Open Watching

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dimanche 26 mars 2017

Moonraker de Lewis Gilbert, 1979

MOONRAKER
de Lewis Gilbert
1979
Grande Bretagne/France
avec Roger Moore, Lois Chiles, Michael Lonsdale, Corinne Cléry, Richard Kiel, Jean-Pierre Castaldi, Georges Beller
Espionnage/action/science-fiction
126 minutes
Collection James Bond
Budget : 34 000 000 dollars
Recettes mondiales : 210 308 099 dollars
Synopsis :
Alors qu’elle était arrimée à un avion, la navette spatiale Moonraker disparait, deux hommes s’étant introduits secrètement à l’intérieur…
James Bond, après un combat dans les airs avec Requin, est chargé de retrouver la trace de Moonraker ; Hugo Drax, un milliardaire, a construit la navette, Bond se rend dans sa propriété, un immense château, il est guidé par Corinne Dufour…
Bond manque de décéder après un test pour astronautes où il est soumis à rude épreuve, il s’en sort in extremis, c’est Chang, un homme de main de Drax, qui a été chargé de le supprimer !
Bond photographie les plans tenus secrets de Drax, que ce dernier avait cachés dans un coffre –fort ; ayant noté que le verre est conçu par une verrerie italienne, Bond se rend à Venise, il y rencontre Holly Goodhead, qui est en fait un agent de la CIA qui enquête en même temps que lui…
Hugo Drax tient une base secrète au Brésil, 007 part là-bas, il retrouve Requin qui manque de tuer son informatrice en plein carnaval de Rio !
Lors d’un combat sur un téléphérique, Requin rencontre une jeune femme blonde, Dolly, ils tombent amoureux l’un de l’autre et ne se quittent plus…
Drax ayant détourné toutes les navettes spatiales Moonraker et même leurs prototypes, il les envoie dans l’espace, dans le but de faire une sorte d’arche de Noé ; Drax a conçu un gaz qui peut détruire tous les habitants de la terre !
Avec l’aide de Goodhead, James Bond est chargé de stopper les projets funestes et délirants de Drax !
Introduit à bord de la base spatiale de ce dernier, Bond parviendra t-il à le neutraliser ?
Mon avis :
Onzième film de la franchise James Bond, succès colossal au box-office, « Moonraker » est un opus qui souffre de quelques légèretés avec le scénario mais le fait de vouloir y incruster une dose de science-fiction donne un résultat hybride, cependant toujours aussi spectaculaire, le spectateur n’est pas en reste niveau action et Lewis Gilbert nous gratifie une nouvelle fois de séquences d’anthologie (le début vrombissant dans les airs, très bien foutu, les décors de Venise avec une poursuite en gondole motorisée - !- et le carnaval de Rio avec une splendide scène nocturne)…
Concernant les James Bond Girls, Corinne Cléry (réchappée du film érotique « Histoire d’O ») et la belle Lois Chiles (qui faillit jouer le rôle de l’agent russe dans « The spy who loved me », tourné deux ans auparavant), ainsi qu’une flopée de superbes femmes, donnent toujours autant de sex appeal à une intrigue tonique et rondement menée, avec un Roger Moore en pleine forme…
Coproduction franco-britannique, « Moonraker » se dote d’un méchant de grande classe : Michael Lonsdale, en tyran milliardaire aux projets délirants, qui ne recule devant aucun stratagème machiavélique si quelqu’un vient contrarier ses objectifs…
Le combat avec le python est impressionnant et la scène du téléphérique particulièrement bien millimétrée, elle possède un culot rare qui s’apparente presque à du jusqu’auboutisme (tout comme la scène d’introduction qui n’a pas dû être simple à mettre en scène !)…
A noter énormément de placements de produits (Seven Up, Marlboro, Seiko, on voit les marques plusieurs fois, les industriels y sont allés de leur poche pour financer le film) et des éléments scénaristiques pas toujours très heureux (la rencontre entre Requin et Dolly, blonde nunuche aux nattes faisant penser à une alsacienne, le revirement intempestif de Requin qui devient « ami » avec Bond et Goodhead, la poursuite vénitienne avec un final limite lorsque la gondole se transforme en voiture et roule parmi la population)…
Il y a des clins d’œil à « 2001, odyssée de l’espace » (le son du cor lors de la partie de chasse à courre), à « Alien » ou à « Rencontres du troisième type » (le bip du signal d’accès de la porte qui mène au laboratoire), Lewis Gilbert a voulu s’amuser et donne une dimension ludique à son James Bond avec des décors qui ont dû couter bonbon et une dernière demie heure carrément dans l’espace, rien que ça !
Sympathique malgré des incohérences flagrantes, ce « Moonraker » se suit toutefois avec plaisir et délectation, Fleming s’est lâché avec un scénario assez identique à celui du précédent « L’espion qui m’aimait », on remplace les méchants mais leurs objectifs sont les mêmes, un brin de mégalomanie pour la domination du monde, les éléments du scénario ne bougent pas d’un poil, seul le cadre est différent (la forme est modifiée, le fond reste le même)…
Bref, ça reste tout de même du très grand spectacle familial et cette nouvelle aventure de 007 est particulièrement réjouissante à visionner, on s’en prend plein les mirettes !
Pour se détendre et à apprécier comme il se doit, « Moonraker » n’est certes pas le meilleur des James Bond mais il a le mérite de bien divertir, ce qui est déjà pas si mal !

