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lundi 31 décembre 2012

THE KING OF NEW YORK d'Abel Ferrara, 1990


THE KING OF NEW YORK

d'Abel Ferrara

Etats Unis

1990

avec Christopher Walken, Lawrence Fishburne, Wesley Snipes

97 minutes

Polar atmosphérique

Synopsis :

Malfrat de très grande envergure, Frank White sort de prison après y avoir purgé une longue peine...

Il a été trahi par divers trafiquants et commence par faire un ménage par le vide en abattant méthodiquement tous ceux qui ont pris la part du gâteau lorsqu'il était incarcéré...

Frank White ne fait pas l'unanimité au sein de la pègre new yorkaise et plusieurs de ses acolytes sont arrêtés par la police, qui jure de le mettre hors d'état de nuire par la même occasion...

White copine avec des trafiquants de cocaïne hyper violents et semble ne voir qu'une seule issue à son rêve fou et mégalomane : financer un hôpital local risquant de fermer pour cause de faillite...

Il se voit même déjà maire de la ville !

Mais il se retrouvera rattrapé par son lourd passé et les fusillades reprendront de plus belle !

Mon avis :

Abel Ferrara a déjà prouvé par le passé et par le biais d'une filmographie prolixe qu'il s'attachait aux personnages barrés ou hors des normes habituelles...

"The King of New York" ne déroge donc pas à la règle et on assiste à un spectacle édifiant et sans fioritures sur le crime organisé qui ne ménage pas les effets sanglants tout en refusant de céder à la facilité...

Il y a une véritable recherche technique dans le film, qui se vit de l'intérieur, un peu comme en apesanteur, avec une variation de séquences planantes voire oniriques (comme l'avion qui décolle au dessus de l'hôtel ou la fusillade nocturne finale retranchée dans les quartiers pauvres de New York)...

Walken n'a pas besoin d'en faire des tonnes, son regard ou sa prestance suffisent largement à faire de lui un personnage ultra charismatique, Ferrara le sait et exploite l'aura de son comédien avec le plus grand aplomb et la meilleure direction d'acteur qu'il soit, adaptant chaque plan en conséquence...

"The King of New York" est un polar à part, avec certes des fusillades et des gunfights, mais dégageant une classe, un cisèlement dans les enchaînements rarement vu pour un film de gangsters, on peut considérer qu'il s'agit d'une des oeuvres les plus travaillées de Ferrara, il s'est particulièrement appliqué à rendre une atmosphère singulière, tentant de briser les conventions pour au final réussir son pari prodigieusement...

Crépusculaire, brutal et en même temps délicieusement raffiné, le métrage se savoure de façon langoureuse et on devine une compassion de Ferrara pour Frank White, on a l'impression qu'il filme une divinité ou un surhomme que rien ne semble ébranler et qui passe à chaque fois entre les mailles du filet, tel un poisson au sein d'une rivière peuplée de piranhas...

La dimension d'opposition frontale entre les forces de l'ordre et la pègre est quelque peu ambigu car les crapules ne sont pas toujours du côté que l'on pourrait croire, les flics outrepassant leurs pouvoirs et pratiquant la self justice via moult tabassages aussi intempestifs qu'injustifiés...

Un très grand crû Ferrara qui apporta beaucoup au renouveau du polar en transition entre les années 80 et 90...

A voir absolument...

Note : 9/10





jeudi 27 décembre 2012

OGROFF de Norbert Moutier, 1982


OGROFF

aka Mad Mutilator

de Norbert Moutier

France

1982

avec Howard Vernon, Christophe Lemaire, Jean Pierre Putters, Bruno Terrier

87 minutes

Slasher gore amateur

Synopsis :

Un bûcheron psychopathe armé d'une hache terrorise et annihile un par un tous ceux qui ont le malheur de fouler la forêt qu'il occupe...

De plus ce tueur en série est cannibale et n'hésite pas à dépecer ses victimes et à dévorer leurs viscères !

Dans sa bicoque il y a un sous sol d'où s'évade une horde de zombies affamés !

Une jeune femme parvient à s'en échapper et pense pouvoir trouver secours en la personne d'un vieil automobiliste...

