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dimanche 30 août 2015

La louve sanguinaire de Rino di Silvestro, 1976

LA LOUVE SANGUINAIRE
de Rino di Silvestro
Italie
1976
avec Annick Borel, Dagmar Lassander, Frederick Stafford
Erotique fantastique
96 minutes
édité en DVD chez Néopublishing
Synopsis :
Une grande ville d'Europe, années 70...
Daniela Neseri, une jeune femme très jolie, est en proie à des cauchemars où elle voit sa descendante, une femme loup garou, se faire traquer par des villageois et brûler sur un bûcher comme une sorcière au temps de l'inquisition...
Ses frayeurs nocturnes la font hurler et sa famille décide de l'envoyer dans une clinique psychiatrique pour la soigner, arrivée sur place, elle mutile une patiente avec des ciseaux après avoir eu un jeu saphique avec elle, puis Daniela s'enfuit en pleine nuit...
Elle rencontre un cascadeur et tombe amoureuse de lui, il la loge et les deux tourtereaux semblent vivre le parfait amour...
Trois individus entrent chez le cascadeur et violent Daniela de façon sauvage et brutale !
Arrivé sur place, son compagnon se fait tabasser à son tour...
La vengeance de Daniela sera sans équivoque, elle retrouve ses violeurs dans une casse automobile...
Le père de Daniela la contacte et elle lui dit aller mieux...
La "possession lycanthropique" de Daniela semble s'être apaisée jusqu'au moment où...
Mon avis :
Déclinaison transalpine du film de loup garou, "La louve sanguinaire" réserve bien des surprises via un scénario intéressant et novateur ponctué de flashs et de séquences foudroyantes empruntées au genre avec comme nouveauté le fait qu'il s'agit d'une "louve garou" incarnée par la présence très féminine d'Annick Borel, bonne actrice qui porte le métrage à bout de bras, totalement impliquée dans son personnage...
Le principal reproche que l'on peut faire au film, c'est qu'il y a une surabondance de scènes de sexe qui se révèlent parfaitement inutiles et dont la redondance nuit au déroulement de l'histoire...
Trop de sexe finit par tuer le sexe et ici, ça bouffe à tous les rateliers, le moindre prétexte pour enchaîner sur des copulations est donné parfois de manière inopinée toujours intempestivement, di Silvestro propose à chaque fois le même mode opératoire et pourtant le scénario tient plutôt bien la distance, (une technique de travellings bien propre au cinéma d'exploitation italien, des séquences nocturnes de toute beauté et un jeu d'acteurs convaincant)...
A mi chemin entre Jess Franco, Jean Rollin et Mario Bava, "La louve sanguinaire" bénéficie d'une intrigue bien mise en place mais qui aurait gagné une plus value à être plus pudique, plus distante et moins outrancière et racoleuse (la moitié du film aurait pu être raccourcie, notamment le plan très nunuche de la plage) ....
Le maquillage de la louve est assez sommaire et di Silvestro occulte la transformation, faute de moyens, à contrario de réalisateurs comme Joe Dante et John Landis, les scènes gore, par contre, sont réussies et le mélange érotique/horreur trouve ici une place de choix puisqu'il se compte rarement dans le cinéma grindhouse de l'époque, l'initiative est donc à saluer...
Film d'exploitation proche du nanar (sans l'aspect comique involontaire), "La louve sanguinaire" est un régal pour les cinéphiles voyeurs friands de métrages déviants et baigne tout le long dans un atmosphère glauque magnifiée par une technique irréprochable...
Le DVD de Neopublishing est très correct et "La louve sanguinaire" est, bien entendu, à réserver à un public adulte...

