Open Watching

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lundi 30 janvier 2012

Rise to Remain, le groupe du fils de Bruce Dickinson !

RISE TO REMAIN – le groupe du fils de Bruce Dickinson



Album City of Vultures



(2011)



Sortis de nulle part, comme échappés de leur collège, les jeunes de Rise To remain débarquent avec un album qui casse la baraque et qui s’avère être un immense succès le bien nommé « City of vultures », carton planétaire et déjà considérés comme les héritiers d’une certaine frange heavy metal, mélange de Linkin Park et de Suicide Silence…



Version teen metal de Maiden (le chanteur du groupe n’est autre que le fils de Bruce Dickinson !), les Rise to Remain enchainent un métal racé ultra conventionné et standardisé, chaque morceau de l’album donnant l’impression d’être déjà connu et ainsi créant une alchimie d’addiction fortement ressentie !



Malgré ce manque d’originalité limite sensation de réchauffé, on constate néanmoins un attachement indéniable sur ce combo de jeunes gens doués et sympathiques !



Car c’est leur talent qui fait toute la différence !



Le travail au niveau du son est impressionnant et les vocaux sont poussés à maxima, créant ainsi un effet de longueur sur certains titres (« This day is mine » par exemple, qui ne recule devant rien pour appuyer son lyrisme)…



On dirait Bruce Dickinson sortant du stade pré ado ! Papa peut être fier de sa progéniture !



D’ailleurs il ne faut pas se méprendre, « Rise to remain » s’adresse à un public hyper ciblé et risquera de déconcerter les fans de death metal, se rapprochant plutôt des amateurs de heavy ultra commercial, risquant même d’être un feu de paille dans les années à venir !



Ceci étant, les plus « open » des métalleux, peu avares de mélodies, ne pourront que difficilement bouder leur plaisir face à une telle efficacité !



On a même droit à des growls, des blast beats (hyper furtifs !) et des soli très bien foutus !



Mais réussiront ils à tenir sur leur prochain opus ?

En tout cas « City of Vultures » s’avère un beau coup de maitre, intéressant à tous points de vue et fortement recommandable à tout néophyte en la matière !



A découvrir !

A suivre de très près !

La relève est désormais assurée !



17/20




BIG FISH de Tim Burton, 2003

BIG FISH

De Tim Burton

Etats Unis

2003

avec Albert Finney, Ewan Mac Gregor, Jessica Lange, Marion Cotillard, Helena Bonham Carter

125 minutes



Synopsis :

Un père mourant et en phase terminale de sa pathologie incurable retrace des événements de sa vie à son fils…

Il y a eu nombre de conflits entre les deux hommes mais l’inventivité dont fait preuve le vieil homme, mélangeant réalité, imaginaire et onirisme dans ses histoires va finir par intéresser voire obnubiler sa progéniture, plutôt réfractaire à ses exubérances verbales…

Il sera question de la jeunesse du père, de sa rencontre avec une sorcière, avec un géant, de son passage dans une ville imaginaire, de ses prestations dans un cirque, de son départ à la guerre, de son amour fou avec celle qui deviendra sa femme…

Bref, tout est passé en relief et aux rayons X, avec toujours cet aspect fantasque et improbable, mais rendu plausible et possible par la qualité narrative du père, laissant à son fils un sentiment impérissable et retissant les liens fraternels…



Mon avis :

Réalisateur atypique mais réellement doué (il n’a plus à faire ses preuves !) Tim Burton signe avec « Big Fish » un film ultra soigné, jamais plombé de redondances et proprement impressionnant !

Tout y est : onirisme (mais pas outrancier), mise en scène parfaite, jeu d’acteurs exemplaire et perfectible, décors majestueux et sens de la narration mettant en parallèle réel, romance et imaginaire…

Au final, le spectateur capte très bien le message délivré par Burton, qui cherche à resserrer les leviers et les approches fraternels entre un père exubérant et son fils blasé par le comportement de ce dernier…

Et ça fonctionne !

On est réellement émus et le final nous arrache des larmes, tout en étant à aucun moment mièvre ou racoleur !

