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mardi 26 mars 2019

Climax de Gaspar Noé, 2018


CLIMAX
de Gaspar Noé
2018
France
avec Sofia Boutella, Souheila Yacoub, Thea Carla Schott, Romain Guillermic, Kiddy Smile
Film expérimental
95 minutes
Budget : 2 600 000 euros
Nombre d’entrées en France : 60 262 entrées
Synopsis :
1996, dans la salle des fêtes d’un gymnase, en France, par un temps enneigé…
Selva, Lou, Psyche, David, Daddy et quelques autres jeunes gens sont des danseurs professionnels de danse urbaine, pour clôturer leurs spectacles et avant de s’envoler aux Etats unis, ils décident de faire une grande fête…
Avec un DJ, ils répètent une nouvelle fois leurs pas de danse et leurs chorégraphies dans une ambiance survoltée…
C’est aussi l’occasion pour quelques lascars de la troupe de « chauffer » les filles danseuses vêtues de manière ultra sexy…
C’est alors que la sangria, bue abondamment par quasiment tout le monde, a  en fait été mélangée avec une puissante drogue…
Certains des jeunes font des malaises ou pètent complètement les plombs, devenant hystériques ou incontrôlables !
Les suspicions et les soupçons s’orientent sur l’organisatrice de la soirée mais celle-ci se défend de toute mise en cause…
Petit à petit, la soirée vire au cauchemar total, la folie s’empare des jeunes au fur et à mesure que la drogue fait son effet…
Cris, bagarres, crises de bouffées délirantes ponctuent la soirée avec ce qui ne semble n’avoir qu’une issue : la mort !
Mon avis :
Tourné en quinze jours, « Climax » est un film phénoménal, un peu comme un condensé de tous les films précédents de Gaspar Noé mis en symbiose, autant dire que son style qui est unique et propre à lui trouve ici un point d’orgue ; tout est barré dans « Climax », une ambiance électrique et électrisante et un hommage à ses « pères » cinématographiques, on pense pêle mêle à « Suspiria » de Argento mais aussi une scène (terrible) rappelle la performance d’Adjani dans « Possession », le coup de la boisson peut faire penser à « Street trash » mais sans le gore ; tous les comédiens jouent à merveille et il n’y a aucune improvisation, c’est joué naturellement et tout sonne juste, ni trop, ni trop peu, Noé a une nouvelle fois gagné son pari et transporte le spectateur dans un voyage au bout de l’horreur, au bout de le vie et aux extrêmes de la folie !
Les danseuses du film sont ultra sensuelles, Noé met en exergue les corps, les membres, les bras bougent dans tous les sens, la caméra capte tous les effets produits par le physique, « Climax » est un film très sensuel et très sensitif, on est pris dans un tourbillon des corps, on ne voit pas le temps passer !