Note : 8/10






samedi 25 mars 2017

L'aube des zombies de Frank Agrama, 1981

L’AUBE DES ZOMBIES
de Frank Agrama
1981
Egypte/Etats-Unis
avec Brenda King, George Peck, Barry Sattels, John Salvo
Film de zombies
89 minutes
aka Dawn of the mummy
Edité en VHS chez UGC vidéo
Synopsis:
Egypte, trois mille ans avant Jésus-Christ, on assiste à une cérémonie où un pharaon est embaumé définitivement dans une crypte située sous terre…
Egypte, années quatre-vingts…
Gary, un photographe travaillant pour un grand journal de mode, part avec quelques mannequins en vue de faire des photos exotiques à côté des pyramides ; l’une des top models découvre une tête d’un décapité dans le sable, elle est terrorisée !
Trois gaillards braconnent les endroits sacrés où sont enterrées les reliques des pharaons, à l’aide d’explosifs ils font sauter l’endroit du mausolée et s’introduisent à l’intérieur : leur but, trouver de l’or !
Gary se rend au village égyptien et sympathise avec un commerçant local qui lui annonce qu’il va se marier le lendemain soir…
Tout va partir en live lorsque la momie se ressuscite par le fluide d’un liquide et que des dizaines de morts reviennent à la vie !
Très vite, c’est le carnage, les mannequins, les villageois, la mariée, tout le monde y passe et se fait dévorer par les zombies affamés…
Avec l’aide d’un autochtone, une des rescapées allume de la dynamite et croit avoir réussi à tuer la momie…
Alors que l’issue est proche, la jeune femme n’est pas du bout de ses peines…
Mon avis :
Avec « L’aube des zombies » on est en présence d’un bon gros nanar mythique des vidéo clubs des années 80, la jaquette du film est magnifique, quant au film en lui-même il est bougrement sympathique même si complètement à l’ouest du début à la fin !
Les situations sont illogiques et ne tiennent pas la route une seconde, elles sont prétextes à un scénario poussif et téléphoné (aucune explication sur le fait que les mannequins décident de rentrer dans le mausolée, encore moins sur les photos prises à côté la momie, Agrama ose tout et n’importe quoi et n’a que faire de la crédibilité de son métrage !)…
On est donc clairement dans un énorme nanar qui reste cependant assez efficace et le dernier quart d’heure fait virevolter tout le monde, ça court dans tous les sens, le « spectacle » est, ma foi, fort réjouissant même si c’est le bordel total !
En fait Farouk Agrama et non Frank (pour l’exportation il a pris un prénom anglo-saxon) se contrefout de la cohérence des scènes qu’il tourne et c’est ce qui rend son film attachant, personne ne réfléchit (à commencer par le réalisateur) mais le film est sauvé par des maquillages très réussis et une grande tonicité paradoxale avec la lenteur des protagonistes, « L’aube des zombies » est un film à la fois rapide et lent, il suffit de le visionner pour comprendre…
Inédit en DVD zone 2, on peut le trouver en VHS dans la collection légendaire UGC vidéo, « L’aube des zombies » vaut son pesant de cacahuètes et se suit très facilement, c’est le témoignage d’un certain cinéma d’exploitation uniquement propre aux années quatre-vingts qui ravira les fans férus de cette époque bénie où tout était décomplexé et où personne ne doutait de rien…
Hyper vintage trente- six ans après, « L’aube des zombies » est un mix entre les films de pharaons classiques et les films de zombies cannibales, pour épaissir sa sauce, Agrama a rajouté une musique typique de l’époque et a eu la bonne idée d’ »exoticiser »son gloubiboulga avec les décors égyptiens (bien réels, ceux- là !)…
Du coup, on a clairement un OFNI (objet filmique non identifié) du film de zombies classiques, un peu comme le « Oasis of the zombies » de Franco tourné quasiment en même temps, avec un côté américanisé en plus, alors que le Franco était clairement axé européen (production Eurociné, ça ne s’invente pas !)…
Certains détestent ce genre de films, personnellement je pense qu’ils font parties intégrantes, eux aussi, du folklore du film de zombies et qu’il faut parfois se montrer indulgent, le plaisir est quand même là, ça serait dommage de passer à côté de telles perles, oui c’est raté, oui c’est débile, mais nom de dieu, ça fait un bien fou ce genre de nanars assumés et exempts de la moindre arrogance ou prétention…
C’est ce qui fait la richesse du genre, explorer d’autres possibilités de ce style, comme Fulci le fit avec « Frayeurs » ou Mattei avec « Virus cannibale », le film de zombies ne tourne jamais en rond mais cherche perpétuellement à se ressourcer, se revigorer, « L’aube des zombies » est le parfait exemple de cette démarcation…
Pour les plus réfractaires, armez- vous de la plus grande tolérance, quant aux autres, laissez- vous juste porter dans cette histoire abracadabrantesque mais vraiment sympa, il faut se mettre en condition pour visionner ce genre de films, après trois bières, ça s’apprécie encore plus !
Bref, un must, un métrage unique en son genre qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie !

