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samedi 24 décembre 2011

I SAW THE DEVIL, Corée, 2010

I SAW THE DEVIL
Aka J’ai rencontré le diable
Corée
2010
Réalisateur: Kim Jee-woon
Producteur: Kim Hyun Woo
Avec Choi Min-sik, Lee Byung-hun, Chun Ho-jin, Kim Yoon-seo, Choi Moo-seong
Scénario: Hoon-jung Park
Studio: D Films
Durée: 141 min.
Synopsis :
Se-yeon est torturée puis tuée par Kyung-Chu, un meurtrier psychopathe qui s'est introduit dans son véhicule en panne de moteur alors qu'elle appelait à l'aide au téléphone son fiancé Soo-hyeon. Accablé de douleur, cet agent des services secrets sud-coréens entreprend de traquer le tueur en éliminant un à un les suspects identifiés par la police. Trouver Kyung-Chu se révèle en fait plutôt facile. Or, comme il a fait la promesse de soumettre le meurtrier aux mêmes tourments que ceux subis par sa fiancée, Soo-hyeon le laisse filer après lui avoir fait ingérer à son insu une capsule GPS. Suivant sa proie à la trace, l'agent secret surgit à chaque fois que Kyung-Chu s'apprête à faire une nouvelle victime. À cran, ce dernier essaie de son côté de remettre en place les pièces du casse-tête afin d'identifier son poursuivant.
Ce que j’en pense :
Décidément le cinéma coréen n’arrête pas une minute de nous sortir des bombes ces temps ci !
Et ce « I saw the devil » (rien que le titre, tout un programme !) ne dérogera pas à la règle, entérinant tous les codes du ciné coréen d’horreur moderne…
Ici ça charcle, ça tranche vif dans le lard ! mais toujours avec cette intelligence de traitement inhérente à cette mise en images cinématographique !
La « DOULEUR » fait toujours partie du paysage et les « souffrances » infligées aux protagonistes sont poussées à maxima, comme le plus souvent…
Le summum de violence se décline via des passages extrêmement brutaux de tortures malsaines, de viols sur des filles innocentes et de mutilations diverses !
Et personne n’est épargné ! flics, vieillards, jeunes collégiennes…
On notera de multiples références à d’autres métrages, véritables clins d’œil involontaires ou volontaires… exemple que j’ai référencé : la camionnette du tueur (« Haute tension » de Aja), la lame traversant de la talon du pied (« Pet Semetary » premier du nom), le montage alterné avec la mort du vieux dans sa maison rappelle le passage de Clarice et du psychopathe dans « le Silence des agneaux » (confusion de la police sur le lieu du crime, piège qui se referme), la pathologie du serial killer particulièrement alambiquée (« Se7en » de Fincher) et un côté speed/course à la montre que n’aurait pas décliné Jack Bauer de « 24 »…
La mise en scène est virtuose, ne reculant devant aucun subterfuge pour asséner au spectateur hagard son lot de violence fulgurante et de stress poussé à bloc…
Empreint de perversité et de débauche sexuelle, le tueur est un sacré malade qui donne un sentiment d’abjection et de répugnance…
Et l’issue rappelle un peu celui de « Mad Max  1 » dans un autre registre, mais l’idée y est : laisser pourrir son pire ennemi avec une irréversibilité funeste qui le mènera tout droit en enfer ! (normal pour un « diable » de son espèce)…
Oppressant, très rigoureux dans son traitement scénaristique, empreint d’un dynamisme qui fait que l’on ne s’ennuie jamais malgré une durée de presque deux heures et demie, « I saw the devil » nous assène une gifle monumentale en pleine figure !
Un des films de tueurs en série les plus réussis de ces 5 dernières années toutes nationalités confondues à découvrir impérativement, se hissant au même rang que son « frère jumeau » prédécesseur « The Chaser » en encore plus violent !
Et le jeu des acteurs est fabuleux !
18 sur 20




samedi 17 décembre 2011

MON TOP 20 METAL 2011

MON TOP 20  DES CDS METAL POUR L’ANNEE 2011

1/ Children of Bodom : Relentless reckless Forever
2/ Scar Symmetry : The Unseen empire
3/ Revocation : Chaos Of forms
4/ Obscura : Omnivium
5/ Hatesphere : The great bludgeoning
6/ Deicide : To hell with God
7/ Arch enemy : Khaos Legions
8/ Autopsy : Macabre eternal
9/ Pestilence : Doctrine
10/ The soulless : Isolated
11/ Mayan : Quaterpast
12/ Machine Head : Into the Locust
13/ Cradle of Filth : Evermore Darkly
14/ Decapitated : Carnival is Forever
15/ Suicide Silence : The black crown
16/ Dream theater : a dramatic turn of events
17/  Motörhead : the world is yours
18 / Avenged Sevenfold : Nightmare
19/ Diamond Plate : Generation Why
20/ Morbid angel : Illud divinum Insanus