Elle va tomber de Charybde en Scylla...

Mon avis :

Tourné entre potes par de vieux briscards fans de films fantastiques, "Ogroff" est un pur régal  !

Sans le moindre budget mais avec des moyens rudimentaires, le métrage est bricolé de façon artisanale et souffre d'une absence de scénario...

Mais on s'en fiche !

Ce qui prévaut ici, ce sont les scènes gore et l'ambiance terrible qui règne...

La forêt d'Orléans sert de cadre à un jeu de massacre réjouissant, tremplin vers un exutoire dont on se demande bien quelle sera l'issue !

Moutier assume totalement et va jusqu'au bout de son délire, ce qui force le plus grand respect !

L'arrivée des zombies sert de levier à l'intrigue et rebooste le film qui commençait un peu à tourner en rond, comme s'il devenait victime de ses limites, ce qui prouve l'intelligence de Moutier et sa bande de vouloir continuer encore plus loin dans l'horreur et le sensationnel !

Il y a énormément de sincérité dans "Ogroff" et bien sûr aucune prétention : on est entre potes, on prend notre temps libre et on s'amuse ! et on communique notre plaisir aux autres...

Une sympathie incroyable se dégage de certaines scènes et les références à "Texas Chainsaw Massacre" et "Night of living dead" sont apparentes, évidentes, voulues et clairement revendiquées par Moutier...

La présence d'Howard Vernon qui apparaît à la fin pendant quelques minutes est fort bien amenée et l'enchevêtrement des situations (toutes plus barrées les unes que les autres) fait que l'on n'a pas le temps de s'ennuyer...

"Ogroff" est un grand portnawak où rien n'est calculé mais que l'on savoure et apprécie pour sa naïveté touchante et sa bonne volonté affichée...

Le DVD sorti chez Artus films est à se procurer absolument...

Trente ans plus tard, le statut de "film culte" ne se dément pas et l'impact candide et indémodable d'"Ogroff" reste toujours bien présent...

Note : 8.5/10 (pour la sincérité de l'entreprise et le fait que le film soit extrêmement touchant)





mardi 25 décembre 2012

The Dark Knight rises de Christopher Nolan, 2012


THE DARK KNIGHT RISES

de Christopher Nolan

Etats Unis

2012

avec Christian Bale, Gary Oldman, Michael Caine, Morgan Freeman, Tom Hardy, Anne Hathaway, Marion Cotillard

155 minutes

Comics adapté au cinéma de façon prodigieuse

Synopsis :

Bruce Wayne alias Batman vit reclus dans son manoir avec comme seule présence celle de son fidèle majordome, il est très affaibli...

Un dangereux psychopathe terroriste, Baine, prend en otage les habitants de Gotham City par  le biais d'une arme chimique, une bombe à neutrons surpuissante !

Capturant Batman, ce dernier réussit quand même à s'évader...

Après un entraînement physique et doté de nouvelles armes, Batman se relève et décide d'appliquer la justice...

Un combat sans merci est désormais enclenché et rien ne pourra juguler la rage de Batman, prêt à tout pour en découdre...

Les douze millions d'habitants de la ville ne trouveront leur salut qu'en la bravoure dont fera preuve Batman car l'intégralité des forces de police a été piégée par Baine et se retrouve bloquée sous terre !

Mon avis :

Pour son ultime volet de sa trilogie, Nolan a mis le paquet et "The Dark Knight rises" est une réussite absolue, un palier du film de super héros est désormais franchi et Nolan a atteint la perfection, l'ultime, le rêve total pour tout fan de Batman...

Il y a énormément de thématiques abordées dans "Dark Knight rises" comme la bravoure, la peur, le combat contre la peur, le mythe de Sisyphe, le renouveau mais aussi la mort, la trahison et le déni des évidences !

Tom Hardy en criminel sanguinaire, sorte de mix entre Hannibal Lecter et Darth Vader, fait vraiment figure de méchant face à un Batman résigné et fatigué...

Mais cette force qu'il a dans son fore intérieur, qu'il ira puiser jusqu'au fond de ses tripes le boostera pour que la justice reprenne ses droits...

