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mercredi 23 novembre 2011

ZOMBIE de George Romero, 1978

ZOMBIE aka DAWN OF THE DEAD
1978
de George Romero
avec la collaboration de Dario Argento
avec Ken Foree, Gaylen Ross, David Emge, Scott H. Reiniger
Musique de Goblin sur la version européenne
117’
Résumé :
La panique règne sur un plateau TV ! les morts ont envahi les métropoles et s’attaquent aux humains dans le but de dévorer leur chair !
Stephen, un pilote d’hélico prend la fuite avec Fanny, Peter et Roger.
Ils se réfugient dans un centre commercial infesté de zombis et devront lutter pour retrouver leur tranquillité, menant ainsi des raids pour exterminer leurs agresseurs…
Jusqu’à ce que des motards fous furieux ne débarquent et mettent le souk, rouvrant les portes du centre et laissant déferler des centaines de morts vivants prêts à tout pour dévorer la moindre barbaque !
Mon avis :
C’est bien simple : « Zombie » s’avère être le film qui m’a le plus marqué de tous les films d’horreur que j’ai vu dans ma vie !
1er choc à 14 ans lors de la diffusion sur canal plus en 1986 et depuis il ne m’a jamais quitté !
sur tous les supports possibles (VHS, au cinéma en 1988, DVD, Blu ray) « Zombie » est mon film préféré, mon œuvre fétiche, surpassant toutes les autres !
A la fois film d’action, film d’horreur teinté de nombreux passages gore, chronique sociale et développement sur la société de consommation, en même temps film très intelligent et d’un traitement exemplaire, il reste à mes yeux le meilleur métrage d’horreur de tous les temps !
Le choix des acteurs inconnus jusqu’alors et issus du théâtre renforce bien l’empathie que l’on éprouve pour eux, mais comme ce ne sont pas des superstars, on peut s’attendre à tout !
Le film hypnotisant réserve de nombreuses surprises et des séquences carrément incroyables !
Dès l’introduction, la tension est extrême et les personnages tous survoltés, puis ça n’arrête pas : l’assaut, la fuite, la découverte du havre de paix (en apparence seulement) symbolisé par le centre commercial, un peu comme une prison dorée, l’arrivée des motards et le final énigmatique …
Tous les ingrédients sont réunis et en même temps on passe un excellent moment, mêlant stress, plaisir et distraction, car « Zombie » va à 200 à l’heure et les 120 minutes passent comme une lettre à la Poste !
On n’a qu’une envie, le revoir  encore et encore !
De plus la critique acerbe sur la société de consommation n’a pas pris une seule ride et son impact reste toujours d’actualité de nos jours ! Romero visionnaire…
Un film qui a fait et fera toujours parler de lui même des décennies après !
En même temps qu’il pose des questionnements (comment survivre quand tout semble perdu d’avance ? l’homme serait il réduit à l’état de moribond ? sauver sa peau à quel prix ?), « Zombie » arrive à insuffler un sentiment de peur anxiogène par son atmosphère sans issue et délétère, ne laissant sans doute aucun espoir sinon la fuite perpétuelle…
Un métrage où on se masturbe le cerveau mais où Romero fait la part belle à l’action via une dynamique de séquences rapides et savamment orchestrées, sans le moindre temps mort !
Multipliant les plans cultes (Savini tranchant la tête d’un zombie avec une machette, les éventrations de motards vociférant de douleur, le passage avec les militaires et l’introduction survoltée entre les politiciens totalement dépassés par l’ampleur de la situation…), ce film reste juste inoubliable et marquera à jamais l’univers du cinéma d’horreur…
Je préfère davantage le montage européen que la version américaine et la musique de Goblin y est pour beaucoup, créant ainsi une dynamique qui amplifie l’impact du film, le rendant plus stressant et où le spectateur s’implique plus dans l’histoire…
 On se retrouve immergé dans une situation apocalyptique qui semble insoluble, on n’a plus qu’à suivre l’itinéraire et les pérégrinations de Roger, Fanny, Peter et Stephen et se laisser porter par une mise en scène très fluide et sans la moindre redondance…
Tragique parfois, glauque en permanence, osé sans arrêt, « Zombie » est une grande performance pour l’époque, d’ailleurs le public et les critiques ne s’y étaient pas trompés puisqu’il fut un énorme succès à travers la planète et le restera encore !
LE film choc par excellence mais hyper intelligent, crédible malgré une histoire incroyable et maitrisé de A à Z, un témoignage de ce qui peut se faire de mieux en la matière et dans la catégorie du film d’horreur…
Romero a atteint la quintessence du film de zombies avec « Dawn of the dead », qui reste à mes yeux considéré comme culte et classique du genre…
Un dernier truc : j’aimerais tellement ne l’avoir jamais vu pour le découvrir maintenant et me prendre la claque du siècle, comme en 1986 au premier visionnage …
« Zombie » fait partie de cette race rare des films qu’on aimerait toujours voir pour la première fois !
20/20

