Open Watching

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lundi 23 novembre 2020

Romper stomper de Geoffrey Wright, 1992

 

ROMPER STOMPER

de Geoffrey Wright

1992

Australie

avec Russell Crowe, Jacqueline Mac Kenzie, Dan Wyllie, John Brumpton, Daniel Pollock

Chronique sociale

94 minutes

Synopsis :

Melbourne, au début des années quatre vingt-dix…

Hando dirige une bande de skinheads, ce sont de purs voyous qui saccagent et cassent des vitrines, ils vivent dans une précarité et sombrent souvent dans l’alcool…

Magoo, Davey et Hando apprennent que des immigrés asiatiques ont investi un quartier de la ville dans le but d’ouvrir un restaurant ; une gigantesque bagarre a alors lieu, mais des dizaines d’asiatiques viennent prêter renfort à leurs amis ; la rixe tourne au massacre !

Davey fait la connaissance de Gabrielle au comptoir d’un bar sordide, Gabrielle est une jeune toxicomane qui fait souvent des crises d’épilepsie, mais sa beauté subjugue Davey…

Gabrielle a vécu un inceste avec son père, Martin, un riche acteur de théâtre, qui vit dans un manoir…

Gabrielle monte le bourrichon à ses amis skinheads pour aller casser la figure à son père, elle leur indique l’endroit où vit ce dernier…

Après avoir été tabassé, Martin parvient à prendre une arme et chasse les skinheads de chez lui…

Gabrielle alerte la police par téléphone et une descente de flics a lieu dans la repaire de Hando !

Davey, Hando et Gabrielle prennent la fuite en voiture et partent au bord de la mer…

C’est alors que Gabrielle avoue à Hando que c’est elle qui a prévenu la police…

Hando est fou de rage et cherche à tuer Gabrielle en la noyant !

Davey vient au secours  de Gabrielle et poignarde Hando dans le dos…

Mon avis :

« Romper stomper » est indéniablement le meilleur et le plus ultime film sur le quotidien des skinheads, Geoffrey Wright a opté pour le choix d’être le plus réaliste possible et son métrage est un uppercut total en pleine face dont on se remet difficilement ; le film est particulièrement violent et certains passages sont apocalyptiques, la direction des acteurs est prodigieuse et Russell Crowe a une carrure imposante, c’est lui qui domine, aussi bien pour le spectateur que pour ses acolytes skinheads, jusqu’au jour où l’arrivée d’une fille (Gabrielle, magnifique Jacqueline Mac Kenzie) va tout faire basculer et faire plonger le gang de skinheads soit dans la mort soit en prison (mais pouvait-il y avoir d’autre issue ?)…

Les crises d’épilepsie de la jeune femme sont particulièrement impressionnantes, sa relation supposée incestueuse avec son père et le côté « paumée » de Gabrielle rappellent d’autres films comme « Moi, Christiane F. », la scène du clochard et l’arrivée chez Martin, le père de Gabrielle, font beaucoup penser à « Orange mécanique », la référence est manifeste !

La rixe gigantesque avec les asiatiques est un modèle de mise en scène, tournée presque caméra sur l’épaule et en temps réel continu, les plans sont serrés et les coups portés par les protagonistes ont l’air réels (c’est à se demander s’ils le sont vraiment ?)…

Geoffrey Wright a frappé très fort et appuie là où ça fait mal, il n’a peur de rien et ne recule sur rien pour mettre en lumière cette chronique sociale sur le quotidien de ces skinheads, délinquants, alcooliques et ultra-violents…

Avec « This is England », « Trevor skinhead” et “American History X”, “Romper stomper” est l’un des rares films qui abordent ce thème, le metteur en scène sait garder ses distances et ne prend aucun parti ni pour un camp ni pour l’autre, il montre le quotidien et la réalité de ces délinquants, point barre…

« Romper stomper » est donc un chef d’œuvre du genre et un film d’une grande intelligence, tous les comédiens se sont investis comme personne pour donner une étoffe au film et l’impact que celui-ci apporte est bouleversant, la fin sur la plage nous laisse assommés, sur les rotules !

