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dimanche 30 juin 2019

Traitement de choc d'Alain Jessua, 1973


TRAITEMENT DE CHOC
d’Alain Jessua
1973
France/Italie
avec Annie Girardot, Alain Delon, Michel Duchaussoy, Gabriel Cattand, Jeanne Colletin, Robert Party, Robert Hirsch
Thriller
91 minutes
DVD édité chez Studiocanal
Synopsis :
France, sur le littoral Atlantique, au début des années soixante-dix, dans une clinique de remise en forme…
Hélène Masson, une jeune femme dépressive suite à une rupture amoureuse et qui a fait fortune dans le milieu de l’habillement, intègre l’institut de thalassothérapie luxueux tenu par le docteur Devillers, un homme très séduisant…
Camille Giovanelli, le colonel de Riberolles, le procureur de Boissière et Savignat, un ami d’Hélène, figurent parmi les pensionnaires ; ce sont tous des gens très aisés et ils se retrouvent lors de soins ou dehors, dans une piscine ou dans des bains d’algues ; tout aurait l’air de se passer idéalement mais Hélène constate que la main d’œuvre utilisé par l’institut est exclusivement constituée par des immigrés d’origine portugaise, jusqu’à que ce que deux d’entre eux disparaissent dans des conditions troubles et inexpliquées…
Alors que Savignat est retrouvé mort sur le récif de la plage et après qu’il ait expliqué à Hélène qu’il avait de gros problèmes d’argent et qu’il était criblé de dettes, Hélène doit « subir » un nouveau traitement de la part de Devillers et de son assistant ; ils lui font une prise de sang et lui inoculent une substance qui fait un peu l’effet d’une drogue…
Le soir, Hélène s’introduit dans la chambre de Joao, un des employés, et se cache derrière un rideau ; elle voit deux hommes qui prélèvent une partie du corps de Joao puis qui s’enfuient…
Le lendemain, Joao est retrouvé, lui aussi, mort !
Après une relation tumultueuse avec le médecin Devillers, et alors que celui-ci dort, Hélène fouille dans ses dossiers relatifs à l’institut…
Elle va comprendre l’horreur de la réalité et force le passage pour aller dans les sous- sols de l’institut, elle trouve des corps décharnés qui servent de cobayes pour les expériences de Devillers et comprend l’origine des « traitements » élaborés avec les organes des employés portugais…
Hélène essaye de s’enfuir pour alerter la police, le séjour de thalasso qui devait être un moment de détente va tourner au cauchemar absolu !
Mon avis :
« Traitement de choc » est un film très insolite avec une histoire inédite mais qui rappelle un peu celle du Docteur Frankenstein, certains y virent même une déclinaison du vampirisme ; tout ceci n’est pas faux et Jessua s’applique moins sur le charme idyllique des décors de l’institut que sur la sensation de terreur latente ; la tension y va crescendo et personne ne s’attendait à ce final grand guignolesque avec le macchabée éventré (on se croirait dans la scène de l’hosto du « Beyond » de Fulci !)…
Le rôle principal c’est Annie Girardot et ce petit bout de femme, immense actrice, porte le film à bras le corps ; Delon, quant à lui, est en total contre-emploi, et joue un personnage de vrai salopard (la légende raconte que les tartes qu’il mettait à Girardot dans le film lui provoquaient un certain plaisir !)…
Jessua donne une vision délirante sur l’immigration et sur la main d’œuvre venue des pays ibériques (les migrants portugais affluaient dans les années soixante-dix pour trouver du travail dans l’hexagone) et le film se rapproche du fantastique, il est évident que dans la réalité, cela ne se passerait jamais comme ça !
Jessua s’applique pour transmettre une grande tension, le suspense est réel et on suit avec un grand intérêt l’histoire jusqu’à son dénouement ; à noter énormément de scènes de nudité et intégrale de surcroit, y compris pour Girardot et Delon…
On est également dans l’opulence des années soixante-dix et les décors sont hyper kitsch et vintage, ce qui renforce la curiosité du cinéphile, « Traitement de choc » est un vrai témoignage de cette période des années soixante-dix où l’argent coulait à flots et où les réalisateurs s’autorisaient tous les excès…
Véritable film atypique, « Traitement de choc » oscille entre polar, drame et film de terreur avec une réelle jubilation et même s’il parait un peu daté de nos jours (quatre décades plus tard), son efficacité est indéniable…
Pour la technique et la photographie, Alain Jessua possède une maitrise qui n’est plus à démontrer (les scènes aériennes, la séquence de la baignade, les portes et couloirs dans les sous-sols de l’institut qui créent une sensation de piège, d’étouffement…).
Sans être un chef d’œuvre absolu, « Traitement de choc » est un film honnête, qui se suit bien et qui mérite toute votre attention ; le final délirant justifie tout de même tout ce qui s’est passé auparavant et pourra même mettre la trouille aux plus sensibles d’entre vous…
Le DVD de Studiocanal est, une nouvelle fois, doté d’une image impeccable mais sans le moindre bonus !
Mineur dans la carrière de Delon et Girardot mais néanmoins très sympa, « Traitement de choc » est un film à voir par curiosité, les cinéphiles qui aiment les histoires tordues vont adorer !
Note : 7/10












