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dimanche 21 juin 2015

Rampage, sniper en liberté d'Uwe Boll, 2009

RAMPAGE, SNIPER EN LIBERTE
d'Uwe Boll
Canada/Allemagne
2009
avec Michael Paré, Brendan Fletcher, Shaun Sipos, Michaela Mann, Matt Frewer
Action/chronique de moeurs
85 minutes
sorti directement en DVD
Synopsis :
Tenderville, années 2010...
Bill Williamson, 23 ans, vit encore chez ses parents, au domicile familial, il ne trouve pas de réel travail et végète au sein de la ville, il rend souvent visite à son ami Evan, jeune homme du même âge que lui...
Bill est révolté contre la société et les codes de l'establishment, il provoque une altercation dans un café et terrorise le gérant...
Adepte de l'autodéfense, il commande un arsenal d'armes à feu par internet et, pour ne pas attirer les soupçons, les fait livrer chez Evan...
Jusqu'au jour où Bill pète un plomb et où, lourdement armé, il pénètre au petit matin dans le centre ville et tire sur tout ce qui bouge...
Commerçants, passants, policiers à ses trousses, tout le monde va y passer, Bill fait un vrai carnage urbain !
Mon avis :
A la fois film de gunfights et chronique sociale, le moins que l'on puisse dire avec ce "Rampage, sniper en liberté" c'est qu'Uwe Boll ne s'embarrasse pas de détails ou de fioritures, il décline son scénario en segmentant son film en trois parties d'une demie heure chacune : la première avec une présentation des personnages, la deuxième avec la fusillade et la dernière avec les séquences post fusillade et l'épilogue...
Le comédien principal n'a pas trop le physique de l'emploi, frêle, petit et véritable "Tanguy" vivant encore chez papa et maman, incapable de se bouger et de s'intégrer dans la société, société qu'il renie et qui le dégoûte (Bill est un anticapitaliste convaincu)...
Uwe Boll insiste dans son propos en appuyant là où ça fait mal et nous délivre des plans qui feront dates lors de la fusillade, on pense beaucoup à "Tueurs nés" d'Oliver Stone, Boll opte pour un rendu caméra à l'épaule, renforçant le côté hard boiled de l'ensemble...
Les parents du jeune homme semblent complètement à côté de la plaque et leur côté nunuche ferait presque passer "Rampage, sniper en liberté" pour un nanar à visionner au second degré, mais Boll, par l'efficience de sa réalisation, parvient à rehausser les fondations d'un scénar basique pour faire exploser la violence furieuse lors des vingt minutes de fusillade, à la fois tétanisantes et tonifiantes (le passage du loto, le salon de coiffure...).
Il est bien question ici d'une critique acerbe de la société de consommation, elle fait partie intégrante des motivations du tueur qui ira même jusqu'à brûler des billets de banque, comme si l'argent, nerf de tout, n'était plus rien pour lui, en totale perte de repères (le jeu de l'acteur principal est convaincant)...
Grâce à une réalisation carrée et hyper directe, Uwe Boll parvient à insuffler un malaise omniprésent et perceptible dès le début jusqu'au catharsis de la fusillade, pas forcément libératrice tant la pathologie du tueur semble immense et son but sans la moindre issue...
Actioner dramatique, "Rampage, sniper en liberté" régalera les amateurs de gunfights et de violence, par sa rudesse il est néanmoins déconseillé aux plus sensibles d'entre vous...
Note : 7/10







