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samedi 26 mai 2012

BRONSON, 2009 avec Tom Hardy


BRONSON

2009

Polar carcéral biographique





La vie de Charles Bronson est raconté sur une scène, sous forme de one-man-show, avec de nombreux flashback et un humour noir.





Né dans une famille de classe moyenne respectable, Peterson, dit Charles Bronson, est connu pour avoir passé la majeure partie de sa vie dans des lieux de privation de liberté, prison et asile psychiatrique. Il a passé 34 ans en internement carcéral et psychiatrique, dont 30 à l'isolement[1]. Il est devenu l'un des plus dangereux détenus d'Angleterre.





L'homme a une susceptibilité qui anime en lui une force et une violence difficilement égalables et possède un sens artistique marqué d'humour et d'une folle quête de célébrité.



La prison lui apparaît être son lieu d'expression artistique. Il lui semble que son art est dans une vaine résistance à une oppression dont il provoque le jusqu'au boutisme, dans un esprit quasi-suicidaire. En prison, il rencontre un professeur d'art qui lui promet sa liberté et sa célébrité s'il fait profil bas. Il le prend en otage et demande en échange à écouter de la musique.



Source : wikipedia



Qualité certaine dans son fond comme dans sa forme, aussi bien l’intrigue (passionnante) que le traitement de cette dernière, « Bronson » se révèle être un joli uppercut asséné au spectateur bluffé par tant de maestria et d’intelligence, peut être l’héritier (in)direct du Alex de « Clockwork Orange » de Kubrick, eu égard à une similitude flagrante entre les deux métrages…





Mise en scène parfaite, composition de Hardy magistrale, décors placés de manière fulgurante, on aboutit au final à une prodigieuse leçon de cinéma, servie par un message pour le moins laissant dubitatif un spectateur hagard et collapsé !





La pérennité de l’intrigue et les faits qui y sont relatés amènent indubitablement à poser une réflexion sur le sens des valeurs humaines et la projection de celles-ci face à la résistance physique d’un homme face à l’isolement via l’incarcération…





En outre, un exemple de ce que devrait être le « film de prison » de nos jours !





Une claque totale !



Note : 9.5/10



DEVIL STORY de Bernard Launois, 1985


DEVIL STORY aka Il était une fois le diable

De Bernard Launois

France

1985

Nanar fantastique



Un monstre à visage humain et à moitié défiguré en costume de SS terrorise une région champêtre de Normandie et tue sauvagement les personnes qu'il croise. C'est alors que des automobilistes tombent en panne sur la départementale non loin de là. Se rendant dans une auberge à proximité, ils apprennent de leurs hôtes que l'endroit est maudit.

Source : wikipedia



Ancré dans les productions nanardesques et improbables inhérentes aux années 80, « Devil story » est un délire fantastique foutraque et totalement hors de propos.





S’y imbriquent pêle mêle une sombre histoire de machination, un chat possédé ( ?), un tueur droit sorti d’une préquelle de « Bad Taste » de Peter Jackson au surin facile et intempestif vociférant des borborygmes incompréhensibles, une jolie blonde cruche en nuisette, une berline qui tombe en panne de façon récurrente, une momie (re ?), des flibustiers au navire qui s’échoue le long d’une falaise en pleine nuit et un papy hagard et alcoolique qui n’arrête pas de tirer au fusil à pompe sur un cheval qui se cabre sans arrêt !





Secouez tout ce galimatias en y ajoutant un budget famélique et quelques plans gore complètement fauchés faisant passer Rollin pour du Michael Bay et vous obtenez « Devil story », nanar ultime lourdement imbibé au Lexomyl et où les scènes s’accumulent sans la moindre logique entre elles avec une atmosphère disparate, débile et insensée !





Un film d’une incongruité hors normes !



Note : 7.5/10 (pour l’hilarité déclenchée)













samedi 19 mai 2012

RAUNCHY, Metal Hybride Danois


RAUNCHY

Groupe Danois de Heavy Thrash Mélodique Moderne



Ce que l’on sait d’eux :

Raunchy est un groupe de metal hybride mélodique, fondé en 1994 et originaire du Jutland (Danemark). Les Danois évoluent dans un style musical à la croisée des genres initiés par des groupes aussi différents que Fear Factory, Killswitch Engage, Soilwork, Strapping Young Lad ou bien encore Paradise Lost. Jouant un metal tantôt gras et pesant, tantôt rapide et « péchu », et ayant recours à de nombreux ajouts électroniques (la production est assurée par Jacob Hansen) et des envolées mélodiques rappelant les premières heures du metalcore, Raunchy sort son premier album, intitulé Velvet Noise, en 2002, et devient le premier groupe danois signé par le label allemand Nuclear Blast. Aujourd'hui passé dans les rangs du label Lifeforce Records, Raunchy a à son actif de nombreuses démos et cinq albums, sortis respectivement en 2002, 2004, 2006, 2008 et 2010.

