Open Watching

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dimanche 26 juin 2016

White house down de Roland Emmerich, 2013

WHITE HOUSE DOWN
de Roland Emmerich
2013
Etats Unis
Avec Channing Tatum, Jamie Foxx, Joey King, Maggie Gyllenhaal, James Woods, Garcelle Beauvais, Richard Jenkins, Jason Clarke
Action
131 minutes
Budget : 150 000 000 dollars
Synopsis :
Washington, au sein de la Maison Blanche, 2013…
John Cale est un postulant sur un haut grade à la Maison blanche, il souhaite devenir agent spécial chargé de la sécurité du président James Sawyer ; sa fille, Emily, l’accompagne pour un entretien d’embauche dans le prestigieux bâtiment…
Carol Finnerty, une des responsables, accompagne Sawyer dans ses déplacements et Martin Walker, un éminent bras droit du président, fête sa retraite ce jour- là…
Un employé des services ménagers est appréhendé alors qu’il laisse son matériel entreposé dans un hall de façon curieuse…
Une bombe explose détruisant le dôme de la maison blanche !
Une vingtaine de terroristes prend possession des lieux et commet un vrai carnage…
John se trouve parmi les otages et sa fille partie aux toilettes se retrouve seule !
Cale va retrouver le président Sawyer encore en vie, une course contre la montre s’amorce, John devant garder le président en sécurité et affronter les terroristes pour sauver sa fille, entre leurs mains !
Mon avis :
Habitué des films populaires à très haut budget, Emmerich est un cinéaste souvent dénigré eu égard à son patriotisme exacerbé et son propos cinématographique souvent fin comme un kilo de gros sel, ici il s’attaque à l’actioner burné, toujours avec ce côté pro américain fort poussé, mais il faut reconnaître que l’efficacité prime avant tout et que « White house down » est un film sincère et ultra sympathique…
Emmerich se dote toujours des mêmes codifications qui ont fait son succès et sa marque de fabrique, les acteurs sont impliqués facilement dans l’intrigue, la tension est omniprésente et le postulat se suit avec un grand plaisir…
Gâché par un parler « djeunz » à gerber où même les politiques s’y mettent, « White house down » perd sa crédibilité par sa sémantique, ceci étant, si on passe outre de ce défaut, on peut aisément se laisser porter par une histoire héritière de la série « 24 » et progéniture de blockbusters comme les « Die Hard », dans la même frange scénaristique et ne s’embarrassant pas de la moindre psychologie de personnages (Channing Tatum expressif comme un veau, la gamine à claquer, seul James Woods, illustre acteur, porte son personnage à bout de bras !)…
Ça barde sec avec moult explosions, poursuites et cascades et Emmerich a mis le paquet en scènes spectaculaires, multipliant les combats épiques et les morceaux de bravoure ; bien sur tout est bien qui finit bien dans un métrage convenu et bourré de poncifs, mais les plus tolérants des spectateurs « bon public » apprécieront le spectacle !
Bref, du gros, du lourd, du cinoche de commande qui ne laisse pas un souvenir impérissable mais qui a le mérite de bien détendre et de faire déconnecter de la réalité pendant plus de deux heures, ce qui est déjà pas si mal !
Dépourvu de la moindre recherche filmique et de la quelconque intelligence, « White house down » est du cinoche Mac do, qu’on consomme vite et sur le pouce, de temps en temps il faut s’y laisser prendre, tant que ce n’est pas en permanence…
Un film adressé avant tout au jeune public ado…