C’est le talent de Burton qui nous plonge dans cet univers improbable, peuplé d’une galerie de personnages imaginaires, débridés et attachants en même temps…

Burton est peut être alors à sa quintessence stylistique, à la limite du baroque mais il se sert de ce bestiaire cinématographique comme d’un tremplin pour affirmer une thèse bien réelle celle-ci : les conflits entre un père et son fils…

Le rêve au service de la réalité, l’échappatoire du quotidien via l’imagination au service de la dureté des relations père/fils…

Chacun pourra même y faire et y voir des « transferts » avec sa propre vie car qui n’a jamais au moins une fois dans sa vie eu un clash avec son père ?

Retranscrivant avec fluidité cette approche et ce postulat maintes fois ressassé au cinéma, Burton parvient à y insuffler sa patte et son talent stylistique, et ça fait mouche !  

Nombre de symboliques, nombre de plans placés là jamais par hasard et cet enchaînement de séquences entre réel et imaginaire confèrent à plonger le spectateur dans un spectacle extatique, presque cathartique, à la limite de l’osmose, nous faisant ainsi perdre pied entre la réalité du quotidien et l’échappatoire vers les rêves…

Ne ressemblant à nul autre métrage « Big Fish » assène un sentiment rassérénant et apaisant et donne une autre vision de l’au-delà, sorte d’endroit où tout le monde se retrouve, où tous les gens qui ont eu une place importante dans l’existence du défunt lui donne un ultime rendez vous…

Un film extraordinaire, à tous points de vue, aussi bien visuellement que sémantiquement…

Il faut le pénétrer et s’y baigner corps et âmes pour comprendre la démarche de Burton qui témoigne de son expérience personnelle, venant lui aussi de perdre un être cher…

C’est son « film thérapie » en quelque sorte…



Note : 10/10  




samedi 28 janvier 2012

Boogie Nights de Paul Thomas Anderson, 1997

BOOGIE NIGHTS

De Paul Thomas Anderson

Etats Unis

1997

156 minutes

avec Burt Reynolds, Mark Wahlberg, Julianne Moore, Heather Graham, Nina Hartley

Synopsis :

 Eddie Adams emploie ses « attributs » masculins pour rentrer dans le monde de la pornographie alors en plein boom. L'univers qu'il va alors côtoyer va, paradoxalement, le porter au rang de véritable star et l'auto détruire. Le film montre plusieurs facettes de ce monde dans les années 1970 et 1980 en Californie, de l'univers des plateaux de tournage de l'époque à l'arrivée des drogues et leurs ravages. Il montre aussi les différentes origines des personnages et leur place dans cet univers étonnant, hors normes, parfois fataliste, souvent fantaisiste.

Mon avis :

« Boogie Nights » est un des seuls films, peut être le seul d’ailleurs, à être le témoignage d’une certaine période de l’industrie du X aux Etats Unis entre les années 70 et 80…

Il explore les démêlés et le déclin de « l’âge d’or du X » outre Atlantique avant l’arrivée de la vidéo qui allait tout bouleverser et modifier la donne, économiquement et humainement parlants.

Filmé avec une grande intelligence, sans aucun racolage ou voyeurisme, il réussit sur un sujet hyper casse gueule où nombre de metteurs en scène se seraient plantés, car Paul Thomas Anderson a su y intégrer son talent, sa patte et sa gouaille gouleyante…

Des séquences incroyables pour un trombinoscope et une galerie de personnages atypiques et marginaux, le tout restitué avec un côté émotionnel et peu commun pour un métrage somme toute plutôt difficile d’accès et néanmoins réservé à un public averti et ciblé…

Eddie Adams deviendra Dirk Diggler, un peu comme Gainsbourg devint Gainsbarre, et c’est toute cette déchéance qui est pointée en avant et montrée du doigt, avec le lot de désagréments que tout cela comporte…

Passages ultra réalistes de séances de coke, de tournages en 8 mm, dans des décors typiques des productions de cette époque faramineuse où l’argent facile régnait et où tout pouvait rapporter le jackpot si convoité !

Aucune concession dès lors ce postulat accepté mais on fonce avec un turbo boosté au maxi, mais finalement on fonce droit dans le mur !

