Open Watching

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dimanche 30 octobre 2016

La baie sanglante de Mario Bava, 1971

LA BAIE SANGLANTE
de Mario Bava
1971
Italie
avec Claudine Auger, Nicoletta Elmi, Luigi Pistilli, Laura Betti, Claudio Camaso, Leopoldo Trieste, Isa Miranda, Chris Avram, Giovanni Nuvoletti
Slasher
80 minutes
Musique de Stelvio Cipriani
aka Bay of blood
aka Reazione a catena
Edité entre autres en DVD chez TF1 vidéo et Carlotta films
Synopsis :
Un village côtier d’Italie, près d’une baie, au début des années soixante-dix…
Frank Ventura, un homme arrogant et vénal, se borne à vouloir acquérir le manoir des Donati, une riche famille dont la comtesse Federica, une vieille dame invalide, lui refuse sans cesse les propositions…
Celle-ci est violemment attaquée un soir puis pendue alors que son agresseur est poignardé à mort à son tour et ce, de façon simultanée !
Brunhilda, une jeune fille blonde faisant partie d’un groupe de jeunes fêtards, se baigne nue dans le lac de la baie, elle découvre, horrifiée, un cadavre qui n’est autre que celui du père Donati !
Une succession de morts violentes va déferler sur ce lieu idyllique alors que Paolo Fossati, un spécialiste des insectes, semble être le coupable idéal, sa femme Anna paraissant énigmatique et aux pratiques curieuses…
Paolo sera finalement tué ! Ce qui brouille les pistes et fait que personne n’a plus confiance en personne, l’acquisition du manoir et de facto de la propriété de la baie, restant la principale motivation du (ou des ?) tueur(s)…
Renata, Albert, Simon, trois autres protagonistes, sont mêlés de près ou de loin à cette sordide et sanglante affaire…
Un final particulièrement nihiliste va achever toutes les probabilités et toutes les chances pour les meurtriers d’acquérir la baie !
Mon avis :
« La baie sanglante » est un film très important dans la carrière de Mario Bava, en effet, il casse et fait exploser toutes les conventions qu’il avait établies dans son cinéma pour accoucher d’un pré-slasher vintage aux confins du giallo et du film gore (les séquences sanguinolentes abondent dans « La baie sanglante »), ici Bava abandonne le style gothique qui fit sa renommée et se concentre sur une intrigue policière ponctuée de fulgurances horrifiques et déclinée par des personnages stupides et propices à se faire dézinguer (exactement comme pour la série des « Vendredi 13 » où le spectateur jouit d’assister à ces meurtres de protagonistes débiles et têtes à claques)…
Bava se lâche totalement et semble se moquer du prétexte vénal de la baie, en fait il reprend texto le scénario de « L’île de l’épouvante » dont il était mécontent et change la formule chimique de ce film par l’acquisition du manoir, tout le reste est idem, mais Bava rajoute la sauce au niveau brutalité et sexe : « La baie sanglante » est une version plus appuyée en méchanceté que « L’île de l’épouvante », Bava avait des impératifs et devait contenter un public planétaire (dont le Japon) friand de violence et de sexe…
Le résultat est donc très impressionnant et déjà précurseur du genre, puisque la scène légendaire du pic planté dans le corps du couple qui copule sera repris par la suite dans un segment de "Vendredi 13 », le gore est très graphique dans « La baie sanglante » et les trucages très efficaces (la serpe longiligne plantée en pleine face, la décapitation en gros plan, le meurtre hyper glauque lors du prologue)…
Voulant volontairement déstabiliser le spectateur, Bava agrémente son métrage de séquences dégoutantes (la pieuvre qui se meut sur le cadavre) mais aussi bien perverses (l’œil du voyeur derrière les lattes du mur en bois) et le côté « peace and love » des jeunes (mention à la blonde qui nage nue dans la baie) est explosé par la bestialité des crimes effectués par les monstres tueurs…
Tout est décomplexé et en roue libre dans « La baie sanglante » et le scénario labyrinthique (ils ont été plusieurs à l’écrire !) fait que quelques fois le spectateur peut s’y perdre, il y a énormément de rebondissements, ça n’arrête pas, Bava invente le whodunit tonique que « Scream » reprendra vingt- cinq ans plus tard !
Une nouvelle fois, Mario Bava étonne le cinéphile et déploie toutes les cartes de son talent pour faire s’envoler le genre, un simple giallo/slasher devient un chef d’œuvre dès qu’il passe entre ses mains, comme si la magie de son génie transformait le banal en exceptionnel, l’anodin en inoubliable…
« La baie sanglante » est à marquer d’une pierre blanche dans la filmographie et régénère sa marque de fabrique, prouvant qu’il est capable de se diversifier tout en continuant à contenter son public de façon très sincère et plus accessible à ceux qui ne connaissaient pas son cinéma…
Tous les DVD existants sont de bonne qualité et « La baie sanglante » s’impose comme l’une des œuvres les plus majeures du Maestro, il est donc fondamental de l’avoir visionné…