Gaspar Noé ponctue ses séquences avec des scènes parlées entre deux personnes et reprend l’action juste après ; scindé en deux parties de quarante minutes chacune (l’avant et l’après, la danse et les effets dévastateurs de la sangria), « Climax » est une furie visuelle, une claque totale, bourrée d’imagination et qui provoque un vertige en direct live…
« Climax » est un chef d’œuvre frénétique où le rythme ne s’arrête jamais, Noé étonne en permanence, explore le cinéma, SON cinéma, explose les conventions établies, comme il le fait si bien et comme à son habitude ; moins dérangeant et moins violent qu’ »Irréversible », « Climax » est sans doute le film le plus accessible de Gaspar Noé car il arrive à s’adapter à un public plus large de par ses acteurs et actrices (des danseurs de danse urbaine), du coup le film décolle totalement et Noé aussi, il s’envole et ouvre son film à un panorama de spectateurs beaucoup plus diversifié, c’est aussi cela qui fait la force de « Climax » et qui amplifie son impact…
La musique omniprésente avec le thème « Supernature » de Cerrone et tous les autres morceaux s’imprègnent lors du visionnage, le spectateur est subjugué, transporté et sidéré par la façon ultra précise de la mise en scène de Gaspar Noé, « Climax » est un véritable uppercut et il faudrait plusieurs visionnages pour pouvoir ingurgiter l’ensemble des séquences, tant la richesse des plans est formelle…
Une nouvelle fois, Gaspar Noé nous prouve que l’on peut compter sur lui pour rehausser le cinéma hexagonal, il y va fort, très fort et avec l’assurance qu’on lui connait, Gaspar Noé est la meilleure chose qui pouvait arriver au cinéma français, avec « Climax » il réconcilie les gens sceptiques à son style avec son cinéma, un film déchainé et déjanté, qui ne ressemble à aucun autre fait auparavant…
Tout le monde est unanime pour dire qu’il s’agit de son meilleur film à ce jour et je rejoins cet avis…
« Climax » est un tsunami cinématographique qui réinvente le septième art, sa puissance mais aussi la grâce de la réalisation le font entrer dans le classement des meilleurs films de ces dix dernières années, tous genres confondus…
A ne pas louper non plus le bonus de l’entrevue entre Gaspar Noé et le réalisateur (lui aussi génial) Jan Kounen qui prouve qu’on a affaire à deux passionnés de cinéma…
« Climax » est un pur film de cinéphiles qui s’apparente à l’élite du cinéma français, Noé a mûri une nouvelle fois, un peu comme un Château Petrus que l’on exhume d’une cave quand il a atteint sa maturation, le plaisir est au rendez-vous et je suis certain que lorsqu’on reverra ce film dans vingt ans, on se dira qu’il n’a pas vieilli et que le sommet était atteint…
Maintenant le challenge est ouvert et il est colossal, comment Gaspar Noé pourra t-il faire mieux que « Climax » à son prochain film ?
Note : 10/10