Armaguedon d'Alain Jessua, 1977


ARMAGUEDON
d’Alain Jessua
1977
France/Italie
avec Jean Yanne, Alain Delon, Michel Duchaussoy, Michèle Cotta, Renato Salvatori, Michel Creton
Thriller
96 minutes
DVD édité chez Studiocanal
Synopsis :
France, fin des années soixante-dix…
Louis Carrier, un homme qui vivait chichement,  hérite d’une forte somme d’argent suite au décès de son frère qui avait contracté une assurance-vie, Albert surnommé « Einstein », un de ses amis est un peu simplet et souffre d’une déficience mentale ; Carrier lui demande de faire ses valises et de partir avec lui afin qu’il devienne son photographe attitré ; Carrier s’arrange pour se faire prendre en photo avec des célébrités ou des hommes politiques, comme le premier ministre…
Petit à petit, Louis Carrier commence à perdre pied avec la réalité et devient mégalomane ; il projette de faire des attentats…
Il demande à sa grand-mère de lui envoyer des photos de lui enfant et prévient les médias, il se fait appeler l’ »Armaguedon », en référence à un texte biblique qui prévoit la fin du monde…
Carrier loue un appartement dans un immeuble en construction qui lui servira de repaire, de « quartier général »…
Menaçant  de mettre en œuvre quatre attentats simultanés aux quatre coins du globe par des bombes contrôlées à distance, Carrier coordonne ses méfaits de l’appartement…
Le docteur Ambrose, un psychiatre criminologue et l’inspecteur Vivien sont chargés de neutraliser Carrier, ils mènent une investigation et durant leurs enquêtes ils parviennent à remonter à la source de ce commanditaire…
Carrier a piégé, avec l’aide d’Albert, une émission télévisée de forte audience…
Il réussit à influencer Ambrose et Vivien pour que toutes les chaines de télévision européennes diffusent en même temps l’émission de divertissement et peut ainsi faire passer un clip d’une dizaine de minutes qu’il a créé, expliquant la fin du monde et l’issue de ses desseins funestes…
C’est alors qu’après avoir questionné le voisinage de l’immeuble, Vivien et Ambrose parviennent à localiser Carrier !
Plusieurs dizaines de policiers d’élite se retrouvent devant la porte du logement de Carrier, alors que celui-ci est sur le point de faire sauter les bombes !
Mon avis :
Haletant et très dynamique, « Armaguedon » est un chouette film d’Alain Jessua avec un Jean Yanne fabuleux et totalement à contre-emploi, dans ce film il explose littéralement dans un rôle de psychopathe terroriste fou et fasciné par l’argent et la mort ; Delon joue le rôle d’un psychiatre mais se détache de l’intérêt que le spectateur a pour les personnages, Jessua a tout misé sur Jean Yanne et sa prestation est vraiment sensationnelle !
On est en plein dans les années soixante-dix et ses films politiques, un peu comme pour « I comme Icare » de Verneuil et « Armaguedon » est un régal ; les dix dernières minutes sont à couper le souffle et c’est là qu’on comprend le degré de la pathologie de Louis Carrier/Jean Yanne, la séquence du plateau de télévision nous tétanise et on finit le film complètement hagard, Jessua connaît son boulot et la technique qu’il utilise pour rendre crédible l’impossible force le respect ; en effet, l’histoire est invraisemblable et dingue à réaliser, ce qui rapproche un peu « Armaguedon » d’un film fantastique…
Le film est très méthodique, tout comme les investigations du tandem Ambrose/Vivien qui font tout pour remonter jusqu’à Carrier en interrogeant les moindres témoins, le scénario d’ »Armaguedon » est très poussé et tout colle à merveille, rien n’est laissé au hasard…
Jessua avouera plus tard que Delon a été infect lors du tournage et que le potentiel de son rôle (pourtant voulu par Alain Jessua) n’a pas fonctionné et qu’il aurait pu donner beaucoup plus dans son personnage de psychiatre criminologue ; quoiqu’il en soit, et grâce à l’aura innée de Delon, on peut dire qu’il s’en sort bien…
Jean Yanne donne une prestation  sublime, il maitrise son rôle et envoie des répliques toutes compréhensibles, même quand il crie…
L’habileté de Jessua pour rendre palpable la tension de l’histoire est miraculeuse, on peut dire qu’il a fait mouche et qu’ »Armaguedon » est un de ses meilleurs films…
Assez rare et oublié du grand public, « Armaguedon » est un grand film à réhabiliter absolument et le film s’avère une vraie délectation où tous les cinéphiles s’y retrouveront et se reconnaitront…
Le DVD studiocanal bénéficie d’une image superbe, plein écran et même s’il n’y a aucun bonus, l’acquisition est indispensable, que ce soit pour ceux qui souhaitent posséder l’intégrale des films d’Alain Delon ou pour les fans de polars politiques des années soixante–dix….
Un pur bijou à voir absolument qui ravira tous les publics de cinéphiles, son accessibilité et la qualité de la mise en scène rendent « Armaguedon » inoubliable…
PS : à ne, bien sûr, pas confondre avec le film de Michael Bay « Armaggedon » sorti en 1998 et qui n’a rien à voir !
Note : 8/10












