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mercredi 31 octobre 2018

Le bossu de la morgue de Javier Aguirre, 1973


LE BOSSU DE LA MORGUE
de Javier Aguirre
1973
Espagne
avec Paul Naschy, Rosanna Yanni, Victor Alcazar, Maria Perschy, Maria Elena Arpon, Victor Barrera
Film d’épouvante
87 minutes
DVD édité chez Artus films
Bonus d’Alain Petit
Scénario de Paul Naschy, Javier Aguirre et Alberto S. Insua
aka El jorobado de la morgue
Synopsis :
Feldkirch, une ville d’Allemagne, au début des années soixante-dix…
Le bossu Wolfgang Gotho travaille dans les sous- sols d’une morgue, il est la cible de railleries incessantes du personnel qui se moque de lui à cause de sa bosse et de son physique…
Une jeune femme aveugle et mourante du nom de Ilse fait l’objet d’un culte amoureux de la part de Gotho, qui lui apporte des bouquets de fleurs…
Lorsqu’Ilse décède, Gotho, extrêmement malheureux, décide de kidnapper son corps et l’emmène dans des sous- sols que seul lui connaît ; le bossu n’a qu’une obsession, ramener Ilse à la vie !
Il fait appel à un docteur fou, Orla, et le conjure de ramener Ilse à la vie ; ce dernier, devant la naïveté de Gotho, accepte le deal, mais, à des fins délirantes, il demande à Gotho de lui ramener des cadavres de la morgue ou d’exhumer des corps de défunts, afin que ceux-ci « servent » à ses expériences…
Tout part en live lorsque Gotho pète un cable !
Non seulement il suit à la lettre les injonctions de Orla et lui ramène des cadavres de personnes déjà mortes, mais il va de plus, tuer tous ceux et toutes celles qu’il va rencontrer !
Et là cela devient du délire complet, Orla a créé une créature mutante, sorte de gloubiboulga avec des organes pris à droite à gauche des corps que Gotho lui ramenait !
Orla a également entreposé un bac d’acide dans son laboratoire, il s’est débarrassé des témoins gênants, Elke, une assistante de l’hôpital, Frederick Tauchner, un autre médecin qui commençait à comprendre le manège de Gotho ainsi que Frieda, une autre femme…
Après tous ces meurtres, la police est sur les dents mais l’enquête piétine !
Lorsque la créature parvient à se mouvoir, elle sort de l’antre où Orla l’avait entreposée !
Gotho veut s’interposer et cela devient un véritable bain de sang !
Mon avis :
Alors là quel film ! mais quel film ! les superlatifs manquent pour définir un film pareil ! Exhumé miraculeusement et sorti en DVD par les dieux d’Artus films, ce « Bossu de la morgue » est incroyable, complètement barré et délirant et on y découvre une facette imparable de l’immense Paul Naschy, il faut le voir pour le croire mais c’est un PUR REGAL !!!!!!
Une histoire assez basique pompée sur le mythe de Frankenstein, mais au bout d’une demie heure, tout va partir en sucette puisque Gotho va buter tout le monde, tout ce qui lui passe sous la bosse et là : ON SE FEND LA POIRE !!!!!!