« Boogie Nights » c’est cela : la découverte, l’adaptation, l’ascension, la chute, la récession, l’oubli…

Dirk Diggler (Wahlberg incroyable de justesse !) est dominé par son mentor (Burt Reynolds parfaitement à l’aise dans son rôle), entouré de filles fragiles et accros aux substances illicites, végétant dans un « Wonderland » de paillettes et de cocaïne…

Pourquoi ?

Pour rien !

Les repères familiaux, les liens sociétaux sont totalement détachés de leur quotidien, sans repères, vivant dans un monde de luxure et de dépravation !

Incroyablement réalisé « Boogie Nights » n’en oublie pas pour autant d’être attachant, créant une empathie pour ces protagonistes bluffants de sincérité !

Le perchiste moustachu  preneur de son, cocu jusqu’à la moelle, sorte de Jean Claude Dusse puissance 10 000, la « Rollergirl » petit ange déchu qui finira par désavouer son rôle de lolita surexcitée en tabassant un de ses admirateurs des premiers jours, ce vendeur improbable de Hi FI que l’on pensait honnête et au dessus de tout soupçon et qui s’avèrera d’une vénalité hors normes, et surtout, surtout ce moustachu au peignoir en soie fumeur de crack, amateur de jeunes asiatiques qui claquent des pétards, qui se révèlera un dangereux « gunfighter » dans une séquence d’anthologie désopilante  ponctuée de tubes des années 80, bref « Boogie Nights » laisse un souvenir impérissable, un grand moment de cinéma, pur et dur, mais jamais rébarbatif !

L’utilisation des lumières et la qualité de l’implication des acteurs y est pour beaucoup dans un métrage qui ne néglige nullement l’humour et le décalage…

La carrière de Diggler, tour à tour, homme à tout faire d’un restaurant boîte de nuit, acteur X au succès phénoménal, comédien de nanars d’action à faire pâlir de jalousie Chuck Norris, chanteur ringard sur le déclin pour finir petit trafiquant dans des coups minables, reste largement inspirée de celle de John Holmes, comédien décédé du sida dans les années 80, ce qui ramène de l’obscur au clair firmament de la gloire éphémère, apportant une contribution pathétique au personnage…

Julianne Moore en mère bafouée et désespérée est également incroyable de justesse (quand on pense que trois ans après, elle décrochera la rôle de Clarice Starling pour « Hannibal » de Ridley Scott !)

Wahlberg porte à bout de bras le film, le hissant au rang de chef d’œuvre ultime parmi les chefs d’œuvres de sa catégorie et Anderson assied et conforte alors sa réputation de réal hors normes, pour accoucher d’un métrage vrombissant et décalé…

Une tuerie totale qu’il me tarde de revoir absolument !

Note : 10 /10



vendredi 20 janvier 2012

La revanche des Sith, George Lucas, 2005

LA REVANCHE DES SITH

Revenge of the Sith

De George Lucas

Etats Unis

2005

avec Ewan Mac Gregor, Hayden Christensen, Natalie Portman, Christopher Lee, Samuel L. Jackson



Synopsis (source : Wikipedia) :

La République galactique mène une guerre contre la Confédération des Systèmes Indépendants sous le commandement du Seigneur Sith, le Comte Dooku. Suite à un raid, le chef des armées droïdes confédérées, le Général droïde Grievous s'est emparé du Chancelier Palpatine et cherche à s'enfuir avec cet otage à bord de son vaisseau amiral, la « Main invisible ».

Obi-Wan Kenobi et Anakin Skywalker ont été envoyés, pour sauver le chancelier suprême. Après avoir atteint le vaisseau, les deux jedi doivent de nouveau affronter le Comte Dooku, alias Dark Tyranus, qui les a vaincus dans l'épisode précédent



Ce que j’en pense :

Loin de la popperisation scénaristique inhérente aux deux précédents opus (respectivement «  La menace fantôme » et « L’attaque des clones ») cette « Revanche des Sith » fait reprendre du poil de la bête à la saga qui était légèrement en perte de vitesse…

Autant dire que la gageure était surélevée et qu’il fallait à Lucas trouver un levier conséquent pour susciter l’intérêt, qui plus est face à un segment qui fait figure de tremplin entre la prélogie et la trilogie bien connue…

Et bien cela fonctionne au-delà de toutes espérances !