A des millions de kilomètres de la Terre de Nathan Juran, 1957


A DES MILLIONS DE KILOMETRES DE LATERRE
de Nathan Juran
1957
Etats unis
avec William Hopper, Joan Taylor, Frank Puglia, Thomas Browne Henry, John Zaremba
Film fantastique
82 minutes
Produit par Charles H.Schneer
Effets spéciaux de Ray Harryhausen
aka 20 millions miles to Earth
Synopsis :
Ville de Gerra en Sicile, Rome, Italie, milieu des années cinquante…
Des pêcheurs sont au large de la côte lorsqu’ils découvrent une gigantesque fusée spatiale qui s’échoue à quelques dizaines de mètres de leur embarcation…
Intrigués, les deux pêcheurs s’introduisent dans la carcasse de la fusée et y découvrent deux hommes, rescapés…
Le colonel Robert Calder sera le seul survivant, l’autre homme décèdera…
Ramené sur la côte, Calder est soigné par le docteur Leonardo et par sa fille, Marisa Leonardo, qui tombe sous son charme…
Pepe, un gamin qui était avec les deux pêcheurs du début du film, a trouvé une sorte de grosse fiole avec une sorte d’embryon de couleur verdâtre à l’intérieur ; pensant avoir fait une belle découverte, il vend la fiole au docteur Leonardo, qui est également zoologiste…
Leonardo garde précieusement la fiole alors qu’à l’intérieur de celle-ci se trouve en fait une créature venue de l’espace, plus précisément de Vénus, d’où venait la fameuse fusée spatiale !
La créature devient un monstre et grossit et grandit en permanence !
Lorsque Leonardo, accompagné de sa fille Marisa, décide d’emmener la créature à Rome au musée zoologique, deux hommes, le major Mac Intosh et le docteur Judson Uhl interrogent Pepe, le gamin, qui leur explique tout !
Calder retrouve, avec l’aide de militaires, la trace du monstre !
Ce dernier a atteint une taille gigantesque et met un foutoir pas possible…
Les militaires et les scientifiques ne voient qu’une seule solution : électrocuter le monstre !
Des hélicoptères arrivent alors sur place…
Mon avis :
«  A des millions de kilomètres de la Terre » est un petit film fantastique américain des années cinquante bougrement sympathique et le fait qu’il soit réalisé par Nathan Juran, illustre metteur en scène, est le gage d’une grande qualité…
Le scénario est bien conçu et l’histoire déclinée de manière très méthodique, les acteurs sont convaincants et surtout la bestiole conçu par le génial Ray Harryhausen donne au film un côté touchant et inoubliable, les plans surexposés sont nombreux et l’ensemble fait illusion auprès du spectateur, qui sera émerveillé devant ce déploiement de magie cinématographique…
L’histoire d’amour entre Marisa et Calder ne fait pas trop « nunuche » et Nathan Juran s’attarde moins sur cette amourette que sur la présence du monstre…
« A des millions de kilomètres de la Terre » est un film qui ne fait pas du tout peur et qui doit plus s’appréhender comme un film d’aventures que comme un film fantastique ; c’est gentillet, touchant et pacifique, par conséquent le film peut être vu par tous les publics, les plus jeunes ne seront pas effrayés…
Ray Harryhausen a, une nouvelle fois, montré et démontré l’étendue de son talent et le plaisir est encore au rendez-vous…
Sorte de mini « King Kong », « A des millions de kilomètres de la Terre » est un must dans son genre, c’est une franche réussite et le fait qu’il soit disponible en blu ray rehausse encore plus son attraction à le visionner…
Tous les cinéphiles se doivent de posséder ce film et jubileront en le regardant, il n’a pas trop vieilli et reste un modèle, grâce à sa dynamique et à la manière très enjouée de réalisation par Nathan Juran…
« A des millions de kilomètres de la Terre » allie aventures, fantastique, suspense et science-fiction pour notre plus grand bonheur et reste un témoignage de ce qui se faisait de mieux dans les années cinquante aux Etats unis pour ce genre…
Hautement recommandable et totalement inoffensif, idéal pour les weekends pluvieux et à visionner en famille sans aucun problème !
Note : 9/10