Note : 8/10





samedi 25 juin 2016

Les 8 salopards de Quentin Tarantino, 2015

LES HUIT SALOPARDS
de Quentin Tarantino
2015
Etats-Unis
Avec Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh, Channing Tatum, Walton Goggins, James Parks, Dana Gourrier, Demian Bichir, Tim Roth, Michael Madsen, Bruce Dern
Western atmosphérique
Aka The hateful eight
Musique d’Ennio Morricone
167 minutes
Produit par la Weinstein Company
Budget : 54 000 000 dollars
Recettes mondiales : environ 156 000 000 dollars
Oscar 2016 de la meilleure musique de film
Edité en blu ray chez M6 vidéo
Synopsis :
ATTENTION SPOILERS IL EST IMPERATIF D’AVOIR VU LE FILM POUR LIRE CE QUI SUIT
Etats unis, Wyoming et Colorado, quelques années après la guerre de Sécession, dans un endroit montagneux et enneigé, isolé et en plein blizzard…
Le major Marquis Warren, un homme noir, est accueilli en route dans la diligence où se trouvent Daisy Domergue et John Ruth, un chasseur de primes, Ruth « teste » Warren et l’abreuve de questions, l’ayant neutralisé au préalable en le forçant à se débarrasser de ses colts ; Daisy doit être pendue et sa capture rapportera 10 000 dollars à Ruth…
La ville de destination est Red Rock…
Alors que Warren dévoile une lettre qu’il a reçu de la part du président Abraham Lincoln, Daisy crache dessus, énervé, Warren la frappe au visage et cette dernière entraine Ruth dans sa chute de la diligence…
Un troisième homme, Chris Mannix, en passe d’être promu shériff de Red Rock, fait son apparition et les trois hommes (toujours avec Daisy) se réfugient dans la taverne relais de diligence de Minnie Mink, ils y trouvent Oswaldo Mobray, un bourreau, le général Sanford Smithers, un vieil homme avachi dans son fauteuil Chesterfield et Joe Gage, un conducteur de troupeaux…
Une atmosphère louche et glaciale imprègne le lieu…
Jody, le frère de Daisy, a élaboré un plan machiavélique pour tenter de faire libérer sa sœur et ce que Warren, John Ruth et Mannix ignorent, c’est qu’ils sont tombés dans un guet-apens et que tous les hommes présents dans le relais sont des complices de Jody !
Mon avis :
Avec « Les huit salopards » Tarantino signe simplement son meilleur film…
Tous les codes scénaristiques tarantinesques sont ici déclinés, décuplés et bonifiés pour qu’au final, le spectateur assiste à quasiment trois heures de pur bonheur ! « Les huit salopards » est l’héritier, dans la rigueur de l’histoire, de « Pulp fiction » et Tarantino réalise ici une trame proche de son film qui eut la palme d’or en 1994, du moins dans le découpage des plans et dans ces flashbacks qui interviennent aux deux tiers du film…
C’est cette inventivité qui fait toute la différence et Tarantino s’applique comme personne pour faire se « recoller les morceaux » et ainsi nous bluffer complètement, tout est lié, aussi bien le comportement des personnages que le « timing » de la continuité des scènes…
Le fond du film est atmosphérique et envoutant, la forme est parfois cocasse (les dizaines de fois où l’on ferme la porte avec les morceaux de bois et les clous) pour de grands moments de cinéma, quant au jeu des acteurs, encore une fois chez Tarantino, il est savoureux même si ce dernier ne peut s’empêcher de faire un clin d’œil graveleux et libidineux (avec la scène de la fellation en pleine neige, à l’instar de la sodomie de Marcellus Wallace dans « Pulp fiction » avec la « crampe »)…
Bourré de clins d’œil cinéphiliques à ses précédents films, « Les huit salopards », c’est du grand Tarantino  avec en plus- value un « humour » déjanté qui se met en phase avec celui qui visionne le film lorsqu’il le prend au second degré…
Vraiment il y a tout dans ce film, de l’insolite de situations, des dialogues maitrisés de façon imparable, un jeu d’acteurs dantesque (et oui il faut tenir une heure et demie en huis clos avec un degré de température !), tout le monde semble s’être amusé pendant le tournage (dixit Samuel L. Jackson himself) et la musique d’Ennio Morricone est somptueuse, mettant le spectateur en immersion dès l’entame du film…
La jubilation à l’état pur avec également la touche « politically uncorrect » inhérente chez Tarantino, lorsqu’on connaît son cinéma on sait que le bougre prend souvent un malin plaisir à nous déstabiliser, ici ça ne loupe pas (le café empoisonné, le mensonge sur la lettre de Lincoln, la pendaison sauvage de Daisy, la référence à « Inglourious Basterds » avec le tir dans les testicules), Tarantino se lâche dans le trashy mais sans être au détriment de l’intérêt que l’on a pour l’histoire et pour connaître le dénouement…
Deux heures cinquante où l’on ne voit pas le temps passer tant la densité et la présence énorme de relief s’avèrent prégnantes dans « Les huit salopards », hypnotique et magnifié par cette neige et par le souffle du blizzard, que Tarantino met en valeur par des cadrages lointains de montagnes et d’étendues magnifiques…
Jennifer Jason Leigh, Kurt Russell et Samuel L. Jackson mais également tous les seconds rôles et même le trio de femmes assassinées apportent des compositions inoubliables et cette singularité, cette rigueur, ce sens de la mise en scène, cette maitrise du propos font culminer « Les huit salopards » dans le top 3 des meilleurs westerns de tous les temps pour la période post 2000…
Jouissif à tous les niveaux, « Les huit salopards » est incroyable à visionner et tous les cinéphiles prendront forcément un immense plaisir en le regardant…
Un bijou, une pépite, un must have absolu, LE film qui manquait au cinéma américain et que Tarantino nous offre sur un plateau…
Obligatoire !