« Romper stomper » devrait même être montré dans les lycées afin que les jeunes se rendent compte de tout ce qu’il ne faut pas faire dans une vie, à l’instar de « Ma 6-t va crack-er » de Jean-François Richet…

C’est un film sur la délinquance, sans la moindre fioriture, mais finalement nécessaire pour comprendre une certaine société, désoeuvrée et désincarnée…

Le film s’adresse à un public averti !

Note : 9/10







Police story 2 de Jackie Chan, 1988

 

POLICE STORY 2

de Jackie Chan

1988

Hong Kong

avec Jackie Chan, Maggie Cheung, Bill Tung, Chu Yuan

Film policier

101 minutes

Synopsis :

Hong Kong, à la fin des années quatre vingts…

Après avoir dévasté un centre commercial dans le premier épisode, Chan Ka Kui est mis à pied par son supérieur Raymond Li, ce dernier décide de le reléguer à la surveillance de la circulation…

Pour couronner le tout, Chan a des ennuis avec sa fiancée May et le couple est au bord de la rupture…

Alors que Chan se trouvait dans une galerie marchande, un appel d’alerte à la bombe retient son attention !

Raymond Li refuse d’accorder confiance et crédit à Chan, qui, malgré cela, fait évacuer le centre commercial ; une fois les clients évacués, rien ne se passe pendant quelques minutes puis… une bombe dévaste l’entrée du centre !

Chu Tao, l’ennemi juré de Chan Ka Kui,  est revenu et menace de faire sauter plusieurs endroits de la ville sauf en échange d’une rançon d’un million de dollars !

Une course effrénée s’engage alors et Chan parvient à s’introduire sous une table pendant une réunion de plusieurs investisseurs de projets immobiliers…

Puis May est enlevée et violentée par des hommes de Tao ; elle est séquestrée dans une usine désaffectée ; non sans mal Ka Kui parvient à la retrouver et à la délivrer, mais il sera torturé par les gangsters !

Une succession ininterrompue de bagarres interviendra jusqu’à ce que Ka Kui finisse par coincer Chu Tao…

Mon avis :

« Police story 2 » est la suite directe du premier et démarre juste quand le précédent segment s’arrêtait, après le bordel monstre mis par Chan dans le centre commercial…

Ceux qui avaient apprécié le premier (et ils sont nombreux) vont donc se régaler avec celui-ci, encore plus fou, encore plus rythmé que son prédécesseur !

Le rythme est incessant et cette fois, Jackie Chan a maille à partir avec des poseurs de bombes qui provoquent des attentats dans les quatre coins de la ville, mais aussi des industriels véreux qui veulent détourner de l’argent ; la tâche est donc hyper compliquée pour Chan qui, de plus, a des problèmes de couples avec May, sa copine…

Les bastons (qui se comptent par plusieurs dizaines) sont insensées, tout comme les cascades incroyables, on n’a jamais le temps de souffler, c’est Jackie Chan lui-même aux manettes et c’est toujours du cinéma free style, mais excellemment bien orchestré ; on peut lui tirer notre chapeau car très peu de films occidentaux ont autant la pêche que celui-ci, ça en deviendrait presque un film fantastique tellement certains passages sont incroyables, et pourtant on n’est pas encore à l’ère des CGI et les explosions sont bel et bien réelles ( !!!!)

Le registre comique est un peu lourdingue voire carrément débile (les flatulences dans l’ascenseur) mais finalement on rit de bon cœur et on prend part à tout ce tourbillon, véritable maelström d’action incessante ; « Police story 2 » est vraiment un film hyper efficace et Jackie Chan se dépense sans compter pour satisfaire le cinéphile friand d’action et de bagarres : le résultat est surprenant et remarquable, c’est un peu pareil qu’ »A toute épreuve » de John Woo mais en version gentille et sans les gunfights, OUI « Police story 2 » est un film jusqu’au boutiste il n’y a aucun doute là-dessus !

Totalement réjouissant et très sympathique, « Police story 2 » est aussi bon que son prédécesseur et ravira les fans de Jackie Chan, ce gars est un génie et connaît toutes les recettes qu’il faut pour satisfaire son public, cette énergie qu’il déploie est communicative et fait bien plaisir à voir, tout fan d’actioner surpuissant jubilera avec ce film, on ne s’ennuie à aucun moment et le générique de fin montre les blessures engendrées sur les comédiens (Jackie en tête), cela n’a pas dû être une partie de plaisir pour tourner tout ça et bien, le résultat est bluffant !