Les effets spéciaux sont incroyables et on est tétanisé (surtout la première scène ou le passage du stade de football), ça n'arrête pratiquement jamais !

L'idée du "vaisseau volant" de Batman, la présence de Catwoman (superbe Anne Hathaway) confèrent à une grâce instantanée et le spectateur accepte de suite les libertés scénaristiques prises par Nolan qui se démarquent par leur modernité de tout ce qui avait été vu auparavant (notamment dans les films de Burton)...

Ici on est vraiment dans l'actioner pur, teinté de doutes mais d'une surpuissance indéniable !

La pointe de la technologie, une histoire imparable et un rythme infernal et vrombissant font de "The Dark Knight rises" une référence du blockbuster contemporain, avec l'intelligence de traitement en plus !

Il faut le voir même en étant réfractaire à tout ce pataquès inhérent à chaque grosse sortie pour un métrage de cet accabit, surmédiatisé jusqu'à l'outrance...

Passons outre de tout ça !

Ce qui reste intact c'est le plaisir du cinéma, du divertissement et l'intensité que ces derniers nous offrent...

Prodigieux et jubilatoire, "The Dark Knight rises" est une pierre angulaire du cinéma d'entertainment actuel et son succès est amplement mérité...   

Note : 9/10




lundi 24 décembre 2012

4 de l'apocalypse de Lucio Fulci, 1975


4 DE L'APOCALYPSE

de Lucio Fulci

Italie

1975

avec Fabio Testi, Tomas Milian, Lynne Frederick, Donald O'Brien

105 minutes

Western fantastique

Synopsis :

Dans un coin perdu du Far West, une femme de 19 ans ex prostituée, un joueur de poker roublard, un barbu alcoolo dépendant au whisky et un vigoureux gaillard noir se font chasser manu militari par le shériff local, ils partent pour un voyage vers nulle part, qui doit durer plusieurs jours, sur une vieille charrette, espérant trouver un endroit où ils pourront s'installer durablement...

Très vite le joueur de poker tombe amoureux de Bunny, la jeune fille volage au charme incendiaire... qui s'avère être tombée enceinte !

Ils font la rencontre fortuite d'un cheyenne sans foi ni loi et d'un sadisme hors normes, qui violera Bunny et torturera les autres acolytes, sans la moindre repentance, mais en leur laissant la vie sauve !

Sans rien à se mettre sous la dent et devant affronter des conditions climatiques défavorables, nos protagonistes vivront des aventures hors du commun et traverseront des embûches stupéfiantes jusqu'à un final que nul n'aurait pu envisager !

Mon avis :

Lucio Fulci est un réalisateur incroyable qui est souvent là où on ne l'attend jamais !

Avec ce "4 de l'apocalypse" (quel titre ! à la fois énigmatique et attisant la curiosité), il délivre un genre en état de déliquescence (le western spaghetti) et le fait éclater par le biais du cinéma fantastique de façon sidérante, imbriquant des touches oniriques presque "felliniennes", le tout avec une intelligence de traitement remarquable !

Le lot de sadismes inhérent au cinéma du Maestro est présent également mais distillé avec la plus grande parcimonie, Fulci se consacrant davantage à un aspect moins populaire qu'ésotérique...

Il n'a pas choisi la facilité et son métrage risque de déconcerter les aficionados de Sergio Leone ou des westerns transalpins qui florissaient entre 1965 et 1970, la singularité de "4 de l'apocalypse" réside justement dans sa manière de ne rien faire comme ses prédécesseurs, transgressant les conventions et ouvrant à l'extrême les perspectives et les possibilités, que ce soit au niveau des décors que du scénario !

Les gunfights avec impacts de balle saignants n'arrivent qu'au prologue pour que l'action pure et dure laisse place à l'investigation et au voyage, voyage au bout d'un enfer que les personnages vont prendre en pleine face, la faim, le froid, la douleur seront bien retranscrits et l'ignoble aura lieu jusqu'à une séquence de cannibalisme qui provoquera l'effroi !