dimanche 23 juin 2019

Le battant d'Alain Delon, 1983


LE BATTANT
d’Alain Delon
1983
France
avec Alain Delon, François Périer, Anne Parillaud, Richard Anconina, Philippe Castelli, Andréa Ferreol, Pierre Mondy
Polar
123 minutes
DVD édité chez Pathé vidéo
Synopsis :
En 1974, un casse dans une bijouterie tourne très mal et un diamantaire est tué…
Jacques Darnay, un des gangsters qui a fait le casse, est suspecté d’avoir été le meurtrier du diamantaire et des bijoux de grande valeur n’ont jamais été retrouvés ; les complices de Darnay sont persuadés que lui seul sait où se trouvent les pierres précieuses…
Lorsque huit années plus tard, Darnay sort de prison, libéré pour remise de peine, Darnay se rend chez une de ses anciennes conquêtes, Clarisse, une jolie brune, qui travaille comme agent d’accueil au Crazy Horse ; Clarisse loge Darnay le temps que celui-ci se remette…
Un des amis de Darnay qui tient un bar est agressé et battu à la fermeture de son établissement par trois hommes qui le questionnent sur Darnay ; l’ami de celui-ci parvient à prendre la fuite et avertit Darnay qu’il court un réel danger !
Alors que Clarisse est tuée par balles, Jacques Darnay rend visite à Gino Ruggieri, un gangster à la retraite qui tient un restaurant ; il lui demande de lui fournir de faux papiers et un logement, ainsi que de l’argent, Ruggieri accepte tout…
Nathalie, la standardiste du restaurant de Ruggieri, sera employée comme call girl par Gino pour passer une nuit avec Jacques Darnay…
Un soir, comprenant qu’il a été filé, Darnay houspille Samatan, un des membres du gang qui veut la peau de Darnay ; Samatan lui balance les noms des commanditaires, Darnay lui tire une balle  dans la jambe !
Le commissaire Rouxel suit Darnay afin de vérifier sa sécurité ; surveillé par la police en permanence et traqué par le gang mystérieux, Darnay doit tout faire pour rester en vie…
Mais une révélation terrible va faire tout basculer…
Darnay ne peut et ne doit faire confiance à personne !
Mon avis :
Polar très réussi, « Le battant » est réalisé une nouvelle fois par Delon lui-même après « Pour la peau d’un flic » et on y retrouve son amour de l’époque, la belle Anne Parillaud ; soyons nets, « Le battant » est beaucoup plus réussi que « Pour la peau d’un flic », ici, on comprend très bien l’histoire et les seconds rôles (Mondy et Périer) sont géniaux !
L’enchevêtrement des situations tient toujours la route et Delon (qui a co-scénarisé le film avec Christopher Frank) ne s’emmêle jamais les pinceaux, on prend un grand plaisir à suivre le film, qui ne ménage jamais le spectateur au niveau des rebondissements…
Delon était le Pygmalion de Parillaud à l’époque et on sent très bien la relation fusionnelle qu’il y a dans le couple, leur idylle dura trois ans de 1980 à 1983 ; des scènes de nu intégral pour Parillaud révèleront aux cinéphiles érotomanes sa plastique irréprochable ; Alain Delon est toujours aussi fonceur que lors de ses précédents films, il pourra paraître autoritaire et pète sec mais cela fait partie de son personnage, à la ville comme à l’écran, et il faut s’y faire pour savourer ce film, néanmoins la qualité de l’histoire et l’application de Delon ne peuvent que forcer le respect et l’admiration…
Le personnage de Gino Ruggieri incarné par François Périer est un modèle de traitrise, quant à Pierre Mondy, il donne une composition intéressante et bluffante d’un policier hyper intelligent et qui maitrise tout, anticipant en permanence les situations de son enquête…
Pas mal d’action et des poursuites en voiture ponctuent un film assez burné avec des séquences mémorables (lorsque Delon demande aux deux gangsters de creuser la terre, le début dans le bar lors de l’agression, la scène avec Anconina –l’acteur jouera dans « Tchao Pantin » qui propulsera sa carrière, et bien sûr les passages avec Anne Parillaud)…
La dernière demie- heure est très dynamique et on souhaite à Delon/Darnay d’arriver à ses fins ; l’issue est plutôt originale pour un polar de ce calibre puisque Darnay et Nathalie se retrouvent en Espagne, le clin d’œil à René Clément au générique final montre bien que Delon sait où il met les pieds et qu’il respecte les codes de ses ainés de cinéma…
Bref, on se régale avec « Le battant », parfaitement mis en scène et tonique, cette performance de Delon lui permet de placer ce film dans un de ses meilleurs du début des années quatre-vingts…
Le DVD de Pathé vidéo est tout à fait correct et l’image est impeccable, il figure dans le coffret sorti chez cet éditeur…
Hautement recommandable, « Le battant » permet une plongée dans le film policier populaire des années quatre-vingts et reste une référence dans ce domaine, au même titre que les films avec Belmondo comme « Le marginal »…
Note : 8/10













dimanche 16 juin 2019

Pour la peau d'un flic d'Alain Delon, 1981


POUR LA PEAU D’UN FLIC
d’Alain Delon
1981
France
avec Alain Delon, Anne Parillaud, Jean-Pierre Darras, Daniel Ceccaldi, Michel Auclair
Polar
105 minutes
DVD édité chez Pathé vidéo
Box-office en France à sa sortie : 2 377 084 entrées
Synopsis :
Paris, France, au début des années quatre-vingts…
Choucas est un ancien policier, il peut tout de même aller s’entrainer au tir et obtient d’excellents résultats quand il s’agit de manier son arme…
Choucas est devenu détective privé à son compte, sa belle secrétaire, Charlotte, est également sa petite copine, le mari de celle-ci est réalisateur de films publicitaires et travaille beaucoup à l’étranger ;  une vieille dame vient demander de l’aide à Choucas pour retrouver sa fille aveugle et disparue prénommée Marthe ; sa mère pense qu’elle a été kidnappée…
Choucas mène alors son enquête, peu de temps après, la vieille dame est assassinée ; Haymann, commissaire de police retraité et meilleur ami de Choucas, ainsi que Charlotte vont aider le détective dans ses investigations…
Pradier, un tueur à gages, est tué par Choucas en légitime défense et les meurtres vont s’accumuler ! Choucas a la police aux trousses, on le soupçonne d’être responsable de plusieurs assassinats ; Jude, un pharmacien, fait une partie de tennis, Choucas l’interroge sur un trafic d’héroïne en liaison avec une clinique de soins d’amaigrissements…
Charlotte est enlevée à son tour et séquestrée dans une maison en banlieue, Haymann et Choucas la délivrent juste avant qu’elle soit violée !
La mère d’un des hommes tués par Pradier avoue à Choucas qu’elle doit aller dans cette clinique…
Choucas se fait alors passer pour un malade souffrant d’hypertension et se fait admettre dans la fameuse clinique…
Echappant à la mort et après avoir été violemment agressé et menotté à un conduit de gaz,  Choucas retrouve Marthe, la fille aveugle kidnappée du début, qui était prostrée dans les sous- sols de la clinique !
Mon avis :
Produit, scénarisé, interprété et réalisé par Alain Delon himself, ce « Pour la peau d’un flic » fut un immense succès au box –office comme à l’accoutumée pour tous les polars de Delon à l’époque, seul bémol : l’intrigue et les pistes du scénario sont très compliquées et on s’y perd un peu !
Hormis ce dysfonctionnement, « Pour la peau d’un flic » est mené tambour battant par un Delon comme d’habitude survolté ! Rien qu’à voir l’entame et on comprend tout de suite (Delon qui s’entraine au tir) que ce sera bien testostéroné comme il faut…
Delon ne s’encombre de rien pour faire avancer le film et les meurtres se comptent à la pelle ; l’érotisme dégagé par la belle Anne Parillaud est immense, elle ne fait pas trop potiche et Delon dote son personnage d’un réel intérêt ; les autres seconds rôles ont tous la gueule de l’emploi et on a droit à Mireille Darc et Brigitte Lahaie en caméo (respectivement une passante qui traverse la rue et l’infirmière d’accueil de la clinique) ; mais on a du mal à s’y retrouver avec tous ces personnages et en plus le rythme ne s’arrête pas, des fois j’étais perdu dans le dédale de l’histoire, trop dense, trop opaque ! et puis l’histoire avec la fabrication de l’héroïne dans la clinique n’est pas crédible car très mal exploité dans le film !
Tout comme le rapt de Charlotte/Anne Parillaud, retrouvée nue avant de passer à la casserole, in extremis par… comme par hasard Delon/Choucas ; il persiste de multiples zones d’ombres dans le film et c’est un peu dommage…
Autant avec le précédent « Trois hommes à abattre » tout était nickel chrome, autant avec ce « Pour la peau d’un flic » tout part un peu dans tous les sens et dans plusieurs directions, Delon y aurait gagné à plus de limpidité dans l’histoire, de cohérence dans le déroulement des plans séquences, le film aurait été plus facile à percevoir…
Mais bon ça reste quand même un film très sympathique et le public ne s’y trompa pas, lui réservant un score de nombre d’entrées conséquent…
Une nouvelle fois, Delon n’a pas besoin de grand-chose, son charisme est inné et il fait filer le film à vitesse grand V avec un passage dantesque (la poursuite en voitures sur le périphérique parisien à contresens –beau boulot de Rémy Julienne, cascadeur attitré de ce genre de film-)…
Y allant à deux cents à l’heure, « Pour la peau d’un flic » est un excellent Delon, très réputé chez les cinéphiles et on ne s’ennuie jamais, malgré un scénario trop alambiqué et trop de personnages, ce qui, parfois, dessert le film, qui aurait gagné à être plus basique, mais vous allez me dire « on n’est jamais content ! », soit ! donc savourons « Pour la peau d’un flic », tel qu’il est et telle qu’est sa mission première : DIVERTIR et là Delon a tapé dans le mille !
Plusieurs visionnages s’imposeront donc pour bien capter le sens de l’histoire sinon c’est du tout bon !
DELON A SON FIRMAMENT
Note : 8/10












