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samedi 29 novembre 2014

ABORTED, Brutal death moderne from Belgium

ABORTED
Brutal death modern from Belgium
Formé en 1995 à Waregem par Sven de Caiuwé, fondateur du groupe, leader incontesté, seul membre du début à être resté présent aujourd'hui, Aborted est un combo qui hérite de groupes comme Carcass ou Dying Fetus, avec un côté très moderne à la Mnemic, visible sur leurs dernières productions (surtout la bombe "Necrotic Manifesto" alternant plusieurs types de vocaux mais toujours aussi brutale)...
40 minutes de passages à tabac en moyenne à chaque galette et toujours cet entrain dans les compositions, toujours ce même sens de la rythmique qui dézingue, depuis "Goremageddon" en 2003, Aborted a su se faire (re)connaitre au sein de la scène death metal et ses morceaux, identifiables entre mille, restent encore de nos jours des références dans le genre...
Ne se contentant pas de resservir la même recette, Aborted a su évoluer dans sa musique et sa recherche sonique et sonore et garde toujours son esprit "underground" via des textes axés sur la mort, la guerre ou les expérimentations chirurgicales (un peu comme sur les deux premiers Carcass)...
Leur meilleur opus reste sans conteste "Global Flatline", immense succès qui rallia aussi bien les critiques metal que le public avide de brutalité musicale, une référence à plus d'un titre, à la fois groovy et bestiale où Aborted explose complètement le genre en utilisant des samples lors d'intros coups de poing qui mettent dans l'ambiance instantanément !
Ayant acquis une renommée mondiale, Aborted sort en mai 2014, son "Necrotic Manifesto" qui ravit une fois de plus les cages à miel des métalleux friands de modern brutal death et assied désormais sa prestance sur un piédestal indétrôné et indétrônable, signant le meilleur album de l'année, sorti dans une édition limitée "must have" !
Leur garantissant désormais plus aucune limites dans leur jeu (que ce soit la guitare rapide et vrombissante, la basse très présente et la batterie supersonique), Aborted déploie de nouveau ses énormes capacités de rythmique pour asséner un bombardement sonique non stop !
(Pour)suivant ses efforts au fil du temps, Aborted est devenu leader du death moderne européen et semble ne plus s'arrêter !
De véritables tueurs !
Discographie express :
1999 : the Purity of perversion
2001 : Engineering the dead
2003 : Goremageddon
2005 : the Archaic abattoir
2007 : Slaughter and apparatus
2008 : Strychnine 213
2012 : Global flatline

