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samedi 24 décembre 2011

I SAW THE DEVIL, Corée, 2010

I SAW THE DEVIL
Aka J’ai rencontré le diable
Corée
2010
Réalisateur: Kim Jee-woon
Producteur: Kim Hyun Woo
Avec Choi Min-sik, Lee Byung-hun, Chun Ho-jin, Kim Yoon-seo, Choi Moo-seong
Scénario: Hoon-jung Park
Studio: D Films
Durée: 141 min.
Synopsis :
Se-yeon est torturée puis tuée par Kyung-Chu, un meurtrier psychopathe qui s'est introduit dans son véhicule en panne de moteur alors qu'elle appelait à l'aide au téléphone son fiancé Soo-hyeon. Accablé de douleur, cet agent des services secrets sud-coréens entreprend de traquer le tueur en éliminant un à un les suspects identifiés par la police. Trouver Kyung-Chu se révèle en fait plutôt facile. Or, comme il a fait la promesse de soumettre le meurtrier aux mêmes tourments que ceux subis par sa fiancée, Soo-hyeon le laisse filer après lui avoir fait ingérer à son insu une capsule GPS. Suivant sa proie à la trace, l'agent secret surgit à chaque fois que Kyung-Chu s'apprête à faire une nouvelle victime. À cran, ce dernier essaie de son côté de remettre en place les pièces du casse-tête afin d'identifier son poursuivant.
Ce que j’en pense :
Décidément le cinéma coréen n’arrête pas une minute de nous sortir des bombes ces temps ci !
Et ce « I saw the devil » (rien que le titre, tout un programme !) ne dérogera pas à la règle, entérinant tous les codes du ciné coréen d’horreur moderne…
Ici ça charcle, ça tranche vif dans le lard ! mais toujours avec cette intelligence de traitement inhérente à cette mise en images cinématographique !
La « DOULEUR » fait toujours partie du paysage et les « souffrances » infligées aux protagonistes sont poussées à maxima, comme le plus souvent…
Le summum de violence se décline via des passages extrêmement brutaux de tortures malsaines, de viols sur des filles innocentes et de mutilations diverses !
Et personne n’est épargné ! flics, vieillards, jeunes collégiennes…
On notera de multiples références à d’autres métrages, véritables clins d’œil involontaires ou volontaires… exemple que j’ai référencé : la camionnette du tueur (« Haute tension » de Aja), la lame traversant de la talon du pied (« Pet Semetary » premier du nom), le montage alterné avec la mort du vieux dans sa maison rappelle le passage de Clarice et du psychopathe dans « le Silence des agneaux » (confusion de la police sur le lieu du crime, piège qui se referme), la pathologie du serial killer particulièrement alambiquée (« Se7en » de Fincher) et un côté speed/course à la montre que n’aurait pas décliné Jack Bauer de « 24 »…
La mise en scène est virtuose, ne reculant devant aucun subterfuge pour asséner au spectateur hagard son lot de violence fulgurante et de stress poussé à bloc…
Empreint de perversité et de débauche sexuelle, le tueur est un sacré malade qui donne un sentiment d’abjection et de répugnance…
Et l’issue rappelle un peu celui de « Mad Max  1 » dans un autre registre, mais l’idée y est : laisser pourrir son pire ennemi avec une irréversibilité funeste qui le mènera tout droit en enfer ! (normal pour un « diable » de son espèce)…
Oppressant, très rigoureux dans son traitement scénaristique, empreint d’un dynamisme qui fait que l’on ne s’ennuie jamais malgré une durée de presque deux heures et demie, « I saw the devil » nous assène une gifle monumentale en pleine figure !
Un des films de tueurs en série les plus réussis de ces 5 dernières années toutes nationalités confondues à découvrir impérativement, se hissant au même rang que son « frère jumeau » prédécesseur « The Chaser » en encore plus violent !
Et le jeu des acteurs est fabuleux !
18 sur 20




samedi 17 décembre 2011

MON TOP 20 METAL 2011

MON TOP 20  DES CDS METAL POUR L’ANNEE 2011

1/ Children of Bodom : Relentless reckless Forever
2/ Scar Symmetry : The Unseen empire
3/ Revocation : Chaos Of forms
4/ Obscura : Omnivium
5/ Hatesphere : The great bludgeoning
6/ Deicide : To hell with God
7/ Arch enemy : Khaos Legions
8/ Autopsy : Macabre eternal
9/ Pestilence : Doctrine
10/ The soulless : Isolated
11/ Mayan : Quaterpast
12/ Machine Head : Into the Locust
13/ Cradle of Filth : Evermore Darkly
14/ Decapitated : Carnival is Forever
15/ Suicide Silence : The black crown
16/ Dream theater : a dramatic turn of events
17/  Motörhead : the world is yours
18 / Avenged Sevenfold : Nightmare
19/ Diamond Plate : Generation Why
20/ Morbid angel : Illud divinum Insanus