Note : 6/10





dimanche 19 mars 2017

L'espion qui m'aimait de Lewis Gilbert, 1977

L’ESPION QUI M’AIMAIT
De Lewis Gilbert
1977
Grande Bretagne
avec Roger Moore, Barbara Bach, Curd Jurgens, Caroline Munro, Richard Kiel, Vernon Dobtcheff, Valérie Leon
Espionnage/action
126 minutes
aka The spy who loved me
Collection James Bond
Budget : 14 000 000 dollars
Synopsis :
Autriche, fin des années soixante-dix…
En mission, James Bond tue le mari d’Anya Amasova, l’agent triple X, lors d’une poursuite à ski ; un sous- marin nucléaire russe disparaît des écrans radars, Gogol, le chef officier, charge Anya de retrouver la source de cette disparition, c’est en fait Karl Stromberg, un homme fou et mégalomane reclus dans une base sous- marine qui veut détourner tout l’armement militaire mondial…
James Bond doit coopérer avec l’agent triple X, ils se retrouvent en Egypte pour intercepter un microfilm crucial avec tous les plans de Stromberg, ce dernier est possédé par Max Kalba…
Requin, un homme de deux mètres vingt à la mâchoire redoutable en acier, tue Kalba ;  Bond et Anya le poursuivent et s’introduisent dans son van, ils arrivent à côté des pyramides et après une énorme bagarre, ils parviennent à récupérer le microfilm…
En Sardaigne, Bond et Anya sont accueillis par Naomi, une femme de main de Stromberg, très vite un piège se referme sur eux, heureusement Bond est équipé d’une voiture amphibie, la Lotus…
De retour à la base de Stromberg, l’Atlantis, Bond parvient à délivrer des soldats prisonniers, il est peut- être trop tard, Stromberg ayant pu détourner la cible de missiles, Bond a une heure pour le neutraliser et empêcher la catastrophe !
Mon avis :
Dixième film de la saga et troisième apparition pour Roger Moore dans le rôle de 007, il endosse toujours le costume du célèbre agent secret à merveille, il y a une pléiade de seconds rôles et surtout Richard Kiel en tueur mastodonte bourré de charisme, on notera dans un petit rôle Valérie Leon, une ex Hammer Girl en réceptionniste d’hôtel à la poitrine avantageuse et la belle Caroline Munro qui fait une prestation éclair…
Tous les ingrédients des films de Bond sont une nouvelle fois réunis et le spectateur, tout comme le fan puriste de la saga, ne sera pas déçu ; tout est codifié avec la plus grande précision et les décors magnifiques…
La voiture amphibie Lotus reste culte pour bon nombre de cinéphiles, elle est ancrée dans toutes les mémoires et reste un élément clef du film, qui se rapproche presque du fantastique avec la base de Stromberg, l’Atlantis, à la fois vintage et délirante, qui n’est pas sans  rappeler celle de « Fantomas » d’Hunebelle, tourné une décade auparavant…
C’est un pur plaisir et il faudrait vraiment être bougon pour ne pas reconnaître qu’on passe un excellent moment, Barbara Bach est une James Bond girl sublime et pour une fois, elle est moins nunuche que dans ses autres films « (« Le continent des hommes poissons » ou « Alligator », tous deux de Sergio Martino qu’elle tournera deux ans plus tard), elle a un rôle clef dans le film et donne autant de son charme que de la crédibilité dans le personnage de l’agent triple X, Anya…
Le passage en Egypte avec la scène nocturne dans les Pyramides est fabuleux, tout comme la bagarre à armes non égales (Requin fait beaucoup plus balaise que Bond et semble invincible) dans le train est très inventive, Bond se débrouillant avec les moyens du bord (une simple lampe de chevet) pour mettre hors d’état de nuire le colosse redoutable et mettre la belle Anya en sécurité…
Curd Jurgens est imparable en Stromberg et son antipathie est révélée dès la première séquence où on le voit lorsqu’il annihile les deux pauvres bougres informateurs de façon cruelle, ils finissent dans un hélicoptère qui explose, alors que la première servante de Stromberg est dévorée par des squales (scène hyper réaliste)…
Tout l’enjeu pour Bond tourne autour du fameux microfilm pour dévier après vers la folie meurtrière de Stromberg, qui donnera du fil à retordre à James Bond, ce qui vaudra une belle scène de combat et d’attaque dans l’intérieur de l’Atlantis avec moult fusillades et explosions…
La mise en scène de Lewis Gilbert est impeccable, il n’occulte rien de l’histoire et dirige avec une maestria évidente ses acteurs, l’ambiance est très divertissante et il émane de « L’espion qui m’aimait » une grande rigueur dans la continuité des plans séquences et une tonicité dans l’action qui en font un des meilleurs segments de toute la saga…
Une nouvelle fois, on prend un grand plaisir au visionnage et on attend la suite avec impatience, ce sera « Moonraker » en 1979…
Dépaysant, rythmé et élégant, ce James Bond est immanquable et procure des instants de bonheur à tous les cinéphiles, à ne pas louper !
Le travail sur le coffret intégrale Blu ray est prodigieux et le transfert d’image parfait, pour le prix, on en a largement pour son argent et la somme payée s’amortit, au vu du plaisir procuré, si vous ne le possédez pas encore, je vous le conseille vivement, vous ne serez pas déçus !