Trois hommes à abattre de Jacques Deray, 1980


TROIS HOMMES A ABATTRE
de Jacques Deray
1980
France
avec Alain Delon, Dalila Di Lazzaro, Pascale Roberts, Féodor Atkine, Michel Auclair, François Perrot, Bernard Le Coq, Pierre Dux
Film policier/Thriller
95 minutes
Musique de Claude Bolling
DVD édité chez Pathé vidéo
Synopsis :
Paris et Trouville, début des années quatre-vingts…
Emmerich, un responsable industriel véreux, travaille avec le Ministère de la Défense ; il fabrique des missiles de guerre qui sont destinés à être vendus, mais l’un des prototypes de missile présente un défaut de conception ; Emmerich convoque des hommes hauts placés et leur explique sa stratégie ; Emmerich, devenu fou, n’a plus du tout confiance en ces hommes, il les congédie ; plus tard, Emmerich engage des tueurs à gages pour assassiner tous les témoins qui étaient présents lors de l’entrevue chez lui…L’un d’eux, qui repartait de nuit au volant de sa voiture est tué par des hommes à moto employés par Emmerich…
C’est alors que Michel Gerfaut, un quidam, qui roulait à vive allure pour aller à une partie de poker, voit la voiture accidentée sur le bas- côté de la route ; pensant que le conducteur est juste blessé, Gerfaut l’emmène aux urgences situées non loin de là… Gerfaut, pressé d’aller à sa partie de poker, ne signe pas sa déposition et repart…
Le lendemain, Gerfaut va avec sa petite copine Béa prendre quelques jours de repos à Trouville, où sa mère tient un hôtel restaurant ; sur la plage, deux hommes tentent de noyer Gerfaut, qui parvient à s’en sortir in extremis ; puis quelqu’un tend un piège à Gerfaut en vue de le tuer !
Comprenant qu’il est menacé, Michel Gerfaut fait appel à Liéthard, un de ses meilleurs amis qui travaille aux renseignements généraux ; chez Gerfaut, quelqu’un sonne à la porte, Liéthard regarde par le judas pour savoir de qui il s’agit, il est tué !
Gerfaut met Béa à l’abri et mène sa propre enquête, il comprend qu’on veut sa peau depuis l’histoire de la voiture avec le « blessé » qu’il a secouru…
Une lutte contre la mort et une course contre la montre s’engage pour Gerfaut, il essaie de remonter à la source de cette sordide histoire et doit tout faire pour préserver sa vie !
Mon avis :
« Trois hommes à abattre » fait partie des meilleurs films d’Alain Delon des années quatre-vingts, le scénario est limpide (pas comme pour « Pour la peau d’un flic » chroniqué ci-dessous où on ne comprend strictement rien), là au moins tout est clair, Delon est arrivé « au mauvais moment au mauvais endroit » et il va le payer cher !
Histoire exemplaire, jeu d’acteurs impeccable, tension et paranoïa à fond la caisse, la belle Dalila Di Lazzaro ne joue pas un rôle de potiche mais s’intègre très bien dans le film, on est pris dans un engrenage où rien ne s’arrête, tout comme le personnage de Michel Gerfaut/Alain Delon ; j’avais vu le film plusieurs fois lors de ses diffusions à la télévision et le revoir maintenant, et bien je me suis souvenu de tout ! c’est dire si le film est marquant !
« Trois hommes à abattre » est un sommet du polar français, on se régale littéralement, le prologue nous met dans l’ambiance et dès que Delon apparaît à l’écran, c’est la magie du cinéma, il n’a jamais besoin d’en faire des tonnes, dès qu’on le voit son aura fait tout le boulot, il devient crédible instantanément, c’est bien cela qui fait la force et le charisme de cet acteur, il n’a besoin de rien, on sait tout de suite à qui on a affaire !
La ville de Trouville nous vaut des scènes cultes (le passage sur la plage, le bar restaurant), Delon y va à fond les gamelles mais, à la différence des Belmondo, très peu d’humour ; Delon joue des personnages de façon frontale, directe et sans fioritures et… ce n’est pas plus mal !
« Trois hommes à abattre » est un film habile, simple à comprendre (Delon doit sauver sa peau, comme dans quasiment tous ses films, ses ennemis sont les pires salopards !), bourré de rebondissements, d’une intensité incroyable et c’est aussi une plongée dans la France des années quatre- vingts, Delon fume ses Gitanes, les téléphones sont à cadrans et les bagnoles n’empêchent pas de fabuleuses courses poursuites (bravo à l’équipe de Rémy Julienne, cador des cascades de l’époque)…
L’intrigue tient en haleine jusqu’à l’issue (que je ne vous dévoilerai bien sûr pas !) et on n’a pas le temps de reprendre son souffle ; la paranoïa est réelle pour le spectateur et certains plans séquences sont même flippants (le coup du judas, repris par Dario Argento pour son « Opéra » sept années plus tard !), d’ailleurs Dalila Di Lazzaro jouera dans « Phenomena » d’Argento, justement, dans un rôle totalement différent que celui, sexy, de « Trois hommes à abattre »…
La mise en scène de Jacques Deray sonne juste en permanence, la musique du grand Claude Bolling (« Les brigades du tigre ») est nickel elle aussi ; on ne voit que des qualités dans « Trois hommes à abattre » et le film atteint le statut de film culte même quasiment quatre décades plus tard…
Rien à redire de plus, une vraie tuerie et une modernité dans une réalisation font de « Trois hommes à abattre » un chef d’œuvre de dynamisme à voir et revoir sans faute !
Note : 9/10