2014 : Necrotic Manifesto





vendredi 28 novembre 2014

Vampire lovers de Roy Ward Baker, 1970

VAMPIRE LOVERS
de Roy Ward Baker
Grande Bretagne
1970
avec Ingrid Pitt, Peter Cushing, Kate O'Mara, Ferdy Mayne, Madeline Smith, George Cole, Douglas Wilmer
Production Hammer Films
Fantastique vampirique
87 minutes
Synopsis :
La région de la Styrie, au sud de l'Autriche, proche de la frontière Slovène, au dix neuvième siècle...
Le baron Harlog, fou de rage d'avoir perdu sa soeur, tue une femme vampire qui le charmait par décapitation...
Un bal est donné dans la demeure cossue du général Von Spielsdorf, parmi les invités, la mère de la jeune Marcilla, elle doit s'absenter inopinément, apprenant qu'un de ses proches est gravement souffrant, elle confie sa fille au général qui accepte de l'héberger momentanément... Sous le nom de Carmilla, la mère simule un accident de diligence...
Marcilla quitte l'endroit où elle se trouvait et trouve refuge à la résidence Morton où vivent Emma Morton et Madame Perrodot, sa gouvernante...
Par sa beauté hypnotique, Marcilla entretient une relation saphique avec Emma, qui est victime d'horribles cauchemars où elle a la vision d'un gros chat gris qui la mord...
La personnalité de Marcilla semble se préciser et tous les habitants de la contrée sont en danger : Marcilla n'est autre que la descendante de la Comtesse Karnstein, femme vampire notoire qui a à son palmarès des dizaines de morts !
Mon avis :
Ayant eu maille à partir avec la prude censure britannique pour des dévoilements de poitrines dénudées, "Vampire lovers" est sans aucun doute l'un des Hammer films au scénario le plus fourni, tellement complexe qu'on a un peu de mal à retrouver ses petits si l'on perd son attention au visionnage...
La sublime Ingrid Pitt endosse trois rôles différents (la Comtesse Karnstein, Marcilla et Carmilla) et il faut être particulièrement attentif pour capter le déroulement de l'intrigue, riche en rebondissements et d'un érotisme inhabituel pour un film de vampires...
Quant à Peter Cushing, on le voit peu, il tient certes un second rôle mais prend toujours autant de plaisir à jouer les chasseurs de vampires, enfonçant des pieux dans les coeurs de frêles vampirettes voire les décapitant avec une vigueur et un aplomb que n'aurait pas renié le Witchfinder, revu quelques temps plus tard dans "Twins of evil", autre fleuron de la firme britannique...
Culte et excessif, "Vampire lovers" bénéficie comme toujours d'un soin tout particulier accordé aux décors et aux paysages (une forêt magnifiée par la nuit tombante, des intérieurs rupins et une crypte comme à l'accoutumée dans les films de la Hammer)...
Tout y est ! Les codifications de ce cinéma très particulier sont parfaitement respectées au mètre près, avec quelques innovations comme des séquences oniriques filmées avec des plans superposés et une musique efficace mais doté d'une partition furtive qui rappelle le score de Bernard Herrman pour le "Psychose" d'Hitchcock !
Dans l'ensemble, "Vampire lovers" est une déclinaison novatrice du genre qui commençait à s'essouffler et s'articule sur un érotisme affiché permettant de revigorer le style de la Hammer, ce qui prouve son implication bec et ongles à vouloir à tout prix se (dé)marquer comme pilier du mouvement qu'elle avait entamé à la fin des années cinquante...
Un must have, sorti en blu ray récemment, qui se savoure comme ultime témoignage d'un cinéma révolu...

Note : 9/10






jeudi 27 novembre 2014

GANDHI de Richard Attenborough, 1982

GANDHI
de Richard Attenborough
Inde/Grande Bretagne
1982
avec Ben Kingsley, John Gielgud, Martin Sheen, Candice Bergen, Roshan Seth, Trevor Howard
Fresque historique/Biopic
191 minutes
Synopsis :
Le film commence par l'assassinat de Gandhi le 30 janvier 1948, il narre avec précision l'ascension de cet homme hors du commun, de son combat pour les droits civils en Afrique du Sud à la création et l'implantation de l'ashram de Sabarmati, en passant par le massacre d'Amristar...
Il y est question de la mort de sa femme en captivité jusqu'à l'indépendance de l'Inde, le film montre bien la colonisation par les Britanniques et leur imposant diktat mais insiste également sur l'ultra tolérance dont fait preuve Gandhi, ce dernier acceptant aussi bien les croyances hindoues que musulmanes, ce qui lui vaudra diverses abnégations et difficultés pour rester crédible au sein du peuple...
La photographe Margaret Bourke White suit le périple de Gandhi, qui passera plusieurs fois par des grèves de la faim et des séjours en prison, ordonnées par le juge Broomfield....
Personnage à la fois singulier et humaniste à l'extrême, Gandhi ne trouve son salut que dans la paix et dans la sagesse de l'esprit, et fait l'objet d'un culte certain dans le monde entier, le récit se clôt comme il a débuté, et l'érigera au rang de personnage légendaire...
Mon avis :
Film fleuve, plus grosse production jamais réalisée pour l'époque, "Gandhi" frappe avant tout par les moyens colossaux déployés pour appuyer l'histoire du personnage mythique dont il dévoile et explore toutes les facettes, Ben Kingsley est fabuleux de maîtrise et rentre aisément (presque de façon innée, on croirait que le rôle est taillé pour lui !) dans la peau de son personnage...
Les séquences de foules ont dû être très difficiles à réaliser et à coordonner et le rendu est très impressionnant voire sidérant, à la fois efficient et bluffant (la scène du massacre d'Amristar où des milliers de personnes se font fusiller par l'armée britannique est, à ce titre, émouvante et prend le spectateur aux tripes !)...
La reconstitution habile des paysages et des bâtiments laisse à penser que le film a été tourné sur place tant tout parait crédible et sans la moindre fausse note...
Gageure que de dévoiler l'implication de Gandhi dans la paix de son peuple, avec un souci d'apaiser les tensions entre communautés et cet aspect fédérateur laisse place à l'insurrection afin d'affirmer les droits de ces hommes sous l'emprise des britanniques, réclamant la reconnaissance de leur dû, le film part dans une projection souvent vue dans ce type de conflit mais évite de prendre parti pour l'un ou pour l'autre, se contentant de res(t)ituer les événements avec réalisme...
"Gandhi" est un film à voir et à revoir et ne se contente pas d'être une leçon d'histoire et d'humanisme mais se suit également comme une biographie intéressante et jamais ennuyeuse (les 191 minutes passent comme une lettre à la poste) et l'incarnation des protagonistes qu'ils soient secondaires ou principaux parvient à capter l'attention d'un spectateur, captivé et impliqué dans l'histoire...
Un véritable chef d'oeuvre !

