samedi 25 février 2023

FUNNY GAMES de Michael Haneke, 1997

 

FUNNY GAMES

de Michael Haneke

1997

Autriche

avec Arno Frisch, Susanne Lothar, Ulrich Mühe, Stefan Clapczinski

108 minutes

Thriller/film psychologique/film d’angoisse

Musique, entre autres, de Mozart et John Zorn

Présenté au festival de Cannes

DVD édité chez M6 vidéo

Synopsis :

Un couple (Anna et Georges), leur fils (lui aussi s'appelle Georges) et leur chien partent passer quelques jours dans leur maison de campagne près d'un lac.

En passant devant la maison de leurs voisins, ils s'étonnent de la présence de deux jeunes hommes (Peter et Paul).

À peine arrivés dans leur propre maison de campagne, l'un de ces deux jeunes vient leur demander un service (lui donner quatre œufs).

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Très perturbant et stressant, « Funny Games » peut s’apparenter au genre du thriller psychologique, on peut aisément dire qu’il a révolutionné ce genre…

Lors de sa présentation au festival de Cannes, ce film a provoqué un tollé à cause de sa violence et de son aspect très « politiquement incorrect » ; son histoire est relativement simple et facile à suivre dans le déroulement des séquences (deux jeunes gens complètement psychopathes séquestrent chez eux un couple et leur fils venu en vacances dans leur maison proche d’un lac)…

Très vite, la tension et le malaise vont monter et s’imbriquer dans un postulat qui semble être sans issue, avec une seule possibilité : la mort et le massacre de ces pauvres gens qui ne demandaient rien à personne ! Haneke est très pervers et utilise la torture mentale mais également le voyeurisme ; il invite le spectateur (tétanisé) dans son histoire et lui permet de donner son avis (à certains moments, un des tueurs s’adresse au spectateur, c’est un procédé inédit au cinéma et qui relève du génie !)…

« Funny games », ça barde sévèrement, ponctué d’une musique bruitiste faite de vociférations difficilement supportable et qui accentue le malaise, on est chez les fous et les deux jeunes déséquilibrés sont complètement barges ! rien ne semble les stopper et la famille va en faire les frais et ce, sans la moindre once de pitié (le chien et le gamin ne seront pas épargnés !)…

La mise en scène de Haneke est froide et brute de décoffrage, le film se suit avec intérêt et le suspense est énorme, Haneke joue avec les nerfs des spectateurs, « Funny games » est éprouvant à visionner pour tout novice en thriller d’angoisse, il faut être un cinéphile aguerri pour pouvoir supporter la violence du film (ce qui pourrait « désamorcer » cette dernière serait d’avoir vu des films similaires auparavant -comme « La dernière maison sur la gauche » de Wes Craven, par exemple-) ; « Funny games » est un modèle de thriller perturbant et vraiment insolite et atypique, avec une base d’idées assez conventionnelle mais déclinée de façon hyper originale (on n’a jamais vu ça avant !)…

Le film n’est pas extrêmement gore mais ce qui le rend à la limite de l’insoutenable, c’est les cris, les hurlements de souffrances des parents (le père blessé à la cuisse, ses cris lorsqu’il comprend que son fils a été abattu), effectivement, « Funny games » est un métrage hyper sévère et qui pourra vous laisser des séquelles, c’est aussi une leçon magistrale de cinéma à la mise en scène fluide et très raide, mais qui laissera une grande empreinte au septième art, tous ceux qui l’auront visionné ne pourront oublier « Funny games », c’est très fort, aussi bien dans le fond que dans la forme !

En s’armant des plus grandes précautions et en s’attendant à voir quelque chose d’extrême, on pourra « savourer » ce thriller à réserver à un public averti et prévenu…

D’une grande rigueur dans la technique de filmage (il suffit de voir le générique d’ouverture avec la voiture qui roule, filmée du ciel) et à un rythme haletant, dès que les psychopathes ont pris possession de la maison, on ne peut plus décrocher, on est pris dans l’histoire, embourbés dans ce cauchemar et on est invités quelques fois à procéder à une interactivité pour faire changer la donne… ou pas !

