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mercredi 31 octobre 2012

Qui l'a vue mourir ? Aldo Lado, 1972


QUI L'A VUE MOURIR ?

aka Who saw her die ?

d'Aldo Lado

Italie

1972

Giallo

97 minutes

avec George Lazenby, Anita Strindberg, Nicoletta Elmi

Synopsis :

Mégève, 1968.

Une fillette est retrouvée morte, enfouie sous la neige...

La police n'arrive pas à élucider cette sordide affaire...

Venise, quatre années se sont écoulées...

Un artiste et sa jeune fille, Roberta passent quelques jours de farniente jusqu'à ce que l'enfant disparaisse...

Elle sera retrouvée noyée...

Sa mère, bouleversée, arrive pour ses obsèques...

Le père va mener l'enquête pour retrouver le meurtrier de sa progéniture...

Ses investigations s'avèreront dédalesques et l'issue sera surprenante !

Une affaire de névrose obsessionnelle mêlant le clergé, des notables vénitiens et des enfants manipulés sera le point d'orgue d'une tortueuse mise en scène au goût amer...

Mon avis :

Fleuron du giallo, "Qui l'a vue mourir ?" propose un mode de victimes inédites puisqu'il s'agit ici de fillettes et non de femmes sulfureuses comme à l'accoutumée dans le genre...

Lado fait très fort et le côté perturbant et anxiogène est amplifiée par des meurtres atroces et sans concessions sur de frêles fillettes qui ne demandaient qu'à vivre, il y a une réelle cruauté dans le métrage qui ne recule devant rien et codifie d'un nouveau mode opératoire un style (le giallo) en plein essor à cette période (on est en plein au début des années 70)...

George Lazenby en père moustachu rongé par la douleur est méconnaissable et Anita Strindberg, star icône apporte un côté maternel gracile à une intrigue chargée en émotivité et captant le jeu des acteurs impeccablement dirigés, navigant entre des plans séquences de toute beauté et des vues subjectives du tueur amplifiant un malaise indéniable proche de tétaniser le spectateur...

La jeune Nicoletta Elmi dégage une sincérité dans son innocence et fait une proie idéale pour un tueur en totale déliquescence sociétale, névrotique via des antécédents que l'on apprendra plus tard au fil du film et qui provoqueront un grand malaise, comme seul le cinéma italien peut nous pondre, un peu à l'instar de métrages comme "Mais qu'avez vous fait à Solange ?" ou "Torso", mêlant sexe, refoulements divers et crimes...

Il y a, ceci étant, d'autres meurtres que sur des enfants comme une magnifique scène dans une volière où le tueur ganté prend soin d'ouvrir la cage, libérant les oiseaux comme pour symboliser le dégagement de ses pulsions criminelles, ou la scène de la strangulation dans le cinéma, modèle du genre et parfaitement réalisée...

De nos jours, "Qui l'a vue mourir ?" peut risquer de paraître désuet mais n'en reste pas moins pour les connaisseurs une approche du giallo incontournable et particulièrement intéressante dans son originalité et sa façon de concevoir les plans...

Lado a réussi un coup de maître qui fera date, une sortie en zone 2 en France s'avère urgente !

Dédicace à Christophe Cosyns et Bruno Dussart.   

Note : 10/10






mardi 30 octobre 2012

Unstoppable de Tony Scott, 2010


UNSTOPPABLE

de Tony Scott

Etats Unis

2010

avec Denzel Washington, Chris Pine, Rosario Dawson

Action

98 minutes

Synopsis :

Dans différentes villes de Pennsylvanie, de nos jours...

Suite à une erreur humaine malencontreuse d'un technicien ferroviaire, un train fou comprenant une vingtaine de wagons est lancé à pleine vitesse sur une voie en contresens...

Il est rempli d'un chargement dangereux...

Deux hommes vont se retrouver, malgré eux, contraints de l'arrêter par tous les moyens...

Le plus jeune d'entre eux traverse une période difficile puisqu'il doit se traduire en justice suite à un différend avec sa petite amie...