THE CHASER, Polar, Corée, 2008

THE CHASER
Corée
2008
Polar
Réalisation : Na Hong-jin
Scénario : Hong Won-Chan, Lee Shinho, Na Hong-jin
Durée : 123 minutes
Synopsis :
Jung-ho, un ex- flic devenu proxénète, reprend du service pour se lancer dans une chasse à l'homme pour tenter de retrouver l'une de ses filles, Mi-jin, enlevée par un pervers.
Mon avis :
Véritable électrochoc, « Th Chaser » laisse le spectateur collapsé et pantois, il possède l’envergure de ces grands polars qui vous mettent à terre et fait figure de bombe dans le ciné coréen, déjà particulièrement talentueux…
Déterminé et opiniâtre à l’extrême le héros fait preuve d’une persévérance surhumaine et incroyable pour tenter de coincer un dangereux psychopathe, proche de John Doe de Se7en.
S’ensuit alors une course poursuite imparable, filmée pratiquement en temps réel (sur une nuit dans une partie du métrage et le lendemain matin, jusqu’à l’épilogue)…
La tension est très vive et le spectateur est dès lors embarqué dans un tourbillon de stress, de violence et d’angoisse !
Des trouvailles phénoménales ponctuent cette investigation, notamment bluffantes (la terminaison du numéro de téléphone portable, la fillette désoeuvrée et traumatisée et d’autres personnages secondaires habilement exploités) et les cadrages sont toujours de toute beauté, magnifiés par une photographie nocturne sublime…
Les rues, les bâtiments et l’environnement urbain ne sont qu’autant « d’endroits pièges » et la demeure cossue du meurtrier n’est pas sans évoquer celle de Christiano Berti, le premier assassin de « Ténèbres » d’ Argento.
Une barbarie hors du commun inhérente à « The Chaser » est presque perpétuelle et on a un sentiment de souffrance physique mutuelle aussi bien pour l’agresseur que l’agressé (il faut voir les beignes qu’ils se mettent !)…
Speed, enjoué et battant, le héros en met plein la vue, sa composition est impeccable, tout comme le serial killer sadique à qui on donnerait le bon Dieu sans confession, mais qui s’avère être d’une coriacité terrifiante !
Plusieurs séquences mémorables comme le passage de l’interrogatoire avec le psychiatre ou la course effrénée du début du film (lorsque le tueur est identifié et qu’il essaie de se faire la malle) ou même la pantalonnade avec le client nu qui se fait gifler par Jung-Ho pour avoir voulu prendre en photo la prostituée, tout n’est que surprises et rebondissements dans « the Chaser » conférant ainsi à créer un climat de folie et inoubliable pour tout amateur de polar bien troussé…
De plus il ne faut pas omettre de dire qu’il s’agit ici d’un premier film !
Et bien bravo, c’est très réussi et élaboré de main de maître !
On en redemande !
D’ailleurs les spectateurs lors de la projection à Cannes en 2008 ne s’y sont pas mépris puisque « The Chaser » a eu droit à tous les éloges et a obtenu une standing ovation de dix minutes, chose importante à signaler…
Un film félin, superbe, racé, violemment sensitif, où la douleur est omniprésente et le décharnement légion, eu égard aux pratiques du tueur qui ne lésine pas sur les effets gore, rajoutant un charme au climat anxiogène qui règne tout le long du métrage !
Esthète et revigorant, à voir impérativement !
9.5/10


samedi 10 décembre 2011

Ma 6T va crack-er de Jean François Richet, 1996

MA 6T VA CRACK-ER
De Jean François Richet
1996
France
Avec Virginie Ledoyen, Jean François Richet
Chronique sociale
Synopsis :
Le quotidien de jeunes voyous de la banlieue de Seine et Marne, narguant la police sans arrêt et trempant dans des histoires de deals, de drogue et de règlements de compte internes entre bandes…
Les éducateurs et les responsables sociaux et d’éducation  essaient tant bien que mal de les raisonner, de leur inculquer les principes de bonne entente mutuelle et de les réintégrer dans le droit chemin mais rien ne semble y faire et porter ses fruits…
Tout n’est et ne reste qu’une succession inexorable de violence et de bagarres, soit à mains nues soit avec  une arme à feu (le « calibre »)…
Certains policiers peu regardants arrivent à capturer les bougres et leur font subir les pires outrages, comme une ultime « vengeance » face à ce délabrement sociétaire qui impacte lourdement l’atmosphère et l’ambiance de ces cités devenues zones de « non droit »…
S’ensuivront des émeutes d’une radicalité déconcertante qui ne laisseront aucune once d’espoir et qui seront réprimandées de manière équivoque mais sans la moindre résolution concrète…
Et si la révolte et la révolution étaient les seules alternatives ?
Mon avis :
Après son métrage quasi documentaire « Etat des lieux » et avant son escapade outre Atlantique avec son piteux remake d’ »Assaut on precinct 13 » de Carpenter et sa renommée césarisée des « Mesrine », Richet signe ici son film le plus frontal, insufflant un réalisme et une énergie peu communes qui risqueront de provoquer un certain malaise, mais ce malaise est bel et bien existentiel et reflet du quotidien des jeunes banlieusards en plein désoeuvrement, quasi perpétuellement…
Richet provoque alors une confrontation interne flics/voyous avec un léger parti pris, mettant presque tout sur le dos des forces de l’ordre par l’équation simpliste « répression/violence/chômage/problèmes communautaires ».
Ceci étant, sa mise en scène est très dynamique et parfaitement maîtrisée, usant et abusant de bagarres et de scènes d’émeutes tout à fait opportunes face à une certaine émotion de rage décuplée et qui servira de levier à une expression cathartique bien justifiée…
La bande son agrémentée de morceaux hip hop de l’époque est bien amenée pour faire comprendre et ressentir au spectateur dans quel état d’esprit se trouvent les protagonistes de l’histoire, mettant en avant les galères de leur quotidien, via une approche très réaliste et jamais surjouée…
Après tous ces paramètres et malgré quelques défauts, on passera un bon moment devant le film, qui reste néanmoins très dur par moments mais qui envoie et renvoie le public face à ses responsabilités dues au délitement et à la déliquescence sociétaires appuyés par une popperisation des cités, livrées à elles mêmes et en plein désarroi…
Richet n’apporte en fait aucune solution mais fait un constat…
Son introduction magnifique avec la belle Virginie Ledoyen appelle clairement à la révolte des masses et par ailleurs le monologue voix off qui sert d’épilogue le dit clairement « se basant sur un texte de la Constitution des Droits de l’Homme » rendant la révolution comme droit pour le peuple en cas de non respect des règles…
Malheureusement encore d’actualité, « Ma 6 T va crack-er » est au final un excellent métrage, presque nécessaire pour ouvrir les œillères des personnes qui avaient une approche obscure de la vie des banlieues.
Violent, puissant, dynamique et sincère, un « film–outil », reflet habile de situations rarement abordées avec autant de réalisme…
Réussite totale pour Richet !
Note sur 20 : 18



