Open Watching

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dimanche 26 juillet 2015

VINYAN de Fabrice du Welz, 2008

VINYAN
de Fabrice du Welz
France/Belgique/Grande Bretagne
2008
Avec Emmanuelle Béart, Julie Dreyfus, Rufus Sewell, Josse de Pauw, Petr Osathanugrah
99 minutes
Fantastique atypique
Produit par Wild Bunch
Blu ray et DVD édités par Wild side
Synopsis :
Thaïlande, Phuket, 2005…
Janet et Paul Belhmer, un couple de jeunes gens richissimes effectue de nombreuses donations à un organisme humanitaire qui gère des orphelinats locaux…
Leur fils Joshua a disparu tragiquement lors du tsunami de 2004…
Lors d’une conférence, un DVD est projeté et Janet croit voir un enfant portant le même t-shirt rouge « Manchester united » que Joshua…
Devenue obsédée par l’idée de le retrouver et persuadée qu’il est toujours en vie, Janet pète un câble et s’engouffre dans les bas-fonds de la ville, décidée à trouver un « passeur » qui l’emmène aux fins fonds de la forêt birmane…
D’abord réticent, Paul accepte de financer cette folle quête et donne un million et demi à un trafiquant patibulaire aux méthodes peu orthodoxes qui roulera le couple dans la farine, les baladant dans des coups montés avec d’autres autochtones…
Pris de remords et à bout de force, Paul et Janet vont faire une mystérieuse découverte, hors du temps et de tout ce qu’ils auraient pu imaginer !
Mon avis :
Les tentatives de revigorer le cinéma fantastique tricolore, moribond depuis des lustres, sont plutôt rares donc il faut saluer les performances lorsqu’elles se présentent, ici avec « Vinyan » tout est configuré pour développer un aspect totalement INEDIT, que ce soit au niveau scénaristique qu’au niveau du déroulement et des investigations des protagonistes…
Le spectateur est lui-même « baladé » comme le couple de jeunes gens aussi désespéré que déterminé, les paradoxes sont nombreux dans « Vinyan » mais le tout est orchestré par un Fabrice du Welz qui déploie ses trouvailles, brisant toutes les normes établies jusqu’à présent…
Les paysages et les plans sont superbes et se combinent pour se mettre en valeur mutuellement, ce qui apporte une plus-value au film, déjà envoutant dès l’entame (le pré générique est monstrueux et onirique, on est scotchés dès le départ et l’entrée en matière)…
Les conditions de tournage extrêmes amplifient la difficulté des pérégrinations de Béart et Sewell, couple à la fois soudé dans l’épreuve et déchiré en interne, les orages sont réels (pas de synthétique) et la pluie apparaît moins comme salvatrice et libératrice que destructrice et annihilante…
On pense à « Apocalypse Now » lors de la découverte du village d’enfants, les croyances ancestrales décuplent le sentiment de mystère et d’enfermement mental qui plane lourdement durant tout le métrage, conjuguant la psychopathie et l’espoir fou d’une femme déchirée par la perte de son enfant…
Fabrice du Welz parvient à faire capter au spectateur des émotions viscérales mais reste roublard lors du dénouement, faisant péricliter son postulat pour entrainer le spectateur dans un spectacle lunaire et horrifique, qui justifie le classement de « Vinyan » dans la catégorie « fantastique »…
Refusant l’happy end et optant pour une déstabilisation frontale du public, du Welz a non seulement bâti sa charpente scénaristique de manière virtuose mais est aussi parvenu à faire inclure son œuvre dans le pan hexagonal très fermé des OFNIS (objets filmiques non identifiés) que l’on compte à peu près une ou deux fois par décennie…
Une grande réussite !