Note : 10/10








dimanche 19 juin 2016

Rosa la rose, fille publique de Paul Vecchiali, 1985

ROSA LA ROSE FILLE PUBLIQUE
de Paul Vecchiali
1985
France
Avec Marianne Basler, Catherine Lachens, Evelyne Buyle, Noël Simsolo, Pierre Cosso, Jean Sorel
Chronique de moeurs
84 minutes
Synopsis :
Quartier des Halles, milieu des années quatre-vingts…
Rosa, prostituée, accumule les passes et rencontre un franc succès auprès de ses clients, la jeune femme est pure et accepte tous les fantasmes, mêmes les plus saugrenus, « Quarante » et « Trente- cinq » deux autres péripatéticiennes, ont bien du mal à faire défiler les hommes dans leurs chambres, c’est Rosa qui rafle tout, eu égard à sa beauté et à sa jeunesse…
Rosa fête ses vingt ans dans un restaurant tenu par Jeannot ; Gilbert, son souteneur, est présent, ainsi que tous ses amis et connaissances…
Julien, un peintre, pénètre dans le restaurant alors que Rosa effectue une danse pour remercier les convives, c’est le coup de foudre !
Les deux jeunes gens tombent vite follement amoureux l’un de l’autre…
Gilbert s’aperçoit que Rosa ne veut plus continuer à tapiner pour lui, Rosa décide de vivre sa vie comme elle l’entend et la relation avec Julien est passionnée et folle…
Un soir, Rosa, devenue dépressive, manque de se faire égorger par un déséquilibré ivre, elle s’en sort par miracle…
Un jeune étudiant à qui elle refusait des passes finit par se faire déniaiser par la belle, après leur acte d’amour, Rosa lui demande de la poignarder, pensant « qu’une chance sur deux » pourra la remettre avec Julien et que Gilbert la laissera en paix et vaquer à ses motivations…
Mon avis :
Paul Vecchiali est un cinéaste appliqué et consciencieux, avec « Rosa la rose, fille publique » il redonne ses lettres de noblesse au cinéma d’auteur, fonctionnant en free lance et loin des codifications du cinéma hexagonal populaire qui fait des millions d’entrée, par conséquent, avec ce film il délivre un cinéma atypique et insolite, que nombre de spectateurs peu ouverts pourront rejeter, tant sa singularité et son originalité servent ou desservent le propos tenu…
Le thème de la prostitution est peu souvent évoqué au septième art, ici Vecchiali opte d’éviter la grossièreté et le racolage pour se polariser sur le scénario et le jeu des acteurs, dirigés dans des saynètes parfaitement mises en scène, à la fois pudiques et touchantes…
Un côté théâtral est très prégnant dans « Rosa la rose, fille publique » et la poésie de cette histoire candide et franche apporte une grande fraîcheur, un aspect désuet mélangé à un cinéma expérimental caractérise le métrage, héritier de François Truffaut et qui préfigure même Abdellatif  Kechiche, sans la modernité (on est vraiment dans les années quatre-vingts comme dans des œuvres comme « Escalier C » ou les films de Zulawski –sans leur excentricité-)…
Marianne Basler calcule intelligemment le potentiel de son physique et joue de telle manière que l’on oublie vite ses charmes et sa plastique pour se concentrer sur la déclinaison qu’elle fait de Rosa dans l’histoire, elle s’en sort à merveille…
Il y a une exigence dans le réalisme de certaines séquences (le sexe de l’étudiant est montré à maintes reprises et son physique de demie portion est plutôt déplaisant) mais aussi le passage avec l’agresseur ivre mort témoigne bien de la volonté de la part de Vecchiali de faire un film qui sort des normes, éloigné des standards ; une sur-ouverture de la part des spectateurs est donc nécessaire pour appréhender « Rosa la rose fille publique », passée cette acceptation le film se suit bien et l’intrigue est digne du plus grand intérêt…
Le DVD sorti récemment (en 2015) est très beau, avec un packaging digipack et un transfert totalement remastérisé pour l’occasion…
Si vous aimez la franchise au cinéma, les histoires d’amour impossibles et les films au climat bizarre, je vous recommande « Rosa la rose, fille publique », il y a nombre de qualités et une rigueur dans la réalisation que l’on ne peut enlever à Vecchiali, après il vous faudra vous armer de la plus grande tolérance car il s’agit d’un film d’auteur pur jus…
Personnellement, je pense que c’est ce genre de films qui fait avancer le schmilblick et le cinéma français, il évite et refuse de se cantonner dans des histoires qui veulent trop plaire pour amasser le maximum d’argent, ici, Vecchiali s’en fiche si le film ne rapporte pas beaucoup, il est sincère et suit sa route comme il l’entend, ça passe ou ça casse, et c’est tout à son honneur…

