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samedi 28 juin 2014

PEAU D'ANE de Jacques Demy, 1970

PEAU D'ANE
de Jacques Demy
France
1970
avec Catherine Deneuve, Jean Marais, Delphine Seyrig, Jacques Perrin, Sacha Pitoeff
Conte musical
86 minutes
Musique de Michel Legrand
d'après l'oeuvre de Charles Perrault
Synopsis :
Une contrée imaginaire, probablement du temps médiéval...
Le roi perd son épouse d'une maladie incurable et se retrouve malheureux...
Sa fille, une superbe femme à la longue chevelure blonde, est pour lui la plus belle femme du monde et il veut l'épouser coûte que coûte !
Afin de gagner son coeur, il lui fait coudre des robes somptueuses...
La princesse, décontenancée, suit les bons conseils de la fée des Lilas, qui l'implore de quitter le royaume inopinément...
Devenue souillon, la princesse revêt une peau d'âne et arrive dans une hutte en pleine forêt, loin des châtelains qu'elle avait pour habitude de côtoyer...
Par hasard, un prince la remarque et tombe immédiatement amoureux d'elle...
Une bague glissée dans un gâteau va lui permettre de la retrouver et ainsi de l'épouser...
Mon avis :
Adaptation "peace and love" du célèbre conte éponyme de Perrault, ce "Peau d'âne" est un véritable enchantement et se suit avec facilité et plaisir malgré son côté candide et bisounoursien mais en même temps on n'est pas là pour assister à un film de Statham ou un film de Fulci !
Ouvert à tous les publics, ce film ravira les petits comme les grands et il s'en dégage une atmosphère sympathique parfois même aux portes du délire (les décors colorés et végétaux hérités du style Cocteau, des anachronismes -comme l'hélicoptère-) mais un soin tout particulier est accordé au scénario, à l'histoire et à la direction d'acteurs...
Vues aériennes lors du carrosse sur la route, effets techniques astucieux (la fée qui s'envole), costumes superbes et l'ensemble devient touchant voire bluffant quelques fois...
Jacques Demy appose sa patte stylée et par la même occasion (re)met au goût du jour cette aventure de "Peau d'âne", toujours avec un sens de l'esthétisme consciencieux et exempt de fausse notes...
Les dialogues/paroles des chants sont constitués de rimes parfaites et même l'originalité de faire apparaître un valet dyslexique rehausse l'intérêt que l'on a pour le métrage, bain de jouvence acidulé et léger comme le vent...
Très agréables et sans temps mort, les 86 minutes se faufilent à vive allure et l'on en redemanderait presque tellement ce spectacle est une féerie imag(in)ée avec talent !
Au carrefour du film romanesque et du conte fantastique, "Peau d'âne" fait un bien fou et déploie avec fraîcheur et naïveté un parfum bienfaiteur, contagieux par sa bonne humeur...
Comme les notes d'un piano, il intègre instantanément l'auditeur pour l'emporter dans un maelström de tonicité empli de la plus grande bienveillance...
Un pur régal !

Note : 8/10






mercredi 25 juin 2014

TIBI ET IGNI, le nouvel album de VADER

TIBI ET IGNI
Le nouveau VADER
Successeur du déjà monumental "Return to the morbid reich" sorti en 2011, ce "Tibi et Igni" était attendu comme le Messie par tous les fans de Vader, mais également par tous les fans de death metal ou de Métal en général, le groupe s'étant forgé une notoriété internationale depuis des lustres, eu égard à la qualité de leur discographie et à la rigueur métronomique de la fréquence de leurs offrandes...
Dès l'entame de l'écoute du disque, on comprend tout de suite que l'on a affaire à du (très) lourd, du surméchant, ça barde instantanément avec le fabuleusement brutal "All abandon hope" avec une introduction à la Dimmu Borgir époque "Puritanical Euphoric Misanthropia" puis un vrombissement ininterrompu de riffs très efficaces qui castagnent, ultra rapides et la voix de Piotr toujours calibrée pour taper dans le mille !
Les morceaux s'enchaînent toujours dans un rythme effréné et vindicatif, marque de fabrique de Vader, reconnaissable entre mille, et l'aspect rentre dedans ne faillit à aucun moment...
On retiendra des perles comme "Hexenkessel", "Go to hell" ou le "Necropolis" réenregistré au son démesuré, le tout asseyant un côté affirmé moins death que thrash, "Tibi et Igni" fait l'effet d'un successeur du "Reign in Blood" 28 années plus tard  !
Avec la même fougue, avec la même hargne et en même temps ce côté groovy, Vader envoie le steack comme jamais et s'inscrit déjà dans les meilleurs albums de l'année à mi parcours de 2014 !
Exceptionnel à tous niveaux et explosant régulièrement les limites à chaque disque, "Vader" obtient désormais le rôle de leader du thrash death moderne par une production solide et une rythmique en béton armé qui apporte une plus value indéniable à son édifice, forgeant une nouvelle fois son style pour devenir LA référence, loin devant tous les autres...
Leur rigueur de composition, leur honnêteté et leur sincérité les érigent une nouvelle fois en piliers du death thrash mondial !
Tout fan de métal se revendiquant death métalleux doit impérativement se saisir de l'opportunité que lui offre "Tibi et Igni", revigorant et rafraîchissant un style sans cesse en renouvellement...
Cet album est monstrueux et implacable, varié et "no limits"...

