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dimanche 20 janvier 2019

Le shérif est en prison de Mel Brooks, 1974


LE SHERIF EST EN PRISON
de Mel Brooks
1974
Etats-Unis
avec Gene Wilder, John Hillerman, Mel Brooks, Cleavon Little, Madeline Kahn, Harvey Korman
Western parodique
89 minutes
aka Blazing saddles
Budget : 2 600 000 dollars
Recettes au box-office américain: 119 000 000 dollars
Synopsis :
Ouest américain, ville de Rock Ridge, en 1874…
Les travaux pour une ligne de chemin de fer sont contrecarrés par des sables mouvants qui bloquent leurs avancées…
Le responsable, Hedley Lamarr, veut chasser les habitants de Rock Ridge afin de récupérer les terres, ne pouvant les exploiter ; pour se faire, il y envoie des malfaiteurs qui terrorisent les habitants…
Le gouverneur Le Petomane, devant tout ce capharnaüm, décide de nommer un nouveau shérif, Bart, de couleur noire ; pensant que du fait qu’il est noir, il sera tué dès son arrivée par les fermiers racistes !
Bart, arrivé à Rock Ridge, sympathise avec Jim, un homme alcoolique porté sur le whisky et un as de la gâchette connu sous le nom de Waco Kid, il est extrêmement rapide et dégaine plus vite que quiconque…
Jim/Waco Kid, va prêter main forte à Bart lors de combats afin que ce dernier asseye son autorité auprès de la population…
Lili Von Schlupp, une chanteuse allemande séduisante est missionnée par Hedley Lamarr pour séduire Bart, dans le but de le neutraliser ; Lamarr a reconnu en Bart un des forçats qui construisaient la ligne ferrée…
Le film finit en un gigantesque pugilat où les décors employés tombent tous et où les personnages sortent de l’endroit du tournage et se retrouvent dans les locaux de la Warner !
Mon avis :
Mel Brooks est un réalisateur génial, il parvient à se faire plaisir par le rire et à faire plaisir au spectateur de la même façon, ici il parodie le western classique mais avec une grande intelligence de traitement sur un sujet assez difficile, le racisme…
Mel Brooks choisit la dérision et son « Shérif est en prison » est un florilège, un déluge, un festival de gags, de répliques désopilantes, le tout dans une bonne humeur extrêmement communicative !
On suit le film avec un grand plaisir, on savoure cette comédie avec délectation et, dans l’ensemble, grâce au dynamisme et l’entrain des séquences on ne s’ennuie jamais…
Le style « Mel Brooks » est porté ici à son firmament, les acteurs et actrices sont tous très bien dirigés et l’humour déployé donne droit à des passages carrément hilarants (le passage des pets avec le repas d’haricots au feu de camp, le cheval qui se fait assommer d’un coup de poing, les sables mouvants au début), Mel Brooks s’emploie à nous faire rire pendant une heure et demie et tout fonctionne !
Il rajoute des passages chantés qui fédèrent encore plus son propos initial et cela regaillardit le film, permettant ainsi de garder un rythme soutenu (aucun temps mort n’est à déplorer)…
Les dix dernières minutes, tout part en live !  « Sortez-moi de ce film », les décors qui se cassent la figure, Bart et Waco Kid qui foncent au cinéma pour voir un autre film, Mel Brooks tape fort dans un comique délirant, il est le seul à l’époque à déployer des trouvailles et une imagination pareille au cinéma, son film est simplement UNIQUE en son genre !
On rigole de bon cœur, « Le shérif est en prison » est un film politiquement incorrect et jubilatoire, bourré d’idées qui font mouche et qui obtint instantanément le rang de film culte…
Avec « Frankenstein Junior », « Le shérif est en prison » est sans doute le film le plus connu de Mel Brooks, c’est aussi l’un des plus drôles !
Le côté décalé fit école et sera repris par nombre de comiques bien plus tard (on pense aux Nuls, aux Monty Python et aussi aux films de Abrahams/Zucker/Abrahams), Mel Brooks invente un style, SON style et réinvente totalement le cinéma comique !
Comique de situations, comique gestuel, comique sémantique, tout y est pour déclencher les zygomatiques du spectateur, Mel Brooks est un GENIE…
La sympathie la plus totale est déployée dans « Le shérif est en prison » et le cinéphile aurait tort de se priver d’un spectacle pareil et d’un niveau très haut, atteignant des sommets dans la comédie…
« Le shérif est en prison » est un must du comique moderne et chacun de ses visionnages nous remonte le moral, c’est un film anti-sinistrose, simple dans son histoire de fond mais très appliqué dans sa forme et dans ses effets comiques…
Génial, un film à voir absolument, impossible de ne pas être sensible à la folie Mel Brooks !
Note : 9/10












