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dimanche 24 février 2013

Massacre dans la vallée des dinosaures de Michele Massimo Tarantini


MASSACRE DANS LA VALLEE DES DINOSAURES

aka Cannibal Ferox 2

aka Prisonnières de la vallée des dinosaures

de Michele Massimo Tarantini aka Michael Lemick

Italie

1985

Edité en DVD chez le mythique et défunt distributeur Neo publishing

Musique de Fabio Frizzi

avec Michael Sopkiw, Susan Carvalho

Aventures ponctuées de scènes gore

84 minutes

Synopsis :

Banlieue proche de Manaos, en pleine cambrousse dans un petit village...

Kevin, un aventurier qui travaille pour des musées, chargé de trouver des ossements préhistoriques, deux top models et leur photographe, un vieil anthropologue et sa fille, un ancien vétéran du Vietnam et sa femme alcoolique : tout ce petit monde part en avion en pleine forêt hostile pour des aventures rocambolesques...

Ils tomberont bien évidemment sur une tribu de cannibales et de multiples surprises les attendent !

Shina, un vieux briscard sans foi ni loi, qui exploite une mine, va leur barrer la route et les capturer !

Pour compléter le tout, serpents venimeux, sables mouvants, sangsues et autres joyeusetés viendront émailler leur périple !

Quelle en sera l'issue ?

Survivront ils à ce long et lancinant cauchemar ?

Mon avis :

Unique film cannibalique de Tarantini, jusque là spécialisé dans les comédies grivoises touche pipi qui florissaient dans les années 70/80, "Massacre dans la vallée des dinosaures" (retitré exagérément "Cannibal Ferox 2") est un petit métrage bien sympathique qui ne lésine aucunement sur le voyeurisme (notamment à l'égard de la gente féminine) et qui ne prend le parti pris que celui de nous divertir !

D'une candeur ahurissante et plutôt bon enfant, Tarantini garde un dynamisme appuyé et son film ne possède, pour ainsi dire, aucun temps mort !

Certes, c'est bricolé, certes c'est ringard (ah le père Sopkiw, transfuge de l'inénarrable "2019" de Sergio Martino et du non moins dantesque "Apocalypse dans l'océan rouge" de Lamberto Bava, est toujours aussi expressif qu'une courgette !), l'avion qui se crashe est bien entendu une miniature mais grâce à un montage efficace, la pilule parvient à passer !

La seconde partie du film devient plus intéressante mais elle sert de levier pour réhausser une intrigue qui devenait victime de ses limites et de ses clichés !

Le personnage de Shina, véritable salopard de la pire espèce, est un bon rôle de méchant (il fait bien plus peur que les cannibales aux mêmes !) et Tarantini ne nous épargne rien, nous gratifiant même d'un viol sur la jeune brunette, avec scènes de lesbianisme d'une perversité bien trempée ...

Autre personnage intéressant, le vétéran du Vietnam, qui s'autoproclame commandant de l'expédition après le crash, affublé d'une mégère libidineuse et éthylique, à mourir de rire et qui ira même jusqu'à manger des sangsues (?) !

Bref, vous l'aurez compris, on ne s'ennuie pas et la dynamique imparable de l'action parvient à faire occulter un scénar ultra conventionnel, quant à la musique de Fabio Frizzi, elle est excellente  !

Note : 7.25/10


jeudi 21 février 2013

Interview de Martin Jammes par les éditions La galipote


Genèse d’un livre

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Quels sont les éléments qui motivent ou peuvent justifier la création d’un livre  ? Nous avons demandé à Louis Chaput, alias Martin Jammes, de nous éclairer sur cette démarche.

La Galipote : Tout d’abord pourquoi ce pseudonyme ? Vous  êtes né à Manzat, donc Auvergnat, une région où votre patro-nyme est courant. Que viennent alors faire Martin et Jammes ?

L.C : Chaput ne me plait guère. La résultante des quolibets à l’école, sans doute. J’ai préféré prendre, comme prénom, le nom de jeune fille de ma grand-mère maternelle et celui du village des Jammes (ou James) comme nom. C’est un choix affectif.