« la revanche des Sith » est le meilleur Star Wars avec « L’empire contre attaque » !

Bourré d’action et sans aucun temps morts (les 24 premières minutes sont efficientes niveau dynamisme et ça n’arrête pas !) et avec un budget de 115 000 000 dollars ( !, non vous ne rêvez pas !), on a droit à un spectacle magnifique, dépassant de sa fulgurance toutes les attentes laissées en berne lors des précédents segments !

De plus il convient d’ajouter une force émotionnelle incroyable peu commune à la saga avec notamment l’assistance de la prénatalité et de la naissance de Luke et Leia, qui allient devenir des personnages phares de la saga étoilée !

A ce titre, Portman est étonnante dans son rôle de femme meurtrie et la tension est réellement palpable dans sa composition de femme dévouée et prise entre deux feux…

La multiplicité des décors et des planètes est sidérante !

Des couleurs multiples, parfaitement travaillées apportent une sensation onirique et diversifiée au spectateur qui en prend plein les mirettes !

Sincèrement ce volet est tellement réussi que même en étant néophyte de Star wars, je ne vois pas ce que l’on pourrait lui trouver comme défaut !

Enjoué, dynamique et en même temps d’une noirceur imparable (c’est le volet de la victoire du « côté obscur » de la force), « la revanche des Sith » est un pur régal !

Un spectacle unique que l’on savoure jusqu’à satiété, épongeant notre soif inextinguible d’évasion et de rêve…

Lucas nourrit notre imagination via un métrage qui fera date et dans la saga « Star wars » et dans le cinéma de science fiction en général !

Déjà un classique !

9.5/10


vendredi 13 janvier 2012

Rosso sangue de Joe d'Amato, 1982

ROSSO SANGUE

Aka Anthropophagous 2

Aka Horrible

Aka Zombie 6

Aka Absurd

De Peter Newton aka Aristide Massaccessi aka Joe D’amato

Avec Luigi Montefiori aka George Eastman, Katia Berger, Edmund Purdom, Annie Belle

1982

sorti au cinéma en France en 1985

édité chez Carrère Video et chez les Productions du Tigre en VHS

sorti en DVD chez les allemands d’Astro et en zone 2 vers 2007/2008 mais pas d’édition française officielle !

durée : 95 minutes

Synopsis :

Un psychopathe de deux mètres, invincible car se régénérant en un temps record de ses blessures, zigouille tout ce qui bouge dans une contrée d’Angleterre.

Avec tout ce qui lui tombe entre les paluches, il annihile méthodiquement, inlassablement et cruellement tous ceux qui ont le malheur de croiser sa route…

 Traqué par la police locale après un carnage dans l’hôpital local, il se réfugie au domicile d’une jeune femme handicapée et la terrorise, après avoir fendu le crâne de la babysitter avec un piolet, qui gardait un gamin d’une dizaine d’années…

Qu’adviendra t-il de cette frêle, apparemment, jeune fille ?

La police arrivera t-elle à temps ?

Mon avis :

J’ai vu « Rosso Sangue » pour la première fois à 24 ans en 1996…

Il me laissa un souvenir impérissable, cauchemardant pendant longtemps sur ce film…

C’est l’un des plus atroces que j’ai pu visionner…

George Eastman fait vraiment peur, ce salaud fout vraiment la trouille !

Ici pas d’humour mais de la flippe, de la vraie !

Et niveau gore et meurtres cradingues, on obtient des sommets pour le genre ! D’amato a mis le paquet, l’enfoiré !

Impossible de se remettre de la scène de l’abattoir avec la scie circulaire, ni de la perceuse à l’hôpital ni du four !

Dégueu oui mais efficace oui également !