« Police story 2 » est super sympathique et jamais malveillant , il ne comporte pas de séquences de sadisme outrancier malgré quelques petits moments de « tortures » tout à fait supportables…

Il faudrait être aigri pour ne pas apprécier le spectacle !

Note : 8/10

Dédicace à Métin et à Daniel






 

mercredi 18 novembre 2020

Les amants d'outre-tombe de Mario Caiano, 1965

 

LES AMANTS D’OUTRE TOMBE

de Mario Caiano

1965

Italie

avec Barbara Steele, Paul Muller, Helga Liné, Rik Battaglia, Giuseppe Addobati

90 minutes

Film fantastique gothique

DVD édité chez Artus films

aka Amanti d’oltretomba

aka Nightmare castle

Musique d’Ennio Morricone

Synopsis :

Une ville d’Europe, au début du vingtième siècle, dans un château…

Stephen Harrowsmith est un savant qui effectue des expériences très bizarres ; il pratique des transfusions de sang afin de régénérer des personnes âgées pour leur donner la jeunesse éternelle, il batifole avec Solange, sa servante, ce qui n’est pas du tout du goût de sa femme, Muriel, qui, pour se venger et étant frustrée se laisse aller à des ébats amoureux avec David, le jardinier du château, dans la serre ; Stephen se rend compte du manège de sa femme…

Un soir, Stephen surprend Muriel et David, il les fouette jusqu’au sang puis les torture dans la crypte du château en les enchainant et leur privant de boire, puis Muriel et David finissent par décéder…

Stephen se sert du sang de Muriel pour régénérer la servante Solange, qui retrouve sa vitalité et son éclat comme si elle avait une vingtaine d’années !

C’est alors que Jenny Harrowsmith, la sœur de Muriel, arrive au château !

Elle est très dépressive et a des hallucinations nocturnes où elle entend sa sœur Muriel ; Stephen fait appel au docteur Joyce, afin de soigner Jenny…

Muriel avait juré avant sa mort de retrouver Stephen et de lui faire payer sa malveillance…

Stephen, plus pervers et sadique que jamais, voit en Jenny le sosie de sa sœur et décide d’entretenir une relation amoureuse avec elle…

Il va éliminer de façon méthodique tous ceux qui se mettront devant son passage pour contrecarrer ses macabres expériences…

Une nuit, tout va basculer et l’horreur absolue va prendre place au sein du château !

Mon avis :

Avec ce magnifique « Amants d’outre tombe », Mario Caiano signe son meilleur film et l’un des plus grands films de gothique italien de tous les temps…

Jamais Barbara Steele n’aura été autant sensuelle dans un film, elle dégage une érotisation magnifiée par sa présence, elle est hyper sexy en nuisette diaphane et son corps de déesse se laisse dévoiler de façon démentielle (ses bras nus, ses aisselles, on devine sa poitrine, ses jambes sublimes, c’est de la folie et un régal des yeux pour tout cinéphile érotomane, son visage et ses cheveux, ses yeux donnent un charisme inouï à son -double-personnage, c’est du grand art !)…

L’histoire est déjantée avec le savant Stephen Harrowsmith (excellent Paul Muller) complètement fêlé et les effets gore (même si c’est un film en noir et blanc) sont vraiment cradingues pour un métrage sorti au milieu des années soixante, l’ambiance en huis clos (toute l’action se passe au château) est oppressante et anxiogène (comme le dit l’excellent Alain Petit dans les bonus du DVD sorti chez Artus films), le deuxième personnage incarné par Barbara Steele (Jenny) est torturé mentalement (très bon jeu d’actrice de Barbara Steele) et la névrose de la jeune femme se propage également sur le spectateur, impliqué  dans l’histoire et mis à mal face à des séquences effrayantes, c’est du pur cinéma d’effroi, les codes du gothique sont respectés à la lettre !