Note : 7/10




jeudi 27 août 2015

Live like a cop, die like a man de Ruggero Deodato, 1976

LIVE LIKE A COP DIE LIKE A MAN
aka Uomini si nasce Polizziotti si muore
de Ruggero Deodato
Italie
1976
avec Marc Porel, Ray Lovelock, Adolfo Celi, Franco Citti
Polizzoteschi brutal et extrême
Produit par Fernando di Leo
91 minutes
Synopsis :
Rome, Italie, milieu des années 70...
Fred et Tony sont deux policiers d'un escadron de haut niveau, les deux hommes peuvent aussi bien gérer des prises d'otages que des agressions sur la voie publique...
Lors d'une intervention musclée à moto, Tony n'hésite pas à "achever" un malfrat en lui faisant le "coup du lapin" manu militari, ce qui lui vaudra les foudres de sa hiérarchie...
Les méthodes musclées à la limite fascisantes de Fred et Tony leur permettront de retrouver la trace de Pasquini dit "Bibi", un dangereux caïd de la pègre qui détient la main mise sur les repaires de jeux clandestins et qui contrôle le trafic d'héroïne de quasiment toute la ville... 
Arrivés sur les lieux de la planque de Pasquini, un bateau amarré loin du port, Tony et Fred échappent de peu à un piège tendu par le gangster !
Ils n'auront plus qu'un seul choix et seront appuyés in extremis par leur commissaire bienveillant et dépêché secrètement et à leur insu sur place...
Mon avis :
Unique incursion dans le genre pour Deodato, "Live like a cop, die like a man" commence d'entrée de jeu par une agression d'une violence effroyable et d'une poursuite en moto de dix minutes qui restera dans les annales du polar, non seulement italien mais même mondial !
Il faut avoir le coeur rudement bien accroché pour suivre les pérégrinations de ces deux flics, sorte de version latine du "Starsky et Hutch" d'outre Atlantique en plus nihiliste et plus ultra brutale...
Doté d'une folie (c'est le mot) ambiante, "Live like a cop die like a man" n'épargne rien au spectateur et l'on sent une énorme implication de Deodato à vouloir bien faire, appuyé par Fernando di Leo en superviseur du métrage et dont l'influence se sent nettement...
Amoral et immoral, le film fait vraiment passer pour des salauds aussi bien les truands que les policiers et cela nous vaut des passages plutôt culottés et néanmoins très bien réalisés techniquement comme la perquisition qui vire à l'orgie, l'arrivée dans la planque sordide de la blonde boulotte et du toxicomane énucléé par Pasquini et surtout le feu de joie nocturne avec les voitures de luxe sur le parking de la discothèque qui a dû coûter très cher niveau production (pas de chichis, les voitures sont toutes cramées réellement !)...
L'aspect sexiste déjà inhérent aux polizzoteschi est ici amplifié à maxima et les dialogues risqueront de rebuter les plus prudes d'entre vous, même s'il est évident que ce n'est pas un film tous publics, loin de là et que l'on sait à quoi on a affaire avec une production calibrée de la sorte...
Flics queutards et phallocrates, gangsters sans pitié, courses poursuites à 200 à l'heure, victimes terrifiées et terrorisées et ambiance hystérique, tels sont les ingrédients de ce très grand polar qui met les coudées franches dans le réalisme et l'ultra violence et dont le spectateur sort groggy et collapsé...
C'est là qu'on se dit que si Deodato avait pu persévérer dans le genre du polar il aurait sans nul doute dégommé tous les autres, quoiqu'il en soit "Die like a cop Live like a man" est un énorme chef d'oeuvre, à la fois authentique dans son fond  et putassier dans sa forme qu'il faut avoir impérativement visionné pour évaluer le talent de ce monsieur...
Critique dédicacée à Guillaume Gama avec mes remerciements

Note : 9.5/10





mercredi 26 août 2015

Mission impossible Rogue Nation de Christopher Mac Quarrie, 2015

MISSION IMPOSSIBLE ROGUE NATION
de Christopher Mac Quarrie
Etats Unis
2015
avec Tom Cruise, Ving Rhames, Simon Pegg, Rebecca Ferguson, Jeremy Renner, Alec Baldwin, Sean Harris
Espionnage/action
132 minutes
Budget de 150 millions de dollars
Produit par J.J. Abrams et Tom Cruise, entre autres
Synopsis :
Vienne, Londres et Marrakech, 2015...
Ethan Hunt, le membre principal du groupement "Mission impossible" doit combattre un nouvel ennemi appelé le "Syndicat", qui est géré sournoisement par un dangereux personnage manipulateur : Solomon Lane...
Aidé dans sa tâche par son fidèle acolyte Benji, Hunt réchappe in extremis à la mort lors d'un guet apens dans les sous sols d'une bibliothèque londonienne, il y fait la connaissance d'une superbe femme, Ilsa Faust, qui est en fait un agent double infiltré au sein du "Syndicat"...
Alan Hunley, le directeur de la CIA, rappelle à l'ordre Ethan Hunt mais ce dernier est bien décidé à percer le mystère de cette organisation secrète qui a pour dessein de contrôler le monde lors d'investigations musclées...
Retrouvant Ilsa à Marrakech et provoquant une course poursuite monstre, Hunt, de retour aux Etats Unis, risque une nouvelle fois sa vie alors qu'Hunley est sur le point de se faire manipuler une nouvelle fois par le "Syndicat"...
Devenu gênant pour l'organisation, Hunt devient la cible privilégiée de Solomon Lane, qui va employer tout ce qui est en son pouvoir pour l'éliminer !
Mon avis :
Cinquième segment de la saga, ce "Mission impossible Rogue nation" est un régal à suivre, doté d'une action décloisonnée qui nous emmène aux quatre coins du globe avec des moyens conséquents, le rythme ne se relâche pour ainsi dire jamais et Tom Cruise est parfaitement à l'aise dans le rôle qu'il endosse et où il semble s'être intégré de façon juste et magistrale...
Des aventures raffinées (la séquence de l'opéra est magnifique), des poursuites incroyables (la course en moto, le début avec le décollage de l'avion), tout le cocktail est présent pour faire passer au spectateur un moment agréable où quasiment rien n'est laissé au hasard, le seul petit défaut est le manque de crédibilité pour la scène sous l'eau (il est impossible à Tom Cruise de retenir autant de temps sa respiration et de s'en sortir en vie) mais cela ne vient nullement gâcher l'ensemble, survolté et classieux...
"Mission impossible Rogue nation" est un déferlement de morceaux de bravoure hyper calibrés et qui déclenchent l'admiration immédiatement dès l'entame avec la scène spectaculaire de l'avion et met en exergue un Tom Cruise survitaminé malgré une crédibilité situationnelle difficile...
Le meilleur passage du film est sans conteste la poursuite en moto, très impressionnante, et ce qui se fait de mieux en matière d'effets spéciaux combinés à des cascades, on en sort bluffés...
Dynamitant tous les autres actioners, Christopher Mac Quarrie offre une version surboostée et apocalyptique des James Bond et arrive nettement à égaler le célèbre agent secret voire le surpasser avec le personnage d'Ethan Hunt, les seconds rôles sont savoureux et l'interprétation appliquée avec Rebecca Ferguson, l'atout charme du métrage, diablement sexy et qui en met plein les mirettes...
En dépassant toutes les limites instaurées par ses prédécesseurs, Cruise (également producteur) conforte sa situation et sa réputation et révèle un nouveau pan de son talent immuable avec la plus grande classe qui soit, tout en n'oubliant pas de garder une fougue, un aspect "punchy" qui lui colle à la peau, malgré sa cinquantaine bien tassée...
LE film de l'été 2015 et le blockbuster qui a eu le plus grand succès mondial au box office durant cette saison...
Note : 9/10