Il s’agit à la fois d’un slasher, d’un giallo, d’un film policier et d’un pur film gore, frôlant parfois le grindhouse mais l’ironie et l’humour en moins…

La musique psychotique et hyper angoissante amplifie le côté malsain et anxiogène de l’ensemble et il faut vraiment avoir le cœur bien accroché pour aller jusqu’à l’issue du métrage, jamais diffusé à la télévision et pour cause !

Sale, ultra barbare et très perturbant, « Rosso sangue » reste le pire film que j’ai vu, bien plus outrancier que « A serbian film » ou « Maniac », il laisse de fortes séquelles…

Ne jamais le regarder si vous êtes dépressifs !

Vous êtes prévenus, vous avez une grenade dégoupillée entre les mains !

10/10



MAGNOLIA de Paul Thomas Anderson, 1999

MAGNOLIA

Etats Unis

De Paul Thomas Anderson

1999

avec Julianne Moore, Tom Cruise

durée : 180 minutes



Synopsis :

Et si les hasards et coïncidences de la vie de tous les jours n’étaient pas fortuits ?

Une galerie de plusieurs personnes va se retrouver imbriquée les uns avec les autres via une situation ordinaire qui se révèlera extraordinaire !

Le propos du film sous tend cette théorie jusqu’à un épilogue proche du fantastique mais pourtant parfaitement plausible et bien réel !

Les théories les plus absurdes ne le sont pas forcément en effet !

C’est la conjonction d’événements qui en fait la transcendance et le côté extraordinaire, pourtant ces gens n’avaient rien en commun, particulièrement…

Mais ces petits « riens » les rapprochent de façon inexorable et inextinguible !

Il suffit de rentrer dans le « trip » de « Magnolia » !



Mon avis :

Alambiqué à l’extrême et d’une profondeur dans la recherche de son propos, s’appuyant sur le moindre détail, « Magnolia » bluffe littéralement le spectateur et parvient à transformer une équation délirante en une situation tout à possible et qui se tient debout…

Ces personnages : Tom Cruise en gourou charismatique phallocrate, le petit garçon en « crack » des jeux télévisés, le flic frustré et rondouillard, l’employé qui a du mal à avouer et assumer son homosexualité, la toxicomane invétérée, le vieil homme en phase terminale d’un cancer des os… tous ces protagonistes vont vivre un instant de quelques minutes qui va les rendre « acteurs » de leurs propres vies et cette articulation partenariale se fera oniriquement par l’incongruité d’une situation peu banale : une pluie intempestive de milliers de grenouilles sur la ville !

Le début du film met le spectateur dans le bain tout de suite, le jeune qui se jette de l’immeuble et qui se prend une bastos de chevrotine dans le buffet pile poil quand il longe la fenêtre de l’étage, Anderson appuie son propos en prenant des exemples totalement délirants mais efficients pour alimenter sa théorie !

L’interprétation est juste, la manière de filmer ultra professionnelle et la continuité des plans est desservie par un montage au cordeau avec moult alternances, flashbacks et trouvailles artistiques du meilleur effet…

Je n’arrive pas à trouver ce que l’on pourrait reprocher à ce métrage tant il est structuré de manière exemplaire et bâti solidement sur une charpente structurellement imparable…

Paul Thomas Anderson est un génie !

Malgré les trois heures, on rentre dans le film comme dans du beurre et l’on prend un grand plaisir à le visionner, c’est cela le talent de Anderson : raconter une histoire mais sans ennuyer…

Alors le bougre prend son temps pour nous raconter son histoire extraordinaire et c’est un plaisir …

Un des films les plus originaux de tous les temps, au même titre que « Pulp Fiction » ou les œuvres de la nouvelle vague, toutes générations confondues !







Note : 10/10

mardi 10 janvier 2012

Le retour du Jedi, de Richard Marquand, 1983

LE RETOUR DU JEDI

Etats Unis

De Richard Marquand

1983

Science fiction/Aventures fantastiques

Avec Harrison Ford, Mark Hamill, Carrie Fisher



Synopsis :

Les aventures intergalactiques d’une poignée de mercenaires (Luke Skywalker, Ian Solo, Princesse Leïa et les deux fidèles droïdes C3-PO et R2-D2) pour contrer les noirs desseins de Dark Vador et de l’Empereur, périples qui partent de la planète aride Tatooine jusqu’à la forêt d’Endor peuplée par les pacifiques Ewoks…



Mon avis :

Ultime volet de la saga mythique « Star Wars » dans l’ordre chronologique si l’on suit l’enchainement prélogie/trilogie et bien que datant de 1983, ce « Retour du Jedi » est un enchantement, un récit d’aventures et de science fiction génial et particulièrement inspiré et imaginatif !