Note : 10/10





samedi 29 octobre 2016

Le corps et le fouet de Mario Bava, 1963

LE CORPS ET LE FOUET
de Mario Bava
1963
Italie
Avec Christopher Lee, Daliah Lavi, Tony Kendall, Ida Galli, Luciano Pigozzi
Fantastique gothique
83 minutes
Edité en DVD dans la collection Mad movies
Musique de Carlo Rustichelli
aka The whip and the body
aka La frusta e il corpo
Synopsis :
Un pays d’Europe du Nord, au dix- neuvième siècle…
Kurt Menliff, un homme mince et de grande taille à l’allure charismatique débarque dans le château de sa famille d’où il avait fui quelques temps auparavant…
Il y retrouve sa belle-sœur, Nevenka, une femme brune ultra sexy avec qui il a entretenu une relation pour le moins douteuse et ambiguë ; le mari de Nevenka, Christian Menliff, semble impuissant pour endiguer la passion vénéneuse qui lie Kurt et sa femme, alors que Katia, une jeune femme vivant dans la maisonnée, semble terrifiée par Kurt…
Losat, le valet boiteux, va fréquemment faire des rondes dans la crypte du château, située en contrebas…
Lorsque Kurt est retrouvé mort, un poignard dans la gorge, Nevenka est effrayée, elle est envahie de visions fantomatiques où elle voit Kurt essayant de l’accaparer, multipliant les coups de fouets sur son corps sublime…
Kurt avait toujours eu une influence sur Nevenka mais même après son décès il parvient une nouvelle fois à faire partie du quotidien de la jeune femme et ce, de jour comme de nuit…
Qui a tué Kurt ? d’autres meurtres, comme celui du patriarche, se succèdent…
L’impossible semble être cependant probable lorsque Christian et Losat exhument le cercueil de Kurt…
La révélation finale sera des plus surprenantes !
Manipulation, sadomasochisme, érotisme et mystère seront légion durant toute l’histoire du film…
Mon avis :
Tourné la même année que l’illustre « Trois visages de la peur », « Le corps et le fouet » est le deuxième chef d’œuvre de Bava avec son film à sketchs de 1963, ce métrage transpire toutes les codifications bavaiennes et elles sont magnifiées et poussées au summum artistique du Maestro MAIS il s’imprègne d’un nouvel élément, jamais exploité dans le cinéma d’alors et plutôt couillu et inhabituel pour l’époque : le sadomasochisme !
Christopher Lee (vu dans « Hercule contre les vampires » et au firmament de sa carrière avec les perles hammériennes, la série des « Dracula ») se fait voler la vedette par la somptueusement volcanique Daliah Lavi, une actrice venue d’Israël, c’est elle qui dirige le film, le rôle de Kurt n’étant qu’un prétexte à de sombres hallucinations rendues à la jeune femme et le dénouement (sidérant et très intelligent) la hisse au rang des actrices charismatiques que Bava affectionnait, au même titre que Barbara Steele, malgré les relations exécrables entretenues entre cette dernière et Bava…
Fidèle à ses trognes, on retrouve l’actrice qui joue la vieille femme qui réapparaitra dans le « Operazione Paura » et que l’on voit à la fin du segment « La goutte d’eau » dans « Les trois visages de la peur » (comment l’oublier ?) et même la splendide Ida Galli qui joue un second rôle dans le « Ercole alla centro della terra » aka « Hercule contre les vampires » ; Bava reprend un peu le canevas scénaristique du « Masque du démon » avec ses cryptes, ses passages secrets derrière des cheminées et le prénom d’une des protagonistes est également Katia comme pour le film précité…
On est en plein dans le baroque, dans les jeux de couleurs, du bleu, du rouge, du vert servant à bonifier l’aspect gothique que seul Bava pouvait créer et rendre complémentaire à l’histoire de son film, en appuyant le côté anxiogène et envoutant de son cinéma unique…
Il y a dans le regard, dans les yeux de Daliah Lavi/Nevenka quelque chose qui fait qu’on la sent attirée et apeurée en même temps, c’est presque pathologique, elle sait qu’elle va se faire fouetter mais ça lui plait, elle est victime sadomasochiste de son bourreau Christopher Lee/Kurt mais cette sensation est à la fois érotique et douloureuse, la belle, en martyre, se mange des coups de fouets et semble apprécier cela ; rarement un film (et surtout à cette époque, on est quand même au début des années soixante !) n’aura osé aller aussi loin dans la douleur charnelle que « Le corps et le fouet », mais en plus, stylisée de façon remarquable et audacieuse…
Pour se faire une idée réelle de l’étendue du talent de Mario Bava, « Le corps et le fouet » est un film incontournable dans sa filmographie, tour à tour mystérieux, insolite, pénétrant et hypnotique, ce chef d’œuvre est à voir et revoir sans la moindre retenue, il prouve une nouvelle fois que le cinéma italien allait plus loin que tous les autres cinémas, empli d’une force, d’une vigueur et d’un charme que l’on ne retrouvent nulle part ailleurs…
« Le corps et le fouet »  est mythique dans sa réalisation et extrêmement osé dans son contenu mais reste d’une pudeur exempte de vulgarité, Bava nous a pondu un film magique et somptueux, à mille lieues des codes du septième art référencés jusqu’alors…
Prodigieux, exceptionnel et de plus le DVD sorti par Mad movies a une image de très bonne qualité avec un plein écran et un menu excellent, il est à posséder impérativement !