Note : 10/10






mercredi 26 novembre 2014

WORLD WAR Z de Marc Forster, 2013

WORLD WAR Z
de Marc Forster
Etats Unis
2013
avec Brad Pitt, Mireille Enos, James Badge Dale, Matthew Fox, David Morse
Fantastique
123 minutes
Synopsis :
Etats Unis, 2013...
Gerry Lane, un enquêteur des Nations Unies qui a négocié une retraite anticipée, vit avec sa femme Karen et ses deux filles...
Alors que la famille se rend en ville, une épidémie frappe la population : des irradiés s'attaquent aux habitants et les dévorent !
Pris de panique, Gerry parvient à s'extraire de cet apocalypse et trouve refuge dans un immeuble !
La pandémie s'étend au monde entier, elle est d'origine virale selon les autorités et Gerry est amené à venir collaborer avec ces dernières du fait de son pedigree...
Il doit laisser sa femme et ses enfants en sécurité sur un porte-avions et se rend à Jerusalem, en Israel, afin d'étudier les motivations de ces milliers de monstres, appelés communément des "zombies"...
Il trouvera refuge, après avoir été blessé, dans un institut situé en Nouvelle Ecosse où la moitié du bâtiment est infestée de zombies...
La gageure pour Gerry est de s'introduire dans "l'aile B" pour tenter d'expérimenter un antidote et ainsi, peut être, sauver le monde !
Tâche ardue pour lui car de surcroît il risque d'y laisser sa vie !
Mon avis :
Avec un début extrêmement spectaculaire (peut être l'entame la plus saisissante de ces cinq dernières années pour un métrage de SF américain !), "World war Z" démarre littéralement en trombe pour (dis)continuer sur un rythme moins tonique certes, mais bougrement efficace !
Brad Pitt, conscient du rôle qu'il a à endosser et du contre-emploi de ce dernier, tient une composition crédible et le film, malgré quelques ralentissements, demeure loin des trames classiques du film de zombies pour motiver un propos habile mais dénué d'anticonformisme, ce qui est parfois dommage car on aurait aimé plus de méchanceté et de moins de correction policée...
On est dans un film de zombies, quand même ! Eloigné de ses prédécesseurs italiens des années 80, "World war Z" arrive tout de même à retenir une attention chez le spectateur mais du fait de ses attributs et du potentiel scénaristique dont il est doté, le film semble "bridé" et Marc Forster n'arrive pas à se "lâcher", ce qui est regrettable avec un pitch pareil !
Il faut faire abstraction des films comme "Nightmare City" d'Umberto Lenzi ou même "Dawn of the dead" de Romero car ceux qui s'attendaient à un résultat proche des métrages précités risquent gravement d'être déçus et n'y trouveront pas leur compte...
Ceci étant, les moyens qui ont été mis à contribution sont colossaux et le risque pris par les producteurs est indéniable, le genre étant moribond depuis des lustres, ce qui est à noter comme point positif eu égard au courage de sortir un film de cette trempe !
Revisitant de façon originale le métrage de zombies, "World War Z", outre un côté politiquement correct voire un discours moralisateur (la fin est donneuse de leçons !), reste une bonne tentative dans le genre, même si aux antipodes des modèles de films de zombies auxquels le cinéma, toutes nationalités confondues, nous avait habitués et (dé)marqués...
Un film pour les cinéphiles curieux et avides de sensations fortes qui trouveront un certain plaisir à le visionner, sans trop réfléchir...