samedi 20 juin 2015

Le défi de Robin des Bois de Pennington Richards, 1967

LE DEFI DE ROBIN DES BOIS
de Pennington Richards
Grande Bretagne
1967
avec Barrie Ingham, Gay Hamilton, James Hayter, John Arnatt, Peter Blythe
aka A challenge for Robin Hood
96 minutes
Aventures
Produit par Hammer films
Synopsis :
Une contrée de Grande Bretagne, du temps des chevaliers…
Le normand Sir John de Courtenay décède suite à un malaise, il nomme ses héritiers oralement juste avant de mourir…
Ses deux fils Henry et Roger et son neveu Robin seront les bénéficiaires mais Roger ne l’entend pas ainsi et brûle le papier rédigé par le scribe…
Puis, fou de rage, il tue Henry avec la dague dérobée à Robin, voulant le faire passer pour le meurtrier…
Frère Tuck, un fidèle moine, caché dans la chambre a tout vu et avertit tout de suite Robin…
Celui-ci, recherché par les gardes du château, se réfugie dans la forêt de Sherwood avec frère Tuck…
Ils rencontrent des hors la loi saxons, ainsi que Lady Marian Fitzwarren et son jeune frère…
Robin, par son habileté à l’arc et au combat est nommé chef de la bande…
Alors que Sir Roger cherche par tous les moyens à le retrouver, Robin se déguise en chevalier masqué et participe à une fête organisée par les pontes du royaume…
Les saxons parviennent à pénétrer dans le château Courtenay, une gigantesque bagarre éclate !
Robin parviendra t-il à venger la mort de son oncle et à faire payer son cousin de ses crimes ?
Mon avis :
Alors qu’elle se spécialisait dans les films fantastiques, pondant des classiques du genre, il est à noter que la Hammer a également produit des films « hors » fantastique et avec un certain brio, « Le défi de Robin des Bois » en est le parfait exemple, gardant la verve, le talent et l’application de ses prédécesseurs, la Hammer toujours soucieuse d’apporter un soin tout particulier à ses productions…
« Le défi de Robin des Bois » est donc une grande réussite, dominée par une action omniprésente et un rythme enjoué qui ne faillit à aucun moment, grâce à la richesse de son histoire et une interprétation convaincante de la part des comédiens…
Tout le monde semble s’amuser et le spectateur en fait de même, prenant part aux pérégrinations et péripéties d’un héros affichant un côté épique au capital sympathie inoxydable…
Les antagonismes sont manichéens au maximum et la réalisation habile joue avec ce postulat, où les personnalités sont vite trempées et intégrées par le spectateur dès le début du métrage (la vénalité du fils et la bonté du neveu apparaissent clairement, on identifie instantanément qui sera le bon et qui sera le méchant)…
Comme à l’accoutumée dans les films de la Hammer, une grande part de décors naturels est mise en valeur et c’est toujours un régal d’apprécier les forêts, le château ou ses douves dans des séquences magiques et envoûtantes, magnifiées par une photographie de très grande qualité…
Frère Tuck, le « poltron » de service est remarquable dans son rôle et le charme de la belle Gay Hamilton opère facilement même s’il est prévisible qu’elle ait une liaison avec Robin, incarné par un Barrie Ingham athlétique et en grande forme…
« Le défi de Robin des Bois » est un film linéaire qui se suit agréablement et sans accrocs, il est un témoignage sympathique de ce qui se faisait de mieux dans le cinéma britannique des années 60 et garde une fraîcheur intacte même pratiquement après un demi-siècle…
A conseiller vivement aux cinéphiles fans de films d’aventures et sensibles à une photographie travaillée (le DVD de Seven 7 est plutôt honorable et de bonne qualité)…