Les trois frères, le retour des Inconnus, 2014

LES TROIS FRERES, LE RETOUR
des Inconnus
France
2014
avec Didier Bourdon, Bernard Campan, Pascal Légitimus, Sofia Lesaffre, Daniel Russo, Christian Hecq, Antoine du Merle, Alison Wheeler
Comédie satirique
106 minutes
Budget de 10 millions d'euros
Edité en DVD chez Wild side vidéo
Synopsis :
Région parisienne et sud de la France, de nos jours...
Presque vingt ans après leurs (més)aventures, nous retrouvons les frères Latour, Didier est mythomane et se fait passer pour un professeur d'université alors qu'il vend par correspondance des sex toys, Bernard essaie tant bien que mal de percer dans une carrière théâtrale et Pascal vit au crochet de Moss, une cougar...
Pour récupérer les cendres de leur mère, ils finissent par se retrouver lors d'une cérémonie funéraire, Bernard retrouve sa fille, Sarah, une ado désoeuvrée alors que Pascal se fait virer par sa protégée après une engueulade...
Souhaitant le décès de sa belle mère, Didier, quitte le domicile conjugal, la caractéristique commune aux frères Latour étant la vénalité et le manque d'argent...
Ils se replient sur Michaël, le fils de Didier, qui a bien grandi et qui doit se marier...
N'ayant peur et ne doutant de rien, les trois compères, grimés et déguisés, se rendent au domicile des futurs beaux-parents de Michaël...
Cela devient vite le foutoir...
Mon avis :
Alors voici enfin, dix neuf années après, la suite des aventures des frères Latour, cette séparation dans le temps était de très longue durée et l'attente était devenue insupportable et, soyons nets, la suite n'est pas à la hauteur de son aîné, les gags sont moins incisifs et le rythme peine à se consolider, malgré la bonne volonté évidente du trio comique...
Le fait d'avoir intégré de nouveaux personnages qui n'apparaissaient pas dans le premier segment aurait pu être louable mais hélas ces derniers sont pour la plupart mal exploités et l'ensemble peine à faire rire, on dirait une version "light" du premier qui se lâchait beaucoup plus...
Les Inconnus essaient comme ils peuvent de retrouver la vigueur initiale mais la mayonnaise a bien du mal à monter sur des trouvailles trop policées où manque la folie qui rendait honneur aux comiques lors du film de 1995...
De plus, on a droit à des clichés éhontés et très malvenus sur les banlieues et la sémantique racaille, ce qui n'arrange pas l'ensemble et dessert son propos (le passage de l'agression, la fille d'origine  maghrébine insupportable...)
"Les trois frères, le retour" est plus anecdotique qu'authentiquement hilarant et on note l'absence flagrante des "leviers" comiques pourtant propres aux Inconnus que ce soit dans leurs métrages ou dans leurs sketchs TV cultes...
On sent une envie de remplissage sans s'attarder à retranscrire leur style pourtant imparable à l'accoutumée, si l'on suit l'ensemble de leurs productions, il va sans dire que "Les trois frères, le retour" est une suite ratée, d'ailleurs le public ne s'y est pas trompé, sanctionnant vigoureusement le trio lors de commentaires passionnés sur internet et sur les réseaux sociaux, ce qui valut l'énervement des bougres qui décrétèrent ne plus vouloir mettre un troisième volet en chantier, alors que c'était initialement envisagé...
C'est quand même bien dommage, et l'adage "on ne peut pas être et avoir été" se vérifie pleinement ici...
Grande déception et coup d'épée dans l'eau "Les trois frères, le retour"...