La Galipote : Bien ! Alors, pour votre premier ouvrage : Mathias Contretemps de guerre, quel est le déclencheur ?

L.C : Au siècle dernier, à la fin des années 80, au cœur du Médoc, ma compagne et moi avons lié connaissance avec un couple allemand. Nos bungalows étant voisins, une sympathie est née spontanément à la suite de saluts matinaux. Invités chez eux, aucun ne parlant la langue de l’autre, nous avons réussi à nous comprendre assez vite à l’aide d’un dictionnaire franco-allemand mais surtout grâce aux Margaux, Saint-Julien, Pauillac et autres crus médocains. Echange de séjours, ils ont même accueilli ma plus jeune fille durant les vacances scolaires afin qu’elle puisse préparer sa licence d’allemand. À leur générosité s’ajoute une culture qui nous rapproche, un humour que nous aimons et des qualités humaines qui ont affermi notre amitié. Lors d’une soirée chez eux, où un couple ami était présent, la discussion dériva sur un héritage de culpabilité laissé par des pères qui durent combattre après leur mobilisation dans la Wehrmacht. Ma réaction fut de vouloir les aider à mettre un terme à ce désagrément en prônant la réconciliation. C’est cet entretien qui est à l’origine de mon livre. « La réconciliation » était d’ailleurs le titre que j’envisageai au départ. Et puis, devenu esclave de mon jeune héros, son prénom et les « Contretemps » dont il fut victime ou témoin, ont fini par prévaloir…

La Galipote :         « Les tours du destins » votre second livre, où sont ses origines ?

L.C : C’est une réaction solidaire face à une révolte. Au milieu des années quatre-vingt-dix, je n’ai pas noté la date, lors d’une randonnée dans les Pyrénées espagnoles, aragonaises pour être précis, le sentier contournait un petit village perché à douze ou treize cents mètres d’altitude. Sept ou huit mini fermes, lopins de terre peu rentables, élevage réduit, on était loin de la campagne privilégiée. Le plus étonnant, et tout à fait inattendu dans ce coin paumé, se trouvait à l’entrée du village. Sur un immense panneau blanc, tendu entre deux mâts, était écrit, en gros caractères : NO a la línea alta tensión (Non à la ligne à haute tension !). De voir que ces paysans avaient affiché leur rejet sur une telle surface m’a d’abord fait sourire. Et ce n’est qu’après, au retour de ce circuit et en repassant devant ce panneau que le besoin de partager cette rébellion à fait son chemin dans ma tête. Comme beaucoup de concitoyens je connaissais l’existence de ces lignes à très haute tension avec les pays voisins mais là, s’agissant d’un nouveau projet, en plein milieu des Hautes Pyrénées, il fallait qu’à ma façon je participe. Ce livre a été qualifié de roman « écolo ». et j’en suis plutôt fier.

La galipote : Vient ensuite « La dent de la rancune ». Le besoin de mordre en est-il le moteur ?

L.C : On peut dire ça ! Autobiographique à 90 % j’ai un peu modifié certaines situations, par exemple ma rencontre avec un mamba. Il n’était pas noir mais vert. À noter toutefois que la dangerosité de ce reptile, vif comme l’éclair, est la même. Par discrétion vis-à-vis de personnes encore vivantes, qui ont peut-être lu ou pourraient lire l’ouvrage, j’ai aussi rectifié le tir… d’autant plus facilement que mon rôle n’était pas très reluisant…

La Galipote : En ce cas, mieux vaut passer au quatrième bouquin : « La palme d’or pour Oscar » ! Le déclic ?