Note : 7.5/10





jeudi 18 juin 2015

Big racket d'Enzo G. Castellari, 1976

BIG RACKET
d’Enzo G. Castellari
Italie
1976
Avec Fabio Testi, Vincent Gardenia, Renzo Palmer, Orso Maria Guerrini, Glauco Onorato, Marcella Michelangeli, Romano Puppo, Antonio Marsina
Polizzoteschi ultra brutal
100 minutes
Edité chez Artus films
Synopsis :
Italie, années 70…
La pègre règne sur la ville impunément semant la terreur auprès des nombreux commerçants en les rackettant de façon violente…
Nicola Palmieri, surnommé Nico, est un inspecteur de police aux méthodes musclées et expéditives qui essaie de démanteler coûte que coûte le réseau mafieux dirigé par Rudy le marseillais, il est aidé dans sa tâche par Pepe, son bras droit…
Mazzarelli, le tenancier d’une discothèque, est tabassé un soir alors que la jeune Stefania, la fille d’un restaurateur, est kidnappée par Marcy, la brune du gang qui a revêtu la tenue d’une nonne…
Lorsque Stefania, à peine sortie de l’adolescence, est violée lors d’une tournante et se suicide dans la foulée après le choc, son père abat deux malfrats de la bande du marseillais…
Nico fait sortir de prison quelques commerçants injustement incarcérés, et s’allie avec un champion de ball-trap rencontré fortuitement lors d’une fusillade sur une voie ferrée qui coûtera la vie à Pepe…
Regroupés et surarmés (grenades, fusils à pompe, revolvers à balles explosives), les hommes de l’équipe de Nico sont bien décidés à liquider toute la clique de gangsters…
Après avoir suivi la brune Marcy, ils attendent l’aube pour frapper fort dans une usine qui sert de repère au clan de Rudy !
Mon avis :
Fleuron du genre, « Big racket » met en exergue des salopards de la pire espèce qui terrorisent des commerçants et une police quasi impuissante à enrayer les forfaits ultra violents de cette pègre sans scrupules et sans foi ni loi qui souille, vandalise, tue et viole sans avoir la moindre peur d’être arrêtée…
Castellari, honnête artisan, met les coudées franches dans une barbarie presque pornographique (le viol de l’ado d’une douzaine d’années, la nudité souillée avec le gangster qui urine sur le corps de sa victime avant de l’incendier) mais exploite aussi des trouvailles bienvenues (le passage de la voiture qui tombe de la falaise, filmé de l’intérieur, impressionnant !)…
Fabio Testi est vraiment à l’aise et dégage un charisme fort dans son personnage, les seconds rôles sont parfaitement à leurs places (mention au restaurateur devenu fou après le suicide de sa pauvre et frêle fillette) et l’histoire est calibrée à merveille pour servir cette violence surréelle avec, pour une fois, un scénario fouillé et loin des productions basiques de ses prédécesseurs…
« La guerre des gangs » de Fulci à côté c’est de la pisse de chat, Castellari voit très haut dans l’ultrabrutalité poussant même son film dans l’horreur, parfois (la séquence du lynchage, la tournante sordide) et fait dans le politiquement incorrect en  assumant totalement l’outrance et l’excessif (Marcy déguisée en nonne lors du rapt, des dialogues atroces de sexisme, une atmosphère putassière qui se décline à maxima)…
Bourrinant comme un dingue, Castellari avec « Big racket » peut même rebuter ou coller la nausée au moins aguerri des spectateurs et pille avec talent le cinéma d’outre Atlantique avec des métrages comme « Un justicier dans la ville » ou « Dirty Harry » en y apposant un côté latin qui tranche dans le lard avec vigueur et dynamisme…
Le scénario tient la route, les fusillades sont efficaces (la scène de la gare est anthologique) et l’interprétation convaincante, tous les ingrédients sont réunis pour faire de « Big racket » un film de qualité, qui ne souffre à aucun moment d’un manque de rythme…
A déconseiller au public féminin, les autres adeptes de cinéma burné et testostérone y trouveront aisément leur compte !
Excellent boulot d’Artus films pour l’édition DVD.

Note : 9/10





mercredi 17 juin 2015

X TRO d'Harry Bromley Davenport, 1983

X TRO
d'Harry Bromley Davenport
Grande Bretagne
1983
avec Maryam d'Abo, Bernice Stegers, Philip Sayer, Simon Nash, Anna Wing
Fantastique
83 minutes
Synopsis :
Un petit village bucolique de Grande Bretagne, début des années 80....
Alors qu'il est dans le jardin de sa maison, Sam Philip, père du jeune Tony, joue avec son fils lorsque la lumière disparaît brusquement pour laisser apparaître un vaisseau extraterrestre qui emporte Sam...
Impossible de retrouver sa moindre trace jusqu'à un événement incroyable qui se produit trois années plus tard, un alien débarque dans la lande, s'introduit chez une jeune femme pour la violer et lui faire accoucher... Sam !
Analise Mercier, la baby sitter de Tony et Rachel, sa mère, trouve le comportement du jeune garçon bizarre et anormal...
Sam réapparaît fugacement et inculque des pouvoirs surnaturels à son fils, ce dernier pouvant contrôler à distance des objets qui lui serviront à accomplir des meurtres sanglants...
Bientôt les occupants de l'immeuble où vit Tony sont décimés ou en proie à l'être...
Quelle sera l'issue de ce cauchemar ?
Mon avis :
Tentative extrêmement originale bien ancrée dans le style british, alors peu loquace au niveau du cinéma fantastique ou d'horreur (si ce n'est avec les productions de la Hammer, mais ici rien à voir avec la firme légendaire), "X tro" se veut avant tout une déclinaison inversée du "E.T." de Spielberg avec des plans volés au "The thing" de Carpenter...
"X tro" est un film efficace qui pousse très loin dans l'horreur et le gore avec des séquences dégueulasses (l'accouchement du mutant, la bidoche mutilée) et un scénario de départ malin et qui parvient à tenir en haleine jusqu'à l'issue...
Assez malveillant, on peut même dire pervers, Harry Bromley Davenport ne s'encombre pas de ménagement vis à vis du spectateur qui assiste, médusé, à un festival de scènes déviantes avec des plans racoleurs (la sublime Maryam D'Abo, future James Bond girl quatre ans plus tard, apparaît très vite dénudée sous toutes les coutures ; la mère copule à tire larigots avec l'arrivée du fils dans la chambre !), Davenport n'y est pas allé avec le dos de la cuillère...
Une utilisation délirante de personnages connexes (que vient faire le clown nain ?, le serpent dans la salade, il fallait oser) sert de levier pour rabibocher les scènes d'horreur et alimenter le scénario déjà fort bien rodé, le  rendu étant suffisamment efficient pour rendre le spectateur inquiet ou apeuré...
Avec peu de moyens financiers (la New line ne lui a pas accordé de crédits mirifiques), Bromley Davenport a du se débrouiller avec les moyens du bord et dans l'ensemble il a réussi à fignoler un film SF bien troussé qui allait lui rapporter plus que la mise engagée, "X tro" remportant des prix à différents festivals où il fut projeté...
Petit classique pour l'époque, "X tro" demeure sympathique et a bien passé le fil des années, on peut dire qu'il n'a pas pris une ride, grâce à son dynamisme et son habileté à retenir l'attention de n'importe quel fantasticophile, même le plus exigeant...
Un film qui s'apprécie avec le temps, c'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleurs plats, et bien ici l'adage est totalement vérifié !
Note : 9/10