Extrêmement malin, « Funny games » a marqué d’une pierre blanche le thriller européen de la fin des années 90, Haneke s’est imposé comme un des meilleurs cinéastes autrichiens et son film fut un succès planétaire, attirant les curieux et doté d’une réputation très sulfureuse…

« Funny games » est une pure bombe qui fait voler en éclats toutes les codifications du thriller instaurées précédemment ; c’est un film très dur mais nécessaire et qui nous questionne sur la violence et la société, sur la violence de la société et les psychopathes qu’elle peut engendrer…

Ça fait effectivement froid dans le dos, mais si on n’a pas peur on peut se lancer à pieds joints dans « Funny games », authentique thriller psychologique comme rarement on a pu voir au cinéma…

Une expérience de film limite qui mérite toute votre attention !

Note : 10/10









mardi 21 février 2023

Le grand blond avec une chaussure noire d'Yves Robert, 1972

 

LE GRAND BLOND AVEC UNE CHAUSSURE NOIRE

d’Yves Robert

1972

France

avec Pierre Richard, Bernard Blier, Jean Rochefort, Jean Carmet, Mireille Darc, Paul Le Person, Yves Robert, Robert Castel

Comédie parodique/Espionnage

Dialogues de Francis Veber

Musique de Vladimir Cosma

86 minutes

DVD édité chez Gaumont Vidéo

Synopsis :

Le chef des services secrets français, Louis Toulouse, est compromis par son adjoint Milan dans une affaire d'agent double.

Cette machination, menée par Milan, a pour objectif de discréditer Toulouse afin de prendre sa place.

Mais Toulouse, ayant découvert les plans de Milan, met en place un piège pour faire tomber son adjoint.

Pour cela, il décide d'utiliser un inconnu, « n'importe qui, un homme dans la foule » et de faire croire à Milan que l'inconnu en question est un redoutable agent secret destiné à régler l'affaire de l'agent double.

Cet inconnu, choisi dans la foule au hasard à Orly par Perrache, l'homme de confiance de Toulouse, parce qu'il porte une chaussure noire à un pied et une marron à l'autre, est François Perrin, un violoniste étourdi. 

(source : Wikipedia)

Mon avis :

« Le grand blond avec une chaussure noire » est sans doute le plus connu des films de Pierre Richard, il se démarque du « Distrait » car c’est une parodie des films d’espionnage, les gags sont moins incisifs qu’à l’habitude mais le film n’oublie pas de nous gratifier de séquences très cocasses ponctuées régulièrement de quiproquos, la marque de fabrique des films avec Pierre Richard…

Yves Robert s’entoure de son équipe favorite (Francis Veber aux dialogues, Vladimir Cosma à la musique) et « Le grand blond avec une chaussure noire » se savoure du début à la fin avec des moments cultes de cinéma ; c’est un chef d’œuvre très diversifié et qui montre l’aisance de Pierre Richard qui peut jouer tous les personnages que l’histoire lui demande…

Dès que son protagoniste de François Perrin est identifié à son arrivée à l’aéroport, le scénario peut alors se déployer et, comme toujours avec Pierre Richard, tout va partir en live !

Le coup des « agents doubles » sera repris dans « Le coup du parapluie » et c’est un bonheur de voir toutes ses « trognes » de tueurs coordonnées par Jean Rochefort et l’inénarrable Bernard Blier (le « Gazou gazou » du « Distrait ») ; « Le grand blond avec une chaussure noire » se dote d’un atout sexy de choix, en la présence de Mireille Darc (Christine) chargée « d’allumer » Perrin pour le faire parler ; bien sûr rien ne se passera comme prévu et le comique de situation tourne à plein régime (la chevelure coincée dans la braguette, les gaffes à répétition…), on rit de bon cœur même si « Le grand blond avec une chaussure noire » est moins hilarant que les autres Pierre Richard (c’est Yves Robert aux commandes et non pas Claude Zidi ou Gérard Oury)…

Ceci étant, « Le grand blond avec une chaussure noire » est LA comédie d’espionnage de Pierre Richard, on a toujours le côté iconoclaste de son personnage même si moins éclatant que pour ses autres films, cela reste un régal grâce aux dialogues signés Veber et le spectateur s’amusera facilement lors de séquences désopilantes et des seconds rôles savoureux (Jean Carmet en mari cocu est à se tordre), les investigations des services secrets semblent crédibles et le timing des plans colle juste (la camionnette, la virée à vélo…) ; lorsque Pierre Richard/François Perrin prend un itinéraire inattendu, c’est très marrant de voir la réaction des agents qui le prennent pour un hurluberlu (la barque)…