Note : 10/10





dimanche 23 octobre 2016

PIRANHA 2, Les tueurs volants de James Cameron et Ovidio G. Assonitis, 1981

PIRANHA 2, LES TUEURS VOLANTS
de James Cameron et Ovidio G. Assonitis
1981
Etats-Unis/Pays Bas/Italie
Avec Lance Henriksen, Tricia O’ Neill, Steve Marachuk, Carole Davis, Leslie Graves
Fantastique
90 minutes
SFX de Gianetto de Rossi
aka Piranha 2 : the spawning
Synopsis :
Une station balnéaire dans les Caraïbes, début des années quatre vingts…
Anne Kimbrough, une monitrice, est en conflit amoureux avec Steve, son mari, qui est policier, leur fils, Chris, un adolescent, est resté avec sa mère dans un luxueux hôtel où les vacanciers se pressent afin de profiter du soleil et de la plage…
Lorsqu’Anne découvre deux cadavres dévorés lors d’une expédition sous-marine elle alerte Steve…
Il semble que des piranhas d’une taille gigantesque se trouvent non loin des côtes, le danger est imminent…
Devant l’incompétence des autorités et n’étant pas prise au sérieux, Anne se rend à la morgue avec un ami, elle photographie l’un des cadavres supposé victime des piranhas ; prise en flagrant délit par la concierge de la morgue, Anne s’enfuit…
C’est alors qu’un piranha, resté dans le ventre du macchabée, tue la concierge en s’envolant ( !)…
Chris est embauché sur le bateau de Monsieur Dumont comme matelot pour une virée maritime ; sa fille, Alison Dumont, lui plait beaucoup…
Alors que Chris et Alison partent en bateau pneumatique, sur la terre ferme des centaines de piranhas attaquent les clients de l’hôtel, c’est un vrai carnage !
Steve part à la recherche de son fils, il est peut- être déjà trop tard !
Anne, quant à elle, veut percer à tout prix le secret de ces piranhas et part dynamiter leur nid, situé sur une épave gisant à plusieurs kilomètres de fond…
Mon avis :
Soyons nets, « Piranha 2, les tueurs volants » est vraiment en deçà du premier, les personnages sont pour la plupart des « neuneux », ça vole bas (encore plus bas que les piranhas !) et le film est bourré d’incohérences (les attaques ne sont pas logiques si on regarde le déroulement des séquences, exemple : Ann n’est pas attaquée par le ban de piranhas lorsqu’elle est dans l’épave, par contre, ceux-ci tuent tous les vacanciers cinq minutes après ! on capte rien à l’intrigue !)…
Très libidineux et avec des filles superbes mais racoleuses, « Piranha 2 » accumule les séquences avec un rythme désordonné, hormis deux trois passages (dont l’attaque de l’hôtel et le meurtre de la concierge par égorgement), le film ne tient pas la route, anémié par un scénario très faible et une absence de rigueur flagrante !
C’est ce tâcheron de Ovidio G. Assonitis, déjà responsable du catastrophique « Tentacules », qui a, en fait, réalisé le film, après avoir viré James Cameron au début du tournage…
Heureusement, un point positif, les effets spéciaux de Gianetto « Zombi/Fulci » de Rossi et là, rien à dire, ça gorasse grave et c’est hyper bien fait ! au moins on a ça !
« Piranha 2, les tueurs volants » a, depuis sa sortie, été catalogué comme nanar mais c’est justifié, c’est un film bâclé, outrancier et risible à de multiples reprises mais on sent en plus que Assonitis n’est pas sincère et se fiche de contenter son public, c’est une arnaque, il a créé son film pour surfer sur le succès du précédent et amasser un maximum d’argent, seulement nous ne sommes pas dupes ! La réputation de très mauvais film ne s’est pas fait attendre et justice est faite…
Le pauvre James Cameron, malade pendant le tournage et aux idées sous employées par Assonitis (à l’instar de cette crapule d’Alfredo Leone avec Bava pour « La maison de l’exorcisme », le parallèle peut être effectué) considère que son véritable premier film est « Terminator » et on le rejoint…
Pour se faire plaisir, il est plutôt conseillé de revoir le premier opus de Joe Dante ou le remake ultra jouissif d’Alexandre Aja, ce « Piranha 2 » est à balancer à la benne direct !

Note : 3/10




Terreur au ralenti de Claude Boissol, 1971

TERREUR AU RALENTI
de Claude Boissol
1971
France
Episode de la série « Aux frontières du possible »
Avec Pierre Vaneck, Elga Andersen, Jean François Rémi
Fantastique vintage
55 minutes
Synopsis :
France, début des années soixante-dix…
Le BIPS, une antenne d’un ministère, est dirigée par Monsieur Courtney Gabor ; Yann Thomas et Barbara Andersen, sont deux fonctionnaires qui sont chargés d’élucider des événements troublants en lien avec la santé et les phénomènes paranormaux…
Leurs investigations les conduit au village de Latour, dans les Alpes de Haute Provence, où la quasi-totalité de la population a subi un choc psychique, ces derniers ayant le métabolisme du cerveau qui fonctionne au ralenti…
Yann reçoit un appel d’un mystérieux quidam lui demandant de se rendre à un rendez-vous, Barbara semble connaître la voix de cet individu…
Lors du rendez-vous, l’homme demande cinq cent millions de dollars en échange de l’arrêt de ses agissements, il prétend être le responsable des troubles intervenus dans le village et menace d’en faire de même dans des grandes villes du monde, en commençant par Washington !
Courtney Gabor accepte le deal !
Alors que Yann et Barbara sont en discothèque, Yann a une révélation…
Mon avis :
« Aux frontières du possible » est l’ancêtre de la série « X-files », c’est très vintage et on se régale en visionnant les épisodes qu’INA (Institut national de l’audiovisuel) a eu la miraculeuse idée de sortir en DVD…
Les deux comédiens principaux (Pierre Vaneck et Elga Andersen) ont une classe monumentale et avec Victor « Les brigades du tigre » Vicas aux commandes, on sait d’entrée de jeu que le scénario sera imparable et l’histoire passionnante…
Et on se REGALE !
Pour cet épisode « Terreur au ralenti », la gageure est énorme dès les premières minutes, le spectateur se demande où il a atterri et puis, au fil de l’eau, tout se décante, le spectateur s’immisce et s’immerge dans une intrigue envoûtante, bluffante et qui deviendrait presque crédible, du moins plausible…
C’est tout le talent des séries « à l’ancienne » loin de celles actuelles qui frôlent le convenu, ici, avec « Aux frontières du possible » on ne fait que s’étonner à chaque seconde qui passe, le rythme, paradoxalement, est en fait très tonique et enjoué, dès lors qu’on fait l’effort de s’y projeter !
Il ne faut pas partir avec des à priori mais bel et bien se laisser charmer par cette aura propre aux seventies, avec le look vestimentaire, les cigarettes, les voitures et le mobilier de l’époque…
Pierre Vaneck et la belle Elga Andersen nous projettent dans une intrigue complètement barrée et finalement tout le monde retombe sur ses pieds grâce à une maitrise scénaristique très habile et des successions de plans qui s’imbriquent dans une continuité de séquences logiques au final, Vicas, comme toujours, fascine par sa propension à raconter un récit, bref, c’est exceptionnel, LA PURE et LA VRAIE qualité française télévisuelle de l’époque, la MEILLEURE PERIODE pour la télévision…
Si vous aimez le côté vintage, les belles femmes, les séries fantastiques comme « Le prisonnier » ou « Chapeau melon et bottes de cuir », ruez- vous sans attendre sur les DVD de « Aux frontières du possible », c’est un REGAL et du bonheur en barres !