La passion du Christ de Mel Gibson, 2004


LA PASSION DU CHRIST
de Mel Gibson
2004
Etats-Unis
avec  Jim Caviezel, Monica Bellucci, Maia Morgenstern, Hristo Chopov, Rosalinda Celentano
Fresque historique
127 minutes
Budget : 30 000 000 dollars
Recettes mondiales : 370 000 000 dollars
Synopsis :
Il y a plus de vingt siècles avant notre ère, la vie de Jésus de Nazareth racontée sur ses douze dernières heures…
Jésus accomplit des miracles sur le mont des Oliviers, il se proclame comme un prophète, ce qui crée des tensions autour de lui ; certains le considèrent comme blasphémateur…
Tout le monde se dresse contre lui mais deux femmes, Marie Madeleine et la Madone, tenteront de le sauver, en vain…
Ponce Pilate, le préfet romain basé au Consulat, va questionner Jésus, pour tirer cette affaire au clair, mais Jésus, au visage tuméfié et ayant reçu des dizaines de coups, a du mal à trouver la force pour s’exprimer…
S’ensuit un long martyr où Jésus est flagellé de façon atroce par des gardes sadiques et sans pitié…
Jésus sera crucifié avant de perdre la vie, il revoit par flashs certains moments de son existence…
Le film se clôt par sa résurrection !
Mon avis :
Depuis son plus jeune âge, Mel Gibson était fasciné par la religion et le mythe de Jésus Christ, il a dû attendre plus d’une dizaine d’années pour mettre en chantier « La passion du Christ » et convaincre des producteurs de financer son film, « La passion du Christ » lui brillait dans le ventre et c’est SON film, inhérent à lui, il y a mis son cœur et ses tripes et le résultat final est saisissant et spectaculaire !
Outre une gigantesque polémique, ce film fut un immense succès et on peut dire que Mel Gibson, avec un sujet très délicat, s’en est sorti de façon virtuose et prodigieuse !
Monumental à tous points de vues, « La passion du Christ » est un film extrêmement dur et violent (surtout la scène de la flagellation), mais il convient vraiment de l’avoir vu, c’est l’un des films les plus importants de ces vingt dernières années et on peut le placer parmi les cent films les plus grands de l’histoire du cinéma…
La « passion » est en fait la « souffrance », du latin « pathos », et Mel Gibson opte pour un aspect très réaliste, le film a été tourné dans les studios de Cinecitta en Italie et Gibson s’est appliqué plus que jamais pour les décors, la direction des acteurs est inouïe (on retrouve Monica Bellucci, méconnaissable) et surtout la performance de Jim Caviezel dans le rôle de Jésus de Nazareth est énormissime ; ce rôle est donné par sa difficulté à très peu d’acteurs et Caviezel donne une crédibilité, une force, une forme au personnage biblique que nul autre comédien n’aurait réussi à faire valoir, il se place de façon naturelle dans la peau de Jésus et, dès lors, le spectateur adhère tout de suite au fait que cela soit lui qui endosse le rôle…
Le passage de la torture au fouet, puis aux lanières piquetées, est effectivement effroyable et certains n’ont pu le supporter en voyant le film en salles ; OUI effectivement cette scène est atroce et horrible de cruauté, Mel Gibson a pris le parti d’un réalisme, c’est certain, mais il ne faut pas se polariser uniquement sur cette séquence mais appréhender le film dans sa totale globalité…
« La passion du Christ » est une leçon de cinéma, un chef d’œuvre incommensurable, et c’est d’autant plus sidérant que le talent déployé par Mel Gibson (à la base, l’acteur que l’on sait) est finalement à la hauteur de l’ambition pour un tel film avec un tel sujet…
Encore une fois, ne partons pas avec l’à- priori de la scène de flagellation, elle est redoutable c’est vrai mais voyons le film de façon ouverte, c’est miraculeux, des films de cet acabit, on y a droit une fois toutes les décennies !
« La passion du Christ » reste une œuvre-phare du cinéma moderne et il faut y voir le témoignage et la retranscription d’un passionné (ici, Mel Gibson) qui a voulu montrer une vision réaliste, crue et sans ambages d’une partie de l’histoire de la religion…
On en sort collapsés, « La passion du Christ » est une méga claque !
Mel Gibson a eu raison d’aller au bout de sa volonté et le résultat est fabuleux…
Un film qui restera dans l’histoire du cinéma des années deux mille, imparable et exceptionnel !
Note : 10/10