Rendez vous compte de l’impact énorme qu’il a eu à sa sortir il y a presque trente ans !

Les fans étaient vissés à leurs fauteuils et guettaient son arrivée comme le Messie !

Après le déjà splendide « Empire contre attaque » tourné trois ans auparavant, quelques clefs et énigmes devaient se finaliser et se concrétiser par cet ultime opus, empreint de viscéralité et de tumultes incessants, notamment concernant Luke Skywalker et sa destinée, devant par la même éclairer les fans sur son ascendance, déjà évoquée dans « L’empire »…

Ce n’est bien entendu qu’un pan de l’intrigue, extrêmement riche en rebondissements et en paysages tous plus baroques les uns que les autres, peuplés de monstres et créatures diverses qui allaient alimenter le bestiaire imaginé prolifiquement par George Lucas et qui fera un carton merchandising au niveau des figurines que les kids de l’époque (dont je fais partie) affectionnaient et se régalaient copieusement !

Lancée à plein régime, la trilogie allait marquer un break après ce segment jubilatoire mais reviendra en 1999 avec une prélogie qui se clôturera définitivement quelques années après !

Mais quel plaisir de revoir « le Retour du Jedi », notamment grâce à cette édition Blu ray, qui malgré quelques libertés et rajouts de scènes intempestifs, s’avère du meilleur accabit !

Revoir sur ce support Jabba, Boba Fett et tous les autres a de quoi être particulièrement réjouissant et attrayant !

L’évasion pure et des effets déjà révolutionnaires pour cette époque en firent un succès financier colossal, et parfaitement mérité !

Un métrage à voir et revoir sans discontinu et toujours avec un plaisir ludique identique !



Note : 10/10

















Nikita de Luc Besson, 1991 avec Anne Parillaud

NIKITA

France

De Luc Besson

1991

Polar burné



Synopsis :

Un cambriolage effectué par des voyous dealers toxicomanes dans la pharmacie du père de l’un d’eux vire au carnage et des policiers sont tués dans la fusillade…

Une jeune femme qui faisait partie de la bande est emprisonnée pour une lourde sentence…

Sa peine de prison se mute en une toute autre mission, elle va devenir agent double pour le compte du Ministère de l’Intérieur et va devoir tuer des personnalités en suivant les directives de son mentor…

Véritable tueuse à gages et machine de guerre, elle sera formée aux arts martiaux, au maniement d’armes lourdes et va se retrouver embringuée dans des missions où elle risquera sa vie…

Supportera t-elle cette pression inexorable ?

Ce mandat qu’on lui a confié aura-t-il un terme ?



Mon avis :

Besson à son apogée !

« Nikita » est un métrage où le bougre était au meilleur de sa forme, bien avant la dégringolade de ses productions hasardeuses et redondantes !

Ici, dès l’entame, on comprend qu’on a affaire à du lourd…

Le casse gunfighté de la pharmacie est l’un des plus brutaux qu’ait connu le cinéma français…

Les acteurs flippés et habités par leurs personnages confèrent et renforcent une tension à maxima, qui démarre sur les chapeaux de roue !

L’idée de la « victime coupable » manipulée et devenue tueur à gages tient la route et la prestation magistrale de Parillaud est sans équivoque, insufflant à son personnage une double identification (tantôt rongée par un destin qui l’accule, tantôt véritable machine de guerre impitoyable !).

Anglade, Karyo et Reno composent des seconds rôles jubilatoires et l’intrigue savamment troussée et dynamique transportent le spectateur dans un océan de fureur et de speedité détonnant !