lundi 10 juin 2019

Sinbad et l'oeil du tigre de Sam Wanamaker, 1977


SINBAD ET L’ŒIL DU TIGRE
de Sam Wanamaker
1977
Etats-Unis
avec Jane Seymour, Taryn Power, Patrick Wayne, Patrick Troughton, Kurt Christian, Margaret Whiting
Aventures fantastiques
113 minutes
Produit par Charles H. Schneer
Effets spéciaux de Ray Harryhausen
aka Sinbad and the eye of the tiger
Coffret blu ray sorti chez Sydonis Calysta
Synopsis :
Pendant la période des mille et une nuits, dans une ville du Moyen Orient…
Sinbad le marin se trouve contraint d’aider la princesse Farah ; en effet, une très méchante sorcière, Zenobia, a transformé par magie noire le frère de Farah en… babouin !
Sinbad se renseigne et la solution est de retrouver Melanthius, un magicien ; lui seul peut redonner son apparence humaine à Kassim, le frère de Farah…
Doué d’une intelligence, Kassim/babouin est conservé dans une cage ; Sinbad, Farah et Rafi, un autre homme se rendent à la recherche de Melanthius mais… la redoutable sorcière Zenobia les suit sans les lâcher d’une semelle !
Zenobia prend l’apparence d’un oiseau ou d’autres animaux ; pour son voyage, elle a créé un monstre fait d’acier, le Minotone, qui rame pour dix personnes et emmène la sorcière sur les mers, en suivant Sinbad…
Sinbad retrouve la trace du magicien Melanthius grâce à une jeune femme, Diane, qui est la fille du magicien…
Melanthius est en fait un immense savant et c’est bien le magicien qui peut sauver Kassim !
Seul un endroit situé à l’intérieur d’une roche, dans un temple, pourra faire s’effectuer la prophétie qui rendra à Kassim son apparence humaine…
Mais il faudra à Sinbad affronter la mer arctique dans des conditions climatiques difficiles pour rejoindre la montagne et le temple…
Zenobia redouble d’imagination et fait un enfer à Sinbad !
Kassim retrouvera t-il son apparence humaine ?
La sorcière Zenobia sera-t-elle vaincue par Sinbad ?
Mon avis :
Troisième et dernier opus de la saga des Sinbad entamée en 1958 avec « Le septième voyage de Sinbad », ce « Sinbad et l’œil du tigre » est surement le plus délirant des trois, mais le charme et la magie opèrent toujours et le film sera, tout comme les précédents, un immense succès au box-office…
Les atouts sont nombreux et l’originalité de « Sinbad et l’œil du tigre » c’est que Sinbad est un peu relégué au second plan et c’est les autres personnages (le magicien Melanthius surtout) qui tient la vedette et qui est le point central de l’intrigue…
Niveau charme féminin, nous sommes particulièrement gâtés avec les deux superbes Jane Seymour et Taryn Power (on a droit à une scène de baignade où elles sont entièrement nues, mais il ne faut pas rêver, la séquence reste pudique !)…
La sorcière Zenobia (incarnée par la très vilaine Margaret Whiting) est la pire des pourritures que Sinbad ait eu à affronter et elle ponctue ses forfaits et ses méchancetés avec un rire maléfique qui amplifie l’antipathie que le spectateur a pour elle !
Ray Harryhausen a réalisé une nouvelle fois des effets spéciaux fabuleux et le plan séquence sur la banquise avec l’attaque du morse géant est très réussie même si on voit bien que la neige est en fait du polystyrène balancé par un ventilateur !
Le budget du film est colossal et le film est toujours produit par Charles H. Schneer qui met à chaque fois des moyens conséquents, le résultat obtenu est largement à la hauteur…
Harryhausen a préféré faire un babouin avec ses effets spéciaux, il disait qu’un vrai babouin serait incapable de faire retranscrire la même chose, et il ne s’est pas trompé…
Même si les effets de lumières et de flashs sembleront désuets de nos jours, « Sinbad et l’œil du tigre » est une invitation au rêve et le dynamisme de la mise en scène permet de faire passer le film très facilement, sans le moindre ennui…
Calibré pour plaire aux petits comme aux grands, « Sinbad et l’œil du tigre », c’est du spectacle gentil et sympathique, jamais effrayant et qui conviendra à tout type de public, cet opus est plus long que les précédents puisqu’il dure presque deux heures mais la fluidité de l’histoire et les rebondissements incessants le font passer comme une flèche !
Inoxydables, les « Sinbad » sont vraiment des œuvres d’aventures fantastiques à découvrir ou redécouvrir, les acteurs sont honnêtes, le charme naïf des productions de l’époque, la beauté des comédiennes et la qualité des effets spéciaux de Ray Harryhausen, tout cela confère à rendre indélébiles ces films et cette saga qui reste unique pour les cinéphiles…
Le coffret blu ray édité par Sydonis Calysta est sorti récemment et c’est l’occasion, pour ceux qui ne possédaient pas le coffret DVD, de se plonger dans ce triptyque d’aventures qui met beaucoup en valeur la magie, que ce soit celle des personnages ou celle que le film déploie vis-à-vis des cinéphiles, qui ne pourront qu’être fascinés par tout cet enchantement…
Indissociable des deux précédents, ce « Sinbad et l’œil du tigre » est un pur plaisir cinématographique et on n’aurait bien tort de l’occulter…
A visionner sans aucune modération !
Note : 8/10