Au niveau de l'interprétation, Testi est littéralement habité par son rôle, Milian est incroyable de folie et de sadisme, et on retrouve même la trogne patibulaire de Donald "Zombie Holocaust" O' Brien en shériff...

Il y a un atypisme fulgurant dans "4 de l'apocalypse" que l'on ne retrouve nulle part ailleurs et qui en fait son intérêt et sa qualité, loin de tous les stéréotypes habituels...

Fulci a frappé très fort et ce western hors normes restera inoubliable car novateur !

Véritable coup de pied dans la fourmilière, il possède une aura si singulière qu'il s'avère inimitable, témoignant de la force exceptionnelle qu'avait Fulci pour donner sa "touch'" dans ses films...

Note : 10/10




dimanche 23 décembre 2012

Caligula de Tinto Brass, 1979


CALIGULA

de Tinto Brass supervisé par Bob Guccione

1979 - Italie/Etats Unis

150 minutes

avec Malcolm Mac Dowell, Teresa Ann Savoy, Peter O' Toole

Péplum érotique

Synopsis :

Rome païenne, entre 37 et 41 après Jésus Christ.

L'avènement au pouvoir et les tenants et aboutissants de la gouvernance de Caligula, sombre empereur à la folie démesurée, ne reculant devant aucun stratagème pour asseoir sa domination et sa dominance....

Son quotidien sera fait uniquement de luxures en tous genres, d'inceste avec sa soeur Drusilla et de sacrifices dans une débauche de sang et de sperme...

Le film part de la mort de son prédécesseur César jusqu'à l'issue du règne de Caligula qui se clôturera dans le sang !

Tinto Brass prend le parti pris de ne rien nous épargner et les trois quarts du film sont constitués de partouzes gigantesques où rien n'est occulté au niveau sexuel...

Vous êtes avertis !

Mon avis :

Tinto Brass est un excellent réalisateur de films érotiques et il l'a prouvé maintes fois, ici, avec "Caligula" il accède à un nouveau niveau dans l'érotisme et parvient à débrider encore plus les limites de ce genre, flirtant carrément avec la pornographie au sens large et noble du terme...

Dans "Caligula" Brass nous gratifie donc de fellations, de pénétrations, d'éjaculations ce qui nous permet de dire que son métrage est donc classé "X"...

Le cul entre deux chaises, du X avec des acteurs professionnels célèbres (Malcolm "Clockwork orange" Mac Dowell en roue libre, Peter O'Toole "Lawrence d'Arabie" excusez du peu), "Caligula" part complètement en live au bout d'une demie heure !

Bob "Penthouse" Guccione (fondateur de la revue érotique culte) n'y va pas de main morte et injecte ses plus beaux (top) modèles pour les scènes orgiaques et ça arrive vite à saturation tant le condensé se plaque sans arrêt pratiquement jusqu'au final !

Pété de thunes, "Caligula" mise grave sur les décors, certes impressionnants mais faisant quelque peu carton pâte recyclé, la mise en scène est statique et parfois symétrique, mais on aurait préféré plus d'extérieurs, plus de décors naturels, le film se concentrant à 80 % aux intérieurs du palais, alors qu'avec des moyens ambitieux comme ici, l'infériorité numérique géographique fait quelque peu pâtir l'ensemble....

Tinto Brass semble prisonnier du budget faramineux qui lui a été confié et dès lors, perd un peu de son originalité, comme par exemple dans "Miranda", pour se contenter de filmer des copulations sans arrêt ad nauseam, ce qui décrédibilise le métrage, on aurait aimé moins d'excès et plus de recherches sur la pathologie de Caligula, quitte à employer l'onirisme, comme lors de la scène d'introduction, magnifique et lyrique....

On perd pied un petit peu quand même, trop d'excès finit par tuer l'excès !

Ceci étant, Caligula était un personnage excessif, mais il aurait fallu éviter de tomber dans le piège de l'outrance à tout prix et essayer de mettre en lumière l'aspect "malade" de l'empereur romain et non dresser un constat abrupt et déjanté comme l'a fait (professionnellement il est vrai) Tinto Brass...