C’est même plus du nanar c’est de l’irracontable !
Et ça n’arrête pas, la mise en scène est hyper dynamique, il y a  du gore, de la cuisse et du morbide, Javier Aguirre a défouraillé tout ce qui  lui tombait sous la caméra et s’est complètement lâché !
OVNI total, « Le bossu de la morgue » est à voir absolument rien que pour son générique d’entame qui dure trois plombes sur fond d’une musique à mourir de rire (merci à Alain Petit pour la référence à la « bourrée auvergnate » dans ses bonus dantesques d’une heure trente !), le père Naschy nous pond une chierie criminelle et rien n’est pardonné (les rats qui bouffent la pauvre nana et qui s’attaquent même à Naschy, ils finissent cramés –et là aucun trucage !- avec même des gros plans !), « Le bossu de la morgue » est sidérant et incroyable !
Toutes les victimes, tous les morts, on s’en bat le steack de ce qu’ils sont devenus (les deux assistants légistes au début, le client de la taverne) les plans défilent et s’accumulent sans la moindre cohérence ou logique !
Gotho se pointe dans l’appartement d’une femme, il passe par la fenêtre (alors qu’elle est facile au quatrième étage de la bâtisse !), qui, bien sûr, était restée ouverte (il est quand même 23 heures !) et le bougre la trucide alors qu’elle prenait une douche !!!!!
On est pliés de rire, « Le bossu de la morgue » est juste un anti-dépresseur, un tel niveau de délires c’est du quasi jamais vu !
Et la « créature », laissez- moi hurler de rire, on dirait un des zombies gluants dans « Le retour des morts vivants » de Dan O’ Bannon sorti douze années après !
D’ailleurs les effets spéciaux carrément gore sont très réussis, notamment les visages réalistes rongés par l’acide, sauf bémol, les séquences de démembrements dans la morgue, complètement capilotractées, là c’est de la finition à l’arrache, mais cela n’enlève rien au charme du film, bien au contraire !
Là, avec ce « Bossu de la morgue » on est en présence de lourd, de très très lourd, ça déménage !
L’édition d’Artus films est sublime avec un fourreau qui inclut un livre d’Alain Petit (que l’on retrouve dans un bonus d’heure trente, passionnant et inimitable !) sur le cinéma fantastique espagnol et là, Alain Petit explore tout de fond en comble et nous relate et retrace tous les films et les réalisateurs qui firent la gloire de ce cinéma entre 1968 et 1975, du travail d’orfèvre et un régal absolu !
Pour les cinéphiles, « Le bossu de la morgue » est devenu rapidement un film culte et pour cause, c’est totalement justifié…
UN PUR REGAL et on n’a qu’une envie une fois le DVD rangé : le ressortir pour revoir le film !
MONUMENTAL !
Note : 9.5/10