Source : wikipedia



Discographie :

2002 Velvet Noise

2004 Confusion Bay

2006 Death Pop Romance

2008 Wasteland Discotheque

2010 A discord electric



Mon avis sur ce groupe :

La musique de Raunchy est unique en son genre…

Ce qui frappe avant tout c’est la singularité et l’originalité du groupe, qui ne fait rien comme les autres !

Tour à tour mélodique puis ultra rentre dedans et cogneuse dans le tas pour des fois se révéler dansante et sensoriellle…

L’utilisation effrénée des « machines » dans le métal a trouvé ici son point d’orgue, exploitée de la meilleure manière qui soit !

Musiciens hors pairs (batteur monstrueux, gratteux vraiment doués) et double chant un coup clair un coup thrash, Raunchy est en mesure de tout cartonner et de s’imprégner presque directement dans l’oreille de l’auditeur, grâce à des morceaux identifiables et lisibles dès la première audition, rendant addict par sa mélodie planante et talentueuse !

Oubliez les Children of Bodom, Soilwork et Fear factory, si vous aimez le Metal Moderne impossible de faire l’impasse sur Raunchy !

Tiraillés dans une évolution qui va crescendo dans la qualité, les danois parviennent à insuffler à leur musique un côté surpuissant savamment orchestré et l’on obtient à chaque offrande une bombe absolue !

Toujours la même empathie sonique, toujours ce putain de groove qui dévaste tout sur son passage !

Chaque album est une raclée monumentale, sidérante de brio et empreinte d’un plaisir hors du commun, rarement égalé dans le genre auquel il s’apparente !

Unique dans leur catégorie, un groupe déjà mythique pour les aficionados de metal survolté et mélodique !

Je recommande pour commencer l’album « Confusion Bay » de 2004, c’est par ce CD que je les ai découverts !

Depuis je ne les lâche plus !

Raunchy est avant tout un groupe qui fait et pour se faire plaisir !

La meilleure invention pour le metal depuis des lustres et le plus beau cadeau que le Danemark nous ai donné depuis Hatesphere !

IN-CON-TOUR-NA-BLE !





vendredi 18 mai 2012

IDENTITY de James Mangold, 2002


IDENTITY

de James Mangold

Etats Unis

2002

86 minutes

avec Ray Liotta, John Cusack, Amanda Peet

Thriller

Synopsis :

Par une pluie torrentielle, une dizaine de personnes se retrouve contrainte d'être dans un motel, la route étant impraticable et la ville beaucoup trop loin...

Ils ont, pour la plupart, été victimes d'accidents de la route ou blessés...

Un mystérieux tueur décime pratiquement un par un tous les protagonistes de l'histoire, le plus souvent à l'arme blanche, et dans d'atroces conditions !

Quel est le mobile du criminel ?

Quelles sont ses motivations ?

Les soupçons se reportent sur l'un, puis sur l'autre... sans que l'on ne sache jamais réellement identifier  le coupable présumé !

Chacun est suspecté, chacun est mis en cause ou en doute !

Jusqu'à l'issue de ce terrifiant cauchemar où rien n'a été laissé au hasard...

Mon avis :

"Identity" est un immense WHODUNIT, un jeu de manipulation aux pistes constamment brouillées avec des doutes à la pelle et des personnages totalement déboussolés et ne comprenant jamais ce qu'il arrive !

Le talent de Mangold consiste à créer une tension, un suspense habile et très équilibré, plongeant ainsi le spectateur dans une problématique qui ressemble à un puzzle dont les morceaux vont petit à petit s'assembler pour former une explication rationnelle mais en même temps (et c'est celà qui fait le charme capiteux du métrage) dénuée de toute logique...

Il est difficile de parler de ce film sans faire de spoilers, donc nous nous efforcerons de parler  de la qualité scénaristique du métrage et de nous polariser sur les aspects inhérents à la réalisation, très efficiente et véritablement accrocheuse !