dédicace à Bruno et mon oncle Christian.

samedi 19 novembre 2011

CLOVERFIELD de Matt Reeves, 2008

CLOVERFIELD
De Matt Reeves
Produit  par J.J. Abrams
Etats Unis
2008
Résumé du film :
Pour fêter le départ au Japon pour des raisons professionnelles d’un de leurs amis, des jeunes gens organisent un pot dans un immeuble huppé de Manhattan…
Soudain ce qui semble être un séisme de grande magnitude gâche la partie !
Puis « autre chose » va tout foutre en l’air et c’est le début d’un cauchemar inexorable où les protagonistes de l’histoire vont subir un véritable calvaire qui va foudroyer leur existence !
Mon avis :
« Cloverfield », par son côté novateur, faisant « du neuf avec du vieux », est avant tout un métrage terrifiant, dense, lourd et oppressant…
Filmé en « live » caméra sur l’épaulé et sur plans continus, il peut aisément se vanter de révolutionner le cinéma fantastique, par une maitrise totale de sa continuité scénaristique, pourtant simple et basique…
D’abord on éprouve une réelle sympathie pour ces jeunes issus de la classe « bo bo », puis on compatit face à leurs malheurs et au cauchemar qu’ils vont vivre, pour enfin éprouver une empathie complète envers leurs situations, quasi désespérées et sans la moindre issue positive…
L’intro du film est phénoménale, au malaise latent, prenant ainsi le contrepied d’un moment pourtant agréable et à priori sans histoire, une banale fête entre amis…
On ne se doute jamais de ce qui va se passer, ce qui renforce l’effet de surprise !
D’ailleurs c’est volontaire de ma part pour la rédaction de cette critique, j’ai pris le parti de ne rien spoiler pour ceux qui ne l’ont pas vu …
Symbolique de la tête de la statue de la Liberté décapitée, véritable affront à cette Amérique toute puissante, on y  voit un effet traumatique post-11 septembre évident…
La mise en scène est parfaite, cadrée, calibrée à l’essentiel et la panique ressentie est clairement restituée par l’angoisse certaine inhérente et à l’inconnu déroulé sous nos yeux horrifiés, nous projetant ainsi en plein cœur du chaos !
Dantesque décors réalistes et réalisme identique au réel font de l’environnement un danger potentiel (le métro, les commerces, les rues, le parc) et Reeves met les bouchées doubles pour nous impliquer dans ce paysage urbain que nous connaissons tous, mais cette fois sous un aspect anxiogène, car en déliquescence totale, agressée à l’extrême par quelque chose d’inconnu, impossible à identifier !
Tout y est !
Le couple en rupture amoureuse qui essaie de se reconstruire, l’amitié soudée entre des gens face au danger, l’envie de sauver sa peau coûte que coûte, « Cloverfield » fait penser aux films catastrophes des années 70 comme « la Tour infernale », où le spectateur, médusé et hagard, assiste à un spectacle de désolation, observant en direct, des gens qui sont sur le point de mourir ou vont mourir, des suites d’un événement imprévu !
Le métrage s’achèvera en collapse total et l’issue laissera un présage incertain voire nihiliste !
En tout cas, « Cloverfield » est un film-choc, terriblement bien réalisé, doté d’une efficacité propre au cinéma américain et qui laissera des traces dans l’esprit de ceux qui l’auront vu, de par sa symbiose film fantastique/film catastrophe et de l’aspect mélodramatique de l’ensemble, portée par de jeunes comédiens jouant à la perfection et impliqués de A à Z !
Excellentissime !
9.5/10