Note : 10/10





HURLEMENTS de Joe Dante, 1980

HURLEMENTS
de Joe Dante
1980
Etats-Unis
Avec Dee Wallace, Patrick Mac Nee, Dennis Dugan, Robert Picardo, John Carradine, Christopher Stone
Fantastique lycanthrope
90 minutes
Blu ray édité chez studiocanal
Effets spéciaux de Rick Baker et Rob Bottin
Aka The Howling
Budget : 1 000 000 dollars
Box office aux Etats-Unis : presque 18 000 000 dollars
Synopsis :
Los Angeles, début des années quatre-vingts…
Karen White, une célèbre présentatrice du journal télévisé de la chaine locale, tend un piège en lien avec la police à Eddie Quist, un dangereux tueur en série sexuellement déviant, qui voue un culte à la journaliste ; le guet- apens tourne mal et Quist est abattu par un policier inexpérimenté dans la cabine d’un sex shop…
Karen subit un grand traumatisme suite à ces événements, elle est mise au vert et George Waggner, un médecin, la fait entrer dans sa clinique, appelée la « colonie », Karen et Bill, son mari se reposent dans un chalet, au milieu d’autres patients psychiatriquement atteints…
Marsha, une jolie brune aguicheuse, séduit Bill et après qu’ils aient fait l’amour, Bill se retrouve affublé de multiples griffures…
Dans la morgue, le cadavre de Quist a disparu !
Ce dernier retrouve Karen, il est en fait un loup-garou et seules des balles d’argent peuvent le mettre hors d’état de nuire…
Un piège s’abat sur Karen, elle n’est pas en sécurité dans la « colonie » !
Mon avis :
Avec une mise en scène très originale, Joe Dante redonne un souffle nouveau aux films de loups-garou, très loin des codifications habituelles que l’on connaît dans les classiques de l’époque des « Universal monsters » ou même des lycanthropes ibériques incarnés par le célèbre Paul Naschy…
Bourré d’idées novatrices,  « Hurlements » concentre son intrigue dans la fameuse « colonie », sorte de caste implantée dans des décors forestiers, et le prologue dans les quartiers chauds de Los Angeles est très impressionnant, mais se sert d’un leurre pour le spectateur, pensant assister à un film classique de tueur en série…
C’est donc toute l’habileté de Joe Dante de faire bifurquer à 360 degrés son métrage vers un film de loups garous qui va entrainer le scénario de façon atypique et susciter ainsi la vive attention du cinéphile fanatique de ce genre, qui se régalera lors de moments réellement effrayants et dotés d’un suspense particulièrement efficace…
L’interprétation est convaincante et les effets spéciaux « maison » de Rob Bottin et Rick Baker font mouche, notamment pour les séquences de transformations fulgurantes et très dures à mettre en scène, à l’époque pas de CGI comme maintenant !
Très méthodique, Joe Dante réalise un film dense et riche, aussi bien au niveau des décors que dans l’ambiance dégagée, « Hurlements «  devient un classique instantané du film de loups garou, grâce à son culot et aussi à cause du côté novateur qui le propulse dans la catégorie des œuvres phares de l’époque, exactement comme pour « Le loup – garou de Londres » de John Landis, sorti l’année suivante…
Le binôme « Hurlements »/ »Le loup garou de Londres » renvoie les deux films à être complémentaires mais ils se valent autant l’un et l’autre, deux figures de proue incontournables du cinéma fantastique américain du début des années quatre-vingts…
Déjà bien reconnue, la carrière de Joe Dante allait par la suite passer par la case « Spielberg » puisqu’il réalisera « Gremlins » et pléthore d’autres films, plus accessible au grand public que « Hurlements »…
Bref, « Hurlements » est une pièce maitresse, une œuvre essentielle, une référence du film de loups –garou à visionner impérativement pour comprendre la démarche de certains réalisateurs de films fantastiques ou, tout simplement, pour passer un excellent moment d’effroi…
Note :10/10