Quant à l'autre il est en préavis de licenciement et malgré le fait qu'il soit très expérimenté, il semble désabusé...

La télévision suit la course du train fou et il semble pratiquement impossible de réussir à le stopper !

Un vrai casse tête est alors engagé avec des vies humaines et des moyens financiers à la clef !

Quelle sera l'issue de cette course folle ?, car l'enjeu est de taille !

Malgré leur bravoure les deux hommes parviendront-ils à éviter une catastrophe de grande ampleur ?

Mon avis :

Il faut rendre hommage à l'immense réalisateur de films d'action qu'était Tony Scott, le plus souvent resté dans l'ombre de son frère Ridley !

L'homme s'est éteint récemment de manière très tragique suite à une maladie incurable...

Il a laissé dans le cinéma américain une empreinte importante...

Toujours sincères et appliqués, ses films avaient le mérite de divertir sans la moindre prétention et apportaient du plaisir au spectateur...

Avec "Unstoppable", Scott ne déroge pas à la règle et sort pour son ultime métrage une oeuvre simple, pudique, sans esbroufes ni outrances, un très bon actioner, bien ancré dans son époque !

Le film se défile quasiment en temps réel, les personnages sont loin des clichés et leur côté désenchanté crée une empathie inédite et directe vis à vis du spectateur...

Malgré qu'il soit une production hollywoodienne, "Unstoppable" se démarque de ses prédécesseurs par son côté humain et restrictif, ici les "héros" ne sont pas des cadors ou des caïds, mais des êtres SENSIBLES voire "à problèmes"...

Quant à l'action pure, à proprement parler, nous ne sommes pas en reste, Scott nous gratifiant de nombreux coups de bravoures, avec un sens du rythme et de la dynamique parfaitement calibré...

Les seconds rôles tiennent la route, notamment Rosario "Death Proof" Dawson, superbe femme ici dans un rôle masculin, mais y intégrant une certaine féminité ! on en redemande !

Bref, "Unstoppable" n'est certes pas le meilleur film de Tony Scott mais apporte un "plus" dans sa carrière à succès, prouvant qu'il pouvait à tout moment étonner et épater son public...

Un grand Monsieur est parti, rendons lui hommage...

Paix éternelle...

Note : 9/10





dimanche 21 octobre 2012

CIMETIERES POUR MORTS VIVANTS de Massimo Pupillo, 1965


CIMETIERES POUR MORTS VIVANTS

aka 5 tombe per un medium

de Massimo Pupillo

Italie

1965

avec Barbara Steele

édité chez Artus Films

86 minutes

Synopsis :

L'assistant d'un notaire reçoit une missive étrange lui sommant de se rendre au plus vite dans un manoir provincial afin de rédiger et d'entériner un acte de légation...

Une fois rendu sur place l'accueil est glacial : Clio, la veuve du défunt vit entourée d'une servante, de sa belle fille prénommée Corinne et du jardinier Kurt...

L'assistant va vite comprendre que tout ceci cache une malédiction et un complot lorsque moult décès s'abattent autour de lui...

Il est procédé à une exhumation et la tombe du mystérieux légataire s'avère vide !

Dans cette atmosphère inquiétante et anxiogène s'ajoute une peur latente via l'ambiguïté de Clio qui mène un double jeu adultérin et une soumission totale de Kurt pour son maître conduisant vers de funestes desseins...

Mon avis :

Réalisateur de très peu de films, Pupillo subit la contrainte des producteurs d'outre Atlantique, à l'instar de Mario Bava quelques années plus tard avec son "Lisa et le diable" retoqué "La maison de l'exorcisme" par Alfredo Leone, par vénalité et cupidité, car Pupillo, sincère et rigoureux apporte un traitement des plus intéressants, contribuant à embellir et bonifier le genre gothique italien de la plus belle des façons...

Il va sans dire que "Cimetières pour morts vivants" est un régal, alternant érotisme sous jacent, terreur inhibée et atmosphérisme morbide...

