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dimanche 26 janvier 2014

DREAM THEATER, les Dieux du Métal Progressif

DREAM THEATER
Les Dieux du Heavy Prog
Connus de tous, aussi bien du public non métalleux que des plus gros thrashers de ce style, Dream Theater peut se targuer d'une discographie hyper fournie et à chaque fois grandiose, marquée par des albums incroyablement travaillés et divins dans leur aboutissement...
Le premier disque date de 1989 et déjà c'est l'épanouissement !
"When dream and day unite" (quel titre !) renvoie déjà tous les autres groupes ad patres, gravant la pierre tombale du Heavy metal progressif avec notamment le tryptique "A fortune in lies" - "Status seeker" - "The Ytse jam", d'une flamboyance inégalable et atteignant un niveau d'une hauteur proche de l'Everest...
Et après c'est l'ascension qui débute !
"Images and words" (1992) leur permet d'accéder au panthéon des combos métalesques avec vigueur via une qualité de composition hors du commun, et des effets musicaux inoubliables sur des morceaux qui durent une dizaine de minutes, en gros, le renouveau pour un style qu'eux seuls parviennent à maîtriser de cette façon...
Enchaînent avec une précision métronomique et horlogère, "Awake" (1994) -fabuleux lui aussi-, le mini CD "A change of seasons" (1995) et l'incroyable "Falling into eternity" (1997) qui contient ce qui est peut être leur meilleur morceau "New millenium" (qui sera repris sur le live à Budokan en 2003)...
Entre chaque album studio, Dream Theater prend le temps et le soin de gratifier ses fans d'albums live retraçant les précédentes chansons dans un concert enregistré pour l'occasion, ce qui permet ainsi au public de mesurer que la qualité d'interprétation est aussi bonne en live qu'en studio...
Arrive 1999 avec LE meilleur album, LA pépite absolue : "Metropolis 2 : scenes from a memory", 79 minutes imparables et blindées, orgasmique jusqu'au bout des ongles, du PLAISIR en barres, un album qui s'écoute en continu et sur plusieurs auditions, LA perfection totale, LE disque de heavy progressif à posséder impérativement ! Dream Theater est au metal ce que Pink Floyd est au rock !
Non satisfaits de s'en arrêter là, les Dream Theater sortent en 2001 le monstrueux "Six degrees of inner turbulence" qui démarre sec avec la raclée monumentale "The Glass prison" enchaînant les blast beats dont Portnoy a le secret, les breaks de basses (Myung = God !) et les solos de guitares impossibles à refaire de Petrucci (un hybride entre Jeff Waters, Joe Satriani et Yngwie Malmsteen, excusez du peu des références !) et là il n'y a pas d'autre qualification : ça tue sa race !
On croirait souffler un peu et qu'ils se calmeraient un peu...
Et bien non !
Avec "Train of thought" en 2003, Dream sort son album le plus Metal de toute leur carrière, explosant tous les codes qu'il avait créés auparavant et flinguant même des groupes comme Machine Head ou Metallica, qui paraissent en perte de vitesse face au mastodonte Dream Theater !
"As I am", "Honor thy father" (hallucinante intro de batterie !) et "This dying soul" sont des purs bijous et là les membres de Dream Theater ont cherché VRAIMENT à faire des compos hypra rentre dedans !
A l'aise dans tous les styles, en somme !
Dream Theater assoie définitivement sa réputation de plus grand groupe de tous les temps et annule tous les autres groupes de cette catégorie, mêlant dextérité et intelligence, mélodies et rapidité, brutalité et émotionnel !
Suivront "Octavarium" (2005), "Systematic chaos" (2007), "Black clouds and silver linings" (2009) avec le prodigieux "A rite of passage" et "A dramatic turn of events" (2011) qui fera l'objet d'un "Live at Luna Park" en 2013...
2013 l'année de la gloire avec la sortie d'un CD éponyme qui renforce encore et toujours l'accession de Dream Theater au rang de mythe, se dotant par des morceaux comme "The enemy inside" ou "Illumination Theory" d'une précision d'orfèvre et toujours avec cette grâce dans la qualité de composition et dans le jeu des instruments...
Actuellement arrivés à un niveau tel qu'ils auront du mal à monter plus haut encore, Dream Theater arrive encore à nous étonner voire sidérer à chaque offrande sonique et attise notre curiosité en nous délivrant cette recherche musicale vers l'absolu, la quintessence d'un genre qu'ils ont porté, créé et magnifié !