Chaque élément, chaque personnage n'est jamais là au hasard et Mangold prend un malin plaisir à nous terrifier via des homicides très sanglants et d'une arrivée foudroyante !

Les acteurs (Cusack et Liotta en tête) s'en sortent à merveille, sans surjouer et tous les rôles secondaires ont leur place dans une intrigue parfaitement calibrée et rôdée à merveille !

J'ai quand même un léger souci avec le dénouement plutôt difficile à piger de prime abord et qui relève plus du fantastique que du thriller, mais bon, ne boudons pas notre plaisir, nous passons tout de même un moment agréable avec ce film !

"Identity" reste assez couillu et au moins novateur dans le genre, on ne peut pas lui enlever celà !

Malgré certaines zones d'ombres et des situations imprévisibles, le métrage cache un iceberg en partie immergé et lorsque se révèle le "point commun" de chacun des malheureux enfermés dans le motel, on est pris d'un certain effroi doublé d'une appréhension quant à leur sort définitif !

Une réflexion et une approche intéressantes que cette tentative tout à fait louable de revigorer un genre devenu moribond ces derniers temps !

Un bon thriller sommes toutes même si quelque peu illisible sur la fin mais qui vous fera une bonne heure trente d'angoisse...

Note : 8/10



Moi Christiane F., 13 ans droguée prostituée, de Ullrich Edel, 1981


MOI CHRISTIANE F., 13 ANS DROGUEE PROSTITUEE

Allemagne

1981

de Ullrich Edel

Drame social

Synopsis :

L'itinéraire d'une jeune adolescente nommée Christiane, passant de la petite délinquance à la toxicomanie, à la prostitution occasionnelle puis régulière dans une métropole germanique au début des années 80...

Christiane tombe dans la drogue dure par MIMETISME, comme pour faire "pareil" que ses camarades, ça commence par un joint ou un cachet d'amphétamines pour terminer par plusieurs "fix" exécutés sciemment dans des toilettes publics sordides  !

Elle voue un culte total à David Bowie et à sa musique, et cette descente aux enfers semblera inexorable et ponctuée d'instants funestes et quasi désespérés...

Mon avis :

Ouch !

"Moi Christiane F." est un film très dur, presque atroce !

Plongée radicale et sans compromis dans le quotidien de toxicos, dans un Berlin gangrèné par la misère et la délinquance, vision très réaliste d'un contexte social en plein délitement, le métrage prend bien aux tripes !

Au début pour nous mettre directement dans l'atmosphère, le cinéma où va Christiane projette "Night of the living dead" de Romero !

Référence glauque et ambiance morbide qui seront inhérentes tout le long !

ça vomit partout, même des giclées intenses sur les murs, ça se pique dans les chiottes et la prostitution y est montrée ultra crûment !

rien ne nous est épargné, ni les urophiles, ni les scatophiles ou les sadomasochistes, Edel prend le parti de ne rien cacher !

On a l'impression que Christiane est atteinte du mythe de Sisyphe, à chaque fois qu'elle monte la pente, quelque chose la fait de nouveau dégringoler et basculer en arrière !

nombre de fois elle essaiera de stopper l'héroïne pour replonger régulièrement !

Edel ne lésine pas sur les effets chocs et le film multiplie les gros plans de seringues plantées dans le bras (donc attention aux personnes sensibles ! personnellement il m'est souvent arrivé de tourner le regard sur certains moments que je jugeais profondément insupportables et indisposants !)...

La bienséance en prend un coup mais n'empêche pas le film d'être de qualité !

Interprétation soignée, réalisme abrupt, décors parfaitement appropriés et dynamisme dans la réalisation, "Moi Christiane F." tient bien en haleine et s'avère passionnant !

Un témoignage du désoeuvrement d'une certaine jeunesse, indispensable pour comprendre les mécanismes de la toxicomanie et les motivations "qui font que ..."

Inoubliable ! 

Note : 8.5/10




AMERICAN HISTORY X, Etats Unis, 1998


AMERICAN HISTORY X

Etats Unis

1998

avec Edward Norton, Edward Furlong, Beverly D'Angelo, Stacy Keach, Fairuza Balk

Drame social

113 minutes

Synopsis :

Derek Viniard est un skinhead pur et dur...

Son père (ancien pompier) a été assassiné lors d'un coup fourré crapuleux, il vit avec sa mère et son frère cadet Danny.