Il y a une réelle recherche et un travail certain des plans séquences, par exemple un cadrage à 8 ou 9 mètres de hauteur précédant un gros plan sur le regard de Barbara avant de la voir avancer dans une pièce où le décor amplifie et rajoute un plus de mystère à une intrigue déjà riche et fournie...

Aucun cliché n'est à déplorer dans le métrage et on ne nous refait pas le coup du "zombie" ou de la violence exacerbée, non, ici tout n'est que finesse, rigueur scénaristique et mise en images léchée voire surprenante !

Steele dégage une sensualité hors du commun, presque inaccessible, proche de la divinité impénétrable avec un côté névrotique (lors de ses étreintes d'un érotisme sulfureux et incendiaire, elle va jusqu'à se mordiller l'épaule comme pour montrer qu'elle a un orgasme silencieux, cette scène est stupéfiante !)...

Les décors intérieurs et extérieurs sont parfaitement mis en valeur, notamment lors de scènes nocturnes ou au moment incroyable de l'exhumation rempli de brumes, captant l'effroi des protagonistes et accentuant l'étau qui se referme sur eux, avec l'issue inévitable du film, proprement hallucinante !

Les scènes de rajout de la version anglo-saxonne s'avèrent, quant à eux, très explicites et bien plus gore que dans le montage européen, faisant preuve d'un certain sadisme inouï par rapport à la globalité du film qui reste plutôt timide sur les effets horrifiques et dénué d'hémoglobine !

Enfin il faut saluer le travail méticuleux et appliqué d'Artus Films qui a vraiment fait de son mieux pour raviver ce métrage difficile d'accès qui ravira les inconditionnels de la belle Barbara Steele et d'horreur gothique transalpine !

"Cimetières pour morts vivants" est un must incontournable qu'il convient de savourer à sa juste valeur et grâce à la technologie actuelle et au boulot d'Artus films, celà tient du miracle !   

Note : 10/10







dimanche 14 octobre 2012

SLAYER


SLAYER

Groupe de Thrash Metal américain devenu Metal Core depuis 1996

Légende vivante du Métal

Commençant à oeuvrer au début des années 80, le quatuor mythique composé de Tom Araya (basse / chant), Dave Lombardo (batterie), Jeff Hanneman et Kerry King (guitares) reste un des piliers du genre, impressionnant par sa longévité et sa manière de se remettre en question, amorcée au milieu des années 90...

Leurs premières galettes délivrent une musique très brutale, ouvertement sataniques et parlant uniquement de mort, de guerre ou de tueurs en série...

Accédant au statut de culte parmi les aficionados, Slayer créera moult polémiques notamment sur une soi disant appartenance au nazisme, totalement infondée !

Ils font un constat du 3ème Reich avec "Angel of death" (album de 1986 -"Reign in blood"), ce n'est pas pour autant qu'ils soient racistes ou nazis !  Tom Araya est d'origine chilienne !

Ce n'est pas parce que Steven Spielberg a fait "La liste de Schindler", film traitant de la seconde guerre mondiale, que c'est un nazi ! Il en est de même pour Slayer !

S'ensuivent des albums exemplaires comme "South of heaven" en 1988 et "Seasons in the abyss" (1990) et un double live d'anthologie "Decade of aggression" en 1991...

Les prémices du virage "core" se concrétisent avec "Divine intervention" en 1994, qui déconcertera certains fans et les ventes seront moins fortes (à titre de comparaison, Pantera avec son "Far beyond driven", sorti la même année, vendra beaucoup plus que Slayer), mais après les reprises punks d'"Undisputed attitude" (1996) le virage se confirme amplement, s'appuyant lourdement avec une bombe totale "Diabolus in musica" (sorti en pleine coupe du monde 1998) qui se démarque complètement des productions antérieures du groupe, insufflant une prise de risques importante et une remise en question des fondations forçant le plus grand respect, pour un combo qui n'a plus rien à prouver, eu égard à ses antécédents et à sa notoriété !

Et c'est là que ce groupe devient carrément intéressant !

Ne se contentant pas/plus de ressasser des ènièmes rythmiques thrash standardisées et redondantes (à l'instar de ses comparses comme Testament, Metallica ou Overkill -que j'apprécie cependant-), Slayer va PLUS LOIN !