Il faut plusieurs jours pour digérer le visionnage de ce film, riche, opulent et très (trop ?) chargé en érotisme mais qui reste néanmoins sympathique et témoignage d'un certain cinéma de la fin des années soixante dix, impossible à refaire de nos jours...

Note : 8.5/10






samedi 22 décembre 2012

KICK ASS de Matthew Vaughn, 2010


KICK ASS

de Matthew Vaughn

Etats Unis/Angleterre

2010

avec Nicolas Cage

117 minutes

Geek movie super héros

Synopsis :

Etats Unis, de nos jours...

Un ado geek nourri aux comics et aux nouvelles technologies devient un super héros en enfilant la panoplie de "Kick Ass"...

Il n'a aucun super pouvoir mais de fil en aiguille il va se projeter dans la vie d'un super héros après avoir accompli des actes de bravoure (il défend un truand qui se faisait tabasser, internet et le public feront le reste pour le hisser au rang de mythe)...

Une fille du lycée dont il est amoureux le prend pour un homosexuel et éprouve finalement de l'attirance pour lui !

Un effet boule de neige se produit et il se retrouve affublé de Hit Girl, Big Daddy et Red Mist...

Ensemble ils vont combattre un mafioso qui règne sur la ville afin de faire triompher la justice !

Mon avis :

"Kick ass" est un métrage absolument jubilatoire qui oublie tous les codes du genre de films de super héros par une démarcation intelligente et furibarde d'un style essoufflé...

Un pur délire de geeks mais pas si délirant que ça ! car très travaillé au niveau d'un scénario qui met directement, dès les premières secondes, le spectateur en état de plaisir et d'attention !

Et ça n'arrête quasiment jamais !

Un sens du rythme soutenu, des passages bluffants de maîtrise technique, des personnages attachants, de la violence et surtout un côté politiquement incorrect fort bien amené confèrent au qualitatif d'un film survolté, déjanté et extrêmement jouissif !

Certains passages rappellent un peu le premier "Matrix" (l'assaut dans l'immeuble) mais ce qu'il y a de bien c'est que "Kick Ass" ne pompe personne !

Une originalité totale dans le traitement et un humour féroce réussit à opérer de façon magique en démultipliant l'action créant une multiplicité de surprises gigantesques pour renouveler les films de super héros de manière prodigieuse et inespérée !

Pour une oeuvre de ce calibre, il fallait mettre le paquet et bien oui TOUT A ETE MIS !

On n'est pas près d'oublier Hit Girl, d'une douzaine d'années, maniant le couteau et le sabre comme personne ou Nicholas Cage, incroyable dans son rôle de "néo Batman", revigorant le bestiaire des Marvel Comics avec aplomb et ténacité...

La mise en scène est parfaite, je ne vois pas ce qu'on peut reprocher à un film de cette trempe que même les néophytes ou réfractaires prendront plaisir à visionner...

"Kick Ass" n'est pas prétentieux donc très accessible et occulte l'ésotérisme inhérent aux films de super héros précédents, "Kick ass" c'est vous c'est moi, c'est n'importe qui et en même temps tout le monde !

Un grand bravo et encore merci de nous avoir offert un film pareil qui, franchement, restera dans les annales du film de comics des années 2010 !

Note : 10/10





samedi 15 décembre 2012

L'été de Kikujiro, de Takeshi Kitano, 1999


L'ETE DE KIKUJIRO

de et avec Takeshi Kitano

Japon

1999

115 minutes

Comédie dramatique

Synopsis :

Japon, de nos jours pendant un été...

Masao, un garçonnet, vit avec sa grand mère, il n'a pour ainsi dire jamais rencontré sa mère et elle lui manque... Il rêve de la retrouver...

Le premier jour des vacances scolaires, il fait la connaissance de Kikujiro, un vieux briscard sur le retour, vivant de petits trafics...

Il décide tous les deux de faire une "virée" pendant quelques jours, afin de rendre visite à la mère de Masao...

Sur leur route ils vont faire la connaissance de personnes originales et accumuleront les situations inopinées et délirantes...