Bref, même s’il y a moins de délires que dans « Les malheurs d’Alfred » ou « Le distrait », « Le grand blond avec une chaussure noire » reste un film  parodique de haut niveau où Pierre Richard excelle une nouvelle fois…

Malgré ces louanges, et c’est un avis personnel, c’est mon Pierre Richard que j’aime le moins, car je déplore avoir moins ri pendant le visionnage que pour les autres, un comble !

Je me suis éclaté 100 fois plus avec des films comme « Les malheurs d’Alfred » ou « La carapate » ; c’est mon avis personnel et je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir, donc si vous êtes fan de Pierre Richard vous adorerez ce « Grand blond avec une chaussure noire » !

Le DVD issu du coffret édité chez Gaumont est une nouvelle fois un must have, avec une image très nette, on peut dès lors visionner le film dans des conditions optimales !

Sympathique même si mon avis est mitigé sur l’hilarité permanente qui n’était pas au rendez-vous pour moi, contrairement aux autres Pierre Richard…

Note : 7.5/10








samedi 18 février 2023

Les malheurs d'Alfred de Pierre Richard, 1972

 

LES MALHEURS D’ALFRED

de Pierre Richard

1972

France

avec Pierre Richard, Anny Duperey, Pierre Mondy, Paul Préboist, Georges Beller, Francis Lax, Jean Carmet, Paul Le Person, Yves Robert

Comédie satirique

98 minutes

Musique de Vladimir Cosma

Co-écrit par Roland Topor d’après son idée

DVD édité chez Gaumont

Synopsis :

Alfred Dhumonttyé, jeune architecte, est depuis son enfance un malchanceux chronique : tout ce qu’il entreprend rate lamentablement.

Ses constructions ont une fâcheuse tendance à être détruites prématurément. Après un énième fiasco, un soir Alfred décide de se suicider en se jetant à l'eau dans un canal à Paris

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Tourné deux ans après « Le distrait », « Les malheurs d’Alfred » ne déroge pas à la règle des codes satiriques instaurés par Pierre Richard, on peut même dire que c’est son film le plus ambitieux, c’est une version surboostée du « Distrait » et, comme toujours, le rythme est incessant, ponctué de séquences délirantes, le scénario a été co-écrit par Roland Topor et le film fait très « bande dessinée », tout est au cordeau et « Les malheurs d’Alfred » est même élitiste dans ses références satiriques, Pierre Richard multiplie jeux de mots et calembours et il faut au spectateur une sacrée attention pour tout capter…

Alors que « Le distrait » était une satire de la publicité, « Les malheurs d’Alfred » est une satire du monde de la télévision, notamment des jeux télévisés (Pierre Richard prend clairement pour cible « Intervilles »), la mise en scène est très léchée, les acteurs (aussi les seconds rôles) sont à une place millimétrée, Pierre Richard fait preuve d’une application et d’une exigence rares pour appuyer le propos humoristique de son métrage et tout fonctionne à merveille, en restant divertissant en permanence…

Anny Duperey est d’une beauté folle, Pierre Mondy excelle dans son rôle d’ordure finie et Paul Préboist déclenche des barres de rire par des séquences au comique absurde (il traie un cheval, balance des œufs à ses poules puis tire sur sa télé, passage symbolique)…

L’idée de départ (un double suicide par noyade) est bien exploitée et, dès lors, le film prend son essor et ça y va plein pot, d’abord avec cette rencontre fortuite entre Pierre Richard et Anny Duperey qui va, bien sûr comme dans tous les films de Pierre Richard, s’agrémenter de quiproquos et de séquences cocasses !