THE CHASER, Polar, Corée, 2008

THE CHASER
Corée
2008
Polar
Réalisation : Na Hong-jin
Scénario : Hong Won-Chan, Lee Shinho, Na Hong-jin
Durée : 123 minutes
Synopsis :
Jung-ho, un ex- flic devenu proxénète, reprend du service pour se lancer dans une chasse à l'homme pour tenter de retrouver l'une de ses filles, Mi-jin, enlevée par un pervers.
Mon avis :
Véritable électrochoc, « Th Chaser » laisse le spectateur collapsé et pantois, il possède l’envergure de ces grands polars qui vous mettent à terre et fait figure de bombe dans le ciné coréen, déjà particulièrement talentueux…
Déterminé et opiniâtre à l’extrême le héros fait preuve d’une persévérance surhumaine et incroyable pour tenter de coincer un dangereux psychopathe, proche de John Doe de Se7en.
S’ensuit alors une course poursuite imparable, filmée pratiquement en temps réel (sur une nuit dans une partie du métrage et le lendemain matin, jusqu’à l’épilogue)…
La tension est très vive et le spectateur est dès lors embarqué dans un tourbillon de stress, de violence et d’angoisse !
Des trouvailles phénoménales ponctuent cette investigation, notamment bluffantes (la terminaison du numéro de téléphone portable, la fillette désoeuvrée et traumatisée et d’autres personnages secondaires habilement exploités) et les cadrages sont toujours de toute beauté, magnifiés par une photographie nocturne sublime…
Les rues, les bâtiments et l’environnement urbain ne sont qu’autant « d’endroits pièges » et la demeure cossue du meurtrier n’est pas sans évoquer celle de Christiano Berti, le premier assassin de « Ténèbres » d’ Argento.
Une barbarie hors du commun inhérente à « The Chaser » est presque perpétuelle et on a un sentiment de souffrance physique mutuelle aussi bien pour l’agresseur que l’agressé (il faut voir les beignes qu’ils se mettent !)…
Speed, enjoué et battant, le héros en met plein la vue, sa composition est impeccable, tout comme le serial killer sadique à qui on donnerait le bon Dieu sans confession, mais qui s’avère être d’une coriacité terrifiante !
Plusieurs séquences mémorables comme le passage de l’interrogatoire avec le psychiatre ou la course effrénée du début du film (lorsque le tueur est identifié et qu’il essaie de se faire la malle) ou même la pantalonnade avec le client nu qui se fait gifler par Jung-Ho pour avoir voulu prendre en photo la prostituée, tout n’est que surprises et rebondissements dans « the Chaser » conférant ainsi à créer un climat de folie et inoubliable pour tout amateur de polar bien troussé…
De plus il ne faut pas omettre de dire qu’il s’agit ici d’un premier film !
Et bien bravo, c’est très réussi et élaboré de main de maître !
On en redemande !
D’ailleurs les spectateurs lors de la projection à Cannes en 2008 ne s’y sont pas mépris puisque « The Chaser » a eu droit à tous les éloges et a obtenu une standing ovation de dix minutes, chose importante à signaler…
Un film félin, superbe, racé, violemment sensitif, où la douleur est omniprésente et le décharnement légion, eu égard aux pratiques du tueur qui ne lésine pas sur les effets gore, rajoutant un charme au climat anxiogène qui règne tout le long du métrage !
Esthète et revigorant, à voir impérativement !
9.5/10