vendredi 11 janvier 2019

Sans sommation de Bruno Gantillon, 1973


SANS SOMMATION
de Bruno Gantillon
1973
France/Italie
avec Mario Adorf, Bruno Cremer, Anny Duperey, Maurice Ronet
Polar
98 minutes
Cascades de Rémy Julienne
DVD édité chez Seven Sept
Synopsis :
France, banlieue parisienne, Seine et Marne, au début des années soixante-dix…
Pierre Capra, un ex parachutiste passé du mauvais côté de la loi, est un dangereux gangster qui est recherché par toutes les polices, personne n’arrive à l’appréhender et nul ne sait où se trouve sa planque (le gangster vit dans un manoir isolé)…
Un homme du nom de Kieffer fut compagnon d’armes de Capra lors d’une guerre en Angola mais Capra n’a jamais vu formellement Kieffer, il a beaucoup entendu parler de lui mais ne connaît pas son visage…
Donetti, un homme très costaud, est l’allié de Capra, lors d’une soirée, les deux hommes s’évadent in extremis de la maison dans laquelle ils se trouvaient, pensant être repérés par la police, ils sont persuadés d’avoir été balancés par un indicateur…
Donetti croit reconnaître Kieffer en la personne de Raoul Maury, un inspecteur mis au rebut car il connaît des informations compromettantes sur un député, Maury est effectivement un flic et il saute sur l’occasion pour intégrer la bande par le biais de Donetti ; sa hiérarchie le missionne pour supprimer Pierre Capra sans que l’opinion le sache…
Maury se rend donc au rendez- vous avec Donetti après avoir discuté avec lui dans un bar…
Jouant gros, Maury est pris dans l’engrenage, il ne peut plus reculer…
Mon avis :
Avec « Sans sommation » on est en plein dans le polar à touche politique propre aux années soixante-dix et le film est un régal !
Coproduction italo franco allemande, on y trouve des comédiens italiens dont Mario Adorf, très bon acteur qui tient en fait le rôle principal du film ; Cremer, Ronet et la belle Anny Duperey sont impeccables, le film est teinté d’une atmosphère particulière et c’est un bonheur de retrouver ce charme inhérent aux années soixante-dix avec ses décors, ses modes de vie (tout le monde fume), mais Bruno Gantillon (qui a seulement trois films à son actif) n’oublie pas de doter son métrage de scènes d’actions toutes très bien mises en scène (une cascade effectuée par Remy Julienne, une poursuite en hélicoptère, des explosions millimétrées), bref on a la tous les ingrédients pour passer un bon moment…
Gantillon insiste sur le côté véreux des hommes politiques et la scène du restaurant avec le député qui se tape une demie langouste montre bien la véracité du pouvoir et l’insistance à supprimer tous ceux qui connaissent des informations compromettantes pouvant nuire, on est un peu dans du cinéma à la Henri Verneuil, certes moins ambitieux mais cependant digne du plus grand intérêt…
Au rythme soutenu avec parfois des scènes intimistes (le couple Maury qui vacille à cause de l’alcoolisme de Raoul), des passages insolites (les reptiles dans le salon de Capra) et un réel suspense (lorsque Maury prévient la police de l’endroit où il se trouve et manque d’être repéré par Donetti), « Sans sommation » est un polar méconnu qui pourtant mérite toute l’attention des cinéphiles, l’histoire, tout comme le scénario, est très méthodique, le découpage des plans tient bien la route et il y a une grande recherche dans la technique de filmage (pléthore de séquences avec des miroirs, des plans avec caméra sur l’épaule lors des poursuites), bref c’est du très bon travail !
Le DVD sorti chez Seven sept en 2004 se trouve assez facilement et pour pas très cher, il n’y a aucun bonus mais l’image est nette et plein cadre et on savoure le film comme il se doit, dans d’excellentes conditions…
Si vous êtes fans des films policiers français des années soixante-dix, ruez- vous sur « Sans sommation » c’est exactement le film qui vous plaira !
Note : 8/10