L'étrange couleur des larmes de ton corps de Bruno Forzani et Hélène Cattet, 2013

L'ETRANGE COULEUR DES LARMES DE TON CORPS
de Bruno Forzani et Hélène Cattet
France/Belgique/Luxembourg
2013
avec Klaus Tange, Jean Michel Vovk, Ursula Bedena, Sam Louwyck, Anna d'Annunzio
Giallo bipolaire
102 minutes
Synopsis :
Bénélux, dans les années 2010...
Un homme riche d'une quarantaine d'années travaille dans la téléphonie, après un voyage en avion, il réintègre son logis, un somptueux appartement...
Après l'avoir appelée à maintes reprises, il se rend compte qu'Edwige, sa femme, a totalement disparu !
D'abord dépité et décontenancé, l'homme fait appel à un inspecteur de police qui s'avèrera inefficace... Prenant les choses à bras le corps, il décide de poursuivre son enquête tout seul...
Une chambre située au septième étage serait le théâtre de rituels sexosataniques d'où sortent des cris stridents...
Une mystérieuse femme vêtue d'une jupe courte et de bottes en cuir intrigue le protagoniste qui, pris de pulsions, la suit pour la retrouver sur le toit du bâtiment, en pleine nuit, totalement nue !
Alternant cauchemars et réalité, l'homme se perd dans des situations obsessionnelles jusqu'à ce qu'il ait une révélation glaçante et capitale : tous les logements communiquent entre eux par de faux murs !
Pris au piège, il devra lutter pour sauvegarder sa vie, pris dans des flashs internes à son enfance, névrotique et paranoîaque, la seule issue qui semble lui être réservé sera sa mort, par le biais d'atroces souffrances !
Mon avis :
Bénéficiant d'une technique graphique irréprochable, "L'étrange couleur des larmes de ton corps" (quel titre !) pâtit d'une opacité scénaristique qui fait qu'au premier visionnage, le spectateur peut être décontenancé, le film nécessite donc plusieurs vues afin de pouvoir en capter la densité très fouillée d'une histoire très riche....
La forme est au top, quant au fond il reste très lourd, le giallo et ses codes étant poussés à maxima, avec de multiples références aux films du genre ("Profondo rosso" pour le passage des murs abattus, "Suspiria" pour la symétrie redondante, "Tenebrae" pour l'érotisme des corps sublimes dénudés)....
Tentative osée et courageuse, "L'étrange couleur des larmes de ton corps" est un métrage très méritant qui obtiendra l'approbation des cinéphiles les plus ouverts mais qui risque de rebuter les autres par un hermétisme dû aux limites de sa mise en images, on est clairement dans un pur film d'auteur, loin des productions grand public, il faut donc s'armer de la plus grande tolérance pour apprécier ce brillant exercice de style, stylisé à l'extrême...
Utilisant la magie et l'alchimie (comme dans "Inferno"), "L'étrange couleur des larmes de ton corps" pousse très très loin dans la recherche graphique, magnifiée et magnifiant des plans très recherchés et utilisant des trouvailles très novatrices que peu de réalisateurs avaient mis en forme auparavant (on pense à "Peeping Tom" pour le découpage des images ou à des films de Lynch ou De Palma)...
Bruno Forzani et Hélène Cattet arrivent à captiver et envoûter le spectateur en créant une atmosphère morbide et sensuelle en même temps, doublée d'une mise en scène exemplaire et dotée de qualités picturales qui feront date, explorant et explosant le genre du giallo avec une intelligence et un sens du baroque inouï !
Héritier de films comme "Suspiria" ou "Je suis vivant", "L'étrange couleur des larmes de ton corps" ravira les fans de giallos bipolaires avec une touche moderne dans le découpage des plans qui lui permet d'accéder aux sommets du genre...
Il faut juste se préparer à "affronter" ce film monstre, révolutionnaire qui, n'en doutons pas, restera la pierre angulaire d'un genre décédé depuis bien longtemps mais que Forzani et Cattet ont trouvé la force de réanimer....
"L'étrange couleur des larmes de ton corps" est une oeuvre totalement à part qui se bonifiera avec le temps et qui brille comme un soleil dans les ténèbres d'un style auquel il rend un singulier hommage, tout en en reprenant les codifications réadaptées au monde d'aujourd'hui...
Un joyau.