Le mixage horreur/érotisme fonctionne à maxima et Caiano rivalise d’inventivité pour les passages de tortures dotés d’un sadisme certain (il n’est pas exclu de penser au folklore du Marquis de Sade), les décors également sont fabuleux et la musique est d’Ennio Morricone, c’est vous dire la qualité du film !

Le coffret DVD sorti chez Artus films est un collector et se trouve très difficilement donc si vous faites partie des chanceux qui le possèdent, conservez le précieusement…

Le film n’est jamais sorti en VHS et un unique passage dans « Cinéma de quartier » dans les années 90 et après sur les chaines de canalsat en font une pièce très rare, on rêve d’une réédition pour les retardataires et la qualité du DVD Artus est tout à fait correcte…

Dans ce genre très fermé du gothique italien, « Les amants d’outre tombe » s’impose comme un must absolu et il faut vraiment l’avoir visionné, c’est un film très dense, très chargé en atmosphère et Barbara Steele y incarne un de ses rôles les plus aboutis, les puristes le considèrent dans le palmarès des trois meilleurs films gothiques italiens, sans compter les Mario Bava, bien sûr…

Caiano n’a pas à rougir ou à rivaliser avec Bava, il fait aussi bien que lui…

Si l’occasion se présente à vous, foncez et visionnez « Les amants d’outre tombe », c’est un régal de gothique à savourer sans aucune modération !

Note : 10/10









jeudi 12 novembre 2020

La nuit des morts vivants de Tom Savini, 1990

LA NUIT DES MORTS VIVANTS

de Tom Savini

1990

Etats unis

avec Tony Todd, Tom Towles, Patricia Tallman, Bill Moseley, William Butler,

85 minutes

Film d’horreur

aka Night of living dead

Blu ray édité chez Sidonis Calysta

Budget : 4 200 000 dollars

Synopsis :

Un village de Pennsylvanie, au début des années quatre vingt-dix…

Barbara, une jeune femme, se rend avec son frère Johnnie pour fleurir une tombe dans le cimetière communal ; elle est rapidement attaquée par un mort vivant qui se trouvait là ; le zombie tue Johnnie et poursuit Barbara, qui parvient à s’enfuir !

Barbara trouve refuge dans une maison semblant être abandonnée…

Elle finit par y découvrir Ben, un homme lui aussi attaqué par les morts-vivants…

Ben propose à Barbara de barricader la maison en attendant de potentiels secours….

C’est alors qu’Harry, un homme qui se trouvait dans la cave avec sa femme Helen et leur fille Sarah, blessée et évanouie, sort de la cave…

Harry est irascible et s’en prend à Ben (on peut supposer qu’Harry est raciste, Ben étant un homme noir)…

La nuit tombe, et des dizaines de morts-vivants commencent à affluer devant la maison ; ils s’en prennent aux occupants malgré les barricades installées par Ben…

Un jeune homme et sa petite amie qui se trouvaient aussi dans la maison proposent d’aller chercher de l’essence pour utiliser une camionnette garée devant la maison…

Barbara, quant à elle, commence à être prise de panique et choisit de shooter un maximum de zombies avec le fusil que Ben lui a confié…

Une bagarre éclate entre Ben et Harry et soudain, Sarah, la gamine blessée (en fait mordue par un mort-vivant) devient elle-aussi une zombie !

La nuit tourne au cauchemar…

Ce n’est qu’au petit matin que des villageois arrivent près de la maison, ils ont installé des feux où ils brûlent les morts -vivants…

Que sont devenus Ben, Barbara, Harry, Helen et Sarah ?

Mon avis :

Cette « Nuit des morts vivants » remakée par Tom Savini est une immense réussite ; il a su garder les éléments de l’original qui faisaient sa force (le côté anxiogène, étouffant et claustrophobique de la maison où sont enfermés les protagonistes) et l’atmosphère pesante avec la menace sous-jacente et impossible à occulter des morts vivants qui pullulent dehors, en quête de chair humaine…

Savini est très respectueux de l’œuvre de George Romero et John Russo, il évite l’écueil du vulgaire copié/collé et conserve la qualité scénaristique de l’original tout en le modernisant…