A posséder absolument, impossible d'éprouver la moindre déception à l'écoute de "Tibi et Igni" !


ELDRITCH, Power progressif Metal Italien

ELDRITCH
Groupe italien de Heavy Power Progressif
Souvent et surtout injustement taxés et considérés comme des clones de Dream Theater, Eldritch est bien plus malin et subtil que son homologue progmetallesque et s'est permis d'acquérir son propre style au fil des albums ponctuant une discographie fournie dans laquelle le groupe se remet sans cesse en question...
Tout est millimétré, travaillé rigoureusement et méthodiquement pour pondre un résultat qui dépasse toutes les espérances, alternant claviers miraculeux transcendés en solis, guitares franches et rugueuses, chant sublime (Terence Holler n'a rien à envier à James LaBrie !) et bien sûr groove et rythmiques prog intelligents et sans la moindre fioriture...
Les trois premiers albums ("Seeds of rage", "Headquake" et "El Nino") sont anthologiques mais c'est à partir de "Reverse" (2001) que tout se corse et que le groupe prend son plein essor, cassant en éclats tous les codes qu'il avait instaurés !
Rythmiques beaucoup plus thrash, apparition de la modernité par des touches de métal industriel et toujours ce côté mélodique mais cette fois combiné à de la brutalité, pour s'articuler dans une globalité toujours originale mais différente de ce que les bougres nous avaient habitués !
L'on retiendra par la suite le terrible "Neighbourhell" comportant des morceaux ciselés et parfois bourrinants ("Come to life", "Bless me now") ou complètement prog mélodique ("Save me", magnifique !) et le live "Livequake", monstrueuse pièce de collection comportant deux CD et un DVD où figurent deux concerts et des vidéoclips en bonus !
Les deux derniers albums "Gaia's Legacy" (2011) et "Tasting the tears" (2014) sont une nouvelle fois monumentaux et font atteindre à Eldritch sa quintessence, les hissant au sommet de leur art !
A aucun moment les fans ne sont déçus et Eldritch a su les fidéliser en créant ou inventant des sonorités toujours attractives et empreintes de sincérité, recherchant toujours à atteindre la perfection sonique inhérente à la précision de leurs compositions...
Quelques changement intempestifs de line up n'ont rien changé et la qualité reste bel et bien toujours présente !
Méconnu du grand public métal et occulté injustement de la presse spécialisée, Eldritch demeure le groupe par lequel le métal progressif italien acquis ses lettres de noblesse et ce, bien avant Luca Turilli et Rhapsody, ses compatriotes...
Pour tous ceux qui ne connaissent pas encore, un groupe à découvrir !
Les meilleurs albums :
"Headquake" (1997)
"Reverse" (2001)
"Neighbourhell" (2005)
"Gaia's Legacy" (2011)