Lorsque deux individus de couleur essaient de lui voler sa voiture, Derek leur tire dessus !

Arrêté par la patrouille de police, ce dernier est condamné à 3 ans de prison !

Alors qu'il purge sa peine difficilement, son frère sombre de plus en plus dans le fascisme et la radicalisation de ses idées xénophobes...

Le séjour en taule de Derek lui apprend énormément de choses...

A sa sortie, il se donne comme "mission" de remettre son frère dans le droit chemin et d'oublier son passé néo nazi...

Mais les habitudes sont bien ancrées et toujours omniprésentes !

Mon avis ;

Film choc et véritable chef d'oeuvre du genre, "American History X" est un film remarquable à tous les points de vue...

Réalisation impeccable, plans alternant noir et blanc/couleurs, puissamment travaillé au niveau émotionnel (la complicité viscérale qui unit la fratrie des deux frères) et virtuosité appuyée pour un scénario imparable et sans la moindre faille !

Un métrage passionnant donc, où on suit l'itinéraire de la jeunesse skinhead qui végète outre Atlantique et se complait dans la plus totale défiance face aux autorités !

Norton à ce titre est terriblement convaincant en fanatique gangréné par les idées d'extrême droite et son séjour au pénitencier lui servira de tremplin/levier pour ouvrir sa conscience et se rendre compte de la réalité de la vie, lui servant d'électro choc !

"American History X" est très dur mais s'avère nécessaire pour comprendre les motivations de cette jeunesse qui galère, galvaudée et en plein délitement, qui sert de "proie" à des gourous peu scrupuleux qui "endoctrinent" et "embrigadent" des personnes vulnérables pour les lobotomiser et les faire se muter en créatures racistes et sanguinaires...

Lorsque Derek comprend enfin qu'il est sur une pente savonneuse et eu égard à l'intelligence qui est la sienne, il fera tout pour s'en défaire, allant jusqu'à retirer ses drapeaux du Troisième Reich du mur de sa chambre !

Un pallier dans sa vie est franchi, une nouvelle étape, une page qui se tourne !

Celà s'appelle la "REDEMPTION" !

L'issue dramatique du film est foudroyant et permet ainsi de le hisser au rang de chef d'oeuvre magistral, claque phénoménale dotée d'un côté émotionnel surdimensionné qui laisse en état de collapse un spectateur hagard et déboussolé !

A voir absolument pour comprendre la société et la violence qu'elle peut (parfois) engendrer ...

Note : 9/10





samedi 12 mai 2012

La dernière maison sur la gauche (remake) de Dennis Illiadis, 2009


LA DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE (remake)

Aka Last House on the Left

De Dennis Iliadis

Etats Unis

2009

avec Garreth Dilahunt, Michael Bowen, Monica Potter

115 minutes

Version non censurée



Synopsis :

Deux jeunes filles, Marie et Paige sortent pour changer les idées à Marie qui a perdu son frère, environ un an auparavant. Décidant d'acheter de la marijuana à un jeune homme rencontré dans les bas quartiers, elles vont être enlevées et subiront les pires sévices possibles de la part d'une bande de sadiques recherchés par la police. Une soirée qui devait se dérouler sous les auspices de la joie tournera rapidement au massacre. Pourtant, en faisant de ces jeunes filles leurs victimes, les bourreaux ne savent pas qu'ils viennent de signer leur arrêt de mort, une vengeance orchestrée par le père et la mère de Marie avec pour décor la dernière maison sur la gauche...

(source : wikipedia)



Mon avis :

Pour « oser » faire un remake du film de Craven, on peut dire qu’il fallait sacrément avoir la testostérone et l’ambition eu égard au sujet casse gueule qu’il était…

Le début du film (incroyable !) atténue directement les doutes du plus passionné et exigeant des spectateurs et rassure instantanément, ça démarre à fond les bananes et ça n’arrête plus jusqu’à l’issue du métrage !

Digne relecture de son prédécesseur (d’ailleurs assermenté par Wes Craven et Sean S. Cunningham, tous deux producteurs !), « la dernière maison sur la gauche » millésime 2009 tient la route et se révèle habilement un vrai film d’angoisse, mâtiné de séquences gorasses et empreint d’une perversité poussée au maxi, avec une psychopathie des protagonistes qui n’a rien à envier à celle de David Hess et ses acolytes !