L.C. : Là il n’y en a pas ! L’histoire d’un gamin abandonné dès sa naissance par sa mère est un sujet que je mijotais depuis longtemps. Inconsciemment peut-être, je me sentais impliqué bien que ce ne fut qu’une constante indifférence de la part de la mienne quant à mon existence. Bref, imaginer tout ce qui peut arriver à un nouveau-né retrouvé devant la porte d’entrée d’un bâtiment de l’Assistance Publique me fascinait. Qui va le ramasser ? Que va-t-il en faire ? Que deviendra cette vie si on ne fait rien pour l’empêcher de s’éteindre ? Tout est possible à commencer par la poubelle. J’ai donc recueilli Oscar et s’il a fini par mériter la palme d’or ce n’est pas en faisant du cinéma mais en se coltinant le bon et le mauvais que tout individu rencontre inévitablement dans son existence. Assembler la récompense au prénom m’a paru idéal comme titre…

La Galipote : Le cinquième enfin, « Une vie suspendue », où avez-vous trouvé l’inspiration ?

L.C. : En regardant pour la quatrième fois le film de Nino Manfredi : Miracle à l’italienne. Raconter la vie d’un ami se trouvant dans un coma dont on ne sait s’il sortira m’a subitement intéressé. Je suis donc parti avec cette situation et l’imaginaire a fait le reste. Bien sûr dans ce roman, comme dans tous les autres d’ailleurs, l’auteur que je suis « étant » tous les personnages, il y a forcément des tranches de mon vécu qui s’intègrent dans le récit. Ma nature, ma culture, mes convictions, mes goûts, mes obsessions transparaissent de façon récurrentes même si le sujet traité dans chacun de ces cinq ouvrage est totalement différent. Voilà comment ça se passe dans ma tête ! Le besoin d’écrire vient ensuite… c’est aussi simple que ça …

La Galipote : Un sixième ouvrage en cours de fabrication ?

L.C. : Oui, Je m’étends actuellement sur des Nouvelles Auvergnates… deux ou trois, je ne sais pas encore.

samedi 16 février 2013

Rage de David Cronenberg, 1977


RAGE

aka RABID

de David Cronenberg

Canada

1977

avec Marylin Chambers

Horreur/Epouvante

87 minutes

Synopsis :

Un couple de motards, Laure et Alex, ont un grave accident de la route...

Laure est transportée presque mourante dans une clinique proche du lieu de l'accident...

Le chirurgien, qui est également chirurgien esthétique et plasticien, tente de lui inoculer une nouvelle substance en voie d'expérimentation...

Mais l'opération, qui pourtant semblait porter ses fruits, va s'avérer catastrophique !

Laure est atteinte d'une forme de rage !

Elle s'échappe de l'hôpital et contamine la population alentours...

C'est bientôt la ville qui est en état de siège et la loi martiale est mise en place !

Quelle sera l'épilogue de cette douloureuse épidémie ?

Mon avis :

Juste après "Frissons", Cronenberg récidive dans l'horreur organique et même si "Rage" est moins incisif que son prédécesseur il n'en reste pas moins tout aussi efficace...

Partant d'un postulat de départ assez simple et allant crescendo (le thème de la contagion est récurrent dans le cinéma d'épouvante et s'avère bougrement vecteur d'une peur viscérale chez le spectateur), Cronenberg mène rondement son entreprise, ne reculant devant aucun effet horrifique et refusant la facilité...

L'idée de l'aisselle renfermant un organe mutant tueur est très originale et même si le film tourne un peu en rond par moments, sans doute victime d'une dynamique affaiblie, les vingt dernières minutes sont sidérantes et tétanisantes...

Marylin Chambers, ancienne actrice de X, est honnête et délivre une prestation intéressante et les comédiens du film sont tous crédibles et dirigés de main de maître par un Cronenberg impérial qui commençait à trouver ses marques et à instaurer les codes du cinéma qui lui est cher...

Moins atroce que "Shivers" et plus pépère dans son déroulement scénaristique, "Rage" se suit avec un certain plaisir (coupable) et apporte une réflexion sur la médecine et le milieu médical tout en gardant une certaine retenue virant même vers le politiquement incorrect (le père Noël qui se fait tirer dessus, le t shirt "Jogging kills"), la Cronenberg's touch se précise et commence à s'affiner au fur et à mesure de ses métrages...

Un petit film tourné sans trop de moyens mais qui bénéficie de sa sincérité et de sa bonne foi, jamais prétentieux ou chiant, et qui mêle habilement épouvante, action et horreur distillées avec intelligence et savoir faire...