Mon avis :

Kitano, fer de lance incontestable du cinéma japonais, fait ici une nouvelle fois preuve de sa sensibilité et de son talent pour nous pondre un de ses films les plus personnels, qui n'est pas sans rappeler (dans un style différent) la trame de "The Kid" de Charlie Chaplin, témoignage d'une amitié fraternelle entre un gamin haut comme trois pommes et un homme mûr à la limite du looser...

Kitano agrémente d'onirisme un récit épuré peuplé d'une galerie de protagonistes sortis de nulle part et le métrage se (dé)compose en cartes postales fragmentées de manière inventive et rigoureuse...

Une densité dramatique permet d'insuffler  un tremplin mélancolique à l'intrigue proche du road movie voire de l'errance sans but réel, mais cette tristesse (souvent le gamin fond en larmes) est désamorcée rapidement par la cocasserie de situations très burlesques...

Comme toujours la nature est filmée de manière solennelle et se valorise avec des trouvailles (photo)graphiques et parfaitement exploitées (la vue de la libellule, la piscine, les jeux enfantins avec les bikers, l'amulette "gri gri" faisant apparaître un ange du ciel)...

Kitano nous gratifie de cadrages très beaux et dirige ses acteurs avec grande application, faisant "rentrer" le spectateur dans une histoire volontiers casse gueule car ayant pu être victime de ses limites...

Mais il n'en est rien !

"L'été de Kikujiro" est un métrage très bien réalisé et qui se suit avec le plus grand plaisir !

Encore une fois le Japon offre un panel de ses talents et se démarque par son originalité croissante et bluffante...

Empreint de la plus grande légèreté et transcendant des situations banales en petits bijoux cinématographiques, "L'été de Kikujiro" reste précieux et nous offre l'opportunité de découvrir un contexte environnemental à cent lieues de celui que nous avons l'habitude de voir...

Sans cesse inventif et réellement intéressant pour acquiescer et comprendre la démarche et l'approche stylistique de Kitano, ce film est à voir toutes affaires cessantes, il est reposant et beau, voire même émouvant...

Note : 8.5/10



TENEBRES de Dario Argento, 1982


TENEBRES

de Dario Argento

aka Shadows aka Unsane aka Tenebre

Italie

1982

avec Anthony Franciosa, Daria Nicolodi, John Saxon, Giulano Gemma, Christian Borromeo, Ania Pieroni

Policier horrifique

105 minutes

Synopsis :

Peter Neal est un écrivain à succès catalogué dans les polars...

Il se rend à Rome pour promotionner son dernier opus "Tenebre"...

Il se retrouve harcelé puis menacé par un mystérieux tueur en série qui reproduit à l'identique les meurtres décrits dans son livre...

Devant l'inefficacité de la police, Neal, avec l'aide de son assistante, décide de mener l'enquête de son côté !

Mon avis :

ATTENTION GROS SPOILERS IL EST IMPERATIF D'AVOIR DEJA VU LE FILM AVANT DE LIRE CE QUI SUIT !!!!!!!

Se basant sur une situation vécue par Argento himself, "Ténèbres" est dans la monochromie le meilleur film de ce dernier !

Accumulant un scénar tortueux, des passages hypra gore et une interprétation infaillible, "Ténèbres" pousse très loin dans le côté pathologique du tueur, ce dernier profitant d'un levier pour rendre possible un catharsis qu'il croit dédouané...

Surfant sur une enquête balbutiante, il fait ressortir ses pulsions sordides et anxiogènes pour faire porter le chapeau au premier meurtrier mais la raison et la logique finiront par le rattraper !

Il faut plusieurs visionnages pour tout piger tant la complexité du métrage s'avère pointue (comme les lames du tueur !)...

Utilisant la caméra Louma, Argento fluidifie les meurtres les rendant presque cristallins eu égard à une stylisation de ceux ci via des mouvements paramétrés au millimètre près...

Aucune seconde, aucun plan n'est laissé au hasard, se succédant en divers rééquilibrages sur le scénario avec un dénouement infernal et d'une maîtrise complète, la perfection est atteinte et Argento repousse les limites d'un genre en déclin (le giallo)...