Note : 9/10






samedi 18 mars 2017

La nuit fantastique des morts vivants de Joe d'amato, 1980

LA NUIT FANTASTIQUE DES MORTS VIVANTS
de Joe d’Amato
1980
Italie
avec George Eastman, Laura Gemser, Dirce Funari, Mark Shannon
104 minutes
Film de zombies/érotisme
DVD édité chez Média blasters
aka Erotic nights of living dead
Musique de Marcello Giombini
Scenario de Luigi Montefiori
Synopsis :
Une ville côtière des Etats-Unis, début des années quatre-vingts…
Larry O’Hara, un marin aguerri, est embauché par John Wilson, un riche homme d’affaires, pour sillonner les mers et le conduire sur une île appelée « l’ile aux chats », Fiona, la femme de Wilson, les suivra…
Arrivés sur l’ile, les trois personnes découvrent Luna, une superbe femme avec ce qui semble être son père, un vieil homme…
L’ile semble déserte et Luna indique à John l’endroit où se trouvait un cimetière…
Le but de Wilson est de faire des repérages pour implanter une zone touristique sur l’ile…
Un soir, John est attaqué par ce qui semble être des zombies !
Un talisman mystérieux est en possession de Larry, celui-ci, resté sur le bateau, entend des cris venant de dehors ; avec Fiona, il sort voir ce qui se passe, ils sont à leur tour attaqués et John est devenu zombi lui aussi !
Le moteur du bateau étant tombé en rade, Larry a juste eu le temps de demander des secours par radio…
Après l’attaque des zombis, le lendemain, un hélicoptère arrive sur l’île…
Mon avis :
« La nuit fantastique des morts vivants » est l’exemple même du film grindhouse par excellence, tous les ingrédients sont présents : du sexe, du gore, une ambiance très « années 80 » et des acteurs impliqués avec une réalisation de D’amato impressionnante de maitrise (le film est loin d’être un nanar mais plutôt un voyage vers l’inconnu ponctué de scènes époustouflantes)…
Très olfactif, « La nuit fantastique des morts vivants » nous gratifie de scènes pornographiques explicites (plusieurs séquences d’onanisme, des copulations furibardes dans une atmosphère débridée et paroxystique), le début nous laisse à penser que le film n’a aucune cohérence, et bien non ! c’est voulu et on comprend tout à la fin, D’amato était très habile pour le découpage scénaristique !
Eastman est toujours aussi à l’aise et c’est même lui qui a écrit le scénario du film, la belle Dirce Funari est ravissante et Mark Shannon semble réchappé d’un bon vieux film X U.S. avec sa moustache et son priapisme outrancier…
Quant aux zombies, ils rappellent un peu ceux de « Zombie 4 after death » de Fragasso ou ceux de « Black demons » de Lenzi, lents et encapuchonnés, leur point commun avec les autres, ils sont cannibales et faciles à neutraliser à condition d’être plus rapides qu’eux…
On a le plaisir de retrouver l’égérie (qui fut aussi sa femme dans le civil) de d’Amato, la belle Laura Gemser, ici dans un rôle secondaire mais néanmoins intéressant…
Il va de soi que ce film est réservé uniquement à un public averti et adulte, le nombre colossal de scènes de sexe en font clairement un film pornographique, ceci étant les fans de films de zombis tout comme les amateurs de X y trouveront aisément leur compte…
On attend la sortie d’un DVD avec la version française car il en existe une, « La nuit fantastique des morts-vivants » est une œuvre honnête et très sympathique, D’amato s’est appliqué pour combiner les deux genres que sont l’horreur et l’érotisme et le résultat est très convaincant ; une nouvelle fois, il y met son cœur pour sortir un film populaire qui contentera les aficionados de son cinéma, à la fois outrancier et artistique, glauque et capiteux mais toujours respectueux de la qualité dont il fait preuve…
A voir absolument si on est aguerri aux films extrêmes !