LE groupe d'heavy prog par excellence !




samedi 25 janvier 2014

Un singe en hiver d'Henri Verneuil, 1961

UN SINGE EN HIVER
d'Henri Verneuil
France
1961
avec Jean Gabin, Jean Paul Belmondo, Suzanne Flon, Paul Frankeur, Noël Roquevert
Comédie dramatique
Dialogues de Michel Audiard
Assistants réalisateurs : Costa Gavras, Claude Pinoteau
99 minutes
Synopsis :
Bourgade de Tigreville, Normandie, durant l'occupation allemande...
Albert Quentin, un hôtelier a pour habitude de fréquenter un lupanar/salon de thé où il boit à outrance avec un de ses congénères...
Un soir, lors d'un terrible bombardement, réfugié dans les sous sols d'une cave avec son épouse, Suzanne, il lui jure que s'il sort vivant de la guerre, il ne touchera plus jamais à la boisson !
Quelques années s'écoulent et la rue "Maréchal Pétain" est rebaptisée rue "Général de Gaulle", Albert a substitué des bonbons à l'alcool et a tenu parole : il ne consomme plus une goutte de ce breuvage dont il fut addict durant des décennies...
Arrive un soir un jeune homme, Gabriel Fouquet, venu chercher sa fille, Marie, pensionnaire d'un établissement proche de la ville...
Buveur invétéré, Gabriel fait escale dans l'hôtel de Quentin...
Y voyant un "signe", Albert, d'abord réticent, ne pourra que reprendre sa consommation d'alcool, entraîné par la fougue de Gabriel...
Mon avis :
Film hors d'âge, film à textes, truculent à souhait et servi par des comédiens en roue libre, "Un singe en hiver" reste un témoignage miraculeux d'un certain cinéma "vieille France" démultiplié par le talent d'un Verneuil en état de grâce...
Gabin donne la réplique à Belmondo pour des dialogues anthologiques concoctés par un Audiard au firmament de son style...
Ce qui n'empêche nullement la technique et la narration du métrage d'être poussées sur un niveau maximal, summum de l'aboutissement de Verneuil en matière de créativité (la vue en hauteur des deux bonshommes quittant le bar au début du film, les explosions très réalistes et reconstituées avec un travail d'orfèvre lors du bombardement, la dimension atmosphérique des feux d'artifices savamment exploitée servant de levier à l'engouement de la population et rendant les deux personnes principaux sympathiques aux yeux du spectateur...).
Bourré (c'est le cas de le dire) de multiples références, "Un singe en hiver" regorge d'éléments qui retiennent l'attention comme le phénoménal Landru incarné par un Noël Roquevert au mieux de sa forme, doté d'un tempérament à tout épreuve, et la séquence de "corrida avec les voitures" même si totalement délirante et improbable, restera gravé comme une lumière dans un moment magique et surréel...
Il y a un aspect poétique sur les thématiques de l'alcoolisme et de l'amitié, ces deux éléments allant souvent de pair, l'une entraînant l'autre et inversement...
Se savourant comme une vieille bouteille exhumée des tréfonds d'une bonne cave, "Un singe en hiver" est avant tout l'histoire de deux hommes au destin parallèle qui finissent par se rejoindre pour former l'unité d'une relation allant au delà de toute logique, mais convergeant sur un terrain commun : l'amour de la boisson avec tout ce que cela implique...
Le final, à la fois rédempteur et touchant, laissera alors un souvenir indélébile et démontrera l'intelligence du propos de Verneuil, qui fit, une nouvelle fois, preuve de son indéniable originalité...
Fabuleux et presque envoûtant, "Un singe en hiver" est un classique qui explore bien des situations communes pour son époque et plutôt rares voire effacées de nos jours, l'alcool n'ayant pas cette figure mais plutôt engendrant la violence et les bagarres, ce qui apporte une dimension sociétale au film ...