Note : 8/10





samedi 22 novembre 2014

AUX YEUX DES VIVANTS de Julien Maury et Alexandre Bustillo, 2014

AUX YEUX DES VIVANTS
de Julien Maury et Alexandre Bustillo
France
2014
avec Béatrice Dalle, Anne Marivin, Francis Renaud, Chloé Coulloud, Nicolas Giraud
produit notamment par Metaluna et Jean Pierre Putters
Slasher d'auteur(s)
90 minutes
Synopsis :
France, années 2010, la journée d'Halloween...
Suite à une violente dispute, Isaac Faucheur et sa femme Jeanne en viennent aux mains...
La jeune femme, enceinte, assène de violents coups à son époux et tente de tuer leur fils de quatre ans, lourdement handicapé...
Jeanne se plante un couteau dans le ventre et Isaac, blessé, s'enfuit avec son fils !
Quatre années plus tard, un petit village de province...
Dan, Tom et Victor, trois jeunes collégiens quittent prématurément leur classe à quelques heures de leurs vacances d'été, ils font l'école buissonnière et partent en pleine cambrousse...
De fil en aiguille, ils se retrouvent dans un endroit qui abrite des studios de cinéma désaffectés, Ils croient apercevoir un monstre à l'apparence humaine qui les intrigue !
La gendarmerie parvient à les retrouver...
De retour au bercail, tout semblerait reprendre un cours normal...
La baby sitter d'un des jeunes est décimée subitement par quelqu'un qui s'est introduit dans la maison, une longue traque s'amorce : qui en veut autant aux jeunes garçons ?
Mon avis :
Pour leur troisième film, le duo de choc Bustillo/Maury frappe très fort en déclinant les codes du slasher tout en les rénovant de façon fulgurante et peu outrancière, contrairement à ses précédents homologues qui ne reculaient en rien dans la surenchère...
Malgré un début de métrage peu crédible (genre Isaac parvient à monter les escaliers jusqu'à la chambre après les coups de batte de base ball que Béatrice Dalle lui a asséné !), on se laisse très vite prendre au jeu et la réalisation, fluide et intelligente, sauve les meubles pour insérer le spectateur dans une histoire qui tient la route, ponctuée de trouvailles (les masques de clowns, le portable qui appelle le téléphone fixe, la caméra de veille de la chambre du bébé...) et de passages cathartiques bien sentis...
Les gamins fuyards semblent être une cible idéale et Bustillo et Maury évitent les clichés pour nous les rendre attachants (mention spéciale à la direction d'acteurs, juste et efficiente), les seconds rôles sont précis et ne dévient pas des modèles slasheriens habituels (la baby sitter, le couple et leurs enfants en bas âge, la femme jouée par Béatrice Dalle, à la fois psychotique et dégénérée, symbole du délitement familial)...
"Aux yeux des vivants" se regarde un peu comme une version hexagonale de "La nuit des masques" de Carpenter et il n'est pas rare de voir des clins d'oeil à tout un pan du cinéma de genre que semblent affectionner Bustillo et Maury, réals convaincus et convaincants qui frappent et savent frapper là où il faut et au bon moment pour faire ressentir la douleur de façon viscérale (la scène du bras dans le plâtre, la tige en fer dans le dos, autant de moments d'effroi qui provoquent le choc tant attendu !)...
Le final et la toute dernière phrase justifient le titre du film et laissent un goût âpre, renvoyant "Aux yeux des vivants" dans la catégorie des ovnis que compte le septième art hexagonal, au même titre que "Frontière(s)" de Xavier Gens ou même "Martyrs" de Pascal Laugier...
A la fois universel et personnel, "Aux yeux des vivants" peut rebuter par son approche iconoclaste et bizarre mais il est indéniable que le film possède des qualités qui lui sont propres et parvient à régaler les cinéphiles les plus ouverts, friands de violence et de sensations fortes...
Au final, une grande réussite qui assène un grand coup de pied à tous les films français sortis dans la fourmilière formatée, et, de plus, une initiative très louable de la part de Metaluna et Jean Pierre Putters de revigorer un genre souvent dénigré dans le panorama actuel...
"Aux yeux des vivants" même s'il n'est pas parfait, est très courageux et se doit d'être salué dignement comme une tentative intéressante et originale...