L’inventivité des passages du film déclenche l’hilarité à coup sûr (le boxeur qui n’arrive pas à dormir, le boucan et les gaffes faites par Pierre Richard) mais le film se double d’un aspect touchant (Alfred est fou amoureux d’Agathe mais celle-ci semble l’ignorer, restant éperdue de son mari, même si ce dernier est une vraie enflure !), heureusement cela finira bien et la tournure prise est rassérénante, aussi bien pour Alfred que pour le spectateur…

Pierre Richard explore beaucoup de thématiques de la comédie, il est à la fois drôle et touchant, il maitrise déjà son art, à seulement son deuxième film en tant que réalisateur, on sent qu’il a tout pigé et il se dote de toutes les qualités pour rendre attractive l’histoire qu’il développe…

Les effets comiques lors des gaffes sont déclinés à la perfection et le timing tient du miracle (au niveau de la technique, ça n’a pas du être simple à mettre en scène !) ; « Les malheurs d’Alfred » est une réussite sur toute la ligne, c’est une satire exempte du moindre défaut et aucune faute de goût n’est à déplorer…

La musique de Vladimir Cosma est inspirée de celle du « Distrait », « Les malheurs d’Alfred » en est un peu l’héritier mais Pierre Richard n’a pas refait un « Distrait » bis, il a renouvelé ses gags et l’environnement de son précédent film, il était conscient qu’il ne fallait surtout pas tomber dans le piège de « lasser » le spectateur, le résultat est donc nickel et prodigieux !

Pierre Richard ne s’est pas endormi sur ses lauriers et a fourni un effort d’écriture et de réalisation tout bonnement phénoménal !

« Les malheurs d’Alfred » se place directement comme classique instantané du film comique français du début des années 70 et le cinéphile adepte de ce genre se délectera au visionnage ; de plus le DVD remastérisé sorti chez Gaumont nous permet d’apprécier « Les malheurs d’Alfred » dans des conditions optimales !

Bien plus intelligent qu’il ne pouvait laisser présager et tout sauf débile, « Les malheurs d’Alfred » évoque la nostalgie d’une époque révolue, que l’on ne retrouve plus du tout de nos jours avec les comédies actuelles ; c’est un film qui fait du bien et c’est un bonheur de se replonger dans cette période de l’insouciance des années 70…

Epaulé quasiment par la même équipe, Pierre Richard savait y faire, qu’il soit acteur ou metteur en scène, chacun de ses films est un joyau et une pépite à savourer sans modération…

« Les malheurs d’Alfred » vous comblera et c’est le meilleur médicament en cas de sinistrose, en cas de coup de blues, ce film est le meilleur remède !

Note : 9/10











samedi 11 février 2023

Le coup du parapluie de Gérard Oury, 1980

 

LE COUP DU PARAPLUIE

de Gérard Oury

1980

France

avec Pierre Richard, Valérie Mairesse, Gérard Jugnot, Dominique Lavanant, Gert Fröbe, Christine Murillo, Gordon Mitchell, Axelle Abbadie, Maurice Risch, Roger Carel

Comédie

90 minutes

Musique de Vladimir Cosma

Scénario et dialogues de Gérard Oury et Danielle Thompson

DVD édité chez Gaumont

Synopsis :

Grégoire Lecomte, comédien sans envergure - ses contrats étant le plus souvent des spots publicitaires tel « Ragoutoutou » - et coureur de jupons, se rend à un rendez-vous pour obtenir un rôle de tueur dans un film comique.

À la suite d'un quiproquo, il se retrouve engagé par de véritables mafiosi comme tueur à gages, tout en croyant que le « contrat » en question est celui de son rôle dans le film.

Il part ainsi pour Saint-Tropez où il doit éliminer lors d'une soirée un trafiquant d'armes en usant d'un parapluie dont la pointe contient du cyanure.

Mais Grégoire ignore que Moskovitz, le vrai tueur, est à ses trousses.

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Deux ans après « La carapate », Gérard Oury signe une nouvelle collaboration avec Pierre Richard et on peut dire qu’il s’est surpassé, toujours assisté de sa fille Danielle Thompson pour le scénario et les dialogues, soyons clairs ce « Coup du parapluie » est un nouveau chef d’œuvre, le spectateur se régale des pitreries de Pierre Richard, ici dans une histoire d’espionnage avec des quiproquos à la pelle et des séquences cultes et désopilantes !

Comme toujours avec Gérard Oury, le rythme est à fond les bananes, rien ne semble arrêter ce déploiement de gags et on est pétés de rire du début à la fin !