samedi 12 novembre 2011

MACHETE, Etats Unis, 2010 avec Danny Trejo

MACHETE
Etats Unis
2010
Grindhouse movie Polar/action
Avec Danny Trejo, Michelle Rodriguez, Jessica Alba, Robert de Niro, Tom Savini

Résumé :
Ancien flic des forces spéciales mexicaines, aujourd’hui simple immigré clandestin aux Etats Unis, celui que l’on surnomme « Machete » se retrouve mêlé à un imbroglio suite à un deal foireux avec un industriel véreux lui demandant d’abattre un politicien xénophobe et arriviste…
Comme de bien entendu, l’affaire tourne mal et Machete, coincé entre le marteau et l’enclume, ne devra compter que sur sa force et ses armes pour s’en sortir !
Néanmoins, il sera aidé dans sa tâche par une agente de la police de l’immigration, amoureuse de lui et par ses ami(e)s, un prêtre et une vendeuse de tex mex…
Il tournera en ridicule les « méchants » à renfort d’hémoglobine et de situation toutes plus débridées les unes que les autres !
Un culte s’instaurera même autour du personnage !

Mon ressenti sur le film :
Après la fausse bande annonce de « Planète terreur » (2007) mettant en exergue ce « Machete », segment survolté et dévastateur de ce grindhouse qui avait tout pour lui, on est en droit, au vu du film tourné 3 années après, de s’interroger sur la pertinence de ce dernier !
Soyons nets, « Machete » est une énorme déception !
Certes, certains passages sont bienvenus et jubilatoires mais l’ensemble peine à garder son rythme et s’essouffle dès la première demie heure passée…
Malgré une intro vrombissante et ultra prometteuse, l’inventivité disparait à partir de la scène de l’hôpital, où s’accumulent pitreries et erreurs scénaristiques !
Certes, oui c’est du cinéma mais ça n’empêche pas qu’il faille un minimum de crédibilité !
Or bien souvent le métrage en est exsangue !
Le casting rattrape la mise avec un De Niro incroyable et le tandem féminin Alba/Rodriguez ultra sexué et érotomane au maximum confère un intérêt certain, ravissant les amateurs de jolies filles…
Tom Savini  est, quant à lui, totalement sous employé : il avait un potentiel énorme qui s’avère totalement occulté, au plus grand désarroi de ses fans ! (dont je fais partie…).
L’idéologie véhiculée par « Machete » sur l’équation xénophobie/immigration/politique reste uniquement anecdotique, ce qui est bien dommage, car elle aurait pu servir de levier à l’histoire et à ses enchaînements, propulsant un peu plus le film sur un tremplin moralisateur et délivreur d’un message…
Certains passages sont quand même assez fun et les armes utilisées sont diversifiées ! (on a même droit à un tire bouchons planté dans l’œil ou à des outils de jardinier !) mais l’ensemble reste quand même bien en deça des espérances suscitées par le trailer apparu dans « Planet Terror », je trouve que Rodriguez est loin de s’être foulé…
On dirait un banal et vulgaire film de commande où il manque la folie des Grindhouse précédents, un peu torché à la va vite, comme s’il fallait finir le boulot par contrainte et non par investissement et plaisir…
On attend les prochains segments, qui ne devraient pas tarder à arriver, en espérant mieux, eu égard au potentiel énorme du personnage, pourtant parfaitement ancré dans l’esprit et la verve Grindhousienne…
J’aurais voulu mettre 10/10 mais je mets seulement 6/10.