Note : 9/10





dimanche 12 mars 2017

Permis de tuer de John Glen, 1989

PERMIS DE TUER
de John Glen
1989
Grande Bretagne
avec Timothy Dalton, Robert Davi, Talisa Soto, Carey Lowell, Everett Mac Gill, Benicio del Toro
Espionnage/action
133 minutes
Cascades effectuées par Rémy Julienne
aka Licence to kill
Collection James Bond
Musique de Michael Kamen
Chanson du générique interprétée par Gladys Knight
Budget : 32 000 000 dollars
Synopsis :
Floride, Etats-Unis, fin des années quatre-vingts…
James Bond doit assister au mariage de son ami Felix, également membre de la CIA ; pendant ce temps la police locale neutralise un grand baron de la drogue, Franz Sanchez, ce dernier a pour alliés Krest et Killifer, un flic qui va s’avérer véreux, avec leur complicité, Sanchez s’évade du fourgon qui le conduisait en prison…
Il capture Felix qu’il considère comme responsable de son arrestation et le fait mutiler par un Carcadeon Carcarias, un requin blanc, et tue sa femme !
Bond, n’ayant plus de nouvelles, retourne sur les lieux du mariage et découvre le corps inerte de la mariée, il est fou de rage et n’a plus qu’un seul objectif : venger la mort de ses amis…
Pam Bouvier, une femme brune, est en fait infiltrée pour récupérer les missiles Stinger possédés par Franz Sanchez ; Lupe Lamora, la femme de Sanchez, est terrorisée et fouettée par ce monstre sanguinaire, Dario et  Heller, les bras droits de Sanchez, doivent éliminer coûte que coûte Bond, qui s’est infiltré dans les lieux où Sanchez effectue son trafic de cocaïne…
Pam Bouvier trahit Heller et se range du côté de Bond, ils se retrouvent dans un faux lieu touristique qui sert de pèlerinage où sont cachés les missiles Stinger, Bond n’a plus qu’une idée en tête : tuer Sanchez et ses hommes, il parvient à voler un camion- citerne, une course poursuite folle s’engage alors !
Mon avis :
Excellent film de la saga des James Bond, « Permis de tuer » adopte un ton totalement différent et « casse » un peu le mythe du célèbre agent secret, ici, pratiquement pas d’humour (exit les vannes habituelles de Roger Moore) mais un ton grave et solennel, une histoire de vengeance simple (on tue un couple ami de Bond et il veut retrouver le coupable) avec une insubordination (son supérieur hiérarchique retire le permis de tuer à Bond qui n’en a que faire et s’échappe) et certaines séquences sont horrifiques (le requin bouffeur, le bac à asticots dans lequel est plongé un assaillant de Bond, le sadisme dont fait preuve Sanchez, la trappe avec le broyeur), bref, on a ici un James Bond très violent, ce qui lui valut une interdiction aux moins de douze ans à sa sortie, chose unique dans toute l’histoire de la saga…
Le choix sur les actrices est, quant à lui, exceptionnel, le tandem Carey Lowell/Talisa Soto nous donne une multitude de scènes où les belles (elles sont canoniques) dévoilent leur charme dans une ambiance volcanique et Timothy Dalton, assez monolithique, fond littéralement sous l’aura déployée par ces deux actrices, véritables sex symbols, au même titre que le furent Ursula Andress ou Diana Rigg, précédentes James Bond girls…
Au niveau masculin, on a droit à des trognes qui collent parfaitement aux rôles de pourris du film, Robert Davi en tête (il a vraiment la tête de l’emploi) et même, fugacement, Everett Mac Gill en flic traitre ; quant au gourou Joe sorti de nulle part et que l’on voit dans le dernier quart d’heure, c’est le sosie de José Garcia !
Pour une fois dans une aventure de 007 l’enjeu n’est pas d’éviter une guerre mondiale ou une catastrophe nucléaire mais s’apparente uniquement à une vengeance personnelle de la part de Bond, ce qui est plutôt rare pour un scénario calibré d’espionnage, tous les efforts déployés vont dans le sens que « justice » soit rendue et le final avec la poursuite en camion- citerne est orchestré avec minutie et sans bourrinages, le spectateur est bluffé, ça barde totalement !
Le thème « Licence to kill » et la musique de Michael Kamen collent bien à l’esprit du film, à la fois classe et prônant la violence comme levier pour une histoire de vengeance somme toute classique, la mise en scène et les décors paradisiaques magnifient l’idée de vendetta pour entrainer le spectateur dans une course folle qui n’aura comme issue salvatrice que la mort des « méchants » et le triomphe de Bond, archétype absolu du héros contemporain…
Même s’il y a un côté manichéen, l’efficacité de John Glen et des scénaristes et l’énergie déployée font qu’une nouvelle fois, on n’a pas le temps de s’ennuyer…
Deuxième et dernier James Bond avec Timothy Dalton, l’acteur aura marqué de son empreinte la saga et il faudra attendre quand même six années pour revoir un Bond sur les écrans (1995 avec « Goldeneye » et Pierce Brosnan), l’attente sera longue, ce qui n’empêche pas de hisser ce « Permis de tuer » au rang d’un des meilleurs Bond des années quatre-vingts…
« Licence to kill », avec son thème musical entêtant, est très réussi et redonne un nouveau souffle à la saga par son côté violent et inhabituel, il est indispensable de l’avoir visionné pour suivre la continuité de la saga des James Bond…