lundi 7 janvier 2019

Justice League de Zack Snyder, 2017


JUSTICE LEAGUE
De Zack Snyder
2017
Etats-Unis
Avec Ben Affleck, Gal Gadot, Jeremy Irons, Diane Lane, Jason Momoa, Ezra Miller, Henry Cavill, Ray Fisher
Film de super héros
120 minutes
Produit par Christopher Nolan
Musique de Danny Elfman
Budget : 300 000 000 dollars
Box office mondial : 657 924 295 dollars
Synopsis :
Gotham city, Batman prend parti avec Wonder Woman suite au décès de Superman, la belle héroïne, tout comme Batman, combat des malfrats et fait régner la justice…
A eux se greffent Flash, Cyborg et Aquaman, ils forment une bande indestructible qui doit combattre les Paradémons, selon une prophétie de Lex Luthor…
Cyborg est un ancien footballeur qui, suite à un grave accident, s’est fait poser une partie cybernétique sur un côté de son corps…
Flash est un geek qui est très rapide, Aquaman vient des Atlantes, un peuple marin…
Wonder Woman, considérée comme la reine des Amazones, continue d’entrainer les autres guerrières à combattre, elle se nomme Diana Prince dans le civil, elle parvient à sauver les victimes d’une prise d’otages et neutralise tous les agresseurs dans un combat dantesque !
Batman avec l’aide de Flash et de Wonder Woman, parvient à ressusciter Superman en intégrant de la kryptonite dans son enveloppe charnelle, directement en l’exhumant de sa tombe !
Voici donc l’équipe totalement au complet pour affronter le Steppenwolf, leur ennemi, un gigantesque monstre qui veut s’approprier les trois boites mères pour régner sur l’univers…
Avec l’aide de Wonder Woman, Superman et Batman, Flash, Cyborg et Aquaman, les nouveaux alliés de la Justice League vont mener un combat sans merci contre les Paradémons, qui sont commandités par Steppenwolf, afin de sauver l’humanité, chacun apportant sa touche de super pouvoirs !
Mon avis :
Ah bah voilà ! enfin un vrai film de super héros qui fait bien plaisir à voir après le pachydermique « Batman VS Superman, l’aube de la justice », ici c’est tout l’inverse, le film ne met pas trois plombes à démarrer on est dans l’action tout de suite, on voit beaucoup plus Wonder Woman et l’action ne faiblit jamais…
De plus le film ne dure qu’une heure cinquante minutes (avec le générique final), les décors numériques sont sublimes (mention très bien aux scènes sous l’eau), certes il ne s’agit que de numérique mais tout est hyper bien réalisé !
Zack Snyder n’est pas prétentieux et a bien su s’adapter au public, ainsi il rend très accessible ce « Justice League » qui ravira tous les publics, aussi bien les grands que les petits…
On a un vrai côté fédérateur et d’union dans le film et chaque personnage est complémentaire de l’autre, du coup il n’y a pas de favoritisme dans les protagonistes, chacun est à sa place, tout est calibré pour mettre tout le monde en valeur et le film fonctionne à cent pour cent !
Les trois boites mères sont l’enjeu de cet opus et « Justice League » se dote d’un méchant très costaud, le Steppenwolf, qui va donner du fil à retordre à nos amis…
Les scènes de combats sont épiques, bourrées de ralentis et d’effets paraboliques mais cela ne gêne en rien le plaisir que l’on éprouve au visionnage…
Impeccablement réussi, « Justice league » se savoure du début à la fin et s’avère très digeste, ça fait un bien fou de voir enfin un blockbuster aussi enjoué et simple d’accès, tous les côtés « lourds » de « Batman VS Superman, l’aube de la justice » ont été gommés et Snyder n’a gardé que le meilleur, la génèse pour produire un bon film et nous communiquer son talent et son sens de la narration…
C’était aussi simple que ça et il était temps qu’il se reprenne, là, il a commis un sans faute, le plaisir est au rendez-vous et on savoure sans être décontenancé ce « Justice league », Snyder a donc un potentiel énorme et reste un cinéaste extrêmement intéressant, il le prouve une nouvelle fois avec ce « Justice league »…
Un film de super héros qui fera date dans l’histoire du cinéma, à visionner absolument !
Note : 9/10