Ils offrent un nouvel horizon et de nouvelles possibilités au genre, n'hésitant pas à casser leurs codes quitte à déconcerter leurs fans de la première heure !

COURAGEUX, FORT ET FORçANT LE RESPECT, Slayer fait dégringoler les trois quarts de la scène Métal pour s'imposer de nouveau comme leader du Core moderne, muant de la manière la plus habile et la plus violente en même temps, provoquant un bonheur et un catharsis sur le fan de heavy metal le plus ouvert et le plus réceptif à leur talent inné !

Ce qu'il y a de magique avec Slayer c'est que leurs morceaux s'imprègnent directement chez l'auditeur, on a envie de secouer le tête et de bouger le pied dès qu'on écoute leurs morceaux !

Et en concert, c'est de la FOLIE PURE !

Je les ai vus deux fois (une fois en 2001 et une autre en 2004), j'étais tétanisé ! les poils se dressant avec leurs intros imparables dont seuls eux ont le secret, c'est fantastique !

Le DVD "War at the Warfield" est incroyable et ne dénature aucunement la folie ambiante qui règne à un concert de Slayer !

En 2001, pratiquement pendant les attentats du 11 septembre sort "God hates us all" au titre prédestiné et il faudra attendre 5 ans pour voir "Christ illusion", fantastique album qui reprendra la thématique visuelle instaurée par le triptyque "Reign in blood" / "South of heaven" / "Seasons in the abyss" avec une cover terrible !

Fin 2009 - début 2010 sort "World Painting blood" appuyant dorénavant un statut assumé à 100 % de groupe de Core Brutal metal, encore une fois véritable pépite, à la musique entraînante, variée et novatrice !

En conclusion, Slayer a su, au fil des années et malgré des déboires et des difficultés, se ranger comme plus grand groupe de Thrash du monde et demeurera également un des combos de métal les plus brutaux de tous les temps, aussi bien au niveau des textes que dans leur retranscription musicale !   





samedi 13 octobre 2012

Showgirls de Paul Verhoeven, 1995


SHOWGIRLS

de Paul Verhoeven

Etats Unis

1995

avec Elizabeth Berkley, Kyle Mac Lachlan, Robert  Davi

125 minutes

Erotique/Drame/Etude de moeurs

Synopsis :

Nomi Malone, une ancienne prostituée se disant orpheline débarque en plein Las Vegas sans un sou en poche...

Très vite, elle va se faire remarquer à cause de son physique ravageur et sa capacité à allumer tous les hommes...

D'abord embauchée comme strip teaseuse elle va intégrer une salle de spectacle et voler la vedette à Crystal Connors, une star des cabarets chauds de la ville...

Lui volant son amant, elle déclenche les foudres de Crystal qui jure de se venger coûte que coûte !

Mon avis :

Film mineur dans la carrière de Verhoeven, "Showgirls" est un métrage très structuré qui fonctionne dans une dynamique imparable et qui joue sur deux antagonismes : le pouvoir de gagner de l'argent facilement et la jalousie qui engendre cet état de fait...

Certes Verhoeven n'y va, comme à son habitude, pas par quatre chemins et "Showgirls" ne lésine pas dans le racolage intempestif voire même une certaine vulgarité trop appuyée, mais l'histoire reste de facture honnête et l'ensemble parvient à susciter l'intérêt...

La peinture du machisme ambiant est bien ressenti et les coups bas pullulent non stop, se démarquant du politiquement correct fréquemment employé dans les grosses productions hollywoodiennes, ici il y a la "Verhoeven's touch" tout de même (le bougre n'est pas un tendre et y va franco)...

Le film s'adresse à un public adulte et le langage est très cru, Berkley ne recule devant aucun stratagème pour exhiber sa plastique et se déchaîne comme une lionne dans des danses magnifiées par des plans tout à fait à la hauteur et superbement chorégraphiés (Danse avec les stars" peut aller se rhabiller !)...