Surfant sur le côté contemporain dans lequel il excelle, Illiadis propose un constat frontal et pathogène d’une dégénérescence hors normes, servie par une qualité d’interprétation indéniable et courageuse et par un climax lourd et terriblement oppressant !

Monica Potter, à ce titre, est exempte d’une empathie tour à tour accrocheuse pour se révéler bouleversante !

Les tueurs « souillent » la virginité de la victime, se délectant de l’opprobre dans lequel ils se complaisent ad nauseam…

Le personnage de la femme complice rajoute de l’ambigüité sur un terrain de perversion sexuelle bien rodée et entravée par une déliquescence anxiogène tout à fait exploitée de façon rugueuse et déterminée !

Le « rape and revenge » retrouve ainsi ses droits et l’accroche est de qualité, aussi bien au niveau des décors (souvent nocturnes) que du déroulement scénaristique sans la moindre faille et crédible notamment sur le fait que le père est médecin !

Moins d’esbroufe que dans son cousin « I spit on your grave » (tourné l’année suivante, et également remake d’un célèbre métrage estampillé du même tonneau), « La dernière maison sur la gauche » suit un itinéraire déviant de son homologue et prend une tout autre trajectoire, assimilant le genre à un aspect dramatique voire même social !

La bonne famille de riches citadins qui fait accueille des marginaux, leur offre le gîte, avant de découvrir l’horreur ultime où ils laisseront éclater leur haine via une transcendance de vengeance terrifiante et abreuvée de la plus grande sauvagerie !

Le film fait transpirer et transparaitre cette violence ultime avec une considération scénaristique aussi bien pour les bourreaux que pour les victimes (ou l’inverse ! puisque les rôles seront transgressés lors du dénouement !)…

Une approche de ce que devrait présager être le rape and revenge moderne pour un métrage sous tension absolue qui ne souffre d’aucun défaut et qui renvoie aux propres peurs de chacun…

Une pure bombe !   

Note : 10/10





MERANTAU de Gareth Evans, 2009


MERANTAU

Indonésie

De Gareth Evans

2009

Action/aventures

107 minutes

avec Iko Uwais, Sisca Jessica, Christine Hakim, Donny Alamsyah



Synopsis :

Yuda, un adepte du Pencak Silat, décide d’effectuer son Merantau afin de suivre la tradition locale. Le Merantau consiste à quitter son village natal et sa famille pour essayer de faire ses preuves et gagner sa vie à la ville. C’est Jakarta, qui va accueillir Yuda et il décide d’y enseigner le Silat pour se faire de l’argent … La mégalopole bouillonnante et impressionnante concentre tous les vices du pays. Alors que les difficultés ainsi que les mauvaises rencontres s’accumulent, il fait la connaissance d’Astri, une danseuse de bar à filles qui est persécutée par des proxénètes étrangers

(source HK video.com)



Mon avis :

Honnête dans son traitement, « Merantau » (prononcer « Mérane tau ») se suit certes sans déplaisir mais souffre cependant d’une trame beaucoup trop classique…

Les combats plutôt bien réglés et abondants, souvent téléphonés et prétexte à booster le métrage, sont lisibles et leur ensemble se révèle précis et de qualité !

Les personnages restent tout de même assez stéréotypés (le héros qui débarque de nulle part et qui devient justicier malgré lui, la prostituée victime violentée, le gamin innocent, le souteneur – pourriture finie qui sera puni quoiqu’il arrive…), bref on assiste à un postulat proche du réchauffé !

Mais l’habileté de la mise en scène peut faire oublier ces quelques défauts, en n’étant pas trop exigeant et en y voyant avant tout le côté positif de « Merantau », à savoir de très beaux paysages (le début est magnifique, avec un plan large extraordinaire de Yuda quittant sa terre natale !)…

Il y a un côté moderne dans le film, un peu comme si Evans avait cherché à revigorer un genre déjà quelque peu moribond et sevré aux habituels Yakayo quelque peu kitsch ou en perte de vitesse dans les productions antérieures d’actioners de combat !

Le personnage de la mère protectrice est attachant et certains plans répétés mais nullement redondants donnent un charme au film (les tuyaux de béton dans lequel Yuda dort, le final avec les préfabriqués en métal, où la violence se déchaine d’une manière furibarde et chaotique !)…

Ne versant pas dans le misérabilisme malgré une certaine pauvreté récurrente (le peuple indonésien des bas fonds vivant principalement dans des conditions précaires, la mendicité, les difficultés à joindre les deux bouts…), « Merantau » est une galerie de personnages très bien établie et fonctionne à 100 à l’heure, prenant le parti pris courageux d’innover !