Note : 10/10






samedi 25 juillet 2015

Le retour des morts vivants de Dan O'Bannon, 1985

LE RETOUR DES MORTS VIVANTS
de Dan O'Bannon
Etats Unis
1985
aka Return of living dead
avec Clu Culager, Mark Venturini, Linnea Quigley, James Karen, Don Calfa, Thom Matthews
87 minutes
Horreur parodique
Edité en DVD chez Neopublishing (2002)
Synopsis :
Côte Est des Etats Unis, 1984...
Franck et Freddy travaillent dans un entrepôt qui stocke des produits destinés à l'usage médical dirigé par Burt Wilson, leur chef, Freddy étant novice, Franck est chargé de le former...
Tina, la petite amie de Freddy, fait partie d'une bande de jeunes punks dirigée par Trash, une lycéenne dépravée et Suicide, une montagne, propriétaire du véhicule qui leur sert pour faire la bringue...
Franck commet la lourde erreur de montrer à Freddy des cuves radioactives remplies de trioxine 203, un gaz toxique qui servait à conserver des cadavres post mortem, une des cuves éclate et laisse échapper le fameux gaz, les contaminant tous les deux !
Après être sortis de leur malaise, les deux hommes constatent, effarés, qu'un des cadavres est revenu à la vie, ils contactent Kaltenbrunner, le gérant du crématorium à deux pas de leur entrepôt, qui ne voit qu'une alternative : brûler le macchabée !
Les volutes de la crémation passent par un conduit et une pluie acide se répand sur le cimetière local, les morts sortent alors de leurs tombes !
Investissant la totalité de la bourgade, ils n'ont plus qu'un seul but : dévorer le cerveau des habitants qui auront le malheur de se trouver à leur portée !
D'abord par dizaines, puis par centaines, puis par milliers, les zombies seront le centre d'un long cauchemar quasiment impossible à enrayer !
Mon avis :
Faisant directement allusion au classique de George Romero, O'Bannon adopte le choix de prendre le contre-pied de son illustre référence en tournant très vite son métrage sur le ton de la dérision et de l'humour, soyons nets, le résultat fait mouche à tous les niveaux !
Personnages déjantés (mention spéciale à Linnea Quigley, complètement barrée en punkette nymphomane), scénario méthodique, histoire qui tient la route et dénouement crédible, même les SFX sont de premier choix, se rapprochant moins des zombies italiens de la grande époque que de ceux du clip "Thriller" de Michael Jackson, tourné par Landis deux ans auparavant...
Scénariste du mythique "Alien", O' Bannon sait ce qu'il fait et où il met les pieds, il parvient à insuffler une dynamique imparable à son film, habile dans sa réalisation et ne déplorant aucun temps mort, "Le retour des morts vivants" est un vrai régal à suivre et alimente de façon prodigieuse le bestiaire du film de morts vivants tout en s'ancrant à merveille dans le style années 80 très prisé des cinéphiles...
Le score est de très haut niveau avec des musiques de The cramps et de Damned, il s'intègre parfaitement à l'ambiance qui règne, avec un côté iconoclaste et jubilatoire, assumé par O'Bannon...
L'aspect technique des plans fait très souvent ressortir des cadrages en hauteur (surtout dans la première demie heure), permettant de mettre le spectateur instantanément en immersion dans l'histoire, les décors, quant à eux, sont assez minimalistes (le cimetière, l'entrepôt, le crématorium et la maison du militaire), ce qui fait baigner dans un microcosme des protagonistes très vite identifiables...
Chose étonnante, Richard P. Rubinstein, le producteur attitré de Romero, fit un procès à Dan O'Bannon où il fut débouté, et "Le retour des morts vivants" est sorti au cinéma à deux mois d'intervalle avec le "Day of the dead", piquant les récompenses à Tom Savini pour le meilleur maquillage...
Quoiqu'il en soit, inutile de polémiquer ou de tergiverser, SAVOURONS NOTRE PLAISIR, "Le retour des morts vivants" est un pur bonheur qui ravira et contentera aussi bien les cinéphages friands de films de zombies que le public lambda non aguerri au genre...
Une sortie blu ray serait idéale, le DVD datant de 2002 s'avérant vétuste...