Note : 4/10






mardi 25 août 2015

French connection de William Friedkin, 1971

FRENCH CONNECTION
de William Friedkin
Etats Unis
1971
avec Gene Hackman, Roy Scheider, Marcel Bozzuffi, Fernando Rey, Tony LoBianco
Policier culte
104 minutes
Synopsis :
Etats Unis et sud de la France, début des années 70...
Popeye Doyle et Buddy Russo, deux policiers aux méthodes musclées, sont chargés d'identifier les commanditaires d'un vaste trafic d'héroïne qui transite via Marseille jusqu'aux Etats Unis...
Les responsables  qui contrôlent ce commerce illégal sont Alain Charnier et Salvatore Boca, deux gangsters de la pire espèce, appuyés par Pierre Nicoli, un tueur à gages sans pitié...
Après avoir sillonné de nombreux bars sordides qui servent de plaques tournantes pour écouler la drogue, Popeye et Buddy parviennent à coordonner une attaque ciblée et ont trouvé tous les plans des barons de l'héroïne après moult filatures...
C'est maintenant le moment de passer à l'action afin d'éradiquer ces gangsters, Popeye prend en chasse Nicoli lors d'une course poursuite dantesque dans le métro puis dans la métropole...
Dans un second temps, une gigantesque rafle est organisée dans une planque située à la périphérie de la ville...
Mon avis :
Hargneux, surméchant, "French connection" est un modèle, un exemple de ce qu'était le polar d'outre Atlantique au début des années 70, bourré de temps forts et doté d'une intrigue à l'efficacité surpuissante, le film décline avec soin et réalisme les investigations de deux flics pour enrayer le trafic de drogue entre la France et les Etats Unis...
Les décors sont réels et amplifient le caractère poisseux de l'intrigue, les bandits sont de vrais salopards et Popeye, comme un chien dans un jeu de quilles, va devoir faire preuve d'une grande audace pour parvenir à les coincer !
Friedkin fait preuve d'un professionnalisme exemplaire avec "French connection" et maîtrise totalement sa technique (il faut garder son souffle lors de la poursuite Bozzuffi/Hackman, filmée caméra sur l'épaule et pratiquement en temps réel !)...
Bluffant à tous les niveaux, "French connection" emprunte tous les codes du polar établis jusqu'ici et parvient à les sublimer avec un sens du réel qui peut faire froid dans le dos (le final fait peur !), les acteurs sont fabuleux et le film a glané cinq récompenses aux Oscars, gage de la plus grande qualité !
"French connection" laisse un souvenir mémorable au spectateur, gravant de son empreinte le polar des années 70 et donnant un impact très fort par sa dimension quasi documentaire du travail des policiers de l'époque (la french connection a réellement existé !)....
Avec le talent de Friedkin aux commandes, il ne pouvait en être autrement, nerveux, tonique et véloce, "French connection" marqua l'histoire du septième art...
Un véritable chef d'oeuvre, un archétype du polar a part de tout ce qui a été vu auparavant, à voir absolument si ce n'est déjà fait....
Note : 10/10





Papy fait de la résistance de Jean Marie Poiré, 1983

PAPY FAIT DE LA RESISTANCE
de Jean Marie Poiré
France
1983
avec Christian Clavier, Jacqueline Maillan, Gérard Jugnot, Thierry Lhermite, Pauline Lafont, Martin Lamotte, Michel Galabru, Josiane Balasko, Dominique Lavanant, Michel Blanc, Bernard Giraudeau, Jacques Villeret, Jean Yanne, Jean Carmet, Roland Giraud, Julien Guiomar
Comédie
102 minutes
Synopsis :
Paris, durant l'occupation...
La famille Bourdelle a pour génitrice une cantatrice, le père meurt accidentellement, cette fratrie est considérée comme résistante face à l'occupation allemande qui a pris ses marques dans différents endroits de la capitale...
Ramirez, un de leurs anciens voisins et concierge est passé du côté des "collaborateurs" et sert d'indicateur aux nazis...
De manière inopinée, les Bourdelle sauvent un soldat allié qui échappe de peu à une exécution, ils décident de l'héberger dans l'une de leurs planques...
Guy Hubert, un coiffeur homosexuel et excentrique est en fait Super résistant, un combattant masqué qui ridiculise le troisième Reich lors d'actions expéditives...
Pour échapper aux raids et aux descentes surprise de l'oppresseur allemand, les résistants s'allient comme ils peuvent, ce qui vaut des situations cocasses et délirantes...
Le film se clôt par l'émission télévisée "Les dossiers de l'écran" avec pour invités sur le plateau les descendants des personnages montrés précédemment, le tout finissant dans la confusion la plus totale par un pugilat...
Mon avis :
Avec "Papy fait de la résistance", Jean Marie Poiré réunit une brochette de comédiens incroyable et hors pair, la plupart issus de la troupe du Splendid, qui n'a plus rien à prouver au niveau de sa qualité et de sa force comique...
Les dialogues fusent dans tous les sens, la dynamique sémantique est imparable et cela n'arrête jamais, Jugnot est survolté, "Papy fait de la résistance" est un modèle de comédie unique dans sa tonicité et les éclats de rire sont légion durant le visionnage...
Jacques Villeret crève l'écran et le film est une gigantesque farce, un mastodonte délirant à la reconstitution soignée et aux moyens financiers conséquents, c'est un plaisir de retrouver ces comédiens dont quelques uns sont, hélas, décédés...
Ce n'est pas pour rien que le film est dédicacé à la mémoire de Louis de Funès, "Papy fait de la résistance" faisant honneur à tout un pan du patrimoine comique tricolore, tous les acteurs sont en roue libre et se déchaînent du début à la fin...
Bourré de clins d'oeil et faisant référence à tout un cinéma populaire, "Papy fait de la résistance" se distingue par une réalisation habile et un scénario touffu qui prend à contre courant les codes du cinéma comique jusqu'ici établis....
Poiré va très loin dans son délire et assume totalement la folie ambiante qui y règne de bout en bout, il parvient à décupler son potentiel humoristique par une direction d'acteurs qui semble acquise à sa cause...
Au rythme effréné, "Papy fait de la résistance" s'amuse à nous amuser et ce, sans la moindre prétention, et restera dans les annales du film comique hexagonal, au même titre que "Les bronzés" ou d'autres classiques populaires...
Note : 8.5/10