dimanche 16 octobre 2016

Les maléfices de la momie de Michael Carreras, 1964

LES MALEFICES DE LA MOMIE
de Michael Carreras
1964
Grande Bretagne
avec Terence Morgan, Michael Ripper, Fred Clark, Ronald Howard, Jeanne Roland
Fantastique
77 minutes
Produit par la Hammer films
aka Curse of the mummy’s tomb
Synopsis :
Egypte et Grande Bretagne, au début du vingtième siècle…
Dubois, Giles et Bray, trois égyptologues, pénètrent dans un mausolée égyptien, ils exhument le sarcophage d’une momie ancestrale, Râ ; Dubois est poignardé et se fait couper la main par des touaregs…
Annette, sa fille, a du mal à se remettre de la mort de son père ; les égyptologues et la momie sont ramenés en Angleterre par bateau ; Alexander King, un homme d’affaires peu scrupuleux, a d’ores et déjà convaincu les scientifiques et mis main basse sur le sarcophage, ce dernier sera exhibé dans un musée lui appartenant…
Pensant faire fortune, King invite gratuitement un public conquis d’avance à la représentation qui va dévoiler la fameuse momie…
Lorsque le sarcophage s’ouvre, il n’y a personne à l’intérieur !
Une tierce personne malveillante a kidnappé la momie et la garde dans une armoire, celle-ci va commettre des forfaits et faire régner la terreur sur la ville !
La première victime ne sera autre que King, lui-même !
D’autres suivront, la momie ayant une force herculéenne…
Mon avis :
La Hammer se spécialisait  surtout dans les films de vampires qui firent sa gloire mais voilà qu’elle inaugure le film de momies avec « La malédiction des pharaons », ce « Maléfices de la momie » est le deuxième opus du genre et la Hammer s’y révèle parfaitement à l’aise, le bestiaire de monstres est bel et bien différent mais l’intrigue tient très bien la route et le film se suit avec le plus grand des plaisirs…
Toujours cette ambiance, toujours ces décors flamboyants et luxueux propres à la firme britannique, ici, en 1964 à son apogée…
L’atmosphère exotique qui règne au début permet d’amener habilement le déroulé du scénario et les personnages sont excellemment dirigés par un Michael Carreras qui n’est pas à son coup d’essai, on lui doit de nombreux scripts pour la Hammer et le barré « Peuple des abimes » que tous ceux l’ayant vu se souviennent…
La momie en elle-même est assez effrayante, elle mesure bien deux mètres et ses intentions sont inimicales, laissant derrière elle et après ses interventions une flopée de cadavres et de morts violentes…
Le seul élément féminin du film, Annette (jouée par la belle Jeanne Roland) apporte une nouvelle fois pour la Hammer l’érotisation habituelle, ce personnage n’hésitant pas à se pourvoir de décolletés affriolants qui combleront les amateurs de beauté féminine ; les seconds rôles, notamment le poltron King et sa vénalité appuyée ne seront pas en reste et figureront parmi la longue liste des victimes…
A noter une très belle séquence nocturne avec une chute d’escaliers très réaliste et presque d’un gothique que n’aurait pas renié Mario Bava…
Le final dans les égoûts est original et amène des questionnements sur les motivations du « traitre » qui s’est approprié la momie via des délires de possession, s’en réclamant lui-même la descendance, ce retournement de situation est assez cocasse…
Pour les cinéphiles amateurs de la Hammer et ouverts sur tous les supports de monstres ou de méchants, « Les maléfices de la momie » est une réussite indéniable ; pour les néophytes ce sera une belle découverte !
Toujours avec cette application dans le scénario et l’ambiance unique dont la Hammer fait figure de proue dans le cinéma britannique, « Les maléfices de la momie », même si méconnu par rapport aux autres productions de la firme, est un pur régal…
« Les maléfices de la momie » est un exemple de la diversification qui commençait à naitre pour la Hammer, le succès aidant et se rendant compte qu’elle ne pouvait se cantonner uniquement aux films vampiriques…
Un excellent film à voir sans tarder et le DVD zone 2 est de bonne facture, image tout à fait correcte et plein écran, un pur plaisir…
Foncez !

Note : 8/10





samedi 15 octobre 2016

Les rats de Manhattan de Bruno Mattei, 1984

LES RATS DE MANHATTAN
de Bruno Mattei aka Vincent Dawn
1984
France/Italie
avec Ann Gisel Glass, Richard Raymond, Alex Mac Bride, Geretta Geretta, Massimo Vanni, Ottaviano Dell’Acqua, Gianni Franco
Délire post apocalyptique/animal attack
96 minutes (version unrated uncut)
Co réalisé par Claudio Fragasso
Edité en VHS chez UGC vidéo
Edité en Blu ray chez Blue underground
aka Les mutants de la deuxième humanité
aka Rats/Nights of terror
Synopsis :
Plus de deux siècles après un apocalypse nucléaire, nous sommes entrés dans la « deuxième humanité » (sic), l’action est sensée se passer dans les bas-fonds d’une grande ville, que l’on suppose New York, dans le quartier de Manhattan (je sais c’est vachement précis mais on se réfère au titre du « film » !)…
Taurus, Kurt, Video, Chocolat et Myrna sont des survivants qu’on a refusé au casting de Mad Max 5 (allez on arrête de déconner là !), toute cette équipe atterrit dans Manhattan et trouve refuge dans une baraque abandonnée…
Très vite ils trouvent de la nourriture et de l’eau et donc décident de s’implanter dans cet endroit…
Lorsque Video découvre un ordinateur dans une salle, il interroge la machine : les anciens occupants du lieu ont été attaqués puis annihilés par des rats mutants !
Les fameux rats surpeuplent la bâtisse et s’en prennent aux protagonistes de l’histoire dans des séquences atroces (visages griffés au sang, rats explosant des intestins, rongeurs sortant de la bouche d’une frêle jeune fille et j’en passe…).
Au bout d’une heure et demie, les rescapés se décident à quitter les lieux (c’est pas trop tôt, fallait vraiment être con pour y rester !) et vont tomber sur quelque chose d’incroyable : des miliciens thermonucléaires se trouvent dehors avec des sulfateuses et ratissent le sol avec ce qui semble être du raticide !
Ils croient être sauvés de ce cauchemar jusqu’à ce que …
Mon avis :
« Les rats de Manhattan » est une légende pour tout cinéphile adepte de nanars et c’est normal, c’est notre bon vieux Bruno Mattei (qu’est- ce qu’il nous manque !) qui nous a torché un monument pareil ! Dans la digne lignée de « Virus cannibale » réalisé quatre ans auparavant, on est exactement dans le même délire, dans la même folie cinématographique, Mattei était un génie unique, seul lui osait et pouvait mettre en place des films pareils, au scénario aberrant avec des acteurs paumés le tout gratiné par des effets gore sidérants et des trouvailles insensées !
Mattei le roi du WTF movie, en quelque sorte…
Et là il fait très fort le bougre, on tourne en rond pendant une heure et demie, les acteurs et actrices végètent comme des otaries bourrées au Xanax dans les pièces sombres et sordides d’un hôtel désaffecté et se font chier comme pas possible, dans une succession de séquences toutes plus débiles les unes que les autres (la danse avec la farine, Mattei a osé inclure ça dans le scénario ?), seules les « agressions » avec les rats permettent de rehausser la dynamique du film, alors qu’à contrario dans « Virus cannibale » il y avait beaucoup plus d’action, de tonicité et de décors différents…
« Les rats de Manhattan », faut le voir pour le croire ! C’est du jamais vu au septième art, atteindre un tel degré de délires force automatiquement le plus grand respect !
Si on résume, si vous n’avez pas peur des rats (condition sinéquanone pour visionner le film) et que vous êtes partants pour vous prendre une poilade pendant 96 minutes alors « Les rats de Manhattan » est fait pour vous ; pas besoin d’être regardant sur le jeu d’acteur, l’ambiance totalement barrée fait le reste et apporte au film tout son charme…
Quant à la fin, on suppose que Mattei avait eu une bouffée délirante ou qu’il s’était enquillé un jerricane de Jack Daniels coupé au cannabis, je n’en dis pas plus mais attendez- vous à du méga costaud…
Dantesque à tous les niveaux, « Les rats de Manhattan » est presqu’irréel tant il fait halluciner, c’est une autre vision du cinéma que les curieux adoreront, on s’en prend plein les mirettes et on en sort déboussolés !
Un dernier conseil, surtout ne pas prendre le film au premier degré, mais se dire qu’à une époque bénie et révolue, il y avait encore des réalisateurs fous (comme Mattei) qui osaient TOUT, loin des conventions établies et qui se distinguaient par leur marginalité de façon flamboyante, Mattei était l’un d’eux, rentrez dans son « monde », c’est une expérience sensationnelle !