mercredi 20 mars 2019

La nouvelle malle des Indes de Christian-Jaque, série, 1982


LA NOUVELLE MALLE DES INDES
de Christian-Jaque
1982
France/Italie/Tunisie/Allemagne/Autriche/Suisse/Inde
avec Christian Kohlund, Jean-Pierre Bouvier, Roger Carel, Patrick Préjean, Maria Rosaria Omaggio, Jean-Paul Tribout, Annie Belle, Isolde Barth, Nello Pazzafini
Aventures
7 épisodes de 52 minutes
DVD édité chez LCJ vidéo
Diffusé sur TF1 en 1982
Synopsis :
Londres, au dix-neuvième siècle, Thomas Waghorn, lieutenant britannique, se bagarre avec des assaillants, Martial Sassenage, un botaniste français, l’aide à se débarrasser de ses agresseurs, les deux hommes sympathisent…
Ils ont pour point commun une ambition folle : relier Bombay en passant par un autre itinéraire que celui d’habitude utilisé…
L’inspecteur chef Fontanier et l’inspecteur Vacherin sont chargés de les surveiller car ils sont soupçonnés d’être des espions…
L’armateur Keramos soupçonne Waghorn et Sassenage de lui couper l’herbe sous le pied, il est persuadé que si leur projet aboutit, cela créera la faillite pour lui…
Pour ce faire il engage deux hommes dont Bartholdo, qui ont pour mission de faire capoter les projets de Thomas et Martial…
Le périple des deux hommes peut dès lors commencer, de l’Egypte à Venise où ils rencontreront la belle comtesse Vanini, mais aussi en Autriche ou en Tunisie, Sassenage et Waghorn vont frôler la mort plusieurs fois et vivront des moments trépidants…
Fontanier et Vacherin, quant à eux, seront roulés à chaque intervention et accumuleront les pitreries…
Thomas Waghorn et Martial Sassenage feront également de belles conquêtes féminines…
Mon avis :
Christian-Jaque est un immense réalisateur populaire qui a signé plus d’une centaine de films, son plus connu étant « Fanfan la tulipe » avec Gérard Philippe ; lorsqu’il réalise « La nouvelle malle des Indes » il a déjà 77 ans ! La série bénéficie d’un budget faramineux et à l’époque l’argent coulait à flots, du coup tous les lieux de tournages sont vraiment mis en scène sur place !
« La nouvelle malle des Indes » est, par conséquent, un vrai bonheur pour tous ceux qui aiment les films d’aventures, c’est un réel plaisir d’assister aux pérégrinations des deux compères Thomas Waghorn et Martial Sassenage, le rythme est vraiment effréné et la façon de passer d’un plan au suivant est novatrice (un mouvement accéléré de caméra)…
Au niveau des seconds rôles et des guest stars, on retrouve même Jean-Paul Tribout (le Pujol des « Brigades du tigre ») et la superbe Maria Rosaria Omaggio (actrice italienne vue dans « Nightmare city » de Lenzi), Annie Belle (« La maison au fond du parc », « Horrible » et « Lèvres de sang ») tient également un petit rôle…
Les deux inspecteurs Fontanier et Vacherin (respectivement Roger Carel et Patrick Préjean) sont savoureux et font figure de poltrons absolus, ils s’embringuent toujours dans des situations impossibles et, il faut bien le reconnaitre, les passages avec eux sont un peu cucu la praline…
Série comme on n’en fait plus de nos jours, « La nouvelle malle des Indes » est vraiment hyper sympathique, ceux qui se sont régalés avec « Michel Strogoff » ou « Le tour du monde en 80 jours » pourront se plonger sans problème dans « La nouvelle malle des Indes », c’est du même acabit et franchement on ne s’ennuie pas…
Waghorn et Sassenage sont en plus de sacrés petits obsédés et à la moindre occasion, dès qu’une belle femme se présente, ils ne se privent pas du moindre ébat !
Série quasiment oubliée de tous aujourd’hui en 2019, « La nouvelle malle des Indes » recèle pourtant d’énormes qualités et dès qu’on est pris dedans on ne peut plus décrocher, les 4 DVD se dévorent très rapidement…
Heureusement que l’éditeur LCJ a eu la bonne idée de sortir, ou plutôt d’exhumer, cette magnifique série du début des années quatre-vingts, ça n’est que du bonheur !
A redécouvrir absolument, « La nouvelle malle des Indes » est une série tous publics, gentillette et sans la moindre violence, la musique est également fabuleuse et la réalisation très soignée…
« La nouvelle malle des Indes » fait partie de l’âge d’or des séries françaises du début des années quatre- vingts, les deux DVD sont facilement trouvables sur internet, donc je ne vous dirai qu’une chose : FONCEZ !
Note : 10/10