PULP FICTION de Tarantino, 1994

PULP FICTION
De Quentin Tarantino
1994
Etats Unis
Avec John Travolta, Uma Thurman, Samuel L. Jackson, Harvey Keitel, Christopher Walken, Bruce Willis, Ving Rhames, Rosanna Arquette, Maria de Medeiros, Eric Stoltz, Amanda Plummer et Quentin Tarantino
Synopsis :
Plusieurs petites histoires et saynètes mettant des personnages en commun via des situations alambiquées aussi diversifiées qu’un casse dans un snack bar, une agression sexuelle sado masochiste, des vengeances, une montre offerte comme cadeau ou des malfrats tuant des jeunes gens après avoir dégusté un cheeseburger…
« Pulp Fiction » ou comment tout finit par se rejoindre !
Mon avis :
Inutile de présenter ce film monumental, qui assit la carrière de Tarantino après le non moins savoureux « Reservoir Dogs » tourné deux années auparavant…
Scénaristiquement sans le moindre défaut et auréolé d’une palme d’or tout à fait mérité, « Pulp Fiction » se savoure comme un bon vin gouleyant et ce côté « je prends mon temps » augmente encore plus la saveur et le plaisir que le film dégage…
Et surtout c’est LA que la sémantique Tarantinesque trouve toute sa force et son impact…
Il maitrise toutes les situations, tous les canevas de son métrage, superposant, juxtaposant, élaborant et fluidifiant des histoires hyper réalistes et jamais ennuyeuses et où tout se clarifie, restant en tous points passionnantes et jamais redondantes…
Les personnages vivent leurs rôles, les décors ultra adaptés et la précision des cadrages et des plans font de « Pulp Fiction » un travail d’orfèvre, avec une précision d’horloger presque chirurgicale…
La bande originale revisite les standards des années 70 et certains plans sont mythiques ! la danse de Mia Wallace (Uma Thurman) avec John Travolta, la scène de l’overdose, la vengeance de Bruce Willis, le passage de la montre (juste énorme !) et l’introduction qui revient au final, mais quelles trouvailles !!!!!!!
Je le dis et le redis, Tarantino est un GENIE, LA personne qu’il fallait au cinéma, qui lui a redonné énergie, vitalité et sens…
D’ailleurs « Pulp Fiction » sera un immense succès et fera l’objet d’un culte amplement conditionné par la personnalité de Tarantino, grande gueule et fanatique invétéré de films de genre populaires (le bougre a travaillé pendant des années comme vendeur dans un vidéo club, c’est un pur cinéphile !)…
A voir, revoir et toujours avec ce même plaisir revigorant, faisant l’effet d’étancher une soif inextinguible de bonheur cinéphilique, un vrai PLAISIR ultime et majestueux : bref, « Pulp Fiction » c’est de l’or en barres, LE film de Tarantino le plus élaboré, peut être son chef d’œuvre surpassant tous les autres !
Note sur 20 : 19.5