vendredi 11 novembre 2011

HANA BI (Feux d'artifices) de Takeshi Kitano - 1997

HANA – BI (Les Feux d’artifices)
De Takeshi Kitano
1997
avec Beat Takeshi Tikano
sorti chez ARTE DVD
Synopsis :
Suite à une altercation avec des gangsters et des policiers qui tourne mal, un agent des forces de l’ordre se retrouve gravement blessé, par la faute de son supérieur qui a mal anticipé l’assaut…
Ce dernier a du mal à s’en remettre car, de plus, son épouse est atteinte d’une maladie incurable qui a pour conséquence une mort programmée sous quelques semaines…
Blasé, l’inspecteur plaque tout pour se consacrer à sa femme et entame une sorte de « quête spirituelle » initiatique avec la double mission d’assister son collègue grièvement blessé et cloué dans un fauteuil roulant et changer les idées à sa dulcinée en la faisant voyager loin des turpitudes citadines…
Pour se faire, il décide de l’emmener visiter un endroit montagneux, lieu « magique » et atypique où celle-ci pourra se ressourcer et oublier un temps sa pathologie gravissime…
Malgré cette « foi rédemptrice », le commissaire est rattrapé par son passé et devra tout faire pour occulter ses démêlés avec des truands, les annihilant méthodiquement et un par un, au fur et à mesure de sa plongée dans ce voyage teinté de mort et d’espérance, où rien ne sera laissé au hasard par le biais des paysages, des situations et des environnements qu’il aura loisir de côtoyer…

Mon avis :
Considéré par beaucoup comme le plus grand film de l’illustre Takeshi Kitano, « Hana – Bi » aka « Feux d’artifices » chez nous, frappe avant tout par sa picturalité et par la maitrise incroyable des séquences, au niveau photographique et graphique, et également par cette succession de plans incroyables, témoignage d’une réelle recherche cinématographique rarement vue jusqu’alors !
Filmés de hauteur où le style léché et maitrisé intervient ponctuellement, les déroulements scénaristiques vont de pair avec les personnages et l’évocation de ceux-ci dans l’histoire…
Histoire plutôt simpliste et basique mais où l’innovation réside dans la forme du traitement avec lequel Kitano fait transcender le drame en rédemption via son personnage principal, qui n’a plus rien à perdre ni à prouver, sinon retrouver le bonheur perdu et l’amour fou de son épouse, condamnée à finir sa vie entre ses bras (l’issue du métrage est, à ce titre, surprenant et vraiment émouvant, avec une pudeur et une intensité sidérantes !).
Les seconds personnages sont bien ancrés dans l’ambiance et dirigés par Kitano de façon ultra précise, sans esbroufe ni sur jeu, conférant ainsi une crédibilité millimétrique et renforçant de fait la qualité inhérente à l’œuvre…
Plongée dans l’artistique (notamment avec des parallèles entre la peinture et la vie de tous les jours), « Hana – Bi » pourra quelque peu sembler empreint d’un hermétisme peu courant, mais recèle indubitablement de qualités, abrogeant toutes les techniques cinématographiques apparues jusqu’alors, déclinant un savoir faire hors du commun et menant large sur les plans esthétiques et picturaux…
Dégageant parfois des synchronicités spectateurs/acteurs et acteurs/spectateurs, « Hana Bi » est de loin l’un des films asiatiques les plus inventifs des années 90, n’occultant pas pour autant la violence avec des passages hyper violents, mâtinés de « gore » et qui font parler la poudre avec aisance et décomplexion…
Œuvre majeure à voir impérativement !
9.75/10