Note : 10/10







samedi 18 janvier 2014

RAIN MAN de Barry Levinson, 1988

RAIN MAN
de Barry Levinson
Etats Unis
1988
avec Dustin Hoffman, Tom Cruise, Valeria Golino
Comédie dramatique
128 minutes
Oscar meilleur film et meilleur acteur 1988
Synopsis :
Charlie est un jeune concessionnaire de voitures de luxe, sa compagne Susanna l'épaule pour le marché de véhicules à des clients ennuyeux et exigeants...
Alors qu'il est au bord de la faillite, son père (qu'il n'a plus revu depuis des années) décède...
En même temps, Charlie apprend l'existence d'un frère, Raymond, autiste qui est hospitalisé...
Leur père a légué 3 millions de dollars à ce dernier...
Charlie, fou de rage, va retrouver son frère et l'extraire de la clinique pour une semaine en sillonnant les routes des Etats Unis...
Il va découvrir le côté "humain" de l'autisme et s'attacher à son frère, malgré qu'il soit appâté par le gain à tout prix...
Un jour il a une révélation et décide d'emmener Raymond à Las Vegas...
Mon avis :
Formidable performance d'acteurs, "Rain Man" est un film au carrefour du road movie et de la comédie dramatique servi par un Dustin Hoffman absolument hallucinant et maîtrisant avec grâce et émotion une composition particulièrement casse gueule et donnée à très peu de comédiens, même confirmés...
Le sujet de l'autisme est très peu abordé au cinéma et Levinson s'empare de cette thématique avec pudeur, évitant cependant la légèreté pour axer le film sur une vérité, ainsi il devient crédible dès l'entame du métrage et considère le personnage de Raymond comme entité à part entière, ne faisant pas de l'ombre à son frère tourbillonnant et virevoltant (excellent Tom Cruise) mais démontrant sa pathologie de façon inflexible via des redondances dues à celle ci...
"Rain Man" fonctionne sur le "duo" Cruise/Hoffman et aucun des deux ne relâche le côté qualitatif  d'un scénario sans failles, captivant et ordonné comme une symétrie entre les deux personnages...
Habile confrontation où l'on va de découvertes en découvertes, "Rain Man" regorge de moments clés et cultes comme la magnifique séquence de la danse dans la chambre d'hôtel ou le début d'incendie où Charlie sauvera in extremis Raymond, le côté émotionnel est palpable et le jeu parfaitement réaliste des protagonistes rend, voire amplifie, l'aspect dramatique de cette "maladie" difficilement diagnostiquable à l'époque par le corps médical...
Les paysages américains sont filmés de façon fluide et les plans s'enchaînent avec vigueur jusqu'au passage se situant à Las Vegas...
Il y a une certaine tendresse et une compassion pour le personnage de Raymond, tour à tour attachant et touchant et Levinson a su exploiter cette ambivalence avec finesse et intelligence, tout en offrant à Hoffman un des meilleurs rôles de sa carrière...
Intemporel, beau et humaniste, "Rain Man" se situe à la frontière du conte et de l'étude sociale et possède l'immense mérite de faire se questionner le spectateur en lui ouvrant les portes de l'ombre pour lui faire atteindre les chemins de la lumière...
Magnifique !
Dédicacé à Pierre

Note : 10/10





samedi 11 janvier 2014

Célestine, bonne à tout faire de Jess Franco, 1974


CELESTINE, BONNE A TOUT FAIRE

de Clifford Brown aka Jess Franco

France

1974

avec Lina Romay, Pamela Stanford, Howard Vernon

Comédie polissonne

édité en DVD chez Artus films

94 minutes

Synopsis :

Une jeune prostituée quitte inopinément la maison close où elle officiait suite à un contrôle de police...

Elle se réfugie par hasard dans un château possédé par un comte...