Note : 10/10







dimanche 14 juin 2015

CYBORG d'Albert Pyun, 1989

CYBORG
d’Albert Pyun
Etats-Unis
1989
Avec Jean Claude Van Damme, Dayle Haddon, Vincent Klyn, Deborah Richter, Ralf Moeller
Science fiction/action
82 minutes
Produit par Cannon films
Budget : 500 000 dollars
Synopsis :
Etats Unis, dans un futur post-apocalyptique…
La peste ravage la quasi-totalité du pays et Pearl Prophet, une femme cyborg mi machine mi humaine détient des informations codifiées précieuses pour endiguer le fléau, elle doit impérativement se rendre dans la ville d’Atlanta…
Le hic, c’est que le chef d’une horde de barbares, Fender Tremolo, contrôle tous les moindres mouvements de la population rescapée et annihile tous ceux qui contrent ses funestes desseins, l’homme voulant garder le secret de l’antidote pour servir son autorité et son règne absolu…
Gibson Rickenbacker, un guerrier qui fut aussi victime de Fender par le passé, se met en travers de sa route et use de ses qualités de combattant, notamment son aisance dans les arts martiaux, pour le stopper…
Fender parvient à le capturer et le laisse pour mort, crucifié à une poutre, en plein soleil…
Gibson, sonné, parvient à s’en sortir et il jure d’avoir la peau de Fender, dans un même temps, Pearl a pris contact avec Atlanta et est sur le point d’éradiquer la peste sur le territoire…
Une course contre la montre est désormais amorcée !
Mon avis :
Tourné en 24 jours, « Cyborg » intervient en pleine période faste pour Van damme, glorifié par ses précédents métrages et la Cannon voulant profiter de ce levier pour faire un maximum d’argent choisit la facilité, le film ne reposant uniquement que sur les combats du kickboxer belge au détriment du scénario, lui, inexistant et piquant à droite à gauche sur d’autres thématiques de films comme « Mad max 2 », « 2019 après la chute de New York » ou le premier « Terminator », la peste étant le danger principal…
D’un rythme pesant, « Cyborg » accumule les séquences répétitives (Fender baisse ses lunettes noires au moins dix fois pour bien montrer au spectateur qu’il a les yeux bleu, les flashbacks sont incessants, la scène de nudité est parfaitement inutile et non avenue), Pyun, pourtant ancien assistant de Kurosawa (on peine à le croire), se perd dans un vulgaire film de commande aux objectifs purement lucratifs et à l’âme absente…
Restent quelques éléments sympathiques et des trouvailles de bonne augure au niveau du sadisme employé par les belligérants comme l’atroce scène du puits ou le manque de pitié dont fait preuve Fender, semblant se délecter lors des coups qu’il assène, on se croirait presque dans un jeu vidéo !
Comme d’habitude, Van Damme ne laisse transparaitre aucune émotion dans son jeu d’acteur, il semble monolithique et raide comme un balai sauf, bien sûr, lors des combats, assez bien réglés et au timing foudroyant (le passage du bâtiment désaffecté est à ce titre impeccable, c’est la meilleure séquence du film)…
On préférera des films comme « Bloodsport » ou « Full contact » où l’acteur semble bien plus à l’aise, ici on a l’impression que le côté SF post apo a du mal à lui convenir, il est perdu par rapport aux codes de ce genre et son inexpressivité est inadaptée pour jouer un personnage pareil (n’est pas Yul Brynner ou Mel Gibson qui veut ou qui s’en donne les moyens !)…
Malgré le charme inhérent aux productions années 80 cultes de la Cannon, « Cyborg » fait l’effet d’un pétard mouillé sans une once de saveur, pâtissant d’un manque de relief scénaristique et d’un manque d’exploitation du potentiel de jeu d’acteur…
Un des moins bons Van Damme où il est décalé par rapport à l’histoire, film qui se regarde vite et s’oublie tout aussi vite…