Pas le plus grand film de Cronenberg mais digne du plus intérêt tout de même, "Rage" est à voir pour comprendre l'évolution de son auteur et pour cerner son "message" et où il voulait en venir à ses débuts...

A se procurer impérativement si l'on est fan des classiques du cinéma d'horreur des années 70, période florissante pour ce genre !

Note : 7.5/10






jeudi 14 février 2013

DEW SCENTED, Thrash Core moderne à la Slayer


DEW SCENTED

Modern Thrash Metal

Carrière démarrée à la fin des années 90, Dew Scented est un groupe de Thrash moderne au style très rapide qui acquit la notoriété médiatique et publique avec deux albums : "Inwards" et "Impact"...

Les suivants furent délaissés par la critique et les fans de la première heure : ce qui est un tort !

Double grosse caisse à fond les bananes, rythmiques souvent proches voire identiques, chant ravageur hurlé ne variant pas d'un iota au fil des galettes, mur de guitares et distortions omniprésentes transcendées par un côté "Core" dansant et entraînant : voilà la recette Dew Scented !

Des morceaux (même dans les récents) s'imprègnent directement en quelques écoutes pour galoper non stop dans la tête d'un métalleux déjà conquis par une cavalcade rythmique hors du commun (il suffit d'écouter "Arise from decay" pour s'en convaincre !) et Dew Scented insuffle au métal moderne un style bien à eux, particulièrement bien trempé et plutôt assimilable avec facilité...

Vrombissant sans arrêt au fil de chaque chanson, les Dew Scented voient leur line up s'effilocher jusqu'en 2012, arrivée d'"Icarus", autre perle d'une discographie déjà talentueuse et d'une pugnacité forçant le respect...

A noter que tous leurs albums commencent par la lettre "I" ("Ill natured", "Innoscent", "Inwards", "Impact", "Issue VI", "Incinerate", "Invocation" et "Icarus"), je ne sais pas si celà est volontaire de leur part ? A quand un album qui dérogera à cette règle du "I" ?

Un groupe à recommander tout de même fortement aux fans de Slayer période Core tant ce groupe semble être la référence de Dew Scented, eu égard à des sonorités et à des plans riffesques proches du groupe d'Araya...

Sympathique et facilement headbangable, Dew Scented est de loin un des meilleurs combos de Thrash moderne d'outre Rhin, parfaitement calibré pour décrasser les cages à miel du plus exigeant des métalleux et lui apporter le groove dont il a besoin...

Avec déjà une grosse discographie pas mal fournie derrière eux, ces Allemands méritent le respect et on leur souhaite de continuer comme ça, malgré les difficultés qu'ils ont pu rencontrer (notamment les changements intempestifs de maisons de disques !)...

A suivre donc... et de très près !




 

 

 

 

KREATOR, Thrash Allemand


KREATOR

Brutal Thrash Metal

Véritables dieux du thrash germanique, au même titre que Sodom et Destruction, Kreator a sorti nombre de disques cultes durant la période 1983/1990...

Nous nous intéresserons sur la tournure entreprise après 1992 et surtout sur deux albums "Endorama" (1999) et "Phantom antichrist" (2012)...

S'il y a bien un groupe thrash "prises de risques", c'est bien le combo de Mille Petrozza !

Prenant tout le monde à contre courant et contre pied (et c'est là où la démarche devient intéressante !), avec "Endorama" les fans purs et durs sont totalement déconcertés, seuls les plus "open" restent fidèles au poste...

Une multitude de sonorités, de riffs bien balancés et un chant sussuré inhabituel pour Kreator mais toujours avec le groove les caractérisant leur donne l'accès à un métal moderne presque progressif que l'on n'est pas d'oublier  !

Avec "Violent revolution" et "Hordes of chaos" ils reprennent le chemin du thrash brutal et terminent leurs "expérimentations" nullement hasardeuses entreprises temporairement, revigorant ainsi son public "de base"...

Et là, courant 2012, une bombe est lancée !