vendredi 4 janvier 2019

Necrologies, collectif, 2018


NECROLOGIES
Collectif
2018
France
Réalisé par Alexis Wawerka, Fabien Chombard, François Message, Guillaume Defare et Nathalie Epoque
avec Jean Claude Dreyfus, Alexis Wawerka, Fabrice Colson, Linnea Quigley, Sophie Jarmouni, Francesco Porcelli, David Faure
Film à sketchs fantastique
75 minutes
aka Obituaries
Synopsis :
Une ville de France, un soir, dans un cimetière…
Ludovic Couchard, un bloggeur, prend des selfies sur les tombes qui jonchent le cimetière ; un vieil homme l’alpague, c’est le gardien du cimetière !
Il l’emmène dans son bâtiment et menace de prévenir la police ; Ludovic lui explique alors la raison de sa venue : faire des photos pour les mettre sur son blog…
L’homme va lui raconter des histoires, chacune en rapport avec une des tombes qu’il garde au cimetière…
Mon avis :
Et bien ce « Necrologies » est un film très réjouissant qui imbrique cinq segments les uns après les autres de façon très ordonnée et nul doute que les cinéphiles amateurs de films fantastiques seront ravis !
Il y a beaucoup d’hommages à commencer par le premier sketch qui rappelle le segment du « Téléphone » dans « Les trois visages de la peur » de Mario Bava, d’ailleurs la réalisatrice Nathalie Epoque s’est appliquée dans les couleurs bleutées de la photographie qui rappellent énormément le Maestro ; l’histoire, quant à elle, tient bien en haleine et l’actrice joue de façon juste, sans hystérie et avec une grande mesure…
La partie réalisée par Fabien Chombard est la meilleure du film avec cette forêt et cette créature traquée par des chasseurs (clin d’œil à Fabrice ! ) et le pauvre automobiliste qui se retrouve embringué dans un cauchemar, excellent découpage des plans et tension palpable, bravo c’est vraiment du bon boulot !
La saynète la plus faible est cet incompréhensible délire avec les « Hommes lézards » où le spectateur a bien du mal à retrouver ses petits ; cette histoire de secte et de cérémonie est victime de ses délires et le côté iconoclaste fonctionne  mal, c’est dommage !
« Une affaire d’enfer » réalisé par Alexis Wawerka est très réussi, un hommage appuyé à « Gremlins » et au rat-singe de « Braindead » avec la bestiole, une réalisation inventive et imaginative, un timing impeccable et une direction d’acteurs nickel en font le must de « Necrologies » devant tous les autres…
L’apparition de Linnea Quigley donne une plus-value au segment et on mesure les efforts accomplis par Alexis ainsi que tous les progrès effectués depuis ses débuts, cette partie de « Necrologies » contentera tous les passionnés, même les plus exigeants…
Le dernier segment est plus posé avec cette jeune femme qui expose ses dessins, la saynète vire vers le gothique et l’ensemble tient plutôt bien la route, jusqu’à l’épilogue assez gore…
Puis nous avons le plaisir de retrouver Ludovic/Alexis et le gardien du cimetière (impeccable Jean-Claude Dreyfus) pour une ultime révélation…
« Necrologies » est une œuvre sincère, très respectueuse de son public de passionnés et ceux-ci y trouveront aisément leur compte ; on ne s’ennuie pas, la qualité de la réalisation, l’application de toute l’équipe font que le film est fort sympathique et jamais prétentieux…
« Necrologies » est accessible à un public d’ados mais aussi à une partie des cinéphiles les plus exigeants en matière de bestiaire du film fantastique…
« Necrologies » est donc un film à encourager fortement et sans réserves, on passe un très agréable moment en le visionnant et c’est dejà pas si mal !
L’exemple de ce que devrait être le cinéma fantastique moderne français, à ne pas louper !
Note : 8/10