Note : 9/10







mardi 21 juillet 2015

Mega Piranha d'Eric Forsberg, 2010

MEGA PIRANHA
d'Eric Forsberg
Etats Unis
2010
avec Paul Logan, Eric Forsberg, Barry Wiliams, David Labiosa, Tiffany
93 minutes
Aventures/Fantastique
Distribué par Asylum aux Etats Unis et Emylia en France
Direct to dvd
Synopsis :
Vénézuela, 2010...
Alors qu'il faisait la bringue sur un bateau avec des prostituées dénudées, un secrétaire d'Etat américain est tué ainsi que tout son équipage...
L'Etat major de l'armée dépêche en urgence son meilleur agent, Jason Fitch, surentraîné, il se rend sur place...
A son arrivée, il se heurte au colonel Diaz, un militaire gradé local qui soupçonne un complot des Etats Unis sur le sol vénézuélien...
Après avoir fait une incursion sur  le fleuve de l'Orénoque, Fitch rencontre Sarah Monroe, une biologiste...
Cette dernière l'alerte sur ce qui semble être une mutation de poissons carnivores, des piranhas géants !
Se rendant à l'évidence, Fitch se retrouve confronté à deux difficultés : convaincre Diaz que ce ne sont pas des terroristes qui ont tué le secrétaire d'état et endiguer la prolifération des piranhas gigantesques qui s'attaquent maintenant aux villes côtières et se rapprochent d'Hawaï !  
Mon avis :
Surfant (c'est le cas de le dire !) sur la vague de son prédécesseur réalisé par Alexandre Aja deux ans plus tôt, ce "Mega piranha" se veut une déclinaison délirante et assumée de l'excellent "Piranha", soyons clairs, Aja peut dormir sur ses deux oreilles, Forsberg ne lui arrive pas à l'orteil !
Malgré un rythme qui ne faiblit pas et un enthousiasme convaincant, "Mega Piranha" souffre de son manque de moyens financiers, et autant dire que les trucages sont un énorme foutage de gueule, une escroquerie complète !
Plutôt bien parti, le film vire à la pantalonnade et ce n'est guère les biscotos monumentaux de Paul Logan qui vont rehausser l'ensemble et faire prendre la mayonnaise...
Grotesque dans son déroulement, le film se perd dans des séquences répétitives et des dialogues redondants à l'extrême comme pour "meubler" les quatre vingt treize minutes d'une longue imposture, bref, c'est le vide intersidéral...
Vendu comme LE film Tip top délire, "Mega Piranha", contrairement à ce qui a été promis, fait plutôt preuve de sérieux voire de solennité et on n'esquisse jamais un seul rire durant la projection (à moins d'être un débile profond), on se croirait devant une émission de M6 !
Couillon jusqu'à la moelle, "Mega Piranha" prend le spectateur pour un abruti et Forsberg qui pensait captiver n'arrive qu'à peine à doter son métrage de scènes d'action ridicules, exsangues du moindre talent ou de la moindre crédibilité...
Le baiser final vient entériner le pompon de la crétinerie et on sort de là assommé avec une ininterruption de séquences accélérés et paraboliques à coller la nausée au moins aguerri des technologies M6esques (mais bon sang pourquoi s'obstiner à utiliser ce procédé ?)...
Vraiment dispensable, "Mega Piranha" est à réserver au public adolescent, les cinéphiles, les vrais, fuyez par tous les moyens, c'est de la flagellation visuelle !

Note : 2/10






samedi 18 juillet 2015

Les trottoirs de Bangkok de Jean Rollin, 1984

LES TROTTOIRS DE BANGKOK
de Jean Rollin
France
1984
Avec Yoko, Jean Pierre Bouyxou, Jean Rollin, Brigitte Borghese, Françoise Blanchard, Gérard Landry, Jean Claude Benhamou
Espionnage/Erotisme
82 minutes
Edité en DVD chez LCJ
Synopsis :
Le Havre et Bangkok, années 80…
Rick, un agent secret mandaté par les services de l’Etat doit se rendre à Bangkok pour retrouver une fiole d’un produit bactériologique qui s’avère être une arme de destruction massive…
Arrivé sur les lieux il rencontre Eva, une fille du lupanar local tenu par Monsieur Tong, d’autres agents secrets sont sur le coup dont Claudine…
Rick est abattu et Eva doit être rapatriée en France, Claudine s’emploie à faire le rôle de « passeuse » et l’introduit clandestinement sur un bateau à destination du Havre ( !)…
Poursuivie par une horde de tueurs et par une brigade canine, Eva est récupérée in extremis par Rita, la blonde qui a tout manigancé…
Enfermée dans un château, Eva sera torturée jusqu’à la présence de quelqu’un que l’on croyait mort : Rick revenu comme par enchantement !
Ce dernier va pouvoir désormais régler ses comptes…
Mon avis :
« Les trottoirs de Bangkok » fait partie d’une des rares incursions hors fantastique et hors films de vampires de Rollin, soyons nets, le cinéaste est beaucoup moins à l’aise dans le style espionnage que dans ce à quoi il était accoutumé et qui avait fait sa marque de fabrique…
Abandonnant temporairement son thème de prédilection, Rollin trouve toujours le dénominateur commun de l’érotisme pour pimenter une intrigue faiblarde tournée avec des moyens financiers faméliques (il est évident que personne n’est allé en Thaïlande pour les besoins du film, Rollin ayant chapardé des stock shots de documentaire sur la ville de Bangkok !)…
Les personnages sonnent souvent faux et les dialogues, comme souvent chez Rollin, sont débités sans la moindre conviction, exsangues d’une quelconque direction d’acteurs (Maitre Tong et sa fausse moustache de Fu Manchu de Prisunic, des bagarres ridicules, un problème technique d’éclairage lors de la scène du bordel et des danses érotiques qui s’accumulent faisant figure de remplissage !)…
Vers la seconde moitié, le film parvient à prendre son essor et l’on retrouve le côté poétique et candide du cinéma rollinien, à la fois touchant et très sympathique, notamment grâce au personnage d’Eva, incarnée par la charismatique Yoko (actrice de X vue dans le mémorable « Fruit défendu »), dégageant un côté femme-enfant qui colle bien à l’innocence de son personnage et que Rollin parvient à exploiter avec une grande rigueur…
Cette fuite perpétuelle permet dès lors de rehausser l’ensemble et tonifie par conséquent le côté espionnage du film, pas évident à cerner au départ ; les personnages féminins sont très manichéens, soit ce sont des filles opprimées et humiliées soit de sombres garces dominatrices et perverses (mention spéciale à Brigitte Borghese dans un rôle pas piqué des hannetons)…
Raté mais bigrement attachant, « Les trottoirs de Bangkok » insuffle de multiples nouveautés au cinéma de Jean Rollin, permettant ainsi de le distinguer de ses œuvres antérieures, les spécialistes cinéphiles de ce Monsieur devraient trouver aisément trouver leur compte et leur bonheur s’ils tolèrent son style, extrêmement singulier et particulier…
Il va de soi que tous les autres, étrangers aux codes de Rollin, passeront leur chemin…
Bonne tentative de régénérer son style, « Les trottoirs de Bangkok » est un métrage à savourer dans sa globalité et où il ne faut pas partir avec des à priori…