dimanche 9 juin 2019

Le voyage fantastique de Sinbad de Gordon Hessler, 1973


LE VOYAGE FANTASTIQUE DE SINBAD
de Gordon Hessler
1973
Etats-Unis/Grande Bretagne
Avec John Phillip Law, Caroline Munro, Tom Baker, Douglas Wilmer, Martin Shaw
Film fantastique
105 minutes
Effets spéciaux de Ray Harryhausen
Scénario de Brian Clemens
Blu ray édité chez Sydonis Calysta
Synopsis :
Nous retrouvons Sinbad le marin pour la suite de ses aventures…
Sinbad est en pleine mer, de nuit, une violente tempête éclate, c’est alors qu’un gigantesque oiseau vient attaquer Sinbad et ses hommes, durant le combat, l’oiseau est transpercé d’une flèche et laisse tomber une sorte d’amulette en or !
Sinbad et son équipage accostent à Marabia ; Sinbad rencontre le vizir qui règne sur la contrée, il prétend que l’amulette retrouvée est en fait une des trois parties d’un talisman, ces trois segments réunis permettraient à quiconque les possède la jeunesse et la force éternelle…
Le vizir a été gravement brûlé et revêt un masque sur la tête…
Sinbad fait un tour dans le souk de la ville et rencontre Margiana, une superbe femme brune, qui est l’esclave d’un commerçant ; Rachid, un jeune homme un peu simplet, se trouve à cet endroit, le commerçant demande à Sinbad d’emmener Rachid et Margiana avec lui, ils pourront l’aider à trouver les autres segments de l’amulette…
Koura, un autre homme, partira avec eux…
Revenus non loin de leur point de départ, Sinbad, Rachid, Margiana et les autres hommes qui ont accepté l’aventure se retrouvent prisonniers dans une grotte ; il ne fait nul doute que Koura est devenu l’ennemi de Sinbad et qu’il veut tout faire pour posséder les parties manquantes de l’amulette !
Sur l’ile où il se trouve, Koura a enrôlé une tribu d’indigènes peinturlurés qui lui obéissent, il se sert d’eux pour sacrifier Margiana qui se retrouve face à un centaure cyclope effrayant !
Margiana s’évanouit et semble à la merci du monstre !
Sinbad pourra t-il sauver Margiana ?
La troisième et dernière partie de l’amulette pourra t-elle former le talisman ?
Des aventures fantastiques attendent nos amis et la partie est loin d’être gagnée, Koura ayant semé de multiples embûches pour contrecarrer Sinbad !
Mon avis :
Voici donc le second opus de la trilogie, non plus réalisé par Nathan Juran mais par Gordon Hessler et avec John Phillip Law et la belle Caroline Munro en remplacement de Kerwin Matthews et Kathryn Grant, couple qui officiait dans le précédent film…
« Le voyage fantastique de Sinbad » avec toujours aux manettes des effets spéciaux le mythique Ray Harryhausen est de nouveau une grande réussite, l’histoire est un peu un copié/collé du « Septième voyage de Sinbad » mais on ne va pas s’en plaindre, le rêve est toujours bel et bien là et l’histoire de qualité…
Rivalisant d’ingéniosité et d’imagination, Harryhausen nous pond de nouvelles créatures et le spectacle est toujours aussi grandiose ; Caroline Munro, dont c’est l’un des premiers rôles, s’érige déjà en sex-symbol et son magnifique décolleté ravira les cinéphiles, John Phillip Law tient un Sinbad crédible et se révèle un excellent comédien (on l’a aussi vu dans « Danger Diabolik » de Mario Bava), certains éclairages s’inspirent même du « Hercule contre les vampires » justement, notamment les séquences dans la grotte…
Honnête dans sa mise en scène « Le voyage fantastique de Sinbad » est un chouya en deça du « Septième voyage de Sinbad » mais l’aventure est bien là et ravira les fanatiques d’aventures fantastiques parsemées de monstres et de créatures (le Minotaure cyclope qui attaque Caroline Munro/Margiana fait penser au Rancor du « Retour du Jedi », surtout pour le découpage de la séquence !)…
Une nouvelle fois, nous passons un agréable moment de cinéma et les petits comme les grands trouveront aisément leur compte dans ce film, qui vend du rêve en permanence et qui atteint son objectif premier : nous faire évader de notre quotidien !
Segment intermédiaire de la trilogie, « Le voyage fantastique de Sinbad » sert de passerelle entre « Le septième voyage de Sinbad » et « Sinbad et l’œil du tigre », le travail accompli est tout à fait correct et la tonicité du film est indéniable, que ce soit au niveau du déroulement des séquences tout comme les dialogues qui vont droit au but et ne s’embarrassent pas de fioritures…
« Le voyage fantastique de Sinbad » est donc un excellent métrage d’aventures fantastiques qui provoquera la jubilation et cela fait vraiment du bien, donc il ne faut pas s’en priver !
Les cinéphiles puristes et geeks se rueront sur le coffret blu ray sorti récemment chez Sydonis Calysta, les autres qui possèdent déjà le coffret DVD sorti au début des années deux mille ne seront pas en reste, l’image est d’excellente qualité et tout à fait recommandable !
Note : 9/10