Les trois frères de Didier Bourdon et Bernard Campan, 1995

LES TROIS FRERES
de Didier Bourdon et Bernard Campan
France
1995
avec les Inconnus, Elie Sémoun, Bruno Lochet, Yolande Moreau, Bernard Farcy, Anne Jacquemin, Antoine du Merle
Comédie satirique
105 minutes
Synopsis :
France, 1995...
Les frères Latour, Pascal, Bernard et Didier, sont convoqués le même jour dans un office notarial, ils ne se connaissent pas et apprennent que leur mère leur a légué un héritage de trois millions de francs, étant décédée il y a deux ans...
Devant revenir la semaine suivante chez le notaire, les trois demi frères sympathisent de suite...
Didier, vigile dans un supermarché, a un beau père raciste (également son responsable) et est promis pour épouser une fille laide, Pascal est autonome et loue un appartement huppé, il travaille dans une entreprise de marketing, quant à Bernard, il vit chichement de plusieurs petits boulots, bref cette somme qui leur est allouée tombe bien pour les trois hommes, désireux de changer de vie...
Hélas, déception totale, suite à un dépassement dans le temps, l'héritage est annulé !
Cela va être le début des galères pour le trio, d'autant plus que Didier retrouve Christine Rossignol, une de ses anciennes conquêtes, et également le petit Michaël, qui est son fils...
De mésaventures en mésaventures, les frères Latour sillonnent l'hexagone et multiplient les larcins, bientôt ils sont accusés d'enlèvement !
Mon avis :
Comédie culte des années 90, "Les trois frères" n'a rien perdu de sa verve encore deux décennies plus tard, les Inconnus assurent leur show et tous les gags font mouche, appuyés par une cocasserie de situations à mourir de rire, chacun des personnages représentent à lui tout seul une source de comique et la société en prend pour son grade par des caricatures en acier trempé sur les travers des protagonistes (le racisme, l'argent, la misère, tout est passé en revue)...
On se délecte littéralement dans un comique à la fois situationnel et touchant, le déroulement du métrage se fait à cent à l'heure, chaque réplique laissant place à la suivante dans un maelström de déchaînement zygomatique, ça tourbillonne sans cesse avec un rythme ultra tonique...
Le personnage du petit Michaël sert de levier et de tournant pour l'histoire et entraîne cette dernière dans une nouvelle dynamique pour le métrage, permettant ainsi d'exploiter de nouvelles situations comiques au fort potentiel...
De nombreuses trouvailles amplifient l'empathie que le spectateur a pour ces trois hommes, à priori losers et poisseux mais le tout se fait toujours dans la bonne humeur et sans le moindre misérabilisme, "Les trois frères" est là avant tout pour nous détendre et, même si parfois il fait réfléchir, la morale est sauve et les Inconnus retombent toujours sur leurs pieds (la scène du procès, la lecture du "Petit prince" -Bourdon à son firmament-, le final dans l'orphelinat)...
Mené avec exemplarité et preuve que les Inconnus sont les principaux leaders du comique populaire hexagonal, "Les trois frères" peut se voir et se revoir avec à chaque fois le même plaisir, il peut être considéré avec aisance comme le meilleur film des "Inconnus"...
La suite tournée dix huit ans plus tard est moins heureuse mais possède tout de même quelques qualités, même si elle est aux antipodes du comique déployé ici...
En l'espace de quelques années, "Les trois frères" est devenu un classique du cinéma comique contemporain...