dimanche 30 décembre 2018

L'implacable ninja de Menahem Golan, 1981


L’IMPLACABLE NINJA
de Menahem Golan
1981
Etats-Unis
avec Franco Nero, Sho Kosugi, Susan George, Christopher George, Alex Courtney
101 minutes
Action/ film de ninjas
aka Enter the ninja
Blu ray édité chez ESC éditions
Produit par la Cannon films
Synopsis :
Philippines, au début des années quatre-vingts…
Cole, un ancien vétéran de la guerre en Angola, a effectué un stage de Ninjatsu au Japon et a été promu Ninja après de multiples épreuves de combats qui s’avéraient très dures ; lors de la promulgation de Cole, un Ninja japonais quitte la table, refusant d’admettre qu’un blanc européen puisse être désigné au rang de Ninja…
Arrivé aux Philippines, Cole retrouve Frank Landers, son fidèle et meilleur ami qui fut vétéran, lui-aussi en Angola ; ce dernier tient une ferme importante avec Mary Ann Landers, sa femme, le couple emploie des dizaines d’ouvriers philippins et vit de manière aisée…
Charles Venarius, un promoteur immobilier sans scrupules, n’arrête pas de harceler les Landers et envoie deux de ses sbires pour agresser voire tuer des ouvriers du personnel des Landers ; Venarius veut à tout prix récupérer les terres appartenant à Frank et Mary Ann, du pétrôle serait enfoui sous ces terres et Venarius veut absolument en être propriétaire…
Mais depuis que Cole, Ninja de son état, est arrivé les choses ne se passent pas du tout comme prévu pour Venarius et Cole met raclée sur raclée à ses hommes…
Venarius recrute des guerriers par dizaines, mais rien n’y fait, Cole est imbattable et met des roustes à tous les combattants, il semble invincible et contrecarre complètement les plans de Venarius !
C’est alors que Venarius fait appel au ninja Hasegawa, celui-ci devrait anéantir Cole…
Lorsque Frank est tué et Mary Ann kidnappée, Cole devient furieux !
Un duel final doit avoir lieu avec comme double mission pour Cole de sauver Mary Ann et de tuer Hasegawa lors d’un ultime combat sur un ring, dans un entrepôt désaffecté…
Mon avis :
« Enter the ninja » (« L’implacable ninja » dans l’hexagone) démarre plutôt pas mal lors des scènes au Japon mais très vite le film s’emmêle les pinceaux avec une intrigue qui ne tient pas la route ; on dénombre des tonnes d’incohérences, d’abord l’absence totale de la police (des dizaines d’ouvriers philippins sont tués sans que les forces de l’ordre n’interviennent), on ne connaît pas bien les motivations de Venarius, on pense que c’est parce que les terres renferment du pétrole mais rien ne l’indique clairement dans le film ; seules les bagarres sont sympas et le comble (on l’apprend dans les bonus du blu ray) c’est que Franco Nero s’est fait doubler, il n’y connaît rien en arts martiaux, du coup et heureusement le spectateur n’y voit que du feu grâce à un montage rapide et carré, mais c’est tout de même abusé !
Menahem Golan veut faire un film qui rapporte un maximum d’argent, du coup il ne s’embarrasse pas trop d’un scénario plausible, privilégiant les scènes prétextes à des combats, au détriment de la crédibilité du film (on est morts de rire en voyant Christopher George -le journaliste du « Frayeurs » de Lucio Fulci- en djellabah, il est autant crédible en méchant industriel que Louis de Funès en Inspecteur Harry !)…
La pauvre Susan George, en blonde de service, a bien du mal à se dépétrer dans son rôle de super quiche (sa liaison avec Franco Nero est nulle et non avenue et humiliante pour Frank qui avoue avoir des problèmes d’érection –sic !- lors d’une énième biture prise dans un bar avec Cole)…
Bref, « Enter the ninja » c’est du cinéma au ras des pâquerettes avec le personnage du méchant à la main au crochet, il fait autant peur qu’un Ewok, et les débilités vont bon train, cassant complètement le rythme du film et ce, à maintes reprises…
ESC ne s’est carrément pas foulé pour les bonus du blu ray puisqu’il y en a un qui dure à peine quarante secondes, le court métrage marrant « Ninja Eliminator 4 » et la présentation du film qui, elle, est très sympathique et bien réalisé…
En gros, « L’implacable ninja » est un film qui ne remplit pas son contrat et qui ne tient pas ses promesses, on sent bien qu’il a été tourné à l’arrache et que la qualité ne souciait pas trop Menahem Golan, cependant, le film fut un gros succès aux Etats-Unis…
Dans le genre film de ninjas, on trouve aisément des films plus jubilatoires et plus funs comme « Ninja 3 » (qui figure dans le coffret ESC), le problème avec « L’implacable ninja » c’est que le film n’a aucun second degré et se prend beaucoup trop au sérieux, il aurait fallu plus de lâchage, plus de décomplexité, cela aurait bonifié le film et le spectateur se serait un peu plus marré, car là on est à la limite du sinistre...
« Enter the ninja » se visionne d’un trait et s’oublie aussi vite…
Un film mineur dans le genre et heureusement son succès boosta la Cannon films qui put, bien après, nous sortir et produire de nombreuses perles, celui-ci était une esquisse, une ébauche de ce que la Cannon allait nous donner plus tard, il faut bien un commencement à tout…
Note : 6/10