samedi 5 novembre 2011

ROBOWAR

ROBOWAR
De Vincent Dawn aka Bruno Mattei
Italie
1988
Nanar Fantastique Guerre
avec Reb Brown, Catherine Hickland
Synopsis :
Sortis de nulle part, des mercenaires ringards doivent retrouver la trace d’un androïde prototype en pleine jungle, durant leurs pérégrinations ils sauvent une femme des mains de guerilleros et se font zigouiller un par un…
Il ne restera que quelques survivants mais ils ne peuvent prédire l’issue de ce cauchemar car le « Robowar » s’avère particulièrement coriace et quasi invincible !
Tout sera mis en œuvre pour percer ce mystère ancestral jusqu’à une explication pour le moins énigmatique sur le pourquoi du comment de l’existence de ce « Robowar » !
Mon avis :
Habitué des nanars « cheap » et incongrus, le père Mattei n’y est encore une fois pas allé avec le dos de la cuillère sur ce coup là !
Incohérences à la pelle, personnages à mourir de rire, « Robowar » en carton pâte montré dès le début (pour la surprise on repassera !) et intrigue poussive sans aucune logique !
On voulait du nanar, on est servis !
La musique est également complètement hilarante, nappes de synthés répétitifs au comique involontaire, tout est paramétré pour atteindre le néant total du cinoche Z, d’ailleurs on constate des plans qui se répètent, accentuant la faiblesse du métrage et rendant illisible l’intrigue, déjà très décousue !
Sans la moindre articulation scénaristique, on se contentera donc de voir une troupe de couillons qui déambule armes à la main et tirant intempestivement au moindre bruit suspect, le plus souvent dans les arbres ou n’importe où, croyant annihiler le fameux « Robowar » !
Mais qui est donc ce « Robowar » ?
Un homme amphibie (ou plutôt en phobie) avec un simple casque de motard, déblatérant des répliques avec une voix aigüe et nasillarde du style « Cible en vue, attendons vos instructions », « Feu ! Feu ! Feu ! »…
Reb Brown, «  l’acteur » principal (c’est un bien grand mot) est vraiment exécrable en Schwarzenegger du pauvre, charismatique comme une lampe halogène et pas du tout crédible, le bougre fait peine à voir !
Les autres se démènent comme ils peuvent mais restent raides comme des piquets et n’éprouvent quasiment aucune conviction dans leurs rôles, on atteint la nullité absolue !
La pouffiasse de service, blonde comme il se doit, n’est pas du tout à la hauteur et manque totalement d’épaisseur, les décors sont insignifiants et le final incompréhensible !
Reste une folie inhérente certaine et un choix de ringardise parfaitement assumé qui font de « Robowar » un exemple de ce que les italiens pillaient dans le ciné US de l’époque, ici, en l’occurrence « Predator » de Mac Tiernan !
Fallait oser !
Mattei l’a fait …
5.5/10