Note : 6.5/10






samedi 13 juin 2015

Nathalie dans l'enfer nazi d'Alain Payet, 1977

NATHALIE DANS L’ENFER NAZI
d’Alain Payet
France
1977
Avec Patrizia Gori, Claudine Beccarie, Pamela Stanford, Jack Taylor, Rudy Lenoir, Richard Allan, Alban Ceray, Brigitte Lahaie, Jacqueline Laurent, Jacques Marbeuf
107 minutes
Edité chez Artus films
Une production Eurociné
Nanar nazisploitation érotique sadique
Synopsis :
Années 40, un petit village de France, sous l’occupation…
Des résistants sortent d’une forêt pour tendre un piège à des officiers de la Wehrmacht, c’est l’hécatombe lors d’une fusillade gigantesque !
Un ponte des SS est blessé au crâne, ses lieutenants se rendent dans la bicoque du vieux Zoltan, soigné pour une lombalgie par la belle doctoresse, Nathalie, une superbe rousse au charme incendiaire…
Cette dernière soigne l’officier nazi et se retrouve embrigadée dans un camp comme infirmière puis dans une citadelle forteresse qui sert de luxueux lupanar à une mystérieuse mère maquerelle brune sado maso…
Nathalie va vivre l’enfer et son lot d’humiliations, personne ne sait qu’en plus elle est agent double pour le compte de la résistance…
Son chef, Vassili, parvient à faire venir des combattants pour la sortir de là…
Avant, Nathalie va subir de multiples sévices et tombe amoureuse de Muller, un lieutenant SS qui sera garant d’appliquer sa survie et sa sécurité…
Mon avis :
Transfuge du cinéma porno (il en fut même le pionnier sous le nom de John Love), Alain Payet connaît parfaitement les rouages du cinéma populaire et sa collaboration avec la légendaire firme Eurociné fait accoucher d’une perle axée sur la naziploitation non dépourvue d’érotisme et de sadisme où de grandes figures du genre X donnent leur contribution (confère la distribution)…
Parfois heureux, parfois un peu moins, « Nathalie dans l’enfer nazi » se suit bien grâce à une tonicité dans la mise en scène et un timing soutenu dans une effervescence du folklore nazi qui produit une aisance dans l’histoire et la rend crédible pour le spectateur (les nazis sont d’immondes salopards sauf un, la gardienne possède un rire satanique digne des plus grands films d’horreur)…
Seul le ridicule de certaines séquences dénature le sérieux du métrage (l’assaut du début est à mourir de rire !) et les seconds rôles prêtent à sourire (ah les deux écossais barbus/moustachus avec leur pipe et leur « irish coffee » !), ceci étant la belle Patrizia Gori trouve ici peut être le rôle de sa carrière, sorte de sosie d’Agostina Belli rousse habituée des nanars ; on y voit également Alban Ceray dans un plan de quelques secondes (un résistant abattu qui tombe sur un lit), la légendaire actrice X Claudine Beccarie, Brigitte Lahaie en prisonnière ou Richard Allan en combattant et l’incroyable Jacques Marbeuf en officier alcoolique moribond…
Scènes de cuissages, de tortures ou de festins copulatifs, tout dans « Nathalie dans l’enfer nazi » fonctionne dans l’excessif, presque dans la catharsis, Payet ne se privant de rien pour appuyer l’aspect graveleux du film, amplifié par un sens du dynamisme tenant en haleine le spectateur, pris en tenaille entre dégoût et attirance, entre voyeurisme et rejet pur et simple…
Le DVD d’artus films est irréprochable et les bonus sont géniaux avec une intervention du divin Christophe Lemaire qui nous explique TOUT sur le film, avec des références parfois gratinées mais fort bienvenues…
L’ensemble reste néanmoins très sympathique et le charme capiteux du métrage permet de le laisser imprégner et mijoter chez le spectateur, à noter de superbes paysages comme ces plans redondants du château/citadelle, sorte de demeure de la luxure et de la mort…
« Nathalie dans l’enfer nazi » fera le bonheur des plus éclectiques d’entre vous, les autres cinéphiles se raviseront face à l’amplitude érotique voire pornographique clairement affichée par un Payet en très grande forme…