L’issue est très intelligente et repousse la logique, en faisant abstraction d’illogisme, bref le scénario avait ses limites et il fallait éviter de tomber dans l’invraisemblable, donc Besson, on peut le dire, a réussi un dénouement, pour le moins pas évident à gérer…

Selon moi, « Nikita » est son meilleur polar avec « Léon » tourné trois années après et qui devait enfoncer le clou encore plus durement et douloureusement …

Parillaud ne retrouvera plus de rôles à la hauteur de son talent après ce film, ce qui est fort regrettable, au vu de son potentiel énorme…

Un des meilleurs polars hexagonaux du début des années 90.



Note : 8/10







lundi 9 janvier 2012

SERIE NOIRE d'Alain Corneau, 1979 avec Patrick Dewaere

SERIE NOIRE

D’Alain Corneau

France

1979

avec Patrick Dewaere, Marie Trintignant, Bernard Blier, Myriam Boyer

110’



Synopsis :

Banlieue parisienne, fin des années 70.

Franck Poupard, un représentant de commerce va se retrouver plongé dans une sordide histoire suite à un déclenchement d’amour fou avec une très jeune femme, prostituée malgré elle par sa vieille tante…

Très vite, les choses vont se précipiter et la névrose ambiante va prendre le dessus sur les divers protagonistes mêlés de près ou de loin à cet embrouillamini…

Jusqu’à l’inconcevable irréversible qui fera de Poupard un assassin qui, dans un élan de fureur désespérée, perdra totalement pied et se noiera dans l’irraisonné…



Mon avis :

Légendaire métrage du très grand Alain Corneau, ce « Série Noire » de haute volée met en exergue, via des personnages démentiels et écorchés vifs, deux pathologies : le syndrome de Gilles de la Tourette (Dewaere, hallucinant) et une forme autistique (Marie Trintignant, habitée littéralement par son rôle)…

Ce mélange détonnant auquel est rajouté une noirceur et un aspect glauque proche de la dépression ou de la psychose, donne au final un des métrages les plus déprimants de tous les temps…

Mais qui n’en oublie pas pour autant d’être impitoyablement rigoureux dans son traitement scénaristique, englobant ainsi une galerie de personnages tous plus barrés et disjonctés les uns que les autres…  

La force imparable de « Série Noire » est qu’à aucun instant il ne juge ou cautionne les méfaits de Poupard ou des autres, Corneau délivre un constat fluide, sans un seul parti pris…

Il laisse filer sa caméra gracile dans une succession de plans séquences d’anthologie, proche d’un art surréaliste voire dadaïste, reprenant des décors adaptés à des situations de tous les jours, mais transcendées par le malaise absolu qui suinte de façon atmosphérique et maladive…

Corneau enrichit son film par des moments de catharsis ponctués peu après par des instants d’apaisements, comme si un malade venait de prendre son traitement médical et se sentait soulagé…

Dewaere est le parfait exemple de ce ressenti, démonstration d’une démence psychanalytique, portant le film à 100 % à bras le corps, pour une issue que l’on ne sera pas près d’occulter…

Blier et Boyer sont également parfaits en seconds rôles, respectivement patron vénal et épouse désoeuvrée et malheureuse…

Le genre de film qui peut rebuter si l’on est formaté à un cinéma traditionnel mais que l’on peut savourer sans distinction si l’on est fan de films déviants et de cinéma « à part »…

On est à la limite du film fantastique…

Note : 10/10







Une nuit en enfer de Robert Rodriguez, 1995

UNE NUIT EN ENFER

Etats Unis

1995

de Robert Rodriguez

avec George Clooney, Harvey Keitel, Quentin Tarantino, Juliette Lewis, Fred Williamson, Tom Savini et Salma Hayek



Synopsis :

Après un casse crapuleux qui tourne mal, les frères Gecko, deux malfrats psychopathes et sans scrupules, prennent en otages un pasteur veuf, sa fille et son fils, qui roulent à bord d’un luxueux camping car, afin de passer en douce la frontière sans être inquiétés par les forces de l’ordre et la police des douanes…

Ils atterrissent au Titty Twister, un bar mal fâmé, pour se restaurer, qui s’avèrera en fait être un repaire de créatures vampiriques cannibales…

Une fois l’amorce de ce guet apens effectué, notre équipe devra oublier ses querelles internes et s’unir pour combattre ces féroces adversaires, et ce, avec les moyens du bord qu’ils auront à leur disposition…

La nuit de cauchemar ne fait que débuter !