samedi 3 décembre 2011

This is England de Shane Meadows

THIS IS ENGLAND
De Shane Meadows
Grande Bretagne
2005
Drame/chronique sociale
Résumé :
Une petite bourgade ouvrière d’Angleterre au début des années 80 en plein régime Tatcheriste.
Sean est un adolescent désoeuvré vivant seul avec sa mère (son père a été tué pendant la guerre des Malouines).
Il fait l’objet de railleries par ses camarades de classe, qui se moquent de son accoutrement et de son pantalon trop large.
Bagarres, larcins chez l’épicier pakistanais et errances ponctuent son quotidien…
Jusqu’au jour où il va faire la connaissance d’une bande de skinheads de son quartier qui vont le prendre en affection et l’enrôler dans leur cercle…
Mais l’arrivée d’un leader de la bande, tout juste sorti de prison, va tout faire basculer !
Sean, innocent et manipulé, va comprendre l’horreur des extrémismes et en sera pour son grade avec le « monde des adultes », ramassis de voyous sans foi ni loi, imbibés par l’alcool et le cannabis et ne raisonnant que par la violence et les invectives…
La présence d’un Jamaïcain dans la bande sera la source de conflits internes qui vont dégénérer, jusqu’à une issue horrible dont Sean ne se remettra sans doute jamais…
Mon avis :
« This is England » est un film « coup de poing » qui fait preuve d’une justesse totale d’appréciation, par le rapport de force entre un gamin et des voyous qu’il identifie comme des « repères » sachant que lui n’en a plus un seul…
Partant de cette constatation, Meadows dresse un portrait rude, acide et sans compromis du mouvement « skinhead », mais en ne prenant parti pour personne, laissant du recul et de réalisme sur des situations qui pourraient paraître désespérées et en réalité sans la moindre issue…
Les personnages peuvent paraitre attachants mais en fait s’avèrent répugnants car empreints d’anxiogènité et victimes d’une misère peu commune inhérente à leur contexte (sous Tatcher, c’était un enfer !)…
Le plus souvent, tout n’est que prétexte à dresser la noirceur terrible du chômage et du désoeuvrement des classes sociales dites « défavorisées »…
Mais là où Meadows frappe fort, c’est qu’il livre ici un témoignage de ce que lui-même a vécu, ainsi cela renforce la crédibilité du film, comme « vécu de l’intérieur » !
Les déchainements de violence, soudains, démesurés et intempestifs font figure de catharsis dans cette société au ralenti, ayant laissé sur le côté de la route, toute une partie de la population, absolument livrée à elle-même et contrainte de lutter pour s’en sortir et « survivre »…
Les décors, les commerces et l’architecture de ces villes servent de tremplin pour montrer aux spectateurs des lieux peu communs où végètent ces skinheads, totalement désorientés et en dehors de la réalité, se créant un « univers parallèle » où la loi du plus fort prime sur celle du plus faible, asservi et soumis de la façon la plus vile qui soit…
L’éclair ultime de violence électrisante traumatisera à jamais le jeune Sean, qui y verra une rédemption et une ouverture vers la réalité et le monde dit « normal »…
Un très grand film, pur électrochoc qui permet d’asseoir Shane Meadows sur le piédestal des meilleurs cinéastes d’outre Manche, et où il trouve ici ses repères et sa marque de fabrique, qui s’amplifieront avec le fabuleux « Dead man’s shoes » tourné peu après…
Note sur 20 : 15


SUCKER PUNCH de Zack Snyder, 2011

SUCKER PUNCH
De Zack Snyder
Etats Unis
2011
avec Scott Glenn
115 minutes
Fantastique/Aventures
Résumé :
Suite au décès de sa sœur et à l’agression de son beau père, une jeune femme se retrouve en hôpital psychiatrique.
Après une lobotomie, elle se trouve plongée dans un monde virtuel où elle doit affronter des créatures imaginaires.
Elle cherche à fuir par tous les moyens…
Mon avis :
Avec « Sucker Punch » Snyder s’est gamellé aux box office et les critiques n’ont pas été tendres avec lui !
Et pourtant « Sucker Punch » est largement supérieur à son pachydermique prédécesseur « Watchmen » et infléchit encore plus la démarche vers l’onirisme préconisée par le réalisateur…
Il faut accéder au métrage, « capter l’essence » de ce film monumental où rien n’est joué à l’avance !
On est tiraillés, menés en bateau entre fiction, rêve, virtuel et réalité et où chaque détail a son importance…
Des mondes parallèles symbolisant les guerres passées, des monstres lunaires et des armes lourdes comme leviers pour combattre, le tout dans une configuration funeste digne d’un des meilleurs jeux vidéos sur Play station…
L’héroïne totalement désorientée trouvera rapidement ses repères par le biais de cinq objets anodins, mais dont l’un sera la « raison »…
A partir  de ce moment, TOUT peut devenir possible et il faudra laisser libre cours à son imagination, le message étant le suivant : »Vous avez les armes ? alors combattez ! »
Métaphorique à l’extrême, habile dans son traitement, « Sucker Punch » insuffle une dimension épique à ses personnages et inflige une bonne volée au spectateur via des séquences d’action prodigieuses et surréelles !
Le renouveau de la SF ? oui on peut dire ça !
« Sucker Punch » ne pille nullement les autres films de sa catégorie, au contraire il rafraîchit le paysage du cinéma fantastique et développe une théorie à laquelle les hypersensibles seront les réceptifs…
Par le biais de la maladie et de la folie démentielle voire de la schizophrénie, on peut se créer un univers bien à soi, qui nous est propre, aliénant toutes les douleurs du monde réel, et servant de tremplin aux délires les plus baroques…
Le personnage de « Baby Doll », point d’orgue central de l’intrigue en est l’exemple, à chaque nouvelle danse exécutée elle se projette vers un nouveau pugilat, scindé en plusieurs segments, qui représentent l’issue salvateur, rédempteur et libérateur !
A condition qu’il ne capote pas !
Et Snyder n’a pas choisi la facilité puisqu’il pousse le vice jusqu’au bout, jusqu’à son extrémité !
Nullement à l’abri du moindre revirement ou du plus perfide des complots, Baby Doll se verra plongée dans un enfer, un purgatoire d’où elle aura bien du mal à sortir indemne…
Des effets pyrotechniques et paraboliques qui pulvérisent tout, une interprétation haut de gamme, des actrices d’une beauté époustouflante et un scénario pouvant paraitre hermétique à certains, mais s’avérant hyper fouillé, font de « Sucker Punch » une réussite totale, loin des stéréotypes et des conventionnements…
Bien plus qu’un film, un rêve éveillé où s’articule bien des thèmes chers à la SF mais revus et corrigés par Snyder…
Et ça déménage !!!!!!
Note sur 20 : 19