Les rendez-vous de Satan de Giuliano Carnimeo, 1972


LES RENDEZ VOUS DE SATAN
de Giuliano Carnimeo
1972
Italie
avec Edwige Fenech, George Hilton, Paola Quattrini, Giampiero Albertini, Annabella Incontrera
Giallo
94 minutes
Musique de Bruno Nicolai
Scenario d’Ernesto Gastaldi
Blu ray édité chez Le Chat qui fume
aka Perche quelle strane gocce di sangue sul corpo di Jennifer ?
Synopsis :
Ville de Gênes, Italie, au début des années soixante- dix…
Une jeune femme compose un numéro dans une cabine téléphonique, elle doit se rendre à un rendez-vous dans une tour d’habitation, alors qu’elle prend l’ascenseur, lorsque celui-ci se vide à un des derniers étages de la tour, un mystérieux individu restée avec elle, la poignarde avec un bistouri et prend la fuite ; lorsque les portes de l’ascenseur se rouvrent, les voisins découvrent, apeurés, le corps inerte de la jeune femme…
Le commissaire Enci est chargé de l’enquête et doit coincer l’assassin…
Jennifer Lansbury, un top modèle au corps superbe, effectue des séances de photo ; elle sympathise avec Andrea Barto, un play boy, et se joint à Jennifer la belle Marilyn Ricci lors de clichés pour une firme publicitaire, le photographe gay explique à Andrea que le sexe parvient à tout faire vendre lors d’une campagne publicitaire…
Andrea est très riche, il est propriétaire des appartements de la fameuse tour où a lieu le premier meurtre, il propose à Jennifer et Marilyn de les loger à titre onéreux si ces dernières acceptent le deal du contrat publicitaire, ces dernières acceptent…,
Dans un night- club, un mannequin, Sheila Hendricks, effectue une danse avec des hommes pris dans le public, peu de temps après, elle est retrouvée assassinée avec le même modus operandi que la première victime de l’ascenseur !
Le commissaire Enci demande au propriétaire de la boite de nuit de lui fournir les noms et adresses de tous les clients présents le soir de la danse de Sheila Hendricks, afin de coincer le meurtrier…
Andrea devient le suspect numéro un dans l’enquête et de multiples autres meurtres vont avoir lieu !
Jennifer, se pressentant comme future victime potentielle, décide de mener l’enquête en sous-marin, en surveillant les voisins ; il y a une lesbienne, un vieil homme qui joue du violon tard le soir et une vieille dame veuve qui se montre irascible…
Qui avait donc appelé la première femme tuée ?
Et si Andrea n’y était pour rien ?
Mon avis :
« Les rendez-vous de Satan » est sans nul doute le meilleur giallo jamais réalisé, c’est l’unique incursion de Giuliano Carnimeo dans ce genre et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il a atteint le sommet avec ce film !