Note : 10/10 (obligatoire)






jeudi 13 octobre 2016

La garçonnière de Billy Wilder, 1960

LA GARCONNIERE
De Billy Wilder
1960
Etats-Unis
avec Jack Lemmon, Shirley Mac Laine, Fred Mac Murray, Jack Kruschen, Ray Walston
125 minutes
Comédie dramatique
4 Oscars en 1960 dont celui du meilleur film et des meilleurs décors
Décors d’Alexandre Trauner
aka The apartment
Synopsis :
Etats Unis, New York, début des années soixante…
Calvin Clifford Baxter est un employé modeste et modèle, il travaille comme assistant administratif dans une entreprise d’assurances, au sein d’une immense tour…
Fran Kubelik, une très belle jeune femme, travaille comme liftière au sein de la même entreprise que Calvin…
 Jeff Sheldrake est leur directeur des ressources humaines ; Baxter a pour habitude de « prêter » son appartement à ses collègues pour que ceux-ci convient leurs amies à des parties fines, ce qui n’est pas du goût du voisinage de Baxter…
Le pauvre homme doit même des fois dormir dehors, les « hôtes » ayant du retard pour lui rendre les clefs de sa « garçonnière »…
Sheldrake fait miroiter à Baxter une augmentation de grade, celui-ci se voit donc contraint d’être soumis, appâté par le graal professionnel promis par le DRH…
Baxter est secrètement amoureux de Fran, un jour il comprend que celle- ci est l’une des maitresses de Sheldrake…
Fran est en fait malheureuse et dépressive, un soir elle avale une boite de somnifères, voulant mettre fin à ses jours…
Baxter la sauve in extremis grâce au docteur Dreyfus, un de ses voisins, qui lui pratique un lavage d’estomac…
Baxter démissionne de son travail et, le jour du nouvel an, Fran, rétablie, le retrouve chez lui…
Couple mignon et attachant, Baxter et Fran entament une partie de cartes…
Mon avis :
« La garçonnière » est un chef d’œuvre d’une fraîcheur et d’un rayonnement incroyables, c’est deux heures de spectacle jubilatoire avec des personnages touchants, l’interprétation est parfaite et à aucun moment Billy Wilder ne vire vers le vulgaire ou la violence, son film est fin et pudique et l’histoire d’amour qui y est contée est magnifique, alternant les passages comiques et les moments dramatiques…
C’est du très haut niveau de comédie américaine, Billy Wilder explore de nombreuses thématiques comme l’arrivisme, la convoitise mais aussi la méchanceté, les gens « sans gêne » et le manque de respect et de politesse…
Jack Lemmon est fabuleux dans son rôle de « gentil », de trop gentil, et le personnage de Fran incarné par Shirley Mac Laine semble être son tremplin vers une vie différente, une AUTRE vie…
Leur timidité n’est pas maladive mais très touchante et Wilder met en exergue leur candeur dans des séquences que l’on ne trouve nulle part ailleurs au cinéma (la raquette de tennis pour les spaghettis, la scène de la salle de bains, l’ascenseur bondé au début)…
Les décors d’Alexandre Trauner sont très impressionnants, Baxter étant un élément professionnel comme tant d’autres, perdu dans un dédale de bureaux, il semble comme du bétail avec les autres employés, il y a de l’uniformisation et le côté glaçant et impersonnel de la bureaucratie…
Ayant glané quatre Oscars, « La garçonnière » est un monument de la comédie américaine, un chef d’œuvre enjoué, bénéfique dont on sort rasséréné et la fin peut faire travailler l’imagination du spectateur, Wilder conclut son film de façon magistrale sur ce que l’on suppose comme le début d’une relation amoureuse…
Majestueux, « La garçonnière » est un film à voir et à revoir, Billy Wilder a atteint ici le sommet de son art cinématographique…