samedi 10 décembre 2011

Ma 6T va crack-er de Jean François Richet, 1996

MA 6T VA CRACK-ER
De Jean François Richet
1996
France
Avec Virginie Ledoyen, Jean François Richet
Chronique sociale
Synopsis :
Le quotidien de jeunes voyous de la banlieue de Seine et Marne, narguant la police sans arrêt et trempant dans des histoires de deals, de drogue et de règlements de compte internes entre bandes…
Les éducateurs et les responsables sociaux et d’éducation  essaient tant bien que mal de les raisonner, de leur inculquer les principes de bonne entente mutuelle et de les réintégrer dans le droit chemin mais rien ne semble y faire et porter ses fruits…
Tout n’est et ne reste qu’une succession inexorable de violence et de bagarres, soit à mains nues soit avec  une arme à feu (le « calibre »)…
Certains policiers peu regardants arrivent à capturer les bougres et leur font subir les pires outrages, comme une ultime « vengeance » face à ce délabrement sociétaire qui impacte lourdement l’atmosphère et l’ambiance de ces cités devenues zones de « non droit »…
S’ensuivront des émeutes d’une radicalité déconcertante qui ne laisseront aucune once d’espoir et qui seront réprimandées de manière équivoque mais sans la moindre résolution concrète…
Et si la révolte et la révolution étaient les seules alternatives ?
Mon avis :
Après son métrage quasi documentaire « Etat des lieux » et avant son escapade outre Atlantique avec son piteux remake d’ »Assaut on precinct 13 » de Carpenter et sa renommée césarisée des « Mesrine », Richet signe ici son film le plus frontal, insufflant un réalisme et une énergie peu communes qui risqueront de provoquer un certain malaise, mais ce malaise est bel et bien existentiel et reflet du quotidien des jeunes banlieusards en plein désoeuvrement, quasi perpétuellement…
Richet provoque alors une confrontation interne flics/voyous avec un léger parti pris, mettant presque tout sur le dos des forces de l’ordre par l’équation simpliste « répression/violence/chômage/problèmes communautaires ».
Ceci étant, sa mise en scène est très dynamique et parfaitement maîtrisée, usant et abusant de bagarres et de scènes d’émeutes tout à fait opportunes face à une certaine émotion de rage décuplée et qui servira de levier à une expression cathartique bien justifiée…
La bande son agrémentée de morceaux hip hop de l’époque est bien amenée pour faire comprendre et ressentir au spectateur dans quel état d’esprit se trouvent les protagonistes de l’histoire, mettant en avant les galères de leur quotidien, via une approche très réaliste et jamais surjouée…
Après tous ces paramètres et malgré quelques défauts, on passera un bon moment devant le film, qui reste néanmoins très dur par moments mais qui envoie et renvoie le public face à ses responsabilités dues au délitement et à la déliquescence sociétaires appuyés par une popperisation des cités, livrées à elles mêmes et en plein désarroi…
Richet n’apporte en fait aucune solution mais fait un constat…
Son introduction magnifique avec la belle Virginie Ledoyen appelle clairement à la révolte des masses et par ailleurs le monologue voix off qui sert d’épilogue le dit clairement « se basant sur un texte de la Constitution des Droits de l’Homme » rendant la révolution comme droit pour le peuple en cas de non respect des règles…
Malheureusement encore d’actualité, « Ma 6 T va crack-er » est au final un excellent métrage, presque nécessaire pour ouvrir les œillères des personnes qui avaient une approche obscure de la vie des banlieues.
Violent, puissant, dynamique et sincère, un « film–outil », reflet habile de situations rarement abordées avec autant de réalisme…
Réussite totale pour Richet !
Note sur 20 : 18