BAD BOY BUBBY

BAD BOY BUBBY
Australie
1993
Drame psychologique
Synopsis :
Bubby est un homme d’une quarantaine d’années qui possède des troubles psychiatriques et du comportement proches de l’autisme.
Il vit avec sa mère qui lui impose une cadence de vie infernale, le laissant prostré et enfermé dans un endroit sordide, coupé du monde…
Bientôt le père refait surface et Bubby parvient à s’enfuir de sa tanière maudite…
Il fait la rencontre de musiciens dont il va très vite devenir l’égérie…
Les concerts et les virées nocturnes s’accumulent jusqu’au jour où Bubby … tombe amoureux !
Cela bouleversera sa vie…
Mon avis :
Rarement un métrage n’a provoqué autant d’ambivalence !
Autant la première partie est repoussante, abjecte et dénuée de la moindre compassion envers le spectateur, rien ne lui est épargné ! inceste cradingue, apologie du sale et de la pourriture, chats torturés et étouffés avec un film plastique, pisse, merde, vomi et dialogues orduriers… bref on a droit à tout au niveau de l’infamie, un peu comme si le réal cherchait à tout prix à décontenancer et choquer quoiqu’il advienne…
Mais il n’en est plus rien dès la « libération salvatrice » de Bubby, le personnage principal !
On assiste à la jovialité d’un homme qui retrouve un sens à son existence et qui peut enfin laisser aboutir ses envies, mises en exergue par un don au chant et à la musique…
Et là le film prend ENFIN tout son SENS !
Appuyé par des cadrages léchés de toute beauté et un sens de la réalisation incroyable, on est alors pris dans un dédale, un itinéraire peu commun à ce que l’on avait vu auparavant !
La rencontre de deux handicaps (l’autisme et la myopathie) s’avèrera rédemptrice et véritable levier vers l’amour fou, tremplin d’une vie morne vers une vie passionnée et doté d’un véritable sens !
Malgré quelques petites incohérences, on est simplement scotchés devant cette histoire attachante et à la limite du film fantastique !
Nous aurons en mémoire pendant longtemps cette histoire de Bubby, sorte de Forrest Gump puissance 10 000, à l’humanité retrouvée et amplifiée par le cinquième élément qu’est l’amour !
Ceci étant il faut prévenir le spectateur sur l’aspect hermétique du film, qui risque d’en rebuter plus d’un !
Passée cette considération, on sera unanime sur la mise en scène (d’ailleurs « Bad Boy Bubby » a obtenu une récompense au festival du film de Venise) et sur le jeu de l’acteur principal, ahurissant et habité par un rôle hors du commun et pas accessible à n’importe quel comédien !
OVNI absolu, véritable électrochoc à l’issue libérateur et d’une certaine façon apologie de la passion et de l’amour, « Bad Boy Bubby » reste une claque monumentale dont il sera difficile de se remettre !
A savourer (malgré les réserves émises sur la première partie, très extrême et à la provoc revendiquée et assumée)…
9/10



SCARFACE

SCARFACE
De Brian de Palma
Etats Unis
1983
Policier
avec Al Pacino, Michelle Pfeiffer, Mary Elizabeth Mastrantonio, Steve Bauer et F. Murray Abraham
Synopsis :
L’ascension fulgurante de Tony Montana, au départ simple immigré réfugié politique cubain fraichement débarqué aux Etats Unis puis devenu leader de la pègre via le trafic de cocaïne…
Le film suit son itinéraire, ses coups, ses trahisons avec d’autres mafieux, sa sœur qui lui désobéit, tout est décortiqué de A à Z jusqu’à un final hors du commun qui mettra un terme définitif à sa descente aux enfers…
Mon avis :
Tout d’abord il faut saluer la prestation électrisante et électrique de Pacino dans  ce film !
Il est incroyable !
Pour le reste, rien à redire…
Il s’agit d’un chef d’œuvre, un véritable film culte qui n’a pas pris une seule ride !
Violent (ultra violent même), racé, masculin, « Scarface » tient la dragée haute aux autres films de gangsters, témoignant d’une mise en scène hyper efficace et sans compromis…
Rien ne nous est épargné et tout tranche dans le vif !
Que ce soit les scènes de fusillades, les répliques inhérentes au monde de la pègre et les rapports dominateurs hommes/femmes, rien n’est laissé au hasard et tout s’emboîte à merveille !
La séquence de la « planque » avec agression à la tronçonneuse, le final hallucinant et l’itinéraire de Montana avec montée/ascension/descente fonctionne de manière épatante et tourne à plein régime…
De Palma au firmament de sa carrière !
Les seconds rôles sont époustouflants de maitrise et Pacino domine littéralement le métrage, personne ne lui résiste !
Il y a quand même une morale dans « Scarface » eu égard à son issue qui ne pouvait être autrement !
Le personnage de la sœur ajoute du piment à l’aspect relationnel que Tony entretient avec la gente féminine, en fait « Scarface » est un vrai film de mecs, laissant toute once de pitié et de compassion au vestiaire pour se consacrer exclusivement sur la polarité du « voyou/caïd » et ce, de manière très frontale !
D’ailleurs cela lui vouera un culte chez les gamins des cités sensibles, l’érigeant en caractère iconique, comme celui qui, parti de rien, a tout réussi et baignera dans la luxe via sa baignoire dorée cigare au bec !
Mais attention, il ne faut pas se méprendre ! tout finit par se payer et l’aboutissement n’en sera que plus dévastateur…
Le blu ray sorti récemment est à la hauteur du mythe, parfait et impeccable !
Un métrage toujours d’actualité et qui marqua d’une pierre blanche le polar des années 80, laissant une empreinte indélébile et au demeurant un impact sur cette (dé)génération procurée par le banditisme de haut niveau…
A voir pour comprendre l’effet procuré par le cinéma sur un certain public, et à visionner également pour son plaisir tant les 3 heures passent à une allure jouissive grâce à une dynamique et un sens de la réalisation imparable…
9.5/10