Il y a un côté très intéressant dans la personnalité de Peter Neal (son passé, sa vie amoureuse et sa culpabilité insoupçonnée, le fait qu'il soit témoin -ou acteur- d'un traumatisme post pubère) et l'ambiguïté de son parcours amène beaucoup de questionnements, faisant gamberger le spectateur pour qu'au final, Argento retombe sur ses pattes (car tout est crédible et étudié pour)...

Antinomique et symétrique à "Suspiria" (qui était son film Bavaien, coloré, bariolé et polychrome) et se rapprochant plus dans la texture de "Profondo Rosso" par l'aspect glacé, froid et d'une blancheur raide, "Ténèbres" anime les facettes du Maestro comme la palette d'un peintre qui joue avec les couleurs et les expérimentations...

Selon mon humble avis "Ténèbres" est un pur chef d'oeuvre et produit un impact saisissant et implacable, c'est un "film-piège" qui laisse des séquelles, atmosphérique, violent et montrant une névrose, comme peu d'autres métrages ont pu le faire au cinéma...

Note : 10 / 10








dimanche 9 décembre 2012

RUNNING WILD German Heavy Power Speed Metal


RUNNING WILD

Heavy Speed Allemand

Ecrémant depuis des décennies le heavy metal teuton, Running Wild est avant tout un homme, leader incontesté du combo et ce, au fil du temps, Rolf Kasparek surnommé "Rock n'Rolf"...

Dès la première production discographique le succès est immédiat ("Gates to purgatory" sort en 1983 mais le groupe a déjà cinq années d'expérience derrière lui, multipliant les concerts et les démos !)...

Orienté black heavy aux abords sataniques, cet album est une perle, une exception dans un genre balbutiant, osant tout et se plaçant comme précurseur, pillé plus tard par des tas d'autres, référence absolue !

S'enchaînent métronomiquement des galettes imparables de technicité et fabuleuses d'intensité où chaque titre s'imprègnent directement chez l'auditeur !

1985 marque un tournant puisque Running Wild adopte un look pirate qu'ils conserveront pendant une vingtaine d'années...

Kasparek fait toujours preuve d'une habileté et d'une précision déconcertantes et ses solos fabuleux témoignent d'une dextérité hors normes, notamment "Fight the fire of hate" sur "Black Hand Inn" (1994) ou "Timeriders" sur "Victory" (2000)...

Pratiquement tous les deux ans, l'offrande miraculeuse ne dévie pas d'un iota avec une caractérisation à laquelle les fans seront habitués et aguerris !

Plusieurs "live" et "best of" émaillent une discographie déjà particulièrement fournie, mais pas feignante, puisque les bougres ont pris l'effort de réenregistrer de vieux morceaux, leur offrant une seconde jeunesse...

En fait, Running Wild fait toujours très fort car ils ont pu impulser un renouveau en faisant sans arrêt des HYMNES que tout le monde reprend ("Prisoners of our time", "Whirlwind", "Lonewolf", "Raging fire" et récemment "Me and the boys" en sont de parfaits exemples, moteurs d'un savoir faire certain pour faire headbanger le métalleux qui sommeille en nous !)...

En 2005, le groupe fait un break et on envisage un "split", Kasparek pensant avoir tout fait et délivré le maximum de ses capacités !

Le bougre était à saturation...

Et sept ans plus tard, MIRACLE !

Running Wild sort un nouvel opus, toujours dans la même veine heavyesque intitulé "Shadowmaker" et qui s'avère un des meilleurs albums Métal de 2012 !

Pour conclure, disons que Running Wild a apporté énormément au Métal germanique et au Métal tout court...

Running Wild est au heavy power speed ce que Helloween est au heavy thrash, EUX les premiers, EUX les précurseurs, REPRIS ET DEVALISES par des dizaines de groupes comme Hammerfall et consorts !

Ils étaient là AVANT TOUT LE MONDE, ce furent les PREMIERS !

Respect total et longue vie à Rolf Kasparek pour qu'il continue à nous sortir des albums dont seul lui a le secret, encore pour des années !

RUNNING WILD TIL' DEATH !!!!!!!!