Note : 6.5/10






vendredi 17 juillet 2015

SUPER SIZE ME de Morgan Spurlock, 2004

SUPER SIZE ME
de  Morgan Spurlock
Etats-Unis
2004
Avec Morgan Spurlock, Alex Jamieson, John Banzhaf, David Satcher, Chemeeka Walker
Chronique sociale/documentaire fiction
100 minutes
Synopsis :
Un américain trentenaire décide d’entreprendre un pari fou…
Afin de mesurer les « dégâts » causés par une alimentation excessive et déséquilibrée, il va se nourrir uniquement de produits issus  de Mac Donald’s et ce, pendant un mois…
Suivi par des médecins, nutritionnistes et spécialistes qui lui prescrivent une batterie d’examens, il va mesurer l’impact de cette « malbouffe » sur sa santé…
Mon avis :
« Super size  me » est à la fois un documentaire fiction et une étude de mœurs…
Le film dresse un constat alarmant et sans équivoque sur les dérives alimentaires d’outre Atlantique et le jeune homme veut nous faire comprendre à quel point l‘industrie de Mac Donald’s peut être néfaste à haute dose…
Véritable descente aux enfers pour le protagoniste principal, d’abord heureux et satisfait de son sort, le film va prendre une tournure cauchemardesque au fil de l’évolution dans le temps, dès lors les effets dangereux pour la santé prennent forme, comme le ventre du pauvre jeune homme…
De plus, il y a une critique acerbe et au vitriol du pouvoir des lobbys industriels et de l’influence sociétale de ceux-ci sur la vie de tous les jours de la majorité des américains…
Pamphlet tonitruant, « Super size me » démonte et démontre un par un l’ensemble des mécanismes pour finalement faire apparaître un cri d’alarme qui résonne à grande échelle…
Habile dans sa réalisation et tonique dans l’enchainement de ses plans, le métrage a le mérite de briser un tabou en faisant s’articuler plusieurs thématiques comme la manipulation médiatique, l’ignorance de prendre soin de sa santé et la recherche médicale qui ne cesse de progresser…
Faisant la lumière sur de multiples zones d’ombre, « Super size me » semble nécessaire au jour d’aujourd’hui pour rendre compte du fléau de l’obésité, sujet pratiquement jamais exploité au cinéma…
A la fois atypique et très réaliste (la scène de vomi), « Super size me » peut très bien ouvrir les yeux et les consciences, on peut considérer que c’est son but et ainsi qu’il doit être perçu…
Proche des films de Michael Moore, « Super size me » est tout le temps passionnant à suivre et reste une immersion jamais rébarbative qu’il faut absolument avoir visionnée…

Note : 8.5/10