Note : 9/10





samedi 11 mars 2017

Dangereusement vôtre de John Glen, 1985

DANGEREUSEMENT VOTRE
de John Glen
1985
Grande Bretagne/Etats unis
avec Roger Moore, Christopher Walken, Grace Jones, Tanya Roberts, Patrick Mac Nee, Patrick Bauchau, Dolph Lundgren, Alison Doody, Fiona Fullerton
Espionnage/action
131 minutes
Collection James Bond
aka A view to a kill
Musique du générique : Duran Duran
Cascades réalisées par Rémy Julienne
Budget : 30 000 000 dollars
Recettes mondiales : 152 427 960 dollars
Synopsis :
Alors qu’il était en mission en Sibérie, James Bond retrouve une puce électronique sur le corps de l’agent 003 tué pendant un assaut ; de retour aux services secrets en Grande Bretagne, Bond identifie la puce comme appartenant à Max Zorin, un dangereux industriel dont May day, une redoutable femme, est l’amie…
Bond veut pister May Day et la pourchasse du haut de la Tour Eiffel, puis dans Paris, mais cette dernière lui échappe…
Bond se rend incognito aux écuries de Chantilly où Zorin possède des pouliches pour de nombreuses courses hippiques ; essayant d’éviter que les soupçons se posent sur lui, il constate que les chevaux de Zorin sont dopés, il remarque également une jolie américaine, Stacey Sutton…
Pola Ivanova, agent du KGB et également complice de Zorin, est séduite par Bond, elle lui fournit des informations sur les desseins de Zorin : ce dernier souhaite faire exploser  la faille de San Andreas afin d’inonder et détruire la Silicon Valley !
Avec l’aide de Stacey, Bond va tenter d’éviter cette catastrophe…
Mon avis :
Ultime segment de la saga avec Roger Moore dans le rôle de James Bond, ce « Dangereusement vôtre » en est peut être l’un des moins bons (tout est relatif) opus, arrivant à la soixantaine Moore se rendit compte qu’il n’était plus trop crédible et que sa condition physique faiblissait ; néanmoins, le film, dans son ensemble, ne pâtit pas de perte de vitesse grâce à un scénario habile et un rythme prenant en globalité…
Ça démarre sur les chapeaux de roues et John Glen, aguerri à la réalisation des James Bond, connaît les éléments de la recette Bondienne pour faire tourner la baraque, par conséquent, aucun ennui n’est à déplorer durant le visionnage, malgré le jeu hyper plat de Tanya Boberts, qui semble être là pour faire la potiche de service…
Quant à Christopher Walken, il est impérial, en magnat industriel sadique (il se délecte en tuant ses ouvriers à la mitraillette, le jeu de l’acteur passe bien dans le film, le rendant méchant à l’extrême) et Grace Jones, la sculpturale égérie de Jean Paul Goude est très charismatique et n’hésite pas à jouer de son physique lors de péripéties acrobatiques rondement menées (la séquence de la Tour Eiffel est hyper efficace !)…
Comme à l’accoutumée, les décors sont splendides (les écuries de Chantilly, la villa de Stacey, le ballon dirigeable de Zorin –qui nous vaudra un final dantesque avec combat aérien-) et on constate une nouveauté, le côté « film catastrophe » est plus prégnant que d’habitude, certains passages anticipent même le film « Speed », la séquence de l’ascenseur, il n’est peut- être pas fortuit que Jan de Bont s’en soit inspiré puisque c’est un copier/coller neuf ans avant son film…
Lors de l’incendie de l’hôtel de ville, le personnage du chef des pompiers est, par contre, assez grotesque et casse un peu l’ambiance et la poursuite du camion avec les voitures de police, malgré qu’elle soit bien réalisée, ne passe pas niveau crédibilité (le pont qui se soulève puis s’abaisse, on se croirait dans « Les blues brothers » !)…
Dans l’ensemble, on passe un moment agréable et la musique de Duran Duran booste bien « Dangereusement vôtre » qui se suit facilement et reste honnête pour un James Bond, en dépit de quelques erreurs énumérées plus haut…
On lui préfèrera d’autres opus comme « Rien que pour vos yeux » ou « L’espion qui m’aimait » où Moore était plus jeune et vigoureux, bref, il était largement temps qu’il s’arrête…
« A view to a kill » marque la première intrusion de Dolph Lundgren au cinéma dans un rôle de figurant (il était le petit copain de Grace Jones à l’époque et put ainsi figurer au casting comme caméo) et les puristes de la saga noteront que l’on aperçoit Maud « Octopussy » Adams en passante dans une scène de foule…
Faisant moins la part belle aux gadgets, « Dangereusement vôtre » reste sympathique mais loin de figurer au panthéon des meilleurs James Bond, il fait figure de » pallier »  dans la saga, clôturant les prestations de Roger Moore définitivement alors que l’agent secret allait enquiller deux ans plus tard sous les traits de Timothy Dalton dans « Tuer n’est pas jouer »…
« Dangereusement vôtre » est un film « entre-deux » à voir tout de même sans faute, le plaisir demeure bien au rendez-vous et dépayse bien le spectateur, grâce à des moyens financiers conséquents et le personnage de Bond reste toujours hyper rentable pour les producteurs, donc ils auraient eu tort de se priver de mettre en chantier « A view to a kill » (la chanson éponyme de Duran Duran fut le plus gros succès pour un titre de la bande originale d’un James Bond, hissant le hit number one dans les divers tops de l’époque)…

