un forgeron victime d'adultère cherche à retrouver un des acteurs qui l'aurait trompé avec sa femme, Olga...

De fil en aiguille, les pérégrinations et les rencontres, fortuites ou non, faites par Antonius vont le faire douter du message de la mort...

Mais cette dernière se rappelle à lui un soir où il se retrouve dans un château où il n'était pas allé depuis une décennie...

Une "danse" macabre et ésotérique s'amorce et ramène Antonius face à ses propres démons, ses doutes et ses torpeurs...

Mon avis :

Sans doute le film le plus ambitieux de son auteur, "Le septième sceau" poursuit une trajectoire emplie de métaphores sur l'existence, la fascination religieuse et la crainte de la mort...

Mort omniprésente dans le métrage que ce soit sous forme physique ou latente (la peste), Bergman transgresse les réalités par le biais de séquences imagées ou de sursauts graphiques de toute beauté (comme cet écureuil symbolisant la réincarnation lors de la chute de l'arbre)...

Bergman est l'émetteur et le spectateur le récepteur mais les ondes se brouillent de temps à autre, parasitées par un hermétisme aussi bien scénaristique que dans la mise en images, particulièrement érudite...

Bref, il faut s'accrocher mais au final, celà s'avère payant puisque "le septième sceau" est un régal !

A la mise en scène atypique et flamboyante, le film regorge de trouvailles révolutionnaires pour l'époque et l'on est quasi sûr qu'il influencera bon nombre d'autres cinéastes (je pense à Mario Bava puisque le passage du cheval sur la plage dans la nuit a été repris dans "le Corps et le fouet" et dans "Duel au couteau")...

Doté d'un lyrisme et en même temps d'une modernité graphique, joué par des acteurs "habités" par leurs rôles, à défaut d'être accessible au plus grand nombre, " le septième sceau" fait voler en éclats les conventions du cinéma de l'époque, instaurant de nouveaux codes cinématographiques que peu d'autres metteurs en scènes ne pourront franchir...

Bergman "foudroie" le cinéma d'alors et son film fut salué de toutes parts comme annonciateur d'un nouveau style, à mi chemin entre le drame, le film fantastique et l'onirisme pur...

En outre, "Le septième sceau" a le double mérite de faire s'intéresser à une oeuvre artistique peu commune et de donner une forte leçon de cinéma aussi bien au spectateur lambda qu'aux puristes esthètes avides de films d'auteur...

Proprement unique, un film qu'il faut avoir visionné pour idéaliser clairement ce qu'est le haut niveau au septième art...

Note : 10/10






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