dimanche 10 mars 2019

Comme un aimant de Kamel Saleh et Akhenaton, 2000


COMME UN AIMANT
de Kamel Saleh et Akhenaton
2000
France
avec Akhenaton, Titoff, Kamel Saleh, Houari Djerir, Brahim Aimad  
90 minutes
Chronique de mœurs
Musique supervisée par Akhenaton
Synopsis :
Marseille, quartier du panier, dans les années quatre-vingt –dix…
Sauveur, Cahouette, Santino, Houari et Bra-Bra sont des jeunes qui vivent dans le quartier, ils ont baissé les bras pour rechercher un travail et passent la majeure partie de leur temps à siroter des verres au bar du coin ; pour gagner un peu d’argent, ils se livrent à de multiples trafics en revendant des magnétoscopes « tombés du camion » ou aussi en escroquant d’autres gens du quartier…
Vols de voitures, sorties en discothèques miteuses et engueulades ponctuent leur quotidien…
Sauveur se fait virer par son père qui ne supporte plus son oisiveté, il trouve refuge dans un taudis et sympathise avec une gamine d’origine bosniaque…
Errant à bord d’une voiture volée, les trois jeunes essayent d’aborder deux superbes jeunes femmes qui marchaient sur le trottoir… sans succès !
Le destin ne semble pas sourire à ces jeunes gaillards marseillais, pourtant plein de ressources… quand il s’agit de faire des conneries !
Deux d’entre eux parviennent, grâce à l’entremise d’un troisième, à brancher des filles plutôt bien roulées ; ils arrivent même à se faire inviter chez l’une d’elles !
Hélas la rencontre tourne court, un des garçons prétextant qu’une des filles vote pour le front national !
Santino se retrouve mêlé à une sombre histoire de trafic avec des mafieux de la pègre marseillaise ; il doit de l’argent à un gros bonnet, caïd de la ville !
Lorsque des hommes armés de ce caïd tabassent Santino en pleine rue et cassent la carrosserie de sa voiture, Sauveur et ses amis, entendant les coups de barre de fer, déboulent…
Sauveur se retrouve dans le collimateur de cette pègre…
Lors d’un énième trafic de téléviseurs, cette fois-ci la police arrête trois des amis de Sauveur, pris en flagrant délit…
Jusqu’au jour où tout bascule…
Mon avis :
Tout premier film du rappeur de IAM Akhenaton, « Comme un aimant » est globalement une grande réussite, le film décrit des tranches de vies de jeunes marseillais désoeuvrés dans les années quatre- vingt-dix, mêlées de trafics divers et de plans foireux, mais sans une violence disproportionnée comme dans d’autres films comme « Ma 6-t va cracker » ou « La haine », non ici Akhenaton opte plutôt pour un ton réaliste et beaucoup de pudeur, son cinéma s’apparente un peu à celui d’Abdellatif Kechiche en version marseillaise…
Les acteurs sonnent tous justes et on se prend d’amitié et de compassion pour ces jeunes qui ne demandent qu’une chose : être heureux…
Titoff fait son numéro mais son personnage n’est pas hors de propos et s’intègre bien au film, Akhenaton est impérial et on sent de sa part une énorme implication, la musique qu’il a totalement supervisée colle bien à l’esprit d’IAM et certaines séquences sont filmées caméra sur l’épaule, donnant une sensation de tonicité et de frénésie en même temps…
« Comme un aimant » s’est injustement fait démolir par la critique à sa sortie, avec le recul on y voit un film sincère, posé et juste, aux antipodes des films de banlieue vus précédemment ; Akhenaton a voulu faire autre chose que ses prédécesseurs et s’est lancé dans une aventure louable et digne du plus grand intérêt, nous montrant le quotidien que lui-même il a vécu avec une linéarité qui force le respect…
Certaines scènes sont tout à fait réalistes comme les plans drague à deux euros où de pauvres jeunes femmes sont alpaguées verbalement par les trois lascars en voiture, mais en même temps, c’est tout à fait ça le quotidien à Marseille…
Pas de misérabilisme dans le film, mais plutôt une grande insouciance avec ces jeunes qui picolent tranquillement à la terrasse du café ; la scène où Akhenaton se fait virer par son père est très intense et Akhenaton se dote d’un jeu d’acteur insoupçonné, tout comme certaines fulgurances dans le film comme la scène avec le manège nocturne ou le reflet de la voiture de police dans l’écran du téléviseur, « Comme un aimant » est un film très bien conçu et pour un premier métrage, on peut dire qu’il mène la dragée haute à plein d’autres…
Le sujet était casse-gueule mais dans l’ensemble, Kamel Saleh et Akhenaton ont globalement réussi leur pari, ils ont su instaurer une ambiance juste avec des passages réalistes ; « Comme un aimant » est une œuvre sincère et à voir si l’on s’intéresse au parcours d’Akhenaton, il fait preuve d’une très grande intelligence, tout comme les albums d’IAM et a voulu transposer sa musique en film, par conséquent les fans du groupe phocéen adhèreront sans difficulté au film…
« Comme un aimant » est un film courageux et atypique dans le cinéma français, rien que pour ça il faut le voir !
Note : 8/10