PULP FICTION de Tarantino, 1994

PULP FICTION
De Quentin Tarantino
1994
Etats Unis
Avec John Travolta, Uma Thurman, Samuel L. Jackson, Harvey Keitel, Christopher Walken, Bruce Willis, Ving Rhames, Rosanna Arquette, Maria de Medeiros, Eric Stoltz, Amanda Plummer et Quentin Tarantino
Synopsis :
Plusieurs petites histoires et saynètes mettant des personnages en commun via des situations alambiquées aussi diversifiées qu’un casse dans un snack bar, une agression sexuelle sado masochiste, des vengeances, une montre offerte comme cadeau ou des malfrats tuant des jeunes gens après avoir dégusté un cheeseburger…
« Pulp Fiction » ou comment tout finit par se rejoindre !
Mon avis :
Inutile de présenter ce film monumental, qui assit la carrière de Tarantino après le non moins savoureux « Reservoir Dogs » tourné deux années auparavant…
Scénaristiquement sans le moindre défaut et auréolé d’une palme d’or tout à fait mérité, « Pulp Fiction » se savoure comme un bon vin gouleyant et ce côté « je prends mon temps » augmente encore plus la saveur et le plaisir que le film dégage…
Et surtout c’est LA que la sémantique Tarantinesque trouve toute sa force et son impact…
Il maitrise toutes les situations, tous les canevas de son métrage, superposant, juxtaposant, élaborant et fluidifiant des histoires hyper réalistes et jamais ennuyeuses et où tout se clarifie, restant en tous points passionnantes et jamais redondantes…
Les personnages vivent leurs rôles, les décors ultra adaptés et la précision des cadrages et des plans font de « Pulp Fiction » un travail d’orfèvre, avec une précision d’horloger presque chirurgicale…
La bande originale revisite les standards des années 70 et certains plans sont mythiques ! la danse de Mia Wallace (Uma Thurman) avec John Travolta, la scène de l’overdose, la vengeance de Bruce Willis, le passage de la montre (juste énorme !) et l’introduction qui revient au final, mais quelles trouvailles !!!!!!!
Je le dis et le redis, Tarantino est un GENIE, LA personne qu’il fallait au cinéma, qui lui a redonné énergie, vitalité et sens…
D’ailleurs « Pulp Fiction » sera un immense succès et fera l’objet d’un culte amplement conditionné par la personnalité de Tarantino, grande gueule et fanatique invétéré de films de genre populaires (le bougre a travaillé pendant des années comme vendeur dans un vidéo club, c’est un pur cinéphile !)…
A voir, revoir et toujours avec ce même plaisir revigorant, faisant l’effet d’étancher une soif inextinguible de bonheur cinéphilique, un vrai PLAISIR ultime et majestueux : bref, « Pulp Fiction » c’est de l’or en barres, LE film de Tarantino le plus élaboré, peut être son chef d’œuvre surpassant tous les autres !
Note sur 20 : 19.5




samedi 3 décembre 2011

This is England de Shane Meadows

THIS IS ENGLAND
De Shane Meadows
Grande Bretagne
2005
Drame/chronique sociale
Résumé :
Une petite bourgade ouvrière d’Angleterre au début des années 80 en plein régime Tatcheriste.
Sean est un adolescent désoeuvré vivant seul avec sa mère (son père a été tué pendant la guerre des Malouines).
Il fait l’objet de railleries par ses camarades de classe, qui se moquent de son accoutrement et de son pantalon trop large.
Bagarres, larcins chez l’épicier pakistanais et errances ponctuent son quotidien…
Jusqu’au jour où il va faire la connaissance d’une bande de skinheads de son quartier qui vont le prendre en affection et l’enrôler dans leur cercle…
Mais l’arrivée d’un leader de la bande, tout juste sorti de prison, va tout faire basculer !
Sean, innocent et manipulé, va comprendre l’horreur des extrémismes et en sera pour son grade avec le « monde des adultes », ramassis de voyous sans foi ni loi, imbibés par l’alcool et le cannabis et ne raisonnant que par la violence et les invectives…
La présence d’un Jamaïcain dans la bande sera la source de conflits internes qui vont dégénérer, jusqu’à une issue horrible dont Sean ne se remettra sans doute jamais…
Mon avis :
« This is England » est un film « coup de poing » qui fait preuve d’une justesse totale d’appréciation, par le rapport de force entre un gamin et des voyous qu’il identifie comme des « repères » sachant que lui n’en a plus un seul…
Partant de cette constatation, Meadows dresse un portrait rude, acide et sans compromis du mouvement « skinhead », mais en ne prenant parti pour personne, laissant du recul et de réalisme sur des situations qui pourraient paraître désespérées et en réalité sans la moindre issue…
Les personnages peuvent paraitre attachants mais en fait s’avèrent répugnants car empreints d’anxiogènité et victimes d’une misère peu commune inhérente à leur contexte (sous Tatcher, c’était un enfer !)…
Le plus souvent, tout n’est que prétexte à dresser la noirceur terrible du chômage et du désoeuvrement des classes sociales dites « défavorisées »…
Mais là où Meadows frappe fort, c’est qu’il livre ici un témoignage de ce que lui-même a vécu, ainsi cela renforce la crédibilité du film, comme « vécu de l’intérieur » !
Les déchainements de violence, soudains, démesurés et intempestifs font figure de catharsis dans cette société au ralenti, ayant laissé sur le côté de la route, toute une partie de la population, absolument livrée à elle-même et contrainte de lutter pour s’en sortir et « survivre »…
Les décors, les commerces et l’architecture de ces villes servent de tremplin pour montrer aux spectateurs des lieux peu communs où végètent ces skinheads, totalement désorientés et en dehors de la réalité, se créant un « univers parallèle » où la loi du plus fort prime sur celle du plus faible, asservi et soumis de la façon la plus vile qui soit…
L’éclair ultime de violence électrisante traumatisera à jamais le jeune Sean, qui y verra une rédemption et une ouverture vers la réalité et le monde dit « normal »…
Un très grand film, pur électrochoc qui permet d’asseoir Shane Meadows sur le piédestal des meilleurs cinéastes d’outre Manche, et où il trouve ici ses repères et sa marque de fabrique, qui s’amplifieront avec le fabuleux « Dead man’s shoes » tourné peu après…
Note sur 20 : 15