2019 après la chute de New York

2019 APRES LA CHUTE DE NEW YORK
de Martin Dolman aka Sergio Martino
Italie
1983
Nanar de science fiction
avec Michael Sopkiw, Valentine Monnier, Anna Kanakis, George Eastman
Synopsis :
2019, après le passage d’un cataclysme thermonucléaire qui a tout ravagé sur son passage, New York, Brooklyn et les quartiers du Bronx sont le territoire des « irradiés » les quelques survivants contaminés qui résistent face aux assauts des terrifiants « Euraks ».
Un guerrier stellaire est missionné par l’alliance gouvernementale pour retrouver la trace de l’unique femme féconde restante sur l’hémisphère…
Son objectif est de la ramener en Alaska afin de la conduire pour un voyage sur une autre planète (la constellation Alpha du Centaure) afin qu’elle puisse procréer et peupler de nouveau l’univers.
Notre héros est aidé dans sa tâche par un homme à la main métallique, un cyborg et un nain facétieux et mongolo…
Son périple sera parsemé d’embûches ; notamment il devra affronter « Big Ape » un homme singe et bien d’autres surprises l’attendent !
Mon avis :
« 2019 après la chute de New York » est un ersatz pompage de « New York 1997 », « Mad Max 2 » et « La planète des singes » à la sauce Spaghetti nourri de répliques débiles, de décors improvisés et tourné complètement à l’arrache, comme à l’apogée des nanars qui fleurissaient à la pelle chez nos amis transalpins au début des eighties …
et le père Martino n’y est pas allé de main morte !
tout est bon, tout est possible et rien n’est épargné au spectateur, friand de nanardises et de poilades intempestives du meilleur acabit !
J’arrive pas à me défaire de ce film en fait…
Il procure un bonheur incroyable, un sens de l’humour si involontaire qu’il en devient presque « hantant »…
Les acteurs jouent comme des brêles, les vaisseaux spatiaux font passer « San Ku Kaï » pour du Emmerich, les hommes singes sont laids et on y croit pas une seconde !
Quand même, en y réfléchissant c’est carrément abusé !
Il y a quelques trouvailles au niveau de l’enchainement des plans séquences et un excellent dynamisme qui fait que l’on ne s’ennuie jamais !
Savourons, savourons ce film car il n’y en aura plus jamais…
Témoignage d’une époque, à mille de lieux des productions d’aujourd’hui, « 2019 après la chute de New York » a le mérite ultime d’assumer complètement sa ringardise et c’est ce qui le bonifie et fait son charme, mélange candide de science fiction et d’aventures…
Doté de passages hilarants et filmé à l’emporte pièces, « 2019 » a encore de nos jours une force, un impact sur les cinéphiles peu regardants qui l’érige au statut d’icône du Z rital….
Martino y a eu cru en 1983 et il a eu raison !
Son œuvre restera gravé à jamais pour quiconque…
9/10