Le flic de Beverly Hills de Martin Brest, 1984


LE FLIC DE BEVERLY HILLS
de Martin Brest
1984
Etats-Unis
avec Eddie Murphy, Judge Reinhold, Lisa Eilbacher, John Ashton, Ronny Cox, Gilbert R. Hill, Steven Berkoff, James Russo
105 minutes
Comédie policière
aka Beverly Hills cop
Musique de Harold Faltermeyer et Danny Elfman
Chansons par Junior, Patti Labelle, Pointer sisters, Glen Frey entre autres
Budget : 15 000 000 dollars
Recettes mondiales au box-office : 316 360 478 dollars
Synopsis :
Detroit et Beverly Hills, Etats-Unis, milieu des années quatre vingts…
Axel Foley, un policier gaffeur, provoque un bordel monstre en pleine ville après une course poursuite entre un camion et des voitures de police, suite à une altercation avec des trafiquants de cigarettes ; son chef Douglas Todd lui passe une avoine carabinée et envisage de le licencier à la prochaine erreur…
De retour chez lui, Axel retrouve un de ses meilleurs amis, Mikey Tandino, ancien taulard et avec qui Axel avait fait les quatre cents coups plus jeunes, les deux hommes vont prendre un verre dans un bar…
De retour chez Axel, celui-ci est assommé et son ami Mikey est tué par deux hommes !
Tandino avait magouillé en volant des bons aux porteurs de deutschmarks, ce qui lui a coûté la vie !
Axel est bouleversé de la mort de son ami et jure de le venger !
Il se rend à Beverly Hills pour rencontrer Jenny Summers, une amie qu’il avait en commun avec Mikey, la jeune femme est devenue responsable d’une galerie d’art géré par son patron Victor Maitland…
L’ homme de main de Maitland, Zack, n’est autre que le meurtrier de Mikey !
Axel s’introduit de force dans le bureau de Maitland, il est viré manu militari !
William Rosewood, le sergent John Taggart et le lieutenant Andrew Bogomil, tous les trois membres de la police de Beverly Hills, ont pour ordre de filer Foley…
Ce dernier se paie leurs têtes et accumulent les facéties !
Axel parvient à obtenir les preuves que Maitland pratique un trafic de cocaïne mais Taggart et Rosewood ont pour consigne de l’éloigner de Beverly Hills…
Lorsque Rosewood, qui faisait le guet près d’un entrepôt appartenant à Maitland, comprend que tout ce que disait Axel Foley est vrai, Jenny Summers et Axel sont braqués par Zack et ses hommes…
Novice en la matière, Rosewood prend son courage à deux mains et sort de sa voiture pour secourir Axel et Jenny !
Mon avis :
Immense succès au box-office, soyons clairs « Le flic de Beverly Hills » est le meilleur film d’Eddie Murphy et son meilleur rôle !
La mise en scène de Martin Brest allie humour, action et bonne humeur pendant une heure quarante et le spectateur jubile dès l’entame qui démarre à fond les gamelles, ce film est un plaisir et un bonheur complets, porté par un Eddie Murphy au top de sa forme et la musique du film amplifie encore plus l’ambiance, on se prend un pied total à chaque visionnage, « Le flic de Beverly Hills » est le remède idéal en cas de coup de blues, il faut l’appréhender comme une comédie policière à 50/50 comédie/polar…
Certes, le passage de la mort de Mikey est loin d‘être drôle et le personnage de Zack (quelle tête de psychopathe, il fait peur !) et celui de Victor Maitland sont d’ignobles crapules mais Axel est là pour appliquer sa vendetta et il ira jusqu’au bout…
Certaines séquences sont inoubliables (les bananes dans le pot d’échappement, la courte échelle entre Taggart et Rosewood, Zack qui valdingue dans le restaurant, l’introduction avec la voiture de police et j’en passe, ça n’arrête pas !)…
Eddie Murphy signe ici sa meilleure composition et il crève l’écran, toujours à l’aise dans ses Adidas et sûr de lui à deux cents pour cents !
L’actrice Lisa Eilbacher est superbe et donne l’aspect féminin au film, tous les seconds rôles sont nickels (mention à Judge Reinhold en flic benêt et James Russo en ami malchanceux mais toujours fidèle d’Eddie Murphy), « Le flic de Beverly Hills » est un film connu mondialement et que tous les cinéphiles des années quatre-vingts ont forcément vu…
La musique du film fit également un tabac au niveau des ventes de bandes originales et elle est également pour beaucoup dans la réussite du film, certains dialogues ne sont pas très châtiés (beaucoup de gros mots) mais ce n’est pas bien grave…
« Beverly Hills cop » est un classique absolu du cinéma américain des années quatre-vingts et ravira tous les publics avec un happy end de rigueur (les méchants sont punis comme il se doit et les bons triomphent !)…
Martin Brest récidivera dans le polar jubilatoire avec son « Midnight run » trois ans plus tard, c’est un excellent metteur en scène, il a parfaitement compris ce qu’attend le spectateur et sait tout faire pour le contenter (un peu comme Steven Spielberg !)…
Rien à dire de plus sinon que tout le monde semble unanime pour dire que « Le flic de Beverly Hills » est un film qui ne peut décevoir personne ; la gaieté et la bonne humeur dont fait preuve Eddie Murphy sont vraiment communicatives et on ne se lasse jamais de ce film, même après plusieurs visionnages…
« Le flic de Beverly Hills » fait plaisir à voir et a donné du sang neuf au polar américain, c’est un film référentiel et inoubliable, doté d’une énergie rare et fédératrice !
Note : 10/10