10 Cloverfield Lane de Dan Trachtenberg, 2016


10 CLOVERFIELD LANE
de Dan Trachtenberg
2016
Etats-Unis
avec Mary Elizabeth Winstead, John Goodman, John Gallagher Jr, Bradley Cooper, Suzanne Cryer
Film fantastique
103 minutes
Box- office mondial : 110 216 998 dollars
Synopsis :
Etats-Unis, Nouvelle Orléans, 2016…
On se trouve dans la suite directe du premier « Cloverfield », les créatures extra-terrestres envoyées par le monstre ont assiégé les grandes villes et c’est la panique totale, l’air s’étant pollué bactériologiquement…
Ben, le héros du premier opus essaie de joindre sans arrêt Michelle, mais celle-ci refuse de répondre, ils sont en rupture sentimentale…
Michelle roule de nuit et à vive allure, elle ne sait pas ni ne comprend ce qu’il vient de se passer…
Après un terrible accident de voiture, Michelle est percutée !
Elle se retrouve dans un abri souterrain dont le propriétaire, Howard Stambler, lui prétend qu’il voulait la « sauver » et que c’est lui qui l’a percutée en voiture…
Michelle est hagarde et décontenancée puis, petit à petit, elle fait confiance au discours d’Howard…
Un autre homme, Emmett de Witt, était un voisin de Howard, et il a eu le temps de rentrer dans l’abri…
Howard s’énerve lors du repas et Michelle et Emmett comprennent qu’ils ont affaire à un psychopathe…
Howard parle à Michelle de sa fille Megan et lui montre une photo…
Alors qu’il y a un problème d’arrivée d’air, Howard contraint Michelle à passer dans un conduit du plafond pour réactiver la manette de régénération d’aération…
Celle-ci y parvient mais voit une inscription sur une fenêtre, qui lui semble louche…
Emmett et Michelle décident de s’enfuir, ils construisent avec des moyens de fortune une combinaison avec un masque à gaz…
C’est alors que Howard comprend leur subterfuge, il sort une arme et tue Emmett !
Mon avis :
Le premier opus de « Cloverfield » était déjà une pure baffe, ici, les producteurs et les scénaristes ont choisi volontairement de faire une suite directe, mais totalement en contrepied au niveau du scénario du précédent et que dire, sinon qu’on est bluffés !
La facilité aurait été de nous servir une énième guerre humains/aliens mais JJ. Abrams opte pour un ton plus posé, plus claustrophobique et place seulement trois personnages enfermés dans un abri anti-atomique avec le danger latent représenté par l’air vicié (dû aux aliens qui se trouvent dehors !)…
Dès lors on a donc un huis clos sur 80 % du film et c’est l’occasion pour savourer de vrais numéros d’acteurs (John Goodman est prodigieux et la belle Mary Elizabeth Winstead excellente dans un rôle très difficile à jouer et carrément pas donné à tout le monde !)…
On se régale quand le film de science-fiction se mute en thriller paranoïaque et en film de serial killer, on ne reconnaît plus le « Cloverfield » qu’on connaissait ou dont on avait les souvenirs mais on assiste à du vrai cinéma d’angoisse, hyper réussi et ciselé pour nous mettre la trouille…
Tout comme Michelle et Emmett, le spectateur devient lui aussi parano et le personnage d’Howard qu’on croyait « nounours » devient le pire des psychopathes !
« 10 Cloverfield Lane » est une vraie claque et c’est hyper courageux d’avoir osé faire une suite avec autant d’éléments contredisant le cinéma de Hollywood, c’est une grande preuve d’originalité et d’intelligence et le spectateur est pris dans le film, en immersion totale, du début à l’issue !
On se fait balader jusqu’à la fin et les surprises sont nombreuses, toujours parfaitement calibrées au niveau du timing, on a jamais le temps de souffler, c’est un condensé d’angoisse, de climat étouffant et servi par des acteurs hors pair !
Un soin tout particulier a été accordé sur les décors et le film est, finalement, très rentable ; le huis clos réduisant les coûts financiers par rapport au premier « Cloverfield » et ses séquences urbaines de destruction massive qui coutaient une fortune…
Bref, « 10 Cloverfield Lane » est un métrage très habile, tout en mesure et qui ravira les cinéphiles fans de thriller éprouvant pour les nerfs ; les cinq dernières minutes nous rappellent bien que l’on est dans un film d’aliens et le générique ouvre des nouvelles portes sur ce qui pourrait être une autre suite (la bifurcation au sens propre comme au sens figuré)…
En un mot, « 10 Cloverfield Lane » est GENIAL !
A voir absolument !
Note : 9/10















