LE
PROFESSIONNEL
de Georges
Lautner
1981
France
Avec
Jean Paul Belmondo, Robert Hossein, Cyrielle Claire, Bernard Pierre Donnadieu,
Jean Desailly, Elisabeth Margoni
Policier
politique
107
minutes
édité
par René Château
Dialogues
de Michel Audiard
Musique
d’Ennio Morricone
Budget :
20 millions de francs
Nombre
d’entrées au box office : 5 200 000
Synopsis :
Début
des années 80…
Joss
Beaumont est un agent infiltré des services secrets français dans un pays d’Afrique,
le Malagawi, il a pour mission de tuer le président Njala, un dangereux
dictateur qui règne dans la terreur et qui opprime la population…
N’arrivant
pas à ses fins, Joss est convoqué à un tribunal et condamné aux travaux forcés ;
il parvient à s’échapper et, après deux années de bagne, revient sur Paris avec
la ferme intention de se venger des commanditaires qui l’ont piégé…
Que
ce soit en plus haut lieu ou dans la police avec le redoutable inspecteur
Rosen, Beaumont va élaborer un plan pour retrouver et éliminer ceux qui l’ont
trahi…
Jeanne
Beaumont, sa femme, l’aide dans ses démarches et est violentée par Farges, un
policier zélé…
Alice,
la maitresse de Joss et l’instructeur Picard, un des seuls qui a cru en lui, ne
pourront enrayer la folie destructrice de Joss qui n’aura qu’une lubie :
tuer le président Njala lors de son séjour en France, pour se faire il se rend
clandestinement dans le château où celui-ci a élu temporairement domicile…
Une
traque s’amorce avec Rosen, déterminé à liquider Joss et la pression politique qui
s’accentue…
Mon
avis :
Polar
politique de la grande époque des années 80, « Le professionnel » met
en exergue un Bébel comme d’habitude survitaminé et joue sur la thématique « FranceAfrique »
astucieusement, la combinant comme prétexte à l’histoire, ce qui servira de
levier à la cohérence de l’intrigue…
Le
casting féminin est de très grande qualité et Lautner apprécie de mettre en
valeur la plastique de ses actrices, ce qui semble être en contraste avec l’histoire,
plutôt sombre voire nihiliste, et les flics passent tous pour des salopards,
sauf quelques-uns comme l’instructeur Picard ou la belle Alice Ancelin, mais
les « pourris » semblent plus déterminés que jamais, oscillant dans l’indifférence
totale pour Joss/Bébel, traité comme une brebis galeuse, alors qu’il aurait
être réhabilité comme héros de la nation…
Rosen
offre un rôle à contre-emploi à Robert Hossein, excellent acteur qui n’a plus
rien à prouver, et le « duel » avec Belmondo rappelle ceux des films
de Sergio Leone, amplifié et sublimé par la magnifique partition d’Ennio
Morricone, son compositeur attitré, dans une séquence à la fois intense et
pesante…
Lautner
appuie et insiste sur le côté solennel de son métrage en y distillant malgré
tout des trouvailles humoristiques (les clochards, la prostituée, la scène du
bar) où Bébel s’en donne une nouvelle fois à cœur joie dans la distribution de
mandales, avec la plus-value des répliques de Michel Audiard en prime…
L’issue
du film avec « le règlement de comptes » dans le château de Maintenon
en Eure et Loir (et non Rambouillet comme stipulé dans le film par commodité)
donne un goût amer au spectateur mais parachève une histoire riche en rebondissements
et très subtile dans sa manière et sa progression scénaristique…
Anticonformiste
jusqu’à son dénouement, « Le professionnel » offre à Belmondo un de
ses plus beaux et meilleurs rôles, le public ne s’y méprenant pas, le film fut
un immense succès…
Note :
9/10
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