Note : 8.5/10






samedi 15 novembre 2014

Y A T-IL UN PILOTE DANS L'AVION ? de Jerry et David Zucker et Jim Abrahams, 1980

Y'A T-IL UN PILOTE DANS L'AVION ?
de Jerry Zucker, David Zucker et Jim Abrahams
Etats Unis
1980
avec Robert Hays, Julie Hagerty, Leslie Nielsen, Lloyd Bridges, Robert Stack, Kareem Abdul Jabbar
Comédie parodique
84 minutes
Synopsis :
Aéroport de Los Angeles, 1980...
Elaine Dickinson, une jeune et très jolie hôtesse de l'air doit embarquer pour un vol à destination de Chicago, son amant, Ted Striker, avec qui elle a décidé de rompre, la suit, follement épris et se refusant à l'idée de mettre un terme à leur relation...
De fil en aiguille, Ted parvient à rentrer dans l'avion in extremis...
Une intoxication alimentaire rend malade la quasi totalité de l'équipage, notamment le pilote commandant de bord et ses deux collègues !
Le docteur Rumack, passager du vol, diagnostique une incapacité pour ses derniers de piloter !
Ted étant valide, et vu qu'il était ancien pilote lors de la guerre, se voit contraint de prendre les commandes...
Au sol, Mac Croskey, le responsable des aiguilleurs du ciel en tandem avec Rex Kramer, un pilote aguerri, guide Ted pour un atterrissage sans trop d'accrocs...
Les passagers sont angoissés et paniqués, et Ted, par ce biais, va essayer de reconquérir Elaine...
Mon avis :
Reprenant et détournant dans la joie et la bonne humeur les thématiques instaurées précédemment par des films catastrophes aériens, "Y a t-il un pilote dans l'avion ?" est une franche réussite et parvient à se hisser au panthéon des meilleurs films satiriques réalisés, avec un humour qui inspirera nombre d'artistes par la suite, comme les Nuls notamment...
Axé sur un humour tridimensionnel (parodie/visuel et sémantique), "Y a t-il un pilote dans l'avion ?" parvient à garder un rythme burlesque du début à la fin et dégage des scènes savoureuses où les zygomatiques fonctionnent à pleines turbines...
Provoquant l'hilarité dans un tourbillon de délires rarement aussi bien exploités, les acteurs comme les seconds rôles, tous impliqués dans une direction au timing implacable donnent un rendu qui fait mouche à chaque gag...
Le côté "histoire d'amour" donne prétexte à des flashbacks à mourir de rire parodiant les films à succès de l'époque ("La fièvre du samedi soir" ou le pré-genérique surfant sur "Les dents de la mer")...
De multiples trouvailles aussi cocasses que déjantées ponctuent un métrage qui part soudainement en vrille (comme l'avion) avec un comique référentiel de haut niveau (le nez qui s'allonge, le délire dans la tour de contrôle, les prosélytes Jéhova dans l'aéroport, les voix offs au micro qui s'engueulent...)...
Bref, le trio Zucker/Abrahams/Zucker tourne à fond les manettes dans l'humour frappé avec un talent certain et renouvelle ainsi le comique d'outre Atlantique, se plaçant comme héritiers de Mel Brooks avec un côté avant-gardiste jamais ridicule !
Tour à tour bluffant et jubilatoire, "Y a t-il un pilote dans l'avion" a l'immense mérite de divertir dans le rire et de provoquer un bien être indéniable après son visionnage, galvanisant le spectateur cinéphile par sa décomplexité communicative...
Un film devenu classique après toutes ces années et qui n'a rien perdu de l'engouement qu'il a pu diffuser même trente quatre ans plus tard !