Le film a coûté un budget énorme car l’endroit de la soirée à Saint Tropez (le Byblos) avait brûlé deux mois avant le tournage et Oury décida de le faire reconstruire à l’identique dans des studios de la région parisienne, un travail de titans !

Pierre Richard, même s’il a été doublé, signe quelques cascades lui-même et a pris des risques colossaux ; les décors rappellent vraiment le début des années 80 et « Le coup du parapluie » est un film bourré d’énergie et de nostalgie, qui ravira les cinéphiles et qui se suit avec une grande délectation…

La pub « Ragoutoutou » est désopilante et on la voit même sur un bus parisien lors d’une poursuite, c’est dire la précision du timing voulu par Gérard Oury, qui signe ici un sans faute (le film a été nominé aux Césars pour le meilleur montage, il méritait amplement d’avoir ce prix !)…

Gordon Mitchell (le véritable tueur à gages) a vraiment la tête de l’emploi, tout comme l’acteur allemand Gert Fröbe, les seconds rôles féminins sont impeccables et on a la joie de retrouver Gérard Jugnot en père de famille…

Le rythme est alerte et les séquences comiques sont téléphonées et font mouche à chacune de leurs apparitions, on en dénombre plusieurs dizaines !

Le bal de charleston lors de la soirée est jouissif et Pierre Richard/Grégoire Lecomte est en roue libre, passant du coq à l’âne en permanence et croyant dur comme fer à sa mission (tuer le riche industriel au moyen d’un parapluie rempli de cyanure) et il ne se rend pas compte de la supercherie (l’inversion lors de l’entretien avec les mafioso)…

Quel travail de mise en scène de la part de Gérard Oury, peu de réalisateurs de comédies sont aussi méticuleux que lui !

Oury dédie « Le coup du parapluie » à sa maman Marcelle décédée en mars 1980, il met une sincérité, une loyauté et une application dans sa réalisation qui forcent l’admiration et le respect total, Oury est au service du spectateur pour lui offrir distraction et divertissement, dans ce genre c’est un cador absolu !

On n’a quasiment jamais été déçus avec tous ses films qui fleurent bon la France et l’insouciance, on a juste à se caler sur notre canapé et à enclencher le DVD et c’est parti pour une heure et demie de pur bonheur cinématographique, « Le coup du parapluie » c’est du divertissement total, un loisir à suivre sans modération et qu’on peut visionner et revisionner avec un plaisir identique à chaque fois…

Pierre Richard, devenu une star, est au zénith de sa carrière et rien ne semble l’arrêter dans sa frénésie et dans ses délires, il déclenche irrésistiblement les zygomatiques lors de plans séquences hilarants, son nom sur l’affiche est garant pour Oury de succès au box -office et chacun des films avec la collaboration entre les deux compères fait rentrer la production largement dans ses frais, ça rapporte de l’argent, beaucoup d’argent, mais franchement c’est tout à fait mérité !

On en viendrait presque à regretter toutes ces comédies vintage des années 70 et 80 par rapport à celles actuelles, ici, il y avait un talent réel, on est loin des films comiques de maintenant, souvent débiles et mercantiles…

« Le coup du parapluie » est un pur régal, il peut être vu par tous les publics et a parfaitement sa place dans le très beau coffret DVD édité par Gaumont…

Un film qui fait bien plaisir et qui apporte un grand bonheur, on aurait tort de s’en priver, et Pierre Richard est irrésistible, c’est vraiment un comédien phénoménal !

Note : 8.5/10










samedi 4 février 2023

La carapate de Gérard Oury, 1978

 

LA CARAPATE

de Gérard Oury

1978

France

avec Pierre Richard, Victor Lanoux, Jean-Pierre Darras, Katia Tchenko, Claude Brosset, Henri Poirier, Alain Doutey, Raymond Bussières, Claire Richard, Yvonne Gaudeau, Jacques Frantz

105 minutes

Comédie burlesque déjantée

DVD édité chez Gaumont

Scénario et dialogues de Danielle Thompson et Gérard Oury

Cascades de Rémy Julienne

Synopsis :

En mai 1968, Jean-Philippe Duroc, un avocat taxé de gauchisme, rend visite à Lyon à son client, Martial Gaulard, condamné à mort pour un meurtre qu'il n'a pas commis.