Tout y est impeccable, les cadrages, la mise en scène, la musique, les acteurs et actrices, je ne trouve rien à redire sur ce film, sinon qu’il culmine au-dessus de tous les autres et fut pillé plus tard par d’autres réalisateurs (De Palma pour « Dressed to kill » pour la scène de l’ascenseur, Argento pour le meurtre urbain, quant à Bruno Forzani et Hélène Cattet ils ont fait un copier/coller de ce film pour leur « Etrange couleur des larmes de ton corps », leur œuvre, même si intéressante, reprend quasiment tous les thèmes et les plans de « Les rendez vous de Satan »)…
Ce film est donc absolument prodigieux et Edwige Fenech tient ici le rôle de sa carrière, on se fait balader dans toutes les directions possibles jusqu’à ce que nous aboutissions à l’identité du meurtrier et les fausses pistes, les faux fuyants sont pléthore, Carnimeo dote son scénario d’idées imparables et nous floue complètement, les dix dernières meurtres nous hérissent le poil, un peu comme le final des « Frissons de l’angoisse » d’Argento, sauf que « Pourquoi ces gouttes de sang sur le corps de Jennifer ? » a été tourné bien avant « Profondo rosso » !
C’est la volée totale et les scènes oniriques teintent le film de la plus grande originalité (un peu comme le fit Fulci avec son « Venin de la peur »), les iris semblent symboliser la fécondité et sont jetés sur le corps dénudé de Jennifer lors de séquences fantasmatiques, la beauté absolue d’Edwige Fenech en fait le personnage central du film et tout bascule lorsqu’elle décide de mener elle-même l’enquête !
L’architecture des bâtiments, les scènes nocturnes, les passages de meurtres, la dépravation féminine et tous les seconds rôles sont autant d’éléments qui rendent le film fascinant !
Carnimeo bouscule le genre et le réinvente en même temps (les gants en cuir ne sont plus noirs mais de couleur moutarde, les meurtres sont hyper stylisés ! –la scène du pull rappelle texto celle du meurtre de la lesbienne dans « Ténèbres »), c’est dire si « Les rendez –vous de Satan » a pu et dû influencer tous les cinéastes italiens réalisateurs de gialli ou de thrillers…
« Les rendez-vous de Satan » se situe au haut niveau des gialli, si on ne devait en retenir qu’une poignée, celui-ci figurerait dans le top 5 et il est impératif pour tout cinéphile fan de ce genre de l’avoir visionné…
L’éditeur « Le Chat qui fume » nous gratifie d’une sublime édition et les bonus sont conséquents avec le fantastique Francis Barbier de devildead.com qui décortique absolument tout du film et il pousse très loin son analyse sur la toute fin du film (très énigmatique !) allant jusqu’à imaginer les tenants et aboutissants possibles de cet épilogue, du superbe travail !
« Les rendez-vous de Satan » (préférons le titre traduit « Pourquoi ces gouttes de sang sur le corps de Jennifer ? ») est un monument du cinéma de genre italien qu’il faut absolument avoir vu, il contient toutes les bases du giallo contemporain et s’impose comme œuvre archétype du genre, un film miraculeux et à savourer sans la moindre modération, pilier et date à marquer d’une pierre blanche pour le genre du giallo, beaucoup ont imité ce film, aucun n’a pu faire mieux !
Note : 10/10