Note : 7/10





samedi 18 juin 2016

Les prédateurs du futur de Ruggero Deodato, 1983

LES PREDATEURS DU FUTUR
de Ruggero Deodato
1983
Italie/Philippines
avec Christopher Connelly, Michele Soavi, Ivan Rassimov, Gioia Scola, Tony King, Mike Miller, George Hilton
aka Atlantis interceptors
aka Raiders of Atlantis
80 minutes
Nanar fantastique
Effets spéciaux de Maurizio Trani
Synopsis :
Miami, Floride, 1994…
Un gigantesque tsunami ravage les côtes, sur une plate-forme pétrolière, Cathy, une scientifique aidée de  Peter et Billy, un pilote d’hélicoptère, découvrent qu’un sous-marin russe a « déterré » une cité antique appartenant aux Atlantes…
Lorsque le bateau fait naufrage suite au raz de marée, les protagonistes se retrouvent au sein d’une « bulle » et doivent combattre des mutants impitoyables motorisés et surarmés…
Se débrouillant comme ils peuvent, Billy et Peter doivent coûte que coûte trouver de quoi se défendre face à leurs oppresseurs, ils multiplient les systèmes « D » alors que Cathy est enlevée par le chef des belligérants !
Les « atlantis interceptors » voient en Cathy leur déesse et si celle-ci veut survivre, elle doit se plier à leurs demandes, notamment en communiquant avec les atlantes grâce à un talisman qui permet d’établir une liaison subliminale avec eux…
C’est l’hécatombe lors de combats dantesques et les deux derniers survivants comprennent que c’est Cathy et seulement elle qui pourra rouvrir le dôme marin qui les tirera d’affaire…
Arrivés dans le temple atlante, Peter et Billy sont cernés par un rayon laser qui les paralyse !
Mon avis :
Par ici la bonne soupe ! « Les prédateurs du futur » fait partie intégrante de cette époque  pas forcément heureuse où les Italiens pillaient absolument tous les codes des films d’action américains, que ce soit Sergio Martino avec « 2019 après la chute de New York » ou Cirio H. Santiago avec « Stryker » ou la vague madmaxesque avec « Les nouveaux barbares » et pléthore d’autres ! Même Fulci s’y est mis en pompant « Rollerball » avec « 2072, les mercenaires du futur », bref que des nanars peu glorieux dans leur filmographie, ici Deodato nous sert un pudding aux macaronis avec un scénar incompréhensible et des acteurs jouant comme des pieds, aussi inexpressifs qu’ultra bourrins !
Si vous voulez de l’action vous allez être servis ! Deodato multiplie les scènes de fusillades par des copier/coller de plans, la répétition des explosions intempestives permet de cacher un manque de moyens évident, quant aux effets spéciaux sur maquettes en carton- pâte ils valent leur pesant de cacahuètes…
Souffrant d’une anémie d’idées, Deodato s’est lâché comme il a pu en mélangeant « Mad Max », les films sur l’Atlantide et les films catastrophes, le résultat est piteux et dès le début on se demande où on a atterri !
Réalisé à l’arrache totale, « Les prédateurs du futur » n’a pour seul mérite que le fait que l’on ne s’ennuie pas, il y a une grande dynamique et une certaine tonicité dans les plans, le fond est très faible (l’histoire est abracadabrantesque !) mais la forme est pêchue, on passera donc un moment agréable si l’on n’est pas trop exigeant et très peu de gore est à déplorer…
Voilà le genre de films calibrés « d’exploitation » comme seuls les italiens savaient faire, à mille lieux du cinéma d’outre atlantique, certes les italiens souffraient d’un manque d’argent mais ce manque était inversement proportionnel à leur capacité à créer, à produire…
Sans doute un des moins bons films de Deodato qui s’était illustré dans de nombreux chefs d’œuvre précédemment, il s’agit là d’un film « alimentaire », nul ne pourra en douter…
Néanmoins, en étant peu exigeant, on pourra trouver du plaisir en le visionnant et une réhabilitation s’impose (aucune édition DVD et encore moins blu ray n’est disponible, seule une VHS très rare existe !)…
Marrant et délirant, « Les prédateurs du futur » est un des fleurons du genre…