mercredi 23 novembre 2011

ZOMBIE de George Romero, 1978

ZOMBIE aka DAWN OF THE DEAD
1978
de George Romero
avec la collaboration de Dario Argento
avec Ken Foree, Gaylen Ross, David Emge, Scott H. Reiniger
Musique de Goblin sur la version européenne
117’
Résumé :
La panique règne sur un plateau TV ! les morts ont envahi les métropoles et s’attaquent aux humains dans le but de dévorer leur chair !
Stephen, un pilote d’hélico prend la fuite avec Fanny, Peter et Roger.
Ils se réfugient dans un centre commercial infesté de zombis et devront lutter pour retrouver leur tranquillité, menant ainsi des raids pour exterminer leurs agresseurs…
Jusqu’à ce que des motards fous furieux ne débarquent et mettent le souk, rouvrant les portes du centre et laissant déferler des centaines de morts vivants prêts à tout pour dévorer la moindre barbaque !
Mon avis :
C’est bien simple : « Zombie » s’avère être le film qui m’a le plus marqué de tous les films d’horreur que j’ai vu dans ma vie !
1er choc à 14 ans lors de la diffusion sur canal plus en 1986 et depuis il ne m’a jamais quitté !
sur tous les supports possibles (VHS, au cinéma en 1988, DVD, Blu ray) « Zombie » est mon film préféré, mon œuvre fétiche, surpassant toutes les autres !
A la fois film d’action, film d’horreur teinté de nombreux passages gore, chronique sociale et développement sur la société de consommation, en même temps film très intelligent et d’un traitement exemplaire, il reste à mes yeux le meilleur métrage d’horreur de tous les temps !
Le choix des acteurs inconnus jusqu’alors et issus du théâtre renforce bien l’empathie que l’on éprouve pour eux, mais comme ce ne sont pas des superstars, on peut s’attendre à tout !
Le film hypnotisant réserve de nombreuses surprises et des séquences carrément incroyables !
Dès l’introduction, la tension est extrême et les personnages tous survoltés, puis ça n’arrête pas : l’assaut, la fuite, la découverte du havre de paix (en apparence seulement) symbolisé par le centre commercial, un peu comme une prison dorée, l’arrivée des motards et le final énigmatique …
Tous les ingrédients sont réunis et en même temps on passe un excellent moment, mêlant stress, plaisir et distraction, car « Zombie » va à 200 à l’heure et les 120 minutes passent comme une lettre à la Poste !
On n’a qu’une envie, le revoir  encore et encore !
De plus la critique acerbe sur la société de consommation n’a pas pris une seule ride et son impact reste toujours d’actualité de nos jours ! Romero visionnaire…
Un film qui a fait et fera toujours parler de lui même des décennies après !
En même temps qu’il pose des questionnements (comment survivre quand tout semble perdu d’avance ? l’homme serait il réduit à l’état de moribond ? sauver sa peau à quel prix ?), « Zombie » arrive à insuffler un sentiment de peur anxiogène par son atmosphère sans issue et délétère, ne laissant sans doute aucun espoir sinon la fuite perpétuelle…
Un métrage où on se masturbe le cerveau mais où Romero fait la part belle à l’action via une dynamique de séquences rapides et savamment orchestrées, sans le moindre temps mort !
Multipliant les plans cultes (Savini tranchant la tête d’un zombie avec une machette, les éventrations de motards vociférant de douleur, le passage avec les militaires et l’introduction survoltée entre les politiciens totalement dépassés par l’ampleur de la situation…), ce film reste juste inoubliable et marquera à jamais l’univers du cinéma d’horreur…
Je préfère davantage le montage européen que la version américaine et la musique de Goblin y est pour beaucoup, créant ainsi une dynamique qui amplifie l’impact du film, le rendant plus stressant et où le spectateur s’implique plus dans l’histoire…
 On se retrouve immergé dans une situation apocalyptique qui semble insoluble, on n’a plus qu’à suivre l’itinéraire et les pérégrinations de Roger, Fanny, Peter et Stephen et se laisser porter par une mise en scène très fluide et sans la moindre redondance…
Tragique parfois, glauque en permanence, osé sans arrêt, « Zombie » est une grande performance pour l’époque, d’ailleurs le public et les critiques ne s’y étaient pas trompés puisqu’il fut un énorme succès à travers la planète et le restera encore !
LE film choc par excellence mais hyper intelligent, crédible malgré une histoire incroyable et maitrisé de A à Z, un témoignage de ce qui peut se faire de mieux en la matière et dans la catégorie du film d’horreur…
Romero a atteint la quintessence du film de zombies avec « Dawn of the dead », qui reste à mes yeux considéré comme culte et classique du genre…
Un dernier truc : j’aimerais tellement ne l’avoir jamais vu pour le découvrir maintenant et me prendre la claque du siècle, comme en 1986 au premier visionnage …
« Zombie » fait partie de cette race rare des films qu’on aimerait toujours voir pour la première fois !
20/20

dédicace à Bruno et mon oncle Christian.