Le septième voyage de Sinbad de Nathan Juran, 1958


LE SEPTIEME VOYAGE DE SINBAD
de Nathan Juran
1958
Etats-Unis/Grande Bretagne
avec Kerwin Matthews, Kathryn Grant, Richard Eyer, Torin Thatcher, Alec Mango
Film fantastique/aventures
Produit par Charles H. Schneer
Musique de Bernard Herrmann
88 minutes
Effets spéciaux de Ray Harryhausen
Blu ray édité chez Sydonis Calysta
Synopsis :
Sur une mer, du temps des mille et une nuits…
Sinbad, un marin, vogue avec tout son équipage ; lorsque la terre apparaît, Sinbad décide d’accoster sur une ile appelée Colossa…
Les membres de l’équipage sont affamés et assoiffés et espèrent trouver des vivres en abondance sur l’ile ; ils tombent nez à nez avec un cyclope géant qui terrorise un magicien appelé Sokurah ; celui-ci les prévient !
Sokurah possède une lampe magique d’où sort un génie ; le cyclope est vaincu par Sinbad et ses hommes ; Sokurah demande à Sinbad de l’emmener avec lui…
Sinbad arrive dans la ville de Bagdad où il doit retrouver sa femme, la princesse Parisa…
Sokurah joue en fait un double jeu et veut faire du tort à Sinbad ; la lampe a été perdue lors de l’assaut contre le cyclope à Colossa et Sokurah fait un chantage pour y retourner absolument mais Sinbad et le vizir refusent catégoriquement !
Lors d’une soirée de spectacle dans le palais du calife de Bagdad, Sokurah fait des prouesses avec ses tours de magie et fusionnent l’intendante de Parisa avec un serpent, l’assistance est terrifiée !
Le lendemain, Sinbad retrouve Parisa miniaturisée !
C’est l’œuvre de Sokurah, son stratagème fonctionne puisqu’il dit que la seule solution pour que Parisa retrouve sa taille normale est de retourner sur l’ile de Colossa et d’y retrouver la fameuse lampe magique…
Parisa est la fille du calife donc ce dernier est obligé de céder !
Sinbad prend alors la mer, accompagné de Parisa, de dizaines d’hommes et de Sokurah le magicien…
Arrivé sur Colossa, Sinbad ne sera pas au bout de ses peines, des créatures gigantesques l’attendent et il devra se méfier de la perfidie de Sokurah !
Sinbad n’a qu’une obsession : faire retrouver à Parisa sa taille normale et la ramener en vie à Bagdad…
Mon avis :
Appuyé par les effets spéciaux du Maitre absolu Ray Harryhausen, Nathan Juran, dont le talent n’est plus à prouver, s’attaque aux mythes des mille et une nuits avec ce « Septième voyage de Sinbad », soyons nets, c’est fabuleux et ce film est de loin le meilleur de la trilogie et de toutes les adaptations de Sinbad au cinéma…
Ray Harryhausen a mis le paquet et ne s’attarde pas, un de ses monstres arrive dès la cinquième minute, ce film est du pur rêve et un enchantement pour petits et grands !
Dire que l’on est avant « Jason et les argonautes » et pourtant, déjà, la magie opère à vitesse grand V, le spectateur est propulsé dans une histoire d’aventures fantastiques tonique et tonitruante où l’on ne voit pas le temps passer !
Le couple Kerwin Matthews/Kathryn Grant est tout à fait crédible et même si ces comédiens ne sont pas très connus du public ils n’ont rien à envier aux stars hollywoodiennes de l’époque, le bonheur est réellement présent lors du visionnage et la modernité est impressionnante (on n’est quand même qu’en 1958 !)…
Harryhausen et son équipe de techniciens usent de trouvailles et de techniques qui font illusion (la miniaturisation de Parisa est hyper bien effectuée que ce soit au niveau du montage que des décors reconstitués pour l’occasion) ; le personnage du gamin/génie est réjouissant et hyper sympathique, ici aucune violence mais un film gentillet et jamais nunuche !
Avec « Le septième voyage de Sinbad » on est dans le sommet du film d’aventures fantastiques de la fin des années cinquante, le régal est absolu et le film se suit avec grande délectation, le coffret DVD de la trilogie est par ailleurs de grande qualité avec une image plein écran même s’il ne rivalise sans doute pas avec le coffret blu ray sorti récemment chez Sydonis Calysta…
Les films de Sinbad savent allier rêve, aventures et magie avec le plus grand des talents et restent gravés de façon indélébile dans la mémoire de tous les cinéphiles, il est donc nécessaire de les avoir visionnés au moins une fois, on se fera une idée précise de l’étendue du travail de Ray Harryhausen et cela permettra aussi de passer un bon moment…
A chaque prestation, Harryhausen se donne à fond pour la conception de ses effets spéciaux et on peut dire qu’il ne s’est jamais trompé, ici dans « Le septième voyage de Sinbad » il n’y a rien à redire, on assiste à du grand spectacle et c’est la jubilation pendant quasiment une heure trente…
Je vous recommande vivement ce film et vous invite même à le faire découvrir à vos enfants si vous en avez, on assiste à un rêve éveillé et cela fait un bien fou, du fantastique vintage mais avec beaucoup d’action, une intrigue immersive où l’on est plongé du début à la fin, bref, « Le septième voyage de Sinbad » est une incontestable réussite qui fera date dans le cinéma de fantasy d’outre Atlantique de l’époque…
Toujours aussi attrayant même soixante ans après, ce premier opus des « Sinbad » est à ne pas louper !
Note : 9/10