La principale qualité de cette « Nuit des morts vivants » c’est la direction des acteurs : Tony Todd (futur « Candyman » deux ans plus tard), Tom Towles (inoubliable Otis de « Henry, portrait d’un serial killer », une nouvelle fois dans un rôle de crapule) et également l’excellente Patricia Tallman qui donne une « Barbara » tout à fait crédible, c’est même elle le rôle principal du film…

Grâce à ça, on y croit et la terreur se distille crescendo au fil des plans séquences, tous très bien mis en scène par un Savini parfaitement rôdé à son exercice…

C’est d’ailleurs pour cela que les purs cinéphiles ont le plus grand respect pour ce remake car il ne trahit en rien son illustre prédécesseur…

L’éditeur Sidonis Calysta a eu la bonne idée de sortir « La nuit des morts-vivants » en blu ray et c’est un vrai bonheur pour le visionner, les bonus sont intéressants et parlent des scènes coupées car beaucoup plus gore et violentes ; l’original de 1968 est un classique, et bien, ce remake de 1990 en est un également…

C’est peut être même un des meilleurs films de morts vivants des années 90 avec, de plus, une dimension effrayante qui fait mouche (il faut être rôdé pour le voir, tout cinéphile néophyte en la matière risque de se prendre une claque niveau trouille !)…

« La nuit des morts -vivants » version 1990 est un vrai chef d’œuvre à voir absolument et grâce à Sidonis Calysta, vous n’avez plus d’excuse !

Note : 10/10






 

Les premiers hommes dans la lune de Nathan Juran, 1964

 

LES PREMIERS HOMMES DANS LA LUNE

de Nathan Juran

1964

Grande Bretagne

avec Lionel Jeffries, Edward Judd, Martha Hyer, Miles Malleson, Gladys Henson

Film fantastique

103 minutes

Effets spéciaux de Ray Harryhausen

Produit par Charles H. Schneer

d’après le roman de H.G. Wells

aka First men in the moon

Blu ray édité chez Sidonis Calysta

Synopsis :

1964 et un flashback en 1899, un village de Grande Bretagne, un cottage…

En 1964, des astronautes de différentes nations parviennent à aller sur la Lune, lors de leurs investigations, ils trouvent un drapeau britannique !

Un vieil homme nommé Arnold Bedford, qui se trouve dans une maison de repos, prétend avoir été sur la Lune, mais personne ne voulait le croire !

Il raconte son histoire… Flashback en 1899…

Joseph Cavor, un scientifique hurluberlu, a inventé une pâte liquide qui permet « d’inverser » la gravité ; lorsqu’il colle la pâte sur le dossier d’une simple chaise, celle-ci s’envole jusqu’au plafond de la pièce où elle se trouvait !

Arnold Bedford (le vieillard du début du film, alors jeune) est amoureux de Kate Callender, une très belle femme, qu’il souhaite épouser !

Bedford veut racheter le cottage de Joseph Cavor…

Mais lorsque Bedford se rend chez Cavor, celui-ci ne l’écoute pas et n’a que faire de la vente du cottage ; il n’arrête pas de lui parler de sa découverte !

Bedford, d’abord exaspéré, finit par se rendre à l’évidence sur le caractère incroyable de la découverte de Cavor…

Cavor a créé un mini vaisseau spatial, il s’y place et invite Bedford à y entrer également ; Kate parvient à s’y introduire in extremis et voilà nos trois amis partis pour la stratosphère, puis sur la Lune !

De multiples surprises les attendent, notamment la découverte des Sélénites, des sortes d’hommes insectes qui vivent sur la Lune !

Cavor est fasciné, alors que Kate et Arnold Bedford, d’abord subjugués, songent à quitter l’endroit qui n’est pas sans dangers…

Alors que Bedford a réparé la capsule spatiale qui était endommagée, Cavor lui annonce qu’il refuse de quitter cet endroit lunaire !