vendredi 19 octobre 2018

Rencontres du troisième type de Steven Spielberg, 1977


RENCONTRES DU TROISIEME TYPE
de Steven Spielberg
1977
Etats-Unis
avec Richard Dreyfuss, Teri Garr, François Truffaut, Melinda Dillon, Cary Guffey, Bob Balaban
Science- fiction
129 minutes
aka Close encounters of the third kind
Budget : 19 400 870 dollars
Recettes mondiales au box office : 304 000 000 dollars
Musique de John Williams
Synopsis :
Une petite ville des Etats-Unis, au milieu des années soixante-dix…
Claude Lacombe, un scientifique français, effectue des recherches sur des phénomènes pour le moins troublants ; il étudie des endroits où il semblerait que des extra-terrestres soient passés…
Roy Neary doit remettre l’électricité lors d’une coupure de courant qui plonge tout le secteur dans le noir à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde…
Lors de la coupure de courant, Barry Guiler, un petit garçon, est réveillé par la sonnerie de ses jouets et un halo gigantesque fait partir l’enfant, qui se sauve dans la forêt !
Sa mère Jillian, affolée, le cherche partout…
Claude Lacombe, le scientifique français, constate que des avions de la seconde guerre mondiale sont retrouvés intacts dans un désert mexicain ; plus tard, Lacombe et ses assistants se rendent dans une province de l’Inde ; des milliers de personnes proclament des chants, ils disent que les sons leur sont venus du ciel !
Lacombe parvient à traduire les sons chantés en Inde en langage des signes…
Nul doute, il s’agit bien de l’arrivée d’extraterrestres sur notre planète !
Une image subliminale d’une montagne obsède Neary, après des recherches, les coordonnées retrouvées le conduisent à Devil’s Tower, une montagne dans le Wyoming…
Arrivé sur place, il constate qu’une base secrète a été établie par Lacombe pour communiquer avec les extra-terrestres…
Soudain, un gigantesque vaisseau lumineux se pose au milieu de la base !
Lacombe reproduit les sons sur cinq notes…
Le vaisseau lui répond à son tour !
Mon avis :
Steven Spielberg est toujours très fort dans ses films, il sait mieux que quiconque allier émotion, suspense, humanisme et action à merveille !
Ici, c’est une version « gentille » de « La guerre des mondes » (que d’ailleurs Spielberg remakera avec Tom Cruise en 2005), « Rencontres du troisième type » est une magnifique œuvre de science- fiction, dosée juste comme il faut ; le génie spielbergien éclate cinq ans avant son « E.T. » qui sera le firmament de sa carrière et une version boostée de « Rencontres du troisième type »…
La présence de l’illustre François Truffaut en scientifique français donne une plus- value au film et rend son personnage très crédible au milieu de ces habitants de l’Amérique profonde…
Les effets spéciaux, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ont bien survécu aux années (quarante ans au compteur) et le film s’en sort bien, même sans le numérique utilisé à pléthore de nos jours ; Douglas Trumbull a produit un excellent travail…
La musique de John Williams est, quant à elle, fabuleuse et on ne peut retenir ses larmes à la fin du film, elle colle à cent pour cents avec l’émotion qui se dégage des situations vécues dans le film, personne ne pourra être insensible à « Rencontres du troisième type », œuvre mythique qui sera un immense succès au box-office et qui restera dans les mémoires du tout un chacun…
Chef d’œuvre absolu, « Rencontres du troisième type » est un métrage gentil et bienveillant, qui ravira les petits comme les grands et qui fascine encore nombre de cinéphiles…
Spielberg a de nouveau pondu un coup de maitre et « Rencontres du troisième type » peut se placer directement dans le top 5 des meilleurs films de science-fiction des années soixante-dix…
Réalisé avec une grande intelligence et une interprétation rigoureuse, ce film inspirera toute une culture de la science-fiction, même des groupes de métal comme Hypocrisy qui reprend une scène du film sur la pochette de son album « The arrival »…
Fabuleux à tous les niveaux, « Rencontres du troisième type » restera à jamais une référence du genre et l’un des meilleurs films de Spielberg…
Un spectacle grandiose à visionner impérativement !
Note : 9.5/10