Voyage au centre de la terre de Henry Levin, 1959

VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE
Journey to the center of the earth
de Henry Levin
1959
avec James Mason, Pat Boone, Diane Baker, Arlene Dahl
132 minutes
d'après le roman de Jules Verne
Fantastique
Synopsis :
Persuadé qu'un certain Saknussem a tenté l'expérience avant lui, Sir Oliver Lindenbrook décide de monter une expédition pour explorer le centre du cratère d'un volcan d'Islande...
Il part de la ville d'Edimbourg accompagné de sa nièce Jenny, d'un étudiant qui est aussi son assistant ainsi que d'un solide gaillard leur servant de "sherpa" et de son inséparable cane Gertrud...
Arrivés sur les lieux, l'aventure peut commencer et nos héros ne sont pas au bout de leurs surprises !
Des monstres reptiliens géants, les vestiges de l'Atlantide et bien d'autres féeries les attendent où ils devront lutter pour sauver leurs vies !
Mon avis :
Henry Levin, coauteur avec Mario Bava des "Mille et une nuits" est un réalisateur confirmé et sûr de lui, il s'attaque ici à un roman de Jules Verne tout en prenant énormément de libertés...
Ces dernières s'avèrent tout de même payantes et l'on ne s'ennuie à aucun moment malgré le fait que le film ait quand même énormément vieilli et s'adresse à un public indulgent (certains raccourcis scénaristiques laissant dubitatifs et paraissent non crédibles)...
Mais outre tout celà, le plaisir est bel et bien là et on prend délectation à suivre une intrigue très sympathique servie par des comédiens honnêtes et des effets spéciaux certes rudimentaires (on n'est pas encore au numérique) mais bricolés habilement (des lézards avec des crêtes filmés en gros plan et insérés sur les images), un peu à la Ray Harryhausen...
L'ensemble se déroule en roue libre et le spectateur, tous comme les protagonistes du métrage, va de surprises en découvertes parfois loufoques, toujours sidérantes et bien amenées...
On est véritablement dans du cinéma hollywoodien, à la mesure des crédits engagés, qui reste parfaitement politiquement correct et familial...
Réservé à tous les publics, "Voyage au centre de la terre" vous fera passer un agréable moment et restera dans l'imaginaire des plus petits comme une oeuvre de référence...
Les cinéphiles préfèrent largement ce film aux versions modernes des années 2000 du roman de Jules Verne car celui ci "nourrit" leur imagination et possède une vraie "âme", contrairement à ses homologues récents...
"Voyage au centre de la terre", outre des qualités graphiques, est surtout le plus bel exemple de ce qui pouvait se faire de mieux dans les années 50/60 au niveau fantastique américain, à l'instar de "La machine à explorer le temps", "Jack le tueur de géants" ou même (soyons fous !) "Jason et les argonautes"...
On aurait tort de bouder son plaisir et le DVD est d'une qualité impeccable !
A voir et revoir sans la moindre modération !
Note : 10/10






vendredi 20 juin 2014

La graine et le mulet d'Abdellatif Kechiche, 2007

LA GRAINE ET LE MULET
d'Abdellatif Kechiche
France
2007
avec Bruno Lochet, Habib Boufares, Hafsia Herzi, Sabrina Ouazani, Olivier Loustau
151 minutes
Chronique de moeurs/Etude sociale
Prix Louis Delluc 2008, 4 césars en 2008 dont celui du meilleur film, meilleur scénario et meilleur espoir féminin
Synopsis :
La ville de Sète dans l'Hérault, de nos jours...
Slimane, un employé du port sexagénaire perd brutalement son travail suite à un non respect de planning qui exaspérait sa hiérarchie...
Arrivé du Maghreb il y a plusieurs décennies, il a sacrifié toute sa vie pour élever sa progéniture, malgré qu'il soit divorcé de son épouse...
Tout lui semble désabusé mais c'est sans compter sur sa belle fille qui va le booster dans son projet de retaper un bateau à l'abandon afin d'y établir un restaurant qui aura pour particularité de servir du couscous au poisson...
De multiples démarches en rendez vous divers, ils essaient de monter un projet pérenne et doivent emprunter une grosse somme à la banque pour mener à bien leur initiative...
Parallèlement à tout cela, Julia se déchire en voyant son couple péricliter, victime d'adultère face à son mari volage, et les jalousies vont bon train...
Le soir de l'inauguration du restaurant, le couscous, plat principal et pierre angulaire du succès annoncé pour le projet de Slimane, disparaît...
Elément crucial, et alors que les convives s'impatientent, Slimane décide de partir à sa recherche...
Il se fait chaparder sa mobylette par des jeunes voyous, il est tard...
Mon avis :
Auréolé à juste titre de moult distinctions, "La graine et le mulet" a le triple mérite d'appuyer un cinéma empreint de réalisme, de jouer sur plusieurs cordes avec un brio sidérant et de ressusciter un cinéma à la fois populaire et d'auteur, autant dire que l'on sort du visionnage à la fois collapsé et revigoré...
La direction d'acteurs (pour la plupart non professionnels) et bien Kechiche en fait un atout et sa "vitrine" et tout passe comme une lettre à la poste, lors de séquences fulgurantes (Julia en larmes qui n'en peut plus d'être trompée), les clients du bar lors d'une loghorrée sur le destin de Slimane avec comme conclusion un élan solidaire qui fait plaisir à voir, ces plans nocturnes avec le reflet des bâtiments sur l'eau et l'introduction avec l'escapade amoureuse sur le bateau aussi intempestive et bestiale que viscérale...
Il y aussi beaucoup de tendresse et de magie lors des repas, conviviaux et empreints de toutes les traditions inhérentes au Maghreb, c'est cette sincérité qui fait la force du film et qui amplifie une dimension tragi comique, à la mesure de l'ambition de Kechiche parvenant à capter ces petites "tranches de vie" jouant sur différentes facettes situationnelles...
Hafsia Herzi, de par son visage magnifique et la qualité de son jeu, irradie complètement l'écran et transcende ses limites lors du passage de la danse du ventre, véritable catharsis et exutoire fiévreux qui fait mouche immédiatement, éclatant les barrières du cinéma traditionnel pour imposer le film comme véritable classique du genre...
A l'allure à fois tonique et contemplative, "La graine et le mulet" est un métrage qui se v(o)it avec délectation, enchaînant des séquences savoureuses mais aussi rendant compte d'un constat sociétal édifiant et rempli d'espoir...
La mise en scène est à la hauteur et l'histoire limpide et fluide, Kechcihe est un cinéaste sur le quel le cinéma français peut compter, il est l'héritier d'un courant auteurisant mais accessible et prouve une énième fois qu'il a un talent évident...