Et c’est tout à son honneur !

Cette modernité finira même par servir de façon positive un métrage qui partait perdu d’avance, le spectateur s’attendant à un énième actioner suranné et fade…

En conclusion, « Merantau » est un film très sympathique et attachant, sans être un chef d’œuvre il permet de se détendre devant des séquences d’actions excellemment ficelées et une trame certes classique et peut être « déjà vue » mais exploitée de façon rigoureuse artistiquement parlant et divertissante grâce au spectacle qu’elle délivre…

Note : 8/10








samedi 5 mai 2012

Fascination de Jean Rollin, 1979


FASCINATION

De Jean Rollin

France

1979

avec Brigitte Lahaie, Muriel Montossey

84 minutes

Erotisme/Fantastique

Sorti en blu ray chez Redemption

Synopsis :

Avril 1910, une contrée de la province française.

Une flopée de femmes issues de la bourgeoisie locale se rend dans un abattoir, lieu saugrenu si l’on en juge par leur classe sociale…

Elles boivent du sang de bœuf !

A coté de là, un individu brigand de grand chemin roule dans la farine ses acolytes patibulaires et part en lousdé avec leur butin commun (une mallette remplie de piécettes d’or), Dans sa fuite il embarque une jeune femme très belle qu’il considère comme sa proie…

Très vite la jeune fille parvient à s’échapper et les autres hommes rattrapent le voleur traitre…

Ce dernier se réfugie dans un château situé non loin de là !

Il fait la connaissance d’Eva, une superbe blonde à la poitrine opulente et d’une de ses amies…

Il s’agit en fait d’un repaire de succubes !

Plus tard, d’autres femmes arrivent dans le château !

Elles se livrent à un rituel plaçant le jeune homme comme point central…

Un jeu de colin maillard, puis une virée dans les écuries va transformer ses soi disantes créatures en engins de mort, en suppôts du diable, véritables descendantes de Lucifer !

Le jeune homme en réchappera t-il ?

Quelles sont les motivations de ces jeunes femmes ?

Mon avis :

« Fascination » reflète bien un condensé de l’univers de Jean Rollin.

Il englobe un peu tous ses thèmes de prédilection mais de manière somme toute plus classique et sans prise de risques (pas comme dans « la Vampire nue » où son imagination part en live totalement !)…

Ici, une intrigue qui tient la route, un déroulement plutôt peinard et, par contre, un gros boulot sur les décors et sur l’intensité des lieux qu’il dégage (les douves du château, l’abattoir, la scène nocturne, les intérieurs de la bâtisse), Rollin s’est surpassé !

Sinon c’est un peu la même rengaine niveau érotisme blafard, des scènes longuettes et qui n’apportent pas grand-chose à l’histoire…

A noter que cette fois le thème du vampirisme arrive très tardivement (nous comprenons qu’il s’agit de succubes dix minutes avant la fin du métrage !)…

Le film aurait gagné à être plus frontal, à placer le spectateur directement dans l’horreur et ne pas passer par des faux fuyants/faux semblants, ce qui lui fait perdre sa densité horrifique !

Ceci étant, on passe tout de même un agréable moment hormis certaines longueurs parfois pesantes…

Toujours cet éternel problème de diction des comédiens rendant parfois l’ensemble quelque peu théâtral, mais le film reste néanmoins attachant et beau à voir (le blu ray de Redemption est phénoménal !)…

 Les points culminants restent la première scène dans l’abattoir, l’arrivée dans les douves, le jeu sexuel de colin maillard (très bien réglé avec caméra tournoyante dans l’espace) et le final avec la ruée des succubes suceuses de sang sur leur proie allongée au sol…

Un Rollin intéressant, aux antipodes de ses délires précédents et plutôt équilibré dans son traitement et sa mise en images, on sent que le bougre s’est appliqué pour la gestion des espaces et l’exploitation environnementale des décors naturels (il a bien choisi les lieux de tournages qu’il a certainement du repérer à l’avance consciencieusement !)…

« Fascination » gagne à être connu et témoigne parfaitement bien de la sincérité du cinéma de Rollin et de son attachement à un style qui lui est propre, loin de ses exubérances premières…

Il est incontournable de le voir si on veut comprendre sa démarche cinématographique !

Note : 16.5/20