"Phantom antichrist" atteint des sommets de prodige !

Des morceaux comme "Death to the world" ou "Civilization collapse" révèlent et relèvent la quintessence d'un groupe ne faisant plus que du thrash basique mais allant bien au delà des possibilités sonores que ce genre voulait bien lui octroyer !

Et ça bombarde dans tous les sens !

Virant au miracle, "Phantom antichrist" est LE disque thrash de l'année 2012 avec "Dark roots of the Earth" de Testament et "The electric age " d'Overkill mais il faut concéder une puissance et une grâce sur l'album des germaniques, survolant aisément toutes les conventions établies dans le genre et parvenant à les surpasser !

Kreator accède au trône fort convoité des dieux du Métal et n'est pas près d'en déloger, dérogeant à la règle des autres groupes souvent embourbés dans leur style asphyxié et ne parvenant pas à se renouveler !

Ici c'est tout le contraire, une remise en question permanente (preuve de la plus grande intelligence) et un niveau sans cesse réhaussé afin d'obtenir le meilleur du meilleur du meilleur...

Ils ont tracé leur route et on leur souhaite encore plein de disques pour nous épater !

KREATOR FOREVER !




mardi 12 février 2013

Frissons de David Cronenberg, 1975


FRISSONS

aka Shivers

de David Cronenberg

Canada

1975

Horreur particulièrement dégueulasse

avec Barbara Steele

84 minutes

Synopsis :

Canada, dans les années 70...

Un complexe immobilier où vivent des gens aisés va être le théâtre d'abominations toutes plus horribles les unes que les autres...

Un médecin pratiquant des expérimentations médicales délirantes va créer une entité hybride maladive qui va semer le trouble en se propageant à vitesse grand V chez les occupants du bâtiment...

Ces derniers devenus déchaînés violent, agressent et tuent tous ceux qui auront le malheur de se trouver sur leur passage !

Un médecin et son assistante parviennent à comprendre la situation...

Mais il est déjà trop tard  !

Mon avis :

Avec "Frissons", Cronenberg signe un des films les éprouvants et les plus dégueulasses du cinéma d'horreur contemporain : il ne recule devant rien pour asseoir son postulat et va très loin dans l'ignominie, appuyant un propos délirant par des scènes d'une glauquitude extrême, avec des décors sales et des trouvailles de très mauvais goût...

Mais Cronenberg ne s'arrête pas là et parvient à délivrer une paranoïa sur le milieu médical et sur la PEUR de la maladie !

Comme un ami qui a vu le film avant moi me l'a si bien dit : Cronenberg anticipe déjà la VIH et ses conséquences sur la population, avant tout le monde !

Le fait que la "contamination" se fasse par voie sexuelle accentue encore plus l'horreur et amplifie le malaise chez des gens qui n'ont rien demandé à personne...

Cronenberg n'hésite pas à infliger au spectateur des scènes de pédophilie particulièrement morbides, fait gicler le sang et le vomi dans des toilettes recouvertes de moquette verte, il ne faut pas avoir trop mangé avant de visionner le film sinon vous risquez la nausée voire la gerbe !

La tension est omniprésente, l'humour totalement absent et on passe une heure vingt quatre minutes très éprouvante, à se demander ce qu'il lui est passé par la tête pour avoir ne serait ce que l'IDEE de réaliser un film pareil  !

Véritablement cradingue jusqu'à la moelle, "Frissons" bénéficie d'une interprétation solide et d'un rythme suffisamment soutenu pour retenir l'attention, mais au prix du dégoût  !

Et ça finit TRES MAL ! Laissant un sentiment et un souvenir indélébile au spectateur pris dans un engrenage qui semble impossible à endiguer et qui renvoie le public à ses propres peurs, par une vision inconfortable et rude, perturbante et finalement très vicelarde...

Pour le voir il faut vraiment s'accrocher  !

ça reste tout de même un excellent métrage mais bien extrême et considéré comme OVNI pour l'époque opulente des années 70...

Ce n'est pas du tout le genre de films à visionner entre potes avec bière et pizzas, mais il faut un regard adulte pour l'analyser sinon il pourrait vous traumatiser pour l'éternité !