Mon avis :

Prémisce du style “Grindhouse” qui allait exploser une décennie plus tard avec “Death Proof” et “Planet Terror”, “Une nuit en enfer” (“From dusk till dawn” outre atlantique) est une nouvelle fois la preuve irréfutable que la collaboration Tarantino/Rodriguez tourne vraiment à plein régime, se hissant parmi les meilleurs films de genre de l’époque !

Incroyablement sadique et outrancièrement fun et gore, « Une nuit en enfer » dépote sévère et ne recule devant aucun effet pour offrir un plaisir (coupable) au spectateur !

Dialogues ciselés, situations déjantées, action non-stop, personnages allumés (surtout ce vieux pervers de Tarantino qui se fait plaiz’ en se payant une tranche de Lolita Juliette Lewis, dans un passage bluffant et carrément ouf !)…

Salma Hayek n’était pas encore avec Pinault mais elle savait déjà y faire pour appâter le chaland avec son corps superbe et ses seins énormes et parfaits…

Ceci étant, le film n’est pas racoleur du tout mais vire même à la pantalonnade à certains passages (Tom Savini en « Sex Machine » LOL, Harvey Keitel tout juste sorti de « Bad Lieutenant » en papy vindicatif – quel acteur tout de même ! -) et Clooney au sommet de sa burnitude…

Bref tous les atouts sont réunis et sincèrement « Une nuit en enfer » est un pur plaisir, un divertissement inboudable, barré et décomplexé, dont on sort vidé et repu, un peu comme si l’on venait de s’envoyer 15 téquilas et un plat de tacos à la sauce tex mex pimentée…

Très vite devenu un classique du genre et un des meilleurs films américains de 1995 ! 

A voir sans modération aucune !



Note : 10/10




samedi 7 janvier 2012

LES WURDALAKS (mini critique de Nelly)

« Les Wurdalaks »:

Ce deuxième conte est un conte fantastique gothique, avec un excellent Boris Karloff en père de famille/Wurdalak, redoutable qui, envoûté, parvient à s'emparer avec malice de l'esprit de son petit fils.

Le début du conte, très brumeux et ensorcelant, plonge très directement le spectateur dans une ambiance vampirique pleine de charme.

La découverte par le voyageur d'un poignard planté dans le corps d'un cavalier fait mouche, d'autant que le poignard est d'abord perçu au premier plan, alors que la scène est filmée en plan large et que l'on perçoit le voyageur en arrière-plan s'approcher.

Le décor de la demeure familiale est très travaillé et certains plans sont marquants, notamment celui où l'on voit le petit-fils dans la pénombre face à une porte en train d'implorer qu'on daigne le faire entrer, se plaignant d'avoir froid.
 d'un poignard planté dans le corps d'un cavalier fait mouche, d'autant que le poignard est d'abord perçu au premier plan, alors que la scène est filmée en plan large et que l'on perçoit le voyageur en arrière-plan s'approcher. Le décor de la demeure familiale est très travaillé et certains plans sont marquants, notamment celui où l'on voit le petit-fils dans la pénombre face à une porte en train d'implorer qu'on daigne le faire entrer, se plaignant d'avoir froid.

Comme tout conte gothique qui se respecte, les agressions et les meurtres ne sont pas filmés de front, seulement évoqués au travers d'un plan subjectif ou de cris d'horreur qui dispensent de toute explication.

C'est notamment le cas du petit-fils, alors que le spectateur a pu suivre longuement les manoeuvres du Wurdalak pour l'emporter hors de sa chambre et le mordre.

L'agression de la mère du petit garçon est également filmée magistralement, tout en évocations frissonnantes.

La vision du Wurdalak assassiné au bout d'une pique est un des points d'orgue de ce court-métrage horrifique.

Une autre petite perle du cinéma gothique italien.

Mini critique de Nelly , janvier 2012