SUCKER PUNCH de Zack Snyder, 2011

SUCKER PUNCH
De Zack Snyder
Etats Unis
2011
avec Scott Glenn
115 minutes
Fantastique/Aventures
Résumé :
Suite au décès de sa sœur et à l’agression de son beau père, une jeune femme se retrouve en hôpital psychiatrique.
Après une lobotomie, elle se trouve plongée dans un monde virtuel où elle doit affronter des créatures imaginaires.
Elle cherche à fuir par tous les moyens…
Mon avis :
Avec « Sucker Punch » Snyder s’est gamellé aux box office et les critiques n’ont pas été tendres avec lui !
Et pourtant « Sucker Punch » est largement supérieur à son pachydermique prédécesseur « Watchmen » et infléchit encore plus la démarche vers l’onirisme préconisée par le réalisateur…
Il faut accéder au métrage, « capter l’essence » de ce film monumental où rien n’est joué à l’avance !
On est tiraillés, menés en bateau entre fiction, rêve, virtuel et réalité et où chaque détail a son importance…
Des mondes parallèles symbolisant les guerres passées, des monstres lunaires et des armes lourdes comme leviers pour combattre, le tout dans une configuration funeste digne d’un des meilleurs jeux vidéos sur Play station…
L’héroïne totalement désorientée trouvera rapidement ses repères par le biais de cinq objets anodins, mais dont l’un sera la « raison »…
A partir  de ce moment, TOUT peut devenir possible et il faudra laisser libre cours à son imagination, le message étant le suivant : »Vous avez les armes ? alors combattez ! »
Métaphorique à l’extrême, habile dans son traitement, « Sucker Punch » insuffle une dimension épique à ses personnages et inflige une bonne volée au spectateur via des séquences d’action prodigieuses et surréelles !
Le renouveau de la SF ? oui on peut dire ça !
« Sucker Punch » ne pille nullement les autres films de sa catégorie, au contraire il rafraîchit le paysage du cinéma fantastique et développe une théorie à laquelle les hypersensibles seront les réceptifs…
Par le biais de la maladie et de la folie démentielle voire de la schizophrénie, on peut se créer un univers bien à soi, qui nous est propre, aliénant toutes les douleurs du monde réel, et servant de tremplin aux délires les plus baroques…
Le personnage de « Baby Doll », point d’orgue central de l’intrigue en est l’exemple, à chaque nouvelle danse exécutée elle se projette vers un nouveau pugilat, scindé en plusieurs segments, qui représentent l’issue salvateur, rédempteur et libérateur !
A condition qu’il ne capote pas !
Et Snyder n’a pas choisi la facilité puisqu’il pousse le vice jusqu’au bout, jusqu’à son extrémité !
Nullement à l’abri du moindre revirement ou du plus perfide des complots, Baby Doll se verra plongée dans un enfer, un purgatoire d’où elle aura bien du mal à sortir indemne…
Des effets pyrotechniques et paraboliques qui pulvérisent tout, une interprétation haut de gamme, des actrices d’une beauté époustouflante et un scénario pouvant paraitre hermétique à certains, mais s’avérant hyper fouillé, font de « Sucker Punch » une réussite totale, loin des stéréotypes et des conventionnements…
Bien plus qu’un film, un rêve éveillé où s’articule bien des thèmes chers à la SF mais revus et corrigés par Snyder…
Et ça déménage !!!!!!
Note sur 20 : 19