Crocro tu es un grand malade !

Note : 9/10







lundi 11 février 2013

Pollock d'Ed Harris, 2000


POLLOCK

d'Ed Harris

Etats Unis

2000

avec Ed Harris, Jennifer Connelly, Amy Madigan, Val Kilmer

Biographie

119 minutes

Synopsis :

Etats Unis, Nouvelle Orléans, entre 1940 et le début des années 50...

La vie du peintre Jackson Pollock est retracée minutieusement, de ses débuts dans la misère jusqu'à l'apogée de sa carrière, où son talent est finalement reconnu, et de sa plongée vers l'enfer due à son addiction pour l'alcool...

Son rapport avec les femmes, la manière très singulière avec laquelle il peint et son exil, le film dresse un portrait très réaliste, mais tout en finesse et en sachant garder du recul...

Mon avis :

Porté à bout de bras par Ed Harris et témoignage d'une sincérité passionnée, "Pollock" bénéficie d'un jeu d'acteurs très impliqué et d'une réalisation rigoureuse...

La reconstitution de cette Amérique des années 40 est parfaite et empreinte d'un grand professionnalisme aussi bien dans les décors que dans l'ambiance qui régnait à l'époque...

Véritable descente aux enfers d'un artiste lors de ses périodes troubles, l'alcool est le principal personnage du film car il est le vecteur à la fois levier d'inspiration artistique et à la fois cause d'un mal être...

Ed Harris est incroyablement habité par son rôle et se trouve dans une configuration hyper casse gueule pour un acteur traditionnel : il parvient à rendre crédible et insuffler un attachement du spectateur pour Jackson Pollock, tout en évitant la mièvrerie facile ou le sentimentalisme convenu...

Les liens tissés entre les femmes et Pollock sont principalement unilatéraux et c'est souvent ces dernières qui font le premier pas vers lui, bourru et peu loquace, et intrinsèquement enfermé dans son art, il peut laisser croire à une attitude autistique prononcée même...

L'issue dramatique du métrage conclue une vie abîmée, cabossée et ravagée à la fois par l'alcool et par le refus de la normalité et d'une existence posée...

Doté d'images superbes, presque picturales, "Pollock" est un biopic qui se suit avec le plus grand intérêt que l'on soit fans de peintures ou que l'on n'ait jamais entendu parler de ce peintre auparavant...

Remarquable à tous points de vue, "Pollock" est un film intéressant et qui aborde la retranscription de la vie d'un artiste avec éclat et attachement, desservi par une puissante habileté dans sa mise en forme...

Note : 8.5/10





dimanche 10 février 2013

ANIKI, MON FRERE de Takeshi Kitano, 2000


ANIKI, MON FRERE

aka Brother

de Takeshi Kitano

Japon/Etats Unis

2000

avec Beat Takeshi Kitano, Omar Epps

Polar Yakusa survolté

110 minutes

Synopsis :

Los Angeles, 2000...

Transfuge d'un gang japonais, un caïd de la pègre locale vient prêter main forte à son demi frère en proie à des agressions de diverses bandes mafieuses...

Très vite, il fait asseoir son autorité et n'hésite pas à employer la force afin de juguler la main mise sur divers trafics, flinguant tout ce qui bouge dans un océan d'hémoglobine...

Chicanos, Blacks y passeront !

Mais lorsqu'il s'agira de la mafia pure et dure, ça va poser problème !

Après un massacre au domicile d'un des parrains, Aniki est recherché lourdement et sa vie ne tiendra plus qu'à un fil...

Sa fratrie le soutient bec et ongles mais celà semble être trop tard...

Mon avis :

Que ce soit dans la chronique intimiste ("L'été de Kikujiro") ou dans le film onirique pur ("Dolls", "Hana-bi, feux d'artifices"), Kitano est toujours autant à l'aise, aussi bien dans la réalisation que dans le déroulement graphique de son scénario...

Ici, le Maître s'attaque au polar Yakusa, un genre déjà exploré dans "Sonatine" mais y met volontiers les coudées franches et... ça déménage !