À ce moment, une mutinerie éclate à la prison.

Gaulard en profite et, subtilisant les habits de son avocat, parvient à s'échapper. La police est persuadée que Duroc a contribué à l'évasion et les deux hommes sont alors recherchés par toutes les polices de France.

(source : Wikipedia)

Mon avis :

Réussite totale, « La carapate » est surement la comédie la plus déjantée de cette fin des années 70, Gérard Oury a réalisé avec brio et application un film au budget énorme et on peut dire qu’il n’a pas choisi la facilité ; il place l’intrigue en plein pendant mai 1968 et le scénario est très dense et riche avec une pléthore de rebondissements incessants (c’est une histoire de cavale à travers toute la France de deux hommes, un avocat et l’autre détenu évadé) ; ça n’arrête quasiment jamais et  « La Carapate » nous vaut des séquences désopilantes et une reconstitution parfaite de la France pendant la répression de mai 68…

Pierre Richard est en roue libre et on rit fréquemment face à toutes ses pitreries, « La carapate » est une comédie très ambitieuse et aussi comportant des tas de cascades, c’est un film savoureux qui tient en haleine le spectateur du début à la fin avec des passages d’un dynamisme effréné et un timing vraiment balaise (Oury s’est épaulé de Danielle Thompson pour écrire le scénario), « La carapate » est tout bonnement jubilatoire et tous les cinéphiles se régaleront avec ce déluge de séquences comiques, c’est à la fois une comédie burlesque mais également un super film d’action !

A la base le rôle de Victor Lanoux était écrit pour Patrick Dewaere mais ce dernier, après avoir lu le script, refusa de jouer dans le film, apeuré par le côté iconoclaste de son personnage !

On apprend dans les bonus du DVD que le tandem Lanoux/Richard n’en était pas à son coup d’essai puisque les deux acteurs avaient fait du music- hall ensemble !

Gérard Oury a opté pour un rythme à fond les gamelles avec « La carapate » et jamais il ne se relâche ; doté de moyens financiers gigantesques, Gérard Oury met en scène cette « cavale » à travers la France et on voit bien qu’il a mis le paquet sur le spectaculaire, alternant le comique de situation avec des moments très impressionnants, il a eu « carte blanche » au niveau de la production et s’est lâché comme un petit fou, un peu comme un môme avec un nouveau jouet, le rendu final est impeccable et le duo Lanoux/Richard fonctionne à merveille et nous balance des séquences savoureuses (l’évasion au début, le bordel dans la station- service, le mari cocu dans la ferme avec les deux compères planqués dans l’armoire, à mourir de rire !)…

On peut parler de génie, « La carapate » est un film génial ; sur un postulat vu pas mal de fois au cinéma (une cavale), « La carapate » remporte aisément la palme du meilleur film, c’est une déclinaison de cette idée réalisée avec un énorme talent et cette comédie n’oublie jamais son but initial : être divertissante avant tout, mission remplie à deux cents pour cents !

Le couple de riches avec Jean-Pierre Darras et le personnage du père joué par Raymond Bussières représentent bien le côté « vieille France », Gérard Oury dote même son film d’un certain érotisme (la prostituée jouée par la belle Katia Tchenko topless à la station- service lors d’un moment délirant, la jeune blonde qui cocufie son mari)…

On a des moments inoubliables comme la course avec le scottish, la venue du général de Gaulle à l’aéroport avec Duroc/Pierre Richard qui lui fait signer son document de demande de grâce et la fin complètement surréaliste et impossible dans la réalité avec l’évasion par la fenêtre des deux fugitifs !

On est bluffés devant « La carapate », cette fois Gérard Oury a passé la cinquième et il signe une œuvre hyper ambitieuse, il a placé la barre très haut et finalement il remplit parfaitement son contrat, le public ne s’y est pas trompé puisque ce fut un grand succès au box-office et également lors des multi-diffusions à la télé où l’audience fut phénoménale !

Tout cinéphile fan de Pierre Richard ne peut occulter « La carapate » et se doit de le voir absolument…

Une comédie géniale qui tient du miracle ! 

Note : 9.5/10