Elle fait la connaissance de Sébastien, le jardinier, de Malou, le majordome qui l'introduisent comme femme de chambre en la pistonnant auprès de la comtesse...

Baptisée d'un nom d'emprunt Célestine, la jeune femme va semer la zizanie au sein du château en multipliant les ébats sexuels auprès des habitants...

Mathias, son souteneur, ne l'entendra pas de cette oreille, et finira par la retrouver !

Il veut dévaliser l'argenterie des riches châtelains...

Menaçant Célestine d'un couteau, Mathias la somme de le retrouver un soir pour cambrioler le comte !

Mon avis :

En plein essor de la part de Jess Franco dans sa période sexy, "Célestine, bonne à tout faire" est un petit bijou d'humour, de fraîcheur et d'érotisme gentillet magnifié par la fantastique Lina Romay, au visage angélique et au corps superbe et incendiaire...

Un soin tout particulier est accordé aux décors (magnifiques)  et Franco se/nous fait plaisir avec une débauche tonique d'anarchie sexuelle très débridée et décomplexée et réjouissante !

Les premières minutes sont à mourir de rire et même si approximatives scénaristiquement parlant, on baigne dans le délire le plus complet !

Howard Vernon, grimé à l'arrache et ne quittant jamais le bonnet de nuit qu'il a sur la tête, fait personnage sorti de nulle part et il n'est pas anodin de cataloguer "Célestine, bonne à tout faire" comme un nanar érotique tant le second degré est obligatoire pour l'apprécier !

On nage en pleine rigolade avec Célestine qui parle à des vaches (?), qui se fait traire le sein (??), où un jardinier tire tout ce qui bouge en quelques secondes (???) - d'où son surnom de Sébastien le Fulgurant ! -...

Les lesbiennes ne sont pas en reste avec le personnage d'Ursule et Lina Romay fait preuve d'un entrain et d'un appétit sexuel faisant passer Traci Lords pour une carmélite !

Il y a également une sévère critique de la religion lors d'un passage désopilant ponctué de "Amen !" et mettant en exergue l'hypocrisie de cette dernière face à des gens uniquement obnubilés par l'acte sexuel et se lâchant totalement avec le levier du charme de la belle Célestine qui les désinhibe de façon foudroyante !

Les cadrages sont excellents et c'est un pur régal d'apprécier cette succession de plans (Artus films a fait un travail extraordinaire au niveau du transfert DVD), la musique de ce métrage extrêmement sympathique est quant à elle, assimilable dès les premières notes et entêtante (jouée au clavier aux sonorités de clavecin) insérant un dynamisme au film qui n'en est nullement avare...

"Célestine, bonne à tout faire" se visionne en se laissant glisser dans un maelström furibard et désaxé mais au message honnête, amusant et libidineux certes, mais jamais malsain !

Un must have absolu à posséder impérativement !

Note : 9/10





dimanche 5 janvier 2014

STAR TREK INTO DARKNESS de J.J. Abrams, 2013


STAR TREK INTO DARKNESS

de J.J. Abrams

Etats Unis

2013

avec Chris Pine, Zachary Quinto, Karl Urban, Alice Eve, Peter Weller

Blockbuster de science fiction

133 minutes

Synopsis :

Lors d'une expédition risquée sur une planète hostile, le capitaine Kirk prend des décisions à la va vite et sans en informer sa hiérarchie, il met gravement la vie de Spock en danger, ce dernier évite de mourir dans le brasier d'un volcan...

Dès leur retour au siège de Starfleet, la sanction est sans appel, Kirk est démis de ses fonctions et révoqué !

Un mystérieux homme, sorte de terroriste des temps modernes, du nom de John Harrison provoque de terribles attentats un peu partout, à Londres ou aux Etats Unis, il vise clairement les intérêts de Starfleet et veut faire tomber cette institution...

Aidé par le docteur Carole Marcus (fille du responsable de Starfleet) et de tout l'équipage de l'Enterprise, Kirk revient finalement en première ligne et doit contrer les attaques d'Harrison...

Mais une surprise de taille l'attend : Harrison n'est autre que Khan, l'ennemi juré de Starfleet ! 