mardi 16 octobre 2018

The last day de Yoon Je Kyoon, 2009


THE LAST DAY
de Yoon Je Kyoon
2009
Corée du sud
avec Ha Ji Won, Seol Kyeong Gu, Lee Min Ki, Park Joong Hoon, Kyung Gu Sol
Film catastrophe/drame
120 minutes
Blu ray édité chez Wild side
Synopsis :
Ville de Haedundae en Corée, 2008…
Kang, une jeune femme, Choi Man Sik et Choi Hyeong Sik ainsi que de jeunes gens qui profitent de l’été et du soleil ne se doutent pas de ce qui va leur arriver…
Un mégatsunami est détecté par les autorités mais personne ne sait réellement quand celui-ci va s’abattre, seules les failles sous-marines lors de séismes dans les abysses permettent d’anticiper et de calculer quand le tsunami va arriver…
Lorsque le tsunami arrive, il frappe d’abord l’immense plage bourrée de plaisanciers pour tout détruire sur son passage, aussi bien un pont que des immeubles ou des infrastructures !
Un garde côtier est alors en plein sauvetage d’un bateau et une mère est coincée dans un ascenseur alors que sa fille se trouve sur le toit d’une tour…
Le film présente les destins croisés de jeunes gens qui vont tous se retrouver en plein dans le tsunami, certains survivront, d’autres décèderont, d’autres seront des héros et feront acte de bravoure…
Il semblerait que les raz de marées provoqués par le tsunami soient multiples, ne laissant aucune chance à ceux qui se trouveront au mauvais endroit et au mauvais moment…
Nous assistons en direct live à ce que vivent les victimes d’un tsunami, l’eau engorgeant les rues à une vitesse phénoménale, les carcasses de voitures et de camions s’amoncelant les unes sur les autres, très destructeur, le tsunami semble être impossible à enrayer !
Mon avis :
Bon et bien ce n’est vraiment pas fameux du tout ce film ! Et pourtant on y croyait, j’avais mis toutes mes espérances en pensant passer une super soirée, mais il faut être honnête, « The last day » est un ratage complet, déjà le tsunami arrive au bout d’une heure vingts minutes (un comble au niveau du timing !), la première heure est une succession de débilités avec des personnages à tête à claques qui passent leur temps à s’engueuler, ça devient difficilement supportable et on est consternés par autant d’ennui, sachant de plus que les moyens financiers étaient bel et bien là !
Le réalisateur n’a aucune excuse et « The last day » est catastrophique ; les clichés, les stéréotypes pullulent et on se détache rapidement de l’histoire ; l’amateurisme de la direction d’acteurs fait que l’on a aucune empathie pour ces derniers, on souhaiterait même qu’ils meurent tous tellement ils sont insupportables !
Trop de mièvrerie, des bagarres factices qui n’apportent rien à l’histoire et même une maltraitance animale ( !) un pauvre chien qui se fait balayer ! non là franchement c’est la honte du cinéma coréen, décidément ceux-ci sont plus à l’aise dans le polar, ici c’est la cata complète !
On déplore un faux raccord très visible et flagrant (lors du sauvetage en mer, deux personnes sont soulevées par le filin, un des deux saute dans la mer, donc il devrait rester une personne accrochée et bien, le plan suivant, ni filin ni rescapé ! l’hélico se barre sans personne !)…
Yoon a d’autant plus merdé son film qu’il a essayé de copier les cadors d’Hollywood comme Emmerich avec « 2012 » ou « Le jour d’après » ou les grands films catastrophes des années soixante-dix (« La tour infernale », « Tremblement de terre » et autres…), il n’y arrive pas du tout et il est évident que les Coréens n’ont ni le talent ni le niveau des américains !
D’ailleurs, la critique ne s’y est pas trompé et le film s’est fait dézinguer à sa sortie ; en fait, « The last day » part avec un handicap qu’il s’est créée lui-même avec cette première heure de parlotte insupportable, Yoon n’a pas du tout saisi la recette pour captiver le spectateur dès l’entame d’un film, il a produit exactement le contraire !
On est obligés et forcés de subir la première heure avant d’avoir le fameux tsunami qui apporte un peu d’intérêt sinon c’est un zéro pointé !
C’est à se demander si « The last day » n’est pas inhérent à la culture coréenne et si celle-ci a ou non les capacités à s’exporter ; quitte à pomper les films américains, au moins que ce soit dynamique, que l’on prenne plaisir à voir le film ; Yoon n’en a fait qu’à sa tête et n’a manifestement pensé qu’au public coréen, refusant à s’ouvrir et à s’adapter aux spectateurs des autres pays, c’est sans doute la raison pour laquelle beaucoup ne seront pas réceptifs à « The last day », cloisonné par une puérilité déconcertante accentuée par une musique guimauve qui plombe l’ambiance !
« 2012 » d’Emmerich n’était pas un chef d’œuvre mais au moins on ne s’ennuyait pas ; « The last day » est un sous « 2012 » mixé à un sous « Derrick » au niveau du rythme avec une intelligence dans les dialogues qui ferait passer les films de Max Pecas pour du Kurosawa…
Même en n’ayant rien à se mettre sous la dent, « The last day » est une purge totale à fuir comme la peste et Yoon ne fait pas honneur au cinéma coréen !
Pour découvrir le style de ce cinéma,  voyez plutôt « I saw the devil » dans un genre différent mais qui reste un pur chef d’œuvre et par pitié, oubliez « The last day » !
Note : 3/10