Note : 7/10





lundi 13 juin 2016

Le chat noir de Lucio Fulci, 1981


LE CHAT NOIR

De Lucio Fulci

1981

Italie/Grande Bretagne

Avec Mimsy Farmer, Patrick Magee, David Warbeck, Al Cliver, Dagmar Lassander, Daniela Doria, Bruno Corazzari

Fantastique/horreur

92 minutes

aka The black cat

aka Il gato negro

Musique de Pino Donaggio

D’après la nouvelle d’Edgar Poe

Synopsis :

Un village de Grande-Bretagne, début des années quatre-vingts…

Robert Miles, un sexagénaire, est réputé pour pratiquer la magie noire, il vit dans une luxueuse demeure et est connu de tous les habitants qui se méfient de lui, il a pour lubie de visiter le cimetière communal et de tenter une communication avec les défunts, insérant un microphone sur les tombes lors de cérémonies nocturnes…

Jill Travers, une touriste photographe américaine, rentre de manière fortuite dans un caveau souterrain, elle y découvre un squelette, le sergent Wilson, un policier, la sort de là et lui conseille de ne pas trop traîner dans ces endroits…

Des meurtres très violents sont perpétrés dans le village, une jeune fille, Maureen Gayson, est découverte tuée asphyxiée alors qu’elle batifolait avec son boy-friend ; sa mère Lilian meurt dans un incendie domestique provoqué sans la moindre explication…

L’inspecteur Gorley, dépêché de Scotland Yard, vient prêter main forte à Wilson et fait la connaissance de  Jill, qui va l’aider dans l’enquête en prenant des photos…

Il semblerait qu’un chat noir, animal de compagnie de Miles, soit le pilier central de tous ces carnages, Miles communiquant avec des forces mystérieuses par le biais du chat…

Une chose est certaine, tous les éléments concordent vers le chat qui en vient même à griffer brutalement Gorley après que celui-ci ait embrassé Jill…

Mon avis :

Tourné entre « L’au-delà » et « La maison près du cimetière », « Le chat noir » s’inspire librement d’une nouvelle d’Edgar Allan Poe et Fulci parvient facilement à trouver sa place, acclimatant son style reconnaissable entre mille pour décliner une histoire qui tient la route, il évite de tomber dans le ridicule grâce à son talent et à la mise en forme très graphique qu’il emploie (des dizaines de gros plans fixes sur les regards des personnages, une caméra tantôt au ras du sol tantôt surélevée et pléthore de visions subjectives) renforçant l’efficacité du film…

Les comédiens sont convaincants (Mimsy Farmer et Patrick Magee en tête) et Fulci réemploie David Warbeck (vu dans « The beyond ») pour un rôle secondaire mais qui trouve bien sa place dans le scénario, Al Cliver vu dans « L’enfer des zombies » tient une prestation anecdotique en brigadier mais n’oublions pas que le personnage central c’est ce fameux chat noir qui attise toutes les attentions, nouveau venu dans le bestiaire des « animal attack » qui florissaient au cinéma bis transalpin de l’époque…

L’atmosphère baroque chère à Fulci est bel et bien prégnante dans « Le chat noir » qui donne la part du lion à des effets gore assez craspecs mais surtout la musique de Pino Donaggio qui est magnifique, elle est pour les deux tiers dans la réussite du métrage, à la fois entêtante et angoissante, presque lyrique, le score est sublime…