Mon avis :

Comme à l’accoutumée dans les films de Nathan Juran, « Les premiers hommes dans la lune » est un pur enchantement, c’est un régal visuel et narratif, toujours gentillet et bon enfant, sans la moindre violence, mais attractif et fascinant…

Une histoire complètement délirante mais le spectateur se prête au jeu et Nathan Juran, par le talent déployé, parvient à nous rendre rapidement familiers les trois principaux protagonistes pour que, in fine, on s’attache à eux et qu’on soit pris dans l’histoire…

Les effets spéciaux de Ray Harryhausen fonctionnent à merveille et se déploient génialement pour insuffler une féérie au film, les comédiens sont en roue libre, comme envoutés par leurs rôles et le spectateur l’est de même, envouté et impliqué, on ne décroche pas une seule seconde, avec ce récit du vieil homme décliné en flashback, c’est un procédé cinématographique qui fonctionne quasiment toujours car il est très efficace pour maintenir l’attention et l’intérêt que le spectateur a pour le film…

Régal pour tout cinéphile, « Les premiers hommes dans la lune » (oui « dans » la lune et pas « sur » la lune, puisque les héros se trouvent « à l’intérieur » de la lune)

on a le bonheur de pouvoir le visionner en blu ray grâce à l’éditeur Sidonis Calysta et là, ça tient du miracle ! Image impeccable, super packaging, c’est l’idéal pour découvrir ou redécouvrir ce film, cette initiative tient du pur miracle !

« Les premiers hommes dans la  lune » fait partie de cette race de films qui font un bien fou, comme « Voyage au centre de la terre » de Henry Levin ou « L’île mystérieuse » de Cy Endfield, ça se visionne religieusement, le cinéphile jubile et le spectacle est familial, même les enfants peuvent le voir sans la moindre crainte…

Maintenant que l’occasion se présente, ne ratez pas « Les premiers hommes dans la lune », c’est du bonheur en barres et un joyau du film fantastique britannique des années soixante, on est pratiquement obligés d’adorer ce film sans prétention, mais véritablement bain de jouvence…

Un régal absolu !

Note : 10/10







Peur sur la ville de Henri Verneuil, 1975

 

PEUR SUR LA VILLE

d’Henri Verneuil

1975

France/Italie

avec Jean-Paul Belmondo, Charles Denner, Rosy Varte, Adalberto Marla Merli, Philippe Brigaud, Léa Massari, Catherine Morin, Jean François Balmer, Giovanni Cianfriglia

Polar violent/giallo

Dialogues de Francis Veber

Musique d’Ennio Morricone

120 minutes

Budget : 12 000 000 francs

Synopsis :

Paris, France, milieu des années soixante-dix…

Nora Elmer, une jeune femme, est harcelée au téléphone par un maniaque sexuel, la jeune femme prévient police -secours mais l’opérateur lui dit de ne pas s’inquiéter ;lorsque le sadique dit à Nora Elmer qu’il va venir chez elle, celle-ci panique et fait une crise cardiaque puis se jette dans le vide !

Le commissaire Letellier et son adjoint, l’inspecteur Moissac sont chargés de l’affaire ; leur responsable les missionne pour rencontrer d’autres femmes aussi menacées…

Le sadique détraqué sexuel envoie des courriers à Letellier et dit s’appeler « Minos » en hommage à « l’enfer » de Dante…

Mais Letellier a une seconde affaire à gérer, il veut absolument coincer Marcucci, un dangereux criminel, qui lui a coûté son poste de chef de l’anti-gang lors d’une fusillade qui a mal tourné où un passant fut tué !

Pour se faire, Letellier a interrogé un bistrotier surnommé Cacahuète qui lui a promis de lui donner des informations dès qu’il verrait Marcucci ; en échange Letellier ferme les yeux sur le fait que des Maliens sont logés dans la cave du bar de Cacahuète…

C’est alors que Minos refait parler de lui et tue par strangulation Germaine Doizon, une femme volage…

Cela va entrainer une immense course poursuite entre Letellier et Minos sur les toits de la capitale, mais Letellier est informé que Marcucci est revenu sur Paris ; Letellier prend la décision d’abandonner la course avec Minos et fonce appréhender Marcucci ;  après une course poursuite dantesque dans le métro, Letellier finit par neutraliser Marcucci, qui se tue en tombant d’une rame !

La presse n’est pas tendre avec Letellier et ce dernier subit les foudres de sa hiérarchie ; Minos est en fait Pierre Valdeck, un infirmier collègue d’Hélène Grammont et c’est précisément Hélène que Letellier est chargé de protéger suite à des menaces qu’elle a reçues !