Adoptant les codes cinématographiques américains tout en y insufflant la "Kitano's touch", le résultat dépasse toutes les espérances et "Aniki, mon frère" est un pur régal !

Se démarquant des lourdeurs de films de "Yakayo" (à la Van Damme ou à la Steven Seagal) mais s'estampillant quand même un peu dessus (sans doute un coup de  marketing pour faire vendre !), il n'en est rien : ça reste du Kitano pur et dur mais un peu plus ouvert et propice à un public lambda et pop corn...

Au final, tout le monde y trouvera son compte !

Fusillades gore léchées où le hors champ est légion (on voit les flashs des balles qui crépitent mais il est évité de montrer les impacts de balles ad nauseam -à contrario des films gunfightés de John Woo), Kitano adopte un ton pudique mais quand même suffisamment brutal pour satisfaire le public en quête de sensations fortes...

Passionné dans sa mise en scène, Kitano met en exergue la relation fraternelle et antinomique entre un Yakusa et un black des gangs de Los Angeles, et le duo tient bien la route et demeure crédible...

Ajoutez à tout celà un ton décalé, une tonicité omniprésente et une interprétation sans failles et vous obtiendrez, certes pas le meilleur film du genre, mais un moment agréable de visionnage, bien ancré dans la modernité du film policier et ayant su faire évoluer le film de yakusas dans un contexte récent et ce, avec la plus grande habileté...

A voir !

Note : 8/10





samedi 9 février 2013

PUNISHMENT PARK de Peter Watkins, 1971


PUNISHMENT PARK

de Peter Watkins

Etats Unis

1971

Docu fiction

88 minutes

Synopsis :

Etats Unis, 1971, dans un désert de Californie...

De jeunes activistes contestataires réfractaires à l'armée et au pouvoir en place (on est sous Nixon et en pleine guerre du Vietnam) sont condamnés à un double choix : soit ils purgent la totalité de leur peine de prison soit ils sont contraints de marcher plusieurs jours si eau ni nourriture jusqu'à un point précis à plusieurs centaines de kilomètres de leur point de départ !

On leur promet la vie sauve s'ils atteignent le point de ralliement, symbolisé par un drapeau américain flottant au vent...

Ils acceptent tous !

Mon avis :

Incroyable d'habileté, bluffant dans sa mise en images et implacable dans son traitement, "Punishment park" est un modèle de manipulation et en même temps un témoignage de l'absurdité des législations, condamnant pour un oui ou pour un non des jeunes gens aux idéaux bien trempés mais ne s'avérant aucunement dangereux pour la société, gangrénée par des codes sans fondement et exempts de la moindre logique humaine...

Des simulacres de procès, parodies de justice, entérinent des jugements intempestifs et les malheureux condamnés, violentés et humiliés pour pas grand chose sont rabaissés au rang d'animaux, par une police vindicative et fascisante...

Bien sur tout est bidon dans le film et les "auteurs" des "délits" sont des vrais acteurs et les flics de "faux policiers" mais là où Watkins "appuie là où ça fait mal" c'est que "Punishment park" reste totalement d'actualité même 42 ans après !

Dans les pays en guerre comme la Syrie ou les autres contrées islamistes, le bougre avait vu juste avant tout le monde avec un métrage visionnaire et pas du tout décalé avec la réalité, insufflant un impact d'une force tsunamiesque sur les conventions barbares instaurées par un establishment délirant !

Le supplice de Thantale (comment des gens -même résistants- peuvent ils survivre sans hydratation/eau et nourriture pendant quatre jours sous un soleil de plomb frisant les 40 degrés ?) et le final délirant permettent d'identifier la pantalonnade mais Watkins a gagné son pari puisqu'on  y aura crû pendant facilement une heure...

Véritable "Blair Witch project" avec 28 ans d'avance et sans le côté horrifique, "Punishment park" est une réflexion sur la répression, l'intolérance et la liberté d'expression bafouée par les tyrannies...