Malgré qu’il soit mineur dans la prolifique carrière de Fulci, ce « Chat noir » reste tout de même une réussite, pas impérissable mais d’un traitement honnête, il fait partie dans le temps des « bonnes années » pour Fulci qui allait partir en descente plus tard…

Les paysages de Grande-Bretagne sont magnifiques et les rendus nocturnes (nombreux) accentuent bien l’angoisse provoquée et voulue par Fulci…

Bref, que du bon et surtout une tentative réussie qui prouve bien l’adaptabilité propre au cinéma italien à mettre en scène des classiques de la littérature gothique (il suffit de se remémorer la trilogie d’Antonio Margheriti, tournée quelques années auparavant)…

A découvrir pour les fans d’histoires tordues et d’ambiances glauques…

Note : 9/10




dimanche 12 juin 2016

Gros dégueulasse de Bruno Zincone, 1985


GROS DEGUEULASSE

De Bruno Zincone

1985

France

Avec Maurice Risch, Jackie Sardou, Martin Lamotte, Florence Guérin, Pascale Roberts, Régis Laspales, Nathalie Galan

82 minutes

Comédie dramatique

D’après la bande dessinée de Reiser

Synopsis :

Banlieue parisienne, milieu des années quatre-vingts…

Un homme de forte corpulence gagne un séjour dans un pays touristique africain, il a été le client qui a acheté la milliardième boite de cassoulet d’une marque célèbre…

Très vite, son attitude grivoise voire graveleuse répugne les vacanciers et l’homme est mis dehors de l’hôtel où il séjournait…

De retour chez lui, le « gros dégueulasse » multiplie les outrances et les obscénités, notamment vis-à-vis des femmes, pensant pouvoir retenir leur attention…

Il fait une esclandre dans un restaurant alsacien, visite un zoo, va dans une halle commerçante et ses pérégrinations lubriques ne mènent à rien, sinon à susciter l’outrance de la part des quidams qu’il croise…

L’homme se pose des questions sur son existence, sur son devenir et multiplie les rejets des autres vis-à-vis de lui…

Un soir, assis à sa table, il se trouve désespéré…

Mon avis :

Le moins que l’on puisse dire c’est que le rôle et l’adaptation de ce personnage étaient loin d’être donnés à tout le monde et Maurice Risch s’en sort à merveille, donnant du relief et de l’empathie  à ce « Gros dégueulasse » version cinéma, il n’a peur de rien et la densité de son interprétation donne un côté dramatique, presque nihiliste au métrage…

Multipliant les séquences grivoises et les quiproquos libidineux, le « gros dégueulasse » est rejeté sans discontinuer, s’enfermant ainsi dans une misère sexuelle et affective qui le rend malheureux et dépressif, il garde peu d’espoir de fonder une famille ou d’avoir une femme et ce désarroi lui semble être insoluble, le film n’est pas qu’une comédie mais également une œuvre mélancolique et très noire, sur la condition des personnes victimes de l’exclusion, à l’instar des sans domiciles fixes ou des gens rejetés par la société…

Personnage iconique et repoussant, avec son slip kangourou sale, Gros dégueulasse repousse plus qu’il n’attire et la première moitié du film donne dans la franche rigolade voire l’hilarité (la scène de la piscine, les mains aux fesses à répétition, les vannes lourdes et sexistes), il ne faut surtout pas prendre « Gros dégueulasse » au premier degré mais « s’insérer » dans l’histoire, qui est aussi une peinture de la société de consommation des années quatre-vingts et de l’opulence de la France avant la crise…

Certaines séquences sont limites (la scène des flatulences) d’autres plus touchantes (le rêve avec le manège, le baby sitting), Maurice Risch y croit et se donne à fond, il propulse sa composition dans un niveau digne des plus grands et les loghorrées dont il fait preuve nous prouvent qu’il a un réel talent, presque théâtral…

Pléthore de pin-ups émaillent le film comme Nathalie Galan (ex playmate des années 1985/1986) ou Florence Guérin (comédienne aperçue dans « Le déclic » ou « Les prédateurs de la nuit » de Jess Franco), on y voit dans de petits rôles Pascale « Wanda de PBLV » Roberts ou Jackie Sardou en vendeuse de fruits et légumes dans un passage vraiment « Harakirien »…

Laspalès en agent de police et Martin Lamotte en maître-nageur contribuent à donner de la vigueur dans ce film où le temps passe vite et où on ne s’ennuie pas…