Note : 9/10






mardi 11 novembre 2014

SCARLET DIVA d'Asia Argento, 2000

SCARLET DIVA
d'Asia Argento
Italie
2000
avec Asia Argento, Selen, Daria Nicolodi, Joe Coleman, Gianluca Arcopinto, Paolo Bonacelli, Jean Shepard
Chronique de moeurs
88 minutes
Synopsis :
Anna Battista est une jeune actrice qui multiplie les frasques, baignant dans le sexe, l'alcool et la drogue...
Elle rencontre Kirk Vaines, lors d'un concert à la Cigale, club parisien, et tombe immédiatement amoureuse de lui...
Ayant vécu des histoires sans lendemain, Anna place toutes ses espérances affectives dans cet homme, ce dernier devant partir au Japon...
Pressentie pour incarner le rôle de Cléopatre, Anna échappe à deux doigts de se faire violer par un producteur repoussant et désaxé sexuellement !
Les amies d'Anna, Veronica Lanza ou Quelou, semblent être détachées des motivations qu'Anna porte, elle se persuade que Kirk l'a mise enceinte et est bien décidée à garder son bébé...
Alors qu'elle retrouve un musicien du groupe de Kirk, celui ci lui annonce que Kirk est marié, qu'il a des enfants et qu'il ne veut plus la revoir !
Déboussolée, Anna quitte le club et part dans une course folle !
Mon avis :
Souffrant d'un scénario approximatif mais au final d'un rendu attachant, "Scarlet Diva" narre les pérégrinations d'une actrice qu'Asia Argento n'aurait pas reniée, puisque le film est revendiqué dès le départ semi autobiographique, faisant figure de "dédoublement" avec les avantages et travers que cela peut inclure...
Asia Argento voulait ce film, voulait le pondre, un peu comme une grossesse qui va jusqu'à son aboutissement (d'ailleurs il en est clairement question dans "Scarlet Diva") et une chose est certaine : on ne peut lui enlever sa sincérité et les tripes qu'elle a mis dans son métrage !
Se positionnant à la fois comme sex symbol et martyr quelque peu paumée dans l'establishment d'un show biz dépravé et délétère (jamais la formule consacrée "sex, drugs and rock n roll" n'aura trouvé meilleure transposition au cinéma !), Asia Argento fait dérouler les pages du livre de sa vie sous forme de plans léchés d'un esthétisme moderne et technique, pas toujours accessible...
Pour appuyer le réalisme de son propos, Asia Argento montre pratiquement TOUT, ne reculant devant aucun stratagème de voyeurisme (elle dévoile son corps, elle nous fait vivre une séance de "shoot" en direct live), ce qui intègre une plus value à la crédibilité de "Scarlet Diva", renforçant sa force et son côté "uppercut filmique", à la fois troublant et touchant...
Virevoltant et vrombissant dans un monde à la fois fantasmatique et chaotique, Anna/Asia n'aura aucun point de retour, aucune chute salvatrice, si ce n'est un gigantesque collapsing qui clôt son oeuvre/sa vie, et laisse le spectateur sur un constat d'échec avec comme seule lumière dans cette obscurité l'infime espoir de se donner une rédemption imaginaire...
D'une intelligence dans son traitement et refusant le parti pris mielleux du conformisme, "Scarlet Diva" se suit avec une puissance exacerbée et exubérante et s'avère un coup de maître pour Asia Argento, qui parvient à prouver qu'elle est tout sauf une potiche et qu'elle ne se cantonne pas seulement dans des rôles basées sur sa plastique, elle a autre chose à revendiquer et par sa réalisation, elle se sert de levier pour affirmer son talent...