Note : 10/10





La poupée diabolique de Lindsay Shonteff, 1964

LA POUPEE DIABOLIQUE
de Lindsay Shonteff
1964
Grande Bretagne
avec Bryant Halliday, Yvonne Romain, William Sylvester, Sandra Dorne
78 minutes
Fantastique
DVD édité chez Artus films
aka Devil doll
Synopsis :
Londres, années soixante…
Mark et Marianne, un jeune couple, se rendent à un spectacle avec Vorelli, un hypnotiseur, ce dernier décide de convier Marianne à monter sur la scène, il l’envoûte…
Vorelli donne ses spectacles  avec une poupée mannequin, il est également ventriloque !
Ses représentations faisant sensation, Marianne décide de l’inviter à une fête donnée chez sa tante, une richissime octogénaire…
Vorelli a des ambitions vénales et souhaite, par le biais de son don, charmer Marianne pour ensuite hériter de sa fortune…
Le plan de Vorelli est machiavélique et la poupée cache un lourd secret !
Après avoir enquêté , Mark comprend que Vorelli est un tueur en série, il essaie de l’extirper de Marianne, il est peut- être déjà trop tard !
Et si l’envoûtement de la poupée se retournait contre Vorelli ?
Il dit lui-même que son « âme » se trouve dans le fameux mannequin…
Après avoir trucidé ses assistantes, Vorelli est piégé !
La poupée a perdu son influence et est désormais « libre » de toute emprise !
Mon avis :
Méconnu du public et demeuré inédit dans l’hexagone, « La poupée diabolique » est un petit bijou du British horror qu’Artus films a eu l’excellente idée d’exhumer et de sortir dans une édition DVD de toute beauté…
Shonteff utilise le gimmick de la poupée et du ventriloque pour rajouter du mystère à son histoire, l’effet de terreur fait mouche et le climat insolite qui règne tout le long du film fascine autant qu’il effraie !
La plastique des actrices est réellement sexuée, d’ailleurs Shonteff a émaillé son métrage de plans dénudés et libidineux que l’on retrouve dans les bonus du DVD (le montage américain rajoute un strip tease et un plan « top less » que l’on ne retrouve pas dans le montage européen !)…
Shonteff est très malin et connaît bien les ficelles de la peur au cinéma, il utilise tout ce qui lui semble bon pour déployer un aspect baroque appuyé jusqu’au dénouement, qui vire complètement dans  le fantastique !
Bryant Halliday possède un charisme imparable et son personnage de Vorelli semble tout droit sorti de films comme ceux de la Hammer, sorte de croisement entre « Le cirque des vampires » et autres films de vampires, le vampirisme ici étant remplacé par l’envoûtement via l’hypnose, mais il « vampirise » au sens figuré ses victimes, puisqu’il pénètre dans leur inconscient pour mieux les manipuler…
Le duo qu’il forme avec le mannequin Hugo forme un binôme de l’effroi et quiconque donnera sa confiance en l’un des deux se verra contraint à un funeste destin…
Très original et au support inhabituel (la poupée), « Devil doll » possède tous les atouts pour contenter le cinéphile fan d’ambiances insolites et anxiogènes, à la réalisation honnête et appliquée et sans être un chef d’œuvre absolu, le film reste très bien fait et mérite toute votre attention…

Note : 8/10



mardi 11 octobre 2016

Sleepaway camp 2 de Michael A. Simpson, 1988

SLEEPAWAY CAMP 2
de Michael A. Simpson
1988
Etats-Unis
Avec Pamela Springsteen, Renée Estevez, Susan Marie Snyder, Walter Gotell, Tony Higgins
80 minutes
Slasher gore
DVD édité chez Oh my gore !
aka Massacre au camp d’été 2
Synopsis :
Camp Arawak, Etats-Unis, années quatre- vingts…
Angela Baker, la monitrice en chef d’un camp de vacances pour adolescents, est en fait une psychopathe qui vient de sortir d’un asile après y avoir passé quatre années…
Les jeunes, dont Molly Nagle, ne pensent qu’à copuler, picoler et fumer des joints…
D’horribles meurtres sèment la zizanie dans le camp, on sait explicitement qu’il s’agit d’Angela la responsable qui tue, sur n’importe quel support (tronçonneuse, couteau, perceuse), tous les jeunes, sans distinction de sexe, qui refusent une vie prude et saine…
Seuls survivront ceux et celles qui se sont enfuis du camp, les autres seront condamnés à une mort atroce…
Mon avis :
Suite laborieuse d’un premier opus à succès, ce « Sleepaway camp 2 » (« Massacre au camp d’été 2 » chez nous) est l’archétype même du slasher brouillon et bourrin tourné avec dix dollars ; les décors se répètent tout le long du film, les acteurs n’ont jamais étudié l’interprétation et l’intrigue file à la va comme je te pousse mais demeure néanmoins assez efficace…
Simpson explose les règles habituelles du whodunit puisque la meurtrière est déjà identifiée dès le premier homicide, ce qui gâche le suspense et l’effet de surprise, les spectateurs friands de jeu de piste en seront pour leurs frais…
Le gore est bricolé et souvent hors –champ, Simpson insiste moins que les italiens sur le voyeurisme inhérent aux scènes d’horreur ; certaines séquences sont grotesques (les sangsues dans les vespasiennes, la perceuse dans la voiture) et le film met du temps à décoller après une longue exposition du cadre et des personnages…
Sorte de « Vendredi 13 » du pauvre, « Sleepaway camp 2 » reprend les thématiques de son homologue de manière grossière et peu inventive, seule Pamela Springsteen apporte un charisme avec son visage d’ange, une brune en fait démone et impitoyable, qui semble déterminée à faire régner la loi prude sur ce camp d’ados dépravés (bonjour l’ambiance !)…
Rigolo et vraiment ancré dans les clichés du genre, « Sleepaway camp 2 » fait se démener un scénario sans vigueur au milieu de protagonistes tous plus mongolo les uns que les autres et seuls les plans de meurtres viennent électriser le film, où dans l’entre-deux on s’ennuie ferme…
A grand renfort d’adolescentes topless pour appâter le chaland voyeur et érotomane, « Sleepaway camp 2 » a cependant du mal à tenir la route et à retenir l’intérêt, sans doute à cause d’une histoire mollassonne et d’un budget famélique…
Restent quelques bons moments (notamment les passages nocturnes) et le caméo avec Freddy Krueger ou Jason, mais cela ne suffit malheureusement pas à pourvoir le métrage d’une charpente qualitative, on est quand même nettement dans le bas de gamme du slasher…
L’édition DVD d’Oh my gore ! est excellente avec une jaquette digipack qui remet au goût du jour le film grâce à un packaging très moderne, « Sleepaway camp 2 » est à réserver uniquement aux cinéphiles mordus des slashers et peu regardants sur la qualité, les autres passeront leur chemin sans problème…