Note : 7.5/10





dimanche 7 juin 2015

S.O.S. FANTOMES d'Ivan Reitman, 1984

S.O.S. FANTOMES
GHOSTBUSTERS
D’Ivan Reitman
1984
Etats Unis
Avec Bill Murray, Dan Aykroyd, Sigourney Weaver, Rick Moranis, Harold Ramis
105 minutes
Comédie fantastique loufoque
Budget : 30 millions de dollars
Recettes mondiales : 291 millions de dollars
Synopsis :
New York, Central Park, années 80…
Peter Venkman est un scientifique looser et roublard qui pratique des expériences de parapsychologie au sein de la faculté de la ville, ses deux assistants Raymond Stantz et Egon Spengler sont amenés à effectuer une vérification dans une grande bibliothèque suite à des visions de la gérante…
Peu après, les trois hommes sont mis à la porte…
Avec l’argent de l’hypothèque de la maison de Ray, ils parviennent à monter une agence, une « brigade anti fantômes », ils recrutent un quatrième collègue, Winston…
Dana Barrett, une riche pianiste, prétend avoir reçu l’appel d’ectoplasmes dans la cuisine de son appartement, sous le nom d’une entité appelée « Zuul »…
Très vite, les événements s’accélèrent et c’est bientôt la ville entière qui est en proie aux fantômes et aux phénomènes paranormaux, créant la panique dans les rues et les habitations !
Surarmés et équipés en conséquence pour contrer les ectoplasmes de toutes sortes, Venkman et ses sbires déploient leur énergie pour sauver l’humanité, avec l’appui du maire de la ville…
Le destin des habitants de la métropole est désormais entre leurs fusils laser !
Mon avis :
1984, on est en plein dans la période « entertainment spielbergien », que ce soit avec le deuxième « Indiana Jones », « Gremlins » ou « Goonies »…
Ce « Ghostbusters » est exactement dans la même lignée de fantastique rigolard pour plaire au public et c’est clair que Reitman ne s’est pas trompé, il connaît et applique tous les codes pour donner au spectateur ce qu’il souhaite voir : de l’action, de l’humour et des personnages enjoués et attachants (Bill Murray crève l’écran dans son rôle de scientifique, il applique la bonne humeur comme créneau de son personnage)…
Donc ici aucune prise de tête mais un métrage qui fonctionne à pleines turbines, se gaussant de séquences anthologiques et bien venues, avec des seconds rôles savoureux (la belle Sigourney Weaver ou Rick Moranis, sorte de copie de Woody Allen en voisin lourdingue) et des effets spéciaux sympathiques bien qu’extrêmement datés (31 ans après du chemin a été parcouru !)…
Le fil conducteur du film semble être les fantômes, sortes d’ectoplasmes en trois dimensions, mais c’est bel et bien Venkman et ses collègues qui en sont les héros, acclamés par une foule surexcitée, « Ghostbusters » fédère l’espoir, l’espoir de la nation, un peu comme la cavalerie libératrice qui arrive pour sauver tout un peuple…
Certaines scènes de foule dans New York ont été tournées sans autorisation, ce qui semble difficile à croire eu égard à l’efficacité de certaines séquences, notamment l’arrivée dans la salle de conférence ou la course nocturne et paniquée de Moranis sortant du bâtiment…
« Ghostbusters » fut un immense succès, multipliant par dix son coût initial, très rentable, le film a donné naissance à un jeu vidéo et fit l’objet d’une suite cinq ans plus tard, un troisième opus est en chantier, par ailleurs…
D’un dynamisme convaincant et d’une rigueur dans son histoire, « Ghostbusters » est un métrage tout public qui comblera les amateurs de films pop corn…
A voir donc et sans modération !

Note : 8.5/10