samedi 19 novembre 2011

CLOVERFIELD de Matt Reeves, 2008

CLOVERFIELD
De Matt Reeves
Produit  par J.J. Abrams
Etats Unis
2008
Résumé du film :
Pour fêter le départ au Japon pour des raisons professionnelles d’un de leurs amis, des jeunes gens organisent un pot dans un immeuble huppé de Manhattan…
Soudain ce qui semble être un séisme de grande magnitude gâche la partie !
Puis « autre chose » va tout foutre en l’air et c’est le début d’un cauchemar inexorable où les protagonistes de l’histoire vont subir un véritable calvaire qui va foudroyer leur existence !
Mon avis :
« Cloverfield », par son côté novateur, faisant « du neuf avec du vieux », est avant tout un métrage terrifiant, dense, lourd et oppressant…
Filmé en « live » caméra sur l’épaulé et sur plans continus, il peut aisément se vanter de révolutionner le cinéma fantastique, par une maitrise totale de sa continuité scénaristique, pourtant simple et basique…
D’abord on éprouve une réelle sympathie pour ces jeunes issus de la classe « bo bo », puis on compatit face à leurs malheurs et au cauchemar qu’ils vont vivre, pour enfin éprouver une empathie complète envers leurs situations, quasi désespérées et sans la moindre issue positive…
L’intro du film est phénoménale, au malaise latent, prenant ainsi le contrepied d’un moment pourtant agréable et à priori sans histoire, une banale fête entre amis…
On ne se doute jamais de ce qui va se passer, ce qui renforce l’effet de surprise !
D’ailleurs c’est volontaire de ma part pour la rédaction de cette critique, j’ai pris le parti de ne rien spoiler pour ceux qui ne l’ont pas vu …
Symbolique de la tête de la statue de la Liberté décapitée, véritable affront à cette Amérique toute puissante, on y  voit un effet traumatique post-11 septembre évident…
La mise en scène est parfaite, cadrée, calibrée à l’essentiel et la panique ressentie est clairement restituée par l’angoisse certaine inhérente et à l’inconnu déroulé sous nos yeux horrifiés, nous projetant ainsi en plein cœur du chaos !
Dantesque décors réalistes et réalisme identique au réel font de l’environnement un danger potentiel (le métro, les commerces, les rues, le parc) et Reeves met les bouchées doubles pour nous impliquer dans ce paysage urbain que nous connaissons tous, mais cette fois sous un aspect anxiogène, car en déliquescence totale, agressée à l’extrême par quelque chose d’inconnu, impossible à identifier !
Tout y est !
Le couple en rupture amoureuse qui essaie de se reconstruire, l’amitié soudée entre des gens face au danger, l’envie de sauver sa peau coûte que coûte, « Cloverfield » fait penser aux films catastrophes des années 70 comme « la Tour infernale », où le spectateur, médusé et hagard, assiste à un spectacle de désolation, observant en direct, des gens qui sont sur le point de mourir ou vont mourir, des suites d’un événement imprévu !
Le métrage s’achèvera en collapse total et l’issue laissera un présage incertain voire nihiliste !
En tout cas, « Cloverfield » est un film-choc, terriblement bien réalisé, doté d’une efficacité propre au cinéma américain et qui laissera des traces dans l’esprit de ceux qui l’auront vu, de par sa symbiose film fantastique/film catastrophe et de l’aspect mélodramatique de l’ensemble, portée par de jeunes comédiens jouant à la perfection et impliqués de A à Z !
Excellentissime !
9.5/10

samedi 12 novembre 2011

MACHETE, Etats Unis, 2010 avec Danny Trejo

MACHETE
Etats Unis
2010
Grindhouse movie Polar/action
Avec Danny Trejo, Michelle Rodriguez, Jessica Alba, Robert de Niro, Tom Savini

Résumé :
Ancien flic des forces spéciales mexicaines, aujourd’hui simple immigré clandestin aux Etats Unis, celui que l’on surnomme « Machete » se retrouve mêlé à un imbroglio suite à un deal foireux avec un industriel véreux lui demandant d’abattre un politicien xénophobe et arriviste…
Comme de bien entendu, l’affaire tourne mal et Machete, coincé entre le marteau et l’enclume, ne devra compter que sur sa force et ses armes pour s’en sortir !
Néanmoins, il sera aidé dans sa tâche par une agente de la police de l’immigration, amoureuse de lui et par ses ami(e)s, un prêtre et une vendeuse de tex mex…
Il tournera en ridicule les « méchants » à renfort d’hémoglobine et de situation toutes plus débridées les unes que les autres !
Un culte s’instaurera même autour du personnage !