Berkley porte le film totalement à bout de bras et il serait mesquin de ne pas lui reconnaître un certain talent tant elle s'investit dans son rôle, de surcroît difficile et pas donné à n'importe qui ! Elle irradie le métrage de sa beauté et son charme, capte l'attention dès les premières secondes !

Les plans de fins ramènent à la dureté du quotidien des filles danseuses top less et le côté rape and revenge par personne interposée fonctionne bien, tournant vers un aspect dramatique qui tourne à plein régime, pamphlet d'un quotidien sordide et désenchanté où du jour au lendemain, et dans la plus grande déshumanisation, une femme peut se retrouver mise au rebut comme un vulgaire kleenex...

Encore une fois, sur un thème simpliste, Verhoeven a pu en tirer le meilleur de ce que l'on pouvait espérer, et ce, par son talent...

Un témoignage intéressant de la décadence et de l'obsession vénale, plus que jamais d'actualité encore de nos jours, le tout dans un contexte qui reflète bien les années 90...

Note : 7.5/10





dimanche 7 octobre 2012

MEGADETH


MEGADETH

Heavy Thrash Culte Américain

Rétrospective sur leur longue carrière, actuellement toujours en activité

Il est des groupes de Heavy Metal intemporels qui forcent le respect par leur linéarité, leur régularité métronomique et leur talent inné !

Megadeth fait partie de ce cercle très fermé de monstres du Métal après avoir accumulé un tas d'offrandes à ses fans totalement dévoués à leur style et leur capacité incroyable de renouvellement et de prise de risques quoiqu'on en dise...

Dave Mustaine, leader frontman incontesté et incontestable du combo, issu d'une famille très riche, est un guitar hero fabuleux et apporte sans cesse sa "patte" et son style de façon flamboyante via des compositions inouïes de maîtrise métalesque...

La qualité est au rendez vous et ce, dès le premier opus, au nom prédestiné "Killing is my business... and my business is good !" et effectivement OUI ! ça tue !!!

Mustaine, dissident de Metallica, claqua la porte ! et il a eu raison !

Avec "Peace sells... but who's buying ?" considéré par les thrashers fans de Slayer et autres Testament comme leur meilleur album ! mais Mustaine ne s'arrête pas en si bon temps chemin et c'est l'escalade (ou plutôt la montée fulgurante !) avec coup sur coup que des BOMBES !

"So far, so good, so what ?" en 1988 avec le fabuleux "In my darkest hour", puis le légendaire "Rust in peace" avec les standards "Holy Wars" et "Hangar 18", Mustaine prend une tournure engagée et pro américaine (il exhibe souvent un drapeau national lors des concerts)...

ça continue en 1992 avec le mythique "Countdown to extinction" qui dépasse toutes les espérances et hisse Megadeth comme sommet surpuissant d'un genre qu'il contrôle totalement et à 100% loin des avatars kitchissimes d'un Metallica en perte  de vitesse !

L'apothéose avec "Youthanasia" en 1994 et sa superbe pochette et des perles soniques belles à en pleurer et ancrées à jamais dans le panthéon du Heavy Thrash !

Une nouvelle ère s'amorce en 1997 avec le fantastique "CrypticWritings" où Mustaine vire à 360 degrés et créée un "nouveau Megadeth", plus catchy, moins metal et plus axé progressif  avec des touches industriels !

Et ça fonctionne !

Là où les Four Horsemen pataugèrent en 1996 avec "Load", Megadeth reste bel et bien ancré dans un thrash surpuissant et dévastateur, réinventant là où d'autres se gamellent royalement !

Une sérieuse prise de risque s'amorce en 1999 avec "Risk" puis après "The World needs a hero" , c'est le split !

Pour un temps !

Mustaine revient quelques années après et ça refait de nouveau très mal !

Jusqu'à une tripotée d'albums et de concerts tous plus magiques les uns que les autres, se clôturant avec un superbe "Th1rte3n", leur dernier opus en  date, toujours parfait et bien rythmé et entraînant, Megadeth peut se targuer de prendre la barre et de diriger de main de maestro un genre qu'ils ont parfaitement su exploiter et renouveler !