dimanche 3 mars 2019

L'ombre blanche de John Gray, 1996


L’OMBRE BLANCHE
de John Gray
1996
Etats-Unis
avec Steven Seagal, Keenen Ivory Wayans, Bob Gunton, Brian Cox, Stephen Tobolowsky
91 minutes
aka The glimmer man
recettes au box-office : 20 350 000 dollars
Polar
Synopsis :
Los Angeles, milieu des années quatre-vingt-dix…
Jack Cole est un ancien tueur des services secrets, il est aguerri aux techniques de combats ; il est divorcé…
Dans le cadre de son parcours professionnel, Jack Cole est devenu criminologue, il est amené à travailler avec la police de la ville et doit faire équipe avec Jim Campbell, un policier aux antipodes des méthodes de travail de Jack…
Bon gré mal gré et avec une prise de contact plutôt difficile, les deux hommes enchainent les opérations anti-criminalité…
Cole a des méthodes très musclées, il empêche un jeune homme de faire un carnage dans une salle de classe et parvient in extremis à limiter la casse…
Ce n’est que lorsque Campbell et Cole doivent retrouver la trace d’un tueur en série que les choses se compliquent !
L’ex-femme de Cole figure parmi les victimes du tueur ; ce dernier applique à chaque fois le même modus operandi, il crucifie ses victimes et les plaque au mur de la scène de crime, il les tue à l’aide d’un fusil à visée laser…
Jack Cole devient le suspect numéro un dans l’affaire, la trace de son ADN étant retrouvée sur le corps de son ex-femme…
Les investigations vont bon train, ponctuées de bagarres dantesques, où Cole pratique des arts martiaux pour faire avancer l’enquête…
Heureusement, le sens de l’humour de Cole finit par plaire à Campbell et les deux collègues commencent à sympathiser…
Mais la mafia russe va s’immiscer dans tout ça !
Un homme masqué s’introduit chez Campbell avec pour but de le tuer ; un incendie se déclare durant la bagarre, l’appartement de Campbell est réduit en cendres !
Cole, par le biais de Christopher Maynard (le jeune psychopathe de la salle de classe au début du film), obtient des informations capitales pour coincer le tueur en série !
C’est alors que Cole est kidnappé par deux hommes qui se font passer pour des inspecteurs de police…
Mon avis :
Et bien « L’ombre blanche » est un excellent polar, très réjouissant, et c’est aussi l’un des meilleurs rôles de Steven Seagal et un de ses meilleurs films…
L’histoire est simple mais le réalisateur John Gray ne nous refait pas le énième coup du « duo de flics que tout sépare au début » de façon grossière, il est malin et a doté son film d’un grand sens de l’humour, hyper bienvenu, avec des répliques qui font mouche à chaque fois et qui désamorce la tension des scènes de meurtres ; de plus c’est un pur bonheur de voir Steven Seagal dans les scènes de baston, il s’en donne à cœur joie et le spectateur aussi…
Bourré de rebondissements, « L’ombre blanche » est un film qui va à deux cents à l’heure et on est pris dans l’intrigue sans discontinuer…
Il y a un soin énorme pour les décors et les scènes spectaculaires sont réalisées avec un grand savoir-faire, elles sont très impressionnantes (l’incendie chez Campbell, la descente en rappel de l’immeuble, le saut par la fenêtre de Steven Seagal avec le collégien et les nombreuses explosions que l’on trouve dans le film)…
Tout ça c’est du très bon travail et « L’ombre blanche » est un mix entre thriller, polar, bagarres et humour dosé juste comme il faut…
Il n’y a pas de compétition entre les deux acteurs principaux Seagal et Wayans et le duo fonctionne plein pot, à égalité dans le déroulement scénaristique, ils ont la même importance tous les deux dans l’histoire et on pense un peu à « L’arme fatale » et le tandem Mel Gibson/Danny Glover, le côté baston et bourrinage en plus grâce à Steven Seagal…
« L’ombre blanche » est un film qui n’a pas à rougir de ses prédécesseurs et John Gray, tout comme la majorité des acteurs et des techniciens qui ont mis la main à la pâte sur ce film, s’en sont très bien sortis, à aucun moment le film n’est ridicule…
D’ailleurs, Steven Seagal ne s’y est pas trompé puisqu’il a coproduit le film, il savait donc très bien où il mettait les pieds…
Polar exemplaire et bien ancré dans les années quatre-vingt- dix, « L’ombre blanche » est un régal et un film très plaisant à visionner…
Il ravira les cinéphiles fanatiques de films d’action et redonne de la hauteur à la filmographie de Steven Seagal, qui parfois nous donnait des films un peu risibles, ici c’est le haut du panier dans sa carrière…
Très sympathique, « L’ombre blanche » remplit son contrat largement et c’est la jubilation complète pendant quasiment une heure trente !
Note : 8/10