Note : 10/10




dimanche 23 août 2015

AVATAR de James Cameron, 2009

AVATAR
de James Cameron
Etats-Unis
2009
Avec Sigourney Weaver, Michelle Rodriguez, Sam Worthington, Zoe Saldana, Stephen Lang
Science fiction
162 minutes
Synopsis :
Au vingt deuxième siècle en 2154, sur la planète Pandora, aux confins de la galaxie…
Des militaires américains ainsi que des scientifiques ont investi le territoire des Na’vi, une tribu pacifique vivant au milieu de montagnes suspendues dans le ciel…
Le but de l’expédition américaine est d’extraire la richesse principale de Pandora, un minerai précieux et Jake Sully, un officier paraplégique a été sélectionné pour incarner un « avatar », c'est-à-dire l’entité qui va intégrer le corps d’un Na’vi et contrôler son esprit, tout en restant dans un sarcophage placé à distance…
Le docteur Grace veille au bon déroulement de ces expérimentations malgré un colonel irascible qui ne semble pas digne de confiance…
Tout va se compliquer lorsque Jake tombe sous le charme de Neytiri, une autochtone Na’vi et refuse tout compromis, préférant vivre au milieu des Na’vi…
Ces derniers résistant aux injonctions des militaires, un massacre est commis !
Jake et ses amis sont enfermés dans une cellule de dégrisement en attendant un jugement de la cour martiale…
Trudy, une pilote de chasse, parvient à les libérer, ce qui provoque les foudres de l’état major…
Une course est alors engagée avec un double objectif : sauver les Na’vi en danger de mort et retrouver Neytiri, qui s’est sentie trahie par Jake…
Mon avis :
Parabole sur les génocides et film pro écologiste et anti déforestation, « Avatar » bénéficie de moyens techniques colossaux pour appuyer un message militant et humaniste intelligent, tout y est conçu pour réaliser une aventure humaine avec des plans magnifiques et un sens de la rhétorique peu commun pour ce type de métrages, avec un côté mystique et envoutant auquel on ne peut qu’être sensible…
Les personnages sont antagonistes, d’un côté les bons, de l’autre les méchants, mais les pacifiques tribus Na’vi  semblent le vecteur, la connexion entre ces derniers, servant de prétexte habilement soit pour la destruction soit pour la préservation de la vie humaine…
Autant dire que James Cameron s’est totalement surpassé avec « Avatar », allant plus loin que tout le monde avec des thématiques simples mais universelles et balayant toutes les technologies référencées précédemment…
Grandiose en tous points, « Avatar » créée dès les premières secondes une osmose entre les décors et le spectateur, celui-ci gravitant dans un monde à la fois irréel et pourtant proche de celui qu’il connaît (Cameron reconnaît lui-même la comparaison avec la guerre en Irak) et la caméra nous (trans)porte dès lors dans un voyage féérique où tout semble couler comme une source dans un ravin, comme un oiseau dans le ciel (à ce titre la séquence du vol est surprenante et magnifique !)…
Cameron gagne son pari de par la flamboyance de sa mise en scène et occulte tous les films de science fiction précédents pour entériner désormais un style : le sien !
Au scénario très poussé mais jamais ennuyeux, « Avatar » est devenu en l’espace de quelques mois un film événement, peut être l’un des cinq plus grands films de science fiction de tous les temps, il convient de l’avoir visionné, étant cinéphile ou non, pour prendre le plaisir du septième art avec un grand « P »…
Incroyable à tous les niveaux !

Note : 10/10




L'aile ou la cuisse de Claude Zidi, 1976

L’AILE OU LA CUISSE
de Claude Zidi
France
1976
Avec Louis de Funès, Coluche, Julien Guiomar, Ann Zacharias, Claude Gensac, Philippe Bouvard
Comédie satirique
110 minutes
Produit par Christian Fechner
Synopsis :
France, milieu des années 70…
Charles Duchemin est un éminent critique gastronomique, il dirige le guide portant son nom et sillonne la France pour attribuer des notes et des appréciations sur les divers restaurants qu’il teste, les chefs et les responsables de ces établissements sont très sensibles à ce que Duchemin va dire, son guide s’exportant dans les quatre coins du globe…
Duchemin n’hésite pas à se grimer ou changer d’apparence physique afin de déjouer l’attention des restaurateurs, ce qui provoque moult situations assez cocasses…
Avec l’âge, Duchemin souhaiterait que son fils Gérard reprenne le flambeau et lui assure une succession…
Jacques Tricatel, un magnat de la nourriture industrielle veut damer le pion à Charles Duchemin et décide de le confronter lors d’un débat télévisé…
Avec l’aide de Marguerite, une jeune secrétaire récemment embauchée, Duchemin père et fils décident de rentrer clandestinement dans une usine de Tricatel…
Ce qu’ils vont voir va décupler leur envie d’en découdre avec l’industriel…
Mon avis :
Tout comme les nombreux aliments vus dans le film, « L’aide ou la cuisse » est un régal !
A la fois satire sociale, franche rigolade et même parfois touchant (la relation difficile père/fils, la scène du cirque), « L’aile ou la cuisse » se dote de tous les codes du cinéma comique des années 70 et fait mouche à chaque gag, (en)joué par un Coluche convaincant et un De Funès en roue libre, comme toujours déchainé (il sortait d’un double infarctus et fit ce film pour sa convalescence !)…
Les seconds rôles sont savoureux et le dynamisme de la réalisation tourne à pleines turbines malgré quelques petites incohérences (la secrétaire qui conduit la grue, le passage dans l’hôpital…) mais le spectateur s’amuse et en a pour son argent…
Certains moments sont hilarants (le restaurant dégoutant, Coluche dans l’usine), bref c’est de la grosse rigolade mais bien réalisée et garantie sans indigestion !
« L’aile ou la cuisse » est le genre de comédies qui florissaient dans les années 70, à l’instar des films de Pierre Richard, du cinéma bon enfant et sans prétention à visionner pour se détendre ou se remonter le moral, les zygomatiques fonctionnant obligatoirement…
Très sympathique…