Mon ressenti sur le film :
Après la fausse bande annonce de « Planète terreur » (2007) mettant en exergue ce « Machete », segment survolté et dévastateur de ce grindhouse qui avait tout pour lui, on est en droit, au vu du film tourné 3 années après, de s’interroger sur la pertinence de ce dernier !
Soyons nets, « Machete » est une énorme déception !
Certes, certains passages sont bienvenus et jubilatoires mais l’ensemble peine à garder son rythme et s’essouffle dès la première demie heure passée…
Malgré une intro vrombissante et ultra prometteuse, l’inventivité disparait à partir de la scène de l’hôpital, où s’accumulent pitreries et erreurs scénaristiques !
Certes, oui c’est du cinéma mais ça n’empêche pas qu’il faille un minimum de crédibilité !
Or bien souvent le métrage en est exsangue !
Le casting rattrape la mise avec un De Niro incroyable et le tandem féminin Alba/Rodriguez ultra sexué et érotomane au maximum confère un intérêt certain, ravissant les amateurs de jolies filles…
Tom Savini  est, quant à lui, totalement sous employé : il avait un potentiel énorme qui s’avère totalement occulté, au plus grand désarroi de ses fans ! (dont je fais partie…).
L’idéologie véhiculée par « Machete » sur l’équation xénophobie/immigration/politique reste uniquement anecdotique, ce qui est bien dommage, car elle aurait pu servir de levier à l’histoire et à ses enchaînements, propulsant un peu plus le film sur un tremplin moralisateur et délivreur d’un message…
Certains passages sont quand même assez fun et les armes utilisées sont diversifiées ! (on a même droit à un tire bouchons planté dans l’œil ou à des outils de jardinier !) mais l’ensemble reste quand même bien en deça des espérances suscitées par le trailer apparu dans « Planet Terror », je trouve que Rodriguez est loin de s’être foulé…
On dirait un banal et vulgaire film de commande où il manque la folie des Grindhouse précédents, un peu torché à la va vite, comme s’il fallait finir le boulot par contrainte et non par investissement et plaisir…
On attend les prochains segments, qui ne devraient pas tarder à arriver, en espérant mieux, eu égard au potentiel énorme du personnage, pourtant parfaitement ancré dans l’esprit et la verve Grindhousienne…
J’aurais voulu mettre 10/10 mais je mets seulement 6/10.



vendredi 11 novembre 2011

HANA BI (Feux d'artifices) de Takeshi Kitano - 1997

HANA – BI (Les Feux d’artifices)
De Takeshi Kitano
1997
avec Beat Takeshi Tikano
sorti chez ARTE DVD
Synopsis :
Suite à une altercation avec des gangsters et des policiers qui tourne mal, un agent des forces de l’ordre se retrouve gravement blessé, par la faute de son supérieur qui a mal anticipé l’assaut…
Ce dernier a du mal à s’en remettre car, de plus, son épouse est atteinte d’une maladie incurable qui a pour conséquence une mort programmée sous quelques semaines…
Blasé, l’inspecteur plaque tout pour se consacrer à sa femme et entame une sorte de « quête spirituelle » initiatique avec la double mission d’assister son collègue grièvement blessé et cloué dans un fauteuil roulant et changer les idées à sa dulcinée en la faisant voyager loin des turpitudes citadines…
Pour se faire, il décide de l’emmener visiter un endroit montagneux, lieu « magique » et atypique où celle-ci pourra se ressourcer et oublier un temps sa pathologie gravissime…
Malgré cette « foi rédemptrice », le commissaire est rattrapé par son passé et devra tout faire pour occulter ses démêlés avec des truands, les annihilant méthodiquement et un par un, au fur et à mesure de sa plongée dans ce voyage teinté de mort et d’espérance, où rien ne sera laissé au hasard par le biais des paysages, des situations et des environnements qu’il aura loisir de côtoyer…

Mon avis :
Considéré par beaucoup comme le plus grand film de l’illustre Takeshi Kitano, « Hana – Bi » aka « Feux d’artifices » chez nous, frappe avant tout par sa picturalité et par la maitrise incroyable des séquences, au niveau photographique et graphique, et également par cette succession de plans incroyables, témoignage d’une réelle recherche cinématographique rarement vue jusqu’alors !
Filmés de hauteur où le style léché et maitrisé intervient ponctuellement, les déroulements scénaristiques vont de pair avec les personnages et l’évocation de ceux-ci dans l’histoire…
Histoire plutôt simpliste et basique mais où l’innovation réside dans la forme du traitement avec lequel Kitano fait transcender le drame en rédemption via son personnage principal, qui n’a plus rien à perdre ni à prouver, sinon retrouver le bonheur perdu et l’amour fou de son épouse, condamnée à finir sa vie entre ses bras (l’issue du métrage est, à ce titre, surprenant et vraiment émouvant, avec une pudeur et une intensité sidérantes !).
Les seconds personnages sont bien ancrés dans l’ambiance et dirigés par Kitano de façon ultra précise, sans esbroufe ni sur jeu, conférant ainsi une crédibilité millimétrique et renforçant de fait la qualité inhérente à l’œuvre…
Plongée dans l’artistique (notamment avec des parallèles entre la peinture et la vie de tous les jours), « Hana – Bi » pourra quelque peu sembler empreint d’un hermétisme peu courant, mais recèle indubitablement de qualités, abrogeant toutes les techniques cinématographiques apparues jusqu’alors, déclinant un savoir faire hors du commun et menant large sur les plans esthétiques et picturaux…
Dégageant parfois des synchronicités spectateurs/acteurs et acteurs/spectateurs, « Hana Bi » est de loin l’un des films asiatiques les plus inventifs des années 90, n’occultant pas pour autant la violence avec des passages hyper violents, mâtinés de « gore » et qui font parler la poudre avec aisance et décomplexion…
Œuvre majeure à voir impérativement !
9.75/10