Note : 8.5/10





dimanche 5 mars 2017

OCTOPUSSY de John Glen, 1983

OCTOPUSSY
de John Glen
1983
Grande Bretagne/Etats Unis
avec Roger Moore, Maud Adams, Steven Berkoff, Kristina Wayborn, Louis Jourdan, Kabir Bedi, Michaela Clavell
Espionnage/action
125 minutes
Collection James Bond
Cascades réglées par Remy Julienne
Musique de John Barry
Budget : 27 500 000 dollars
Recettes mondiales : 183 693 619 dollars
Synopsis :
En mission à Cuba, James Bond se fait passer pour le général Toro afin de dérober une arme secrète située sur une base aérienne, il parvient à s’échapper avec l’aide d’une femme et décolle avec un avion dissimulé dans une remorque où se trouvait un faux équidé…
De retour à son poste aux services secrets, il a pour mission de se rendre en Inde…
L’agent 009 est tué alors qu’il parvient de transmettre à l’ambassade un œuf de Fabergé…
Kamal Khan possède l’œuf de Fabergé suite à une vente aux enchères, Bond subtilise le vrai œuf et le remplace par un œuf factice où il a placé un micro qui reste en liaison pour espionner Kamal Khan…
Le général Orlov, un russe, est en désaccord avec sa hiérarchie et s’attire les foudres du président de l’assemblée du ministère de la Défense, il a pour dessein de conquérir une partie de l’Europe en neutralisant les frontières terrestres afin d’attaquer les pays amis de la Russie, sans que ces derniers ne se doutent de l’offensive russe…
Octopussy, une femme mystérieuse, tombe amoureuse de Bond, elle vit dans un palais en Inde et est en liaison avec Kamal Khan et Gobinda, son garde du corps, qui veulent éliminer Bond…
Mischka et Grischka, les deux frères lanceurs de couteaux, sont ceux qui ont tué l’agent 009, ils essaient de piéger Bond et font partie d’un cirque…
Bond se grime en clown et arrive juste à temps pour désamorcer la bombe qu’Orlov avait programmée, en pleine représentation du cirque où se trouvaient le président et les officiers russes…
Par son acte, il évite une troisième guerre mondiale…
Mon avis :
« Octopussy » est un Bond de la grande période Roger Moore, il y est distillé tous les éléments qui font la marque de fabrique de la saga, toujours très distrayante et avenante, avec des seconds rôles savoureux et des femmes plus sexuées que d’habitude (le harem, Octopussy, Magda, la jolie blonde et la cubaine du début du film) et Roger Moore affiche une grande forme malgré ses 55 ans (c’est son avant dernier film où il incarne James Bond, après « Dangereusement vôtre », il sera remplacé au pied levé par Timothy Dalton)…
Ce qui frappe dans « Octopussy », c’est la richesse des péripéties et les cascades (ça n’arrête pas !), notamment le passage avec le train et l’entame avec la fusée missile à tête chercheuse, là, John Glen fait preuve d’une très grande efficacité avec un timing précis et imparable et ce, pour le plus grand plaisir du spectateur…
C’est l’apothéose totale et on ne peut reprocher à « Octopussy » un sens de la dynamique car il est omniprésent, c’est filmé à 200 à l’heure et l’application déployée à rendre possibles des séquences incroyables force le respect…
Maud Adams n’apparait qu’au bout d’une heure et pourtant c’est elle le personnage principal du film, elle semble traitre et finalement, tombe dans les bras de Bond, pour l’aider face aux russes…
La scène aérienne est époustouflante et sincèrement ça a dû être hyper dur pour la mettre en scène, on est bluffés et tout passe impeccable, c’est de l’ILLUSION PURE, les mécanismes de trucage et de montage font qu’on y voit que du feu, du très grand cinéma…
L’idée du cirque est très intéressante et désamorce le personnage de James Bond par le grimage en clown, Moore ne se prend pas du tout au sérieux et cela le rend attachant et sympathique, même s’il l’était déjà énormément auparavant…
La poursuite dans les rues indiennes est fort bien amenée avec des figurants qui semblent être de véritables habitants indiens, ça n’a pas dû être évident à tourner et coordonner et John Glen s’en tire avec les honneurs…
La pieuvre dans l’aquarium est un hommage au « facehugger » du premier « Alien » lorsque l’assaillant se la prend en plein visage, « Octopussy » est bourré d’hommages avec le cri de « Tarzan » lorsque Bond passe de liane en liane lors du « safari » meurtrier (il fallait oser !)…
Bref, c’est du vrai cinéma d’entertainment, sans prétention et calibré uniquement pour contenter le spectateur friand d’action, de rythme, d’aventures, de beaux décors et de belles femmes, tous ces ingrédients sont assaisonnés avec un énorme talent et le succès sera, une nouvelle fois au rendez-vous, le film cartonnant au box-office…
Un régal qui communique son énergie et sa bonne humeur et qui fait un bien fou, comme une décharge de positivité face à la morosité ambiante, « Octopussy », tout comme les autres James Bond, est une pure pépite de cinéma, je ne vois pas en quoi on lui reprocherait quoique ce soit, c’est du loisir de très grande qualité, que l’on aurait tort de bouder…
Ne passez pas à côté de ce James Bond, c’est du pur plaisir, heureusement qu’on a ces films, c’est une nouvelle fois du bonheur absolu !