Note : 8/10




dimanche 16 août 2015

Les brigades du tigre de Jérôme Cornuau, 2006

LES BRIGADES DU TIGRE
de Jérome Cornuau
France
2006
avec Clovis Cornillac, Edouard Baer, Olivier Gourmet, Gérard Jugnot, Diane Kruger, Jacques Gamblin, Léa Drucker, Thierry Frémont, Stefano Accorsi, Agnès Soral, Philippe Duquesne
122 minutes
Policier
Synopsis :
Paris et région parisienne, début de la belle époque, vers 1907...
Dirigée par Monsieur Faivre, la brigade mobile se compose de l'inspecteur Paul Valentin, assisté de ses collègues Marcel Terrasson, de Pujol et d'un stagiaire nouvelle recrue, Achille Bianchi...
La capitale est en proie à des actes de terrorisme orchestrés par un anarchiste, Bonnot...
Valentin a pour mission d'enrayer et de neutraliser ce dangereux individu...
Parallèlement, il y a une rivalité avec les services de la préfecture, qui ont les informations avec une longueur d'avance et ridiculisent Valentin lors d'arrestations musclées....
Casimir Cagne, un riche homme d'affaires est victime d'une manipulation et d'un coup monté par le biais de Léa, la prostituée protégée qui sert d'indicatrice à Pujol, alors qu'une autre mission attend Valentin et ses hommes : assurer la protection du tsar et de son épouse, Constance Radetsky, arrivés à Paris pour une représentation à l'opéra...
Un attentat se prépare et la belle Constance n'est pas si pure que l'on pourrait le croire : elle a eu une liaison avec Bonnot !
Cet élément va de fait compliquer énormément la tâche des brigades !
Mon avis :
C'est un fanatique absolu de la série télévisée qui vous parle (j'ai vu plusieurs dizaines de fois chacun des trente six épisodes), autant vous dire que ce film, cette "adaptation" au cinéma était attendue de pied ferme pour moi et donc je me suis rué dans les salles obscures la semaine de sa sortie, en 2006... puis revu hier soir pour la troisième fois le métrage et hélas (et ça me fait très mal de le dire, j'aurais aimé aimer), il s'agit d'une totale IMPOSTURE, d'une oeuvre se réclamant de la série alors qu'elle en bafoue tous les codes et ne respecte en rien l'esprit, l'âme et le charme de la série originelle....
Au fur et à mesure que le film avance, on se prend à espérer quelque chose, on croit que l'on va retrouver au moins des éléments de la série culte, plus ça avance, plus l'étau se resserre et plus le cauchemar/douche écossaise s'abat sur le puriste de la série (et même sur le simple fanatique)....
C'est très bien réalisé, très bien filmé (mouvements de caméra amples et travaillés lors de l'arrestation de Bonnot) MAIS CE N'EST PAS DU TOUT CE QUI EST DEMANDE !
Cornuau a pris d'énormes libertés avec la série et a, soit supprimé soit rajouté des éléments qui paraîtront incongrus aux yeux des fans de la série TV, la savate n'est employée qu'en cas de bagarres dans la série TV, il fait faire des matchs de boxe à Terrasson, le personnage de Pujol est à des années lumière de celui de Jean Paul Tribout, ici Baer est affublé d'une prostituée, Cornillac ne donne aucun relief au personnage de Valentin et semble détaché et non impliqué dans son rôle, Diane Kruger est très jolie certes, mais ça ne suffit pas à rendre crédible son personnage, elle semble inexpressive avec la bouche fermée lors du final de l'assaut champêtre avec Bonnot, et j'en passe et des meilleures mais le clou du foutage de gueule reste tout de même la liaison (sic) entre Constance et Bonnot, je ne sais pas ce qui a pris aux scénaristes de trouver cet élément de l'histoire mais c'est carrément IMPROBABLE niveau crédibilité de l'intrigue, Constance étant sensée rester pieds et poings liés avec son mari, le tsar intransigeant, je ne vois pas comment elle a pu faire pour retrouver Bonnot dans ses diverses planques parisiennes !
Gourmet en fait des caisses, Jugnot est sous employé et l'ensemble aurait gagné à se lâcher un peu plus, le film semble comme figé et raide, avec très peu d'humour...
Le final est abêtissant (allez les gars, on va piquer une tête !), "Les brigades du tigre" ne méritait vraiment pas un traitement cinématographique de la sorte et restera une des pires adaptations de séries au cinéma, et ça fait vraiment très très mal...
Pour OUBLIER ce naufrage et cette déconfiture, mieux vaut se refaire les épisodes de la série tous autant qu'ils sont, qui s'avèrent excellents...
On a l'impression que Cornuau n'a maté au préalable aucun épisode pour déterminer son scénar mais il aurait tout fait au pif ça aurait été pareil, personne de la série encore en vie n'a été consulté au préalable (sinon ils seraient apparus au générique, le film a été fait en loussdé !)
En plus les moyens financiers entrepris ont été colossaux (film en costumes, reconstitution des décors soignée )
Il aurait fallu un minimum d'application et de respect du ton de la série pour s'autoproclamer "Les brigades du tigre" ou alors carrément ne pas USURPER le titre, à ce moment appeler le film "Intrigues en 1907" et revoir tous les noms des personnages...
Fiasco au box office, le spectateur ne s'y est pas trompé malgré une publicité tonitruante...
Même après une seconde chance, rien n'y fait, "Les brigades du tigre" est un cauchemar absolu quand on connaît et qu'on est puriste de la série !