Une longue carrière exemplaire où seul règne le mot plaisir pour l'auditeur et le goût du travail musical bien fait !

UN PILIER DU METAL, SANS CONTESTE !





samedi 6 octobre 2012

L'important c'est d'aimer d'Andrzej Zulawski, 1975


L'IMPORTANT C'EST D'AIMER

De Andrzej Zulawski

France

1975

Drame/Etudes de moeurs

108 minutes

avec Romy Schneider, Fabio Testi, Klaus Kinski, Jacques Dutronc, Michel Robin, Katia Tchenko

César 1976 de la meilleure actrice pour Romy

Synopsis :

Servais Mont est un reporter photographe qui a couvert de grands événements, notamment la guerre du Vietnam et les conflits en Algérie...

Dorénavant il végète un peu à droite à gauche, scrutant le moindre scoop pouvant lui rapporter un maximum d'argent facile...

Il n'hésite donc pas à faire des photos pornographiques en effectuant des clichés de gens partouzards à leur insu, derrière une glace sans tain !

Alors qu'il déboule clandestinement sur le tournage d'un film, il prend en photo l'actrice Nadine Chevalier alors qu'elle effectue une scène très difficile à jouer (l'amour avec un homme sur le point de mourir)...

Très vite une relation ambigüe va se nouer entre les deux protagonistes car le mari de Nadine est impuissant et ne lui fait, pour ainsi dire, jamais l'amour...

Nadine voit en Servais un échappatoire et une possibilité d'assouvir et de réguler ses pulsions et ses fantasmes sexuels débridés !

Mais l'homme reste hermétique à tout celà...

Le film relate donc les difficultés des relations dans un couple et transcrit les tenants et les aboutissants d'un périclitement conjugal, avec comme issue, soit la mort soit la déception éternelle...

Mon avis sur ce film :

"L'important c'est d'aimer" est un des films les plus "posés" du grand Zulawski, ici beaucoup moins de survoltage et de délires baroques que l'on retrouvera dans ses métrages postérieurs...

Zulawski prend tout son temps pour délivrer les émotions et les angoisses de ses comédiens et s'applique, comme toujours, à relater des tranches de vie de gens écorchés vifs, souffrant d'une pathologie inhérente à leurs conditions, en l'occurrence ici, à leurs vies de couples !






Dès le démarrage, on est dans le ton : Romy Schneider se donne à fond et sans retenue et Testi semble comme un électron libre, vacillant dans un univers d'opprobre, cerné par un entourage de pervers aussi repoussants que sociopathes...

Les personnages secondaires sont également bien entamés notamment Michel Robin en vieil alcoolique atteint de délirium et Kinski déjà à la folie bien amorcée qui électrise le film par sa composition au summum de la catharsis...

Ceci étant, "L'important c'est d'aimer" n'occulte nullement l'aspect dramatique et tragique et fait des transferts/parallèles entre le monde virtuel (celui du cinéma) et l'univers réel (les difficultés du quotidien et de la gestion d'un couple)...

Ce n'est d'ailleurs pas innocent si l'oeuvre de Zulawski s'inspire de la "Nuit américaine", sorte de mise en abyme de la pièce de théâtre que Nadine essaie, non sans mal, de jouer, captant avec difficultés ce que le réalisateur veut lui inculquer et insuffler...

Zulawski, par son immense talent, arrive avec facilité via une direction d'acteurs au cordeau, à décortiquer des situations lambda et fréquentes, que nous avons tous plus ou moins déjà rencontrées, et provoque un bouleversement affectif aussi bien dans ses séquences que chez le spectateur...

En gros, il nous explique que le plus simple c'est juste d'AIMER sans se poser de questions et rendre heureux ceux qui nous entourent et que l'on aime...

La dernière phrase du film veut tout dire et se conclut par un "Je t'aime" dans  la bouche de Romy Schneider !

Je dédicace ma critique à Pierre, qui lui aussi a tant d'amour à donner et à recevoir !

Note : 9/10