Note : 9.5/10







dimanche 15 juin 2014

VENUS NOIRE d'Abdellatif Kechiche, 2010

VENUS NOIRE
d'Abdellatif Kechiche
France
2010
avec Olivier Gourmet, Yahima Torres, André Jacobs, François Marthouret
159 minutes
produit par Marin Karmitz
édité chez MK2
Synopsis :
Londres, 1810 et Paris cinq années plus tard...
Hendrick Caezar, un forain responsable d'un cirque vient de trouver une "attraction" qui fait sensation auprès du public, la "Vénus Hottentote"...
Sarah Baartman, une femme noire, émigrée du Cap, à la morphologie singulière et différente des physiques européens, est "présentée" lors d'un "spectacle" où elle se trouve à l'intérieur d'une cage, puis elle effectue des pantomimes ou des danses tribales, devant des spectateurs médusés et empreints d'un voyeurisme aussi vicieux que malveillant...
La police britannique interviendra suite à l'émoi suscité mais les poursuites en justice concluront un non lieu, Caezar pouvant continuer à "exhiber" sa Vénus Hottentote sans vergogne !
Réaux, un autre forain de la pire espèce, "rachète" la Vénus Hottentote à Caezar et l'emmène en France pour l'introduire dans un milieu libertin huppé...
La pauvre Vénus noire finira sa vie dans l'opprobre et la prostitution avant de mourir, atteinte de tuberculose...
Véritable "spécimen" pour la science, son corps sera disséqué par l'école d'anatomie de la capitale...
Ce n'est qu'en 2003 que les restes de sa dépouille seront rapatriés en Afrique du sud, après des négociations diplomatiques avec l'hexagone...
Le film retrace donc tout son parcours...
Mon avis :
Kechiche est un réalisateur extrêmement minutieux dont le style se caractérise par le réalisme et la précision, il montre quasiment tout et n'hésite jamais à appuyer son propos même en mettant le spectateur mal à l'aise ou peu habitué à son genre de cinéma, il pousse le niveau très haut, risquant ainsi à rebuter voire transgresser ses codes via une approche de réalisation frôlant l'hermétisme...
Seuls les cinéphiles fascinés par le cinéma d'auteur seront sensibles à son talent de mise en scène, les spectateurs lambda risquent de décrocher !
Ceci étant, "Vénus noire" est une oeuvre très intéressante, appuyée par une prestation de Yahima Torres fantastique et hypra osée, l'actrice subit une dose d'humiliations peu communes avec un stoïcisme qui apporte une indéniable plus value au film...
Olivier Gourmet (le Terrasson bourru du film "Les brigades du tigre"-ici maigrichon) est un salopard manipulateur de la pire espèce et l'on pense même à des similitudes avec le "Elephant Man" de David Lynch tant la corrélation humain/animal est forte et prégnante...
"Je ne suis pas un animal, je suis un humain" est une thématique déclinée à redondances dans "Vénus Noire", la Vénus Hottentote étant projetée dans l'ambivalence de la double fonction répulsion/attirance...
Répulsion car vision exotique de l'inconnu et attirance par ce même exotisme corporel entraînant le désir sexuel et la tentation bestiale !
Parfois morbide (le dernier quart d'heure dans le lupanar), toujours très maîtrisé (les décors sont superbes), "Vénus noire" doit moins se vivre comme un film traditionnel qu'en expérience singulière d'une portée universelle...
Témoignage d'un parcours atypique et méconnu du public, "Vénus noire" est une oeuvre sidérante, très bien réalisée et dotée de qualités certaines, Kechiche faisant preuve d'une ambition peu commune auparavant...
Destiné à un public adulte, son film hantera de façon indélébile tous ceux qui l'auront visionné tant sa force de traitement provoque admiration et respect...  