Note : 3/10 (uniquement pour l'aspect technique et la beauté de Diane Kruger)






dimanche 9 août 2015

HITCHER de Robert Harmon, 1986

HITCHER
de Robert Harmon
Etats-Unis
1986
Avec C. Thomas Howell, Rutger Hauer, Jennifer Jason Leigh, Jeffrey de Munn, Billy Green Bush
Polar/road movie/film de serial killer
95 minutes
Grand prix festival du film policier de Cognac 1986
Prix très spécial 1986
Budget : 6 millions de dollars
Edité en DVD chez studiocanal
Synopsis :
Etats Unis, sur les routes entre l’Illinois et la Californie, au milieu des années 80…
Alors qu’il roule en pleine nuit pour convoyer son propre véhicule à un marchand, Jim Halsey, un jeune homme, prend en stop John Ryder, la trentaine…
Très vite, Ryder adopte une attitude bizarre pour finalement menacer son chauffeur avec un poignard, la tension monte et Halsey parvient inextremis à extirper le psychopathe de sa voiture…
Il rencontre Nash, une jolie blonde serveuse dans un snack mais très vite, alors qu’il se croyait débarrassé de lui, Ryder réapparait, plus déchainé que jamais !
Halsey prévient la police mais après une hécatombe dans un commissariat, le capitaine Esteridge le soupçonne d’être le meurtrier !
Une terrible course contre la montre se joue pour le jeune homme qui se trouve confronté à un double combat : sauver sa vie face à Ryder et prouver qu’il est innocent des crimes dont on l’accuse…
Mon avis :
ATTENTION CETTE CHRONIQUE CONTIENT DES SPOILERS
Pour une première réalisation, « Hitcher » est un coup de maître…
Issu de la publicité, Robert Harmon bénéficie ici d’un budget confortable (six millions de dollars !) ce qui lui permet de mettre en image une intrigue qui renouvelle réellement le polar américain avec un personnage à glacer le sang et une esthétique léchée servant de plus-value à l’atmosphère insolite qui règne tout le long…
Ça y est, dès les premières minutes le spectateur est sous le charme, en totale immersion dans le film et la tension, palpable instantanément, ne relâche aucunement jusqu’au duel final, filmé magistralement…
Ryder, psychopathe new-look est dans la même lignée qu’un Hannibal Lecter et l’histoire est crédible, ce dernier étant « malin » au sens diabolique du terme, il passe toujours entre les mailles du filet et possède à chaque fois une longueur d’avance vis-à-vis de sa proie…
Vite dépassé par l’ampleur malveillante et surméchante de son persécuteur, le jeune Halsey, d’abord déboussolé, va se résigner à combattre son « prédateur », le tout dans un bain de sang où nul ne sera épargné, c’est un « jeu », une joute à ciel ouvert où semble se dégager une ambigüité affichée par Harmon, le scénario vicieux laissant la vie sauve à Halsey pour que ce dernier souffre encore plus (en effet, il aurait très bien pu être abattu au début mais la perversité du tueur fait qu’il l’épargne volontairement, comme s’il devait être son « spectateur »)…
Ça va donc très loin dans la recherche de nouveauté scénaristique et de surcroit, le film est bourré d’action, pas un temps mort et même des cascades de voitures impressionnantes et bien maitrisées (avec tonneaux à tire larigot et même un hélicoptère abattu) et des trouvailles de sadisme plutôt culottées SPOILERS (la scène de l’écartèlement, le berger allemand au commissariat, le doigt coupé dans les frites…)FIN DES SPOILERS
L’interprétation est excellente, le fond comme la forme s’avèrent satisfaisants, que demander de plus ?
Hauer a la carrure d’un tueur et C. Thomas Howell est complémentaire à la fois en rôle de victime que d’élément manipulé pour amplifier la dangerosité de son agresseur auprès du spectateur, bluffé et fasciné…
Un modèle de ce qu’était le cinéma américain de qualité dans les années 80, à ériger au rang de classique du polar insolite…

Note : 10/10