Mon avis :

Avec un budget phénoménal et conséquent pour ce genre de métrages, le prodige J.J. Abrams réalise avec "Star trek Into darkness" le summum de ce que pouvait espérer les fans de la saga initiée depuis des lustres et connue de tous...

Certes c'est parfois un peu pataud et coincé du cul, ça ne vole pas très haut au niveau du transcendantal mais il s'avère que l'on passe un agréable moment...

Bien sûr les séquences spectaculaires s'enchaînent à vitesse grand V via un rythme soutenu qui met en haleine le spectateur et le final est incroyable tout en restant parfaitement lisible et assimilable, à contrario de certains de ses blockbusters prédécesseurs comme la série des inénarrables "Transformers"...

Malheureusement, les acteurs sont inexpressifs et monolithiques, il ne transparaît pas réellement de chaleur dans leur jeu qui reste impénétrable et formaté à maxima, ils appliquent ce qu'on leur dit mais il manque cette folie, ce petit plus qui ferait de "Star trek Into darkness" un véritable spectacle jubilatoire...

Propret, vite digéré et ne laissant pas de souvenirs impérissables, on peut néanmoins se délecter sur les effets spéciaux, eux, imparables et habiles...

Reste le personnage de Carole Marcus, l'atout "charme" du film où Abrams nous gratifie d'une scène hot totalement gratuite où la superbe blonde peu avare de ses attributs nous dévoile son corps magnifique, sinon l'actrice joue à un niveau très faible et n'esquisse aucun charisme, ce qui est à déplorer...

Un peu fade et tangent malgré un graphisme irréprochable, le film reste agréable à regarder mais aurait incontestablement gagné en qualitatif si le côté "politiquement correct" avait été occulté au détriment d'un aspect plus fun et décomplexé, de plus juste augure pour susciter l'intérêt...

D'une mise en images honnête tout de même, "Star trek into darkness" ravira certainement les habitués de la saga et les cinéphages friands de blockbusters conventionnés et conventionnels...

Note : 7.5/10







vendredi 3 janvier 2014

La femme des sables d'Hiroshi Teshigahara, 1964


LA FEMME DU SABLE

aka La femme des sables

aka La femme des dunes

aka Suna no onna

d'Hiroshi Teshigahara

Japon

1964

avec Eiji OKada, Kyoko Kishida, Hiroko Ito

écrit par Kobo Abe

Film atypique et inclassable

Prix du jury Festival de Cannes 1964

123 minutes

Synopsis :

Japon, dans les années 60...

Un homme d'une trentaine d'années, spécialiste des insectes, sillonne un désert aride en quête de nouveaux spécimens afin de les étudier...

Il va se faire entraîner dans un immense creux qui se trouve entre deux dunes et sera accueilli par une femme qui y vit...

Cette dernière lui offre un repas et lui explique qu'elle a perdu son mari et ses enfants suite à une tempête de sable qui les a ensevelis...

Une fois tout ceci conclu, l'homme croit pouvoir regagner son endroit initial et quitter la femme...

Essayant de gravir la côte de la dune, il n'y parvient pas !

Le voilà prisonnier !

Mon avis :

Attention ! Film inclassable et hyper hermétique que cette "Femme des sables" !

Mais il suffira, avec une once de bonne volonté, de se laisser porter et envoûter dans ce "voyage" (le terme est exactement approprié) empli d'ésotérisme et au graphisme irradiant...

Les thématiques sont nombreuses (le mythe de Sisyphe, l'emprisonnement/enfermement, la quête -initiatique- de compréhension, les corps qui se collent, la peau qui entre en contact avec une autre peau, la manipulation mentale et psychique, la sensualité atteignant les extrêmes...) et Teshigahara exploite et explore les dimensions organiques de son histoire sans la moindre fausse note, appuyée par une démarche scénaristique imparable et jusqu'au-boutiste...

Au début un "piège délicieux" qui va se muter en "prison dorée" pour atteindre un cauchemar impénétrable d'où l'on ne semble plus retrouver ses repères ni l'issue ni les repères menant à cette issue...