Violent shit 3 d'Andreas Schnaas, 1999


VIOLENT SHIT 3
d’Andreas Schnaas
1999
Allemagne
avec Andreas Schnaas, Marc Trinkhaus, Steve Aquilina, Beate Bruggmann, Winni Holl
75 minutes
Gore underground
aka Zombie doom
aka Infantry of doom
Édité en DVD chez Astro
Édité chez Uncut movies
Synopsis :
Sur une mer, trois hommes sont sur un bateau de plaisance, ils décident de mettre un pneumatique à l’eau et accostent sur ce qui semble être une ile…
A peine ont-ils le temps d’être arrivés qu’une horde de guerriers avec un casque sur la tête les agressent puis les kidnappent…
Ils se retrouvent bientôt au sein d’un camp où ils découvrent, horrifiés, que d’autres personnes également kidnappées sont torturées…
Quatre hommes sont alors décapités en simultané, leurs têtes étant insérées dans un engin de torture avec une guillotine !
Karl le boucher semble être le gourou de cette secte de fous, ultra barbares et motivés pour tuer le plus possible de personnes !
Karl décide de pratiquer une chasse à l’homme sur l’ile et libère les trois bonshommes que nous avons vus au début, il leur laisse quelques minutes d’avance et ordonne à ses guerriers de les pourchasser !
Nos trois compères seront assaillis par des zombies mais des ninjas sortis d’on ne sait où viendront leur prêter main forte !
Lorsque les guerriers de la secte de Karl arrivent, les combats s’enchainent à vitesse grand V…
Quelle sera l’issue de ca cauchemar ?
Les trois hommes parviendront-ils à rester en vie ?
La secte de Karl le boucher sera-t-elle démantelée et mise hors d’état de nuire ?
Mon avis :
Troisième opus de la série des « Violent shit » initiée par Andreas Schnaas, ce film est fait de bric et de broc, commencé en 1993, il fut finalisé en 1999, c’est du gore underground, un immense portnawak tourné avec des moyens dérisoires, sauf pour le gore, avec des séquences vraiment limites et particulièrement cradingues !
En fait, cette histoire de l’ile est un prétexte pour Schnaas pour déployer une artillerie d’effets gore et le film n’est surtout pas à prendre au premier degré…
Réservé uniquement aux cinéphiles goreux, « Violent shit 3 » est un festival d’hémoglobine qui devenait victime de ses limites jusqu’à la quarantième minute mais Schnaas a eu l’excellente idée de se lâcher et de faire partir le film complètement en live avec l’arrivée des ninjas (on ne sait toujours pas d’où ils sortent !) et là c’est que du bonheur !
Montage ultra rapide, combats déchainés, nunchaku, sabres et bourre pifs sont légions, le tout en conservant bien entendu les trucages gore !
Les zombies qui déboulent avec une démarche à la « Dawn of the dead 1978» sont également revigorants pour l’histoire et permettent à Andreas Schnaas de diversifier son métrage, rehaussant par la même occasion l’attention et l’intérêt porté par le spectateur…
Attention, on est dans du pur underground et dans un film gore assumé mais il est recommandé de ne pas visionner « Violent shit 3 » si vous n’êtes pas aguerri à ce genre, vous stopperez le DVD au bout de dix minutes…
Le doctor Butcher de « Zombie Holocaust » à côté de celui de « Violent shit 3 » c’est « Bambi », le père Schnaas s’autorise toutes les outrances au niveau mutilations (dont une avec un arrachage de colonne vertébrale/coccyx ou un guerrier qui vomit en plein combat !) c’est quand même sacrément dégueu et il faut s’accrocher aux branches, le gore teuton ça ne rigole pas (on n’est pas dans « Braindead » qui, lui, était un délire visuel, ici c’est quand même beaucoup plus méchant !)…
La musique omniprésente au synthé est à mourir de rire et Schnaas y aurait gagné pour son film en mettant une musique plus agressive (heavy metal, par exemple)…
Films de potes (un peu comme le « Ogroff » de Norbert Moutier mais en plus extrême), « Violent shit 3 » est à réserver uniquement aux curieux, cinéphiles et goreux qui n’ont pas froid aux yeux, ceux qui veulent du gore seront servis !
Tous les autres, passez votre chemin, « Violent shit 3 » ce n’est pas pour vous…
Vous voilà prévenus, je choisis de chroniquer ce film pour « l’ouverture » et pour parler de tous les types de cinémas, y compris le gore underground mais ça reste quand même un genre vraiment à part…
Si ça vous a donné envie de vous risquer à le voir, alors tant mieux…
Dans le genre Gore underground, « Violent shit 3 » est le must !
Note : 7/10