Alors que Minos tue une nouvelle fois en étranglant Hélène dans les vestiaires de l’hôpital, il communique de nouveau avec Letellier…

Minos balance une grenade sur l’entrée d’un cinéma qui projette un film érotique avec Pamela Sweet, une actrice, puis Minos séquestre Pamela Sweet, sa fille, son mari et la nurse de sa fille…

Letellier fait appel à un hélicoptère du GIGN pour s’introduire chez Pamela Sweet par les airs, il piège Minos en mettant un message enregistré par radio, lui faisant croire qu’il se trouve en bas de la tour !

Mon avis :

Bon bah c’est pas compliqué : « Peur sur la ville » c’est une T-U-E-R-I-E !!!!!!

C’est sans doute le meilleur film de Jean-Paul Belmondo ou du moins son film préféré des cinéphiles avec « Un singe en hiver » !

Ça n’arrête jamais, une dynamique de malades où l’action ne faiblit JAMAIS, c’est mené à fond les gamelles, deux heures de raclée totale !

Les dialogues géniaux de Francis Veber et la musique hyper stressante d’Ennio Morricone donnent un piment de folie au film, qui comportent des tas de scènes culte (la poursuite dans le métro, le passage avec les mannequins à la Galerie Lafayette, le final de oufs avec l’hélico, tout est au TOP)…

Belmondo effectue toutes ses cascades lui-même et prend des risques énormes, Henri Verneuil filme avec génie et application son histoire, le personnage de Minos, le maniaque sexuel, fout vraiment les chocottes (et pas uniquement qu’au public féminin !), le coup de l’œil de verre, il fallait y penser et c’est ce gimmick qui va faire tout bousculer et faire résoudre à Letellier/Belmondo l’affaire !

Les seconds rôles sont formidables, Charles Denner en tête, mais aussi tous les éléments féminins du film ; Adalberto Marla Merli, l’acteur qui joue Minos est excellent, d’ailleurs on le retrouvera, trente ans plus tard dans « The card Player » de Dario Argento, dans un rôle totalement différent !

Et puis c’est une taule totale l’idée de l’actrice de X, Pamela Sweet, qui se fait séquestrer par ce malade de Minos, une pure chierie de la part d’Henri Verneuil, un kiff de fous ! et l’arrivée de Belmondo en filin avec l’hélico qui met une dérouillée à Minos et le met ENFIN hors d’état de nuire, c’est juste démentiel !

Rien à dire, tout est top nickel dans « Peur sur la ville » il n’y a rien à reprocher à ce film, qui se suit de façon linéaire et avec beaucoup de plaisir de cinéphile !

On peut le voir et le revoir des dizaines de fois, le bonheur est intact à chaque fois, rarement un film policier ne provoque autant de sensations, c’est énorme !

On peut même dire que « Peur sur la ville » fait penser, dans sa trame, à un giallo italien et les fans de ce genre font jubiler en le visionnant !

Un film comme on n’en fait plus de nos jours, un chef d’œuvre de A à Z, une pépite des années 70 à avoir visionné impérativement…

Si on devait retenir un seul film avec Jean-Paul Belmondo dans ceux qu’il a tournés dans les années 70, ce serait celui-ci !

Note : 20/20











 

dimanche 8 novembre 2020

Je suis une légende de Francis Lawrence, 2007

JE SUIS UNE LEGENDE

de Francis Lawrence

2007

Etats-Unis

avec Will Smith, Alice Braga, Willow Smith, Charlie Tahan, Salli Richardson Whitfield

Film fantastique

104 minutes

Budget : 150 000 000 dollars

Recettes au box-office américain : 256 386 000 dollars

Synopsis :

Etats-Unis, en 2009…

Une pandémie a infecté la terre, Robert Neville, un très grand scientifique, semble être le seul survivant, il avait créé un antidote qu’il s’était injecté mais celle-ci n’a pas fonctionné sur la population qui a soit décédé soit qui est devenue des sortes de mutants dangereux, qui sont terrés dans la ville et qui ne sortent que la nuit…

Robert Neville arpente la ville avec sa chienne et erre à la recherche de potentiels autres survivants…

Il se remémore par flash backs ses moments avec sa femme Zoe et sa fille Marley, appelée comme ceci en hommage à Bob Marley, Neville écoute souvent les morceaux de cet artiste…

Lors d’une attaque avec des mutants, la chienne de Robert Neville est tuée…

Robert se réveille après l’altercation et découvre Anna, une jeune femme et son fils ; ils sont d’autres survivants à la pandémie !