Profondément atypique dans sa réalisation (montage alterné le plus souvent avec plan du procès/plan du désert/plan du procès/plan du désert où végètent les "condamnés") mais témoignant d'un grand dynamisme qui arrive à tenir suffisamment le spectateur en haleine, "Punishment park" procure une sensation de malaise mais également de "prise de conscience" et restera dans les annales du docu fiction, de par sa qualité évidente et son humanisme enfoui sous l'anxiogénéité d'une politique répressive dépassée et monolithique...

Très impressionnant et à voir absolument pour comprendre les limites du cinéma face à des faits d'actualité et jusqu'où celà peut transcender et faire évoluer les mentalités...

Note : 10/10





dimanche 3 février 2013

Les ailes du désir de Wim Wenders, 1987


LES AILES DU DESIR

de Wim Wenders

Allemagne

1987

avec Bruno Ganz, Peter Falk

Essai onirique fantastique

Prix de la mise en scène Festival de Cannes en 1987

122 minutes

Synopsis :

Berlin, avant la chute du mur...

Deux anges au catogan d'une quarantaine d'années débarquent sur la ville...

Ils ont pour faculté de deviner les pensées des personnes qu'ils croisent et parviennent par conséquent à entendre tout haut ce que les autres pensent dans leur intérieur...

L'un des anges se retrouve par hasard à une répétition d'un cirque et tombe raide dingue amoureux d'une trapéziste !

Parallèlement à tout celà, un célèbre acteur anglo saxon (Peter Falk) tourne un film sur la seconde guerre mondiale en plein dans la ville germanique...

Durant ses pérégrinations, l'ange sera témoin de diverses situations, notamment un grave accident de la route...

Il aime se retrouver dans la grande bibliothèque de Berlin, qui lui permet ainsi, au gré de son humeur, d'entamer un dialogue inconscient avec les lecteurs qui peuplent l'endroit...

Il se rend à un concert de Nick Cave and the bad seeds et retrouve la belle trapéziste...

C'est de nouveau l'amour fou et une sensation de plénitude bienfaitrice qui le submerge littéralement !

Mon avis :

"Les ailes du désir" est  un film magnifique doté d'une force narrative et technique sidérante...

Les acteurs (Bruno Ganz en tête) sont impériaux et incroyables de justesse...

Le prix à Cannes en 1987 n'a pas été volé...

La caméra très fluide encaisse des plans aériens fabuleux et le spectateur se délecte par l'immersion des décors, de la mobilité dont Wenders fait sienne : c'est un travail d'orfèvre qui se suit avec régal et où chaque chose est mise là avec une précision hors normes; rien n'est laissé au hasard !

Il s'articule des liens entre le scénario, la mise en scène exemplaire, les personnages du film et les décors très bien exploités mais l'intelligence de traitement de l'ensemble sert de levier pour créer une empathie du spectateur vers cette histoire d'amour qui aurait pu paraître saugrenue si elle avait été filmée sans talent...

Bruno Ganz avec sa bonhommie flegmatique, son visage attachant et sa naïveté angélique contribue grandement à rendre majestueux son personnage et l'amour qu'il témoigne pour la jolie trapéziste est inoubliable et totalement novateur dans le style sentimental, on est à mille lieux de tous les autres films romantiques et aux antipodes des love stories mielleuses qui pullulent au septième art...

On assiste à un spectacle monumental, étudié au millimètre où le plaisir de l'image est la pièce maîtresse, le noir et blanc alternant habilement avec la couleur...

Du vrai cinéma artistique !

Wim Wenders a sorti un film à la fois fantastique, onirique, intellectuel et prenant en même temps, où l'on ne s'ennuie pas et qui a le gage de l'intérêt qu'on lui porte, magnifié par la flamboyance de sa mise en scène : en un mot GENIAL !

Tout en étant exigeant et d'une recherche graphique presque chirurgicale, "Les ailes du désir" est un métrage à voir impérativement pour acquiescer la démarche de son cinéaste et pour comprendre l'approche de l'originalité de Wenders, qui réinvente les histoires d'amour au septième art...

Note : 9.5/10