Note : 6/10





lundi 10 octobre 2016

Tonnerre de feu de John Badham, 1983

TONNERRE DE FEU
de John Badham
1983
Etats-Unis
Avec Roy Scheider, Candy Clark, Warren Oates, Malcolm Mac Dowell, Daniel Stern
Thriller d’anticipation/film d’action
aka Blue Thunder
scénario de, entre autres, Dan O’Bannon
109 minutes
Synopsis :
Etats unis, début des années quatre-vingts…
Frank Murphy, un ancien soldat du Vietnam traumatisé par tout ce qu’il a vu, est rattaché comme pilote d’hélicoptère à une unité aérienne de la police locale, sa mission est de traquer les malfaiteurs et de les prendre en flagrant délit ; il est secondé par un jeune inexpérimenté…
Les deux hommes sont des témoins frontaux de l’agression d’une femme politicienne très influente, celle-ci décède suite à ses blessures…
Jack Braddock, le chef de Murphy, met ce dernier à pied, puis finalement le réintègre pour piloter un prototype, un hélicoptère dernier cri qui doit assurer la sécurité de la population pour les jeux olympiques qui auront lieu sous peu…
Cochrane, un rival de Murphy, cherche à le faire décéder lors d’une virée aérienne où il sabote son hélicoptère, Murphy s’en sort in extremis…
Lorsque Murphy intercepte une conversation entre des malfrats et Cochrane qui les mettent en cause dans la mort de la femme politique, il comprend la malveillance et la dangerosité de Cochrane…
Le jeune bras droit de Murphy est tué mais il a eu le temps de cacher la bande sonore compromettante…
Kate, la petite amie de Murphy, est chargée de transmettre cette cassette vidéo aux médias, faisant ainsi tomber Cochrane et les autres pourris…
Une course contre la montre est alors amorcée et Cochrane n’a plus qu’un leitmotiv : tuer Murphy !
Les deux hommes s’affrontent dans les airs et mettent un bazar pas possible dans la métropole, Kate arrive dans les locaux de la chaine télévisée avec la fameuse cassette…
Mon avis :
Outre un scénario très riche (le génial Dan O’Bannon est derrière les commandes) et des péripéties haletantes, « Tonnerre de feu » n’est pas seulement qu’un excellent film d’action mais aussi une approche visionnaire de la « sur-sécurité » embryon de la « télésurveillance » que l’on connaît de nos jours, ce n’est pas pour rien si l’un des logiciels s’appelle « Big brother », John Badham se sert de la technologie militaire pour dénoncer des pratiques à la limite de la violation de l’intimité et, très habilement, en fait le levier de son intrigue policière…
Très spectaculaire, le film met en exergue les moyens colossaux déployés par la police américaine mais cette fois sans patriotisme, ce qui en fait sa force et son charme ; Badham s’attache à ses personnages, notamment Murphy, victime d’un trauma pendant la guerre du Vietnam, et souffrant d’une névrose (il a la manie de faire tourner le chronomètre de sa montre), Warren Oates (dont ce fut le dernier rôle au cinéma) est impérial en chef bourru et les répliques cultissimes fusent dans des dialogues ciselés à la virgule près…
« Tonnerre de feu » est une incontestable réussite et est un métrage très intelligent où chaque séquence a sa place dans l’intrigue, Badham est un très grand metteur en scène et ponctue son film de séquences comiques pour désamorcer le côté anxiogène de certains moments (ah les passages libidineux lorsque Murphy « mate » les nanas nues dans les immeubles en pleine nuit – ça reste sage malgré tout, pas de plans graveleux !-)…
Malcolm « Clockwork orange » Mac Dowell a exactement la tête de l’emploi pour incarner un fumier de la pire espèce et le tournage fut périlleux pour l’acteur qui faillit mourir dans un accident d’hélico…
Candy Clark apporte de la féminité, elle est la « bonne étoile » de Murphy et va l’aider dans ses pérégrinations afin de faire éclater la vérité au grand jour, le suspense est à son comble dans les dix dernières minutes !
Le film a du coûter un maximum d’argent car les scènes de dévastations lors du duel Murphy/Cochrane sont tournées en « live », le numérique n’existait pas à l’époque donc ça barde sec et c’est très impressionnant à voir, le spectateur s’en prend plein les mirettes !
Visionnaire et très dépaysant, « Tonnerre de feu » est un régal, tous les ingrédients pour contenter le cinéphile sont présents : jeu d’acteurs impeccable, rythme soutenu, humour, répliques qui font mouche et action ininterrompue…
Avec le temps, « Tonnerre de feu » est même devenu un film culte, ce qui est légitime…
Bien ancré dans le panorama des thrillers-actioners d’outre Atlantique des années 80, « Tonnerre de feu » se revoit facilement 33 ans après et n’a rien perdu de sa force…
Magique et dégageant un charme absolu, un must have…

Note : 9.5/10