dimanche 2 juin 2019

Emmanuelle de Just Jaeckin, 1974


EMMANUELLE
de Just Jaeckin
1974
France
avec Sylvia Kristel, Alain Cuny, Christine Boisson, Marika Green, Jeanne Colletin, Daniel Sarky
Film érotique
105 minutes
Musique de Pierre Bachelet
Blu ray édité chez Studiocanal
Produit par Yves Rousset Rouard
Budget : 500 000 dollars
Synopsis :
France, Thaïlande, début des années soixante-dix…
Emmanuelle, une très belle jeune femme, part retrouver Jean, son époux, ce dernier est diplomate au consulat à Bangkok, en Thaïlande…
Emmanuelle prend l’avion pour Bangkok, durant le vol un homme s’approche d’elle et lui fait l’amour ; un second homme s’éprend de la belle et lui fait également l’amour dans les toilettes de l’avion…
Arrivée sur place, Emmanuelle fait la connaissance des autres femmes présentes ; très vite, Emmanuelle commence à trouver le temps long ; pour combler son ennui, elle sympathise avec Marie-Ange, une très jeune femme…
Marie Ange explique les techniques d’onanisme à Emmanuelle et lui parle de ses fantasmes…
Emmanuelle rencontre également Ariane, une archéologue, elle la suit lors d’un périple sur un fleuve et les deux jeunes femmes se livrent à un jeu saphique ponctué de caresses et de baisers…
Jean part à la recherche d’Emmanuelle car le soir venu, elle n’est toujours pas rentrée…
Bee, une des filles présentes chez Jean, allume Jean ; celui-ci, excité, lui fait l’amour de façon brutale…
Jean, à la recherche d’Emmanuelle, sillonne les bars et endroits chauds de Bangkok, il se bagarre avec un homme éméché…
Mario, un homme expérimenté, va provoquer l’initiation érotique d’Emmanuelle et lui explique les tenants et aboutissants de l’amour par des expériences sexuelles provoquées par le hasard…
Lorsqu’Emmanuelle aura assimilé les conseils de Mario, elle se sentira comme une nouvelle femme…
Sur son fauteuil en rotin, elle se maquille devant son miroir et se rend compte qu’après toutes ces aventures, sa vie sexuelle a désormais pris un nouveau tournant…
Mon avis :
Premier film d’une longue série, « Emmanuelle » est une œuvre mythique, un chef d’œuvre du film érotique français qui possède tous les atouts pour instaurer un culte, le film fut gardé à l’affiche des cinémas parisiens pendant deux décennies et son pouvoir d’attraction fut immense, les responsables des salles obscures durent même rajouter des sous titres anglais pour les touristes venus du monde entier ; le budget initial ne fut pas énorme mais « Emmanuelle » rapporta un bénéfice colossal à son producteur Yves Rousset Rouard et fit également entrer Sylvia Kristel dans la légende des icônes sexy du septième art ; l’actrice au corps parfait dégage un charisme instantané et donne une aura tout le long du film, les spectateurs y furent particulièrement réceptifs et le film fit exploser le box office !
La photographie du film est naturelle, Just Jaeckin ne voulait pas utiliser de lumière artificielle et tout est filmé en fonction du soleil ou de la nuit, sans le moindre artifice…
Jaeckin a tourné « Emmanuelle » en six semaines et sans autorisation en Thaïlande aux autorités, il a eu la chance d’avoir la bienveillance d’un seigneur thaïlandais qui régnait là-bas et qui lui conseilla de « faire croire » qu’il tournait un documentaire ; le palais typique de la Thaïlande où est tourné le film est d’ailleurs la propriété de ce seigneur qui accepta de « prêter » sa demeure à l’équipe du film…
La plus grande scène du film, mythique et inoubliable, est celle de l’avion, d’un érotisme fulgurant et si on vous parle d’ »Emmanuelle » vous penserez systématiquement à ce passage en premier !
Raffiné et jamais graveleux, « Emmanuelle » est un film légendaire qui met en exergue la quête mystique d’une jeune femme qui explore sa sexualité, elle est aidée par un homme déjà mûr, Mario (formidable Alain Cuny) et ce dernier va petit à petit lui faire découvrir la diversité des plaisirs sexuels, par des situations inopinées au gré du hasard des rencontres que fera Emmanuelle, « guidée » et formée jusqu’à un aboutissement de plénitude qui la rassérénera…
Le fameux fauteuil en rotin qu’on voit à la fin du film fit bondir les ventes de fauteuils de ce style et il fut même nommé « Fauteuil Emmanuelle », c’est dire l’impact du film commercialement parlant !
La jeune Christine Boisson est un personnage incendiaire dans le film, elle symbolise la jeunesse et le plan où elle est face à Sylvie Kristel permet à Just Jaeckin de faire le flash- back avec la scène de l’avion ; cette partie du film est fiévreuse et particulièrement érotique, c’est même le point d’orgue du film et sa séquence la plus réussie !
« Emmanuelle » reste un modèle du film érotique à la française et ne se contente pas uniquement d’être une carte postale « vintage » mais bel et bien un métrage doté d’un véritable scénario et d’une direction dans le jeu des acteurs…
Le film fait » années soixante- dix » mais curieusement a bien vécu les années, quarante-cinq ans plus tard, la dynamique et la fascination exercées par « Emmanuelle » sont toujours intactes…
La musique de Pierre Bachelet, que ce soit la chanson du générique ou la musique employée lors des scènes du film, est efficace et le thème musical est doux sans être sirupeux, un coup de maitre de la part de l’artiste…
Bref, si vous souhaitez vivre une très belle expérience de cinéma érotique, appliquée et classieuse, « Emmanuelle » s’impose comme un must have et le blu ray édité par Studiocanal est impeccable avec une image nette qui permet de bien savourer le film et les sublimes paysages où Emmanuelle se promène…
D’une rigueur dans sa mise en scène et d’une attractivité quasi hypnotique, « Emmanuelle » est un film érotique de grande valeur qui plaira à tous les cinéphiles et qui ravira les amateurs d’érotisme soft core…
Une légende absolue maintenant à la portée de tous avec l’édition blu ray !
Note : 8/10