Note : 7.5/10






dimanche 9 novembre 2014

Anthropophagous de Joe d'Amato, 1980

ANTHROPOPHAGOUS
de Joe d'Amato
Italie
1980
aka The Grim reaper
aka Man eater
avec Tisa Farrow, Serena Grandi, Zora Kerova, George Eastman, Saverio Vallone, Margaret Mazzantini, Mark Bodin
91 minutes
Horreur fumetti
Synopsis :
Une petite île isolée et désertique de la mer d'Egée, début des années 80...
Andy, Carole, Daniel et Maggie, une femme enceinte s'apprêtent à faire un voyage, ils rencontrent de manière fortuite Julie, une jeune femme lors d'une ascension sur un téléphérique...
Très vite, ils conviennent de rester ensemble, des amis de Julie habitant sur la même île où les jeunes gens doivent se rendre...
Surpris de ne trouver aucune personne lors de leur arrivée, ils prennent refuge dans une maison désertée...
Une nuit, ils découvrent Henriette, qui blesse accidentellement Andy !
Cachée dans un tonneau de vin, Henriette leur explique qu'un cannibale rôde dans la contrée, et qu'il a décimé une partie de la population !
De retour sur la berge, les jeunes gens découvrent que le bateau a disparu, ainsi que Maggie, qui s'était foulé la cheville...
Une lutte s'amorce jusqu'à ce que l'horrible vérité éclate au grand jour !
Mon avis :
Partant du gimmick culotté de "l'homme qui se mange lui même" (!) qui servira d'accroche au film et garant d'un immense succès suscité par la curiosité coupable des spectateurs, "Anthropophagous", outre un scénario qui tient à peu près la route, reste un monument dans le genre, déclinant effets gore nauséeux et atmosphère terrifiante !
George Eastman, de par son charisme, y est pour beaucoup dans la réussite du métrage, dont il a également écrit le scénario...
D'amato se fait plaisir et NOUS fait plaisir, le bougre se lâche, nous gratifiant de passages délirants et anxiogènes (la nuit de l'orage, la caverne du cannibale, les sous sols de la maison...) mais n'oublie jamais de prendre conscience du risque de l'impact que son film peut avoir...
Re(con)stituant une angoisse qui va crescendo, il met habilement en exergue des idées qui feront date (le miroir qui se brise, renfermant derrière lui une mini mausolée), l'exploitation de l'aura de l'archipel, comme un piège sournois qui enferme les pauvres gens ainsi que le spectateur, un microcosme glaçant et ultime où gravitent les "petites souris" avec le "chat", prédateur qui finira par les manger !
"Anthropophagous" est une gigantesque partie de cache-cache avec comme point d'orgue une issue salvatrice extrêmement gorasse, presque minimaliste !
Doté de trouvailles graphiques plus perverses et imaginatives les unes que les autres (le plan légendaire d'arrachage de foetus, fallait être fou pour oser un truc pareil !), se suivant avec attention et bénéficiant de rebondissements assez bienvenus dans son déroulement, "Anthropophagous" est un des piliers dans l'oeuvre de D'Amato et dans la continuité du cinéma gore italien, le bougre récidivant un an plus tard avec son "Rosso sangue" et allant encore plus loin dans le gore, celui ci étant un peu les prémices de son style...
Réservé à une poignée d'aficionados et pas du tout grand public, "Anthropophagous" ravira les cinéphages friands d'horreur déviante, les autres passeront leur chemin !
Le travail de BACH films sur le dvd est remarquable et les bonus avec l'immense Christophe Lemaire sont un pur régal !
Calibré pour une soirée pizza entre potes, "Anthropophagous" a le mérite de terrifier et de divertir en même temps, ce qui est louable !
Ne boudons pas notre plaisir et savourons ce film mythique !