L’issue laisse un goût amer comme si tous ces excès n’avaient, au final, servis à rien, c’est l’esprit de Reiser où l’on rit parfois jaune dans toute sa splendeur…

Toutefois, « Gros dégueulasse » n’est pas à montrer à tous les yeux, malgré sa franchise de ton et son côté gouailleur totalement décomplexé…

Il s’adresse à un public de cinéphiles ouverts et sa marginalité totale pourra rebuter…

Note : 8/10



lundi 6 juin 2016

Heureux qui comme Ulysse de Henri Colpi, 1969

HEUREUX QUI COMME ULYSSE
de Henri Colpi
1969
France
Avec Fernandel, Henri Tisot, Rellys, Evelyne Séléna, Jean Sagols, Mireille Audibert
88 minutes
Fable humaniste et animalière
Musique de Georges Delerue
Chanson interprétée par Georges Brassens
Synopsis :
Sud de la France, début des années soixante-dix…
Antonin est un vieux fermier, il a été missionné pour emmener son cheval Ulysse, âgé de vingt- huit ans, aux arènes d’Arles en vue de participer à une corrida…
C’est un véritable crève-cœur pour Antonin qui noie son chagrin en alignant des dizaines de pastis, devant ses amis ahuris…
Marcellin, son ami, Juliette, une jeune fille du village, son petit ami mécanicien Hector, tous les villageois ont de la peine de voir Antonin si malheureux…
Finalement, Antonin prend la décision de bifurquer vers la Camargue, refusant d’abandonner Ulysse, condamné à une mort certaine…
Alors qu’il transite par Cavaillon, un camion conduit par le fils de son patron lui embarque son cheval, Antonin n’a plus qu’une seule issue possible, s’infiltrer dans l’arène pendant la corrida pour extirper Ulysse et le sauver de l’abattoir…
La relation entre l’homme et l’animal sera la plus forte et triomphera de la folie destructrice de cette corrida sanguinaire, Ulysse retrouvera les autres chevaux camarguais et Antonin sera soulagé…
Sur un fond bucolique, nous suivons leur périple dans une atmosphère bon enfant et emplie d’humanité…
Mon avis :
Porté par la magnifique chanson de Brassens, « Heureux qui comme Ulysse » est une leçon d’humanisme, le film transpire la bonté du cœur, servie par un Fernandel magistral et bouleversant dans son rôle de fermier vieillissant et gouleyant, il symbolise à lui tout seul la générosité et l’aspect typique méditerranéen…
Il y a un côté réaliste et touchant dans « Heureux qui comme Ulysse », cette bonhommie de Fernandel qui parle sans cesse à son cheval, son compagnon, son animal de compagnie, lui seul peut comprendre le désarroi d’Antonin, bouleversé à l’idée de se séparer définitivement de sa bête, il y a une relation fusionnelle comme nombre de gens qui possèdent un animal…
La mise en scène de Colpi est sobre, simple mais jamais grossière, il règne un climat cordial tout le long et le passage avec l’agent de la circulation possède un humour burlesque que n’aurait pas renié un Jacques Tati…
« Heureux qui comme Ulysse » repose sur la composition de Fernandel qui porte le film à bout de bras mais les seconds rôles sont tout de même très intéressants, ils ont également leur place dans l’histoire…
Le dernier quart d’heure fait que l’on ne peut retenir ses larmes tant l’intensité dramatique y est prégnante et le dénouement naturaliste est magnifique…
Demeuré très rare et au succès mitigé lors de sa sortie, « Heureux qui comme Ulysse » a fait l’objet d’une sortie DVD chez Europacorp de grande qualité, si vous aimez les belles histoires, les films animaliers, les leçons de vie, ruez- vous sur ce film !
D’une grâce et d’une beauté indéniable aussi bien dans son fond que dans sa forme (les paysages sont tous magnifiques), « Heureux qui comme Ulysse » est une œuvre inoubliable, testament filmique de la carrière de Fernandel, puisque ce fut son ultime rôle…
A visionner absolument…
Note : 10/10