samedi 5 novembre 2011

ROBOWAR

ROBOWAR
De Vincent Dawn aka Bruno Mattei
Italie
1988
Nanar Fantastique Guerre
avec Reb Brown, Catherine Hickland
Synopsis :
Sortis de nulle part, des mercenaires ringards doivent retrouver la trace d’un androïde prototype en pleine jungle, durant leurs pérégrinations ils sauvent une femme des mains de guerilleros et se font zigouiller un par un…
Il ne restera que quelques survivants mais ils ne peuvent prédire l’issue de ce cauchemar car le « Robowar » s’avère particulièrement coriace et quasi invincible !
Tout sera mis en œuvre pour percer ce mystère ancestral jusqu’à une explication pour le moins énigmatique sur le pourquoi du comment de l’existence de ce « Robowar » !
Mon avis :
Habitué des nanars « cheap » et incongrus, le père Mattei n’y est encore une fois pas allé avec le dos de la cuillère sur ce coup là !
Incohérences à la pelle, personnages à mourir de rire, « Robowar » en carton pâte montré dès le début (pour la surprise on repassera !) et intrigue poussive sans aucune logique !
On voulait du nanar, on est servis !
La musique est également complètement hilarante, nappes de synthés répétitifs au comique involontaire, tout est paramétré pour atteindre le néant total du cinoche Z, d’ailleurs on constate des plans qui se répètent, accentuant la faiblesse du métrage et rendant illisible l’intrigue, déjà très décousue !
Sans la moindre articulation scénaristique, on se contentera donc de voir une troupe de couillons qui déambule armes à la main et tirant intempestivement au moindre bruit suspect, le plus souvent dans les arbres ou n’importe où, croyant annihiler le fameux « Robowar » !
Mais qui est donc ce « Robowar » ?
Un homme amphibie (ou plutôt en phobie) avec un simple casque de motard, déblatérant des répliques avec une voix aigüe et nasillarde du style « Cible en vue, attendons vos instructions », « Feu ! Feu ! Feu ! »…
Reb Brown, «  l’acteur » principal (c’est un bien grand mot) est vraiment exécrable en Schwarzenegger du pauvre, charismatique comme une lampe halogène et pas du tout crédible, le bougre fait peine à voir !
Les autres se démènent comme ils peuvent mais restent raides comme des piquets et n’éprouvent quasiment aucune conviction dans leurs rôles, on atteint la nullité absolue !
La pouffiasse de service, blonde comme il se doit, n’est pas du tout à la hauteur et manque totalement d’épaisseur, les décors sont insignifiants et le final incompréhensible !
Reste une folie inhérente certaine et un choix de ringardise parfaitement assumé qui font de « Robowar » un exemple de ce que les italiens pillaient dans le ciné US de l’époque, ici, en l’occurrence « Predator » de Mac Tiernan !
Fallait oser !
Mattei l’a fait …
5.5/10



BAD BOY BUBBY

BAD BOY BUBBY
Australie
1993
Drame psychologique
Synopsis :
Bubby est un homme d’une quarantaine d’années qui possède des troubles psychiatriques et du comportement proches de l’autisme.
Il vit avec sa mère qui lui impose une cadence de vie infernale, le laissant prostré et enfermé dans un endroit sordide, coupé du monde…
Bientôt le père refait surface et Bubby parvient à s’enfuir de sa tanière maudite…
Il fait la rencontre de musiciens dont il va très vite devenir l’égérie…
Les concerts et les virées nocturnes s’accumulent jusqu’au jour où Bubby … tombe amoureux !
Cela bouleversera sa vie…
Mon avis :
Rarement un métrage n’a provoqué autant d’ambivalence !
Autant la première partie est repoussante, abjecte et dénuée de la moindre compassion envers le spectateur, rien ne lui est épargné ! inceste cradingue, apologie du sale et de la pourriture, chats torturés et étouffés avec un film plastique, pisse, merde, vomi et dialogues orduriers… bref on a droit à tout au niveau de l’infamie, un peu comme si le réal cherchait à tout prix à décontenancer et choquer quoiqu’il advienne…
Mais il n’en est plus rien dès la « libération salvatrice » de Bubby, le personnage principal !
On assiste à la jovialité d’un homme qui retrouve un sens à son existence et qui peut enfin laisser aboutir ses envies, mises en exergue par un don au chant et à la musique…
Et là le film prend ENFIN tout son SENS !
Appuyé par des cadrages léchés de toute beauté et un sens de la réalisation incroyable, on est alors pris dans un dédale, un itinéraire peu commun à ce que l’on avait vu auparavant !
La rencontre de deux handicaps (l’autisme et la myopathie) s’avèrera rédemptrice et véritable levier vers l’amour fou, tremplin d’une vie morne vers une vie passionnée et doté d’un véritable sens !
Malgré quelques petites incohérences, on est simplement scotchés devant cette histoire attachante et à la limite du film fantastique !
Nous aurons en mémoire pendant longtemps cette histoire de Bubby, sorte de Forrest Gump puissance 10 000, à l’humanité retrouvée et amplifiée par le cinquième élément qu’est l’amour !
Ceci étant il faut prévenir le spectateur sur l’aspect hermétique du film, qui risque d’en rebuter plus d’un !
Passée cette considération, on sera unanime sur la mise en scène (d’ailleurs « Bad Boy Bubby » a obtenu une récompense au festival du film de Venise) et sur le jeu de l’acteur principal, ahurissant et habité par un rôle hors du commun et pas accessible à n’importe quel comédien !
OVNI absolu, véritable électrochoc à l’issue libérateur et d’une certaine façon apologie de la passion et de l’amour, « Bad Boy Bubby » reste une claque monumentale dont il sera difficile de se remettre !
A savourer (malgré les réserves émises sur la première partie, très extrême et à la provoc revendiquée et assumée)…
9/10