Note : 8.5/10






dimanche 8 juin 2014

No country for old men de Joel et Ethan Coen, 2007

NO COUNTRY FOR OLD MEN
de Joel et Ethan Coen
Etats Unis
2007
avec Josh Brolin, Javier Bardem, Tommy Lee Jones, Woody Harrelson
122 minutes
Oscar du meilleur film 2007
Thriller
Synopsis :
Etats Unis, Texas, 1980...
Liewelyn Moss, un soudeur de profession va se retrouver mêlé à une sombre histoire de trafic de cocaïne, il arrive sur les lieux d'un massacre de dealers mexicains sur un endroit isolé et s'empare d'une valise contenant plusieurs milliers de dollars...
Anton Chigurh, un tueur psychopathe est chargé de récupérer la fameuse valise et lorsque Moss décide de revenir de nuit pour donner à boire au seul survivant de la tuerie, il le trouve abattu...
Chigurh, arrêté par la police, réussit à s'échapper en tuant sauvagement l'agent des forces de l'ordre qui était chargé de le neutraliser !
Le shérif Bell, chargé de l'enquête, est en fin de carrière et se révèle désabusé de sa condition...
Moss erre de motels en motels avec son magot et voudrait se donner une nouvelle vie, à lui et à sa petite amie, réfugiée chez sa mère le temps que tout se tasse...
Tout irait idéalement sauf que Chigurh a placé un capteur/transpondeur dans la valise !
Ce dernier parvient à repérer la trace de Moss !
Chigurh est extrêmement dangereux et Moss refuse de lâcher l'affaire...
Une chasse à l'homme est engagée et les cadavres vont se compter par dizaines !
Mon avis :
Avec un début immersif dès les premières secondes, "No country for old men" capte l'attention du spectateur de manière hypnotique et fait croître l'intérêt pour l'intrigue via un jeu d'acteurs phénoménal ponctué de séquences anthologiques et incroyables de maîtrise cinématographique...
Très grand thriller atypique, "No country for old men" utilise des supports inédits pour appuyer son propos et regorge de trouvailles toutes plus ingénieuses les unes que les autres pour mener à bien les idées des frères Coen, ces derniers au zénith de leur art...
Porté par une réalisation sans faille et une exploitation aussi bien atmosphérique (les décors sont magnifiques et parfaitement en osmose avec le scénario -notamment pour les plans nocturnes) que sémantique (les dialogues sont profonds et appuyés par des acteurs en roue libre -notamment Bardem, sidérant !), le film a le double mérite de captiver tout en mettant le spectateur en état de stress, mais un stress savoureux, un peu comme une fascination révulsive...
L'aspect psychotique de Chigurh est une variante des serial killers vus précédemment dans le bestiaire d'Hollywood (on pense à Hannibal Lecter ou à Frank Zito, le personnage glace le sang par sa froideur rugueuse et sa détermination implacable !) et la déliquescence sociétale est représentée par un Tommy Lee Jones vieilli et presque moribond, qui semble impuissant à retrouver sa fougue d'antan...
L'intérêt de "No country for old men" réside dans la mise en scène et dans la mise en images scénaristique, révélant une histoire passionnante de bout en bout, juxtaposée à des séquences impeccables au niveau technique (le molosse abattu au dernier moment, scène précise au millimètre !) et c'est ce timing sidérant qui amplifie la qualité du film qui n'en était déjà pas exempt...
Auréolé de récompenses amplement méritées, "No country for old men" renoue avec le Polar avec un grand "P" et réconciliera tous les fans du cinéma des frères Coen avec les spectateurs lambda de productions politiquement correctes, ce chef d'oeuvre s'adresse à tous les cinéphiles qui y trouveront aisément et indubitablement leur compte, tant la qualité est immense !

Note : 10/10