dimanche 7 octobre 2018

La mouche de David Cronenberg, 1986


LA MOUCHE
de David Cronenberg
1986
Etats-Unis/Grande-Bretagne/Canada
avec Jeff Goldblum, Geena David, John Getz, Joy Boushel, David Cronenberg
Fantastique
96 minutes
aka The fly
Musique de Howard Shore
Budget : 15 000 000 dollars
Recettes mondiales au box-office : 60 629 000 dollars
Synopsis :
Toronto, Canada, milieu des années quatre-vingts…
Seth Brundle est un scientifique farfelu qui expérimente des théories sur la téléportation, il veut révolutionner la science moderne et est parvenu à mettre en pratique ce mécanisme, il a créé des cabines appelées « télépods »…
Un jour, il rencontre Veronica Quaife, une très belle femme journaliste, de fil en aiguille, il l’emmène chez lui et, après lui avoir exposé ses théories, il tente une téléportation avec un babouin, celle-ci échoue…
Il réessaye quelques jours après, toujours en présence de Véronica, et cette fois-ci la téléportation réussit !
Brundle essaie de convaincre Véronica d’en faire de même, celle-ci refuse ; Véronica alerte Stathis Borans, son rédacteur en chef, qui ne la prend pas au sérieux et pense que Brundle est un magicien ou un charlatan…
C’est alors que Brundle décide d’appliquer sur lui-même la téléportation mais il oublie un détail, lorsque le télépod s’ouvre, une mouche rentre dedans et la porte se referme…
Brundle, alors téléporté, a été pris en fusion avec la mouche !
Lorsque Véronica retrouve Brundle, elle constate des changements, celui-ci prend énormément de sucre, est doté d’une force phénoménale et d’une endurance sexuelle à toute épreuve…
Bientôt cette découverte va devenir un cauchemar lorsque Seth comprend tout en interrogeant son ordinateur…
Véronica apprend, de plus, qu’elle est enceinte d’un enfant fécondé avec Brundle…
Borans veut la convaincre d’avorter !
Alors que Veronica est dans la salle d’attente avant l’IVG, Brundle, muté, la kidnappe !
Mon avis :
Adapté librement d’un film des années cinquante, « La mouche » version Cronenberg, c’est du très lourd !
D’abord il y a cette atmosphère propre aux films de Cronenberg, basée sur le côté organique, ici il excelle littéralement, « La mouche » est un concentré de toutes ses obsessions ; il dirige ses comédiens à merveille et tout est joué à la perfection (Jeff Goldblum tient ici le rôle de sa carrière !), il y a en fait TROIS personnages : Brundle, Veronica et le rédacteur en chef, le reste importe peu !
Tout est linéaire, l’horreur approche crescendo, le spectateur est baladé entre effroi et émerveillement et le final est monumental (on pleure même !), Cronenberg s’est surpassé dans ce film magistral et incroyable !
Rarement un cinéaste n’est allé aussi loin pour conter une histoire fantastique avec autant de rigueur dans la mise en scène, « La mouche » demeure un film indélébile dans le paysage des films fantastiques des années quatre-vingts, Cronenberg signe ici un de ses meilleurs films…
Il fait un clin d’œil en apparaissant en gynécologue dans une séquence onirique vraiment effroyable ; Cronenberg n’oublie pas de nous rappeler qu’ici on est dans un film d’horreur, le passage du kidnapping fait sursauter et le final contentera tous les goreux, les effets spéciaux signés Chris Walas sont carrément dégueux !
Hyper méthodique dans son déroulement scénaristique, « La mouche » est un modèle d’exemplarité pour un film fantastique, le spectateur est instantanément captivé et l’attention qu’il a pour le film ne faillit jamais, on est pris dans l’histoire de la première à la dernière seconde…
Je ne vois pas ce que l’on pourrait dire de plus sur ce film, sinon qu’il se savoure totalement, tout est parfait, tout excelle, Cronenberg a produit un coup de maitre dans « La mouche »…
Il a réussi à allier intensité, émotion, peur, dégoût et bouleversements avec un brio indéniable…
Certains plans séquences ramènent à des mythes du cinéma fantastique (on pense à « La belle et la bête » avec l’image de la belle Veronica qui prend Brundle dans ses bras alors qu’il commence à se décomposer, il fallait oser !), on pense à un gore chirurgical proche de celui de « Shivers », autre film de Cronenberg, avec le cauchemar terrible de Veronica se voyant accoucher d’un monstre !
Non là sincèrement tout est réussi dans ce film, c’est un pur chef d’œuvre et Cronenberg nous assène une pure claque dans la tronche !
Et trente- deux ans après, « La mouche » n’a pas pris une seule ride, c’est du travail d’orfèvre !
Exceptionnel à tous les niveaux, « La mouche » est un témoignage imparable du cinéma fantastique des années quatre-vingts à avoir vu et revu impérativement, on ne frôle pas, on atteint la perfection absolue avec ce film !
Note : 10/10