Note : 8/10







mardi 4 novembre 2014

DRACULA de Francis Ford Coppola, 1992

DRACULA
de Francis Ford Coppola
Etats Unis
1992
avec Gary Oldman, Keanu Reeves, Anthony Hopkins, Winona Ryder, Cary Elwes, Monica Bellucci
127 minutes
Fantastique vampirique onirique
d'après Bram Stoker
Synopsis :
Vlad Dracula est un vampire redoutable, il vit dans un château isolé dans la région des Carpates en Transylvanie...
Après avoir combattu des armées turques, il prend la forme d'un homme normal et réapparaît suite à la visite de Jonathan Harker, mandaté pour lui vendre un bien immobilier...
Mina, la promise d'Harker, fait un effet fulgurant sur Vlad lorsque ce dernier voit l'amulette où la jeune femme figure en portrait...
Il décide de séquestrer Harker et part sur le continent pour retrouver Mina dans le but de la séduire, puis de l'envoûter...
Abraham Van Helsing, un chasseur de vampires expérimenté, va combattre Dracula, alors que Lucy, amie de Mina, est déjà tombée dans son piège  !
Mon avis :
Avec cette relecture du mythe de Dracula, Coppola axe une majeure partie de sa mise en scène sur le visuel et le graphique via des trouvailles très typées comme notamment des jeux d’ombres chinoises ou des plans en contre plongée sidérants d’efficience…
Même vingt années après, son film n’a rien perdu de sa superbe et s’érige au rang de classique du film fantastique vampirique…
Doté d’interprètes convaincants, « Dracula » fait la part belle à un érotisme omniprésent, que ce soit par l’arrivée des succubes concubines (le premier rôle qui révèlera Monica Bellucci au grand public) ou par la relation quasi saphique entre Mina et Lucy…
Gary Oldman, dans son diptyque de composition (le Dracula du 15ème siècle et celui 300 ans plus tard) donne le vertige et la venue d’Anthony Hopkins en Van Helsing redonne de la vitalité à une œuvre qui n’en était point exempte…
Les séquences s’enchaînent à un rythme effréné et nombre de raccourcis scénaristiques n’empêchent pas la lisibilité de l’histoire, à la trame exemplaire et ample, permettant d’amplifier à maxima le « rêve » élaboré par Coppola et offert au spectateur…
Mise en scène fastueuse comportant des effets horrifiques et des maquillages sidérants d’effroi, « Dracula » possède la double qualité de fasciner tout en révulsant, et le spectateur s’amène à se glisser dans un tournoiement onirique qui balaye tout sur son passage…
Le film de Coppola relègue toutes les autres adaptations à un niveau en deçà du sien, tant le travail, la recherche et l’ingéniosité du réalisateur forcent le respect et l’admiration…
Ce film se savoure comme un grand vin et possède une saveur et un charme capiteux et raffiné en même temps, il n'est pas rare d'être subjugué par le travail scénique et scénographique engendré par des paysages ou des climats (la neige qui tombe) époustouflants...
Prenant littéralement le contre-pied du "Nosferatu" d'Herzog en étant moins lugubre et plus lumineux voire limpide et floral, ce "Dracula" érige une pierre supplémentaire à la légende du vampire et prévaut à instaurer des personnages inoubliables, gravitant dans une oeuvre hors du commun...
Un pur bijou du cinéma fantastique des années 1990, inoubliable et à la beauté pénétrante...

Note : 10/10