Dédicacé à Frédéric





samedi 4 juin 2016

Le lauréat de Mike Nichols, 1967

LE LAUREAT
de Mike Nichols
1967
Etats-Unis
Avec Dustin Hoffman, Anne Bancroft, Katharine Ross, Buck Henry, William Daniels, Murray Hamilton
Comédie dramatique
106 minutes
Aka The graduate
Oscar du meilleur réalisateur
Musique de Simon et Garfunkel
Budget : 3 000 000 dollars
Recettes au box- office américain : 40 000 000 dollars
Synopsis :
Etats-Unis, Los Angeles, fin des années soixante…
Benjamin Braddock est un étudiant qui vient d’obtenir un haut diplôme, il se rend chez ses parents pour assister à une fête donnée en son honneur ; Madame Robinson, une femme d’une cinquantaine d’années, s’éprend de lui et alors qu’elle est ramenée par Benjamin à son domicile, elle le force à boire et lui dévoile son corps dans la chambre de sa fille, Elaine…
Benjamin est décontenancé et le mari de Madame Robinson surgit dans la maison, cela s’est joué in extremis, à quelques minutes près, il aurait surpris sa femme nue avec Benjamin !
De fil en aiguille, Madame Robinson et Benjamin sont amenés à se revoir et leur relation devient quotidienne, le plus souvent dans un luxueux hôtel de la ville, leurs ébats sexuels sont passionnés et vigoureux, au nez et à la barbe de l’époux Robinson…
Mais Benjamin tombe fou amoureux d’Elaine, la fille, qui elle-même, n’est pas insensible au charme du jeune homme et va très vite éprouver une passion pour lui…
Le jour où Elaine apprend que Benjamin a eu une liaison avec sa mère, tout devient plus compliqué et leur relation rompt, rendant malheureux Benjamin…
Mon avis :
Sur une trame classique voire conventionnelle (on a déjà vu moult fois des histoires d’amour impossible au cinéma hollywoodien), « Le lauréat » est un film sidérant au niveau de la technique qu’emploie Mike Nichols pour mettre en images ses séquences, si l’on ne devait retenir qu’une chose dans son métrage, à coup sûr c’est le côté graphique…
Et c’est sans doute pour cela que « Le lauréat » est devenu un classique instantané du cinéma d’outre Atlantique et un succès au box- office ; l’histoire est relativement schématique mais la forme et la mise en forme ont de quoi surprendre n’importe quel cinéphile, et les exemples se déclinent à la pelle, des dizaines (peut être une soixantaine) de trouvailles techniques émaillent le film (la séquence des cintres, la table basse où se reflète le couple, le début en plan fixe dans l’aéroport que Tarantino reprendra dans « Jackie Brown », Hoffman en homme grenouille filmé en plan subjectif, la sortie d’Elaine de l’université de Berkeley qui se fond entre les deux statues…)…
Dustin Hoffman (qui est doublé en français par Patrick Dewaere) accèdera à une notoriété planétaire avec « Le lauréat » et après ce début fracassant deviendra l’acteur que l’on sait ; Anne Bancroft en cougar névrosée (elle le dit elle-même) est parfaite, quant à Katharine Ross, elle a peut- être le rôle le plus difficile et s’en sort à merveille…
Baignant dans un climat pré Hippie, « Le lauréat » aborde de nombreuses thématiques comme le refoulement sexuel, la timidité maladive ainsi que la manipulation à travers la pérennité d’un couple et les rapports conflictuels amoureux…
Il y a une modernité dans la manière de filmer, d’appréhender les plans qui fait de ce film une œuvre unique en son genre ; outre le jeu des acteurs, il se dégage une grâce, une aura dans le découpage des scènes qui rend « Le lauréat » attachant même hypnotique…
La musique somptueuse de Simon and Garfunkel, avec son thème lacrymal, décuple le côté émotionnel du film et provoque quelque chose de difficile à décrire, comme une élégie (un peu comme à la fin de « Philadelphia » avec Tom Hanks)…
Déchirant et prenant, « Le lauréat » opte pour un dernier quart d’heure iconoclaste et délirant (le périple de Benjamin pour retrouver Elaine, alors que celle-ci se marie !), avec au final une sensation rassérénante et l’impression d’avoir passé un excellent moment de cinéma…
Tout cinéphile ne peut passer à côté de ce film, il y prendra forcément et irrémédiablement du plaisir, d’ailleurs Mike Nichols fut récompensé par un Oscar, qu’il n’a pas volé…
Sympathique, touchant, parfois triste, parfois gai, « Le lauréat » est devenu un classique et je vous encourage fortement à le visionner si ce n’est pas déjà fait…
Du haut-niveau !
Note : 10/10

Dédicacé à Frédéric