D’abord réticent, Neville accepte d’expliquer et de raconter son histoire à Anna, qui comprend parfaitement la situation…

Neville, revigoré, conduit Anna et son fils dans le laboratoire où il a identifié le virus et créé l’antidote…

Mais des centaines de mutants zombies l’ont suivi et Neville a bien du mal à se dépêtrer de ces créatures belliqueuses et avides de chair humaine !

Alors que les mutants brisent la glace de protection du laboratoire, Robert Neville, dans un sursaut d’héroïsme, fait passer Anna et son fils dans une trappe et dégoupille une grenade dans le laboratoire !

Anna et son fils parviendront à rejoindre une base militaire située à la périphérie de la ville et Neville deviendra un héros pour la nation toute entière !

Mon avis :

Adapté de la nouvelle de Richard Matheson, ce « Je suis une légende » version Will Smith en 2007 est un film sans aucune âme, tape à l’œil, frimeur et pas du tout dans la lignée des films de zombies connus à ce jour ;le film souffre d’un manque flagrant de consistance, c’est un « festival » Will Smith avec sa bagnole à fond la caisse et des effets d’esbroufe foireux ; même les « zombies « ressemblent à tout sauf à des zombies (mutants chauves en CGI hideux, pas besoin de se casser pour le maquillage, on imagine ce qu’aurait fait un Tom Savini s’il avait été employé pour ce film, c’est une cata !)…

On est hyper déçu et pourtant Francis Lawrence avait un boulevard devant lui et surtout 150 000 000 dollars de budget !

Au bout du premier quart d’heure, le film ne décolle plus, on s’ennuie vite et rien ne fera rebondir l’action, pataude et anémiée !

« Je suis une légende » est friqué à outrance mais l’argent mis à disposition est mal exploité, sauf pour les scènes de plans désertiques de la ville, c’est d’ailleurs ce qui a coûté le plus cher à la production !

Les zombies courent comme des dératés, un comble ! ils ne font pas du tout peur et sont illisibles, on a du mal à les identifier, ils sont filmés par masses, ce qui les rend encore plus indiscernables !

« Je suis une légende » n’est pas un film de cinéphiles mais du cinéma Macdo pour ados qui n’y connaissent rien en film de zombies !

C’est d’autant plus déplorable qu’à la base Will Smith n’est pas un mauvais acteur mais le réalisateur Francis Lawrence a voulu s’approprier le mythe de ce genre alors qu’il n’a sans doute jamais vu des films comme « Day of the dead » ou « Zombie », il se contente d’aligner les séquences sans la moindre application, aucune référence n’est faite à ses prédécesseurs, il aurait dû prendre l’exemple de Zack Snyder avec « L’armée des morts », on ne lui demandait pas la lune mais juste de faire triper le spectateur, ici c’est un zéro pointé !

Le film repose à 90 % sur le personnage de Neville, les mutants zombies sont relégués au second plan alors qu’ils auraient dû être mis beaucoup plus en avant !

On ne retient pas grand-chose de « Je suis une légende » sauf le fait d’avoir assisté à quelque chose de vide et sans la moindre âme…

On a qu’une envie, se refaire un bon vieux Fulci comme « L’enfer des zombies » et oublier ce que l’on vient de voir…

Quel dommage et surtout quel gâchis !

Ça n’a pas empêché le film d’être un succès en salles et en DVD, le public friand d’entertainment basique et schématique y a néanmoins trouvé son compte, tant mieux pour Will Smith et les producteurs et…tant pis pour les cinéphiles exigeants !

« Je suis une légende » est l’exemple de comment perçoivent les producteurs de machines à fric sans se soucier de la crédibilité d’un genre…

A oublier au plus vite !

Note : 3.5/10