Les Doors d'Oliver Stone, 1991


LES DOORS
d’Oliver Stone
1991
Etats-Unis
avec Val Kilmer, Kyle Mac Lachlan, Meg Ryan, Kathleen Quinlan, Michael Madsen, Billy Idol, Mimi Rogers, John Densmore, Kevin Dillon, Jennifer Tilly
Biopic musical
140 minutes
aka The Doors
DVD édité chez Studiocanal
Budget : 38 000 000 dollars
Synopsis :
1965, Etats unis…
Jim Morrison est étudiant, ses travaux artistiques sont pour le moins controversés ; avec des amis, ils choisissent de former un groupe de rock, il y a Ray Manzarek, John Densmore et Robby Krieger, les jeunes gens décident d’appeler leur groupe « Les doors », portes en rapport avec les portes qui doivent s’ouvrir au-delà de la perception…
Jim Morrison rencontre Pamela Courson et en tombe follement amoureux, elle deviendra sa muse et son épouse…
Avec Ray Manzarek et les autres, Jim Morrison donnent des mini-concerts dans des pubs, puis un producteur les remarque ; c’est le début de la gloire ; par son charisme et son atypisme, Morrison déroute le public et les jeunes filles sont folles de lui, dans ses concerts c’est l’hystérie totale !
S’auto-surnommant le « Roi Lézard », Morrison expérimente des tas de drogues et de substances hallucinogènes, il veut convaincre les autres membres du groupe ainsi que Pamela de « carburer » à ces drogues pour trouver l’inspiration, pour ce faire, les jeunes gens sillonnent la vallée de la mort, un endroit désertique…
Morrison a une aventure avec Patricia Kennealy, une journaliste ; lors de ses concerts et après avoir acquis une notoriété importante, Jim Morrison se permet des extravagances qui lui couteront cher !
Morrison est accusé d’attentat à la pudeur et d’exhibitionnisme ; de plus le jour de Thanks giving, un méga clash a lieu entre lui et Pamela !
Morrison décèdera à l’âge de vingt- sept ans, dans sa baignoire…
Il aura laissé une grande empreinte dans l’histoire du rock mondial et deviendra l’objet d’un culte absolu…
Le film se clôt sur la vision de sa tombe au cimetière du Père Lachaise, recouverte d’inscriptions laissées par ses nombreux fans ; il ne fait nul doute que Jim Morrison est devenu une légende…
Mon avis :
Oliver Stone est un très bon réalisateur, il excelle dans les biopics et nous l’a déjà prouvé par le passé, notamment avec « JFK » ; ici, il s’attaque à un mythe du rock américain, Jim Morrison et son groupe « Les doors », soyons nets, malgré certaines libertés prises volontairement par Stone, son film est une immense réussite…
Stone donne un aspect touchant à Jim Morrison et Val Kilmer tient sans doute un des meilleurs rôles de sa carrière ; les autres comédiens sont tous crédibles et les femmes ont une présence très importante dans le film (énormément de scènes de sexe), les passages de concerts, que ce soit dans des pubs ou dans des grandes salles sont réalistes et savamment orchestrés...
Stone nous raconte l’histoire de Morrison, un génie illuminé fasciné par le chamanisme et puisant son inspiration dans la drogue et l’alcool à outrance…
Stone ne souhaite pas choquer le spectateur, il ne met pas l’accent sur la grandiloquence malgré le côté excentrique de Morrison, il s’attarde plus sur l’aspect mystique de ce personnage et sur la beauté de ses chansons et ses hymnes (Stone calibre son film par des morceaux musicaux parfaitement calés dans les scènes)…
En symbiose totale avec sa musique et ses créations, Jim Morrison/Val Kilmer donne un nouveau souffle au rock ; au début incompris, il deviendra rapidement une icône du rock et Oliver Stone l’a bien compris, il met en exergue l’aspect génial de Morrison et les nombreux fans des Doors saluèrent dans ce film un témoignage qui leur parlait et leur parle encore aujourd’hui (malgré vingt- sept années au compteur et de par sa modernité, le film n’a pas vieilli)…
La musique des Doors est moderne et avant-gardiste, elle a bien traversé les années et, en plein avènement du flower power et de Woodstock, on peut dire que Morrison tombait pile au bon moment…
Biopic fabuleux, « Les doors » est un des films les plus aboutis d’Oliver Stone et son côté déjanté préfigure bientôt l’explosion de Stone dans « Tueurs nés », tourné trois ans plus tard…
Il prouve une nouvelle fois qu’il est un grand metteur en scène et que l’on peut compter sur lui…
Que ce soit les fans invétérés des Doors ou un public plus large, tout le monde y trouvera son compte, « Les doors » est une œuvre majestueuse, belle et insensée, exactement à l’image de Jim Morrison !
Un must have !
Note : 9/10