Note : 9.5/10





samedi 4 mars 2017

Le vampire et le sang des vierges d'Harald Reinl, 1967

LE VAMPIRE ET LE SANG DES VIERGES
d’Harald Reinl
1967
Allemagne
avec Lex Barker, Karin Dor, Christopher Lee, Christiane Rucker, Carl Lange
Film fantastique gothique
80 minutes
Inédit en DVD en France
d’après Edgar Allan Poe
aka Die schlagengrube und das Pendul
aka Castle of walking dead
Synopsis :
Un village d’Europe, du temps de l’inquisition…
Le comte Regula est condamné à la peine capitale par un juge, son bourreau se rend dans le cachot où il croupit et lui annonce qu’il sera écartelé, la guillotine étant une souffrance trop infime pour ce que Regula a commis, l’assassinat d’une douzaine de vierges du village à qui il a vidé le sang…
Regula est donc écartelé en place publique…
Trente- cinq ans plus tard, Roger, un avocat rend visite à un de ses clients qui est unijambiste, dans la même ville où fut tué Regula, il rencontre la baronne Liliane de Brabant, une très belle jeune femme…
Roger doit se rendre au château de Regula, le prêtre Fabien, un homme hédoniste, lui propose de l’accompagner ; de fil en aiguille, la baronne Liliane de Brabant et son amie Babette sont attaquées par de mystérieux hommes cagoulés, Roger et Fabien les sauvent in extremis et leur donnent refuge dans leur diligence…
Le cocher meurt d’un arrêt cardiaque lorsqu’ils traversent de nuit une forêt où se trouvent des membres humains aux arbres ainsi que des pendus ( !)…
Finalement, Roger, Fabien, Liliane et Babette arrivent au château de Regula…
Anathol, le valet de Regula, va leur délivrer un terrible secret et va les torturer dans les caveaux du château !
Alors que Regula arrive, les quatre personnes comprennent qu’elles n’en réchapperont pas vivantes…
Mon avis :
Extrêmement sympathique, ce « Vampire et le sang des vierges » (quel titre !) est simplement une déclinaison germanique des codes vampiriques instaurés par ses prédécesseurs, les films de la Hammer et ceux de Mario Bava ou Riccardo Freda ; Harald Reinl n’est pas un réalisateur novice puisqu’on lui doit les films de la légende allemande des « Nibelungen », il connaît donc parfaitement l’imagerie fantastique au cinéma et sait rendre compte du caractère gothique et s’en sort merveilleusement bien…
Lex Barker (sosie de l’acteur de X, Christophe Clark) et la splendide Karin Dor (ex James Bond girl) forment donc un couple très beau et le personnage de Fabien, faux prêtre et vrai brigand, donne un aspect bourru au film et est très bavard (ah la pintade aux morilles et autres facéties), Christopher Lee possède un rôle mis au second plan, Harald Reinl ne semble l’avoir embauché que pour le « gimmick » du personnage (Dracula n’est pas n’importe qui !)…
Reinl nous gratifie de bestioles horribles (petites mygales, serpents, rats, vautours) et donne des couleurs pastel que n’aurait pas renié Mario Bava (le passage avec les nuages rouges, la séquence de la forêt), bref on est en plein dans l’âge d’or du gothique teuton avec des peintures proches de celles de Jérome Bosch, servant à parfaire les décors du château, l’effet est sidérant !
On ne croit pas une seconde à l’épilogue un peu nunuche du film où les « gentils s’en sortent bien » mais peu importe, le plaisir est au rendez-vous et le postulat se suit avec grande délectation, la durée courte du film ne changeant rien à la jubilation qu’il procure…
Bon enfant et très réussi, « Le vampire et le sang des vierges » est un archétype candide du film gothique européen et possède des séquences inoubliables, des trognes patibulaires mais presque et un ton insouciant qui fait bien plaisir à voir, Reinl ne se casse pas la tête et décline un hommage à sa sauce aux films de la Hammer…
Tourné la même année que « Le bal des vampires », « Le vampire et le sang des vierges » reste mineur par rapport à l’immense film de Polanski mais demeure cependant un must have pour tous les adeptes de gothique vampirique, d’autant plus qu’il est rare et n’est jamais sorti en DVD en France…
Il n’y est, en définitive, jamais question de vampirisme au sens frontal du terme (personne ne suce le sang) mais plutôt de caveaux, de tortures et bourreaux (un peu comme pour « La marque du diable » en beaucoup moins violent) mais il est sûr et certain que « Le vampire et le sang des vierges » contentera nombre d’aficionados du genre…
A noter une musique hyper tonitruante qui risquera d’agacer ou de décontenancer certains spectateurs, pour les autres, le film passe comme une lettre à la Poste…
Un DVD chez Artus films serait idéal et bienvenu !
A découvrir et à réhabiliter, « Le vampire et le sang des vierges », outre sa sincérité évidente, reste l’exemple typique du film fantastique germanique de la fin des années soixante…

Note : 9/10