On frôle le génie dans la réalisation et Teshigahara utilise et emploie moult métaphores pour appuyer son propos, parvenant à amplifier l'inaccessibilité d'une oeuvre fermée, inaccessible pour le spectateur comme la sortie pour le personnage principal !

A noter une musique cauchemardesque et effrayante, des comédiens "habités" par leurs rôles, un sens technique sublime (les gros plans alternent avec les cadrages filmés de hauteur) et un rebondissement de taille qui nous attend lors de l'épilogue, "La femme des sables " est une plongée dans un univers improbable mais magnifié par une qualité formelle de traitement et de mise en condition pour le spectateur qui, dès l'entame du métrage, se voit plongé dans un film à la fois déboussolant mais maîtrisé à la perfection...

Un immense témoignage du cinéma japonais à découvrir sans plus tarder (il existe en DVD et ravira les fanatiques de cinéma d'auteur)...

Note : 9.5/10





Les damnés de Luchino Visconti, 1969


LES DAMNES

The Damned

de Luchino Visconti

Italie

1969

avec Helmut Berger, Dirk Bogarde, Ingrid Thulin, Charlotte Rampling, Florinda Bolkan, Al Cliver (figurant)

Guerre/Film historique

150 minutes

Synopsis :

Allemagne profonde, juste avant le conflit de la seconde guerre mondiale...

Joachim, un riche industriel sexagénaire qui dirige une des plus grandes entreprises d'acier d'outre Rhin, convie sa famille pour un repas d'anniversaire dans sa demeure cossue...

Il y a les deux nièces, à peine âgées d'une dizaine d'années, son fils Martin, Sophie, son épouse, toute sa belle famille et  un nouveau venu Frederich...

Alors que débute le repas, une nouvelle terrible est annoncée : le bâtiment du Reichstag a été incendié !

Sur fond de divisions entre les diverses strates du nazisme, le repas dégénère et les convives sont attaqués par une branche de la Wehrmacht qui fait irruption au sein de la maisonnée...

La fameuse " nuit des longs couteaux" se prépare...

Un bain de sang s'amorce !

Quelle en sera l'issue ?

Mon avis :

Comme à son habitude, l'immense réalisateur Luchino Visconti signe ici avec "Les damnés" un nouveau coup d'éclat, un nouveau coup de maître...

Maîtrisé du début à la fin aussi bien au niveau technique (il suffit de regarder les omniprésents effets de surexposition avec les miroirs pour s'en rendre compte) qu'au niveau de la direction d'acteurs (Helmut Berger, dont c'est ici le premier rôle, crève l'écran) et une reconstitution minutieuse dans les décors de l'époque, avec une montée toute en finesse et en progression de tension...

Le personnage de Martin, éphèbe travesti et également pédophile, parvient à amplifier la décadence d'un métrage distant des codes du cinéma classique, comme souvent chez Visconti, qui fait preuve d'outrance mais d'une outrance totalement calculée, un peu comme si le spectateur était convié à suivre l'itinéraire d'une famille sur le déclin, en plein délitement...

Toxique et envoûtant en même temps, "Les damnés" se déroule en apesanteur, un peu comme dans un rêve éveillé et les plans défilent de façon fluide mettant en exergue un réalisme appuyé et revendiqué, auquel on adhère sans pour autant être en malaise, Visconti a ce don de faire glisser son spectateur un peu comme dans un tourbillon, un maelström de finesse et de raffinement...

L'assaut contre les S.A. fêtards collent des frissons et fait se dresser les poils du dos, c'est un véritable carnage, un peu difficile à regarder, mais désamorcé par une mise en scène presque lyrique sur une méthodologie aboutie de narration...

Exemple d'atypisme dans le panorama du film de guerre, "Les damnés", grâce à un rythme soutenu et une densité foisonnante de galerie de personnages, reste un exemple de haut niveau au septième art et se doit d'être visionné par tout cinéphile qui voudrait capter l'essence du cinéma de Visconti et comprendre sa démarche/vision de la réalisation...

Incontournable !  

Note :  9.5/10